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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Quand les &#233;l&#233;phants se battent, c'est l'&#201;gypte qui souffre</title>
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		<dc:creator>Youssef El-Chazli</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Confusion, chaos, haine, inqui&#233;tude, col&#232;re et d&#233;ception, tels sont les sentiments qui parcourent aujourd'hui les rues &#233;gyptiennes. Plusieurs semaines apr&#232;s l'&#233;viction des Fr&#232;res musulmans et le retour en force de l'arm&#233;e, l'universitaire Youssef El-Chazli rapporte ce qu'il a vu et entendu sur place. Youssef El-Chazli est doctorant en sciences politiques aux universit&#233;s de Lausanne et de Paris 1 Panth&#233;on-Sorbonne. Il a contribu&#233; &#224; l'ouvrage collectif Au c&#339;ur des r&#233;voltes arabes, (Armand (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no114-septembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;114 (septembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Thomas-Pierret" rel="tag"&gt;Thomas Pierret&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Amin-Allal-12191" rel="tag"&gt;Amin Allal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lausanne" rel="tag"&gt;Lausanne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Confusion, chaos, haine, inqui&#233;tude, col&#232;re et d&#233;ception, tels sont les sentiments qui parcourent aujourd'hui les rues &#233;gyptiennes. Plusieurs semaines apr&#232;s l'&#233;viction des Fr&#232;res musulmans et le retour en force de l'arm&#233;e, l'universitaire Youssef El-Chazli rapporte ce qu'il a vu et entendu sur place.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://youssefelchazli.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Youssef El-Chazli&lt;/a&gt; est doctorant en sciences politiques aux universit&#233;s de Lausanne et de Paris 1 Panth&#233;on-Sorbonne. Il a contribu&#233; &#224; l'ouvrage collectif &lt;i&gt;Au c&#339;ur des r&#233;voltes arabes&lt;/i&gt;, (Armand Colin, 2013), dirig&#233; par Amin Allal et Thomas Pierret.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_770 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH337/p03-egypte-77503.jpg?1782689787' width='500' height='337' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une grande partie des &#201;gyptiens semblent aujourd'hui pointer du doigt, m&#233;chamment, les Fr&#232;res musulmans. Le 8 ao&#251;t 2013, dans une ruelle de la ville industrielle de Kafr Ed-Dawar, o&#249; le vote islamiste a &#233;t&#233; massif, un jeune homme avoue sa d&#233;ception &#224; l'&#233;gard de la confr&#233;rie : &#171; &lt;i&gt; Je ne perdrai plus mon temps &#224; aller voter, il est temps qu'un militaire remette l'ordre.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Ils ont menti, on a fait tout ce qu'ils nous ont dit de faire&#8230; pour rien.&lt;/i&gt; &#187; Son fr&#232;re n'est pas d'accord. Il l&#232;ve les yeux au ciel, affirme que le &#171; &lt;i&gt;courant islamiste n'a pas eu sa chance&lt;/i&gt; &#187; et en appelle aux cieux pour maudire tous les &#171; &lt;i&gt;putschistes&lt;/i&gt; &#187;. N&#233;anmoins, il reproche quand m&#234;me aux Fr&#232;res musulmans leurs multiples &#171; &lt;i&gt;erreurs&lt;/i&gt; &#187; ayant d&#233;l&#233;gitim&#233; le &#171; &lt;i&gt;projet islamique&lt;/i&gt; &#187;. Deux rues plus loin, une fillette de 10 ans affirme haut et fort soutenir la &#171; &lt;i&gt;l&#233;gitimit&#233;&lt;/i&gt; &#187; contre la &#171; &lt;i&gt;militarisation&lt;/i&gt; &#187;. Son p&#232;re, un modeste menuisier et un r&#233;volutionnaire de la premi&#232;re heure, est all&#233; plusieurs fois soutenir les siens &#224; Rabaa Al-Adawiya, pacifiquement. Quant &#224; l'oncle de la fillette, il a mis la photo du g&#233;n&#233;ral al-Sissi en fond d'&#233;cran de son t&#233;l&#233;phone portable. Dans chaque quartier, rue, maison, le ton monte et les esprits s'&#233;chauffent. Une minorit&#233; continue de soutenir et de d&#233;fendre le pr&#233;sident d&#233;chu sous les regards hostiles de la majorit&#233; pro-militaire. Cette ville n'est pas une exception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins de dix jours et plusieurs centaines de morts plus tard, une bande de jeunes hommes arm&#233;s traverse un quartier commer&#231;ant d'Alexandrie. Ils font un bruit spectaculaire et effrayant, criant et tapant sur les r&#233;verb&#232;res avec des pierres. Les habitants angoiss&#233;s sortent, pour se constituer en comit&#233;s populaires d'autod&#233;fense, s'attendant au pire. Mais les jeunes passent sans rien faire. Ils disent aux riverains, mi-rigolards mi-nerveux, qu'ils vont &#171; &lt;i&gt;chercher les &#8220;Fr&#232;res&#8221; pour leur faire la peau&lt;/i&gt; &#187;. Un des leurs &#8211; continuent-ils &#8211; a &#233;t&#233; tu&#233; par des &#171; &lt;i&gt; milices Fr&#232;res&lt;/i&gt; &#187; ; la vengeance, cette fois, sera un plat mang&#233; bouillant. La veille, des militants islamistes ont violemment bloqu&#233; les art&#232;res de la ville c&#244;ti&#232;re suscitant l'ire des passants. Dans un autre quartier, une bataille rang&#233;e entre militaires et des soutiens pr&#233;sum&#233;s de la &#171; &lt;i&gt;l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique&lt;/i&gt; &#187; avait fait des dizaines de morts, les rafales des armes automatiques &#8211; des deux camps &#8211; ne s'arr&#234;tant pas pendant plusieurs heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment en sommes-nous arriv&#233;s l&#224; ? Au cours des derni&#232;res semaines, il est devenu quasiment impossible de faire entendre une position non manich&#233;enne, critiquant aussi bien la strat&#233;gie de la terre br&#251;l&#233;e des Fr&#232;res musulmans que les pratiques s&#233;curitaires extr&#234;mement violentes de l'&#201;tat. Les positions sont d&#233;sormais radicalis&#233;es, grav&#233;es dans les esprits et dans les corps. La lutte est devenue existentielle. Ce processus, commenc&#233; au d&#233;but de la r&#233;volution, a continu&#233; apr&#232;s le d&#233;part de Moubarak. Il est aujourd'hui arriv&#233;, de mani&#232;re tr&#232;s inqui&#233;tante, &#224; son paroxysme. Cette radicalisation est le produit d'une simplification des identit&#233;s personnelles. On tend d&#233;sormais &#224; se d&#233;finir et &#224; &#234;tre d&#233;fini par une facette (r&#233;elle ou fantasm&#233;e) de son