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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Des l&#233;gumes dans leur gazon</title>
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		<dc:date>2013-12-31T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nardo</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
		<dc:subject>Nardo</dc:subject>
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		<dc:subject>jardins</dc:subject>
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		<dc:subject>Jardins d'utopie</dc:subject>
		<dc:subject>Constatons</dc:subject>
		<dc:subject>potager</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est un caillou dans la godasse de l'universit&#233; de Grenoble. Quand la galerie des amphis s'est vid&#233;e en 2006, &#224; la fin du mouvement anti-CPE, il n'en est rest&#233; qu'un potager collectif, autog&#233;r&#233;, install&#233; sur les pelouses du &#171; domaine public de l'&#233;tat &#187;. Sept ann&#233;es plus tard, les Jardins d'utopie sont toujours l&#224;, m&#233;moire bien vivante des luttes &#233;tudiantes. Quand l'avocate a lu le proc&#232;s verbal, &#171; elle s'est bien marr&#233;e &#187;, se souvient un jardinier. Les flics y d&#233;crivent comme ils peuvent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no116-novembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;116 (novembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nardo-59" rel="tag"&gt;Nardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jardins" rel="tag"&gt;jardins&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jardin" rel="tag"&gt;jardin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/metres-carres" rel="tag"&gt;m&#232;tres carr&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jardin-potager" rel="tag"&gt;jardin potager&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/surface-d-environ" rel="tag"&gt;surface d'environ&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jardins-d-utopie" rel="tag"&gt;Jardins d'utopie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Constatons" rel="tag"&gt;Constatons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/potager" rel="tag"&gt;potager&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est un caillou dans la godasse de l'universit&#233; de Grenoble. Quand la galerie des amphis s'est vid&#233;e en 2006, &#224; la fin du mouvement anti-CPE, il n'en est rest&#233; qu'un potager collectif, autog&#233;r&#233;, install&#233; sur les pelouses du &#171; domaine public de l'&#233;tat &#187;. Sept ann&#233;es plus tard, les Jardins d'utopie sont toujours l&#224;, m&#233;moire bien vivante des luttes &#233;tudiantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand l'avocate a lu le proc&#232;s verbal&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PV de Grande Voierie du 30 septembre 2013 &#224; retrouver sur le blog des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, &#171; &lt;i&gt;elle s'est bien marr&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, se souvient un jardinier. Les flics y d&#233;crivent comme ils peuvent les Jardins d'utopie :
&#171; &lt;i&gt;Constatons&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;devant la biblioth&#232;que &#8220;Droits et Lettres&#8221; qu'un jardin potager a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; sur une surface d'environ six cents m&#232;tres carr&#233;s. Les plants cultiv&#233;s comprennent diverses plantations de fruits, l&#233;gumes et tournesols. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Constatons au m&#234;me endroit la pr&#233;sence d'une cabane en bois d'environ six m&#232;tres carr&#233;s, de plusieurs tables et chaises, de divers mat&#233;riaux. Ces installations ont provoqu&#233; la disparition de la pelouse en gazon&lt;/i&gt; [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_873 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH299/p10-jardin-utopie-24f9e.jpg?1782641258' width='400' height='299' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nardo.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; [&#8230;] &lt;i&gt;un autre jardin potager a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; sur une surface d'environ cent m&#232;tres carr&#233;s o&#249; des fruits et l&#233;gumes poussent en pleine terre. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'entretien des espaces verts ne peut &#234;tre effectu&#233; sur les deux sites.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ces installations constituent une occupation abusive et illicite ainsi qu'une d&#233;gradation du domaine public&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt;. Ces infractions sont passibles d'une contravention de grande voirie...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis ce coup de pression, le dernier en date d'une longue liste, nulle nouvelle des flics ni du tribunal. &#171; &lt;i&gt;Ce qu'on craint, c'est qu'ils rasent tout pendant les vacances de No&#235;l&lt;/i&gt; &#187;, s'inqui&#232;tent les jardiniers. &#171; &lt;i&gt;Au printemps, tous les arbres fruitiers bourgeonnaient, alors qu'on avait serr&#233; les fesses tout l'hiver en esp&#233;rant qu'ils survivraient &#224; la transplantation. Une semaine apr&#232;s ils les passaient &#224; la d&#233;broussailleuse&lt;/i&gt; &#187;, fulmine Pierre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mercredi 16 octobre, r&#233;unis en AG extraordinaire, ils discutaient des suites &#224; donner au PV, &#171; &lt;i&gt;tellement dr&#244;le qu'on s'en sert d'affiche !