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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Marseille : Au-dessous du &#171; cocotier &#187;</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le 19 ao&#251;t, au lendemain de l'assassinat d'un jeune de 25 ans &#224; l'Estaque, dans le 16e arrondissement de Marseille, Ayrault plastronnait devant la presse : &#171; Il faut s'attaquer &#224; la racine du mal [&#8230;]. S'il y a ces r&#232;glements de comptes, c'est parce que la police est en train de faire son travail. C'est parce que nous d&#233;rangeons. On secoue le cocotier et on s'attaque au portefeuille. &#187; Ce jour-l&#224;, la fanfaronnade n'&#233;tait pas du c&#244;t&#233; marseillais. Avec le d&#233;ploiement de 230 policiers et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no114-septembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;114 (septembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/laisser-entendre" rel="tag"&gt;laisser entendre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 19 ao&#251;t, au lendemain de l'assassinat d'un jeune de 25 ans &#224; l'Estaque, dans le 16e arrondissement de Marseille, Ayrault plastronnait devant la presse : &#171; &lt;i&gt; Il faut s'attaquer &#224; la racine du mal&lt;/i&gt; [&#8230;]. &lt;i&gt;S'il y a ces r&#232;glements de comptes, c'est parce que la police est en train de faire son travail. C'est parce que nous d&#233;rangeons. On secoue le cocotier et on s'attaque au portefeuille.&lt;/i&gt; &#187; Ce jour-l&#224;, la fanfaronnade n'&#233;tait pas du c&#244;t&#233; marseillais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_794 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH504/p08-kalach-70e9f.jpg?1779703387' width='400' height='504' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Avec le d&#233;ploiement de 230 policiers et gendarmes suppl&#233;mentaires en mars et l'affectation r&#233;cente de 24 limiers de la police judiciaire &#224; Marseille, le gouvernement voudrait laisser entendre que la lutte contre la violence &#224; Marseille, enjeu national de premier plan, serait en passe d'&#234;tre remport&#233;e par la seule tactique r&#233;pressive. Pour preuve avanc&#233;e, en juin, apr&#232;s dix-huit mois d'enqu&#234;te, une descente de deux cents policiers &#224; la cit&#233; de La Castellane (16e) &#8211; &#171; &lt;i&gt;supermarch&#233; du deal&lt;/i&gt; &#187;, selon &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;, o&#249; le &#171; &lt;i&gt;biz&lt;/i&gt; &#187; avait la r&#233;putation de fonctionner 24 heures sur 24 &#8211; a permis d'interpeller vingt-trois personnes et de faire main basse sur un magot de 1,3 million d'euros&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce qui correspondrait &#224; trois semaines de b&#233;n&#233;fices d'activit&#233;, avant le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Pourtant, loin de l'auto-satisfecit des autorit&#233;s, ces descentes spectaculaires ne font que d&#233;placer le probl&#232;me. Pis encore, elle renforcerait la &#171; comp&#233;tition &#224; mort &#187; entre quartiers : mettre temporairement hors jeu La Castellane revient &#224; renforcer La Bricarde, qui prend le relais, et ainsi de suite, avec &#224; la cl&#233; une amplification des motifs de r&#232;glements de compte par la mise en concurrence des cit&#233;s entre elles. De plus, toute dette impay&#233;e aupr&#232;s des gros fournisseurs met le dealer en danger de mort. Dans ce genre d'activit&#233; &#224; haut risque, la maison ne fait jamais cr&#233;dit et les d&#233;biteurs doivent rembourser fissa ou tr&#233;passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trafic de drogue, et principalement de cannabis, s'est consid&#233;rablement d&#233;velopp&#233; depuis le milieu des ann&#233;es 1990. Il touche d&#233;sormais la plupart des quartiers populaires de la cit&#233; phoc&#233;enne : La Castellane, Font-Vert, Bassens, La Busserine, La Bricarde, La Cayolle, les Micocouliers, Frais-Vallon, etc. La voyoucratie traditionnelle, qui se tient &#233;loign&#233;e des lieux de revente, a laiss&#233; le &lt;i&gt;biz&lt;/i&gt; quotidien &#224; une myriade de petites &#233;quipes de cit&#233;s, interchangeables &#224; tout moment. Le deal, qui constituait jusqu'il y a peu une &#233;conomie de subsistance, tend d&#233;sormais &#224; aspirer toute l'activit&#233; des jeunes qui s'y adonnent dans un &lt;i&gt;turn-over&lt;/i&gt; incessant, provoquant d&#233;crochages scolaires (30 % d'absent&#233;isme dans les coll&#232;ges des quartiers Nord) et spirales d'endettement parfois fatales.