identit&#233; : &#171; islamiste &#187; ou &#171; pro-arm&#233;e &#187;, puis &#171; terroriste &#187; ou &#171; infid&#232;le &#187;. &#192; mesure que les camps et que les positions se solidifient, il devient de plus en plus difficile et co&#251;teux de revenir en arri&#232;re, de dialoguer, de faire des compromis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette polarisation s'est accentu&#233;e depuis la d&#233;claration constitutionnelle par laquelle, en novembre 2012, le pr&#233;sident Morsi s'&#233;tait arrog&#233; d'importants pouvoirs et avait d&#233;clench&#233; contre lui une mobilisation de grande ampleur. La multiplication des affrontements, &#224; chaque fois plus violents et plus meurtriers, a introduit et normalis&#233; la violence dans les rapports entre diff&#233;rents acteurs. Apr&#232;s chaque &#233;pisode meurtrier, avec son lot de &#171; martyrs &#187; et de bless&#233;s, l'&#233;cart entre les formations politiques n'a cess&#233; de grandir. Les Fr&#232;res musulmans, enfin au pouvoir et, semble-t-il, pris par la folie des grandeurs, campaient sur leurs positions et tentaient de tout faire passer en force. Se sachant les plus organis&#233;s, ils se crurent les plus forts et oubli&#232;rent le pouvoir d'autres groupes. Ils ont pr&#233;f&#233;r&#233; s'allier &#224; l'&#201;tat l&#233;gu&#233; par Moubarak plut&#244;t que de se lancer dans les r&#233;formes auxquelles appelait le camp r&#233;volutionnaire. &#192; la premi&#232;re occasion, les alli&#233;s de la veille devinrent les ennemis du jour. La mobilisation populaire anti-Fr&#232;res du 30 juin 2013, qui fut savamment r&#233;appropri&#233;e par les militaires et les r&#233;seaux client&#233;listes de l'ancien r&#233;gime, se pr&#233;senta comme une occasion en or.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, comme le fait remarquer le chercheur &#233;gyptien Amr Adly, la situation ressemble moins &#224; une guerre civile qu'&#224; une &#171; &lt;i&gt;&#233;puration &lt;/i&gt; &#187;. Avec une majorit&#233; incontestable d'&#201;gyptiens derri&#232;re l'appareil s&#233;curitaire et contre les Fr&#232;res musulmans, avec des m&#233;dias officiels et priv&#233;s appelant ouvertement &#224; la chasse &#224; l'islamiste, avec un climat violemment cliv&#233;, c'est moins deux camps qui s'affrontent qu'une majorit&#233; qui souhaite &#233;radiquer politiquement (mais aussi, souvent, physiquement) la minorit&#233; qui &#233;tait jusque-l&#224; au pouvoir. Les institutions s&#233;curitaires, se sentant d&#233;sormais soutenues par la population, ne s'interdisent plus rien. Enfin, du c&#244;t&#233; des militants r&#233;volutionnaires les plus progressistes, le dilemme est paralysant. Incapables de soutenir les militaires, ils ne peuvent accepter de d&#233;fendre les Fr&#232;res musulmans, dont ils ont subi la r&#233;pression durant toute l'ann&#233;e derni&#232;re. Ils se situent aujourd'hui majoritairement contre les Fr&#232;res, mais sans soutenir ouvertement l'arm&#233;e. Ils sont devenus spectateurs, ne se sentant plus li&#233;s &#224; la bataille en cours. Le temps pass&#233; enferm&#233;s, observant le couvre-feu impos&#233; par le gouvernement int&#233;rimaire, &#224; regarder les m&#233;dias entonner &#224; l'unisson l'antienne des &#171; Fr&#232;res terroristes &#187;, ils m&#233;ditent le vieux proverbe : &#171; &lt;i&gt;Quand les &#233;l&#233;phants se battent, c'est l'herbe qui souffre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la place Tahrir &#224; la place Taksim... CQFD enqu&#234;te !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/De-la-place-Tahrir-a-la-place</link>
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		<dc:date>2013-07-17T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet, Gilles Lucas, Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Par Morgan Fache/Collectif Item</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>place</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Extraits exclusifs de deux articles &#224; l'actualit&#233; des plus chaudes du CQFD N&#176;113 actuellement en kiosque. Ne l'oubliez pas, que vous soyez en vacances ou pas, pour que votre &#233;t&#233; soit aussi ensoleill&#233; que r&#233;volt&#233;. Egypte : R&#233;volution, saison 2 ? En &#233;gypte, une expression s'est r&#233;pandue parmi une partie des manifestants qui ont finalement r&#233;ussi, avec l'aide de l'arm&#233;e, &#224; chasser le pr&#233;sident Morsi : la &#171; ballotocracy &#187;. Elle d&#233;signe cette caste issue des urnes et install&#233;e au sommet de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no113-juillet-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;113 (juillet 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Par-Morgan-Fache-Collectif-Item" rel="tag"&gt;Par Morgan Fache/Collectif Item&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/manifestants" rel="tag"&gt;manifestants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jours" rel="tag"&gt;jours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartier" rel="tag"&gt;quartier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Freres-musulmans" rel="tag"&gt;Fr&#232;res musulmans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Khaled-Fahmy" rel="tag"&gt;Khaled Fahmy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/derniers-jours" rel="tag"&gt;derniers jours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/president-Morsi" rel="tag"&gt;pr&#233;sident Morsi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Extraits exclusifs de deux articles &#224; l'actualit&#233; des plus chaudes du CQFD N&#176;113 actuellement en kiosque. Ne l'oubliez pas, que vous soyez en vacances ou pas, pour que votre &#233;t&#233; soit aussi ensoleill&#233; que r&#233;volt&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Egypte : R&#233;volution, saison 2 ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En &#233;gypte, une expression s'est r&#233;pandue parmi une partie des manifestants qui ont finalement r&#233;ussi, avec l'aide de l'arm&#233;e, &#224; chasser le pr&#233;sident Morsi : la &#171; ballotocracy &#187;. Elle d&#233;signe cette caste issue des urnes et install&#233;e au sommet de l'&#233;tat, mettant en cause du m&#234;me coup ce principe qui voudrait qu'une fois les &#233;lections pass&#233;es, chacun rentre chez soi et abandonne le champ politique. &#171; &lt;i&gt;Nous ne risquons pas nos vies juste pour changer de joueurs&lt;/i&gt; &#187;, affirmait