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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>De plastique et d'os</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Bon &#233;l&#232;ve autoproclam&#233; de la transition verte, le Portugal a autoris&#233; en octobre 2019 l'extension de monocultures intensives sous plastique en plein milieu d'un parc naturel. La surface des sols occup&#233;s par d'interminables serre-tunnels pourrait bient&#244;t y tripler. Encore une fois, la d&#233;fense d'int&#233;r&#234;ts financiers ouvre le champ, en toute connaissance de cause, &#224; un d&#233;sastre &#233;cologique. Tout autant qu'humain : suivant le sinistre mod&#232;le andalou, cette agro-industrie pr&#233;datrice a massivement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no194-janvier-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;194 (janvier 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parc" rel="tag"&gt;parc&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bon &#233;l&#232;ve autoproclam&#233; de la transition verte, le Portugal a autoris&#233; en octobre 2019 l'extension de monocultures intensives sous plastique en plein milieu d'un parc naturel. La surface des sols occup&#233;s par d'interminables serre-tunnels pourrait bient&#244;t y tripler. Encore une fois, la d&#233;fense d'int&#233;r&#234;ts financiers ouvre le champ, en toute connaissance de cause, &#224; un d&#233;sastre &#233;cologique. Tout autant qu'humain : suivant le sinistre mod&#232;le andalou, cette agro-industrie pr&#233;datrice a massivement recours &#224; une main-d'&#339;uvre immigr&#233;e amen&#233;e &#224; travailler et vivre dans des conditions r&#233;voltantes. Ici comme ailleurs, l'espoir vient des populations qui, localement, organisent la lutte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3545 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH474/-1698-5411a.jpg?1782829388' width='500' height='474' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Collage 6Col
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Cette r&#233;gion a d'abord &#233;t&#233; class&#233;e comme aire de paysage prot&#233;g&#233;. Et c'est vrai qu'ici le paysage a en soi une valeur exceptionnelle qu'il faut pr&#233;server.&lt;/i&gt; &#187; Nous avons retrouv&#233; Nuno Carvalho &#224; la terrasse d'un caf&#233; d'Odeceixe, joli village situ&#233; &#224; la limite entre Algarve et Alentejo. Nous sommes au centre du &#171; Parque Natural do Sudoeste Alentejano e Costa Vicentina &#187;, une zone class&#233;e Natura 2000 qui s'&#233;tend sur quelque 110 kilom&#232;tres le long de la magnifique c&#244;te sud-ouest du Portugal. Pourtant, &#224; une poign&#233;e de kilom&#232;tres de l&#224;, d'immenses serres saturent l'horizon&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nuno, ing&#233;nieur en environnement, est l'un des membres fondateurs de Juntos pelo Sudoeste (&#171; Ensemble pour le Sud-Ouest &#187;), collectif cr&#233;&#233; en r&#233;action &#224; l'autorisation d'extension de ces champs de plastique. Il d&#233;roule l'historique : &#171; &lt;i&gt;Il y avait d&#233;j&#224;, avant la cr&#233;ation du parc en 1995, un p&#233;rim&#232;tre d'irrigation d&#233;pendant de la rivi&#232;re Mira et du barrage de Santa Clara, mais essentiellement &#224; destination des habitants et d'une agriculture extensive. Il y a vingt ans, des multinationales se sont rendu compte qu'il y avait ici le climat parfait pour produire des fruits rouges &#8211; framboises, fraises, myrtilles... Une production tr&#232;s lucrative, notamment gr&#226;ce au boum de la demande dans les pays du nord de l'Europe, mais extr&#234;mement gourmande en eau. Or l'eau est ici particuli&#232;rement bon march&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le niveau du lac de barrage &#233;tait au plus bas en 2020 : l'eau habituellement pr&#233;lev&#233;e par gravit&#233; doit maintenant &#234;tre pomp&#233;e m&#233;caniquement&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Berry Boom in the Wild Southwest &#187;, Eco 123 n&#176; 29 (&#233;t&#233; 2020).&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Et ce, alors m&#234;me que les monocultures sous serre n'occupent encore &#171; que &#187; 1 500 hectares du parc naturel sur les 4 800 programm&#233;s. Certains voudraient y voir l'effet de la seule baisse de la pluviom&#233;trie, mais l'explication para&#238;t insuffisante au vu des courbes d'&#233;volution du volume d'eau disponible et de la surface des serres, parfaitement invers&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'approvisionnement en eau repr&#233;sente le probl&#232;me le plus urgent, les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par cette invasion de monocultures intensives &#8211; appauvrissement et artificialisation des sols, pollution&#8230; &#8211; sont