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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Brigitte Fontaine : &#171; Du temps o&#249; j'&#233;tais vieille &#187;</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Emilien Bernard</dc:subject>
		<dc:subject>Brigitte Fontaine</dc:subject>
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		<dc:subject>Fontaine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 1960, elle n'a cess&#233; de multiplier les flamboyantes capes et incarnations : chanteuse, actrice, po&#233;tesse, reine du Mardi gras, imp&#233;ratrice des zazous, br&#251;leuse de Dieu, romanci&#232;re azimut&#233;e, poudre &#224; canon m&#233;diatique&#8230; Sans &#226;ge, sans barri&#232;re, sans pincettes, Brigitte Fontaine continue d'entrechoquer ses fantaisies contre les murs du pr&#233;sent. Rencontre t&#233;l&#233;phonique avec une dame riant &#224; la gueule du temps. &#171; Les vieux sont jet&#233;s aux orties / &#192; l'asile aux ch&#226;teaux d'oubli / (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no194-janvier-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;194 (janvier 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Emilien-Bernard-245" rel="tag"&gt;Emilien Bernard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Brigitte-Fontaine" rel="tag"&gt;Brigitte Fontaine&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vieille" rel="tag"&gt;vieille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/creation" rel="tag"&gt;cr&#233;ation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Brigitte" rel="tag"&gt;Brigitte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fontaine" rel="tag"&gt;Fontaine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 1960, elle n'a cess&#233; de multiplier les flamboyantes capes et incarnations : chanteuse, actrice, po&#233;tesse, reine du Mardi gras, imp&#233;ratrice des zazous, br&#251;leuse de Dieu, romanci&#232;re azimut&#233;e, poudre &#224; canon m&#233;diatique&#8230; Sans &#226;ge, sans barri&#232;re, sans pincettes, Brigitte Fontaine continue d'entrechoquer ses fantaisies contre les murs du pr&#233;sent. Rencontre t&#233;l&#233;phonique avec une dame riant &#224; la gueule du temps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3542 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH316/-1695-416c5.jpg?1782828862' width='500' height='316' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les vieux sont jet&#233;s aux orties / &#192; l'asile aux ch&#226;teaux d'oubli / Voici ce qui m'attend demain / Si jamais je perds mon chemin / J'ai d'autres projets vous voyez / Je vais baiser, boire et fumer / Je vais m'inventer d'autres cieux / Toujours plus vastes et pr&#233;cieux / Je suis vieille et je vous encule / Avec mon look de libellule / Je suis vieille sans foi ni loi / Si je meurs / &#199;a sera de joie. &lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;(&#171; Prohibition &#187;, 2009)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;*&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'abord, rapport &#224; ce dossier, je lui pose la question de l'&#226;ge, de son ressenti en la mati&#232;re, des recettes pour rester &lt;i&gt;libellule&lt;/i&gt; virevoltante plut&#244;t que pesant &lt;i&gt;nougat&lt;/i&gt;. Mais ce n'est pas si simple. Rien ne l'est d'ailleurs, avec elle, qui rebondit toujours l&#224; o&#249; je ne l'attends pas, ricanant de mon tournis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'en crois tatie Wikip&#233;dia, Brigitte Fontaine est n&#233;e le 24 juin 1939 &#224; Morlaix dans le Finist&#232;re, ce qui lui ferait la bagatelle de 81 ans et des brouettes. Or, elle est infiniment plus jeune que cela. Et largement plus vieille. C'est d'ailleurs ce qu'elle chantait dans &#171; Delta &#187; (2013) : &#171; &lt;i&gt;Mes jambes de cavale / Font tomber tous les m&#226;les / Eh oui je me la p&#232;te / Je suis une nymphette / De plus de 20 000 ans.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion lanc&#233;e, elle opte en premier lieu pour le constat sans fard : &#171; &lt;i&gt;Je me sens vieille, tr&#232;s tr&#232;s vieille, assign&#233;e &#224; r&#233;sidence de mon &#226;ge&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che-t-elle, alternant toux rocailleuse de fumeuse inv&#233;t&#233;r&#233;e et soupirs las. Avant de proclamer l'inverse dix minutes plus tard en &#233;voquant son tube anti-&#226;gisme &#171; Prohibition &#187;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Morceau posant le beau slogan intemporel &#171; Je suis vieille et je vous encule &#187;.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; (2009) : &#171; &lt;i&gt;Oh, &#231;a c'&#233;tait avant, du temps o&#249; j'&#233;tais tr&#232;s &#226;g&#233;e. D&#233;sormais j'ai rajeuni, je ne suis plus du tout la m&#234;me.