sur CNN le 1er juillet, Khaled Fahmy, bloggeur et professeur d'histoire &#224; l'universit&#233; am&#233;ricaine du Caire. Le 5 juillet, au lendemain de l'&#233;viction des Fr&#232;res Musulmans, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a voulu poser quelques questions &#224; Ayman, un des acteurs anonymes de ce vaste mouvement qui affirme que la r&#233;volution est loin d'&#234;tre achev&#233;e. M&#234;me si &#224; l'heure o&#249; nous mettons sous presse, il est difficile d'anticiper sur des d&#233;veloppements extr&#234;mement rapides qui pourraient mener le pays &#224; la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CQFD : Comment as-tu v&#233;cu ces derniers&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;jours ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ayman&lt;/strong&gt; : J'habite pr&#232;s de la place Tahrir. J'ai pass&#233; les trois derniers jours entre cette place et le palais de Etehadeya o&#249; Morsi vivait. Avec mes amis, nous avons l'habitude de nous retrouver au caf&#233; avant d'aller rejoindre les manifestants. Il y a eu imm&#233;diatement beaucoup de violence, aussi, nous avons gard&#233; l'&#339;il sur les places pour pouvoir les d&#233;fendre en cas d'attaque. &#199;a a &#233;t&#233; un grand bonheur de voir dix millions de gens dans la rue, mais j'&#233;tais aussi inquiet de constater que le soutien de l'arm&#233;e &#233;tait d'abord incertain, alors que des affrontements violents avaient lieu entre pro-Morsi et anti-Morsi dans le quartier populaire de Gizeh. Les Fr&#232;res musulmans ont aussi men&#233; une attaque arm&#233;e contre les manifestants devant leur quartier g&#233;n&#233;ral. Nous avons &#233;t&#233; finalement rassur&#233;s de voir que les militaires soient de notre c&#244;t&#233; et d'entendre leur porte-parole proclamer face au monde entier qu'il soutenait nos revendications de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Taksim place des f&#234;tes : reportage &#224; istanbul&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_700 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;33&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/p06-07-occupy-gezi_istanbul_turquie08.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p06-07-occupy-gezi_istanbul_turquie08-bb9e1.jpg?1782650565' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Morgan Fache/Collectif Item
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Turquie, une &#171; r&#233;volte sentimentale &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les quinze premiers jours de juin, un large pan de la soci&#233;t&#233; turque s'est oppos&#233;, dans la rue, &#224; la politique et au m&#233;pris du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a envoy&#233; un de ses ch&#244;meurs heureux sur le Bosphore prendre le pouls de cette r&#233;volte inattendue, et recueillir les impressions &#224; chaud de manifestants ayant flirt&#233; avec la solidarit&#233; et l'auto-organisation. S'ils n'ont pas chang&#233; le monde, ils en ont modifi&#233; leur vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attabl&#233; devant un th&#233; dans un troquet alternatif du quartier de Beyoglu, &#224; Istanbul, Cem &#8211; prononcez &#171; Djem &#187; &#8211;, turc d'une quarantaine d'ann&#233;es, est cat&#233;gorique : &#171; &lt;i&gt;C'est le moment le plus fort de ma vie !&lt;/i&gt; &#187; Il s'interrompt un court instant, et conc&#232;de : &#171; &lt;i&gt;Bon, apr&#232;s la naissance de mon fils. Mais quand m&#234;me, pour nous tous, c'est une r&#233;volution mentale, une v&#233;ritable lib&#233;ration !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours apr&#232;s l'expulsion muscl&#233;e des occupants du parc Gezy et de Taksim &#8211; place centrale du quartier europ&#233;en d'Istanbul &#8211;, il est inutile de s'embarrasser de questions. Cem, comme toutes les personnes rencontr&#233;es ayant particip&#233; &#224; ce grand mouvement populaire qui a secou&#233; la Turquie en juin dernier, parle comme on enfile ici un masque &#224; gaz : tout naturellement. Raconter, d&#233;crire, commenter semblent m&#234;me &#234;tre une obligation, comme s'il fallait &#233;vacuer le trop-plein d'&#233;motions engrang&#233;es pendant ces deux semaines de &#171; &lt;i&gt; luttes magnifiques &lt;/i&gt; &#187;. Chacun oscille entre l'euphorie des journ&#233;es et des nuits pass&#233;es &#171; &lt;i&gt;&#233;paule contre &#233;paule, contre le fascisme&lt;/i&gt; &#187;, la petite d&#233;pression post-r&#233;volution et la crainte du coup de sonnette policier &#224; 6 heures du mat'. &#171; &lt;i&gt;Je suis en sevrage de lacrymo&lt;/i&gt;, plaisante Sonia, &lt;i&gt;une Espagnole vivant &#224; Istanbul depuis quatre ans. C'est un peu comme si j'&#233;tais en descente&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Que demande le peuple ?</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s les soul&#232;vements qui ont secou&#233; le monde arabe, les esprits frileux avaient pr&#233;dit un &#171; hiver islamiste &#187; comme triste cons&#233;quence du &#171; printemps d&#233;mocratique &#187;. Dans son dernier ouvrage, Le Peuple veut (Actes sud, 2013), Gilbert Achcar en offre une autre lecture, mettant le prisme sur les contradictions du capitalisme et la question sociale dans ces r&#233;gions. CQFD : Votre livre est sous-titr&#233; Une exploration radicale du soul&#232;vement arabe. Il s'agit d'une analyse (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no111-Mai-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;111 (Mai 2013)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s les soul&#232;vements qui ont secou&#233; le monde arabe, les esprits frileux avaient pr&#233;dit un &#171; hiver islamiste &#187; comme triste cons&#233;quence du &#171; printemps d&#233;mocratique &#187;. Dans son dernier ouvrage, &lt;i&gt;Le Peuple veut&lt;/i&gt; (Actes sud, 2013), Gilbert Achcar en offre une autre lecture, mettant le prisme sur les contradictions du capitalisme et la question sociale dans ces r&#233;gions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CQFD : Votre livre est sous-titr&#233; &lt;i&gt;Une exploration radicale du soul&#232;vement arabe&lt;/i&gt;. Il s'agit d'une analyse mat&#233;rialiste des rapports sociaux et &#233;conomiques qui ont jou&#233; un r&#244;le dans ces insurrections populaires. En quoi est-elle radicale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilbert Achcar&lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Professeur en &#233;tudes du d&#233;veloppement et en relations internationales &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : Les m&#233;dias ont insist&#233; sur l'aspect le plus imm&#233;diat et le plus visible, ce vers quoi ces soul&#232;vements ont culmin&#233; avec le d&#233;part de Ben Ali et Moubarak, pour finalement l'inscrire dans une perspective d&#233;mocratique, rassurante pour l'Occident. Qualifi&#233; de &#171; printemps arabe &#187;, de &#171; r&#233;volution de jasmin &#187; ou de &#171; r&#233;volution Facebook &#187;, il s'agirait d'un seul &#233;v&#233;nement qui se terminerait par des &#233;lections et o&#249; tout rentrerait dans l'ordre. C'&#233;tait refuser de voir le profond mouvement social qui porte ce processus r&#233;volutionnaire &#224; long terme. En premier lieu, l'accumulation des tensions sociales a conduit la situation &#224; son point explosif, et s'inscrit dans un contexte &#233;conomique de blocage du d&#233;veloppement, de lib&#233;ralisation des prix, de privatisations, de hausse des prix des denr&#233;es alimentaires, de crise mondiale. Les pays arabes d&#233;tiennent depuis plusieurs d&#233;cennies les records mondiaux de taux de ch&#244;mage. On a vu aussi la mont&#233;e des luttes ouvri&#232;res en Tunisie et en &#201;gypte, qui portaient toutes sur des revendications sociales pour l'emploi, le pain, la justice. Le ras-le-bol des Tunisiens et la fuite de Ben Ali ont produit un formidable effet boule de neige, qui a contribu&#233; &#224; l'&#233;mergence d'une parole nouvelle pour ces pays &#8211; &#171; &lt;i&gt;Le peuple veut renverser le r&#233;gime&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, qui elle-m&#234;me a chang&#233; la donne. Il n'y a pas eu un seul pays arabe qui n'ait pas &#233;t&#233; affect&#233; par cette vague.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_653 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH649/p04_dessin_achcar-e6bda.png?1782644062' width='500' height='649' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Benoit Guillaume
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dressez un portrait de la jeunesse arabe, acteur de premier plan des mobilisations, et la d&#233;crivez comme une jeunesse de dipl&#244;m&#233;s pr&#233;caires qui ma&#238;trisent les derni&#232;res technologies de communication, finalement plus proches des &#171; indign&#233;s &#187; du monde occidental que de leurs compatriotes salafistes. N'y a-t-il pas un clivage social entre les jeunes modernes et les couches populaires plus traditionnalistes ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une id&#233;e re&#231;ue et erron&#233;e. Il n'y a pas d'un c&#244;t&#233; les pauvres salafistes et de l'autre les riches progressistes. Le ch&#244;mage massif touche principalement les jeunes, les femmes &#8211; en g&#233;n&#233;ral et comme cat&#233;gorie de la jeunesse &#8211;, et les dipl&#244;m&#233;s. La proportion de jeunes dipl&#244;m&#233;-e-s au ch&#244;mage est plus &#233;lev&#233;e que dans le reste de la population active. Il faut prendre en compte la d&#233;mocratisation de l'enseignement, qui fait que le taux des dipl&#244;m&#233;s a consid&#233;rablement augment&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es : ce n'est pas un enseignement r&#233;serv&#233; aux nantis. De m&#234;me, les plus pauvres ne sont pas n&#233;cessairement salafistes. Ni Mohamed Bouazizi &#8211; le jeune ch&#244;meur et vendeur ambulant qui s'est immol&#233; le 17 d&#233;cembre 2010 &#8211; ni les jeunes de Sidi Bouzi qui se sont r&#233;volt&#233;s n'&#233;taient salafistes. Les salafistes n'ont surgi sur la sc&#232;ne qu'apr&#232;s les mobilisations de masse. Ils n'ont jamais constitu&#233; l'&#226;me du mouvement, ils s'y sont greff&#233;s comme une fraction sectaire tr&#232;s minoritaire et repr&#233;sentent une forme de frustration sociale d&#233;voy&#233;e. En Tunisie, la majorit&#233; des jeunes r&#233;volutionnaires sont souvent militants de base du syndicat UGTT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#201;gypte, si les formes d'expression religieuse sont plus pr&#233;sentes, cela ne signifie pas pour autant une emprise r&#233;elle des salafistes. Les signes ext&#233;rieurs de religiosit&#233; n'expriment pas forc&#233;ment une conception religieuse de la lutte politique. Le Mouvement de la jeunesse du 6-Avril s'est d'abord constitu&#233; comme jonction entre la jeunesse &#233;tudiante et les ouvriers de El-Mahalla El-Kubra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Fr&#232;res musulmans, loin d'incarner la contestation populaire, constituent une nouvelle classe affairiste, dont le puritanisme est compatible avec le n&#233;olib&#233;ralisme. Comment expliquer que dans certains milieux anti-imp&#233;rialistes, on continue &#224; leur conc&#233;der un blanc-seing malgr&#233; un programme socio-&#233;conomique hostile au changement social ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces soul&#232;vements, les Fr&#232;res musulmans ont aussi pris le train en marche. En r&#233;alit&#233;, les instances dirigeantes de la confr&#233;rie se sont consid&#233;rablement embourgeois&#233;es : sa direction est aujourd'hui compos&#233;e de richissimes capitalistes comme Khairat Al-Shater ou Hassan Malek. Leur opposition &#224; l'ancien r&#233;gime se pla&#231;ait sur le terrain de la critique du n&#233;potisme qui faussait le jeu du march&#233;, mais pas d'une remise en cause de l'ordre socio-&#233;conomique. Quant au volet anti-imp&#233;rialiste, Morsi a d&#233;montr&#233; qu'il pouvait faire pire que Moubarak en laissant l'arm&#233;e inonder les tunnels qui relient l'&#201;gypte &#224; Gaza, alors m&#234;me que le Hamas au pouvoir &#224; Gaza est une branche de la Confr&#233;rie. Aujourd'hui, les Fr&#232;res musulmans sont les garants de l'ordre dans la r&#233;gion et le capitalisme mondial mise sur eux pour se conformer aux exigences du FMI, m&#234;me s'ils n'en ont pas encore tout &#224; fait les moyens politiques. Le 16 juin 2012, la revue britannique &lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt;, qui est la r&#233;f&#233;rence en mati&#232;re de discours lib&#233;ral, avait clairement pris parti pour Morsi lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles &#233;gyptiennes en titrant son &#233;ditorial &#171; &lt;i&gt;Vote for the Brother&lt;/i&gt; &#187;. Voir en eux un mouvement