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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#201;conomie : Quand l'argent part en fum&#233;e&#8230;</title>
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		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;March&#233; colossal d'un c&#244;t&#233;, guerre sans fin de l'autre, le commerce de la drogue remue des masses consid&#233;rables d'argent. Interrog&#233; par CQFD, l'&#233;conomiste Christian Ben Lakhdar rectifie quelques contre-v&#233;rit&#233;s sur ce business coinc&#233; entre caricature et omerta d'&#201;tat. CQFD : Quel est le co&#251;t de la guerre contre la drogue pour l'&#201;tat fran&#231;ais ? Christian Ben Lakhdar : Si le cannabis n'existait pas, on &#233;conomiserait globalement 919 millions d'euros en France. Plus de la moiti&#233; de cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no114-septembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;114 (septembre 2013)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;March&#233; colossal d'un c&#244;t&#233;, guerre sans fin de l'autre, le commerce de la drogue remue des masses consid&#233;rables d'argent. Interrog&#233; par &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, l'&#233;conomiste Christian Ben Lakhdar rectifie quelques contre-v&#233;rit&#233;s sur ce business coinc&#233; entre caricature et omerta d'&#201;tat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Quel est le co&#251;t de la guerre contre la drogue pour l'&#201;tat fran&#231;ais ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Christian Ben Lakhdar&lt;/strong&gt; : Si le cannabis n'existait pas, on &#233;conomiserait globalement 919 millions d'euros en France. Plus de la moiti&#233; de cette somme est consacr&#233;e &#224; la mobilisation des ressources polici&#232;res, judiciaires et p&#233;nitentiaires. Cette chasse concerne principalement les usagers. On a interpell&#233; dans les ann&#233;es 2009-2010 plus de 100 000 usagers de cannabis : un travail policier qui ne sert &#224; rien. Pour l'&#233;conomiste que je suis, c'est un pur gaspillage d'argent public.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_792 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH566/p07-cokecqfd-114-64e20.jpg?1782638374' width='400' height='566' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Bertoyas.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et le march&#233; du cannabis g&#233;n&#232;re combien d'argent ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On estime que les consommateurs d&#233;pensent entre 800 et 900 millions d'euros pour s'approvisionner. Ce qui est &#224; peu pr&#232;s &#233;quivalent au co&#251;t social. Seuls les petits grossistes et les trafiquants internationaux r&#233;coltent des revenus importants. Plus l'on descend vers la transaction avec le consommateur, plus les revenus de trafic s'amenuisent. En bas de l'immeuble, dans le quartier, le dernier revendeur va recevoir &#8211; ce que confirment des enqu&#234;tes r&#233;alis&#233;es aux &#201;tats-Unis, en Nouvelle-Z&#233;lande, en Norv&#232;ge et en France &#8211; &#224; peine l'&#233;quivalent d'un salaire minimum l&#233;gal. En faisant une moyenne, pour la France, entre les divers lieux de vente du cannabis &#8211; cit&#233;s, quartiers, milieu rural &#8211; un vendeur de cannabis en bas de l'&#233;chelle gagne annuellement de 6 &#224; 7 000 euros, bien en dessous des 10 ou 12 000 euros du Smig. Pour un guetteur, on parle de 50 &#224; 60 euros par jour, Il s'agit essentiellement, pour le gros de la troupe, d'un salaire de subsistance, d'une &#233;conomie de la d&#233;brouille&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Termes utilis&#233;s dans le rapport r&#233;alis&#233; au milieu des ann&#233;es 1990 par le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi l'&#201;tat continue de d&#233;penser 500 millions d'euros pour une guerre perdue ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces de l'ordre appliquent la loi du 31 d&#233;cembre 1970. Hormis Daniel Vaillant en 2003, ancien ministre de l'Int&#233;rieur, aucun politique n'a essay&#233; de proposer une alternative. D&#232;s l'instant o&#249; cette loi sera modifi&#233;e ou abrog&#233;e, il y aura peut-&#234;tre plus d'argent pour la sant&#233; publique et pour la pr&#233;vention. C'est ce qui s'est pass&#233; au Portugal, et aujourd'hui dans des &#201;tats nord-am&#233;ricains ou dans des &#201;tats d'Am&#233;rique du Sud. Des d&#233;bats et des r&#233;f&#233;rendums ont mis en avant la question de la faillite des finances publiques pour justifier la l&#233;galisation du cannabis : elle rapporterait des milliards de dollars gr&#226;ce aux taxes collect&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur la question de la drogue il n'est toujours question publiquement que de r&#233;pression. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos politiques, depuis le maire de la petite ville jusqu'aux d&#233;put&#233;s et aux ministres ne connaissent rien &#224; la question de la drogue. Quand Daniel Vaillant a pr&#244;n&#233; l'instauration du monopole d'&#201;tat, j'avais &#233;t&#233; frapp&#233; de sa propre m&#233;connaissance sur le cannabis. Les d&#233;put&#233;s fran&#231;ais connaissent l'alcool de poire, le whisky, le vin, mais ignorent ce qu'est un joint. Ils en ont une image terrifiante. Ils oublient qu'il y a un si&#232;cle, la R&#233;gie des tabacs fran&#231;ais g&#233;rait le kif marocain, que l'opium &#233;tait principalement produit par la France dans ses colonies, et que la coca&#239;ne &#233;tait un gros march&#233; allemand gr&#226;ce &#224; son industrie pharmaceutique. Avec l'arriv&#233;e des &#233;lections municipales, on sait que personne n'aura de courage politique. &#192; titre d'exemple, le gouvernement de gauche a autoris&#233;, malgr&#233; le toll&#233; g&#233;n&#233;ral, l'installation de salles d'injection supervis&#233;e, dites &#171; &lt;i&gt;salles de shoot&lt;/i&gt; &#187;, mais la proc&#233;dure veut que ce soient les maires qui en fassent la demande au