innombrables et mettent &#224; mal tout l'&#233;cosyst&#232;me de la r&#233;gion. &#171; &lt;i&gt;Une des sp&#233;cificit&#233;s du parc, &lt;/i&gt;note ainsi Nuno,&lt;i&gt; ce sont ses mares &#233;ph&#233;m&#232;res, des foyers de biodiversit&#233; qui accueillent des esp&#232;ces rares et menac&#233;es. Plus de la moiti&#233; ont &#233;t&#233; d&#233;truites ces derni&#232;res ann&#233;es&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Greenwashing d'&#201;tat&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les compagnies agro-industrielles, qui produisent &#233;galement des fleurs ornementales et du gazon, n'ont pas &#233;t&#233; attir&#233;es ici que par les conditions naturelles favorables : elles appr&#233;cient &#233;galement l'accueil plus que conciliant des autorit&#233;s politiques. &#171; &lt;i&gt;Au Portugal, il n'y pas besoin d'autorisation pour installer une exploitation agricole,&lt;/i&gt; pr&#233;cise Nuno. Une &lt;i&gt;&#233;tude d'impact n'est exig&#233;e qu'&#224; partir de 50 &lt;/i&gt; &lt;i&gt;hectares. Les entreprises ach&#232;tent donc des parcelles plus petites et &#224; la fin, on obtient des exploitations de centaines d'hectares&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! La loi prend en compte cet impact cumulatif, mais rien n'a jamais &#233;t&#233; mis en place pour le contr&#244;ler.&lt;/i&gt; &#187; Plus encore qu'une r&#233;glementation trop permissive, le manque de contr&#244;le est en effet le souci majeur. &#171; &lt;i&gt;L'Institut pour la conservation de la nature et des for&#234;ts, en charge des v&#233;rifications, est d&#233;pass&#233;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : pour toute la r&#233;gion, ils n'ont que deux ou trois techniciens ! Le gouvernement vote des lois sans chercher &#224; les appliquer. En v&#233;rit&#233;, il ne veut pas agir. &#192; l'international, le Portugal signe tous les trait&#233;s de protection de l'environnement, mais c'est une totale hypocrisie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maravilha Farms, entreprise dont une grande partie des serres s'&#233;tend du c&#244;t&#233; de Zambujeira do Mar, appartient &#224; l'un des leaders mondiaux de la production de fruits rouges, le groupe am&#233;ricain Driscoll's. Elle est en passe de doubler sa surface de production, passant de 150 &#224; 300 hectares : le projet et son plan d'investissement ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s en mai 2017 lors d'une c&#233;r&#233;monie pr&#233;sid&#233;e par le Premier ministre socialiste Ant&#243;nio Costa en personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal d'information critique &lt;i&gt;Mapa&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; de ceux qui ont relat&#233; cet &#233;pisode. L'auteur de l'article&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Os olhares de Catarina &#187;, Mapa n&#176; 23 (avril-juin 2019). Disponible en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, Filipe Nunes, suit depuis longtemps l'&#233;volution des territoires du sud du Portugal, dans une perspective &#224; la fois &#233;cologique et sociale. R&#233;pondant &#224; nos questions, lui aussi d&#233;nonce un &lt;i&gt;greenwashing&lt;/i&gt; d'&#201;tat au service des multinationales. Mais, au-del&#224; des crimes, environnementaux, il pointe le drame humain qui est en train de se jouer : &#171; &lt;i&gt;Bien s&#251;r, lorsque nous nous battons pour la protection de la nature, nous parlons aussi conditions de vie humaine. Il ne peut pas seulement s'agir de la vie de celles et ceux qui vivent traditionnellement l&#224;, mais aussi de celle des ouvriers immigr&#233;s en qu&#234;te de papiers qui alimentent cette machine d&#233;vastatrice, ce mod&#232;le agro-industriel dont il est question ici mais qui existe ailleurs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une machine pr&#233;datrice&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs immigr&#233;s sont bien les premi&#232;res victimes de ce syst&#232;me &#171; &lt;i&gt;qui refl&#232;te la constante de l'&#226;me capitaliste : des profits astronomiques garantis par une main-d'&#339;uvre nombreuse, bon march&#233;, exploit&#233;e dans des conditions parfois proches de l'esclavage&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;dixit &lt;/i&gt;Filipe. Nuno abonde : &#171; &lt;i&gt;Ils sont livr&#233;s &#224; des mafias, qui souvent leur prennent leurs passeports. On loue des logements insalubres &#224; dix ou quinze personnes avec seulement deux ou trois lits. Beaucoup, aussi, vivent dans des conteneurs, directement sur l'exploitation.