&lt;/i&gt; &#187; Autour de la cabane de planches, poussent blettes, &#339;illets d'Inde, cardons, physalis, courges, choux, ail et radis&#8230; les figuiers donneront plus tard, si on leur en laisse le temps, et c'en est d&#233;j&#224; fini des tomates. Les planches sont paill&#233;es pour l'hiver. &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait deux ans qu'on fait des cabanes ici. Au printemps, la fac et les syndicats ont fait une r&#233;union pour parler des Jardins et notamment de l'esth&#233;tique qui leur convenait pas. On a pris &#231;a en compte, on a fait une cabane jolie, s&#233;curisante&#8230; Ils disent aussi qu'on peut pas communiquer avec nous, ce qui est faux : on a des rendez-vous tous les mercredis &#224; 16 h pour jardiner, discuter, boire de la soupe&#8230; il y a une bo&#238;te aux lettres et &#224; id&#233;es, le blog&#8230; seulement, pour eux, communiquer c'est accepter tout ce qu'ils disent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre autres tentatives pour les d&#233;loger, Jean-Fran&#231;ois Vaillant, directeur de l'am&#233;nagement durable du campus, a &#233;voqu&#233; sans pr&#233;cision ni engagement l'octroi d'un autre terrain plus discret. La m&#232;re d'une des jardini&#232;res s'&#233;tonne : &#171; &lt;i&gt;Si le pr&#233;fet vous propose un autre terrain, vous n'allez pas refuser !&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Si ! &lt;/i&gt; r&#233;torque Pierre, &lt;i&gt;nous, on veut &#234;tre visibles.&lt;/i&gt; &#187; En arrivant &#224; Grenoble, Pierre a d'abord cultiv&#233; une parcelle pr&#234;t&#233;e par les vieux de sa r&#233;sidence. Et puis le potager a &#233;t&#233; ras&#233; pour faire place &#224; un b&#226;timent : &#171; &lt;i&gt;Les vieux, &#231;a leur a mis un gros coup&lt;/i&gt; &#187;, se souvient-il. &#171; &lt;i&gt;J'ai transport&#233; ici mes envies de jardin.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On les retrouve quinze jours plus tard au m&#234;me endroit, pas press&#233;s de partir. Autour du brasero, &#233;pluchant les derni&#232;res ch&#226;taignes, ce n'est qu'un en-dehors mais c'est comme &#224; la maison. &#171; &lt;i&gt;Le mercredi &#224; 16 h c'est un gros rendez-vous. On assure une continuit&#233; de service public ! On veut que les nouveaux puissent avoir des interlocuteurs. N'importe qui peut g&#233;rer les Jardins. C'est s&#251;r qu'un type qui passe devant ne saura pas o&#249; d&#233;sherber, alors que des gens qui ont plus de v&#233;cu ici savent ce qui pousse le mois suivant. J'aime bien l'exemple du type qui est pass&#233; ici trois jours pour d&#233;sherber, planter des piments, puis est parti au Br&#233;sil. C'est d'autres gens qui ont r&#233;colt&#233;, et mang&#233;, ces piments super forts !&lt;/i&gt; &#187; Beaucoup d'&#233;tudiants passaient chaque jour devant le potager sans oser se renseigner. &#171; &lt;i&gt;Sur le tract maintenant il y a &#233;crit &#8220;Accueil des nouveaux&#8221; et &#231;a a tout chang&#233; ! &lt;/i&gt; &#187;, se r&#233;jouit Sabine. Elle a d&#233;couvert les Jardins par un tract, &#233;crit &#224; la main, invitant &#224; une &#171; &lt;i&gt;r&#233;colte au campus &lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Je croyais que c'&#233;tait pour cueillir des plantes sauvages comestibles. En fait on a r&#233;colt&#233; les patates, fait des frites dans la cuisine carriole&#8230; c'&#233;tait avant les cabanes. Depuis je viens toutes les semaines, pour le jardin et le c&#244;t&#233; politique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur leur blog, les jardiniers avancent une explication &#224; l'acharnement de l'universit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Sur un campus o&#249; l'agitation sociale va et vient au gr&#233; des &#233;poques, il arrive aussi que les Jardins assurent une continuit&#233; militante et endossent un r&#244;le de m&#233;moire des luttes. C'est aussi cela qu'ils veulent briser.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2006, une premi&#232;re planche &#233;tait b&#234;ch&#233;e devant la BU Droit et Lettres et en la voyant on pouvait lui trouver une beaut&#233; na&#239;ve : une provocation pareille, &#231;a ne passerait pas l'hiver. On ne savait pas alors qu'elle survivrait longtemps au mouvement anti-CPE. La galerie des amphis, squatt&#233;e, repeinte, &#233;picentre de la contestation avait rendu toutes les occupations possibles mais seule celle du dehors devait tenir. &#171; &lt;i&gt; En 2006, j'&#233;tais en troisi&#232;me !&lt;/i&gt; &#187;, se marre Sabine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Contact :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour soutenir les jardins par courrier, encore mieux en cas de proc&#232;s : Les Jardins d'utopie, chez Solidaires, 12 bis rue des Trembles, 38100 Grenoble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rendez-vous tous les mercredis &#224; 16 h devant la BU, arr&#234;t du tram.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;PV de Grande Voierie du 30 septembre 2013 &#224; retrouver sur le blog des &lt;a href=&#034;http://jardins-utopie.over-blog.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;jardins-utopie&lt;/a&gt;. Vous pouvez y signer la p&#233;tition ou prendre des nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Guerre froide et artichauts</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Guerre-froide-et-artichauts</link>