minist&#232;re de la Sant&#233;. &#192; Marseille, alors que le maire Jean-Claude Gaudin &#233;tait favorable &#224; l'ouverture de ces salles, au point de faire d'en faire une ville pilote de cet outil de r&#233;duction des risques, il ne fera rien avant les &#233;lections municipales. Tout le monde se renvoie la responsabilit&#233; : le minist&#232;re accuse les villes qui elles-m&#234;mes pr&#233;f&#232;reraient qu'il y ait un texte national qui leur &#233;vite de faire la demande. Politiquement, le combat contre la drogue est le fonds de commerce par excellence : prot&#233;ger les enfants et les adolescents qui tombent au fond du gouffre parce que de vilains trafiquants les incitent &#224; la consommation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En visite &#224; Marseille, Ayrault s'est vant&#233; r&#233;cemment d'une r&#233;ussite dans la guerre &#224; la drogue, affirmant que les r&#232;glements de compte &#233;taient la preuve que les diverses op&#233;rations de police d&#233;rangeaient l'activit&#233; des trafiquants. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a serait bien que les policiers et les politiques ne se r&#233;jouissent pas de la mort des personnes. Sans parler des balles perdues. Plus g&#233;n&#233;ralement, que se passe-t-il, en termes de parts de march&#233; ? Dans le domaine du cannabis, les usagers cultivent de plus en plus, et les trafiquants vendent peut-&#234;tre moins. Il y a aussi des cultures &#224; grande &#233;chelle qui s'installent en France dans des hangars, avec de nouveaux trafiquants qui alimentent le march&#233; fran&#231;ais. Dans ce domaine d'activit&#233;, il n'y a pas de tribunal de commerce pour r&#233;gler les litiges&#8230; Et ce sont &#233;videmment ceux qui vivent dans les quartiers populaires qui en p&#226;tissent le plus. M&#234;me si la consommation de cannabis se retrouve dans toutes les classes et professions, ce sont principalement les jeunes des quartiers populaires qui sont arr&#234;t&#233;s pour usage ou d&#233;tention. Dans une &#233;tude du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions p&#233;nales, Marie-Dani&#232;le Barr&#233;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. &#171; La r&#233;pression de l'usage de produits illicites : &#233;tat des lieux &#187;. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; explique qu'il existe aussi une client&#232;le polici&#232;re qui est jeune, arabe et noire. Incidemment, il faut savoir que cette situation est reconnue &#224; demi-mot par les services de police.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Termes utilis&#233;s dans le rapport r&#233;alis&#233; au milieu des ann&#233;es 1990 par le Conseil national des villes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cf. &#171; La r&#233;pression de l'usage de produits illicites : &#233;tat des lieux &#187;. Marie-Dani&#232;le Barr&#233;. &lt;i&gt;&#201;tudes et donn&#233;es p&#233;nales&lt;/i&gt;, n&#176; 105, Cesdip, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;gulation : Sortir du cercle vicieux</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Regulation-Sortir-du-cercle</link>
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		<dc:date>2013-10-28T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; le mouvement antiprohibitionniste appara&#238;t relativement atone, Anne Coppel fait figure d' infatigable militante de la r&#233;duction des risques. Auteur de Drogues, sortir de l'impasse (&#233;ditions La D&#233;couverte, 2012) avec Olivier Doubre, elle r&#233;pond aux questions de CQFD. CQFD : Vous pensez que nous sommes &#224; un tournant de la guerre contre la drogue. &#192; quelle inflexion de la politique des &#201;tats doit-on s'attendre ? Anne Coppel : Ce tournant vient du continent am&#233;ricain qui a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prohibition" rel="tag"&gt;prohibition&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; le mouvement antiprohibitionniste appara&#238;t relativement atone, Anne Coppel fait figure d' infatigable militante de la r&#233;duction des risques. Auteur de &lt;i&gt;Drogues, sortir de l'impasse&lt;/i&gt; (&#233;ditions La D&#233;couverte, 2012) avec Olivier Doubre, elle r&#233;pond aux questions de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Vous pensez que nous sommes &#224; un tournant de la guerre contre la drogue. &#192; quelle inflexion de la politique des &#201;tats doit-on s'attendre ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_789 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH529/p06-marihuana-poster-89bd5.jpg?1782638374' width='400' height='529' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anne Coppel&lt;/strong&gt; : Ce tournant vient du continent am&#233;ricain qui a men&#233; la guerre &#224; outrance jusqu'&#224; constater ses effets catastrophiques. Aux USA, la politique de tol&#233;rance z&#233;ro a abouti &#224; une incarc&#233;ration de masse des Noirs [plus de 30 millions de personnes sont pass&#233;es par la case prison entre 1986 et 2006] mais n'a pas r&#233;ussi &#224; limiter ni la consommation ni le trafic. Le changement a commenc&#233; &#224; partir de 2008, avec la d&#233;p&#233;nalisation de l'usage de cannabis dans quatorze &#233;tats, et le d&#233;veloppement du cannabis th&#233;rapeutique, surtout en Californie. Derni&#232;re bonne nouvelle, le 12 ao&#251;t 2013, les juges f&#233;d&#233;raux ont d&#233;cid&#233; de ne plus utiliser les peines de prison syst&#233;matiques pour r&#233;cidive. Au Sud, quatorze pays se sont prononc&#233;s, &#224; Antigua en 2013, en faveur de solutions alternatives. L'Europe avait &#233;t&#233; &#224; l'avant-garde dans la sant&#233;, mais depuis plus de dix ans, la d&#233;magogie l'a emport&#233;. La France a m&#234;me adopt&#233; en 2007 des peines plancher pour les r&#233;cidivistes sur le mod&#232;le des USA. Heureusement, la nouvelle loi p&#233;nale pr&#233;voit de les supprimer, mais le d&#233;bat sur la politique des drogues est au point mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les cons&#233;quences