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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title> La police communautaire face &#224; la guerre de basse intensit&#233;</title>
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		<dc:date>2013-10-14T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Georges Lapierre</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Sur la pr&#233;sentation de la justice et de la police communautaire par Georges Lapierre et le reportage photo de Patxi Beltzaiz, voir CQFD n&#176;115, actuellement dans les kiosques. Jusqu'&#224; pr&#233;sent l'organisation de la police et de la justice communautaire avait r&#233;ussi &#224; tourner et &#224; user &#224; son avantage les deux forces souvent oppos&#233;es qui la traversent : le courant partisan du dialogue avec l'Etat et le courant plus radical de l'autonomie, deux postures qui ne sont pas aussi antagoniques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-armee" rel="tag"&gt;l'arm&#233;e&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/police-communautaire" rel="tag"&gt;police communautaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/peuples-indiens" rel="tag"&gt;peuples indiens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur la pr&#233;sentation de la justice et de la police communautaire par Georges Lapierre et le reportage photo de Patxi Beltzaiz, voir &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;115, actuellement dans les kiosques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent l'organisation de la police et de la justice communautaire avait r&#233;ussi &#224; tourner et &#224; user &#224; son avantage les deux forces souvent oppos&#233;es qui la traversent : le courant partisan du dialogue avec l'Etat et le courant plus radical de l'autonomie, deux postures qui ne sont pas aussi antagoniques qu'elles paraissent &#224; premi&#232;re vue. La premi&#232;re privil&#233;gie la voie diplomatique : ne pas chercher la confrontation directe avec le gouvernement, ce qui oblige l'organisation &#224; n&#233;gocier et &#224; se contenter de ce que veut bien lui conc&#233;der le pouvoir. Cette position conduit souvent &#224; l'immobilisme et &#224; la &#171; conformit&#233; &#187;. L'autre tendance propose d'exercer l'autonomie dans tous les sens du terme et mettre le gouvernement devant le fait accompli. Cette position plus dynamique, &#224; l'origine des initiatives importantes, implique cependant de trouver les fonds n&#233;cessaires pour poursuivre les projets &#224; partir des propres ressources et des capacit&#233;s des communaut&#233;s. Du jeu de ces deux tactiques se d&#233;gage une strat&#233;gie subtile, qui avait r&#233;ussi, jusqu'&#224; pr&#233;sent, &#224; &#233;viter une confrontation directe et meurtri&#232;re avec le gouvernement et l'arm&#233;e tout en mettant en place l'armature d'une autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les peuples indiens ont avanc&#233; leurs pions sans esbroufes, sans jouer les fiers-&#224;-bras. Tout au d&#233;but, le gouverneur de l'&#201;tat du Guerrero leur a m&#234;me fourni des fusils ! Il voyait avec placidit&#233; les Indiens se charger d'un travail qui lui revenait. Quand il s'est rendu compte du danger, il &#233;tait bien tard, la Police communautaire avait conquis l'appui d'une grande partie de la population ; les affronter, c'&#233;tait encourir alors le risque de se trouver face &#224; un soul&#232;vement g&#233;n&#233;ralis&#233; ! Le gouvernement a d&#251; louvoyer, ce qui ne l'a pas emp&#234;ch&#233; et ne l'emp&#234;che toujours pas de tenter quelques mauvais coups en douce.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_781 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/guerrero-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/guerrero-2-3624c.jpg?1768731541' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Patxi Beltzaiz.