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, les travailleurs sont principalement originaires d'Asie : Inde, N&#233;pal, Pakistan&#8230; &#171; &lt;i&gt;Dans la commune de S&#227;o Teot&#243;nio, l'immigration a fait plus que doubler la population en un temps record, &lt;/i&gt;reprend Nuno. &lt;i&gt;Ce qui ne va pas sans conflits. Les entreprises font venir ces personnes sans r&#233;fl&#233;chir ni aux conditions d'accueil, ni &#224; aucune cons&#233;quence ! Les services publics ne suivent pas, que ce soit au niveau de leur prise en charge sanitaire, de l'assainissement, de la gestion des d&#233;chets&#8230; C'est un grand foutoir&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Filipe Nunes rel&#232;ve la m&#233;diocrit&#233; des plans mis en place &#224; la h&#226;te par les municipalit&#233;s et les producteurs agricoles pour int&#233;grer ces nouveaux arrivants. Et s'interroge : &#171; &lt;i&gt;Comment pouvons-nous aider r&#233;ellement ces personnes &#224; s'installer ici, &#224; y vivre, y &#233;lever des familles&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Car nous, Portugais, avons besoin d'immigration, notamment pour revitaliser nos territoires ruraux vieillissants. Mais bien s&#251;r pas avec ce syst&#232;me d&#233;pr&#233;dateur, qui ouvre &#224; la fois une fracture entre les populations et une voie royale au discours raciste et fasciste de Chega.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chega est le principal parti d'extr&#234;me droite portugais. &#192; (re)lire sur le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte autour du parc naturel de la c&#244;te sud-ouest n'est pas la seule en cours au Portugal aujourd'hui. Nuno et Filipe &#233;voquent tous deux un combat similaire tout proche : celui contre la production intensive d'olives en Alentejo, autour de Beja. Moins de plastique mais, l&#224; encore, des milliers de travailleurs immigr&#233;s exploit&#233;s au service d'une &#171; &lt;i&gt;monoculture qui a d&#233;vast&#233; le centre de l'Espagne et qui arrive chez nous, maintenant que tout est devenu st&#233;rile l&#224;-bas&lt;/i&gt; &#187;, se d&#233;sole Nuno.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Filipe de conclure : &#171; &lt;i&gt;De nouvelles perspectives s'ouvrent avec ces mouvements non partisans, non hi&#233;rarchiques, construits par les habitants eux-m&#234;mes, comme r&#233;cemment cette lutte victorieuse contre l'extraction de gaz et de p&#233;trole en Algarve, ou actuellement contre les mines de lithium dans les r&#233;gions montagneuses du nord et du centre du pays. Il me semble cependant que ces mouvements de contestation, y compris autour du parc naturel, font encore trop confiance aux institutions. Ce sont toujours les populations elles-m&#234;mes qui, par leur engagement radical, feront la diff&#233;rence.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Beno&#238;t Godin&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Berry Boom in the Wild Southwest &#187;, &lt;i&gt;Eco 123 &lt;/i&gt;n&#176; 29 (&#233;t&#233; 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Os olhares de Catarina &#187;, &lt;i&gt;Mapa&lt;/i&gt; n&#176; 23 (avril-juin 2019). Disponible en ligne sur &lt;i&gt;jornalmapa.pt&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chega est le principal parti d'extr&#234;me droite portugais. &#192; (re)lire sur le sujet : &#171; Le Portugal face &#224; son pass&#233; colonial &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 191 (octobre 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Fiert&#233; en cachette</title>
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		<dc:creator>Olga Z.</dc:creator>


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		<dc:subject>Longchamp</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Gay Pride de Marseille, pr&#233;vue initialement le 16 juillet, a &#233;t&#233; report&#233;e au 3 septembre pour des raisons de s&#233;curit&#233; apr&#232;s l'attentat de Nice . Mi-ao&#251;t, les principales associations organisatrices ont &#233;t&#233; convoqu&#233;es par la pr&#233;fecture et mises devant cette (non) alternative : la Pride LGBTQI (Lesbiennes, Gays, Bis, Trans, Queer et Intersexu&#233;es) sera statique, pas de marche, et pour le lieu ce sera soit derri&#232;re le MuCem, soit au parc Bor&#233;ly, soit au parc Longchamp. Par ailleurs, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no147-octobre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;147 (octobre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Securite" rel="tag"&gt;S&#233;curit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parc" rel="tag"&gt;parc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gay" rel="tag"&gt;gay&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gay-Pride" rel="tag"&gt;Gay Pride&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pride-LGBTQI" rel="tag"&gt;Pride LGBTQI&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/prevue-initialement" rel="tag"&gt;pr&#233;vue