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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Le Chiapas s'est mis en commune</title>
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		<dc:date>2014-01-14T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Georges Lapierre</dc:creator>


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&lt;p&gt;Premi&#232;re partie du Dossier &#034;Ya Basta, 1994-2014&#034; publi&#233; dans CQFD n&#176;118, en kiosque &#224; partir du 15 janvier. La vie communale est le point de d&#233;part, le centre nerveux du mouvement zapatiste. Elle est le socle sur lequel peut s'&#233;riger un monde diff&#233;rent. Restaurer la vie communale revient &#224; restaurer la relation entre les membres d'une communaut&#233;. Depuis 1994, les zapatistes ont cherch&#233; &#224; se faire conna&#238;tre au niveau national et international. Ils ont attir&#233; l'attention, l'int&#233;r&#234;t et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-autonomie-politique" rel="tag"&gt;l'autonomie politique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Premi&#232;re partie du Dossier &#034;Ya Basta, 1994-2014&#034; publi&#233; dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;118, en kiosque &#224; partir du 15 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie communale est le point de d&#233;part, le centre nerveux du mouvement zapatiste. Elle est le socle sur lequel peut s'&#233;riger un monde diff&#233;rent. Restaurer la vie communale revient &#224; restaurer la relation entre les membres d'une communaut&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis 1994, les zapatistes ont cherch&#233; &#224; se faire conna&#238;tre au niveau national et international. Ils ont attir&#233; l'attention, l'int&#233;r&#234;t et parfois m&#234;me la reconnaissance. Cette relation &#224; l'autre reposait surtout sur des id&#233;es, des souhaits, des projets de r&#233;volution, de lib&#233;ration nationale, d'autonomie, d'&#233;mancipation, que nous pouvions, certes partager, mais qui, pour nous, restaient tout de m&#234;me sur un plan th&#233;orique et g&#233;n&#233;ral, leur ancrage dans la r&#233;alit&#233; restant vague. La &#171; petite &#233;cole &#187; rem&#233;die &#224; cette absence ou ce d&#233;s&#233;quilibre. Les sympathisants ont &#233;t&#233; invit&#233;s &#224; partager l'exp&#233;rience des populations zapatistes : la patiente construction d'une vie sociale autonome ou comment les peuples zapatistes ont r&#233;ussi &#224; articuler entre eux diff&#233;rents niveaux de gouvernement afin que l'activit&#233; politique ne soit pas s&#233;par&#233;e de la vie des gens.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_888 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;51&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH268/dossier-patxi-cabane-4a642.jpg?1768656188' width='400' height='268' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Patxi Beltzaiz. Chiapas. 2008.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Chiapas. 2008.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La commune vise &#224; ce que le pouvoir ne se pr&#233;sente pas comme une activit&#233; s&#233;par&#233;e, confisqu&#233;e par quelques-uns. Ce mouvement de lib&#233;ration ne peut venir que de la collectivit&#233;, c'est elle qui est amen&#233;e &#224; r&#233;tablir la relation des gens avec la pens&#233;e, avec cette pens&#233;e originelle, venue de si loin et transmise de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration. Ce mouvement d'&#233;mancipation communale trouve sa source dans la culture, les valeurs, les usages, la m&#233;moire et la cosmovision des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant plus de sept ans, l'EZLN a men&#233; campagne pour faire reconna&#238;tre les droits et la culture des peuples indiens. Une campagne pacifique faite de dialogues, de rencontres, de manifestations diverses, en vain. En f&#233;vrier 2001, sensibles &#224; l'ouverture que semble repr&#233;senter l'&#233;lection de Vicente Fox &#224; la pr&#233;sidence de la r&#233;publique, les zapatistes &#8211; repr&#233;sent&#233;s par 23 commandants plus le sous-commandant Marcos &#8211; entreprennent une longue marche&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. La Fragile Armada, la marche des zapatistes, textes choisis et pr&#233;sent&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; sur Mexico pour promouvoir les accords de San Andr&#233;s. Tout au long de son p&#233;riple, la Marche de la couleur de la terre re&#231;oit un accueil enthousiaste. Forts de ce soutien populaire et d'avoir pu faire entendre leurs dol&#233;ances lors d'une session du Congr&#232;s de l'Union, les zapatistes retournent au Chiapas au cours du mois de mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 avril, le gouvernement approuve &#224; l'unanimit&#233;, tous partis confondus, une r&#233;forme constitutionnelle sur la question indienne. Cette r&#233;forme constitutionnelle va &#224; contre-courant des accords de San Andr&#233;s, dont elle ignore d&#233;lib&#233;r&#233;ment les points capitaux. Cette r&#233;forme est la parfaite expression de la peur et du m&#233;pris de la classe politique confront&#233;e &#224; l'exigence des peuples. C'est une loi indig&#233;niste, o&#249; tous les &#233;l&#233;ments qui auraient favoris&#233; l'autonomie et la libre d&#233;termination ont &#233;t&#233; effac&#233;s. Les peuples sont consid&#233;r&#233;s comme entit&#233;s d'int&#233;r&#234;t public, ils ne sont toujours pas reconnus comme sujets de droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin du dialogue avec l'&#201;tat. Les peuples zapatistes commencent sans plus attendre &#224; &#233;difier pratiquement leur autonomie. Elle