anti-imp&#233;rialiste et anticapitaliste est absurde. Une chose est de se battre contre l'islamophobie et le racisme en France, o&#249; il existe une discrimination &#224; l'encontre des musulmans ; une autre chose est de d&#233;guiser en progressistes des courants qui sont purement r&#233;actionnaires tant sur le plan social que culturel et moral. D'autant qu'ils sont aujourd'hui au pouvoir et utilisent la religion comme moyen d'oppression sociale, notamment &#224; l'encontre de la minorit&#233; copte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On a vu dans la r&#233;gion le Qatar jouer le r&#244;le de bailleur de fonds de ces nouveaux pouvoirs. Quelle est sa strat&#233;gie selon vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il joue un r&#244;le de m&#233;diateur oblig&#233; avec les Fr&#232;res musulmans vis-&#224;-vis des &#201;tats-Unis, dont il est le suppl&#233;tif dans la r&#233;gion, mais il n'y a pas d'explication mat&#233;rialiste &#224; la politique du Qatar. Elle est li&#233;e aux extravagances de l'&#233;mir et &#224; sa passion pour les affaires &#233;trang&#232;res, qui l'a conduit &#224; faire de grands &#233;carts entre les relations qu'il a nou&#233;es aussi bien avec Al-Qa&#239;da ou l'Iran qu'avec Isra&#235;l. Aujourd'hui, avec la principale base militaire r&#233;gionale des &#233;tats-Unis sur son territoire et son r&#244;le de sponsor des Fr&#232;res musulmans, il appara&#238;t comme une pi&#232;ce ma&#238;tresse dans le dispositif am&#233;ricain au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#233;voquez aussi les th&#233;ories du complot qui ne manquent jamais de fleurir lors de bouleversements de cet ordre et qui trouvent une grande proportion d'&#171; &lt;i&gt;adeptes chez les anti-imp&#233;rialistes et les Moyen-Orientaux&lt;/i&gt; &#187;. Le mythe d'un complot pour d&#233;stabiliser la r&#233;gion et asseoir les int&#233;r&#234;ts &#171; am&#233;ricano-sionistes &#187; est &#233;videmment au c&#339;ur de tous les fantasmes, notamment concernant la Syrie&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caract&#233;riser ces prises de position de &#171; th&#233;ories du complot &#187; c'est d&#233;j&#224; les condamner. L'id&#233;e que Washington puisse tout man&#339;uvrer est grotesque. D&#232;s le d&#233;part du soul&#232;vement syrien, qui est rest&#233; pendant plusieurs mois un mouvement populaire et pacifique tout en subissant une r&#233;pression des plus f&#233;roces, Bachar al-Assad a d&#233;sign&#233; Al-Qa&#239;da comme responsable de la contestation&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bachar tient toujours le m&#234;me discours, mais accuse d&#233;sormais l'Occident de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#8211; ce qu'a fait aussi Kadhafi en Libye. C'&#233;tait clairement un discours destin&#233; &#224; l'Occident, avec lequel ils n'&#233;taient pas en si mauvais termes, pour leur signifier : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes vos alli&#233;s, sans nous, vous aurez Al-Qa&#239;da !&lt;/i&gt; &#187; Washington soutient une n&#233;gociation au sommet pour le d&#233;part de Bachar dans de bonnes conditions et refuse de donner son feu vert &#224; des livraisons d'armes &#171; qualitatives &#187; pour les insurg&#233;s syriens. Ils craignent &#233;videmment que ces armes ne tombent dans les mains d'Al-Qa&#239;da, qui est une composante av&#233;r&#233;e de l'insurrection. Or, plus on temporise, plus c'est ce qui risque d'arriver. Je suis pour ma part hostile &#224; toute forme d'intervention militaire directe dans le conflit syrien, mais favorable &#224; une aide &#224; l'armement de l'insurrection syrienne dans sa composante majoritaire. En refusant l'aide &#224; cette insurrection, on privil&#233;gie les milieux les plus fanatiques qui, eux, re&#231;oivent un financement des monarchies p&#233;troli&#232;res. Si l'Occident continue &#224; laisser faire le massacre [qui, depuis mars 2011, a co&#251;t&#233; la vie &#224; plus de 70 000 personnes, 6 000 rien qu'au mois de mars dernier, et fait 2,5 millions de d&#233;plac&#233;s &#8211; ndlr], tandis que l'Iran et la Russie continuent &#224; approvisionner Bachar en mat&#233;riel militaire, elle portera en partie la responsabilit&#233; de crimes contre l'humanit&#233;. Quant &#224; Isra&#235;l, si l'autodestruction de la Syrie est une aubaine pour le gouvernement d'extr&#234;me droite de Netanyahou, il craint aussi les d&#233;bordements du conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour revenir aux soul&#232;vements arabes, vous parliez d'un &#171; &lt;i&gt;processus r&#233;volutionnaire &#224; long terme &lt;/i&gt; &#187;. Est-ce que la polarisation entre la&#239;cs et cl&#233;ricaux ne risque pas de couper l'&#233;lan des mouvements sociaux ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si ce clivage existe, je ne crois pas en effet qu'il soit le plus important. C'est certes important de lutter contre l'ing&#233;rence du religieux dans le politique, mais la question sociale doit rester pr&#233;dominante. En Tunisie, la capacit&#233; du mouvement ouvrier &#224; se porter &#224; l'avant-sc&#232;ne politique doit &#234;tre l'aiguillon du changement. Il ne faut pas oublier que c'est sa force d'organisation [l'UGTT r&#233;unit 750 000 adh&#233;rents sur une population active de 3,6 millions de personnes &#8211; ndlr] qui a &#233;t&#233; le moteur du soul&#232;vement qui a culmin&#233; avec la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 14 janvier 2011, pr&#233;cipitant ainsi la fuite de Ben Ali. En revanche, le pouvoir d'attraction de l'extr&#234;me gauche en tant que force politique et ind&#233;pendamment de la centrale syndicale est tr&#232;s limit&#233; &#8211; parce qu'elle est trop fragment&#233;e et porte les tares de son origine &#233;tudiante. Face &#224; une opposition politique encore peu cr&#233;dible, le pr&#233;sident Marzouki s'enfonce dans l'opportunisme politique le plus flagrant, &#224; la fois marionnette d'Ennahdha et m&#251; par ses ambitions personnelles. En &#201;gypte, la situation est diff&#233;rente. Le mouvement ouvrier organis&#233; est plus jeune et m&#234;me si la F&#233;d&#233;ration des syndicats ind&#233;pendants r&#233;unit aujourd'hui la somme consid&#233;rable de deux millions d'adh&#233;rents, elle n'a pas, compte tenu de la taille et de l'histoire du pays, le poids de l'UGTT. L'opposition politique, elle, se discr&#233;dite aussi par des alliances