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le conflit le plus important avec l'&#201;tat eut lieu en 2002 : les autorit&#233;s de la coordination r&#233;gionale habilit&#233;es &#224; rendre la justice furent toutes arr&#234;t&#233;es sous l'inculpation de &#171; privation ill&#233;gale de libert&#233; et abus d'autorit&#233; &#187;. Aussit&#244;t cette arrestation connue, pr&#232;s de 4 000 personnes sont sorties manifester devant le Minist&#232;re Public et ce fut la police communautaire elle-m&#234;me qui, en &#233;tablissant un cordon de s&#233;curit&#233; le long des b&#226;timents, a prot&#233;g&#233; les fonctionnaires de la col&#232;re noire des habitants venus lib&#233;rer les d&#233;tenus. Le sous-procureur de la justice s'est alors empress&#233; de les faire lib&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la pr&#233;sence de ces deux courants, la strat&#233;gie de l'&#201;tat a consist&#233; &#224; renforcer le courant qui lui &#233;tait le plus favorable. Le jeu du chat et de la souris s'est fait beaucoup plus serr&#233; et tatillon. Le gouvernement a choisi la tactique de la pers&#233;cution des &#171; autorit&#233;s &#187; indiennes charg&#233;es de la justice et de la police afin de maintenir une pression constante et, entre menaces et promesses, remettre l'institution de la police et de la justice communautaires dans ce qu'il appelle &#171; la voie de la l&#233;galit&#233; &#187;. Sous ce pr&#233;texte fallacieux, l'&#201;tat laisse peu de marges d'action &#224; la Coordination des autorit&#233;s communautaires, la contraignant, par la pers&#233;cution sournoise et continuelle de ses &#171; autorit&#233;s &#187;, &#224; s'asseoir &#224; la table des n&#233;gociations. Il y a de plus en plus de mandats d'arr&#234;t &#233;mis contre les membres de la Coordination suite aux plaintes de certaines familles de d&#233;linquants proches des partis d'&#201;tat. Cette pression semble avoir permis &#224; la tendance &#171; politique &#187; de prendre, dans un premier temps, un avantage sur l'autre, plus directement sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 2011, une r&#233;union du Congr&#232;s national indig&#232;ne (CNI) devait se tenir en m&#234;me temps que le seizi&#232;me anniversaire de la police communautaire. Cette rencontre n'a pas eu lieu. Suite &#224; une br&#232;ve r&#233;union des membres du CNI pr&#233;sents, il fut d&#233;cid&#233; de reporter &#224; une date ult&#233;rieure l'Assembl&#233;e des peuples indiens de la r&#233;gion centrale. La Coordinadora Regional de Autoridades Comunitarias, Polic&#237;a comunitaria (CRAC-PC) avait invit&#233; &#224; l'inauguration de sa petite f&#234;te le ministre de la S&#233;curit&#233; publique du Guerrero, qui est venu en h&#233;licopt&#232;re se faire prendre la photo aux c&#244;t&#233;s de la police communautaire &#233;galement pr&#233;sent le maire (PRD) de Malinaltepec avec un ch&#232;que pour compenser les hausses des tarifs de l'&#233;lectricit&#233;. Cette ing&#233;rence a conduit le CNI &#224; se retirer et &#224; reporter la tenue de son congr&#232;s &#224; une date ult&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne restait plus que le spectacle d'une autocongratulation qui contrastait avec ce qu'on avait connu en 2005 lors du dixi&#232;me anniversaire : l'impression d'une force plus compacte, d'une volont&#233; plus dense, d'un mouvement plus &#233;nergique et plus ferme. Cette fois-ci, il y avait un c&#244;t&#233; superficiel, comme si la Coordination r&#233;gionale &#233;tait devenue d&#233;sormais une institution comme les autres, sans plus. La victoire des politiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis politiques avaient &#233;t&#233; rejet&#233;s et fermement maintenus &#224; l'&#233;cart de ce processus d'autonomie, qui, se d&#233;veloppant en marge des institutions &#233;tatiques, ne pr&#233;sentait pas &#224; premi&#232;re vue un enjeu imm&#233;diat pour eux. Aujourd'hui, il en va autrement, les partis d'&#201;tat ont pressenti l'importance de cette exp&#233;rience, tout l'int&#233;r&#234;t qu'elle repr&#233;sente pour la population et tout le danger qu'elle pr&#233;sente pour eux. Ils usent d&#233;sormais de tous les moyens &#224; leur disposition pour s'immiscer dans cette aventure et tenter de la d&#233;voyer &#224; leur profit. Ils ont plusieurs atouts dans leur manche : la pr&#233;sence &#171; historique &#187; dans le Guerrero d'une organisation indienne pour une autonomie dans le cadre de l'&#201;tat, l'Assembl&#233;e nationale indig&#232;ne pour l'autonomie (ANIPA) &#8211;organisation, pr&#233;sente dans le Consejo 500 a&#241;os de Resistencia dans les ann&#233;es 1990 qui a toujours cherch&#233; &#224; traiter avec l'&#201;tat aussi bien sur le plan national que sur le plan local &#8211; , le poids de l'Uni&#243;n Regional Campesina (ARIC), organisation de d&#233;fense paysanne dont les dirigeants ont la f&#226;cheuse tendance &#224; collaborer avec l'&#201;tat. Un autre atout tient &#224; l'ancrage dans la population du Parti r&#233;volutionnaire d&#233;mocratique (PRD), qui fut dans les ann&#233;es 80 le parti d'opposition au parti unique, le Parti r&#233;volutionnaire institutionnel (PRI). Le PRD comptait dans les ann&#233;es 1980 de nombreux militants de base dans le Guerrero, plus de 300 de ses militants ont &#233;t&#233; assassin&#233;s au cours de ces ann&#233;es. Mais aujourd'hui, ce n'est plus un parti d'opposition, il est entr&#233; dans le rang, le gouverneur actuel du Guerrero est issu de ce parti. Pourtant, gr&#226;ce &#224; son histoire militante pass&#233;e, il garde une certaine aura dans la population et peut toujours saboter toute tentative d'autonomie comme cela a pu se passer il y a peu dans la r&#233;gion de Xochiltlahuaca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police communautaire va-t-elle suivre le m&#234;me chemin ? Ce qui avait &#233;t&#233; un facteur de r&#233;ussite, le jeu entre n&#233;gociations et initiatives sociales, est devenu, sous l'&#233;norme pression du monde capitaliste un facteur de d&#233;s&#233;quilibre et de dislocation. La fracture est-elle consomm&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise qui couvait depuis quelque temps d&#233;j&#224; au sein de la Coordination r&#233;gionale des autorit&#233;s communautaires a brusquement &#233;clat&#233; &#224; la fin de l'ann&#233;e 2011. Plusieurs &#233;l&#233;ments doivent &#234;tre pris en compte pour tenter de la comprendre : L'importance prise par le courant r&#233;formiste proche du PRD et soutenu ouvertement par le gouverneur conduit les autres tendances, celle qui est favorable &#224; un dialogue avec l'&#201;tat mais dans un respect mutuel comme celle plus radicale de l'autonomie, &#224; r&#233;agir. Elles r&#233;agissent dans le d&#233;sordre, chacune pour son compte, chacune esp&#233;rant tirer son &#233;pingle du jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La main mise des cartels de la drogue sur l'ensemble de l'&#201;tat entra&#238;nant une spirale de la violence sans pr&#233;c&#233;dant pour le contr&#244;le des zones jug&#233;es strat&#233;giques comme la c&#244;te pacifique, qui est une zone de passage ; comme le nord de l'&#201;tat, qui se trouve en communication avec les &#201;tats de Puebla, Morelos, Mexico. Les exactions des bandes organis&#233;es rackettant les populations ont entra&#238;n&#233; la cr&#233;ation, dans le d&#233;sordre, de nombreux groupes d'autod&#233;fense ; certains seront contr&#244;l&#233;s par les cartels, d'autres par l'Etat et l'arm&#233;e pour devenir des groupes paramilitaires, d'autres vont chercher &#224; se rattacher &#224; la police communautaire, celle-ci conna&#238;tra alors une soudaine extension qui la fragilisera et l'am&#232;nera &#224; perdre son centre de gravit&#233; originel, les peuples de la Monta&#241;a, et &#224; se trouver d&#233;s&#233;quilibr&#233;e par sa p&#233;riph&#233;rie. En effet, c'est dans ce r&#233;servoir que constituent les groupes d'autod&#233;fense que vont puiser les diff&#233;rents courants pour assurer leur domination &#8211; pour chercher ensuite &#224; revenir au centre ? Il est difficile de dire &#224; qui profite r&#233;ellement cet &#233;clatement, &#224; la tendance r&#233;formiste ? Pour ma part, je pencherai plut&#244;t pour cette hypoth&#232;se.