des interventions polici&#232;res sur l'organisation du trafic ? Peut-on &#233;viter les r&#232;glements de compte meurtriers ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions ont &#233;t&#233; attentivement &#233;tudi&#233;es en comparant les r&#233;sultats obtenus selon les villes et r&#233;gions ; remplacer la criminalisation de l'usage par une approche de sant&#233; publique, exp&#233;rimenter des modes de r&#233;gulation qui limitent l'emprise du march&#233; noir, telles sont les principales recommandations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous que la guerre &#224; la drogue aurait pu r&#233;ussir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif d'&#233;radication des drogues s'est r&#233;v&#233;l&#233; irr&#233;aliste, car malgr&#233; son co&#251;t plus &#233;lev&#233; chaque ann&#233;e (soit plus de mille milliards d&#233;pens&#233;s par les &#201;tats-Unis) consommation et trafic n'ont cess&#233; de progresser dans le monde entier. Principal r&#233;sultat de cette guerre meurtri&#232;re, l'escalade de la violence et le renforcement de l'emprise des mafias. En Am&#233;rique latine, cette guerre a d'abord servi &#224; justifier la pr&#233;sence militaire des USA, mais aucune arm&#233;e n'a r&#233;ussi &#224; mettre un frein &#224; l'explosion des trafics de drogues, qui sont avant tout des produits qui r&#233;pondent &#224; une demande. Les psychotropes ont beau &#234;tre dangereux, l'humanit&#233; en a toujours consomm&#233;, que ce soit pour faire la f&#234;te, pour soulager une souffrance ou comme dopant. La prohibition de l'alcool a &#233;chou&#233; dans les ann&#233;es 1930, parce que les Am&#233;ricains n'ont pas voulu y renoncer. &#192; quelques exceptions pr&#232;s &#8211; la Chine de Mao ! &#8211;, l'exp&#233;rience montre que la r&#233;pression ne parvient pas &#224; limiter les consommations. C'est pourtant ce qu'on continue &#224; faire croire &#224; l'opinion. Des politiques exploitent la peur des drogues, qui aux &#233;tats-Unis a d'abord &#233;t&#233; une peur des &#233;trangers pour devenir une peur des jeunes. La s&#233;v&#233;rit&#233; des sanctions pour usage est cens&#233;e rassurer les parents, mais il est impossible de sanctionner les millions de consommateurs. Plus la guerre augmente, plus le trafic est violent et plus l'opinion a peur des drogues. C'est un cercle vicieux. Dans les faits, seuls les plus vuln&#233;rables sont sanctionn&#233;s, qui, aux &#233;tats-Unis, sont essentiellement des Noirs, si bien que la guerre &#224; la drogue est devenue une guerre raciale contre les ghettos. Ceux qui tirent un profit direct de cette guerre sont d'abord les trafiquants, mais l'argent de la drogue est utilis&#233; dans toutes les guerres, par les terroristes comme par les services secrets, en France comme aux USA. L'argent sale a en outre sauv&#233; les banques de la crise de 2008, et il est peu douteux que cet argent continue &#224; circuler dans les paradis fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_790 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH574/p06-drugaddict-6829f.jpg?1782654012' width='400' height='574' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La prohibition r&#233;sulte-t-elle d'une conception id&#233;ologique des autorit&#233;s ou d'une v&#233;ritable volont&#233; de protection de la sant&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prohibition repose sur une conception occidentale qui oppose l'alcool, le tabac et les m&#233;dicaments dont l'Occident avait l'exp&#233;rience, &#224; l'opium, la coca, ou le cannabis cultiv&#233;s hier dans les pays colonis&#233;s. Il n'y a donc pas de justification m&#233;dicale &#224; la prohibition. C'est une question culturelle. L'Occident ne veut pas renoncer &#224; consommer ses drogues l&#233;gales, bien plus mena&#231;antes pour la sant&#233;. C'est aussi une question commerciale, car l'Occident tire de grands profits en vendant ses drogues au monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous que la l&#233;galisation ou la d&#233;p&#233;nalisation des drogues puisse porter atteinte au trafic international ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;radiquer le trafic international, il faut sortir de la prohibition, ce qui exige un changement radical. Or, que ce changement soit souhaitable ou non, il faut commencer par faire ce qu'il est possible dans le syst&#232;me actuel. D&#233;p&#233;naliser l'usage et la d&#233;tention associ&#233;e, c'est d'abord sortir de la guerre aux usagers de drogues. Actuellement, la police consacre l'essentiel de ses forces &#224; l'interpellation des usagers et petits trafiquants de rue, ce qui ne porte aucune atteinte au trafic international. Pour le moment, on ne sait pas bien comment porter une atteinte majeure &#224; ce trafic ; on sait en revanche limiter l'emprise du march&#233; noir avec des prescriptions m&#233;dicales d'h&#233;ro&#239;ne ou de cannabis. On peut esp&#233;rer une l&#233;galisation du cannabis, peut-&#234;tre dans la d&#233;cennie pour la France, mais pour les autres drogues, le seul outil est l'information des consommateurs, et c'est particuli&#232;rement le cas des drogues qui se vendent sur Internet, un march&#233; qui sonne le glas de la prohibition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous dites que la crise &#233;conomique pourrait se r&#233;v&#233;ler une opportunit&#233; pour un virage majeur des politiques vis-&#224;-vis des drogues. Est-ce &#224; dire que c'est la raison &#233;conomique qui influe &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; sur ces derni&#232;res ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique des drogues est une r&#233;ponse d&#233;magogique &#224; l'ins&#233;curit&#233; sociale, engendr&#233;e par le d&#233;ficit de politique sociale. &lt;i&gt;A minima&lt;/i&gt;, la crise impose une &#233;valuation du co&#251;t des politiques r&#233;pressives au regard de leurs r&#233;sultats. La Gr&#232;ce a ainsi renonc&#233; &#224; la p&#233;nalisation de l'usage et de la d&#233;tention de petites quantit&#233;s, pour &#233;viter des incarc&#233;rations co&#251;teuses et contre-productives. Le cannabis th&#233;rapeutique rapporte 18 milliards de dollars &#224; la Californie qui ne peut plus y renoncer. En France, avec les m&#234;mes taxes que le tabac, la l&#233;galisation du cannabis rapporterait 1 milliard d'euros&#8230; Mais rien n'est jou&#233; : tout d&#233;pend des choix politiques face &#224; la crise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le futur est dans le chanvre</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Un rapide historique de la politique de prohibition des drogues dans le monde occidental permet de bien mettre en avant la responsabilit&#233; des &#233;tats dans l'instrumentalisation du d&#233;bat. Et nous &#233;claire sur leur pr&#233;visible revirement. Le bannissement du cannabis au cours du XXe si&#232;cle doit beaucoup &#224; l'obsession d'un homme, Harry Anslinger, directeur du bureau des narcotiques aux &#201;tats-Unis de 1930 &#224; 1962. &#192; la fin de la prohibition anti-alcoolique, Anslinger doit justifier son budget et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un rapide historique de la politique de prohibition des drogues dans le monde occidental permet de bien mettre en avant la responsabilit&#233; des &#233;tats dans l'instrumentalisation du d&#233;bat. Et nous &#233;claire sur leur pr&#233;visible revirement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_776 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH245/logo-dossier-drogue-3-61bbe.jpg?1782647566' width='400' height='245' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le bannissement du cannabis au cours du XXe si&#232;cle doit beaucoup &#224; l'obsession d'un homme, Harry Anslinger, directeur du bureau des narcotiques aux &#201;tats-Unis de 1930 &#224; 1962. &#192; la fin de la prohibition anti-alcoolique, Anslinger doit justifier son budget et trouve avec le cannabis le nouveau fl&#233;au qui menace l'Am&#233;rique. Appuy&#233; par des campagnes de presse de la plus basse d&#233;magogie raciste du magnat William Randolph Hearst, il d&#233;signe les migrants mexicains, les Noirs, les musiciens de jazz, puis, apr&#232;s guerre, les communistes, comme responsables de la d&#233;pravation de la jeunesse am&#233;ricaine et pr&#233;tend m&#234;me que le &#171; &lt;i&gt;cannabis plus dangereux que l'h&#233;ro&#239;ne et la coca&#239;ne&lt;/i&gt; &#187;. L'&#233;crivain Jack Herer, qui vantait les multiples vertus du chanvre dans son best-seller &lt;i&gt;L'Empereur est nu&lt;/i&gt; (1985), voulut mettre en lumi&#232;re la collusion d'Anslinger avec l'industrie p&#233;trochimique. Cette derni&#232;re voulait surtout rendre ill&#233;gal le chanvre agricole, qui, gr&#226;ce &#224; de nouvelles machines &#224; d&#233;fibrer, s'av&#233;rait un redoutable concurrent potentiel du coton, du Nylon et du papier. Une preuve ? Anslinger &#233;tait li&#233; indirectement &#224; Du Pont de Nemours par son oncle par alliance, Andrew Mellon, lui-m&#234;me secr&#233;taire d'&#233;tat au Tr&#233;sor et banquier de la firme. Si la th&#232;se reste controvers&#233;e, il n'en demeure pas moins qu'une fois vot&#233;e en 1937, la loi de prohibition ne fit aucun distinguo entre le cannabis &#171; stup&#233;fiant &#187; et le chanvre agricole, et ruina les agriculteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, le grand &#233;cart entre une croisade morale affich&#233;e et la r&#233;alit&#233; d'une instrumentalisation coloniale et militaire des drogues &#8211; &#171; dures &#187; et chimiques pour la plupart &#8211; suffirait &#224; lui seul &#224; annihiler l'hypocrisie de la prohibition. On peut citer parmi les nombreux usages sales : les guerres de l'opium men&#233;es par la Couronne d'Angleterre, qui d&#233;tenait le monopole du commerce du pavot par lequel elle avait r&#233;ussi &#224; intoxiquer un quart des Chinois m&#226;les et adultes &#224; la fin du XIXe si&#232;cle ; ou encore l'enjeu anti-insurrectionnel du trafic d'h&#233;ro&#239;ne, aux mains des services fran&#231;ais durant la guerre d'Indochine puis par la CIA durant la guerre du Vietnam, qui a contribu&#233; au d&#233;veloppement du triangle d'or en Asie du Sud-Est.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le grand enfermement &lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_777 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH578/p06-cocainepulp-54ef1.jpg?1782647566' width='400' height='578' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est d'abord une r&#233;pression visant une partie de la population am&#233;ricaine que va amorcer Nixon en d&#233;cr&#233;tant la &#171; guerre &#224; la drogue &#187; en 1971. Cette guerre insidieuse va conduire &#224; marginaliser la jeunesse contestataire blanche, f&#233;rue de d&#233;fonces, et criminaliser les classes dangereuses, hispaniques et noires, alors que le p&#233;ril du Black Power hante les dirigeants blancs. Cette guerre particuli&#232;rement retorse se r&#233;v&#233;lera &#234;tre une machine &#224; cr&#233;er et &#224; enfermer les junkies ou suppos&#233;s tels. Ainsi dans les ann&#233;es 1980, le crack sera d&#233;vers&#233; par kilos dans les ghettos noirs de Los Angeles. En 1996, le journaliste Gary Webb r&#233;v&#232;lera l'implication d'agents de la CIA de retour du Nicaragua, o&#249; l'argent de la coca&#239;ne avait servi &#224; financer les contras antisandinistes, dans cette &#233;pid&#233;mie. De 1982 &#224; 2006, l'incarc&#233;ration de masse pour des infractions li&#233;es &#224; la drogue aura fait cro&#238;tre la population carc&#233;rale am&#233;ricaine d'un demi-million &#224; pr&#232;s de 2,3 millions. Du fait de la l&#233;gislation anti-drogue, plus de 55 % de la population noire am&#233;ricaine poss&#232;de aujourd'hui un casier judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au plus fort de cette guerre, en 1986, une loi f&#233;d&#233;rale anti-crack imposant des peines planchers avait fait bondir de 800 % le nombre d'incarc&#233;ration. Nancy Reagan, la &lt;i&gt;first lady&lt;/i&gt; de l'&#233;poque qui accompagnait les op&#233;rations muscl&#233;es et m&#233;diatiques du LAPD dans les &lt;i&gt;crack houses&lt;/i&gt;, d&#233;clarait alors au sujet des &lt;i&gt;crackheads&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Pour ces gens-l&#224;, toute tentative de r&#233;&#233;ducation ou de r&#233;insertion n'est m&#234;me plus envisageable.