entre la gauche, les n&#233;olib&#233;raux et des anciens complices des r&#233;gimes renvers&#233;s. Seul le nass&#233;rien Hamdeen Sabahi a acquis une cr&#233;dibilit&#233; aupr&#232;s des jeunes r&#233;volutionnaires, notamment au Caire et &#224; Alexandrie. Il s'est oppos&#233; aux conditions du FMI et a refus&#233; de rencontrer John Kerry en mars dernier. Pour voir &#233;merger une r&#233;elle alternative, les r&#233;volutionnaires devront se distinguer autant des oppositions compos&#233;es de lib&#233;raux ou pire d'ex-partisans de l'ancien r&#233;gime, que du pouvoir islamiste, qui ont en commun de n'avoir rien &#224; proposer sur le terrain social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Mathieu L&#233;onard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Professeur en &#233;tudes du d&#233;veloppement et en relations internationales &#224; l'&#233;cole des &#233;tudes orientales et africaines (SOAS) de l'Universit&#233; de Londres, il est notamment l'auteur de &lt;i&gt;Les Arabes et la Shoah&lt;/i&gt; (Actes Sud, 2009) et, avec Noam Chomsky, de &lt;i&gt;La Poudri&#232;re du Moyen-Orient&lt;/i&gt; (Fayard, 2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Bachar tient toujours le m&#234;me discours, mais accuse d&#233;sormais l'Occident de financer Al-Qa&#239;da : &#171; &lt;i&gt;Les Occidentaux combattent Al-Qa&#239;da au Mali et le soutiennent en Syrie. C'est la politique de deux poids deux mesures&lt;/i&gt; &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233; le 18 avril.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Br&#232;ves du 106</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Breves-du-106</link>
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		<dc:date>2012-12-17T09:00:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Chars et charia &gt; Aux cris de &#171; Le peuple veut la chute du r&#233;gime &#187;, &#171; Les Fr&#232;res musulmans sont des menteurs &#187;, &#171; Morsi, nouveau pharaon &#187;, sans oublier l'in&#233;puisable &#171; D&#233;gage ! &#187;, les dizaines de milliers de manifestants &#233;gyptiens, qui d&#233;non&#231;aient la politique autoritaire du pr&#233;sident Mohamed Morsi, ont r&#233;ussi &#224; ne le faire reculer que sur le d&#233;cret qui devait lui accorder des pouvoirs exceptionnels. Pour autant, il a maintenu le r&#233;f&#233;rendum destin&#233; &#224; islamiser la constitution tout en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chars et charia &gt;&lt;/strong&gt; Aux cris de &#171; Le peuple veut la chute du r&#233;gime &#187;, &#171; Les Fr&#232;res musulmans sont des menteurs &#187;, &#171; Morsi, nouveau pharaon &#187;, sans oublier l'in&#233;puisable &#171; D&#233;gage ! &#187;, les dizaines de milliers de manifestants &#233;gyptiens, qui d&#233;non&#231;aient la politique autoritaire du pr&#233;sident Mohamed Morsi, ont r&#233;ussi &#224; ne le faire reculer que sur le d&#233;cret qui devait lui accorder des pouvoirs exceptionnels. Pour autant, il a maintenu le r&#233;f&#233;rendum destin&#233; &#224; islamiser la constitution tout en redonnant des pouvoirs de police &#224; l'arm&#233;e, au risque d'encourager les soldats &#224; d'&#233;ventuelles fraternisations avec les contestataires. Une situation qui confirme ce qu'on savait d&#233;j&#224; : en &#201;gypte comme en Tunisie, les islamistes sont des faux fr&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cocorico lat&#233;ral &gt;&lt;/strong&gt; Isra&#235;l et la France se font la guerre sur le march&#233; mondial de la d&#233;fense, o&#249; leurs ventes d'armement se talonnent de peu. Pour l'ann&#233;e 2011, l'hexagone conserve, avec ses 6,5 milliards d'euros d'armes vendues &#8211; soit une progression de 27% &#8211; sa quatri&#232;me place mondiale (loin) derri&#232;re les USA, la Russie et le Royaume-Uni. L'&#201;tat h&#233;breu, lui, arrive vaillamment &#224; la cinqui&#232;me place, notamment gr&#226;ce &#224; son savoir-faire en mati&#232;re de drones. Une saine concurrence, &#171; libre et non fauss&#233;e &#187;, qui ne laissera pas de marbre les populations survivant sous les bombes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Feu de Bengale &gt;&lt;/strong&gt; L'incendie de l'usine textile Tazreen Fashion, le 24 novembre au Bangladesh, a caus&#233; la mort de cent onze travailleurs. En cause, des normes de s&#233;curit&#233; pi&#233;tin&#233;es : un b&#226;timent de sept &#233;tages con&#231;u pour n'en soutenir que trois, des issues de secours en cul-de-sac, etc. La Clean Clothes Campaign estime que plus de sept cents esclaves de ces &lt;i&gt;sweatshops&lt;/i&gt; (&#171; usines &#224; sueur &#187;) ont p&#233;ri dans les flammes depuis 2006. Outre des indemnisations, les ouvriers exigent que les dirigeants soient jug&#233;s. Jets de pierres, barricades, bagarres avec la police : la capitale bengalaise vit depuis au rythme d'affrontements quotidiens. Wal-Mart, Carrefour, Disney et autres firmes gourmandes en fringues made in Bangladesh ont d&#233;clin&#233; toute responsabilit&#233; : il ne s'agirait que de regrettables catastrophes dont sont coutumi&#232;res ces contr&#233;es arri&#233;r&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Productivit&#233; &gt;&lt;/strong&gt; Les spermatozo&#239;des des Fran&#231;ais sont au plus bas. Alors qu'en 1989 leur concentration &#233;tait de 73,6 millions/ml, elle vient de tomber &#224; 49,9 millions. Encore un secteur d'activit&#233; o&#249; le minist&#232;re du Redressement productif se r&#233;v&#232;le impuissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toujours &#224; l'ombre &gt;&lt;/strong&gt; Georges Ibrahim Abdallah reste enchrist&#233; &#224; Lannemezan (Hautes-Pyr&#233;n&#233;es), malgr&#233; une d&#233;cision favorable du tribunal d'application des peines. Le parquet a encore fait appel, alors que sa peine de s&#251;ret&#233; prenait fin en 1999. Arr&#234;t&#233; en 1984, ce militant libanais du Front populaire de lib&#233;ration de la Palestine a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; perp&#233;tuit&#233; pour son implication dans l'assassinat de deux diplomates am&#233;ricain et isra&#233;lien. &lt;i&gt;&#171; L'&#201;tat fran&#231;ais, qu'il soit gouvern&#233; par la &#8220;gauche&#8221; comme par la droite, resterait-t-il inflexible dans son acharnement &#224; punir ce militant r&#233;volutionnaire, parce que celui-ci ose r&#233;sister depuis plus de 28 ans en prison, en gardant intacts ses