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		<dc:date>2013-07-12T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>Julien Tewfiq</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Non, on ne conna&#238;t pas tellement de paysans qui vont au travail en tram. Pourtant, c'est bien ce que font tous les jours Armelle et son compagnon, Franck, pour aller cultiver en plein quartier des Caillols, &#224; Marseille, leur petit lopin de terre. Et ce depuis mars 2011. Mais jusqu'&#224; quand ? Par-del&#224; les 4 000 m&#232;tres carr&#233;s de mara&#238;chage, on devine la ville. Lotissement r&#233;sidentiel par-l&#224;, lyc&#233;e technique par-ci. Des tours d'immeubles un peu plus loin. Le sourire en coin, Armelle Debroize (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no111-Mai-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;111 (Mai 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/metres-carres" rel="tag"&gt;m&#232;tres carr&#233;s&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Crochemore" rel="tag"&gt;Crochemore&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Non, on ne conna&#238;t pas tellement de paysans qui vont au travail en tram. Pourtant, c'est bien ce que font tous les jours Armelle et son compagnon, Franck, pour aller cultiver en plein quartier des Caillols, &#224; Marseille, leur petit lopin de terre. Et ce depuis mars 2011. Mais jusqu'&#224; quand ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par-del&#224; les 4 000 m&#232;tres carr&#233;s de mara&#238;chage, on devine la ville. Lotissement r&#233;sidentiel par-l&#224;, lyc&#233;e technique par-ci. Des tours d'immeubles un peu plus loin. Le sourire en coin, Armelle Debroize demande : &#171; &lt;i&gt;Vous en connaissez beaucoup, vous, de paysans qui prennent le tramway pour aller sur leurs champs ?&lt;/i&gt; &#187; Puis elle enfonce un doigt dans la terre au pied d'un plan de tomate, pour voir si c'est assez humide et chaud. La dame, souriante, s'est reconvertie autour de la cinquantaine, laissant tomber le dessin en b&#226;timent. Formation agricole &#171; pour adulte &#187;, puis le travail sur le terrain pour d'autres agriculteurs. &#171; &lt;i&gt;J'ai toujours aim&#233; faire du potager. Alors, je me suis dit que je n'avais qu'&#224; en faire mon m&#233;tier. &#187;&lt;/i&gt; En fait, la terre, Armelle l'a dans le sang : ses parents &#233;taient agriculteurs en Bretagne. &#171; &lt;i&gt;Vers vingt ans, je voulais reprendre la terre. Mais je ne pouvais pas&#8230; J'&#233;tais une fille et j'avais des fr&#232;res. Alors j'ai fait autre chose. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_680 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/p16-caillols-294d2.png?1782728304' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Julien Tewfik
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Franck s'occupe du goutte-&#224;-goutte aux quatre coins du champ pendant qu'Armelle ramasse &#224; la main quelques gousses de f&#232;ves bien dodues&#8230;, mais peu nombreuses. &#171; &lt;i&gt;Avec le temps qu'on a en ce moment..., c'est dur !&lt;/i&gt; &#187; En effet, le printemps n'arrive pas. Il pleut trop et ne fait pas assez chaud. La production prend du retard. Pire ! Les nuisibles, pucerons en t&#234;te, pullulent. &#171; &lt;i&gt;&#201;videmment , on est enti&#232;rement bio. Regardez, heureusement qu'il y a les coccinelles ! Allez, les petites !&lt;/i&gt; &#187; Armelle insiste : &#171; &lt;i&gt;On est bio et certifi&#233;. &#199;a a un co&#251;t et c'est compliqu&#233;. Mais &#231;a me paraissait important que les gens soient s&#251;rs. Nous, on ne vend que du bio et que notre propre production.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux fois par semaine&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; la Ferme du Collet des Comtes, les mardis et vendredis de 16 h 30 &#224; 18 h (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Armelle et Franck vendent en direct, devant leur champ, ce qu'ils ont ramass&#233; le jour m&#234;me &#224; une client&#232;le d'habitu&#233;s. Une petite dame &#224; l'accent &#224; couper au couteau vient &#224; chaque fois et se &#171; &lt;i&gt;r&#233;gale&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Nous, on veut de la petite production. De la bonne ! &lt;/i&gt; &#187; Elle se souvient du temps o&#249;, aux Caillols, il y avait des vaches et des yaourts fermiers. &#171; &lt;i&gt;Et on achetait des caillolais, des vrais ! C'&#233;tait la sp&#233;cialit&#233; du coin ! Mais &#231;a n'existe plus. Maintenant, c'est la ville. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les fid&#232;les, les temps sont durs. En plus de la m&#233;t&#233;o quasi hivernale, des pucerons, des liserons, de la pression du banquier &#8211; Armelle n'a jamais gagn&#233; plus de 800 euros par mois avec son champ &#8211;, il y a un risque d'expulsion au-dessus de sa t&#234;te. En 2011, notre paysanne urbaine s'&#233;tait associ&#233;e avec Mme Crochemore, afin de r&#233;pondre &#224; un appel d'offres de la ville pour une d&#233;l&#233;gation de service public. Il s'agissait de s'occuper d'une ferme p&#233;dagogique pendant au minimum sept ans. La mairie exigeait deux personnes : la d&#233;l&#233;gataire pour faire l'accueil des bambins, la visite de la ferme et ses animaux. Ce serait Mme Crochemore. L'autre, Armelle, devait g&#233;rer une exploitation agricole, biologique et viable. Une subvention de 30 000 euros &#224; la clef et surtout un hectare pour Armelle &#224; mettre en maraichage : son r&#234;ve. Mais tr&#232;s vite, c'est la d&#233;ception : l'hectare a fondu jusqu'&#224; 4 000 m2&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pas assez grand pour qu'elle soit reconnue comme agricultrice &#224; part enti&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Et, neuf mois apr&#232;s leur installation, une fois le champ bien en place, Mme Crochemore demande &#224; sa partenaire de quitter le terrain. Pour quelle raison ? Cela reste obscur. M&#233;sentente ? Jalousie ? Incompr&#233;hension ? Il n'emp&#234;che qu'Armelle est menac&#233;e de perdre son champ, son boulot, sa joie de vivre&#8230; Et sans recours, car la mairie n'a sign&#233; qu'avec la d&#233;l&#233;gataire. Une faille juridique qui g&#226;che la vie de ces maraichers citadins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Armelle refuse de partir : &#171; &lt;i&gt;On n'a pas fait tout &#231;a pour laisser tomber sans aucune raison valable&lt;/i&gt; &#187;, s'ent&#234;te-t-elle. Norbert, client venu &#171; &lt;i&gt;d'en face, en voisin&lt;/i&gt; &#187;, ajoute qu'&#171; &lt;i&gt;ils ont tout notre soutien. On va se battre !&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une p&#233;tition, lanc&#233;e par Solidarit&#233; paysan Provence et la Conf&#233;d&#233;ration (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le sourire, Franck donne &#224; go&#251;ter une poign&#233;e de petits pois tout frais sortis de leur gousse. Cru ? &#171; &lt;i&gt;Bien s&#251;r, crus ! Ils sont d&#233;licieux. Ces pois, ce sont des nains de Provence. Une essence locale. Comme les artichauts, des violets de Provence. Un d&#233;lice. Faut tout manger, m&#234;me la queue. Vous m'en direz des nouvelles.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme &#224; CQFD on v&#233;rifie toujours nos informations, on a mang&#233; la queue des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; la Ferme du Collet des Comtes, les mardis et vendredis de 16 h 30 &#224; 18 h 30 jusqu'&#224; mi-d&#233;cembre, au 137, bd des Lib&#233;rateurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pas assez grand pour qu'elle soit reconnue comme agricultrice &#224; part enti&#232;re et puisse, donc, cotiser pour la retraite, toucher quelques aides ou se faire rembourser la certification.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.petitions24.net/pour_la_defense_darmelle_sur_la_ferme_pedagogique_du_collet.&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une p&#233;tition&lt;/a&gt;, lanc&#233;e par Solidarit&#233; paysan Provence et la Conf&#233;d&#233;ration paysanne circule.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comme &#224; CQFD on v&#233;rifie toujours nos informations, on a mang&#233; la queue des artichauts. Et c'&#233;tait bon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un urbanisme de destruction massive</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Un-urbanisme-de-destruction</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Un-urbanisme-de-destruction</guid>
		<dc:date>2011-12-12T07:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Saskia Mori</dc:creator>


		<dc:subject>Ville</dc:subject>
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		<dc:subject>m&#233;ga chantier</dc:subject>
		<dc:subject>chantier euromed</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tel un rouleau compresseur l&#226;ch&#233; dans un bazar oriental, Eurom&#233;diterran&#233;e d&#233;ploie sur les quartiers portuaires de Marseille une des plus grandes op&#233;rations de r&#233;novation urbaine en Europe. Labellis&#233; Ecocit&#233;, son second volet &#8211; Euromed II &#8211; co&#251;tera 800 millions d'argent public, se financera en grande partie par la vente de terrains et devrait engendrer trois milliards de b&#233;n&#233;fices priv&#233;s. A&#239;e a&#239;e a&#239;e. Le m&#233;ga chantier euromed, qui concerne plus de 30 000 Marseillais, est compos&#233; de deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no93-octobre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;93 (octobre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartiers" rel="tag"&gt;quartiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marche" rel="tag"&gt;Marche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartier" rel="tag"&gt;quartier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Euromed" rel="tag"&gt;Euromed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartiers-Nord" rel="tag"&gt;quartiers Nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseillais" rel="tag"&gt;Marseillais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/metres-carres" rel="tag"&gt;m&#232;tres carr&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mega-chantier" rel="tag"&gt;m&#233;ga chantier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chantier-euromed" rel="tag"&gt;chantier euromed&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tel un rouleau compresseur l&#226;ch&#233; dans un bazar oriental, Eurom&#233;diterran&#233;e d&#233;ploie sur les quartiers portuaires de Marseille une des plus grandes op&#233;rations de r&#233;novation urbaine en Europe. Labellis&#233; Ecocit&#233;, son second volet &#8211; Euromed II &#8211; co&#251;tera 800 millions d'argent public, se financera en grande partie par la vente de terrains et devrait engendrer trois milliards de b&#233;n&#233;fices priv&#233;s. A&#239;e a&#239;e a&#239;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le m&#233;ga chantier&lt;/strong&gt; euromed, qui concerne plus de 30 000 Marseillais, est compos&#233; de deux p&#233;rim&#232;tres. Le premier, de 310 hectares, a &#233;t&#233; circonscrit d&#232;s 1995 par une Op&#233;ration d'int&#233;r&#234;t national. Le second, de 170 hectares, en est une extension d&#233;cr&#233;t&#233;e en 2007 qui, entre 2011 et 2030, va plonger ses grosses pattes au c&#339;ur des quartiers Nord. Pour cela, la puissance publique se met en quatre pour s&#233;duire les investisseurs : les plans promettent espaces publics remodel&#233;s, parkings, tramway, &#233;coles, biblioth&#232;ques, parcs&#8230; La Ville bradera son parc immobilier et accompagnera l'op&#233;ration de montages m&#233;diatiques tel &#171; Marseille Provence 2013 capitale europ&#233;enne de la culture &#187;. Au quartier d'affaires de 600 000 m&#232;tres carr&#233;s de la premi&#232;re tranche s'ajouteront bient&#244;t 500 000 m&#232;tres carr&#233;s de bureaux sur Euromed II. On pr&#233;tend attirer des activit&#233;s &#233;conomiques high-tech et changer l'image de la ville pour &lt;i&gt;&#171; r&#233;affirmer son positionnement sur le march&#233; national et international &#187;&lt;/i&gt;. En finir avec l'image de ville pauvre est un objectif cher &#224; la municipalit&#233; Gaudin, dont la politique de &#171; reconqu&#234;te &#187; avance d&#233;lib&#233;r&#233;ment contre les pratiques, usages et commerces des diff&#233;rentes communaut&#233;s. Rationalit&#233;, ordre, esth&#233;tique, s&#233;curit&#233; sont les principes d'un projet immobilier qui contribue &#224; une production urbaine tr&#232;s &#233;loign&#233;e de la r&#233;alit&#233; locale : on ins&#232;re dans les quartiers des &#238;lots r&#233;sidentiels visant une client&#232;le aux revenus bien sup&#233;rieurs &#224; ceux des populations existantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, alors que les milliers de bureaux d&#233;j&#224; construits peinent &#224; trouver acqu&#233;reur et que les quartiers r&#233;sidentiels n'attirent pas foule, Euromed poursuit-il sa fuite en avant ? Parce que si cette mutation urbaine et sociale prenait &#8211; ce qui est loin d'&#234;tre gagn&#233; &#8211;, le nouveau territoire convoit&#233; pourrait s'av&#233;rer bien plus juteux pour les investisseurs qu'Euromed I : alors que Bouygues, Nexity, Constructa et consorts n'ont pu croquer qu'un tiers du premier p&#233;rim&#232;tre, Euromed II livre la quasi-totalit&#233; des 170 hectares de l'extension &#224; l'app&#233;tit des promoteurs, notamment gr&#226;ce &#224; une population &#224; la densit&#233; et &#224; la capacit&#233; de r&#233;sistance suppos&#233;es plus faibles&#8230; Il ne s'agit pourtant pas ici d'une friche, mais d'un quartier bruissant de la vie de ses 3 000 habitants. Lieu de convivialit&#233; et de travail, le march&#233; aux puces &#8211; alimentaire, textile et articles de maison &#8211;, troisi&#232;me centre commercial de la ville irriguant l'ensemble des quartiers Nord, est devenu en vingt ans un symbole puissant de l'ing&#233;niosit&#233; populaire. Aux Crottes (du proven&#231;al &#171; crotos &#187;, &#171; cavit&#233;s &#187;) sont install&#233;es des activit&#233;s d'import-export en lien avec le port, ainsi que des grossistes en fournitures pour le BTP, et un secteur automobile florissant compos&#233; d'une myriade de garages et autres casses. Avec ses 700 entreprises et ses 5 000 emplois, le quartier est, au m&#234;me titre que la vall&#233;e de l'Huveaune, l'un des principaux centres &#233;conomiques de la ville. Cette zone au foncier bon march&#233; et bien desservie par deux autoroutes est m&#234;me strat&#233;gique pour le port, par le biais d'entreprises lui permettant &#171; d'accrocher &#187; la marchandise &#224; terre. Bien s&#251;r, avec un habitat d&#233;labr&#233; et des espaces publics inexistants, il devient de plus en plus difficile de vivre dans un quartier abandonn&#233; par les pouvoirs publics depuis plus de vingt ans. L'organisation des transports en commun entretient une coupure