La politique de l'usure mise en place par le gouverneur d&#232;s le d&#233;but s'est s&#233;rieusement acc&#233;l&#233;r&#233;e ces derniers temps au point de prendre les proportions d'une guerre contre-insurrectionnelle ou guerre de basse intensit&#233;. Pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la tendance favorable au dialogue avec l'Etat contamin&#233;e par l'esprit politique, proche du PRD (Parti r&#233;volutionnaire d&#233;mocratique) et de l'ANIPA (organisation indig&#232;ne d'ob&#233;dience marxiste) et cherchant l'aval de l'&#201;tat, le courant plus radical et &#233;mancipateur, proche de l'esprit zapatiste, a &#233;t&#233; conduit &#224; s'affirmer plus nettement au sein de la CRAC-PC. Coinc&#233;s entre les r&#233;formistes et les radicaux, les partisans d'un dialogue sans compromis ont cr&#233;&#233; un autre groupe d'autod&#233;fense, l'UPOEG (Union des peuples et organisations de l'Etat du Guerrero), qui s'est empress&#233; de conclure un pacte de collaboration avec le gouverneur et l'arm&#233;e tout en s'effor&#231;ant de sauvegarder une certaine ind&#233;pendance (illusoire ?) &#8211; cette politique d'un dialogue avec l'&#201;tat caract&#233;rise l'ANIPA. Cette scission, si elle a &#233;clairci la situation, repr&#233;sente tout de m&#234;me une victoire de l'Etat d'autant plus que le courant mod&#233;r&#233; reste tr&#232;s actif au sein du la CRAC-PC, d&#233;sormais partag&#233;e entre la tendance r&#233;formiste proche du PRD soutenue par le gouvernement , et la tendance radicale ou &#171; r&#233;volutionnaire &#187; proche de la gu&#233;rilla et des zapatistes. Fort de ce premier succ&#232;s, le gouverneur poursuit son avantage en menant la vie dure au courant radical, qui se trouve d&#233;sormais en premi&#232;re ligne. Le temps presse, les entreprises mini&#232;res frappent &#224; la porte avec insistance. La guerre est d&#233;clar&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'importants convois de l'arm&#233;e m&#233;xicaine ont p&#233;n&#233;tr&#233; ces derniers temps dans plusieurs endroits de la Monta&#241;a et de la Costa Chica. A Ayutla de los Libres, les militaires ont envahi la Maison de la justice d'El Para&#237;so : &#171; &lt;i&gt;&#192; 10 heures du soir, trente v&#233;hicules militaires sont arriv&#233;s, ils ont envahi les installations et pass&#233; &#224; tabac une quarantaine de policiers communautaires&lt;/i&gt; &#187;, selon Arturo Campos, coordinateur r&#233;gional de la Maison de la justice. &#192; Olinal&#225;, des soldats parcourent la montagne &#224; la recherche des &#233;l&#233;ments de la police communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_782 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/guerrero-1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/guerrero-1-86a6d.jpg?1768731541' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Patxi Beltzaiz.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#201;tat s'est permis de lancer une offensive d'une telle envergure contre la police communautaire, c'est bien parce qu'il joue sur les dissensions qui sont apparues au grand jour entre les diff&#233;rentes tendances qui composent cette organisation et qui s'affrontent ouvertement pour le contr&#244;le des Maisons de la justice. &#171; &lt;i&gt;Certaines divergences se sont manifest&#233;es entre des dirigeants de la CRAC dans les r&#233;gions, mais non avec les peuples, ni leurs autorit&#233;s, ces d&#233;ficiences seront abord&#233;es et trait&#233;es lors de la prochaine assembl&#233;e r&#233;gionale.&lt;/i&gt; &#187; (Communiqu&#233; des Maisons de la justice de Espino Blanco, Zitlaltepec et San Luis Acatl&#225;n). Tout derni&#232;rement encore, le 27 septembre, les sympathisants de la tendance dissidente de l'UPOEG ont tent&#233; un coup de force pour s'emparer de la Maison de la justice de la municipalit&#233; de San Luis Acatl&#225;n, la tentative a &#233;chou&#233;. Entre partenariat, dialogue et autonomie, trois courants s'affrontent et se d&#233;chirent mettant en p&#233;ril toute une construction patiemment &#233;chafaud&#233;e. Nous nous trouvons face &#224; une situation de crise ouverte qui risque d'emporter d&#233;finitivement