se d&#233;finit par le lien qui unit &#233;troitement l'activit&#233; politique et une activit&#233; sociale reposant sur des valeurs, comme le sens de la r&#233;ciprocit&#233;, de la dignit&#233; et de l'&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque commune zapatiste a red&#233;fini ses limites territoriales en fonction de crit&#232;res qui lui sont propres et qui touchent &#224; la langue parl&#233;e, &#224; l'histoire, &#224; la g&#233;ographie, aux &#233;changes, aux usages, &#224; la tradition, au mode de vie. C'est en prenant en compte cet ensemble de crit&#232;res permettant aux habitants de se reconna&#238;tre et de former somme toute un assortiment assez homog&#232;ne de communaut&#233;s, de villages et de hameaux, que furent cr&#233;&#233;es les municipalit&#233;s zapatistes &#8211; non par une d&#233;cision venue d'en haut mais par d&#233;cision des assembl&#233;es communautaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces assembl&#233;es d&#233;signent leurs repr&#233;sentants au conseil municipal o&#249; ils occuperont pendant deux ou trois ans, &#224; titre b&#233;n&#233;vole, des charges dans diff&#233;rentes commissions (justice, sant&#233;, &#233;ducation, production&#8230;). Les zapatistes ont rendu possible cette recomposition des municipalit&#233;s, alors que le d&#233;coupage officiel ob&#233;it &#224; d'autres consid&#233;rations, dont la principale a trait au contr&#244;le des populations &#8211; dans ce cas, la municipalit&#233; n'est plus que la courroie de transmission, le relais, assur&#233; par les partis politique, entre l'&#201;tat et les communaut&#233;s indig&#232;nes, qui n'ont plus qu'&#224; se plier &#224; une autorit&#233; et &#224; des d&#233;cisions venues d' &#171; en haut &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au processus g&#233;n&#233;ralis&#233; d'&#233;rosion de la vie sociale, les zapatistes ont renforc&#233; les institutions traditionnelles, telles que l'assembl&#233;e et le syst&#232;me des &#171; charges &#187;, ainsi que le travail en commun (&lt;i&gt;tequio&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;faena&lt;/i&gt;). Ils ont d'autre part innov&#233; en prenant en compte d'autres domaines, qui &#233;taient jusqu'&#224; pr&#233;sent du ressort de l'&#201;tat, ou encore laiss&#233;s &#224; l'initiative individuelle, comme l'&#233;ducation, la sant&#233;, la justice, la production et la commercialisation de certains produits destin&#233;s &#224; l'exportation, dont le caf&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la cr&#233;ation des municipalit&#233;s autonomes (MAREZ&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Municipio Autonomo Rebelde Zapatista.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;), nous avons affaire &#224; l'expression d'un pouvoir ; ce pouvoir communal n'est pas abstrait, il n'entre pas en contradiction avec les habitus de la population. Le pouvoir est l'&#233;manation d'une volont&#233; commune, consensuelle ; loin de contrarier la coh&#233;sion sociale, il la renforce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autonomie ne concerne pas seulement le domaine politique, celui de l'autogouvernement (c'est la partie la plus visible), elle touche aussi tout cet immense pan de la vie sociale, ignor&#233; par les professionnels de la politique et dont on parle moins. L'autonomie concerne aussi les f&#234;tes, les rituels, les obligations r&#233;ciproques, les &#233;changes de service, tous les usages qui ont forg&#233; le &#171; vivre ensemble &#187; et, si possible, le &#171; bien vivre ensemble &#187;. On a tendance &#224; ne voir que l'autonomie politique en ignorant le socle culturel (dans le sens large du terme) sur lequel elle repose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement &#224; travers un mouvement de reconstruction culturelle et des valeurs sur lesquelles repose la vie communale que peut &#233;merger une autonomie politique &#233;largie. Au Chiapas, cette reconstruction fut encourag&#233;e et soutenue par Samuel Ruiz, &#233;v&#234;que de San Cristobal, par son &#233;quipe et par des cat&#233;chistes indiens form&#233;s dans ce sens&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. la pr&#233;face d'Andr&#233; Aubry &#224; la traduction fran&#231;aise du livre de Guiomar (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. L'autonomie politique est venue apr&#232;s, &#224; la suite de ce premier mouvement de reconstruction sociale et de sauvegarde des valeurs communautaires. Le pouvoir communal appara&#238;t alors comme l'&#233;manation de la vie commune, l'expression de l'int&#233;r&#234;t commun. L'autonomie politique mise en avant par les zapatistes n'est qu'une &#233;tape dans un processus beaucoup plus profond de recomposition des peuples indiens en tant que peuples, en fin de compte de la recomposition d'une vie sociale sans &#201;tat, sans pouvoir s&#233;par&#233;. Nous en sommes sans doute encore loin, mais nous avons l&#224; un premier pas, le pas qui enclenche et engage tout le processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;gende : Patxi Beltzaiz. Chiapas. 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;La Fragile Armada, la marche des zapatistes&lt;/i&gt;, textes choisis et pr&#233;sent&#233;s par Jacques Blanc, Yvon Le Bot, Joani Hocquenghem et Ren&#233; Solis, &#201;ditions M&#233;taili&#233;, Paris, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Municipio Autonomo Rebelde Zapatista.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cf. la pr&#233;face d'Andr&#233; Aubry &#224; la traduction fran&#231;aise du livre de Guiomar Rovira &lt;i&gt;&#161;Zapata vive !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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