entre les quartiers Nord et le reste de la ville confinant &#224; l'apartheid. Mais l'identit&#233; industrielle du quartier a maintenu des loyers raisonnables, permettant &#224; une population pr&#233;caire de vivre &#224; proximit&#233; imm&#233;diate du centre. Ce foncier peu on&#233;reux constitue aussi le point d'ancrage d'activit&#233;s li&#233;es &#224; un port au destin fragile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, au lieu d'am&#233;liorer la coexistence de ces activit&#233;s avec les riverains, d'enrichir avec eux et pour eux leur cadre de vie, d'aider le port &#224; redresser la barre, Euromed pr&#233;f&#232;re la politique de la table rase et d&#233;clenche une v&#233;ritable guerre contre la r&#233;alit&#233; des quartiers. Au nom de la s&#233;curit&#233; et de l'hygi&#232;ne, on l&#226;che aujourd'hui la police contre la vente &#171; &#224; la sauvette &#187;, contre les Roms, contre les sans-papiers, afin de mettre au pas, de diviser les communaut&#233;s et pour, surtout, asphyxier le quartier. L'objectif est de lib&#233;rer deux millions de m&#232;tres carr&#233;s en rachetant au prix du march&#233; des terrains qu'on pr&#233;voit de revendre cinq fois plus cher. Cette sp&#233;culation &#233;hont&#233;e, au prix de la rel&#233;gation en p&#233;riph&#233;rie des activit&#233;s et des habitants actuels, a pour but d'implanter un quartier r&#233;sidentiel &#233;cologique et un parc de bureaux de plus de 500 000 m&#232;tres carr&#233;s. Pour changer radicalement l'image du territoire, les grands moyens seront employ&#233;s : transfert d'une gare de fret, d&#233;pollution des terrains, recouvrement d'une partie de l'autoroute, construction d'un parc de quatorze hectares, d'un &#171; p&#244;le multimodal &#187;, d'&#233;quipements m&#233;tropolitains et, en front de mer, des tours con&#231;ues par des architectes de renom&#8230; Exit le march&#233; aux puces et son r&#233;seau d'entraide populaire : un plus chic &#171; march&#233; des cinq continents &#187; prendra sa place entre h&#244;tels de luxe et un palais des congr&#232;s destin&#233; &#224; accueillir meetings de chefs d'entreprises et pompeuses manifestations culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se gaver sur le dos des pauvres, les d&#233;placer impun&#233;ment par expulsion pure et simple ou par augmentation des loyers&#8230; D&#233;truire le tissu social existant et jouir du territoire &#224; sa guise, au b&#233;n&#233;fice d'investisseurs que l'on attire en bradant la ville&#8230; Attirer les classes montantes en leur faisant miroiter via des images de synth&#232;se un quartier pr&#234;t &#224; consommer&#8230; Voil&#224; le vrai visage d'Euromed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peuple de Marseille, r&#233;veille-toi et gronde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Voir aussi &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/On-n-est-pas-des-euromerdes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; On n'est pas des euromerdes ! &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les affranchis du bricolage</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-affranchis-du-bricolage</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Les-affranchis-du-bricolage</guid>
		<dc:date>2011-06-01T07:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nathaly Saint-Hilaire</dc:creator>


		<dc:subject>Nathaly Saint-Hilaire</dc:subject>
		<dc:subject>City</dc:subject>
		<dc:subject>m&#232;tres carr&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>l'autoroute Nord</dc:subject>
		<dc:subject>Tunis</dc:subject>
		<dc:subject>Tunis City</dc:subject>
		<dc:subject>commercial Tunis</dc:subject>
		<dc:subject>complexe commercial</dc:subject>
		<dc:subject>Imed Trabelsi</dc:subject>
		<dc:subject>Ben Ali-Trabelsi</dc:subject>
		<dc:subject>Bricorama</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au bord de l'autoroute nord de Tunis, s'&#233;talent les 4 000 m&#232;tres carr&#233;s du magasin Bricorama, &#224; proximit&#233; du complexe commercial Tunis City, pill&#233; et incendi&#233; dans les journ&#233;es qui ont suivi le d&#233;part des Ben Ali-Trabelsi. Bricorama, lui, aura au moins &#233;chapp&#233; au brasier. La grande surface du bricolage ouvre ses portes en 2008 sous la f&#233;rule du neveu de l'ex-premi&#232;re dame, Imed Trabelsi, qui a obtenu la franchise aupr&#232;s de la direction fran&#231;aise. Enfin pas tout seul, initialement associ&#233; &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no88-avril-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;88 (avril 2011)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nathaly-Saint-Hilaire-64" rel="tag"&gt;Nathaly Saint-Hilaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/City" rel="tag"&gt;City&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/metres-carres" rel="tag"&gt;m&#232;tres carr&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-autoroute-Nord" rel="tag"&gt;l'autoroute Nord&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tunis" rel="tag"&gt;Tunis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tunis-City" rel="tag"&gt;Tunis