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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Dans les filets de l'&#201;tat fran&#231;ais</title>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;En France, fin mai 2012 et en janvier 2013, se sont tenus, dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale, des proc&#232;s de &#171; pirates somaliens &#187; accus&#233;s d'avoir pris &#224; l'abordage, respectivement, le Ponant et le Carr&#233; d'As en 2008 dans l'oc&#233;an Indien. Ces &#171; flibustiers &#187;, que l'arm&#233;e fran&#231;aise avait captur&#233;s et exfiltr&#233;s et que les m&#233;dias ont d'abord pr&#233;sent&#233;s comme des terroristes, apparaissent plus clairement comme les victimes expiatoires d'un conflit asym&#233;trique entre les plus d&#233;munis des d&#233;munis et le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no113-juillet-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;113 (juillet 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ahmed" rel="tag"&gt;Ahmed&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En France, fin mai 2012 et en janvier 2013, se sont tenus, dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale, des proc&#232;s de &#171; pirates somaliens &#187; accus&#233;s d'avoir pris &#224; l'abordage, respectivement, &lt;i&gt;le Ponant&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;le Carr&#233; d'As&lt;/i&gt; en 2008 dans l'oc&#233;an Indien. Ces &#171; flibustiers &#187;, que l'arm&#233;e fran&#231;aise avait captur&#233;s et exfiltr&#233;s et que les m&#233;dias ont d'abord pr&#233;sent&#233;s comme des terroristes, apparaissent plus clairement comme les victimes expiatoires d'un conflit asym&#233;trique entre les plus d&#233;munis des d&#233;munis et le capitalisme surarm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif Iskashato, avec nos camarades des &#233;ditions l'Insomniaque, reviennent dans un ouvrage intitul&#233; &lt;i&gt;Fr&#232;res de la c&#244;te&lt;/i&gt;, sur le contexte et la nature de la piraterie dans l'oc&#233;an Indien, ainsi que sur les comptes rendus de ces proc&#232;s passablement occult&#233;s. Nous reproduisons ici en bonnes feuilles des extraits de l'entretien avec Yusuf Ahmed Mohamed, un des pirates rel&#226;ch&#233;s, qui a eu le tort de s'&#234;tre retrouv&#233; au mauvais endroit au mauvais moment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Je m'appelle Yusuf Mohamed Ahmed, j'ai &#233;t&#233; condamn&#233; en 2011 pour ma participation &#224; une prise d'otages sur un voilier fran&#231;ais, le &lt;i&gt;Carr&#233; d'As&lt;/i&gt;, dans le golfe d'Aden en septembre 2008. J'ai 22 ans aujourd'hui, j'&#233;tais mineur pour la justice fran&#231;aise en 2008. J'ai &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; quatre ans en 2011 et lib&#233;r&#233; fin 2012. L'&#201;tat fran&#231;ais ayant estim&#233; qu'avec mes compagnons je n'avais pas &#233;t&#233; assez condamn&#233;, on m'a donc rejug&#233; d&#233;but 2013 en appel &#224; Melun, loin de Paris. Mais ma peine a &#233;t&#233; confirm&#233;e comme celle des autres. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu pourrais nous raconter ce qui t'a amen&#233; &#224; te retrouver sur le &lt;i&gt;Carr&#233; d'As&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_732 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH607/p04somaliacq1-d9f0e.jpg?1782647566' width='400' height='607' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par JMB