initialement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pride" rel="tag"&gt;Pride&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parc-Borely" rel="tag"&gt;parc Bor&#233;ly&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parc-Longchamp" rel="tag"&gt;parc Longchamp&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Longchamp" rel="tag"&gt;Longchamp&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;a Gay Pride de Marseille, pr&#233;vue initialement le 16 juillet, a &#233;t&#233; report&#233;e au 3 septembre pour des raisons de s&#233;curit&#233; apr&#232;s l'attentat de Nice&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Malgr&#233; l'interdiction, une marche lesbienne &#171; sauvage &#187; a tent&#233; un d&#233;part (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Mi-ao&#251;t, les principales associations organisatrices ont &#233;t&#233; convoqu&#233;es par la pr&#233;fecture et mises devant cette (non) alternative : la Pride LGBTQI (Lesbiennes, Gays, Bis, Trans, Queer et Intersexu&#233;es) sera statique, pas de marche, et pour le lieu ce sera soit derri&#232;re le MuCem, soit au parc Bor&#233;ly, soit au parc Longchamp. Par ailleurs, la s&#233;curit&#233; sera g&#233;r&#233;e par les agents de surveillance des parcs et jardins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si quelques collectifs ont refus&#233; de participer&lt;/strong&gt;, la majorit&#233; d'entre eux ont opt&#233; pour Longchamp. Mais ils ne se doutaient pas que tout allait &#234;tre fait afin d'invisibiliser la manifestation : une seule voie d'acc&#232;s, pas de slogan peinturlur&#233;, pas de &lt;i&gt;rainbow flag, &lt;/i&gt;juste des petits ballons de toutes les couleurs et une petite banderole &#171; Pride 2016, &#234;tre soi et penser l'autre &#187;. M&#234;me les termes trans, lesbienne, gay, etc., ont &#233;trangement disparu. Une fois &#224; l'int&#233;rieur du parc, il fallait monter un grand escalier et passer un portique de s&#233;curit&#233; pour d&#233;boucher sur une sorte de parc cach&#233; dans le parc, derri&#232;re un grand mur. Les convives &#233;taient fouill&#233;s et nous &#233;tions s&#233;par&#233;s en deux files : une pour les hommes et une pour les femmes. La femme devant moi, transexuelle en transition, &#233;tait inqui&#232;te de la r&#233;action des agents des parcs et jardins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autre d&#233;couverte&lt;/strong&gt; : les bouchons de bouteilles sont interdits. En effet, la loi fran&#231;aise interdisant de confisquer une bouteille d'eau (si une personne tombe dans les pommes elle serait autoris&#233;e &#224; poursuivre celui qui lui a confisqu&#233; son eau), les vigiles fouillaient scrupuleusement nos sacs, non pas &#224; la recherche d'armes, mais de bouchons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le parc&lt;/strong&gt;, la buvette la plus visible est la buvette permanente, bien au centre, quand l'autre buvette, celle des orgas LGBTQI, &#233;tait plac&#233;e tout au fond. Dans cette honte statique, pas de slogans rigolos, pas de &#171; provocations &#187;. Juste des prises de paroles abstraites pour quiconque les aurait entendues depuis la rue. Cerise sur le g&#226;teau : une politicienne prend la tribune pour f&#233;liciter les pouvoirs publics de la tenue de la Pride.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au m&#234;me moment&lt;/strong&gt; se tenait &#224; Marseille le festival &#171; Septembre en mer &#187; cl&#244;tur&#233; par la grande parade maritime du dimanche 4 septembre. Rempli d'all&#233;gresse, le communiqu&#233; officiel indiquait : &lt;i&gt;&#171; Vous avez une embarcation ? Alors, participez (gratuitement) &#224; ce challenge ! &#187; &lt;/i&gt;Pour les plaisanciers en goguette, aucune restriction, aucune limitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce serait d'ailleurs&lt;/strong&gt;, selon certaines mauvaises langues peu au fait de la l&#233;gendaire probit&#233; de la pr&#233;fecture marseillaise, pour pouvoir affecter le maximum de moyens au festival que la Pride LGBTQI a &#233;t&#233; confin&#233;e. M&#234;me un simple malaise n&#233;cessitant une ambulance aurait r&#233;duit les moyens mis &#224; la disposition des pauvres marins sans le sou. Une op&#233;ration de confinement r&#233;ussie : peu de gens sont venus et encore moins ont r&#233;ussi &#224; rester plus de 20 minutes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Olga Z.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Malgr&#233; l'interdiction, une marche lesbienne &#171; sauvage &#187; a tent&#233; un d&#233;part avant de se faire stopper par les flics.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Marseille : Une ZAD et puis s'en va</title>
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		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>Yoan-Lo&#239;c Faure</dc:subject>