convictions politiques et son engagement solidaire aux c&#244;t&#233;s des peuples en lutte ? &#187;&lt;/i&gt;, se demande son comit&#233; de soutien. R&#233;ponse le 14 janvier 2013, quand l'appel du militant sera examin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux biscuits de trop &gt;&lt;/strong&gt; Jo&#235;l, 49 ans, dont une trentaine comme chauffeur de nuit pour Intermarch&#233; dans le Tarn-et-Garonne, s'est fait virer, sans pr&#233;avis ni indemnit&#233;, un mois avant No&#235;l. Sa faute ? Avoir mang&#233; deux biscuits r&#233;cup&#233;r&#233;s dans un paquet destin&#233; &#224; la benne. Apr&#232;s que ses coll&#232;gues ont cess&#233; de bosser pendant une journ&#233;e, l'employ&#233; coupable a accept&#233; la proposition de la direction : 20 000 euros d'indemnit&#233; en &#233;change de sa promesse de ne pas aller aux prud'hommes &#8211; le directeur se retranchant confortablement derri&#232;re l'application du r&#232;glement int&#233;rieur. Jo&#235;l peut s'estimer heureux. 20 000 euros&#8230; De quoi s'acheter quantit&#233;s de biscuits qu'il grignotera sur le trottoir apr&#232;s avoir vendu sa maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ardoise radioactive &gt;&lt;/strong&gt; Le 4 d&#233;cembre, la facture concernant la construction du r&#233;acteur EPR &#224; Flamanville (Manche) passait des 3,5 milliards d'euros initiaux &#224; 8,5. Dans la foul&#233;e, le groupe italien de production d'&#233;nergie ENEL d&#233;cidait de se retirer du projet et r&#233;clamait &#224; EDF le remboursement des 613 millions d'euros d&#233;j&#224; investis dans l'affaire. N&#233;anmoins, ce n'est pas parce que la m&#234;me personne, Luc Oursel, est &#224; la fois pr&#233;sident du directoire d'Ar&#233;va et de la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise d'&#233;nergie nucl&#233;aire qu'il ne faut pas croire la d&#233;claration, le m&#234;me jour, de cette derni&#232;re : &lt;i&gt;&#171; Le nucl&#233;aire reste l'&#233;nergie la moins ch&#232;re. &#187;&lt;/i&gt; Mani&#232;re de laisser entendre que le pire reste &#224; venir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rien n'est jou&#233; &gt;&lt;/strong&gt; Lors des soul&#232;vements arabes, les contempteurs occidentaux avaient cri&#233; au loup islamiste. Et c'est avec gourmandise qu'ils s'&#233;taient alors gargaris&#233;s de l'exactitude de leur proph&#233;tie d'un &#171; hiver islamiste &#187;. &lt;i&gt;&#171; Tout &#231;a pour &#231;a &#187;&lt;/i&gt;, disaient-ils ; &lt;i&gt;&#171; Tout continue &#187;&lt;/i&gt;, dirions-nous. En effet, les barbus sont, en &#201;gypte et en Tunisie, de plus en plus critiqu&#233;s et combattus. &#192; Isma&#239;lia, Suez, Port Sa&#239;d et au Caire, mais aussi &#224; Tajerouine, &#224; 200 kilom&#232;tres au sud-ouest de Tunis, les locaux des partis islamistes au pouvoir ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s. &#192; Sidi Bouzid, des manifestants d&#233;filent contre Ennahda, et depuis plusieurs semaines, le gouvernorat de Siliana est en &#233;tat de quasi-insurrection, pendant que le syndicat UGTT lance des appels &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Faut que &#231;a d&#233;gage !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Liquidit&#233;s / liquidation &gt;&lt;/strong&gt; Apr&#232;s Mario Draghi, nomm&#233; &#224; la t&#234;te de la Banque centrale europ&#233;enne, Mario Monti, d&#233;sign&#233; comme premier ministre italien ou Lucas Papadermos comme premier ministre grec, ainsi que quelques autres, c'est encore un ancien de la banque de destruction massive Goldman Sachs, Mark Carney, qui a &#233;t&#233; parachut&#233; r&#233;cemment au poste de gouverneur de la Banque d'Angleterre. On se souvient de la fameuse sortie de Lloyd Blankfein, le PDG de Goldman Sachs, qui se vantait de &lt;i&gt;&#171; faire le travail de Dieu &#187;&lt;/i&gt;. Apr&#232;s plus de dix ans de super-pouvoirs m&#233;tastatiques qui ont contribu&#233; &#224; jeter des millions de personnes &#224; la rue, Dieu, camoufl&#233; derri&#232;re le mythe de &#171; la main invisible du march&#233; &#187;, continue visiblement &#224; diss&#233;miner ces l&#233;gions d'archanges au c&#339;ur des cercles dirigeants europ&#233;en. Archanges ou chevaliers de l'Apocalypse ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; la barbe de la d&#233;mocratie</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/A-la-barbe-de-la-democratie</link>
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		<dc:date>2012-02-06T07:23:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas, Mina Zapatero</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Rencontr&#233; fin octobre au Caire, Ayman a particip&#233; d&#233;but 2011 aux manifestations de la place Tahrir qui ont conduit &#224; la chute de Hosni Moubarak. En novembre, il &#233;tait &#224; nouveau au front pour exiger le d&#233;part du Conseil supr&#234;me des forces arm&#233;es. Ing&#233;nieur, ath&#233;e, ce vaillant r&#233;volutionnaire nous livre son regard sur la situation politique &#233;gyptienne &#224; l'heure o&#249; les islamistes d&#233;crochent la majorit&#233; des si&#232;ges au sein du nouveau Parlement. CQFD : Que s'est-il pass&#233; le 18 novembre et les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rencontr&#233; fin octobre au Caire, Ayman a particip&#233; d&#233;but 2011 aux manifestations de la place Tahrir qui ont conduit &#224; la chute de Hosni Moubarak. En novembre, il &#233;tait &#224; nouveau au front pour exiger le d&#233;part du Conseil supr&#234;me des forces arm&#233;es. Ing&#233;nieur, ath&#233;e, ce vaillant r&#233;volutionnaire nous livre son regard sur la situation politique &#233;gyptienne &#224; l'heure o&#249; les islamistes d&#233;crochent la majorit&#233; des si&#232;ges au sein du nouveau Parlement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Que s'est-il pass&#233; le 18 novembre et les jours suivants, lors de cette nouvelle occupation de Tahrir ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ayman :&lt;/strong&gt; Au soir du 18, il y avait environ deux cents personnes r&#233;unies sur la place : des gens bless&#233;s lors des manifestations de janvier et f&#233;vrier, ainsi que des parents de jeunes d&#233;c&#233;d&#233;s. Ils faisaient un sit-in car ils n'avaient pas re&#231;u d'aides du gouvernement. La police est intervenue tr&#232;s brutalement, et beaucoup ont &#233;t&#233; bless&#233;s. En r&#233;action, de nombreuses