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mike Davis, City of quartz, Los Angeles, capitale du futur, La D&#233;couverte, 1997.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; Par une certaine ironie, son nom allait bient&#244;t &#234;tre utilis&#233; dans le jargon des dealers pour d&#233;signer le kilo de coca&#239;ne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le verrou fran&#231;ais &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En France, la loi en mati&#232;re de stup&#233;fiants est une des plus s&#233;v&#232;res d'Europe, depuis la loi de 1970, jamais remise en cause, les &#171; drogu&#233;s &#187; sont assimil&#233;s d'abord &#224; des d&#233;linquants puis &#224; des malades. Les dix derni&#232;res ann&#233;es ont co&#239;ncid&#233; avec un durcissement s&#233;curitaire. En imitateur provincial et retardataire de la politique am&#233;ricaine, Sarkozy a voulu mettre en place une politique de tol&#233;rance z&#233;ro qui a conduit &#224; une hausse de 70 % des condamnations durant cette p&#233;riode. L'&#171; interpellation des shiteux &#187; est devenue la mission quotidienne des flics pouss&#233;s &#224; faire du chiffre. Dans les prisons, 40 % des d&#233;tenus sont incarc&#233;r&#233;s pour des affaires li&#233;es &#224; la drogue. Les courageux socialistes au pouvoir, fid&#232;les &#224; l'attitude de Mitterrand qui proclamait : &#171; &lt;i&gt;La drogue, il vaut mieux ne pas en parler car si on en parle, il faut hurler avec les loups&lt;/i&gt; &#187;, annoncent clairement une volont&#233; de ne pas faire de vagues, malgr&#233; une intervention dissonante du ministre Vincent Peillon, s'&#233;tonnant &#171; &lt;i&gt;du c&#244;t&#233; un peu retardataire de la France&lt;/i&gt; &#187;. Valls veut m&#234;me mettre en place un syst&#232;me d'amende imm&#233;diate pour les consommateurs qui devrait avoir l'avantage de remplir les caisses et de d&#233;sengorger les tribunaux. Seule avanc&#233;e, depuis le 7 juin, l'Agence nationale de s&#233;curit&#233; du m&#233;dicament autorise de d&#233;livrer des &#171; &lt;i&gt;m&#233;dicaments contenant du cannabis ou ses d&#233;riv&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. La reconnaissance des propri&#233;t&#233;s th&#233;rapeutiques du cannabis &#8211; qui aident &#224; traiter plus de 200 pathologies ou troubles associ&#233;s (naus&#233;es, spasme, glaucome, &#233;pilepsie, d&#233;pression, anorexie, etc.) &#8211; est en soi un s&#233;rieux d&#233;menti de l'interdiction de pr&#233;senter le cannabis &#171; &lt;i&gt;sous un jour favorable&lt;/i&gt; &#187; qui a cherch&#233; &#224; b&#226;illonner toute voix dissonante, jug&#233;e &#171; &lt;i&gt;irresponsable&lt;/i&gt; &#187;, dans le concert prohibitionniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, alors que les jeunes Fran&#231;ais sont les premiers consommateurs de shit et de beuh d'Europe, le d&#233;bat semble compl&#232;tement verrouill&#233;. Selon les sondages, environ deux tiers des Fran&#231;ais seraient oppos&#233;s &#224; la d&#233;p&#233;nalisation. Il faut dire que l'opinion publique est r&#233;guli&#232;rement travaill&#233;e au corps par les discours les plus d&#233;magogiques. La propagande anti-cannabique, orchestr&#233;e par &#171; &lt;i&gt;une partie de l'establishment hospitalo-universitaire li&#233;e aux partis de droite&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mensuel La Recherche, mars 2003, cit&#233; par l'Observatoire fran&#231;ais des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187; et largement relay&#233;e par des campagnes m&#233;diatiques sur &#171; &lt;i&gt; les ravages du cannabis au volant&lt;/i&gt; &#187; ou sur des situations psycho-sanitaires alarmantes de jeunes toxicomanes, contribue &#224; hyst&#233;riser le d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un tournant ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ce climat hexagonal de d&#233;magogie s&#233;curitaire et d'obsession sanitaire, partout ailleurs, les signaux de fum&#233;e marquant une inflexion dans l'appr&#233;hension ultra-r&#233;pressive du ph&#233;nom&#232;ne des drogues se multiplient. En 2001, le Portugal fait figure de pionnier en d&#233;p&#233;nalisant toutes les drogues, exp&#233;rience jug&#233;e aujourd'hui plut&#244;t positive. En 2011, en pleine banqueroute, la Gr&#232;ce a aussi d&#233;p&#233;nalis&#233; l'usage des drogues, jusque-l&#224; passible de cinq ans de prison &#8211; le trafic restant un crime passible de 10 ans de prison. Ce qui permit de d&#233;sengorger dans un premier temps les prisons de pr&#232;s de la moiti&#233; de leurs occupants&#8230; quitte &#224; les remplir par la suite avec les r&#233;volt&#233;s de la politique de la tro&#239;ka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 2012, le Guatemala a d&#233;clar&#233; abandonner la guerre contre la drogue pour se consacrer &#224; la lutte contre la famine. En Colombie, en mai 2012 les cultures de la coca, de la marijuana et de l'opium ont &#233;t&#233; d&#233;criminalis&#233;es. Fin juillet, l'ex-pr&#233;sident lib&#233;ral du Mexique, Vicente Fox, &#224; qui les &#201;tats-Unis avaient reproch&#233; son laxisme face au d&#233;veloppement des cartels de narcos, a, lui, pris l'initiative d'organiser le premier symposium pour la l&#233;galisation du cannabis. Avec un opportunisme &#233;hont&#233;, celui qui fut l'ancien directeur de Coca-Cola au Mexique affirmait qu'il &#233;tait &#171; &lt;i&gt;pr&#234;t si c'&#233;tait l&#233;gal, &#224; en cultiver et en exporter&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Maroc, les conditions de l&#233;galisation de la culture du cannabis sont &#224; l'&#233;tude en mettant en avant ses aspects th&#233;rapeutiques. Avec une production de 2 760 tonnes de r&#233;sine, le Maroc est le principal pourvoyeur de haschich pour l'Europe et l'&#233;conomie informelle li&#233;e au kif est &#233;valu&#233;e &#224; 10 milliards de dollars par an, soit l'&#233;quivalent de 10 % du PIB du pays. Elle fait vivre au moins 800 000 Marocains&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jeune Afrique, 6 ao&#251;t 2013.