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;En 2008, j'allais presque &#234;tre embauch&#233; sur des bateaux pour que des marins me forment &#224; la p&#234;che. M&#234;me s'il n'y a pas beaucoup de poissons et que l'on gagne peu, c'&#233;tait toujours un mieux pour moi. Entre-temps, ma femme est tomb&#233;e malade, j'ai d&#251; m'en occuper et m'endetter un peu pour la faire soigner. Quelqu'un m'a propos&#233; un petit boulot pour gagner un peu d'argent. Il s'agissait d'aller faire le cuisinier pour un groupe de gens &#224; Habo, toujours sur la c&#244;te puntlandaise entre Bossaso et Allula. C'est comme &#231;a que je me suis retrouv&#233; &#224; faire le cuisinier pour l'&#233;quipage qui venait de prendre d'assaut le Carr&#233; d'As.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai demand&#233; r&#233;guli&#232;rement &#224; toucher un peu d'argent d'avance, on me l'a toujours refus&#233;, tout le temps c'est rest&#233; au stade d'une promesse &#8211; on m'avait promis 150 dollars. Le bateau a quitt&#233; Habo pour Ras Afun, je l'ai rejoint par la terre. Je suis ensuite mont&#233; &#224; bord pour amener de quoi manger et boire. Il y a eu apparemment un refus collectif de la part de l'&#233;quipage de pirates pour suivre les ordres de chefs qui voulaient que nous les rejoignions avec les otages, &#224; terre, dans le d&#233;sert montagneux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce refus &#233;tait li&#233; &#224; plein de raisons : les otages &#233;taient vieux et avaient besoin de leurs m&#233;dicaments, il y aurait eu un probl&#232;me d'approvisionnement en nourriture&#8230; Nous &#233;tions un peu seuls, coinc&#233;s entre ceux rest&#233;s &#224; terre qui nous avaient fait des promesses d'argent et la marine fran&#231;aise qui nous poursuivait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'op&#233;ration &#224; bord du &lt;i&gt;Carr&#233; d'As&lt;/i&gt; a dur&#233; une demi-journ&#233;e et une nuit. C'est vers 4 heures dans la nuit que l'arm&#233;e fran&#231;aise a lanc&#233; l'assaut du bateau. J'&#233;tais sur le pont en train de manger. Il y a eu une &#233;norme explosion. Ils ont canard&#233; comme des fous le bateau et ils sont mont&#233;s &#224; bord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un de nos camarades a &#233;t&#233; tu&#233; et est tomb&#233; dans la mer. Moi, je me suis r&#233;fugi&#233; &#224; l'int&#233;rieur du bateau. Il y a eu apr&#232;s un tr&#232;s gros h&#233;licopt&#232;re au-dessus de nous. Ils nous ont arr&#234;t&#233;s, menott&#233;s tr&#232;s serr&#233; et transport&#233;s violemment sur leur navire. Il y a un militaire qui nous a tout de suite dit, avec quelques mots d'anglais, qu'&#171; &lt;i&gt; avec des gens comme vous, on tire avant et on discute apr&#232;s&lt;/i&gt; &#187;&#8230; Il nous a aussi dit que nous allions rester en prison toute notre vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a &#233;t&#233; transport&#233;s &#224; Djibouti. L&#224;, un haut grad&#233;, pr&#233;sent&#233; comme un g&#233;n&#233;ral par un traducteur djiboutien, nous a dit qu'on en p&#226;tirait toute notre vie et que si on avait des enfants, ils en p&#226;tiraient aussi. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peux-tu parler de ton s&#233;jour dans les prisons fran&#231;aises ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; en prison &#224; Fleury, &#224; Fresnes et &#224; la Sant&#233;. J'&#233;tais tout seul, je ne parlais pas un mot de fran&#231;ais, je ne connaissais personne. Mon premier avocat m'a laiss&#233; tomber pendant un an. J'ai connu la violence des petites histoires entre cod&#233;tenus. Les autres d&#233;tenus passaient leur temps &#224; m'adresser leurs condol&#233;ances comme si j'allais mourir. J'ai v&#233;cu la premi&#232;re ann&#233;e &#224; Fleury sans parler &#224; quiconque, avec aucune visite. C'est par signe que