<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=11748&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1768648935</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Les dames en rose voient rouge</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-dames-en-rose-voient-rouge</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Les-dames-en-rose-voient-rouge</guid>
		<dc:date>2014-01-24T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Suzy Ouan</dc:creator>


		<dc:subject>Soulci&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>enfants</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;coles</dc:subject>
		<dc:subject>mairie</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;coles maternelles</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;coles marseillaises</dc:subject>
		<dc:subject>municipalit&#233; Gaudin</dc:subject>
		<dc:subject>municipalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Atsem</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tout de rose v&#234;tues, les &#171; Tatas &#187; des &#233;coles maternelles marseillaises s'occupent des minots et du m&#233;nage. Mais, au grand dam de toute la communaut&#233; scolaire, c'est dans une logique de tambouille locale forte de client&#233;lisme que la mairie de Jean-Claude Gaudin g&#232;re le maintien de leurs sous-effectifs. DZ, &#171; comme cela se prononce &#187;. DZ, c'est le nom du collectif &#171; pour les &#233;coles marseillaises &#187;, comme un poil &#224; gratter dans le dos du maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin. Ils sont une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no117-decembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;117 (d&#233;cembre 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Soulcie-34" rel="tag"&gt;Soulci&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enfants" rel="tag"&gt;enfants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ecoles" rel="tag"&gt;&#233;coles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mairie" rel="tag"&gt;mairie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ecoles-maternelles" rel="tag"&gt;&#233;coles maternelles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ecoles-marseillaises" rel="tag"&gt;&#233;coles marseillaises&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/municipalite-Gaudin" rel="tag"&gt;municipalit&#233; Gaudin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/municipalite" rel="tag"&gt;municipalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Atsem" rel="tag"&gt;Atsem&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tout de rose v&#234;tues, les &#171; Tatas &#187; des &#233;coles maternelles marseillaises s'occupent des minots et du m&#233;nage. Mais, au grand dam de toute la communaut&#233; scolaire, c'est dans une logique de tambouille locale forte de client&#233;lisme que la mairie de Jean-Claude Gaudin g&#232;re le maintien de leurs sous-effectifs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;DZ, &#171; comme cela se prononce &#187;. DZ, c'est le nom du &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Collectif.dz&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;collectif&lt;/a&gt; &#171; pour les &#233;coles marseillaises &#187;, comme un poil &#224; gratter dans le dos du maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin. Ils sont une petite centaine &#8211; parents d'&#233;l&#232;ves, professeurs des &#233;coles et agents municipaux &#8211; &#224; &#234;tre tr&#232;s remont&#233;s, persuad&#233;s d'&#234;tre balad&#233;s par une mairie qui n'y met m&#234;me plus les formes : &#171; &lt;i&gt;Depuis octobre 2012, nous travaillons pour interpeller les instances r&#233;publicaines en responsabilit&#233;. Ces instances restent pour l'heure indiff&#233;rentes aux t&#233;moignages port&#233;s sur les difficult&#233;s des &#233;coles marseillaises&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cisent-ils dans leur prospectus de pr&#233;sentation. En mars 2013, pour se faire entendre et dialoguer avec l'&#233;lue &#171; comp&#233;tente &#187; en la