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&lt;p&gt;La ZAD L&#233;vy, du nom d'un parc de Marseille, a v&#233;cu une belle semaine fin janvier avant qu'urbanistes et policiers ne reprennent le contr&#244;le de la situation. Reportage au &#171; c&#339;ur &#187;. Vendredi 30 janvier, 9 h 30, arriv&#233;e sur la ZAD du parc Michel-L&#233;vy, &#171; la premi&#232;re ZAD urbaine &#187;, comme me le pr&#233;cise Fran&#231;oise, une zadiste pr&#233;sente depuis le d&#233;but. A 6&#8200;heures, quelques pandores et un huissier ont rendu visite aux occupants. Je fais comme la BAC et les CRS et profite de mon look presque (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no129-fevrier-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;129 (f&#233;vrier 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yoan-Loic-Faure" rel="tag"&gt;Yoan-Lo&#239;c Faure&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Michel-4528" rel="tag"&gt;Michel&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Michel-Vingt-trois" rel="tag"&gt;Michel Vingt-trois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Michel-Lejeune" rel="tag"&gt;Michel Lejeune&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parc-Levy" rel="tag"&gt;parc L&#233;vy&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La ZAD L&#233;vy, du nom d'un parc de Marseille, a v&#233;cu une belle semaine fin janvier avant qu'urbanistes et policiers ne reprennent le contr&#244;le de la situation. Reportage au &#171; c&#339;ur &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1403 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p16-zad.square.michel-lc_vy.2015._c_ylfaure-e8cac.jpg?1782651194' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Yoan-Lo&#239;c Faure.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 30 janvier, 9 h 30, arriv&#233;e sur la ZAD du parc Michel-L&#233;vy, &#171; &lt;i&gt;la premi&#232;re ZAD urbaine&lt;/i&gt; &#187;, comme me le pr&#233;cise Fran&#231;oise, une zadiste pr&#233;sente depuis le d&#233;but. A 6&#8200;heures, quelques pandores et un huissier ont rendu visite aux occupants. Je fais comme la BAC et les CRS et profite de mon look presque baqueux (la quarantaine sportive) pour rentrer dans le parc L&#233;vy. La police a pris position dans tout le parc. Des femmes crient. Ici ou l&#224; on proteste mais on est sous le choc. Les occupants sont pouss&#233;s vers la sortie. On entend : &#171; &lt;i&gt; C'est une honte !&lt;/i&gt; &#187; Dans la rue o&#249; deux l&#233;gions de policiers &#8211;&#8200;52 d'apr&#232;s la pr&#233;fecture ce qui correspond presque aux 47&#8200;logements pr&#233;vus &#8211;&#8200;repoussent la dizaine d'occupants. Une dame d'une cinquantaine d'ann&#233;es s'oppose aux CRS. Dix minutes plus tard, contournant la police, cette dure-&#224;-cuire parvient de nouveau &#224; rentrer dans le parc. &#171; &lt;i&gt;Promoteur tricheur !&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che-t-elle en direction du groupe Unicil qui va g&#233;rer cet immeuble construit sur un parc public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un linograveur &#224; la retraite est sur le trottoir. Georges &#233;tait venu aux AG du parc : &#171; &lt;i&gt;Il faut que les gens se prennent en main. Les flics sont &#233;chaud&#233;s avec Sivens&lt;/i&gt; &#187;, croit-il savoir pendant que la pelleteuse se remet en route. Un autre retrait&#233; me fait part de rumeurs bien approximatives : &#171; &lt;i&gt;On dit qu'ils viennent de Vend&#233;e, vous savez le barrage.&lt;/i&gt; &#187; Le spectre de R&#233;mi Fraisse r&#244;de encore. Un zadiste harangue du haut d'un immeuble le conducteur des travaux en train d'abattre les arbres : &#171; &lt;i&gt;Rappelle-toi de moi, on te rendra la pareille !&lt;/i&gt; &#187; Des habitants &#226;g&#233;s racontent le quartier : &#171; &lt;i&gt;Ils avaient dit &#231;a aussi, qu'ils laisseraient les arbres&lt;/i&gt; &#187;, en me montrant un immeuble qui d&#233;passe les plus anciens. Et cette dame qui demande aux membres de l'impressionnant dispositif policier : &#171; &lt;i&gt;Vous cherchez un terroriste ?&lt;/i&gt; &#187; Quand les arbres tombent, les cond&#233;s, eux, se multiplient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;J'ai pris les pinces coupantes et on est rentr&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, me racontait, le dimanche pr&#233;c&#233;dent, Michel Vingt-trois, un militant &#224; casquette. L'occupation du parc Michel-L&#233;vy a commenc&#233; le jeudi 24&#8200;janvier 2014. Depuis, une nouvelle ZAD &#233;tait n&#233;e &#224; Marseille dans le 6e arrondissement, rue Pierre-Laurent. Une pelleteuse &#233;tait orn&#233;e d'un &#171; &lt;i&gt;Stop d&#233;forestation&lt;/i&gt; &#187; comme en Amazonie. Derri&#232;re elle, des arbres immenses abattus et des branches. Depuis l'espace am&#233;nag&#233; pour un brasero, la vue