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis m&#234;me, le vent est en train de tourner doucement mais s&#251;rement. D&#232;s 2004, Obama, alors s&#233;nateur de l'Illinois, d&#233;clarait que &#171; &lt;i&gt;la guerre contre la drogue&lt;/i&gt; [&#233;tait] &lt;i&gt;un &#233;chec complet&lt;/i&gt; &#187; et qu'il fallait &#171; &lt;i&gt;d&#233;p&#233;naliser le cannabis&lt;/i&gt; &#187;. Fin 2012, le Colorado et l'&#201;tat de Washington ont l&#233;galis&#233; par voie r&#233;f&#233;rendaire la consommation de cannabis &#171; &lt;i&gt;&#224; des fins r&#233;cr&#233;atives&lt;/i&gt; &#187;, ce qui vient d'&#234;tre valid&#233; au niveau f&#233;d&#233;ral, tandis qu'il est autoris&#233; &#224; des fins m&#233;dicales dans dix-huit autres &#233;tats. Dans l'&#201;tat de Californie, o&#249; l'on autorise l'usage th&#233;rapeutique mais qui doit se prononcer &#224; nouveau en 2016 sur l'usage r&#233;cr&#233;atif, la production de cannabis dans ce qu'on appelle d&#233;sormais le Triangle d'&#233;meraude, a explos&#233;, ce qui n'est pas sans poser des probl&#232;mes environnementaux li&#233;s &#224; l'irrigation sauvage.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Nouvelle gouvernance &lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_775 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH235/p06-cqfcanabis-1-e9325.jpg?1782647558' width='400' height='235' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par J.M.B.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est surtout, en juin 2011, un rapport de la Commission mondiale sur la politique des drogues, diligent&#233; par d'anciens responsables de l'ONU, qui a donn&#233; la tonalit&#233; g&#233;n&#233;rale. Il y &#233;tait affirm&#233; tout de go que la &#171; &lt;i&gt;guerre contre la drogue avait &#233;chou&#233;&lt;/i&gt; &#187;. On y pr&#233;conisait de &#171; &lt;i&gt;mettre fin &#224; la criminalisation, la marginalisation et la stigmatisation des personnes consommant des drogues mais qui ne causent pas de dommage aux autres&lt;/i&gt; &#187;. Une conclusion qui sera reprise lors du Sommet des Am&#233;riques, le 20 avril 2012, par Gil Kerlikowske, le responsable &#233;tatsunien de la lutte contre la drogue, qui d&#233;clarait que &#171; &lt;i&gt;l'incarc&#233;ration de masse&lt;/i&gt; [&#233;tait] &lt;i&gt;une politique du pass&#233; qui ignorait la n&#233;cessit&#233; d'avoir une approche plus &#233;quilibr&#233;e face &#224; la drogue, entre sant&#233; et s&#233;curit&#233;. &lt;/i&gt; &#187; Le constat d'&#233;chec est patent : la consommation mondiale n'a pas baiss&#233;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon l'ONU, depuis 1998, la consommation mondiale d'opiac&#233;s a augment&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; ; les cartels se sont non seulement renforc&#233;s mais ont totalement noyaut&#233; l'&#233;conomie formelle. Depuis belle lurette, les &#171; &lt;i&gt;capitaux de la drogue viennent alimenter une sorte de caisse noire de la finance mondiale&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Constat que faisaient d&#233;j&#224; en 1992 Myl&#232;ne Sauloy et Yves Le Bonniec dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;, et m&#234;me les banques les plus officielles, &#233;chappant aux poursuites, servent de blanchisseuses. Antonio Maria Costa, ex-directeur de l'Office de l'ONU contre la drogue, d&#233;clarait m&#234;me en pleine crise mondiale que l'argent du narcotrafic avait servi de bou&#233;e de sauvetage pour les banques europ&#233;ennes : &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, la crise financi&#232;re est l'occasion extraordinaire d'une plus grande p&#233;n&#233;tration par la mafia des &#233;tablissements financiers qui se retrouvent &#224; court de cash : avec la crise bancaire qui a &#233;touff&#233; le cr&#233;dit, ces groupes criminels&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;sont devenus la seule source de cr&#233;dit. &lt;/i&gt; &#187; Selon les chiffres du FMI, les b&#233;n&#233;fices annuels li&#233;s au march&#233; de la drogue correspondent &#224; 2 voire 5 % du PIB mondial, entre 1 000 et 3 000 milliards de dollars&#8230; de quoi donner une id&#233;e de la capacit&#233; de corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e par l'argent de la drogue et des possibilit&#233;s d'injection de liquidit&#233;s dans l'&#233;conomie l&#233;gale. Parall&#232;lement, l'ONU estime &#171; &lt;i&gt;qu'il faudrait entre 200 et 250 milliards de dollars (0,3 &#224; 0,4 % du PIB mondial) pour couvrir tous les co&#251;ts li&#233;s au traitement de la toxicomanie dans le monde&lt;/i&gt; &#187;. Les &#201;tats, pour endiguer le crime et renforcer leur contr&#244;le, ont-ils d'autre choix que de devenir des dealers l&#233;gaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche dominante de &#171; bonne gouvernance &#187; en mati&#232;re de drogue serait d&#233;sormais de &#171; &lt;i&gt;remplacer la criminalisation de l'usage de drogues par une approche de sant&#233; publique&lt;/i&gt; [et] &lt;i&gt;exp&#233;rimenter des mod&#232;les de r&#233;gulation l&#233;gale visant &#224; saper le pouvoir du crime organis&#233;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; R&#233;gulons le trafic de drogues pour lutter contre la violence et la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &#187;. Dans ce contexte de crise budg&#233;taire et de recherche tous azimuts de nouveaux gisements de croissance, ce sont les arguments &#233;conomiques et s&#233;curitaires qui orientent&lt;i&gt; in fine&lt;/i&gt; la logique r&#233;formatrice des politiques sur les drogues : le co&#251;t global de la prohibition est d&#233;cid&#233;ment