mati&#232;re, Dani&#232;le Casanova, 23e (sic) adjointe de la municipalit&#233; Gaudin, une d&#233;l&#233;gation de contestataires &#233;tait finalement rentr&#233;e de force dans les locaux de la rue Fauchier et avait cri&#233; pendant cinq minutes devant la porte close de l'&#233;dile. L'&#233;lue leur avait alors cr&#226;nement r&#233;pondu que la situation des &#233;coles maternelles publiques &#233;tait un &#171; &lt;i&gt;choix politique&lt;/i&gt; &#187;, que &#171; &lt;i&gt;les priorit&#233;s de la municipalit&#233;&lt;/i&gt; &#187; &#233;taient &#171; &lt;i&gt;ailleurs&lt;/i&gt; &#187;. Aujourd'hui, le collectif est re&#231;u par les politiques de gauche, tendance verte, rose ou rouge, candidats dans les starting-blocks qui ont compris que le dossier sentait le soufre, d'autant plus sensible qu'il est &#224; la charge de la municipalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_899 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH442/p07-cqfd_atsem-70334.jpg?1768654764' width='400' height='442' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Soulci&#233;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;D&#233;merdez-vous, les filles !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt; Car ce qui f&#226;che et inqui&#232;te, ce sont les conditions d'encadrement des enfants dans les &#233;coles maternelles publiques de la ville de Marseille. Le nombre d'Agents territoriaux sp&#233;cialis&#233;s des &#233;coles maternelles (Atsem, ou &#171; Tatas &#187;), y est particuli&#232;rement faible. En 2013, la mairie parle d'un agent pour vingt enfants, mais ne prend en compte ni &#171; l'absent&#233;isme &#187; ni les temps partiels. Les diff&#233;rents syndicats avancent le chiffre d'un pour vingt-cinq, au mieux, alors que la moyenne nationale est d'un pour seize. La situation frise l'ill&#233;galit&#233; puisque l'obligation r&#233;glementaire est d'un agent par classe. Mais le code des communes reste flou sur la question des horaires : il y a donc &#224; Marseille un stock de &#171; volantes &#187;, des Atsem qui passent dans la m&#234;me journ&#233;e d'un &#233;tablissement &#224; l'autre pour donner l'apparence de respecter la loi. Pour le reste, il faut sans doute rendre gr&#226;ce &#224; l'art de faire &#171; &#224; la marseillaise &#187;, la d&#233;merde pour &#233;viter les incidents&#8230; &#171; &lt;i&gt;Marseille, c'est le syst&#232;me d&#233;brouille, c'est le syst&#232;me&lt;/i&gt; &#8220;D&#233;merdez-vous les filles !&#8221; &lt;i&gt;Ce qui veut dire que l'on doit pallier tous les probl&#232;mes.&lt;/i&gt; &#187; Ainsi parle Malika, de la CGT&#8211; Territoriaux de la ville de Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, sp&#233;cificit&#233; phoc&#233;enne teint&#233;e de machisme, les &#171; Tatas &#187; ont double fonction : l'assistance au personnel enseignant pour la r&#233;ception, l'animation et l'hygi&#232;ne des tr&#232;s jeunes enfants et les t&#226;ches m&#233;nag&#232;res. Concr&#232;tement c'est la deuxi&#232;me mission qui prend le pas sur la premi&#232;re. &#171; &lt;i&gt;Dans nos classes, les Atsem sont pr&#233;sentes au mieux 1 h 30 par jour&lt;/i&gt; &#187;, pointe Jean Astier, le directeur de l'&#233;cole maternelle des Moulins, dans le quartier du Panier au centre-ville de Marseille : &lt;i&gt;&#171; Les instituteurs ne peuvent pas r&#233;ellement compter sur leur pr&#233;sence et, de leur c&#244;t&#233;, les Atsem se sentent ni&#233;es.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt; Dans nos missions, il y a &lt;/i&gt; &#8220;Comment on apprend &#224; manger aux enfants &#8221;&lt;i&gt;. On n'a souvent qu'une possibilit&#233;, on gave les gamins&lt;/i&gt; &#187;, raconte &#171; Tata Nanette &#187;. &#171; &lt;i&gt;Quand on a un enfant qui ne sait pas manger avec des couverts &#8211; ce qui est de plus en plus fr&#233;quent avec l'accueil des enfants de 2 ans depuis la derni&#232;re rentr&#233;e &#8211;, qu'est-ce qu'on fait ? On passe devant les gamins et&lt;/i&gt; &#8220;on enfourne&#8221; &lt;i&gt; ! Et allez ! On fait le tour de la table, et on passe &#224; la suivante&#8230; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Papier Q et fatalit&#233;.