manifestations ont &#233;clat&#233;, m&#234;me dans des villes o&#249; il n'y en avait pas eu, ou tr&#232;s peu, jusqu'alors. La police a &#233;t&#233; tr&#232;s violente, et a commenc&#233; &#224; tirer. Des vid&#233;os montrant des cadavres jet&#233;s sur des tas d'ordures ont provoqu&#233; une grande col&#232;re et, sur la place, la foule a grossi. Les gens venaient de partout, du Caire et de province. Pendant les cinq jours d'affrontements rue Mohammed-Mahmoud, la moiti&#233; des personnes qui se battaient contre la police &#233;tait des supporters de football. Des mecs tr&#232;s durs, qui ont &#233;t&#233; de tous les combats. Pendant ces journ&#233;es, la lutte a &#233;t&#233; beaucoup plus intense que lors de la chute de Moubarak. Il y avait beaucoup plus de col&#232;re et, surtout, beaucoup plus de monde. On voulait tous le d&#233;part imm&#233;diat du Conseil supr&#234;me des forces arm&#233;es (CSFA). Mais reste le probl&#232;me de savoir quoi inventer &#224; la place&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Outre une r&#233;pression sauvage, quelle a &#233;t&#233; la r&#233;action du CSFA ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant les &#233;lections, le CSFA et la presse n'ont cess&#233; de r&#233;p&#233;ter que la majorit&#233; des &#201;gyptiens &#233;tait contre les r&#233;volutionnaires. Ils esp&#232;rent que ces &#233;lections vont officiellement discr&#233;diter la rue. Mais il ne faut pas oublier qu'en janvier et f&#233;vrier, nous &#233;tions d&#233;j&#224; minoritaires par rapport &#224; l'ensemble de la population &#233;gyptienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment va le moral, apr&#232;s le r&#233;sultat des &#233;lections ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire des Fr&#232;res musulmans et des Salafistes n'est pas la fin du monde. &#199;a ne fait finalement que 60 % du Parlement&#8230; Le CSFA l'a dit et redit : ce Parlement n'a aucun pouvoir, ni celui de former un gouvernement, ni celui de lui &#244;ter sa confiance. Le seul dont il dispose est de choisir vingt personnes qui r&#233;digeront une nouvelle constitution.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_246 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH420/95_JMB_Egypte-51882.jpg?1782643535' width='400' height='420' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par JMB
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce sont donc les islamistes qui vont &#233;crire la nouvelle constitution ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est inqui&#233;tant, ce n'est pas qu'ils soient musulmans, c'est qu'ils aient la charia en t&#234;te. Mais il faut comprendre qu'il y a beaucoup de charias diff&#233;rentes, chacun a la sienne. C'est juste un empilement de lois dont chacun pr&#233;tend qu'elles viennent du Coran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel regard portes-tu sur ces islamistes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque r&#233;fl&#233;chit au d&#233;veloppement d'une soci&#233;t&#233; vous dira que pour mettre fin &#224; la pauvret&#233;, il faut que les femmes soient autonomes. Ces islamistes [Fr&#232;res musulmans et Salafistes, ndlr] sont la lie de la culture islamique. Ils ne pensent qu'&#224; une seule chose : le sexe. Dans ce pays, o&#249; 40 % de la population est analphab&#232;te, o&#249; le taux de personnes atteintes de l'h&#233;patite C est le plus important au monde, sans parler des millions de personnes vivant sous le seuil de pauvret&#233;, de quoi parlent les islamistes ? Des bikinis ! Une probl&#233;matique vraiment prioritaire, comme on peut l'imaginer&#8230; Ensuite, nous ne sommes pas un pays musulman. Il y a des musulmans, des chr&#233;tiens, des juifs, qui m&#234;me s'il y en a que huit sont &#233;galement l&#224;. Et des ath&#233;es, aussi. On ne peut pas cr&#233;er une soci&#233;t&#233; moderne en imposant une croyance, m&#234;me si elle est majoritaire. On ne peut pas raisonner avec des gens qui portent la tenue islamiste du xive si&#232;cle et dont le programme &#233;conomique tient du lib&#233;ralisme le plus radical, avec leur argent venu des pays du Golfe et leur business avec les Chinois. Cela dit, pendant ces journ&#233;es de novembre, j'ai pu constater que de tr&#232;s nombreux Fr&#232;res musulmans et Salafistes n'ob&#233;issaient plus &#224; leurs directions qui avaient appel&#233; &#224; cesser les manifestations. Beaucoup de jeunes Fr&#232;res ont d&#233;missionn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont, selon toi, les solutions &#224; cette situation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons profiter des avantages que nous offre la d&#233;mocratie m&#234;me si, pour l'instant, elle joue contre nous ! Il ne faut pas oublier que ces &#233;lections se sont tenues rapidement apr&#232;s la chute de Moubarak. La plupart des partis lib&#233;raux &#8211; au sens politique, pas &#233;conomique &#8211;, se sont form&#233;s en &#224; peine deux mois, alors que les Fr&#232;res musulmans sont en place depuis plus de huit ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Restes-tu optimiste malgr&#233; tout ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choses vont quand m&#234;me dans la bonne direction. On sait maintenant que les &#201;gyptiens ne laisseront plus personne manipuler les &#233;lections. Nous aurons probablement de nombreux revers, mais nous sommes sur la bonne voie m&#234;me si, aujourd'hui, il y a des frileux et des inquiets qui ne voient rien qu'autre que de demander au CSFA de prot&#233;ger l'&#201;gypte des islamistes. De toute fa&#231;on, &#224; la diff&#233;rence du CSFA qui ne sera chass&#233; que par la force, les islamistes devront partir par les &#233;lections. En fin de compte, bien s&#251;r, la d&#233;mocratie n'est pas la m&#233;thode infaillible : c'est un moindre mal, h&#233;las, et tant mieux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que se passe-t-il depuis les &#233;lections ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#233;norm&#233;ment de gr&#232;ves et de manifestations, partout. Ce n'est pas tr&#232;s visible, mais le pays est toujours en &#233;bullition. Si le CSFA fait encore une grossi&#232;re erreur, la place Tahrir va s&#251;rement se remplir &#224; nouveau. Et peut-&#234;tre que cette fois, il n'y aura pas de retour possible&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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