une heureuse exp&#233;rience d'autonomie des peuples dans cette r&#233;gion d&#233;sormais convoit&#233;e par les entreprises capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous commen&#231;ons &#224; saisir quelques &#233;l&#233;ments d'une strat&#233;gie de grande envergure destin&#233;e &#224; contr&#244;ler et &#224; soumettre les peuples indiens des montagnes et de la c&#244;te pacifique du Guerrero : appauvrissement organis&#233; des petits paysans, soutien aux organisations criminelles, militarisation de la r&#233;gion. La militarisation du territoire occup&#233; par la police communautaire est entreprise selon deux directions, deux pr&#233;textes et deux modes d'action. La premi&#232;re fonction octroy&#233;e d&#233;sormais &#224; l'arm&#233;e mexicaine est une fonction polici&#232;re, celle du maintien de l'ordre et de l'autorit&#233; de l'Etat. Le pr&#233;texte de ce changement du r&#244;le de l'arm&#233;e, charg&#233;e au d&#233;part de la d&#233;fense nationale pour se trouver ensuite charg&#233;e de la d&#233;fense de la loi et de l'Etat &#224; l'int&#233;rieur du territoire national, fut la guerre contre le crime organis&#233; . Elle fut mise en &#339;uvre par un pacte d'assistance conclu entre les Etats-Unis et le Mexique, l'Initiative de M&#233;rida. Pourtant &#171; &lt;i&gt;quand les populations non prot&#233;g&#233;es, et elles le sont de plus en plus, s'organisent en autod&#233;fense contre les groupes arm&#233;s du crime, les gouvernements lancent leurs arm&#233;es et leurs polices pour d&#233;sarmer ces compatriotes, qu'ils ne prot&#232;gent pas&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit l'historien Adolfo Gilly. Le mode d'action est la violence, l'agression, la r&#233;pression et, pour tout dire, la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me fonction d&#233;volue &#224; l'arm&#233;e est celle de la pacification, l'arm&#233;e est alors pr&#233;sent&#233;e comme un instrument favorisant la paix, l'arm&#233;e au service des gens qui intervient lors des catastrophes naturelles portant secours aux populations sinistr&#233;es. Les militaires qui s'installent dans un village coupent les cheveux, soignent les bless&#233;s ou les malades, apportent dans leurs camions de l'aide alimentaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement f&#233;d&#233;ral actuel, sous la pr&#233;sidence de Pe&#241;a Nieto, a lanc&#233; un vaste programme de lutte contre la faim, la &lt;i&gt;Cruzada Nacional Contra el Hambre&lt;/i&gt;, (La Croisade nationale contre la faim ). Cette croisade comprend la participation de l'arm&#233;e de terre et de la marine, &#233;trange, &#233;trange&#8230; Dans le Guerrero, les militaires ne seront pas seulement charg&#233;s de transporter les vivres et le mat&#233;riel de cuisine dans leurs camions, ils vont &#234;tre charg&#233;s d'apprendre &#224; cuisiner aux femmes indiennes ! Les militaires vont ainsi s'installer pour plusieurs mois dans les communaut&#233;s recul&#233;es pour, je cite Rosario Robles, ministre du D&#233;veloppement Social, &#171; &lt;i&gt;accomplir des t&#226;ches en relation avec l'alimentation, la sant&#233; et l'am&#233;lioration de la qualit&#233; de vie de toutes ces communaut&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On appauvrit la population, on laisse sciemment s'&#233;tendre le narcotrafic puis on envoie les militaires dans les zones sinistr&#233;es nourrir la population et r&#233;tablir l'ordre de l'Etat contre ceux qui ont pris les armes pour se d&#233;fendre. Cette strat&#233;gie peut para&#238;tre parfois un peu schizophr&#233;nique. Dans des communaut&#233;s comme El Para&#237;so Ayutla, les habitants ont vu arriver les m&#234;mes jours &#171; &lt;i&gt;los soldados buenos&lt;/i&gt; &#187; qui donnent &#224; manger aux enfants et tentent de cr&#233;er de nouvelles habitudes alimentaires et &#171; &lt;i&gt;los soldados malos&lt;/i&gt; &#187; qui d&#233;sarment leur police communautaire, emprisonnent leurs leaders et soumettent la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, on en arrive &#224; mettre au centre vital de la