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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Quand les &#233;l&#233;phants se battent, c'est l'&#201;gypte qui souffre</title>
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		<dc:creator>Youssef El-Chazli</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Confusion, chaos, haine, inqui&#233;tude, col&#232;re et d&#233;ception, tels sont les sentiments qui parcourent aujourd'hui les rues &#233;gyptiennes. Plusieurs semaines apr&#232;s l'&#233;viction des Fr&#232;res musulmans et le retour en force de l'arm&#233;e, l'universitaire Youssef El-Chazli rapporte ce qu'il a vu et entendu sur place. [Youssef El-Chazli-&gt;http://youssefelchazli.com est doctorant en sciences politiques aux universit&#233;s de Lausanne et de Paris 1 Panth&#233;on-Sorbonne. Il a contribu&#233; &#224; l'ouvrage collectif Au c&#339;ur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no114-septembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;114 (septembre 2013)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Confusion, chaos, haine, inqui&#233;tude, col&#232;re et d&#233;ception, tels sont les sentiments qui parcourent aujourd'hui les rues &#233;gyptiennes. Plusieurs semaines apr&#232;s l'&#233;viction des Fr&#232;res musulmans et le retour en force de l'arm&#233;e, l'universitaire Youssef El-Chazli rapporte ce qu'il a vu et entendu sur place.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://youssefelchazli.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Youssef El-Chazli&lt;/a&gt; est doctorant en sciences politiques aux universit&#233;s de Lausanne et de Paris 1 Panth&#233;on-Sorbonne. Il a contribu&#233; &#224; l'ouvrage collectif &lt;i&gt;Au c&#339;ur des r&#233;voltes arabes&lt;/i&gt;, (Armand Colin, 2013), dirig&#233; par Amin Allal et Thomas Pierret.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_770 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH337/p03-egypte-77503.jpg?1768731486' width='500' height='337' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une grande partie des &#201;gyptiens semblent aujourd'hui pointer du doigt, m&#233;chamment, les Fr&#232;res musulmans. Le 8 ao&#251;t 2013, dans une ruelle de la ville industrielle de Kafr Ed-Dawar, o&#249; le vote islamiste a &#233;t&#233; massif, un jeune homme avoue sa d&#233;ception &#224; l'&#233;gard de la confr&#233;rie : &#171; &lt;i&gt; Je ne perdrai plus mon temps &#224; aller voter, il est temps qu'un militaire remette l'ordre.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Ils ont menti, on a fait tout ce qu'ils nous ont dit de faire&#8230; pour rien.&lt;/i&gt; &#187; Son fr&#232;re n'est pas d'accord. Il l&#232;ve les yeux au ciel, affirme que le &#171; &lt;i&gt;courant islamiste n'a pas eu sa chance&lt;/i&gt; &#187; et en appelle aux cieux pour maudire tous les &#171; &lt;i&gt;putschistes&lt;/i&gt; &#187;. N&#233;anmoins, il reproche quand m&#234;me aux Fr&#232;res musulmans leurs multiples &#171; &lt;i&gt;erreurs&lt;/i&gt; &#187; ayant d&#233;l&#233;gitim&#233; le &#171; &lt;i&gt;projet islamique&lt;/i&gt; &#187;. Deux rues plus loin, une fillette de 10 ans affirme haut et fort soutenir la &#171; &lt;i&gt;l&#233;gitimit&#233;&lt;/i&gt; &#187; contre la &#171; &lt;i&gt;militarisation&lt;/i&gt; &#187;. Son p&#232;re, un modeste menuisier et un r&#233;volutionnaire de la premi&#232;re heure, est all&#233; plusieurs fois soutenir les siens &#224; Rabaa Al-Adawiya, pacifiquement. Quant &#224; l'oncle de la fillette, il a mis la photo du g&#233;n&#233;ral al-Sissi en fond d'&#233;cran de son t&#233;l&#233;phone portable. Dans chaque quartier, rue, maison, le ton monte et les esprits s'&#233;chauffent. Une minorit&#233; continue de soutenir et de d&#233;fendre le pr&#233;sident d&#233;chu sous les regards hostiles de la majorit&#233; pro-militaire. Cette ville n'est pas une exception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins de dix jours et plusieurs centaines de morts plus tard, une bande de jeunes hommes arm&#233;s traverse un quartier commer&#231;ant d'Alexandrie. Ils font un bruit spectaculaire et effrayant, criant et tapant sur les r&#233;verb&#232;res avec des pierres. Les habitants angoiss&#233;s sortent, pour se constituer en comit&#233;s populaires d'autod&#233;fense, s'attendant au pire. Mais les jeunes passent sans rien faire. Ils disent aux riverains, mi-rigolards mi-nerveux, qu'ils vont &#171; &lt;i&gt;chercher les &#8220;Fr&#232;res&#8221; pour leur faire la peau&lt;/i&gt; &#187;. Un des leurs &#8211; continuent-ils &#8211; a &#233;t&#233; tu&#233; par des &#171; &lt;i&gt; milices Fr&#232;res&lt;/i&gt; &#187; ; la vengeance, cette fois, sera un plat mang&#233; bouillant. La veille, des militants islamistes ont violemment bloqu&#233; les art&#232;res de la ville c&#244;ti&#232;re suscitant l'ire des