City&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/commercial-Tunis" rel="tag"&gt;commercial Tunis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/complexe-commercial" rel="tag"&gt;complexe commercial&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Imed-Trabelsi" rel="tag"&gt;Imed Trabelsi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ben-Ali-Trabelsi" rel="tag"&gt;Ben Ali-Trabelsi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bricorama" rel="tag"&gt;Bricorama&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_125 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH602/Nathaly-Saint-Hilaire-CQFD88-5d9e2.png?1782640935' width='400' height='602' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au bord de l'autoroute nord de Tunis, s'&#233;talent les 4 000 m&#232;tres carr&#233;s du magasin Bricorama, &#224; proximit&#233; du complexe commercial Tunis City, pill&#233; et incendi&#233; dans les journ&#233;es qui ont suivi le d&#233;part des Ben Ali-Trabelsi. Bricorama, lui, aura au moins &#233;chapp&#233; au brasier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande surface du bricolage ouvre ses portes en 2008 sous la f&#233;rule du neveu de l'ex-premi&#232;re dame, Imed Trabelsi, qui a obtenu la franchise aupr&#232;s de la direction fran&#231;aise. Enfin pas tout seul, initialement associ&#233; &#224; un autre personnage du nom de Mahbouli, Imed a fini par &#233;jecter son partenaire sous la menace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour pr&#233;c&#233;dant l'inauguration, Zine Ben Ali, Le&#239;la Trabelsi et leur fils Mohamed visitent discr&#232;tement le magasin. Enfin presque discr&#232;tement. Service de s&#233;curit&#233; pr&#233;sidentiel, blind&#233;s de la police, groupe d'intervention, snipers sur les toits... Le personnel doit se planquer dans les stocks et la famille r&#233;gnante repart apr&#232;s quelques emplettes. Finalement cette farce n'aura &#233;t&#233; qu'une fa&#231;on pour le neveu de se faire valoir aupr&#232;s du couple pr&#233;sidentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En trois ans d'activit&#233; commerciale, aucun bilan comptable n'est effectu&#233;. Les fournisseurs sont pourtant pay&#233;s et les banques pr&#234;tent de l'argent. Il est vrai qu'un neveu Trabelsi ne pouvait qu'inciter &#224; une confiance aveugle. Pourtant l'affaire est loin d'&#234;tre florissante car, en Tunisie, on pr&#233;f&#232;re faire faire que faire soi-m&#234;me. Quelle affaire ! Les produits destin&#233;s &#224; d&#233;corer compensent vaguement le peu de ventes d'outils et de mat&#233;riaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux jours suivant le 14 janvier voient les tunisiens de la r&#233;gion retrouver go&#251;t aux joies du bricolage. Ils viennent se servir pour ce qui s'av&#232;re une v&#233;ritable op&#233;ration de solde sauvage. Les rideaux de fer et les vitrines sont d&#233;fonc&#233;s. Le samedi 15 au matin, lorsque le directeur de l'import, Fran&#231;ais expatri&#233; de longue date et v&#233;ritable chef de la boutique, arrive sur les lieux du sinistre, il voit de loin le parking bourr&#233; &#224; craquer et se dit tonnerre, il y a du monde ! Comprenant que ces nombreux clients sont en v&#233;rit&#233; venus r&#233;cup&#233;rer une petite partie de ce que &#171; les Bentra &#187; leur ont vol&#233;, il fait demi-tour fissa fissa. L'arm&#233;e n'intervient que le dimanche pour mettre un terme &#224; cette op&#233;ration de liquidation totale. Bricorama n'est pourtant pas mort et les employ&#233;s qui d&#233;cident de revenir, passent plusieurs semaines &#224; faire l'inventaire pour ouvrir &#224; nouveau les portes d&#233;but mars. Mais depuis qu'Imed-le magicien-Trabelsi a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; et tous les comptes de ses soci&#233;t&#233;s bloqu&#233;s, les fournisseurs et les douanes veulent &#234;tre pay&#233;s et les banques ne pr&#234;tent plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction ne peut plus rien acheter et vend ce qu'il reste pour couvrir une petite partie des d&#233;penses. Les salaires sont fournis par le seul compte qui ne soit pas cl&#244;tur&#233; sous condition qu'il ne serve qu'&#224; &#231;a. Plus de publicit&#233;, ni de promotion pour ne pas vendre trop vite et attendre. Si les employ&#233;s tunisiens ne savent pas trop ce qu'ils vont devenir, l'avenir du directeur de l'import, agent de Bricorama France, est assur&#233;. Salari&#233; fran&#231;ais, il touchera donc ses indemnit&#233;s &#224; son retour. Son r&#244;le est de faire un rapport circonstanci&#233; &#224; la direction fran&#231;aise qui esp&#233;rait promouvoir les int&#233;r&#234;ts de l'enseigne en Tunisie. Car le fameux neveu leur avait fait miroiter de potentielles ouvertures de magasins dans tout le pays ainsi qu'en Libye. Dans la famille Ben Ali-Trabelsi, Bricorama demande le neveu. Mauvaise pioche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir &lt;a href=&#034;https://www.setrouver.wordpress.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.setrouver.wordpress.com&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qui cuisine ce soir ?</title>