j'essayais de communiquer. Je ne sortais pas en promenade de peur d'&#234;tre battu. Les matons ne comprenaient rien, ils pensaient que je me foutais de leur gueule. Quand je me suis r&#233;volt&#233;, j'ai re&#231;u des coups. Apr&#232;s on m'a envoy&#233; &#224; l'infirmerie me faire des injections de force, &#231;a me rendait comme un l&#233;gume, comme un d&#233;bile. Je pensais que ces injections &#233;taient voulues, planifi&#233;es, j'en ai tellement re&#231;u que je suis devenu fou. J'ai ensuite pass&#233; six mois en unit&#233; psychiatrique &#224; Fresnes. Plusieurs fois encore on a essay&#233; de me faire des piq&#251;res contre mon gr&#233;. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il y a eu le proc&#232;s, on nous a mis dans une cage en verre avec des gendarmes derri&#232;re nous, on ne comprenait pas tout ce qui se disait. On s'est rendu compte que l'on s'&#233;tait fait manipuler lors des premi&#232;res auditions. Ils ont voulu faire de moi un vrai &#171; pirate professionnel &#187;, toujours arm&#233;, ayant beaucoup d'argent&#8230; Ils voulaient nous faire admettre que la piraterie &#233;tait un crime. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien r&#233;alis&#233; le 7 mars 2013.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_733 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH594/p05-couv-insom-cccfb.jpg?1782647566' width='400' height='594' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.insomniaqueediteur.org/publications/freres-de-la-cote&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Iskashato&lt;/a&gt;,&lt;i&gt; Fr&#232;res de la c&#244;te, M&#233;moire en d&#233;fense des pirates somaliens, traqu&#233;s par toutes les puissances du monde&lt;/i&gt;, L'insomniaque, juin 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.insomniaqueediteur.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Insomniaque &#233;diteur&lt;/a&gt; &#8211; 43, rue de Stalingrad &#8211; 93100 Montreuil. e-mail : insomniaqueediteur@free.fr.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les pirates face &#224; la justice fran&#231;aise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &lt;i&gt;Le Ponant&lt;/i&gt;, abord&#233; en avril 2008 (six accus&#233;s) : le 14 juin 2012, la cour d'assises de Paris a prononc&#233; deux acquittements et une peine de quatre ans de prison, couverte par la d&#233;tention provisoire effectu&#233;e, ainsi que deux peines de 7 ans inflig&#233;es &#224; deux ravitailleurs de pirates, et une de dix ans de r&#233;clusion au seul accus&#233; qui ait reconnu avoir particip&#233; &#224; toute l'op&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &lt;i&gt;Le Carr&#233; d'As&lt;/i&gt; abord&#233; en septembre 2008 (six accus&#233;s) : en novembre 2011, la cour d'assises a prononc&#233; un acquittement et cinq peines de 4 &#224; 8 ans de prison. Lors du proc&#232;s en appel, d&#233;but 2013, les accus&#233;s ont vu leurs peines confirm&#233;es dans l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &lt;i&gt;Le Tanit&lt;/i&gt;, abord&#233; en avril 2009 (trois accus&#233;s) : deux incarc&#233;r&#233;s &#224; Rennes et un mis en libert&#233; provisoire (lors de l'assaut du bateau, deux pirates et un otage ont &#233;t&#233; tu&#233;s par l'arm&#233;e) en attente de leur proc&#232;s pr&#233;vu en septembre &#224; Rennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &lt;i&gt;Le Tribal Kat&lt;/i&gt;, abord&#233; en septembre 2011 : les sept accus&#233;s sont incarc&#233;r&#233;s en d&#233;tention pr&#233;ventive &#224; Fleury-M&#233;rogis, Fresnes et la Sant&#233; en attente de leur proc&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les v&#233;ritables causes de l'intervention am&#233;ricaine en Irak</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-veritables-causes-de-l</link>