sur Notre-Dame-de-la-Garde est merveilleuse tandis que sur le c&#244;t&#233; un gigantesque immeuble s'est d&#233;j&#224; impos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De bon matin, je croise Keny Arkana sur son scooter. De retour du Chiapas, elle est pass&#233;e en coup de vent apporter des r&#226;teaux. Ils &#233;taient une trentaine, d&#232;s 6 h, &#224; venir au cas o&#249; une expulsion aurait eu lieu. Ce lundi, ils sont encore quelques-uns &#224; avoir dormi sous des tentes. Il y a un autre Michel, membre de Greenpeace, qui a dormi sur une plateforme en haut d'un arbre. Avec le vent il a eu du m&#233;rite. Et de la chance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis deux bonnes ann&#233;es un projet d'immeuble avec parking avait &#233;t&#233; approuv&#233; par la mairie en lieu et place d'un tout petit jardin avec jeux d'enfants. Un collectif nomm&#233; &#171; Sauvons le parc Michel-L&#233;vy &#187; avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233; mais sans grand r&#233;sultat. Le 23 janvier, une &#233;quipe de b&#251;cherons escaladeurs a commenc&#233; &#224; abattre les 18&#8200;platanes centenaires du parc. &#171; &lt;i&gt;Le jeudi on s'est retrouv&#233;s et spontan&#233;ment on a occup&#233;&lt;/i&gt; &#187;, me raconte une habitante &#8211;&#8200;je la retrouverai en pleurs et incapable de parler le vendredi. &#171; &lt;i&gt;Enfant, je venais au parc, et mes propres enfants y ont appris le v&#233;lo et &#224; marcher. C'est un lieu essentiel pour nous.&lt;/i&gt; &#187; La question r&#233;currente chez les riverains mobilis&#233;s est celle de la d&#233;mocratie locale. Comment se fait-il que le Comit&#233; d'int&#233;r&#234;t de quartier (CIQ) ait pu donner son aval &#224; cette destruction ? La r&#233;ponse fuse &#224; propos de la pr&#233;sidente du CIQ : &#171; &lt;i&gt;Mme&#8200;Vedel organise des r&#233;unions o&#249; elle indique l'heure mais pas le lieu.&lt;/i&gt; &#187; A travers cette question, c'est toute la repr&#233;sentation verrouill&#233;e du pouvoir &#224; Marseille qui est de nouveau en jeu. &#171; &lt;i&gt;Gaudin, il n'a pas d'enfants, alors les parcs, il s'en cague&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Une jeune habitante est venue &#224; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale pour affirmer le besoin d'espace public : &#171; &lt;i&gt;On a besoin de lieux communs que se r&#233;approprient les gens.&lt;/i&gt; &#187; Tandis qu'une autre pointe les impasses de la politique municipale toute enti&#232;re orient&#233;e vers les investisseurs priv&#233;s et l'attractivit&#233; touristique &#224; court terme : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a d&#233;j&#224; plus de places dans les &#233;coles du quartier, alors o&#249; les nouveaux habitants de cet immeuble vont mettre leurs enfants ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dimanche, je trouve &#201;tienne qui inspecte la tente de Michel l'Indien : &#171; &lt;i&gt;Tu vois l&#224; c'est le sac de couchage ; l&#224; le r&#233;chaud, et la lampe frontale.&lt;/i&gt; &#187; &#201;tienne bosse &#224; la Sodexho et va faire sa nuit d'occupation avant d'aller travailler &#224; 7 h. &#171; &lt;i&gt;Je suis v&#233;g&#233;talien et j'habite le quartier&lt;/i&gt; &#187;, me dit-il de bute en blanc. Lui et sa famille &#233;taient aussi des usagers du parc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux passantes, la cinquantaine, un yorkshire au bras, p&#233;n&#232;trent dans le d&#233;sastre des travaux. &#171; &lt;i&gt;C'est courageux qu'il y aient des gens comme vous&lt;/i&gt; &#187;, adressent-elles &#224; ceux qui se nomment tous Michel afin de fatiguer les journalistes. Depuis le &#171; &lt;i&gt;Nous sommes tous Marcos&lt;/i&gt; &#187; et la naissance du pr&#233;nom collectif &#171; Camille &#187; &#224; Notre-Dame-des-Landes et des &#171; R&#233;mi &#187; dans le Tarn, les pr&#233;noms symboliques et indiff&#233;renci&#233;s emp&#234;chent toute vedettisation. Elles ouvrent au collectif. Ici, en tout cas, on n'est pas des Jean-Claude. La dame avec son bonnet noir et son chien est remerci&#233;e &#224; son tour. Elle explique : &#171; &lt;i&gt;C'est la mentalit&#233; des bourges, de d&#233;truire des parcs ! J'ai habit&#233; rue de Pologne, &#231;a a &#233;t&#233; pareil !&lt;/i&gt; &#187; Elle &#233;voque la destruction par grignotage du quartier du Rouet, une autre rouerie de Jean-Claude Gaudin dont &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; s'&#233;tait fait l'&#233;cho.