&lt;/i&gt; &#187; Et de rire, emport&#233;e par une quinte joyeuse. Presque enfantine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; toute l'essence de Brigitte Fontaine et de son rapport au temps. Vieille, jeune, &#231;a ne veut pas dire grand-chose pour elle, tant ce qui lui importe est ailleurs, dans le flux de la cr&#233;ation et de la po&#233;sie. On peut se lever avec mille ans d'&#226;ge, les genoux cagneux comme des charni&#232;res rouill&#233;es, puis, dans la minute qui suit, gambader comme un Rimbaud adolescent. Il suffit pour cela d'invoquer l'immortel po&#232;te, comme elle le faisait dans ces vers, tir&#233;s de son livre &lt;i&gt;Chute et ravissement&lt;/i&gt; (2017, Actes Sud) : &#171; &lt;i&gt; Arthur / Peux-tu nous aider &#224; traverser la rue ? / Nous sommes des vieilles dames vaincues / Des vieillards surgel&#233;s / Des b&#233;b&#233;s mort-n&#233;s&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Explorer, toujours explorer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sorti d&#233;but 2020, son dernier album s'appelle &lt;i&gt;Terre Neuve&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#201;lectrique, nerveux, bourr&#233; d'impr&#233;cations et d'envol&#233;es, il se d&#233;roule comme l'exploration d'un continent mythique, t&#226;tant ces r&#234;ves et horizons qu'&#233;num&#232;re le titre &#233;ponyme : &#171; &lt;i&gt;Rires mordants / Petit Satan / Chants de mourants / Lever du jour / Crimes hilarants / Chansons d'amour / Terre neuve.&lt;/i&gt; &#187; Et c'est bien de cela qu'il s'agit : face &#224; la vie, gambader en exploratrice, sagaie cr&#233;atrice &#224; la main. C'est ce qu'elle me confie apr&#232;s avoir malicieusement feint de ne plus se souvenir du titre de l'album : &#171; &lt;i&gt;Ah oui, c'est vrai, j'arrive jamais &#224; me rappeler comment il s'appelle. Mais&lt;/i&gt; Terre Neuve &lt;i&gt;&#231;a lui va bien. Parce que c'est exactement comme &#231;a que je fonctionne : je parcours un nouveau territoire. Je vais voir. Je d&#233;couvre. Et c'est pas fini, j'ai plein de trucs &#224; faire. Soyez pr&#233;venu : je l&#226;cherai jamais.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attendant que reprennent la promotion de l'album et les concerts aff&#233;rents, elle occupe la pr&#233;sente p&#233;riode &#224; &#233;crire des po&#232;mes chez elle, sur la parisienne &#238;le Saint-Louis. &#171; &lt;i&gt;Ils ne veulent pas me l&#226;cher&lt;/i&gt; &#187;, dit-elle, &#233;voquant les tyranniques d&#233;mons de la cr&#233;ation. &#171; &lt;i&gt;Je ne peux pas m'emp&#234;cher d'&#233;crire de la po&#233;sie. Je suis oblig&#233;e. On croit toujours que je suis libre, mais non, je n'ai pas l'honneur et la joie d'&#234;tre libre. Mais j'ai l'honneur d'&#234;tre&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;f&#233;rence &#224; l'un de ses r&#233;cents albums : J'ai l'honneur d'&#234;tre (2013).&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &#187; Puis elle bifurque : &#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas musicienne&lt;/i&gt; &#187;, confie-t-elle, se revendiquant comme &#171; &lt;i&gt;po&#233;tesse&lt;/i&gt; &#187;. C'est alors qu'elle me pr&#233;vient : pas question de la d&#233;signer du terme d' &#171; &lt;i&gt;&#233;crivaine&lt;/i&gt; &#187;, si laid &#224; ses yeux, sous peine de terrible col&#232;re &#8211; &#171; &lt;i&gt;Si vous me traitez d'&#233;crivaine, je vous tue.&lt;/i&gt; &#187; Je ne m'y hasarde pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de &#231;a, on rebondit sur la question de sa jeunesse. Serait-ce sa cr&#233;ativit&#233; d&#233;brid&#233;e qui la placerait au-dessus des contingences temporelles ? &#171; &lt;i&gt;Je ne sais pas. Je suis une vieille prodige. Je fais des trucs que des petites de vingt ans ne feraient pas. Mais c'est vrai que l'&#226;ge fausse tout. Par&lt;/i&gt; &lt;i&gt;exemple je suis s&#251;re que vous m'imaginez avec un chignon gris et une cafeti&#232;re rouge &#224; pois blancs. Alors que non. L&#224;, je suis allong&#233;e. J'ai un pied lev&#233; vers le plafond, les cheveux tr&#232;s longs et une grande chemise qui descend jusqu'aux pieds. Je porte aussi un legging en vinyle.&lt;/i&gt; &#187; Et d'embrayer sur son &lt;i&gt;leitmotiv&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Bouger bouger bouger, le plus loin possible. C'est tout ce qui m'int&#233;resse.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des envies d'affriolants tropiques ou de p&#244;les mythiques ? Pas vraiment, tant la notion d'exploration est avant tout int&#233;rieure chez Brigitte Fontaine, surtout en cette p&#233;riode de Covid. Il s'agit de faire de chaque instant et chaque mot un hame&#231;on tendu vers une forme de gr&#226;ce d&#233;braill&#233;e, toujours en mouvement, oscillant entre gros &lt;i&gt;fuck&lt;/i&gt;, proclamation magique et convocation de l'absurde. &#171; &lt;i&gt;Si j'avais du fric, vous savez ce que je ferais&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Je d&#233;penserais tout dans des habits. Je r&#234;ve d'une longue robe, avec des fibres et des nouilles qui d&#233;passent un peu partout. Pas des diamants, parce que les diamants &#231;a fait mal.