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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Travailleurs, travailleuses&#8230;</title>
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		<dc:date>2014-01-03T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;C'est vrai, 8 mars ou pas, je ne parle pas souvent des femmes de mon usine. C'est aussi vrai que, lorsqu'on travaille &#224; la fabrication, on en c&#244;toie tr&#232;s peu : juste les femmes de m&#233;nage qui arrivent encore plus t&#244;t que nous au turbin, l'infirmi&#232;re et les serveuses de la cantine. Les seuls endroits o&#249; le travail est plus &#171; sp&#233;cifiquement &#187; f&#233;minin, c'est l'administration, la comptabilit&#233;, l'accueil des chauffeurs routiers et le labo. A l'autre bout de la cha&#238;ne hi&#233;rarchique, depuis quelques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no116-novembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;116 (novembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/c-est-d-une" rel="tag"&gt;c'est d'une&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est vrai, &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9e_de_la_femme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;8 mars&lt;/a&gt; ou pas, je ne parle pas souvent des femmes de mon usine. C'est aussi vrai que, lorsqu'on travaille &#224; la fabrication, on en c&#244;toie tr&#232;s peu : juste les femmes de m&#233;nage qui arrivent encore plus t&#244;t que nous au turbin, l'infirmi&#232;re et les serveuses de la cantine. Les seuls endroits o&#249; le travail est plus &#171; sp&#233;cifiquement &#187; f&#233;minin, c'est l'administration, la comptabilit&#233;, l'accueil des chauffeurs routiers et le labo. A l'autre bout de la cha&#238;ne hi&#233;rarchique, depuis quelques ann&#233;es, l'encadrement s'est l&#233;g&#232;rement f&#233;minis&#233;, mais pas n'importe o&#249;. Pas aux postes strat&#233;giques que se gardent nos cadres-machos. On retrouve des femmes aux ressources humaines, &#224; l'environnement et &#224; la s&#233;curit&#233;&#8230; &#201;videmment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a pr&#232;s d'une vingtaine d'ann&#233;es, deux jeunes femmes ont &#233;t&#233; embauch&#233;es au sein du secteur informatique. Il se trouve qu'elles &#233;taient syndicalistes, situ&#233;es &#224; l'extr&#234;me gauche, et combatives. On peut dire qu'elles ont fait &#233;voluer les mentalit&#233;s des prolos de la bo&#238;te en ne se laissant pas marcher sur les pieds par le patron. Du coup, elles n'ont pas eu de mal &#224; se faire une place et &#224; &#234;tre vraiment reconnues par les coll&#232;gues. Elles n'ont pas eu besoin non plus de ferrailler longtemps pour que les calendriers et autres photos de filles &#224; poil disparaissent des r&#233;fectoires et des ateliers.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_874 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH375/p11-effix-cqfd45-0ca6a.jpg?1768649328' width='400' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'une d'elles est partie et travaille dans les risques technologiques, &#171; &lt;i&gt;pour emmerder encore plus les patrons&lt;/i&gt; &#187; et l'autre est toujours pr&#233;sente sur le site o&#249; elle s'investit &#233;norm&#233;ment dans le Comit&#233; hygi&#232;ne et s&#233;curit&#233;, au grand d&#233;sespoir de nos diff&#233;rentes directions, car quand elle s'occupe d'un dossier (amiante, risques explosifs, rythmes de travail&#8230;) elle ne le l&#226;che pas. Mais c'est d'une autre dont il va &#234;tre question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Odette a &#233;t&#233; embauch&#233;e, il y a quatre ans, quand une loi sur l'&#233;galit&#233; au travail a stipul&#233; que les femmes pouvaient travailler la nuit et postuler &#224; tous les travaux dits masculins. Cela fit d'ailleurs s'enorgueillir la DRH : avoir embauch&#233;, une femme, jeune, black et issue d'un quartier difficile&#8230; elle faisait dans le social et le f&#233;minisme &#224; la fois. Ce fut, semble-t-il, la seule qui se pr&#233;senta pour un poste en fabrication, car depuis, pas une femme n'a pris sa suite. Certains vieux militants de la CGT dirent que ce n'&#233;tait pas une bonne chose car travailler de nuit ou les week-ends n'est pas franchement lib&#233;rateur, mais si c'&#233;tait au nom de l'&#233;galit&#233;, ils ne pouvaient se prononcer contre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Odette fut post&#233;e dans mon atelier, r&#233;put&#233; plus &#171; propre &#187; et plus &#171; civilis&#233; &#187;, le personnel y &#233;tant un peu plus qualifi&#233;. Mais accepter une femme dans une &#233;quipe ne fut pas si simple. Certains vieux ours n'avaient d&#233;finitivement pas envie de travailler avec une &#171; gamine &#187;. Pourtant, dans l'&#233;quipe o&#249; elle atterrit, ce furent les mecs qui chang&#232;rent un peu : certains arr&#234;t&#232;rent de p&#233;ter ou roter en public et surtout chacun ch&#226;tia son langage, il n'&#233;tait plus question de traiter l'autre de gonzesse ou d'en avoir plein les couilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, si elle faisait correctement son boulot, elle a eu du mal &#224; s'int&#233;grer. Odette se sentait forc&#233;ment seule dans cet univers viril. Ses coll&#232;gues masculins, par galanterie ou se voulant protecteurs, l'accompagnaient souvent sur le terrain pour l'aider &#224; fermer une vanne trop rouill&#233;e ou ramasser du mat&#233;riel jug&#233; trop lourd pour une femme. Ce ne fut pas du go&#251;t de son chef d'&#233;quipe qui la trouvait insuffisamment autonome et qui voyait en elle un poids pour l'&#233;quipe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'arrivant pas &#224; se faire une place, mais aussi parce qu'il y a trop de fuites et de risques dans l'atelier, Odette vient de d&#233;missionner. Elle a trouv&#233; un boulot dans un laboratoire de l'industrie pharmaceutique. Un univers un peu plus f&#233;minin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En partant, elle m'a confi&#233; qu'elle voulait amasser de l'exp&#233;rience dans l'industrie (et si possible de l'argent) pour retourner dans son pays afin d'y construire et g&#233;rer une station d'&#233;puration d'eau. Chacun ses r&#234;ves&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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