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		<dc:date>2012-09-17T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Les vieux dossiers</dc:subject>
		<dc:subject>Saddam Hussein</dc:subject>
		<dc:subject>services</dc:subject>
		<dc:subject>Ahmed</dc:subject>
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		<dc:subject>Rafid Ahmed</dc:subject>
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&lt;p&gt;Id&#233;al en vacances sous le cagnard, une bonne histoire dans l'ombre des services de renseignements. Revenons donc sur les tribulations de Rafid Ahmed Alwan al-Janabi qui se retrouve en fort mauvaise posture en cette fin d'ann&#233;e 1998. Responsable au sein de l'unit&#233; de maintenance de la soci&#233;t&#233; irakienne de cin&#233;ma et de t&#233;l&#233;vision Babel TV, sise &#224; Bagdad, il sait qu'un mandat d'arr&#234;t a &#233;t&#233; d&#233;livr&#233; contre lui. Le motif ? Il aurait d&#233;tourn&#233; 1,5 million de dollars des caisses de l'entreprise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no102-juillet-aout-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;102 (juillet-ao&#251;t 2012)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Id&#233;al en vacances sous le cagnard, une bonne histoire dans l'ombre des services de renseignements. Revenons donc sur les tribulations de Rafid Ahmed Alwan al-Janabi qui se retrouve en fort mauvaise posture en cette fin d'ann&#233;e 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Responsable au sein de l'unit&#233; de maintenance de la soci&#233;t&#233; irakienne de cin&#233;ma et de t&#233;l&#233;vision Babel TV, sise &#224; Bagdad, il sait qu'un mandat d'arr&#234;t a &#233;t&#233; d&#233;livr&#233; contre lui. Le motif ? Il aurait d&#233;tourn&#233; 1,5 million de dollars des caisses de l'entreprise dans laquelle il travaille. Il parvient &#224; fuir et arrive, apr&#232;s de multiples p&#233;r&#233;grinations, &#224; Nuremberg (Allemagne) &#224; l'hiver 1999. Enferm&#233;e dans ce lieu &#224; l'aspect p&#233;nitentiaire r&#233;serv&#233; aux demandeurs d'asile, il sollicite l'autorisation d'aller visiter la ville toute proche. Cette demande &#233;crite suscite l'attention des services de renseignements teutons (BND), friands de ressortissants &#233;trangers venus des pays arabes, et surtout d'Irakiens pouvant &#233;ventuellement fournir des bribes d'informations sur les proches de Saddam Hussein, sur l'arm&#233;e irakienne, voire sur les armes de destruction massive (ADM) dont la presse et les dirigeants occidentaux ne cessent &#224; l'&#233;poque de parler. Le demandeur d'asile raconte prestement qu'il a travaill&#233; dans la Commission de l'industrie militaire destin&#233;e &#224; la recherche de nouvelles armes. Et le nouvel arrivant sur le sol germanique se fait prolixe. Au bout de plusieurs r&#233;unions, il appert qu'il d&#233;tient un grand nombre d'informations in&#233;dites et pr&#233;cises. Ce que confirme un professeur de biologie, lui-m&#234;me appoint&#233; par les services, venu assister ses coll&#232;gues lors des interrogatoires. Il explique que si les inspecteurs internationaux &#224; la recherche d'ADM n'ont rien trouv&#233;, c'est parce que l'arm&#233;e irakienne utilise des laboratoires mont&#233;s sur des camions. Il pr&#233;cise qu'au moment de son d&#233;part, une de ces unit&#233;s &#233;tait d&#233;j&#224; en fonction et que le r&#233;gime pr&#233;voyait alors d'en fabriquer six autres. Pour preuve de la dangerosit&#233; de l'affaire, il affirme qu'un accident causant la mort de douze