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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Les &#171; bienfaits &#187; de la censure</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Pendant une vingtaine d'ann&#233;es, la loi du 16 juillet 1949 a contr&#244;l&#233; &#233;troitement les publications pour la jeunesse en stipulant qu'elles ne devaient comporter &#171; aucune illustration, aucun r&#233;cit, aucune chronique, aucune rubrique, aucune insertion pr&#233;sentant sous un jour favorable le banditisme, le vol, la paresse, la l&#226;chet&#233;, la haine, la d&#233;bauche ou tous actes qualifi&#233;s crimes ou d&#233;lits ou de nature &#224; d&#233;moraliser l'enfance ou la jeunesse (article 2) &#187;. La loi comprenait un article &#224; vis&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no111-Mai-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;111 (Mai 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/demoraliser-l-enfance" rel="tag"&gt;d&#233;moraliser l'enfance&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant une vingtaine d'ann&#233;es, la loi du 16 juillet 1949 a contr&#244;l&#233; &#233;troitement les publications pour la jeunesse en stipulant qu'elles ne devaient comporter &#171; &lt;i&gt;aucune illustration, aucun r&#233;cit, aucune chronique, aucune rubrique, aucune insertion pr&#233;sentant sous un jour favorable le banditisme, le vol, la paresse, la l&#226;chet&#233;, la haine, la d&#233;bauche ou tous actes qualifi&#233;s crimes ou d&#233;lits ou de nature &#224; d&#233;moraliser l'enfance ou la jeunesse (article 2)&lt;/i&gt; &#187;. La loi comprenait un article &#224; vis&#233;e protectionniste qui filtrait l'importation ou la distribution de publications &#233;trang&#232;res. Un quota de 25 % d'auteurs fran&#231;ais &#233;tait impos&#233; aux revues. Vot&#233;e dans l'imm&#233;diate apr&#232;s-guerre, la loi avait &#233;t&#233; port&#233;e par un ar&#233;opage de d&#233;put&#233;s catholiques, communistes et la&#239;ques, &#171; &lt;i&gt;dans le triple contexte d'un anti-am&#233;ricanisme militant, d'un protectionnisme culturel exacerb&#233;, et d'un projet politique de reconstruction de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise pla&#231;ant au c&#339;ur de ses pr&#233;occupations la protection de l'enfance&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thierry Cr&#233;pin et Thierry Groensteen, On tue &#224; chaque page !, La loi de 1949 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ainsi, une Commission de surveillance et de contr&#244;le avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e, sous l'autorit&#233; du minist&#232;re de la Justice, qui r&#233;unissait des repr&#233;sentants de l'enseignement public et priv&#233;, des associations familiales et de la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;res victimes de cette loi, les comics am&#233;ricains &#8211; &lt;i&gt;Le Journal de Mickey&lt;/i&gt;, suffisamment lisse &#233;chappe au bannissement &#8211;, et particuli&#232;rement les aventures de super-h&#233;ros et la culture &lt;i&gt;pulp&lt;/i&gt;. La noirceur des histoires polici&#232;res, la bizarrerie de la science-fiction, la sensualit&#233; de Tarzan ou de Sheena, reine de la jungle, en fait, toute forme jug&#233;e impudique et immorale est pass&#233;e au crible. Les journaux pour la jeunesse comme &lt;i&gt;Tintin&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Spirou&lt;/i&gt; sont plac&#233;s directement sous le double patronage de la morale catholique et d'une p&#233;dagogie la&#239;que. Il existe &#233;galement une presse communiste pour la jeunesse avec &lt;i&gt;Vaillant&lt;/i&gt; remplac&#233; par &lt;i&gt;Pif Gadget&lt;/i&gt; en 1969, qui d&#233;fend peu ou prou les m&#234;mes valeurs boyscouts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les ann&#233;es 1950, on cherche &#224; expurger les illustr&#233;s de toute violence et de toute cr&#233;ature plantureuse, voire