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		<dc:date>2011-02-04T07:04:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
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&lt;p&gt;Resto de quartier le midi, resto des associations le soir, La R&#244;tisserie &#8211; c'est le nom du lieu &#8211; se d&#233;double afin d'offrir des repas copieux et un espace de solidarit&#233;. Les ma&#238;tres mots : petits prix, proximit&#233;, sociabilit&#233;. Tout ce qu'on aime ! Une trentaine de m&#232;tres carr&#233;s. Du carrelage blanc sur les murs. Des tables en bois avec leurs bancs. Trente-sept couverts et trois services successifs. Les propositions &#233;crites &#224; la craie sur un tableau. Un resto banal ? La R&#244;tisserie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no85-janvier-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;85 (janvier 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rue" rel="tag"&gt;rue&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Resto de quartier le midi, resto des associations le soir, &lt;a href=&#034;http://larotisserie.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La R&#244;tisserie&lt;/a&gt; &#8211; c'est le nom du lieu &#8211; se d&#233;double afin d'offrir des repas copieux et un espace de solidarit&#233;. Les ma&#238;tres mots : petits prix, proximit&#233;, sociabilit&#233;. Tout ce qu'on aime !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une trentaine de m&#232;tres carr&#233;s. Du carrelage blanc sur les murs. Des tables en bois avec leurs bancs. Trente-sept couverts et trois services successifs. Les propositions &#233;crites &#224; la craie sur un tableau. Un resto banal ? La R&#244;tisserie Sainte-Marthe a une autre id&#233;e derri&#232;re la t&#234;te, peut-&#234;tre inspir&#233;e par cette &#233;vidence qui veut que les pierres aient une m&#233;moire. Faits marquants de ce quartier populaire historiquement r&#233;fractaire, c'est &#224; la distance de quelques coups de canon de cette rue Sainte-Marthe, dans le Xe arrondissement de Paris, qu'ont r&#233;sist&#233; les derni&#232;res barricades des soul&#232;vements parisiens du xixe si&#232;cle. C'est dans ce m&#234;me quartier qu'en 1924, syndicalistes anarchistes et communistes d'ob&#233;dience bolchevique &#233;chang&#232;rent des coups de feu lors d'un meeting, rue de la Grange-aux-Belles. Et c'est aussi dans cette rue Sainte-Marthe que la libertaire Conf&#233;d&#233;ration nationale du travail (CNT) aura des locaux o&#249; se rencontreront ex-combattants de la r&#233;volution espagnole, militants anarcho-syndicalistes et r&#233;fractaires de 68.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On est sur la ligne de front de la gentrification du Nord-Est parisien &#187;&lt;/i&gt;, dit Mathieu, membre de l'assoc' qui s'occupe de La R&#244;tisserie. &lt;i&gt;Dans cet espace Oberkampf-Saint-Martin sont arriv&#233;s un grand nombre de nouveaux habitants aux looks cool et ayant de bons revenus, avec, en cons&#233;quence, l'ouverture de caf&#233;s branch&#233;s, la disparition des petits commerces remplac&#233;s par des magasins branch&#233;s, etc. &#187;&lt;/i&gt; Dans ce quartier, rest&#233; pour quelque temps encore populaire, La R&#244;tisserie conserve l'esprit du restaurant ouvrier traditionnel, avec plats copieux et tarifs bas. &#192; midi, des habitants et des salari&#233;s du coin s'y retrouvent autour de repas &#233;labor&#233;s dans l'esprit de la cantine de quartier. Ce sont alors les salari&#233;s en contrats aid&#233;s de l'association qui s'affairent en cuisine et dans la salle. &lt;i&gt;&#171; Le soir, le resto passe aux mains des associations qui cherchent un peu d'argent pour mener &#224; bien leurs projets &#187;&lt;/i&gt;, poursuit Mathieu. Car l'association qui g&#232;re La R&#244;tisserie ouvre ses portes &#224; plus de 130 autres qui, apr&#232;s avoir pay&#233; une cotisation de vingt euros &#224; l'ann&#233;e, organisent enti&#232;rement des soir&#233;es et participent, lors des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, aux d&#233;cisions concernant le lieu. Pour un soir ces assoc' versent de 60 &#224; 70 euros &#224; La R&#244;tisserie, afin de couvrir les frais d'&#233;lectricit&#233;, d'entretien et pour contribuer aux salaires des sept contrats aid&#233;s. Tous les b&#233;n&#233;fices sont conserv&#233;s par ceux qui font la bouffe et le service. Conditions : le menu ne doit pas d&#233;passer 10 euros et le plat 5 euros. La soir&#233;e n'est pas priv&#233;e et reste ouverte &#224; tous. &#192; tour de r&#244;le, chorales, collectifs d'artistes d&#233;sargent&#233;s, associations de quartier, salari&#233;s en gr&#232;ve, comit&#233;s de soutien &#224; des inculp&#233;s et des emprisonn&#233;s, et autres collectifs s'activent aux fourneaux. &lt;i&gt;&#171; On a comme politique de ne pas faire de s&#233;lection. Elle se fait d'elle-m&#234;me d&#232;s l'instant o&#249; on a compris qu'on n'est pas des prestataires de service,&lt;/i&gt; dit Mathieu.&lt;i&gt; Ce qu'on fait s'inscrit dans une remise en cause de la soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;/i&gt; La lutte continue ! &#192; table !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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