&lt;/strong&gt; Il est vrai que sur ce dossier, on peut dresser un floril&#232;ge comique &#8211; ah, l'humour marseillais, l'art de rigoler des petites fatalit&#233;s apparentes &#8211; et inqui&#233;tant des manquements : on a parl&#233; derni&#232;rement des asticots servis dans les cantines avec le riz de Camargue. Mais &#231;a va aussi de l'absence de cuill&#232;res &#8211; il y en a pas assez pour le sal&#233; et les desserts &#8211; &#224; l'incapacit&#233; de surveiller et la cour et les toilettes pendant la pause cantine &#8211; &#171; &lt;i&gt;On est un adulte pour cinquante enfants, et on n'a pas les yeux partout&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, &#224; l'absence r&#233;currente de papier toilette. &#199;a pr&#234;te &#224; rire, mais le r&#233;sultat se retrouve au fond de la culotte de nos petits &#233;coliers et plus symptomatiquement dans leur apprentissage de &#171; l'amour-propre &#187;, leur rapport au corps et &#224; la propret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Les parents ne savent pas ce qui se passe dans l'&#233;cole&lt;/i&gt;, affirme Malika. &lt;i&gt;Dans les quartiers Nord, la plupart des parents ne rentrent pas directement dans l'&#233;cole parce qu'il y a la peur de l'institution, du corps professoral. Et en face, on en profite&#8230;&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Les enfants ne sont plus en s&#233;curit&#233;, on le voit, on le sait qu'il y a des accidents mais la mairie ne communique pas les chiffres&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne &#224; son tour &#171; Tata Fran&#231;oise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la mairie &#8211; o&#249; personne n'a daign&#233; nous recevoir &#8211;, on botte en touche. En octobre 2012, dans le journal &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt;, Dani&#232;le Casanova, l'&#233;lue municipale UMP, avait d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;i&gt;Nous n'avons pas besoin de plus de monde, si c'est pour rester assis sur une table le reste de la journ&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Un tract de Force ouvri&#232;re, syndicat ultramajoritaire de la fonction publique territoriale marseillaise, &#233;voque pourtant &#171; &lt;i&gt;vingt embauches d'Atsem en janvier 2013 et quarante pour P&#226;ques&lt;/i&gt; &#187;. De quoi se plaint-on ? Sur cette belle avanc&#233;e, m&#234;me FO n'est pas dupe : &#171; &lt;i&gt;&#231;a fait 20 ans qu'on nous balade avec les chiffres&#8230; On va en d&#233;l&#233;gation, on nous sort des chiffres extraordinaires. La premi&#232;re fois, on repart contents. Apr&#232;s, on comprend que c'est pas tout &#224; fait &#231;a&lt;/i&gt; &#187;, avoue Patrick Ru&#233;, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de FO Marseille. Et il rajoute pour calmer le d&#233;bat : &#171; &lt;i&gt;Mais sur ce dossier, il y a une continuit&#233;. La situation n'a pas chang&#233;. Mairie de gauche ou mairie de droite, c'est pareil &lt;/i&gt; &#187;&#8230; Si c'est pareil, pourquoi s'inqui&#233;ter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, la stagnation de la situation se lit au prisme de l'h&#233;ritage historique l&#233;gu&#233; par le sacro-saint Gaston Defferre : comment FO pourrait raisonnablement critiquer un syst&#232;me qu'il a fa&#231;onn&#233; en partenariat avec la mairie ? Comme dans d'autres secteurs d&#233;pendant de la gestion municipale, ce syndicat fait la pluie et le beau temps, les embauches et les augmentations. R&#233;sultat, on nage en plein brouillard, comme si la r&#233;alit&#233; n'avait pas d'importance. On peut l&#233;gitimement s'interroger : pourquoi une municipalit&#233; d&#233;laisse de fa&#231;on aussi d&#233;bonnaire ce sujet pourtant sensible ? Une partie de la r&#233;ponse se trouve peut-&#234;tre dans les cons&#233;quences de cette politique, depuis que les gr&#232;ves au sein des &#233;coles publiques s'&#233;grainent inexorablement : c'est aupr&#232;s du secteur priv&#233; que nombre de parents pr&#233;f&#232;rent confier leur prog&#233;niture. Et l&#224;, la municipalit&#233; Gaudin r&#233;pond pr&#233;sent : la subvention annuelle conc&#233;d&#233;e par &#233;l&#232;ve aux &#233;coles priv&#233;es maternelles a tout simplement doubl&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;lib&#233;rations municipales du 19 juillet 1999 et du 16 novembre 2009.