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui tue qui ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, ces trois derni&#232;res ann&#233;es, c'est l'&#233;mergence d'une violence in&#233;dite &#8211; boost&#233;e par l'arriv&#233;e de la coca&#239;ne &#8211; qui a frapp&#233; les consciences. &#192; chaque fait divers, les m&#233;dias &#233;gr&#232;nent leur comptabilit&#233; macabre de victimes souvent &#226;g&#233;es de moins de 25 ans : en 2010, on a d&#233;nombr&#233; dix-sept homicides &#224; Marseille li&#233;s &#224; des r&#232;glements de comptes ; vingt en 2011 et, vingt-quatre en 2012. L'assassinat de L'Estaque constituait le treizi&#232;me r&#232;glement de comptes mortel depuis d&#233;but 2013 &#8211; et il y en a eu deux autres depuis. Les m&#233;thodes utilis&#233;es, kalachnikov ou &#171; barbecue &#187; &#8211; les corps sont br&#251;l&#233;s dans des voitures vol&#233;es &#8211;, alimentent un sentiment d'effroi. Au-del&#224; des poncifs sur des jeunes de cit&#233;s pr&#233;sent&#233;s comme des b&#234;tes f&#233;roces, le journaliste de &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt; Philippe Pujol&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ses s&#233;ries d'enqu&#234;tes sur son blog &#171; Vu de Marseille &#187;.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; distingue trois causes directement li&#233;es au trafic : &#233;craser la concurrence, &#233;liminer l'endett&#233; perp&#233;tuel, punir le carotteur &#8211; qui tenterait une arnaque &#8211; ou le racketteur ; auxquelles se greffent des vendettas et contre-vendettas pour l'honneur &#8211; comme dans le cas du p&#232;re de Kader Berouag, petit dealer des Micocouliers assassin&#233;, jurant de le venger et qui sera lui-m&#234;me ex&#233;cut&#233; par les assassins de son fils. Face &#224; cette logique meurtri&#232;re et insaisissable&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce que l'on dit moins dans les m&#233;dias, c'est qu'il y aurait 80 % (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, les r&#233;actions hypocrites, diffus&#233;es par les autorit&#233;s et recycl&#233;es par le &#171; bon sens populaire &#187;, alimentent le d&#233;lire collectif. Au comptoir des bars, on &#233;voque le recours au Milieu d'antan, sublim&#233; pour l'occasion, &#171; &lt;i&gt;qui saurait, lui, remettre de l'ordre dans tout &#231;a&lt;/i&gt; &#187;. Tandis que Samia Ghali, maire PS des 15e et 16e arrondissements, s'acquiert une petite notori&#233;t&#233; m&#233;diatique en pr&#244;nant l'intervention de l'arm&#233;e et la mise au pas militaire des d&#233;linquants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une &#233;conomie de survie &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais pour une poign&#233;e d'aspirants ca&#239;ds cupides et impitoyables, le commun de la main-d'&#339;uvre fait plut&#244;t figure d'un lumpenprol&#233;tariat des plus vuln&#233;rables. Le r&#234;ve du dealer raisonnable, qui a renonc&#233; au mod&#232;le de flambe type Tony Montana&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En mars 2006, derni&#232;re figure d'envergure du bandit de cit&#233;, Farid Berrahma (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, c'est celui d'une reconversion dans le petit commerce de proximit&#233; : snack ou taxiphone. Et bien peu y parviendront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exag&#233;ration des chiffres &#8211; Le Figaro parlait en 2011 de 6 000 euros par mois pour un guetteur et de 5 000 pour une nourrice&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus vraisemblablement, &#224; Marseille, les choufs tournent entre 20 et 50 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#8211; a pour vocation d'alimenter la machine &#224; fantasmes sur l'argent facile brass&#233; par les jeunes des cit&#233;s, avec la volont&#233; de faire oublier les conditions sociales qui servent de toile de fond &#224; ces trafics et de justifier la seule logique r&#233;pressive. Pourtant, le d&#233;cor, qui se confond avec les d&#233;combres de la d&#233;sindustrialisation, est bien visible : ch&#244;mage de masse, ascenseur social en panne, vacuit&#233; des dipl&#244;mes, discrimination g&#233;ographique, racisme, sentiment d'abandon des familles. &#192; Marseille, un tiers de la population vit avec moins de 954 euros par mois et dans certains quartiers plus de la moiti&#233; de la population est au ch&#244;mage. La moiti&#233; de la population marseillaise n'est pas soumise &#224; l'imp&#244;t sur le revenu. Le terreau de l'&#233;conomie de la drogue est celui de la d&#233;tresse sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un tel constat de d&#233;solation, les retomb&#233;es du commerce ill&#233;gal apparaissent souvent comme la seule opportunit&#233; de s'en sortir : &#171; &lt;i&gt;Nos enfants ne vont pas vers la drogue, c'est la drogue qui vient les chercher !