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Vingt-trois n'est pas sans arri&#232;re-pens&#233;e : &#171; &lt;i&gt;S'il y a des boules, on fera une buvette ! Et du vin chaud&lt;/i&gt;. &#187; Car la temp&#233;rature aurait pu refroidir les ardeurs, mais non, on s'y presse sur cette ZAD, cette oasis en plein c&#339;ur de Marseille. Une conscience s'&#233;tait &#233;veill&#233;e. Michel l'Indien &#233;tait all&#233; au Testet le jour ou l'on a tu&#233; R&#233;mi Fraisse. Il prend les choses avec pr&#233;caution, comme les zapatistes, &#224; pas lents, mais s&#251;rs. Lors de l'AG tout le monde prend la parole simplement pour proposer quelque chose. Arrive l'&#233;lu &#233;cologiste du secteur qui remercie tout le monde et d&#233;tonne. Par son discours d&#233;cal&#233;. Tel un tribun syndicaliste, il semble perdu devant des micros imaginaires. N'est pas Michel qui veut. Lui est Herv&#233; Menchon et entend bien le rester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cimeti&#232;re des animaux.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une zadiste qui a occup&#233; d&#232;s la premi&#232;re nuit raconte : &#171; &lt;i&gt;J'emmenais mes enfants ici. Tu sais qu'&#224; chaque pied d'arbre il y a des cadavres de chat, de lapin, de hamster&#8230; Une fois, en enterrant mon lapin, j'ai d&#233;couvert un autre cadavre.&lt;/i&gt; &#187; Dans cette poche, &#224; l'angle de deux rues, il y avait toute l'&#226;me du quartier et ses chers disparus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jeune &#233;tudiant en philosophie a r&#233;pondu pr&#233;sent. Il a dormi cette nuit sur le terrain. Il lui manquait une couette. Il s'appelle Michel aussi &#233;videmment. Michel Lejeune : &#171; &lt;i&gt;C'est pour mettre en pratique la d&#233;mocratie. Je me r&#233;jouis de voir ce genre d'initiative.&lt;/i&gt; &#187; Adepte de la r&#233;volution permanente, Michel a particip&#233; aux Indign&#233;s, le campement permanent. &#171; &lt;i&gt;Rien qu'un jardin partag&#233;, c'est une forme de r&#233;sistance.&lt;/i&gt; &#187; Les rencontres sont primordiales, m&#234;me si &#231;a peut &#234;tre lourd. &#171; &lt;i&gt;On a caus&#233; avec un SDF jusqu'&#224; deux heures du matin. J'ai ramen&#233; une femme chez elle. Tu &#233;coutes les gens. C'est pas &#233;vident, mais ici je suis en &#233;tat de d&#233;tachement.&lt;/i&gt; &#187; Michel Lejeune participait aux manifs auparavant mais ne croit plus gu&#232;re &#224; cette forme de protestation : manifs ou gr&#232;ves. &#171; &lt;i&gt;L&#224;, il y a tout &#224; faire&lt;/i&gt; &#187;, remarque-t-il devant ce champ de ruines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une semaine, un b&#226;timent a &#233;t&#233; nettoy&#233; et le terrain est agr&#233;able &#224; explorer. Des balan&#231;oires en pneumatiques ont permis aux enfants de jouer mercredi, tandis que des tipis tiennent malgr&#233; le vent. Les grands platanes ne se rel&#232;veront pas malgr&#233; les dessins des enfants. Les cinq qui avaient surv&#233;cu gr&#226;ce &#224; la ZAD ont &#233;t&#233; abattus &#224; 12 h, le 30&#8200;janvier. La veille, une chorale de chants r&#233;volutionnaires a pouss&#233; quelques chansons. Elle ne savait pas que c'&#233;tait un adieu. Dans le noir, un cercle s'&#233;coute. C'est l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale qui se demande comment r&#233;sister aux assauts des forces de l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au caf&#233; du platane, alors qu'un peu plus bas le carnage s'ach&#232;ve, une ex-salari&#233;e d'Unicil&#8200;&#8211;&#8200;qui fait dans le logement social&#8200;&#8211;&#8200;crache son venin sur son employeur : &#171; &lt;i&gt;Ils pratiquent des loyers exorbitants. Jamais ce ne sera du social, cet immeuble.&lt;/i&gt; &#187; Faut dire que le blaze du patron d'Unicil, c'est Podevin ! Comme une ruse du destin&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christophe &#171; Michel &#187; Goby&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Paris est tragique</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Dany&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Lasserpe</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Paris</dc:subject>
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		<dc:subject>Eiffel</dc:subject>

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&lt;p&gt;Un spectacle cloisonn&#233; aux tribunes du Parc des Princes. Un feu d'artifice en forme de tour Eiffel. Voil&#224; comment, le 17 mai dernier, le PSG a c&#233;l&#233;br&#233; son luxueux titre de champion de France. &#171; Une grande f&#234;te, selon la direction du club. Un show unique, que l'on ne voit pas ailleurs. &#187; En effet. Ailleurs, un titre n'est pas juste une f&#234;te caporalis&#233;e dans un stade aseptis&#233;, c'est d'abord une foule debout dans la rue, plut&#244;t bruyante et indompt&#233;e. &#192; Paris, sous l'&#232;re Qatar, on &#171; r&#234;ve (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un spectacle cloisonn&#233; aux tribunes du Parc des Princes. Un feu d'artifice en forme de tour Eiffel. Voil&#224; comment, le 17 mai dernier, le PSG a c&#233;l&#233;br&#233; son luxueux titre de champion de France. &#171; &lt;i&gt;Une grande f&#234;te, selon la direction du club. Un show unique, que l'on ne voit pas ailleurs.