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. De quoi nourrir un peu mieux sa client&#232;le et affamer son chien, qui, de toute fa&#231;on, a la rage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D&#233;lib&#233;rations municipales du 19 juillet 1999 et du 16 novembre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le sport est un urbanisme de combat</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-sport-est-un-urbanisme-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Le-sport-est-un-urbanisme-de</guid>
		<dc:date>2012-06-13T04:52:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Najate Zouggari</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Yolo</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>site</dc:subject>
		<dc:subject>municipalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Jeux Olympiques</dc:subject>
		<dc:subject>Mill Lane</dc:subject>
		<dc:subject>Light Railway</dc:subject>
		<dc:subject>Pudding Mill</dc:subject>
		<dc:subject>Docklands Light</dc:subject>
		<dc:subject>Hackney</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;g&#233;n&#233;ration urbaine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tony Blair l'avait promis, les conservateurs l'ont fait. L'organisation des Jeux olympiques de Londres a acc&#233;l&#233;r&#233; le nettoyage des quartiers populaires de l'East End et l'&#233;closion, autour des stades et autres installations sportives, de zones urbaines vou&#233;es &#224; la consommation et aux classes sociales &#224; gros pouvoir d'achat. Dans les quartiers, beaucoup voient d'un mauvais &#339;il l'effacement de leur convivialit&#233; et de leur m&#233;moire historique. Reportage. &#192; la sortie de la station de m&#233;tro (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no99-avril-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;99 (avril 2012)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yolo" rel="tag"&gt;Yolo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/site" rel="tag"&gt;site&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/municipalite" rel="tag"&gt;municipalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jeux-Olympiques" rel="tag"&gt;Jeux Olympiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mill-Lane" rel="tag"&gt;Mill Lane&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Light-Railway" rel="tag"&gt;Light Railway&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pudding-Mill" rel="tag"&gt;Pudding Mill&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Docklands-Light" rel="tag"&gt;Docklands Light&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Hackney" rel="tag"&gt;Hackney&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/regeneration-urbaine" rel="tag"&gt;r&#233;g&#233;n&#233;ration urbaine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tony Blair l'avait promis, les conservateurs l'ont fait. L'organisation des Jeux olympiques de Londres a acc&#233;l&#233;r&#233; le nettoyage des quartiers populaires de l'East End et l'&#233;closion, autour des stades et autres installations sportives, de zones urbaines vou&#233;es &#224; la consommation et aux classes sociales &#224; gros pouvoir d'achat. Dans les quartiers, beaucoup voient d'un mauvais &#339;il l'effacement de leur convivialit&#233; et de leur m&#233;moire historique. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_398 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L361xH582/99-4-yoloGrue-6fe3b-1afaf.png?1768682759' width='361' height='582' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Yolo