&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Malika, une habitante de la cit&#233; des Bleuets&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Na&#238;tre et mourir &#224; 20 ans dans les quartiers &#187;, collectif du 1er-Juin, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Il n'est pas rare d'entendre dire : &#171; &lt;i&gt;C'est gr&#226;ce au shit qu'on paie les loyers.&lt;/i&gt; &#187; Un t&#233;moin nous rapportait la r&#233;ponse d&#233;bonnaire d'un commissaire de police &#224; un commer&#231;ant du Merlan qui r&#226;lait contre le deal : &#171; &lt;i&gt; De quoi vous plaignez-vous, ce qu'ils d&#233;pensent chez vous, c'est l'argent du haschich !&lt;/i&gt; &#187; Reste que s'il est difficile de savoir combien de personnes vivent concr&#232;tement des circuits ill&#233;gaux, la plupart des habitants des quartiers populaires, m&#234;me en se tenant &#224; l'&#233;cart de cette &#233;conomie parall&#232;le, en subissent directement ou indirectement les effets.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_793 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH739/p08-cqfd-gros-bonnet-dc252.jpg?1779603294' width='400' height='739' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk et Replonk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Paix sociale &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une fois &#233;tabli que le trafic de drogue constitue la face obscure et brutale du lib&#233;ralisme&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Milton Friedman, gros dealer de dope ultra-lib&#233;rale, ayant toujours plaid&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, est-il vraiment souhaitable pour la &#171; paix sociale &#187; d'&#233;radiquer le deal ? &#192; l'instar de l'immigration clandestine, il g&#233;n&#232;re dans les quartiers une importante plus-value en termes de pression et de r&#233;gulation sociales. Si pour la premi&#232;re, derri&#232;re la lutte officiellement men&#233;e contre elle se dissimulent les b&#233;n&#233;fices du travail au noir, de l'embauche de travailleurs pr&#233;caires et de la mise en concurrence entre salari&#233;s, le second permet en partie une survie &#233;conomique de ces quartiers vides d'&#233;quipements sociaux et laiss&#233;s &#224; l'abandon. De plus, tenus par la loi du trafic, les habitants des quartiers renoncent &#224; se r&#233;volter. On a souvent pr&#233;sent&#233; le fait que le d&#233;sordre soit incompatible avec le &lt;i&gt;business&lt;/i&gt;, comme une des clefs d'explication du calme relatif des cit&#233;s marseillaises lors des &#233;meutes de 2005. Aussi, en juin 2010, lorsque des proches du collectif de soutien aux inculp&#233;s de Villiers-le-Bel avaient voulu improviser une rencontre avec les jeunes de Frais-Vallon, ils avaient senti un vent de d&#233;fiance autour d'eux. &#171; &lt;i&gt;Personne ne viendra &#224; votre truc, il vaut mieux que vous d&#233;gagiez&lt;/i&gt; &#187;, avait-on lanc&#233; depuis les cages d'escalier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les morts des r&#232;glements de compte passent par pertes et profits dans la guerre plus globale men&#233;e contre les pauvres. La guerre contre la drogue permet en outre de donner une image terrifiante des populations des quartiers, accentuant le processus d'apartheid social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 2013, &#224; la suite d'une altercation dans une &#233;picerie, Yassin A&#239;beche, un jeune de 19 ans de la cit&#233; F&#233;lix-Pyat, est tu&#233; par un policier sous l'emprise de l'alcool et du shit &#8211; le flic l'abat avec son arme de service, mais pendant ses heures de repos. Pass&#233; le moment de l'affliction, un collectif de m&#232;res de famille d&#233;cide de briser l'omerta des quartiers. Apr&#232;s une manifestation qui r&#233;unit plusieurs milliers de Marseillais-e-s, le collectif du 1er-Juin adresse un manifeste aux autorit&#233;s pour questionner une soci&#233;t&#233; qui produit de telles d&#233;rives : &#171; &lt;i&gt;Si le d&#233;sespoir est si patent et la frustration si forte que le deal para&#238;t &#234;tre l'unique solution, c'est que nous n'avons pas su lutter contre une soci&#233;t&#233; de consommation qui fait croire aux jeunes que r&#233;ussir et exister, c'est exhiber une richesse apparente. Nous les m&#232;res, nous sommes issues de familles d'ouvriers immigr&#233;s qui ont su nous inculquer que l'argent n'&#233;tait pas une valeur de r&#233;f&#233;rence.