vie communautaire des peuples un acteur arm&#233; qui cherche &#224; prendre le contr&#244;le de la population &#224; travers la donation d'aliments. Ceci est une remilitarisation. Il est &#233;tonnant de voir l'arm&#233;e, charg&#233;e de la lutte contre la faim, s'installer &#224; nouveau dans la Monta&#241;a, l&#224; o&#249; les peuples ont lutt&#233; pour le d&#233;part de cette m&#234;me arm&#233;e responsable de viols, d'ex&#233;cutions sommaires, de disparitions, de tortures&#8230; Pour nous c'est une remilitarisation, une mani&#232;re diff&#233;rente de revenir occuper le territoire de ces populations et de se servir de la faim comme strat&#233;gie de contr&#244;le social&lt;/i&gt; &#187;, signale l'anthropologue Abel Barrera du Centro de Derechos Humanos de la Monta&#241;a &#8211; Tlachinollan. Sous le pr&#233;texte de la lutte contre la faim dans le Guerrero, l'arm&#233;e va s'installer dans 500 villages de 27 municipalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses communaut&#233;s ont refus&#233; la pr&#233;sence des militaires sur leur territoire, ce qui implique se passer des subsides du gouvernement pour chercher et trouver une r&#233;ponse &#224; la politique d'appauvrissement syst&#233;matique des campagnes men&#233;e par ce m&#234;me gouvernement. Tout comme elles ont su, face &#224; l'ins&#233;curit&#233; grandissante permise et encourag&#233;e par le gouvernement, s'organiser pour se d&#233;fendre. &#192; suivre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;P.S. : &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le passage de la d&#233;pression tropicale Manuel, les habitants de la Monta&#241;a et de la Costa connaissent une &#233;norme trag&#233;die : de nombreux morts et disparus, des villages coup&#233;s de tout, des maisons englouties sous un flot de boue, des glissements de terrains emportant les champs de ma&#239;s et les r&#233;coltes, et, pour couronner le tout, l'immense indiff&#233;rence des pouvoirs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e, qui se voulait omnipr&#233;sente, se fait remarquer par son absence et sa non-intervention. Devant la trag&#233;die qui frappe les peuples indiens, l'&#201;tat leur tourne le dos pour concentrer ses efforts sur la capitale du Guerrero, Chilpancingo, et surtout sur Acapulco, o&#249; le pr&#233;sident de la R&#233;publique s'est fait voir devant les cam&#233;ras supervisant l'&#233;tablissement d'un pont a&#233;rien afin de sauver les touristes ! En fin de compte, les peuples indiens n'attirent l'int&#233;r&#234;t des institutions que lorsqu'ils s'organisent et risque de pr&#233;senter un risque pour l'ordre &#233;tabli. Alors seulement, on envoie la police et l'arm&#233;e pour tenter de reprendre le terrain perdu. Nous pouvons faire confiance aux peuples de la Monta&#241;a et de la Costa, face au d&#233;sastre qui les touche, ils vont s'organiser et, dans peu de temps, l'&#201;tat s'int&#233;ressera &#224; nouveau &#224; eux, n'en doutons pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 septembre 2013, lors d'une r&#233;union et houleuse avec Rosario Robles, la ministre, pour prendre la mesure des d&#233;g&#226;ts, les Indiens de la montagne qui avaient pu se rendre &#224; Tlapa o&#249; se tenait la r&#233;union, parfois apr&#232;s plus de 9 heures de marche, ont exig&#233; de participer aux d&#233;cisions concernant la reconstruction ; &#224; cette fin, ils ont d&#233;cid&#233; de constituer le jour m&#234;me un Conseil des autorit&#233;s des communaut&#233;s sinistr&#233;es. Ce conseil sera la voix des populations. Termin&#233;es les r&#233;unions &#224; portes ferm&#233;es entre maires, arm&#233;e et autorit&#233;s de l'Etat au cours desquelles des d&#233;cisions sont prises &#8211; concernant les d&#233;plac&#233;s, les aides et les moyens mis en &#339;uvre &#8211; sans consulter les habitants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#233;gende photo &lt;/i&gt;&lt;/i&gt;
&lt;p&gt;San Luis Acatl&#225;n (&#169;Patxi Beltzaiz)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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