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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>En Turquie, une &#171; r&#233;volte sentimentale &#187;</title>
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		<dc:date>2013-09-19T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Par Morgan Fache/Collectif Item</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Reportage &#224; Istanbul Pendant les quinze premiers jours de juin, un large pan de la soci&#233;t&#233; turque s'est oppos&#233;, dans la rue, &#224; la politique et au m&#233;pris du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. CQFD a envoy&#233; un de ses ch&#244;meurs heureux sur le Bosphore prendre le pouls de cette r&#233;volte inattendue, et recueillir les impressions &#224; chaud de manifestants ayant flirt&#233; avec la solidarit&#233; et l'auto-organisation. S'ils n'ont pas chang&#233; le monde, ils en ont modifi&#233; leur vision. Attabl&#233; devant un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no113-juillet-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;113 (juillet 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quarantaine-d-annees" rel="tag"&gt;quarantaine d'ann&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/troquet-alternatif" rel="tag"&gt;troquet alternatif&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Reportage &#224; Istanbul&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les quinze premiers jours de juin, un large pan de la soci&#233;t&#233; turque s'est oppos&#233;, dans la rue, &#224; la politique et au m&#233;pris du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a envoy&#233; un de ses ch&#244;meurs heureux sur le Bosphore prendre le pouls de cette r&#233;volte inattendue, et recueillir les impressions &#224; chaud de manifestants ayant flirt&#233; avec la solidarit&#233; et l'auto-organisation. S'ils n'ont pas chang&#233; le monde, ils en ont modifi&#233; leur vision.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Attabl&#233; devant un th&#233; dans un troquet alternatif du quartier de Beyoglu, &#224; Istanbul, Cem &#8211; prononcez &#171; Djem &#187; &#8211;, turc d'une quarantaine d'ann&#233;es, est cat&#233;gorique : &#171; &lt;i&gt;C'est le moment le plus fort de ma vie ! &lt;/i&gt; &#187; Il s'interrompt un court instant, et conc&#232;de : &#171; &lt;i&gt;Bon, apr&#232;s la naissance de mon fils. Mais quand m&#234;me, pour nous tous, c'est une r&#233;volution mentale, une v&#233;ritable lib&#233;ration !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_737 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p06-07-occupy-gezi_istanbul_turquie015-de320.jpg?1768650522' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Morgan Fache/Collectif Item
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours apr&#232;s l'expulsion muscl&#233;e des occupants du parc Gezi et de Taksim &#8211; place centrale du quartier europ&#233;en d'Istanbul &#8211;, il est inutile de s'embarrasser de questions. Cem, comme toutes les personnes rencontr&#233;es ayant particip&#233; &#224; ce grand mouvement populaire qui a secou&#233; la Turquie en juin dernier, parle comme on enfile ici un masque &#224; gaz : tout naturellement. Raconter, d&#233;crire, commenter semblent m&#234;me &#234;tre une obligation, comme s'il fallait &#233;vacuer le trop-plein d'&#233;motions engrang&#233;es pendant ces deux semaines de &#171; luttes magnifiques &#187;. Chacun oscille entre l'euphorie des journ&#233;es et des nuits pass&#233;es &#171; &lt;i&gt;&#233;paule contre &#233;paule, contre le fascisme&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Slogan entendu place Taksim le samedi 22 juin.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;, la petite d&#233;pression post-r&#233;volution et la crainte du coup de sonnette policier &#224; 6 heures du mat'. &#171; &lt;i&gt;Je suis en sevrage de lacrymo,&lt;/i&gt; plaisante Sonia&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, une Espagnole vivant &#224; Istanbul depuis 4 ans. &lt;i&gt;C'est un peu comme si j'&#233;tais en descente.