trop lourd en regard de ses b&#233;n&#233;fices. &#224; moins que, dans une tr&#232;s dystopique perspective de meilleur des mondes, la pr&#233;vention &#233;tatique d'une s&#233;dition g&#233;n&#233;rale s'accomplisse dans la s&#233;dation g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Gare &#224; la descente&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Anne Coppel et Olivier Doubre, &lt;i&gt;Drogues : sortir de l'impasse&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arnaud Aubron, &lt;i&gt;Drogues store, Dictionnaire rock, historique et politique des drogues&lt;/i&gt;, Don Quichotte, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jonak Raskin, &lt;i&gt;Marijuanaland&lt;/i&gt;, Les Fondeurs de briques, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-guerre-perdue'&gt;La guerre perdue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Le-futur-laboratoire-de-la'&gt;Le futur laboratoire de la d&#233;p&#233;nalisation ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mike Davis, &lt;i&gt;City of quartz, Los Angeles, capitale du futur&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mensuel &lt;i&gt;La Recherche&lt;/i&gt;, mars 2003, cit&#233; par l'&lt;a href=&#034;http://www.ofdt.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Observatoire fran&#231;ais des drogues et des toxicomanies&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Jeune Afrique&lt;/i&gt;, 6 ao&#251;t 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon l'ONU, depuis 1998, la consommation mondiale d'opiac&#233;s a augment&#233; de 35,5 %, celle de coca&#239;ne de 27 % et celle de cannabis de 8,5 %. Depuis cinq ans, ces consommations se seraient stabilis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Constat que faisaient d&#233;j&#224; en 1992 Myl&#232;ne Sauloy et Yves Le Bonniec dans leur livre, &lt;i&gt;&#192; qui profite la coca&#239;ne ?&lt;/i&gt;, Calmann-Levy.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;R&#233;gulons le trafic de drogues pour lutter contre la violence et la corruption&lt;/i&gt; &#187; est un appel lanc&#233; par un ar&#233;opage de dirigeants lib&#233;raux et conservateurs, anciens chefs d'&#201;tat d'Am&#233;rique du Sud et dignitaires am&#233;ricains : Fernando Cardoso (Br&#233;sil) ; Cesar Gaviria (Colombie) ; Ricardo Lagos ; (Chili) ; George Shultz, ancien secr&#233;taire d'Etat sous Reagan et Nixon (sic !) ; Paul Volcker, ancien pr&#233;sident de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale des &#201;tats-Unis et fossoyeur des politiques keyn&#233;siennes ; Louise Arbour, ancien haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme ; Ernesto Zedillo (Mexique). &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 7 juin 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Le futur laboratoire de la d&#233;p&#233;nalisation ?</title>
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		<dc:date>2013-09-13T11:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cheru Corisco</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Corta</dc:subject>
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		<dc:subject>George Soros</dc:subject>

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&lt;p&gt;Petit pays de trois millions d'habitants pris en &#233;tau entre deux g&#233;ants, l'Uruguay se pose en pionnier dans le projet de l&#233;galisation du cannabis. Pour l'heure, la loi, pass&#233;e de justesse le 1er ao&#251;t &#224; l'Assembl&#233;e (50 voix pour sur 96 apr&#232;s 14 heures de d&#233;bats), devrait &#234;tre ent&#233;rin&#233;e d'ici la fin du mois de septembre au S&#233;nat. Pour connaitre le sommaire du dossier &#034;Drogues : la guerre perdue&#034; paru dans CQFD n&#176;114, c'est par ici ! Comme on pouvait s'y attendre, la controverse autour de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no114-septembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;114 (septembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Corta" rel="tag"&gt;Corta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/loi" rel="tag"&gt;loi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Monsanto" rel="tag"&gt;Monsanto&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sante-publique" rel="tag"&gt;sant&#233; publique&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/valeurs-morales" rel="tag"&gt;valeurs morales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/controverse-autour" rel="tag"&gt;controverse autour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/s-y-attendre" rel="tag"&gt;s'y attendre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pouvait-s-y" rel="tag"&gt;pouvait s'y&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/legalisation" rel="tag"&gt;l&#233;galisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/George-Soros" rel="tag"&gt;George Soros&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Petit pays de trois millions d'habitants pris en &#233;tau entre deux g&#233;ants, l'Uruguay se pose en pionnier dans le projet de l&#233;galisation du cannabis. Pour l'heure, la loi, pass&#233;e de justesse le 1er ao&#251;t &#224; l'Assembl&#233;e (50 voix pour sur 96 apr&#232;s 14 heures de d&#233;bats), devrait &#234;tre ent&#233;rin&#233;e d'ici la fin du mois de septembre au S&#233;nat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour connaitre le sommaire du dossier &#034;Drogues : la guerre perdue&#034; paru dans CQFD n&#176;114, c'est &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-guerre-perdue'&gt;par ici&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme on pouvait s'y attendre, la controverse autour de la l&#233;galisation du cannabis a &#233;t&#233; l'occasion du d&#233;ballage des arguments attendus opposant les &#171; contre &#187; au camp des &#171; pour &#187;, en termes de valeurs morales, d'ins&#233;curit&#233; et de sant&#233; publique. Mais c'est, l&#224; aussi sans surprises, le s&#233;curitaire qui a affleur&#233; : &#233;carter les fumeurs des r&#233;seaux mafieux et couper l'herbe, si l'on peut dire, sous le pied de ces derniers.