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; la sortie de la station de m&#233;tro Pudding Mill Lane, sur la ligne Docklands Light Railway (DLR) qui dessert la p&#233;riph&#233;rie Est de Londres pr&#232;s des docks et de la Tamise, un paysage &#233;trange s'offre au regard : une friche immense, surplomb&#233;e de grues et baign&#233;e dans un &#233;clairage artificiel, est travers&#233;e sporadiquement par des groupes de touristes, une bande d'&#233;coliers et de tr&#232;s nombreux ouvriers en v&#234;tements de travail orange, jaune fluo et gris qui s'affairent comme des cosmonautes sur le chantier. Le site du village olympique concentre des activit&#233;s pour le moins h&#233;t&#233;rog&#232;nes : am&#233;nagement du territoire, tourisme, visites p&#233;dagogiques. Mais l'on s'y croise sans vraiment se rencontrer &#8211; sauf &#224; l'entr&#233;e du labyrinthe. L'acc&#232;s &#224; la cantine des ouvriers du chantier &#233;tant malheureusement barr&#233;, les passants &#8211; tous assimil&#233;s &#224; des touristes &#8211; disposent d'une zone r&#233;serv&#233;e o&#249; d&#233;guster tranquillement du crumble aux pommes bio, lire &lt;i&gt;The Guardian&lt;/i&gt; et acheter une casquette souvenir, juste &#224; c&#244;t&#233;, dans la boutique d&#233;di&#233;e aux breloques estampill&#233;es Olympics 2012. Ensuite, ils peuvent tout naturellement enfourcher un v&#233;lo de location pour parcourir le site en suivant le plan (vendu 2,95 livres sterling &#224; c&#244;t&#233; de la machine &#224; caf&#233;), si possible en famille, dans la mesure o&#249; les enfants ne sont pas oubli&#233;s dans cette mascarade. C'est presque aussi bien que Disneyland mais n&#233;anmoins plus chic, en d&#233;pit de la pr&#233;sence des travailleurs qui s'affairent derri&#232;re ou devant des grilles. Juste entre la boutique de souvenirs et la caf&#233;t&#233;ria gentrifi&#233;e, une exposition photographique apporte au site un suppl&#233;ment d'&#226;me culturel : un photographe en r&#233;sidence, Neville Gabie, &#233;tale ses clich&#233;s &#8211; dont certains font une d&#233;licate allusion aux baigneurs de Seurat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acc&#232;s au site se fait en traversant un long couloir o&#249; r&#233;sonne le bruit des marteaux piqueurs, des grues et des perceuses. Le premier contact humain surgit du bout du tunnel sous la forme d'un bonhomme d'une cinquantaine d'ann&#233;es, uniforme orange et accent gallois, aiguilleur de promeneurs qui aide &#224; s'orienter dans le labyrinthe : &lt;i&gt;&#171; Vous venez pour le Tour Bus ? &#187;&lt;/i&gt; Pourquoi pas. Il r&#233;pond d'un air vraiment contrit : &lt;i&gt;&#171; Il fallait r&#233;server trois mois &#224; l'avance. &#187;&lt;/i&gt; On peut toutefois aller sur le site et jeter un coup d'&#339;il au stade, aux pistes de courses en construction, &#224; une sculpture en m&#233;tal aussi haute que laide. Un petit message sympathique accueille les visiteurs : &lt;i&gt;&#171; Bienvenue &#224; View Tube. Ici vous pouvez voir le pass&#233;, le pr&#233;sent et le futur de l'Est londonien et comment la r&#233;g&#233;n&#233;ration et le d&#233;veloppement autour de la vall&#233;e de Lea va transformer cet espace. &#187;&lt;/i&gt; Le mot &lt;i&gt;&#171; r&#233;g&#233;n&#233;ration &#187;&lt;/i&gt; est l&#226;ch&#233; : c'est celui que les officiels emploieront syst&#233;matiquement quand les habitants &#233;vinc&#233;s diront plut&#244;t &lt;i&gt;&#171; gentrification &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le London 2012 organizing committee (Locog) peut se f&#233;liciter du succ&#232;s de sa communication, &#233;tant donn&#233; la fr&#233;quentation du site avant m&#234;me l'ouverture officielle. London 2012 n'est pas seulement un &#233;v&#233;nement sportif, c'est une marque dont il faut tirer tout le profit possible. Cet aspect commercial n'est toutefois pas pleinement assum&#233; : il faut encore jouer la carte de la diversit&#233;, de l'implication des handicap&#233;s et marteler que &lt;i&gt;&#171; les Jeux olympiques sont ouverts &#224; tous &#187;&lt;/i&gt;. En novlangue humanisto-manag&#233;riale, cela peut produire ce type de discours &#8211; lisible sur les tracts &#233;mis par la Locog et invariablement serin&#233; par