&lt;/i&gt; &#187; En effet. Ailleurs, un titre n'est pas juste une f&#234;te caporalis&#233;e dans un stade aseptis&#233;, c'est d'abord une foule debout dans la rue, plut&#244;t bruyante et indompt&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Paris, sous l'&#232;re Qatar, on &#171; &lt;i&gt;r&#234;ve plus grand&lt;/i&gt; &#187;, mais dans les clous. Ainsi, d&#233;but mai, au soir d'une d&#233;faite contre Rennes qui assurait officiellement le sacre du PSG, des centaines de CRS attendaient les supporters en haut des Champs-&#201;lys&#233;es. Ils charg&#232;rent direct, au pas de course, le moindre groupe de potes qui chantaient sur les immenses trottoirs. Une quinzaine d'arrestations au final pour quelques affrontements en fin de soir&#233;e. On n'avait rarement vu un tel contr&#244;le pour un moment si banal, une telle application &#224; museler une joie &#224; peine turbulente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PSG est d&#233;sormais interdit de voie publique. Il y a un an, pour le premier titre apr&#232;s dix-neuf ans d'attente, les Champs-&#201;lys&#233;es v&#233;curent, il faut dire, une soir&#233;e bien diff&#233;rente. Des milliers de supporters envahirent naturellement l'avenue. Une euphorie massive, spontan&#233;e, un air d'&#233;vasion au centre de la ville-mus&#233;e. Une foule tr&#232;s jeune, pr&#233;f&#233;rant se ruer sur Louis Vuitton&#174; plut&#244;t que d'attaquer le Fouquet's, quelques m&#232;tres plus loin. Un public plut&#244;t banlieusard qui ne criait pas tant une sorte de fiert&#233; (&#171; &lt;i&gt;Ici, c'est Paris &lt;/i&gt; &#187;), mais kiffait plut&#244;t l'occupation sauvage du c&#339;ur symbolique de la capitale (&#171; &lt;i&gt;Paris est &#224; nous&lt;/i&gt; &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux jours plus tard, la direction du PSG voulut reprendre la main avec une grande mise en sc&#232;ne au Trocad&#233;ro. Principal objectif : fabriquer une photo des joueurs brandissant le troph&#233;e dans l'axe de la tour Eiffel ; un genre de 14 juillet market&#233; par Nike&#174; et Qatar Sport Investments. Sans doute le club s'attendait-il &#224; une communion polic&#233;e et familiale, une ambiance comme celle du Parc des Princes apr&#232;s le grand m&#233;nage effectu&#233; avec le &#171; plan Leproux &#187; qui, en 2010, a chass&#233; l'essentiel de ses Ultras &#8211; les interdictions administratives de stade, jusque-l&#224; mesures d'exception sans fondement l&#233;gal, devinrent syst&#233;matiques &#224; compter de cette date&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis 2006, pr&#232;s de 4 000 supporters ont &#233;t&#233; interdits de stade, avec un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. En cassant son histoire et la tribune Auteuil, d&#233;sert&#233;e notamment par de nombreux antifas, le PSG, avec ses tarifs prohibitifs et son stade d&#233;sormais sans fi&#232;vre a rompu le lien avec ses soutiens les plus chauds. Des anciens supporters manifestent r&#233;guli&#232;rement en scandant &#171; &lt;i&gt; Le Parc est mort&lt;/i&gt; &#187; derri&#232;re des banderoles comme &#171; &lt;i&gt;Paris, capitale de la censure&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Trocad&#233;ro, il y a un an, le &#171; r&#234;ve &#187; de grand-messe fut rapidement recouvert d'un nuage lacrymog&#232;ne. Les t&#233;l&#233;s regard&#232;rent en direct &#171; &lt;i&gt;la f&#234;te tournant &#224; l'&#233;meute&lt;/i&gt; &#187;, avant de d&#233;plorer le &#171; &lt;i&gt;chaos&lt;/i&gt; &#187; et un &#171; &lt;i&gt;paysage de d&#233;solation&lt;/i&gt; &#187;. Il n'y avait pas tant d'Ultras dans les rangs du d&#233;sordre, parmi la manif' sauvage qui traversa, comme une revanche sur la rel&#233;gation d'une partie de la population, le quartier le plus riche de Paris. Ce n'est pas contre le PSG que des pierres et des bouteilles de verre furent lanc&#233;es ce jour-l&#224;. Si des voitures br&#251;l&#232;rent, si des vitrines tomb&#232;rent, c'est que personne ne simula le soi-disant moment de communion sportive, ce fantasme du monde spectaculaire marchand qui ne fonctionne d&#233;sormais plus aussi bien. Ni &#224; Rio ni &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1136 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH358/foot-supporters-16-75d82.jpg?1782663746' width='400' height='358' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lasserpe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Depuis 2006, pr&#232;s de 4 000 supporters ont &#233;t&#233; interdits de stade, avec un pic en 2010 de 1 098 tricards.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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