passants. Dans un autre quartier, une bataille rang&#233;e entre militaires et des soutiens pr&#233;sum&#233;s de la &#171; &lt;i&gt;l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique&lt;/i&gt; &#187; avait fait des dizaines de morts, les rafales des armes automatiques &#8211; des deux camps &#8211; ne s'arr&#234;tant pas pendant plusieurs heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment en sommes-nous arriv&#233;s l&#224; ? Au cours des derni&#232;res semaines, il est devenu quasiment impossible de faire entendre une position non manich&#233;enne, critiquant aussi bien la strat&#233;gie de la terre br&#251;l&#233;e des Fr&#232;res musulmans que les pratiques s&#233;curitaires extr&#234;mement violentes de l'&#201;tat. Les positions sont d&#233;sormais radicalis&#233;es, grav&#233;es dans les esprits et dans les corps. La lutte est devenue existentielle. Ce processus, commenc&#233; au d&#233;but de la r&#233;volution, a continu&#233; apr&#232;s le d&#233;part de Moubarak. Il est aujourd'hui arriv&#233;, de mani&#232;re tr&#232;s inqui&#233;tante, &#224; son paroxysme. Cette radicalisation est le produit d'une simplification des identit&#233;s personnelles. On tend d&#233;sormais &#224; se d&#233;finir et &#224; &#234;tre d&#233;fini par une facette (r&#233;elle ou fantasm&#233;e) de son identit&#233; : &#171; islamiste &#187; ou &#171; pro-arm&#233;e &#187;, puis &#171; terroriste &#187; ou &#171; infid&#232;le &#187;. &#192; mesure que les camps et que les positions se solidifient, il devient de plus en plus difficile et co&#251;teux de revenir en arri&#232;re, de dialoguer, de faire des compromis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette polarisation s'est accentu&#233;e depuis la d&#233;claration constitutionnelle par laquelle, en novembre 2012, le pr&#233;sident Morsi s'&#233;tait arrog&#233; d'importants pouvoirs et avait d&#233;clench&#233; contre lui une mobilisation de grande ampleur. La multiplication des affrontements, &#224; chaque fois plus violents et plus meurtriers, a introduit et normalis&#233; la violence dans les rapports entre diff&#233;rents acteurs. Apr&#232;s chaque &#233;pisode meurtrier, avec son lot de &#171; martyrs &#187; et de bless&#233;s, l'&#233;cart entre les formations politiques n'a cess&#233; de grandir. Les Fr&#232;res musulmans, enfin au pouvoir et, semble-t-il, pris par la folie des grandeurs, campaient sur leurs positions et tentaient de tout faire passer en force. Se sachant les plus organis&#233;s, ils se crurent les plus forts et oubli&#232;rent le pouvoir d'autres groupes. Ils ont pr&#233;f&#233;r&#233; s'allier &#224; l'&#201;tat l&#233;gu&#233; par Moubarak plut&#244;t que de se lancer dans les r&#233;formes auxquelles appelait le camp r&#233;volutionnaire. &#192; la premi&#232;re occasion, les alli&#233;s de la veille devinrent les ennemis du jour. La mobilisation populaire anti-Fr&#232;res du 30 juin 2013, qui fut savamment r&#233;appropri&#233;e par les militaires et les r&#233;seaux client&#233;listes de l'ancien r&#233;gime, se pr&#233;senta comme une occasion en or.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, comme le fait remarquer le chercheur &#233;gyptien Amr Adly, la situation ressemble moins &#224; une guerre civile qu'&#224; une &#171; &lt;i&gt;&#233;puration &lt;/i&gt; &#187;. Avec une majorit&#233; incontestable d'&#201;gyptiens derri&#232;re l'appareil s&#233;curitaire et contre les Fr&#232;res musulmans, avec des m&#233;dias officiels et priv&#233;s appelant ouvertement &#224; la chasse &#224; l'islamiste, avec un climat violemment cliv&#233;, c'est moins deux camps qui s'affrontent qu'une majorit&#233; qui souhaite &#233;radiquer politiquement (mais aussi, souvent, physiquement) la minorit&#233; qui &#233;tait jusque-l&#224; au pouvoir. Les institutions s&#233;curitaires, se sentant d&#233;sormais soutenues par la population, ne s'interdisent plus rien. Enfin, du c&#244;t&#233; des militants r&#233;volutionnaires les plus progressistes, le dilemme est paralysant. Incapables de soutenir les militaires, ils ne peuvent accepter de d&#233;fendre les Fr&#232;res musulmans, dont ils ont subi la r&#233;pression durant toute l'ann&#233;e derni&#232;re. Ils se situent aujourd'hui majoritairement contre les Fr&#232;res, mais sans soutenir ouvertement l'arm&#233;e. Ils sont devenus spectateurs, ne se sentant plus li&#233;s &#224; la bataille en cours. Le temps pass&#233; enferm&#233;s, observant le couvre-feu impos&#233; par le gouvernement int&#233;rimaire, &#224; regarder les m&#233;dias entonner &#224; l'unisson l'antienne des &#171; Fr&#232;res terroristes &#187;, ils m&#233;ditent le vieux proverbe : &#171; &lt;i&gt;Quand les &#233;l&#233;phants se battent, c'est l'herbe qui souffre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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