Pourtant, de nombreux consommateurs occasionnels n'ont pas le sentiment que leur vie quotidienne sera affect&#233;e par la l&#233;galisation. Au mieux, cela provoque une certaine hilarit&#233;. Joaquin et Mariana, couple de jeunes parents, se poilent : &#171; &lt;i&gt;Faudra voir la tronche des pharmaciens quand les soirs de rupture de stock on appellera les pharmacies de garde pour se faire livrer huit p&#233;tards, trois capotes, un demi-litre d'alcool &#224; 90&#176; et de la pommade pour les pieds !&lt;/i&gt; &#187; En effet, il y a d&#233;j&#224; belle lurette qu'&#224; Montevideo les fumeurs de marijuana n'ont plus &#224; craindre la r&#233;pression. La consommation est libre, seul le trafic est p&#233;nalis&#233;. On peut fumer assez librement en public, les flics n'y pr&#234;tent plus attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, cette loi, paradoxalement, suppose un niveau de contr&#244;le social suppl&#233;mentaire. Avant d'aboutir &#224; sa forme actuelle, le projet de loi de &#171; r&#233;gulation &#187; du cannabis a &#233;t&#233; bouscul&#233; autant par ceux qui s'y opposaient que par des militants pro-cannabis de base. Ces derniers &#8211; joyeux jardiniers aux doigts verts &#8211; s'inqui&#233;taient du monopole d'&#201;tat sur la production et la vente, &#201;tat qui deviendrait ainsi le &lt;i&gt;dealer&lt;/i&gt; officiel. Sous leur pression, la loi autorisera finalement la culture priv&#233;e dans une limite de six plants par personne et la cr&#233;ation de Cannabis social clubs de 15 &#224; 45 membres avec une limite fix&#233;e &#224; 99 plants. Toutefois, pour pouvoir acheter du cannabis, il faudra &#234;tre officiellement enregistr&#233; comme fumeur et se contenter de 40 grammes mensuels. Les contrevenants seront punis. &#171; &lt;i&gt;Pour ceux qui ne seront pas enregistr&#233;s&lt;/i&gt;, a pr&#233;venu le pr&#233;sident de la R&#233;publique, Mujica, &lt;i&gt;nous allons tendre vers un durcissement.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration, 7 ao&#251;t.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; Gustavo Fripp, r&#233;dacteur de la revue contestataire &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://oligarca-puto.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Oligarca Puto&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, s'agace : &#171; &lt;i&gt;Tu t'imagines bien que pour me fumer un petit p&#233;tard, j'ai pas l'intention de m'enregistrer o&#249; que ce soit ou de demander la permission de l'&#201;tat ! Que va-t-il se passer avec les milliers de gens qui fument sans le d&#233;clarer, ou qui plantent sans le d&#233;clarer ou qui ont chez eux sept plants au lieu des six autoris&#233;s ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les retomb&#233;es &#233;conomiques esp&#233;r&#233;es sont loin d'&#234;tre n&#233;gligeables et le gros de la production devrait rester monopole d'&#201;tat et de ses sous-traitants homologu&#233;s. Il est d&#233;j&#224; pr&#233;vu de s'aligner sur les prix actuels du march&#233; informel (environ 600 pesos les 20 grammes, soit 20 euros). Les b&#233;n&#233;fices potentiels sont &#233;valu&#233;s entre 30 et 40 millions de dollars, alors que le co&#251;t de la lutte repr&#233;sente le double. Dans &lt;i&gt;La Republica&lt;/i&gt;, journal proche du pouvoir, du 9 ao&#251;t dernier, des &#233;claircissements int&#233;ressants &#233;taient donn&#233;s sur les sources du financement de la campagne publicitaire massive qui a accompagn&#233; la loi. On y retrouve des &lt;i&gt;pipoles&lt;/i&gt; comme le chanteur Sting et le milliardaire Richard Branson qui ont apport&#233; environ 200 000 dollars par le biais de la Drug Policy Alliance (DPA), dont ils sont membres. Cette association &#233;tats-unienne, cr&#233;&#233;e en 2000, milite pour la d&#233;p&#233;nalisation du cannabis (surtout &#224; usage m&#233;dical) et critique ouvertement l'&#233;chec de la guerre au narcotrafic men&#233;e actuellement. Autre richissime donateur, George Soros aurait aussi l&#226;ch&#233; quelque menue monnaie pour la bonne cause. &#192; travers l'Open Society Foundations, le milliardaire appuie ouvertement les projets de d&#233;p&#233;nalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme souvent chez les philanthropes, les grands principes accompagnent les perspectives de gros profits. George Soros est aussi un des principaux actionnaires de la soci&#233;t&#233; Monsanto, laquelle a la mainmise sur le soja transg&#233;nique uruguayen, l'une des principales ressources &#233;conomiques actuelles du pays &#224; l'exportation. Quand on sait que Monsanto &lt;a href=&#034;http://www.cannabisculture.com/content/2013/07/30/Manipulating-Marijuana-Monsanto-and-Syngenta-Invest-RNA-Interference-Technology&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;travaille actuellement&lt;/a&gt; aux &#201;tats-Unis sur du cannabis g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233; &#224; usage m&#233;dical, les sp&#233;culations sur les co&#239;ncidences d'int&#233;r&#234;ts entre g&#233;n&#233;reux investisseurs, l'&#201;tat et Monsanto, vont bon train. &lt;i&gt;Business as usual&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_727 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH425/dessin-uruguay-faso-bc738.jpg?1782642601' width='500' height='425' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Corta
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;Mec &#224; capuche : Tu sais o&#249; en est le conflit des enseignants ?
Mec avec l'&#233;charpe : Pas la moindre id&#233;e, mais t'as vu que les d&#233;put&#233;s ont approuv&#233; la l&#233;galisation de la beuh !?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De notre correspondant &#224; Montevideo, Cheru Corisco.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 7 ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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