de femmes tout court. Mais les censeurs trouveront toujours quelques motifs, parfois incongrus, pour interdire certaines bandes dessin&#233;es. Ainsi, les deux premiers albums de Gil Jourdan, sont interdits &#224; la vente en France pour cause d'irrespect envers la police. Le croira-t-on : &lt;i&gt;Le Pi&#232;ge diabolique&lt;/i&gt;, album de Blake et Mortimer, est aussi interdit en France en 1962, &#171; &lt;i&gt; en raison des nombreuses violences qu'il comporte et de la hideur des images illustrant ce r&#233;cit d'anticipation&lt;/i&gt; &#187;. Deux albums de Buck Danny, situ&#233;s durant la guerre de Cor&#233;e, sont aussi suspendus de distribution en raison de leur parti pris pro-am&#233;ricain. Le trait sombre et l'ambigu&#239;t&#233; morale de Corto Maltese inqui&#232;tent le repr&#233;sentant de l'Union nationale des associations familiales qui convoque le r&#233;dacteur en chef de &lt;i&gt;Pif&lt;/i&gt;. De leur c&#244;t&#233;, certains inventent des formes de contournement : ainsi le &#171; &lt;i&gt;Rogntudju&lt;/i&gt; &#187; de Prunelle dans Gaston, permet &#224; Franquin de placer des jurons en gras ni vu ni connu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir des ann&#233;es 1960, le ton change et commence &#224; s'assouplir. Chez &lt;i&gt;Spirou&lt;/i&gt;, Yvon Delporte parvient &#224; insuffler un esprit loufoque et anticonformiste qui permet &#224; Gaston Lagaffe, notre ma&#238;tre &#224; tous, de s'&#233;panouir dans les pages du journal. En 1960, inspir&#233; de la revue satirique am&#233;ricaine &lt;i&gt;Mad&lt;/i&gt;, l'&#233;quipe de Cavanna et Choron cr&#233;e &lt;i&gt;Hara Kiri&lt;/i&gt;. D&#232;s 1961, un arr&#234;t&#233; d'interdiction est prononc&#233; puis retir&#233; apr&#232;s le soutien public de personnalit&#233;s comme Brassens. En 1963, Goscinny et Charlier reprennent la direction de &lt;i&gt;Pilote&lt;/i&gt; o&#249; l'on voit appara&#238;tre des personnages plus insoumis que la moyenne comme le grand Duduche, Phil&#233;mon ou Blueberry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lib&#233;ralisation des m&#339;urs de 1968 va faire &#233;clater les derni&#232;res barri&#232;res moralisatrices. &#192; cette p&#233;riode, les comics am&#233;ricains reviennent en France avec &lt;i&gt;Barbarella&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Mandrake&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Strange&lt;/i&gt; et dans un genre plus underground dans &lt;i&gt;Charlie Mensuel&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Actuel&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;L'&#201;cho des Savanes&lt;/i&gt;. Et, si la loi de 1949 est encore &#224; l'&#339;uvre pour interdire &lt;i&gt;Hara Kiri&lt;/i&gt; en 1971 et une dizaine de titres jug&#233;s obsc&#232;nes, la Commission jettera l'&#233;ponge &#224; partir de 1975.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vertu paradoxale du versant protectionniste de la loi, la bande dessin&#233;e franco-belge aurait-elle pu se d&#233;velopper, et conna&#238;tre son &#226;ge d'or, si les comics am&#233;ricains avaient inond&#233; le march&#233; europ&#233;en durant cette p&#233;riode ? L'ultime ironie veut qu'&#224; l'heure o&#249; se d&#233;cha&#238;nent sur le papier comme sur les &#233;crans, mangas, jeux vid&#233;o, super-h&#233;ros, ultra-violence et hyper-sexualisation, la loi de 1949 n'est toujours pas abrog&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_673 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH334/actu-garages-1a9e4.png?1768654925' width='400' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pirikk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Thierry Cr&#233;pin et Thierry Groensteen, &lt;i&gt;On tue &#224; chaque page !, La loi de 1949 sur les publications destin&#233;es &#224; la jeunesse&lt;/i&gt;, &#233;d. du Temps, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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