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Na&#238;tre et mourir &#224; 20 ans dans les quartiers &#187;, Ibid.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Nous savons que&lt;/i&gt; [la drogue] &lt;i&gt;est &#8220;l'eau de feu&#8221; de nos quartiers populaires&lt;/i&gt;, &#233;crit Mohamed Bensaada, de l'association Quartiers nord/Quartiers Forts, &lt;i&gt;cette fum&#233;e qui anesth&#233;sie une partie de notre jeunesse, l'entrave dans sa conscientisation, d&#233;truit ses r&#234;ves et compromet son avenir.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Chroniques des jours de sang &#187;, Mohamed Bensaada, blogs.mediapart.fr, 21 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les solutions restent &#224; inventer pour que la vie des quartiers cesse d'&#234;tre rythm&#233;e par la pression conjointe des trafiquants et des flics. On se doute bien que ce ne sont ni les raids &#224; grand spectacle, ni le harc&#232;lement quotidien, ni une politique d&#233;magogique d'&#233;lu-e-s locaux purs produits du client&#233;lisme, ni m&#234;me l'injection de quelques poign&#233;es d'emplois aid&#233;s qui r&#233;soudront la v&#233;ritable violence sociale, celle qui sous-tend toutes les autres. Et que rien ne se fera sans les habitants des quartiers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ce qui correspondrait &#224; trois semaines de b&#233;n&#233;fices d'activit&#233;, avant le r&#232;glement des fournisseurs et la paie des &#171; charbonneurs &#187; (vendeurs), des &#171; choufs &#187; (guetteurs) et des &#171; nourrices &#187; qui planquent la came dans leur appartement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire ses s&#233;ries d'enqu&#234;tes sur son blog &#171; &lt;a href=&#034;http://philippepujol.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vu de Marseille&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ce que l'on dit moins dans les m&#233;dias, c'est qu'il y aurait 80 % d'&#233;lucidation dans les affaires d'homicides. Ainsi dans la guerre des Micocouliers qui a secou&#233; la cit&#233; en 2010, on impute au principal suspect, chef d'une fratrie, pas moins de sept ex&#233;cutions &#224; lui seul.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En mars 2006, derni&#232;re figure d'envergure du bandit de cit&#233;, Farid Berrahma se faisait mitrailler par dix tueurs encagoul&#233;s, histoire de lui faire passer l'envie de devenir le premier gros ca&#239;d issu des quartiers Nord.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus vraisemblablement, &#224; Marseille, les choufs tournent entre 20 et 50 euros par jour, qui sont aussit&#244;t d&#233;pens&#233;s pour moiti&#233; dans l'achat du shit dont ils sont eux-m&#234;mes consommateurs. Retour au pourvoyeur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Na&#238;tre et mourir &#224; 20 ans dans les quartiers &#187;, collectif du 1er-Juin, &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt;, 26 ao&#251;t 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Milton Friedman, gros dealer de dope ultra-lib&#233;rale, ayant toujours plaid&#233; en faveur de la d&#233;p&#233;nalisation, ne s'y trompait pas en affirmant que &#171; &lt;i&gt;les trafiquants&lt;/i&gt; [sont] &lt;i&gt;des gens comme les autres, si ce n'est le fait qu'ils ont un instinct entrepreneurial plus aigu, ainsi qu'une plus grande indiff&#233;rence quant &#224; la sant&#233; d'autrui.&lt;/i&gt; &#187; (Interview t&#233;l&#233;vis&#233;e &#224; l'occasion de l'America's Drug Forum en 1991).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Na&#238;tre et mourir &#224; 20 ans dans les quartiers &#187;, Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Chroniques des jours de sang&lt;/i&gt; &#187;, Mohamed Bensaada, blogs.mediapart.fr, 21 mars 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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