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ruer, toujours ruer&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le coup de fil que je lui passe n'est pas tr&#232;s long, une quarantaine de minutes, mais elle trouve le temps de me lancer quelques amabilit&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Vous n'avez pas l'air tr&#232;s cultiv&#233;&lt;/i&gt; &#187;, juge-t-elle peu apr&#232;s le d&#233;but de notre conversation,&lt;i&gt; bim&lt;/i&gt;. Et ensuite, confront&#233;e &#224; une interrogation b&#233;nigne sur son dernier album : &#171; &lt;i&gt;Je ne r&#233;ponds pas &#224; &#231;a.&lt;/i&gt; &#187; Quant &#224; mes questions, elle y voit &#171; &lt;i&gt;un interrogatoire&lt;/i&gt; &#187;. Pas grave, au fond. Car dans le m&#234;me temps elle rit, joue, s'envole dans ses pens&#233;es, d&#233;sosse la gravit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Je suis autoritaire, vous voyez. Pourtant je suis aussi tr&#232;s gentille, tr&#232;s docile et tr&#232;s mignonne.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on peut y voir une forme de l&#233;g&#232;ret&#233; impos&#233;e, je pr&#233;f&#232;re y d&#233;celer sa libert&#233;, non n&#233;gociable. D'autant que sur certains points elle se r&#233;v&#232;le soudain habit&#233;e. C'est le cas quand elle parle du morceau &#171; Vendetta &#187;, sur lequel elle l&#226;che toute sa rage contre le &#171; sexe fort &#187; : &#171; &lt;i&gt;Assez parlement&#233; / Vive la lutte arm&#233;e / Qu'on empale tous les m&#226;les / Et qu'on ch&#226;tre les psychiatres.&lt;/i&gt; &#187; L'&#233;voquant, elle commence par s'amuser : &#171; &lt;i&gt;Oui, j'y suis all&#233;e fort.&lt;/i&gt; &#187; Puis elle se fait s&#233;rieuse : &#171; &lt;i&gt;&#199;a fait partie de mon &#339;uvre depuis toujours. D&#232;s le d&#233;but, je luttais pour les femmes. Avant le f&#233;minisme, m&#234;me, quand j'&#233;tais tr&#232;s vieille. Si je travaillais, si je luttais, si je trimballais mon art, c'&#233;tait avant tout pour elles. Pour apporter une pierre &#224; l'&#233;difice et faire en sorte que les femmes soient reconnues comme cr&#233;atrices. J'ai pu ouvrir certaines portes, je crois.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s&#233;rieux quand il s'agit d'&#233;voquer les impasses de la cr&#233;ation actuelle : &#171; &lt;i&gt;On traverse une p&#233;riode de d&#233;cadence artistique. La cr&#233;ation est en baisse : en peinture, musique, litt&#233;rature, po&#233;sie, la st&#233;rilit&#233; s'impose. Les artistes ne font que copier ou recopier les copains, d&#233;funts ou pas. Les instruments ont beau diff&#233;rer, c'est la m&#234;me chose. On n'a plus rien &#224; dire, &#224; peindre ou &#224; jouer.&lt;/i&gt; &#187; Et &#231;a, elle n'en veut pas, m&#234;me pour tout l'or du P&#233;rou : &#171; &lt;i&gt;Je veux inventer, toujours toujours, et tant pis si &#231;a ne rapporte pas.&lt;/i&gt; &#187; Le moment pour elle d'&#233;voquer les camarades de cr&#233;ation de jadis, notamment les r&#233;cemment emport&#233;s Christophe et Jacques Higelin : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;taient &lt;/i&gt;les&lt;i&gt; fervents. Je les aime. Avec Jacques, j'ai perdu le fr&#232;re de toute une vie. Mais elle n'est pas finie, cette vie, et c'est pas demain la veille qu'elle prendra fin.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand elle m'annonce que l'entretien touche &#224; sa fin, je lui cite son morceau &#171; Parlons d'autre chose &#187;, l'invitant &#224; terminer sur la note qu'elle d&#233;sire. Ni une ni deux, elle convoque la pythie Duras&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, en point d'orgue :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;D&#233;truire, dit-elle.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et sur ces ruines, elle reb&#226;tira son empire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte et illustration &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Morceau posant le beau slogan intemporel &#171; &lt;i&gt;Je suis vieille et je vous encule&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3543 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1696.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;500&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;R&#233;f&#233;rence &#224; l'un de ses r&#233;cents albums : &lt;i&gt;J'ai l'honneur d'&#234;tre&lt;/i&gt; (2013).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3544 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1697.jpg' width=&#034;312&#034; height=&#034;512&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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