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile de pr&#233;dire quelles cons&#233;quences aura cette contestation in&#233;dite au pays de Mustapha Kemal Atat&#252;rk sur les instances gouvernementales. Mais il est certain que ces &#233;v&#233;nements marqueront de fa&#231;on ind&#233;l&#233;bile tous ceux qui ont &#233;t&#233; acteurs d'une r&#233;volte solidaire, spontan&#233;e et h&#233;t&#233;roclite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin mai, un campement est dress&#233; dans le parc Gezi pour protester contre le projet de reconstruction d'une ancienne caserne ottomane devant abriter un centre commercial. Le 31 mai, les forces de l'ordre interviennent violemment pour &#233;vacuer les militants, provoquant une immense vague de solidarit&#233; populaire et transformant le petit rassemblement &#233;colo en un large mouvement de contestation contre le gouvernement islamo-conservateur. Pendant plus de quinze jours, &#224; Istanbul comme dans nombre d'autres villes du pays, la vie est rythm&#233;e par les prises de parole, l'auto-organisation &#8211; repas, soins, biblioth&#232;que, jardin, m&#233;dias ind&#233;pendants &#8211; et de m&#233;chants affrontements avec la police. Deux semaines pendant lesquelles les manifestants ont tenu la drag&#233;e haute au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Le 15 juin, le campement est finalement d&#233;truit et le rassemblement de la place Taksim expuls&#233; &#224; grand renfort de lacrymos et des d&#233;sormais c&#233;l&#232;bres Toma &#8211; engins blind&#233;s &#233;quip&#233;s de lances &#224; eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 18 juin. Sur la place Taksim restent des stigmates du mouvement : depuis la veille se rassemblent des &#171; hommes debout &#187; qui, immobiles et sto&#239;ques, d&#233;fient le pouvoir et d&#233;noncent les violences perp&#233;tr&#233;es par les forces de l'ordre. Le parc Gezi est ferm&#233;, des cars de police sont gar&#233;s &#231;&#224; et l&#224;, et des hommes en uniforme poireautent &#224; l'ombre le cul sur une chaise, en bouquinant. Mais, lorsqu'on d&#233;boule &#224; Istanbul, on ne trouve pas traces de l'agitation qui a frapp&#233; la ville, et plus sp&#233;cialement ce quartier europ&#233;en : les murs sont d&#233;pourvus de tags, les barricades ont disparu et la foule d&#233;ambule a priori comme d'ordinaire. Cependant, qui conna&#238;t les lieux ressent une ambiance particuli&#232;re, ne serait-ce que par quelques d&#233;tails &#233;chappant &#224; l'&#233;tranger de passage. &#171; &lt;i&gt;Tu vois, les bars, &#224; Beyoglu, ont sorti leurs terrasses, ce qu'ils ne pouvaient plus faire&lt;/i&gt; &#187;, explique une habitu&#233;e de ce quartier de f&#234;tards. Un peu plus loin, on croisera un couple de jeunes d&#233;ambulant une bi&#232;re &#224; la main. La l&#233;gislation sur la consommation d'alcool fait partie des d&#233;cisions gouvernementales qui ont transform&#233; un mouvement de d&#233;fense de quelques arbres en r&#233;volte collective. &#171; &lt;i&gt;On en a assez qu'Erdogan nous dise comment vivre&lt;/i&gt; &#187;, peste un jeune Turc crois&#233; &#224; proximit&#233; du parc Gezi. Vente d'alcool interdite apr&#232;s 22 heures dans les &#233;piceries, politique d'urbanisation agressive&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Projet qui a &#233;t&#233; finalement annul&#233; par la justice turque le 6 juin dernier.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, interdiction pour les syndicats de manifester sur Taksim le 1er mai, attaques r&#233;p&#233;t&#233;es contre le droit &#224; l'avortement ou la limitation d'acc&#232;s &#224; la pilule du lendemain, injonctions r&#233;p&#233;t&#233;es aux couples turcs de &#171; &lt;i&gt;faire au moins trois enfants&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Il a m&#234;me &#233;t&#233; interdit aux h&#244;tesses de l'air de se vernir les ongles&lt;/i&gt; &#187;, avance Ezgi, jeune professeure aux Beaux-Arts et collaboratrice de la revue &lt;i&gt;Express&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Merci, &#244; merci, &#224; Ulus, d'Express, ainsi qu'&#224; &#201;milie, pour l'accueil, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce sont les violences polici&#232;res qui ont &#233;t&#233; l'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur de la r&#233;action populaire : des centaines de manifestants ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, et l'on compte pr&#232;s de 7 500 bless&#233;s &#224; travers le pays, ainsi que cinq morts. &#171; &lt;i&gt;Cela a touch&#233; quelque chose de tr&#232;s intime chez les Turcs&lt;/i&gt;, explique Sonia. &lt;i&gt;Et la r&#233;action a &#233;t&#233; visc&#233;rale. Tout le monde se disait : &#8220;J'aurais pu &#234;tre ce mort&#8221;. On a vu les gens convaincus, forts, persuad&#233;s d'&#234;tre capables d'aller jusqu'au bout. Jour apr&#232;s jour, on a hallucin&#233; de voir une telle r&#233;sistance, on ne pensait pas &#231;a possible ici.