personnes a eu lieu sur l'un des sites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'information remonte la cha&#238;ne hi&#233;rarchique de l'&#201;tat allemand jusqu'&#224; finalement aboutir sur un bureau de la Maison Blanche &#224; Washington. Les d&#233;n&#233;gations d'un neveu de Saddam Hussein, lui-m&#234;me en exil depuis 1995, n'y font rien. Les services fran&#231;ais, anglais, isra&#233;liens et &#233;tasuniens croient dur comme fer cet Irakien capable de dessiner dans le d&#233;tail les plans des sites ainsi que les camions incrimin&#233;s. Les Am&#233;ricains envoient un satellite dont les images infirment les propos de Rafid : la hauteur du passage d'entr&#233;e de l'usine emp&#234;che toute circulation de v&#233;hicules de grandes tailles. Qu'importe. M&#234;me si quelques-uns de ces interlocuteurs commencent &#224; le suspecter de mythomanie, le transfuge irakien est plac&#233; sous protection des services allemands, naturalis&#233;, pourvu d'un bel appartement et d'un revenu cons&#233;quent. L'heure n'est plus aux tergiversations apr&#232;s l'attentat du 11 septembre 2001. Les faucons am&#233;ricains veulent attaquer l'Irak sans &#233;videmment d&#233;voiler les raisons plus obscures qui les animent, depuis le bizness du lobby-militaro industriel jusqu'&#224; la m&#233;galomanie la plus tordue de ses dirigeants. Leurs missions officielles : exporter la d&#233;mocratie et liquider un criminel. Sans avoir jamais rencontr&#233; Rafid Ahmed Alwan al-Janabi, la CIA bricole maquettes, photos a&#233;riennes qu'elle va fournir au secr&#233;taire d'&#201;tat Colin Powell qui devant le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU, le 5 f&#233;vrier 2003, agitera une &#233;prouvette remplie de suppos&#233;es souches d'anthrax &#171; similaires &#224; celles dont dispose Saddam Hussein &#187; pour justifier l'assaut militaire contre l'Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las ! Les troupes am&#233;ricaines vont revenir bredouilles de leur chasse tous azimuts aux ADM. En territoire irakien, sur le site m&#234;me d&#233;crit par Rafid, il est confirm&#233; qu'effectivement aucun camion ne pouvait ni entrer ni sortir. Quant aux poids lourds suspects, ils &#233;taient destin&#233;s &#224; transporter de l'h&#233;lium pour des ballons-sondes m&#233;t&#233;orologiques&#8230; Plusieurs centaines de morts irakiens et la d&#233;mission de quelques hauts responsables de la CIA plus tard, Rafid Ahmed Alwan al-Janabi vit toujours en Allemagne sous protection du BND&#8230; La r&#233;v&#233;lation totale et d&#233;finitive de ses mensonges n'aura bien &#233;videmment rien chang&#233; ni aux fondements des principes dirigeant la soci&#233;t&#233; occidentale, ni m&#234;me &#224; la carri&#232;re et au prestige de ses d&#233;cideurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#192; Barb&#232;s, un r&#234;ve part en fum&#233;e</title>
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		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ahmed et Medhi, clandestins tunisiens, racontent leur histoire de vendeurs de clopes &#224; la sauvette. Entre envie de &#171; faire son trou &#224; Paris &#187; et r&#234;ves br&#251;l&#233;s se dessine l'impasse d'une vie faite de gal&#232;res quotidiennes, sur fond de chasse aux pauvres&#8230; Bienvenue &#224; Barb&#232;s ! &#171; Marlboro, Legend ! Marlboro, Legend ! &#187;, scandent sur un bout de trottoir Ahmed et Medhi. Sous la carcasse &#233;ventr&#233;e du magasin cheap Vano, ils sont quelques dizaines &#224; s'agglutiner &#224; l'angle des boulevards Barb&#232;s et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ahmed et Medhi, clandestins tunisiens, racontent leur histoire de vendeurs de clopes &#224; la sauvette. Entre envie de &lt;i&gt;&#171; faire son trou &#224; Paris &#187;&lt;/i&gt; et r&#234;ves br&#251;l&#233;s se dessine l'impasse d'une vie faite de gal&#232;res quotidiennes, sur fond de chasse aux pauvres&#8230; Bienvenue &#224; Barb&#232;s !