&lt;/i&gt; &#187; Ezgi fait le m&#234;me constat : &#171; &lt;i&gt;D'un coup, le possible, l'impossible et le r&#233;el ont chang&#233; de place. On ne pensait pas que le peuple pouvait se r&#233;volter ainsi. Il y a un sentiment d'irr&#233;alit&#233;, et on se demande parfois si nous n'avons pas r&#234;v&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Mais Cem ne dormait pas quand, &#171; &lt;i&gt;apr&#232;s une nuit de bataille&lt;/i&gt;, [il] &lt;i&gt;a vu les flics reculer. C'&#233;tait une victoire, c'&#233;tait euphorique&lt;/i&gt; &#187;. De fa&#231;on &#233;ph&#233;m&#232;re, mais intens&#233;ment v&#233;cue, tous ont touch&#233; du doigt un autre possible : &#171; &lt;i&gt;Pendant quelques jours&lt;/i&gt;, avance Cem, &lt;i&gt;le parc et le quartier fonctionnaient sans &#201;tat. C'&#233;tait une Commune, et tout &#233;tait nickel ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force de ce mouvement a &#233;t&#233; sa grande h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;, et l'union de diff&#233;rents pans de la soci&#233;t&#233; contre des agressions gouvernementales ressenties comme profond&#233;ment injustes. Dans les manifestations se retrouvaient au coude &#224; coude des k&#233;malistes, des Kurdes, des communistes, des &#233;colos, des f&#233;ministes, des artistes, des mouvements d'extr&#234;me gauche, des musulmans anticapitalistes, des jeunes au mode de vie occidental comme des personnes plus &#226;g&#233;es aux m&#339;urs traditionnelles&#8230; M&#234;me les supporters des trois grands clubs d'Istanbul, Be&#64258;ikta&#64258;, Galatasaray et Fenerbah&#231;e, qui entretiennent au quotidien des relations conflictuelles, &#233;taient de concert sur les barricades pour r&#233;pondre aux forces de l'ordre : organis&#233;s en petits groupes, ils partaient dans les nuages de fum&#233;e, sous les tirs de la police, pour &#233;teindre les lacrymos dans leurs seaux d'eau. De plus, nombre d'individus jusqu'alors peu ou pas engag&#233;s dans la vie politique ont d&#251; faire face &#224; la r&#233;pression : &#171; &lt;i&gt;Je suis apolitique, je n'avais rien contre l'AKP&lt;/i&gt; [Parti de la justice et du d&#233;veloppement d'Erdogan] &lt;i&gt;et n'avais jamais manifest&#233;&lt;/i&gt;, confie une jeune toubib stambouliote &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Mais lorsque j'ai appris que la police attaquait violemment des manifestants, je me suis rendue place Taksim avec d'autres m&#233;decins b&#233;n&#233;voles pour porter les premiers secours aux bless&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Un engagement quotidien qui dura deux semaines, et qui lui laisse penser que &#171; &lt;i&gt;avant, tout le monde vivait dans la crainte, mais tout a chang&#233;. Maintenant, les gens n'ont plus peur&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;, Jean-Fran&#231;ois P&#233;rouse, directeur de l'Institut fran&#231;ais d'&#233;tudes anatoliennes (Ifea), la temp&#232;re quelque peu : &#171; &lt;i&gt;Il y a eu une fusion, une alliance momentan&#233;e en opposition &#224; la r&#233;action violente et autoritaire de l'&#201;tat. Mais il manquait d'une part les principales organisations kurdes, qui n&#233;gocient un processus de paix &#224; l'Est avec Erdogan, et d'autre part les masses sunnites populaires. Certains syndicats ont essay&#233; de raccrocher le mouvement, en mettant en avant leurs probl&#233;matiques &#8211; conditions de travail, salaires &#8211; mais cela n'a pas fonctionn&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Effectivement, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale lanc&#233;e le 17 juin par la Conf&#233;d&#233;ration syndicale des ouvriers r&#233;volutionnaires (Disk) et de la Conf&#233;d&#233;ration syndicale des salari&#233;s du secteur public (Kesk) n'a &#233;t&#233; que peu suivie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_738 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p06-07-occupy-gezi_istanbul_turquie029-87dc9.jpg?1768650522' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Morgan Fache/Collectif Item