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Marlboro, Legend ! Marlboro, Legend ! &#187;&lt;/i&gt;, scandent sur un bout de trottoir Ahmed et Medhi. Sous la carcasse &#233;ventr&#233;e du magasin cheap Vano, ils sont quelques dizaines &#224; s'agglutiner &#224; l'angle des boulevards Barb&#232;s et de La Chapelle. Tous ont vingt, trente ans et viennent depuis peu qui de Tunisie, qui d'Alg&#233;rie. Tous entonnent les marques de cigarettes de contrebande &#8211; au taux de goudron &#224; te bitumer direct les &#233;ponges &#8211; lorsque la bouche du m&#233;tro Barb&#232;s recrache ses passagers. Aucun d'eux n'a de papiers. Ahmed, lui, a toujours une vanne au coin des l&#232;vres : &lt;i&gt;&#171; Tu vois, lui, avec ses dents grises, on l'appelle &#8220;El teffaya&#8221; [le cendrier], il fume tout le temps ! L'autre l&#224;-bas, c'est &#8220;El moulchi&#8221; [le proprio], il fait comme si la rue lui appartenait, mais d&#232;s qu'il voit une belle fille, il devient fou ! &#187;&lt;/i&gt; Et d'encha&#238;ner : &lt;i&gt;&#171; Ici, vous dites : &#8220;Une hirondelle ne fait pas le printemps&#8221;. Chez nous, m&#234;me une r&#233;volution ne fait pas le printemps ! &#187;&lt;/i&gt; Medhi se bidonne et reprend d'un ton plus s&#233;rieux : &lt;i&gt;&#171; On vient de l'ouest de la Tunisie, il n'y a rien &#224; faire l&#224;-bas. On a profit&#233;, comme tout le monde, des &#233;v&#232;nements de l'an dernier pour venir. &#199;a fait un an qu'on gal&#232;re ici, &#224; tenir les murs. On dort chez un ami de mon oncle, &#224; Saint-Denis. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re le kiosque &#224; journaux de Barb&#232;s se gare un gros break bleu pandore. Le man&#232;ge perp&#233;tuel des mains qui se croisent et s'&#233;changent petite monnaie contre paquet de clopes continue malgr&#233; tout. Ahmed reprend : &lt;i&gt;&#171; Ce sont toujours les m&#234;mes. La semaine derni&#232;re, il y en a eu des nouveaux, mais sans leur habit de police. Ils ont arr&#234;t&#233; plein de gens dans la rue, m&#234;me au caf&#233; ! Ils les ont mis au commissariat de la Goutte d'Or. Personne n'a rien dit, c'est comme &#231;a. &#187;&lt;/i&gt; Le ballet incessant de la flicaille qui vient pour tenter de juguler le trafic transforme la vente &#224; la&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_364 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH464/99lldemars-c7e2d.png?1782662504' width='400' height='464' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par L.L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;sauvette en jeu dangereux. Parfois, certains se font prendre, passent quelques heures au commissariat de Clignancourt ou &#224; celui de la Goutte d'Or : le harc&#232;lement policier se dissout alors dans l'impuissance du quotidien. &lt;i&gt;&#171; Amal, il s'est fait prendre, on ne sait m&#234;me pas comment. Il a &#233;t&#233; emmen&#233; au Centre&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le centre de r&#233;tention administratif de Vincennes.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, d'autres ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s juste apr&#232;s. L'an dernier, quand on venait d'arriver, on nous a racont&#233; que certains s'&#233;taient jet&#233;s sur un flic&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En mai 2011, un agent de la Brigade anticriminalit&#233; (BAC) a re&#231;u des coups (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;i&gt;et avaient donn&#233; des coups de couteau. Mais c'est des histoires qu'on raconte ici, entre nous, tu vois. &#187;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; thunes, c'est loin d'&#234;tre la joie. De quoi bricoler un peu, &#224; peine pour mettre de c&#244;t&#233; car, comme dit Mehdi : &lt;i&gt;&#171; On se fait cent, cent cinquante euros la semaine, &#231;a d&#233;pend des jours et de la police, si elle est l&#224; ou pas. &#192; c&#244;t&#233;, il y a &#8220;la banque&#8221;, celui qui ramasse l'argent. Comme &#231;a, si la police nous prend, pfuiit, on n'a que trente, cinquante euros sur nous ! &#187;&lt;/i&gt; Le march&#233; de Barb&#232;s et les biffins, le march&#233; &#171; libre &#187;, se d&#233;ploient le long de l'asphalte. Ahmed, les biffins, &#231;a le met un peu mal &#224; l'aise : &lt;i&gt;&#171; Il y a toutes les femmes et les vieux, ils vendent du lait en poudre ou des sacs plastiques, m&#234;me chez nous on ne voit pas &#231;a ! &#199;a me fait mal au c&#339;ur. Des fois, on leur avance dix ou vingt euros, et souvent, on cache pour eux leurs affaires dans nos planques. Il y en a qui gal&#232;rent, ici, ce sont ceux qui vendent des cacahu&#232;tes ou du ma&#239;s sur leur bidon, ils sont l&#224; de huit heures &#224; minuit, ils sont debout toute la journ&#233;e et repartent tous ensemble de l'autre cot&#233; du p&#233;riph' on ne sait pas o&#249; ! &#187;&lt;/i&gt; Et Mehdi de rajouter : &lt;i&gt;&#171; La police, quand il y a le march&#233;, ils font vraiment n'importe quoi, ils sont mauvais&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Copwatcheurs chroniquent r&#233;guli&#232;rement les abus des lardus sur les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt; Apr&#232;s quelques clopes fum&#233;es au caf&#233; Royal, un chibani raconte : &lt;i&gt;&#171; La cigarette, elle permettait de bricoler un peu quand on arrivait &#224; Barb&#232;s. Tu d&#233;barquais du bled, tu faisais &#231;a un mois, quand tu n'avais vraiment rien. Maintenant, les jeunes, ils sont l&#224; tout le temps. Il n'y a pas de travail pour eux, ils tra&#238;nent et du coup, des fois, ils se battent entre eux. Et avec la police par-dessus tout &#231;a, c'est pas bon, c'est pas bon... &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vues d'ici, la Tunisie et les r&#233;voltes arabes ont une autre saveur, et Ahmed et Mehdi en parlent avec un sourire amer. &#192; peine quelques bribes de phrases sur la volont&#233; de ne pas d&#233;cevoir ses proches et la d&#233;sillusion de l'arriv&#233;e en France. Sous le squelette m&#233;tallique du m&#233;tro a&#233;rien, Ahmed blague : &lt;i&gt;&#171; Un jour je rentrerai, je ram&#232;nerai une jolie Fran&#231;aise, mon cousin serait trop jaloux ! &#187; &lt;/i&gt; Avant de retourner &#224; &lt;i&gt;&#171; ses affaires &#187;&lt;/i&gt;, il lance d'un ton roublard : &lt;i&gt;&#171; Franchement, nous, on fume m&#234;me pas les clopes qu'on vend : elles sont trop pourries ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le centre de r&#233;tention administratif de Vincennes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En mai 2011, un agent de la Brigade anticriminalit&#233; (BAC) a re&#231;u des coups de couteau &#224; Barb&#232;s suite &#224; l'interpellation d'un voleur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les Copwatcheurs chroniquent r&#233;guli&#232;rement les abus des lardus sur les biffins de Barb&#232;s : coups, arrestations abusives, insultes ou encore vol de marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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