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais ce b&#233;mol, formul&#233; et regrett&#233; par toutes les personnes rencontr&#233;es, n'entame pas leur optimisme : &#171; &lt;i&gt;C'est la premi&#232;re fois que nous vivons un sentiment de solidarit&#233; aussi intense. Et la joie de se sentir sujet de la vie politique, c'&#233;tait magnifique&lt;/i&gt;, insiste Ezgi. &lt;i&gt;La vie urbaine, dans cette soci&#233;t&#233; capitaliste, &#233;tait anesth&#233;siante. Nous &#233;tions enferm&#233;s dans nos vies, dans nos probl&#232;mes personnels. Nous nous sommes r&#233;veill&#233;s, et avons partag&#233; un v&#233;ritable sentiment d'&#233;mancipation que l'on a trouv&#233; dans la rue, et qu'on ne peut pas obtenir &#224; travers les institutions. On a fait de l'art sans artistes, de l'art pur et total. Quand les gens ont form&#233; de longues cha&#238;nes pour se passer des pav&#233;s de main en main afin d'&#233;riger les barricades, j'en ai pleur&#233;. Et de savoir qu'une foule immense tentait de traverser &#224; pied le Bosphore &#8211; il faut 6 heures de marche ! &#8211; pour venir nous soutenir&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Cem tente une interpr&#233;tation : &#171; &lt;i&gt;Le probl&#232;me de la soci&#233;t&#233; turque, c'est la famille. On ne parvenait pas &#224; s'en affranchir, notamment du p&#232;re. C'est ce qui a chang&#233; dans une partie de la population, celle qui a os&#233; s'opposer au p&#232;re-Premier ministre.&lt;/i&gt; &#187; Comme pour lui donner raison, le pr&#233;fet d'Istanbul a fortement conseill&#233; aux parents de venir reprendre en main leurs enfants qui manifestaient dans le centre d'Istanbul. Sans succ&#232;s : des m&#232;res de famille se sont rassembl&#233;es en cort&#232;ge et se sont rendues place Taksim en scandant : &#171; &lt;i&gt;Les mamans sont l&#224;. O&#249; es-tu, toi, Erdogan ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ezgi pousse la comparaison plus loin encore, assimilant les manifestants &#224; des minots enfin d&#233;barrass&#233;s de la domination paternelle. &#171; &lt;i&gt;Il y a eu une rupture dans la vie quotidienne, elle est devenue fantastique&lt;/i&gt;, commente-t-elle. J&lt;i&gt;usqu'alors, les gens jouaient le jeu de l'&#201;tat. Mais dans des rues d&#233;pourvues de toute autorit&#233;, les gens, comme des enfants, ont jou&#233; avec les gaz, les pav&#233;s, des camions, un tractopelle.&lt;/i&gt; &#187; Les manifestants ont effectivement charg&#233; des Toma avec un engin de chantier &#171; emprunt&#233; &#187;. Dans un espace urbain devenu enfin espace public, la vie &#171; &lt;i&gt; fantastique&lt;/i&gt; &#187; s'est affich&#233;e sur les murs et dans les slogans &#224; travers des r&#233;f&#233;rences &#233;loign&#233;es du champ politique. &#171; &lt;i&gt;Le vocabulaire utilis&#233; lors du mouvement provient de la culture populaire&lt;/i&gt;, poursuit Ezgi. &lt;i&gt;Les manifestants s'inspiraient de jeux vid&#233;o ou de films tels que&lt;/i&gt; Transformers &lt;i&gt;ou&lt;/i&gt; Le Seigneur des anneaux.&lt;i&gt; On a pu lire sur les murs : &#8220;C'est d&#233;j&#224; le cinqui&#232;me jour. Il faut regarder &#224; l'Est. Gandalf, o&#249; es-tu ?&#8221; Ou encore : &#8220;Le matin, on bosse, on est Clark Kent. Le soir, on se bat, on est Superman&#8221;. &lt;/i&gt; &#187; Des r&#233;f&#233;rences qui n'ont rien de surprenant puisque 60 % de la population du pays a moins de 35 ans, et que de tr&#232;s nombreux jeunes ont particip&#233; aux actions de rue. De quoi mettre &#224; mal les vieilles assertions selon lesquelles les nouvelles g&#233;n&#233;rations seraient abruties par leurs consoles de jeux. Loin d'&#234;tre annihil&#233;es, elles prouvent qu'elles sont capables de r&#233;agir &#233;nergiquement et instinctivement, hors cadre politique classique, quand l'oppression devient trop pr&#233;gnante. &#171; &lt;i&gt;Ne lancez pas des gaz qui font pleurer, nous sommes d&#233;j&#224; des enfants sentimentaux&lt;/i&gt; &#187;, entendait-on dans les rues d'Istanbul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photos : &#169; Morgan Fache/Collectif Item
11 juin et 12 juin 2013, Sc&#232;nes vues sur la place Taksim et dans le parc Gezi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Slogan entendu place Taksim le samedi 22 juin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Projet qui a &#233;t&#233; finalement annul&#233; par la justice turque le 6 juin dernier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Merci, &#244; merci, &#224; Ulus, d'&lt;i&gt;Express&lt;/i&gt;, ainsi qu'&#224; &#201;milie, pour l'accueil, l'h&#233;bergement, les discussions, les contacts&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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