les attach&#233;s de presse : &lt;i&gt;&#171; London 2012 est notre marque. Elle est universelle et compr&#233;hensible dans le monde entier. Notre embl&#232;me est simple, direct, authentique, bouillonnant d'&#233;nergie. Sa forme est inclusive mais n&#233;anmoins consistante et poss&#232;de une flexibilit&#233; incroyable pour encourager l'acc&#232;s et la participation. Cela peut toucher n'importe qui, des soci&#233;t&#233;s commerciales aux gamins qui font du sport. C'est l'esprit de la jeunesse. Plein de confiance, de certitude, d'opportunit&#233;s. Sans crainte de faire bouger les choses, en relevant le d&#233;fi d'&#234;tre accept&#233;. Changer les choses. &#187;&lt;/i&gt; Comprenne qui pourra l'enthousiasme surfait de ce jargon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain, concr&#232;tement, le site a &#233;t&#233; b&#226;ti dans le quartier de Stratford, entre Hackney Wick et Leyton &#8211; deux espaces d&#233;favoris&#233;s et touch&#233;s par une gentrification qui se pare des beaux habits de la &lt;i&gt;&#171; r&#233;g&#233;n&#233;ration urbaine &#187;&lt;/i&gt;. Une habitante de Hackney souligne que les parkings gratuits sont devenus payants quand les urbanistes se flattent d'avoir d&#233;senclav&#233; et assaini la zone. Dans ce contexte, les riverains sont contraints de s'&#233;loigner, soit indirectement, pour &lt;i&gt;&#171; motifs &#233;conomiques &#187;&lt;/i&gt;, soit directement, sous la pression du Council, la municipalit&#233; d'arrondissement. De jeunes cadres dynamiques blancs s'installent dans ces quartiers qui &#233;taient jusqu'ici largement peupl&#233;s par les descendants d'immigr&#233;s afro-carib&#233;ens. Il suffit de prendre le DLR et de descendre aux stations qui jouxtent le site olympique pour constater les cons&#233;quences sociales de la &lt;i&gt;&#171; r&#233;g&#233;n&#233;ration &#187;&lt;/i&gt; urbaine. R&#233;g&#233;n&#233;rer, plus simplement exprim&#233;, c'est faire le m&#233;nage et &#233;loigner les pauvres et les basan&#233;s des festivit&#233;s. Dans une rue de Bow Church, tous les appartements sont &#224; vendre ou &#224; louer. L'h&#244;pital public (NHS) de St Clemens, anciennement d&#233;di&#233; &#224; la sant&#233; mentale, est aujourd'hui un espace d&#233;saffect&#233;. On ignore s'il sera remplac&#233; par une boutique de souvenirs griff&#233;s Olympics 2012 ou un &#233;ni&#232;me centre commercial. &#192; Stepney Green s'amoncellent des tas de gravats derri&#232;re des barri&#232;res. Les Council houses &#8211; logements sociaux &#8211; sont d&#233;truits, mais le passage du K&#228;rcher n'&#233;pargne ni les zones class&#233;es, ni les lieux de m&#233;moire collective, plus informels et diffus. Sur la grille d'un &#233;difice en restructuration, un promoteur immobilier a jug&#233; bon de faire la le&#231;on aux riverains &#224; grand renfort d'images et de gros caract&#232;res : une affiche g&#233;ante oppose la junk city &#224; la good city, la ville poubelle &#224; la ville nouvelle, le pass&#233; populaire gris et sale &#224; l'avenir r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;, radieux, clair et propre. C'est faire peu de cas des quartiers populaires, de leurs (sales) communaut&#233;s, de leur (sale) histoire et de leurs (sales) luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour contrer ce discours officiel, la London coalition against poverty a mis en ligne un journal r&#233;alis&#233; et distribu&#233; localement par des habitants et des habitantes de Hackney en 2008. Il s'intitulait tout simplement Hackney is not Crap &#8211; Hackney n'est pas de la merde. Un article revient notamment sur l'&#233;change entre Michael Rosen &#8211; po&#232;te r&#233;sident &#224; Dalston &#8211; et le maire, Julian Pipe. Alors que ce dernier accusait Rosen d'&#234;tre un &lt;i&gt;&#171; gauchiste &#187;&lt;/i&gt; qui voulait &lt;i&gt;&#171; laisser Hackney dans la merde &#187;&lt;/i&gt;, le po&#232;te avait r&#233;pondu, dans un article du Socialist Worker : &lt;i&gt;&#171; Le truc, c'est que moi je n'ai jamais pens&#233; que Hackney &#233;tait de la merde. Je n'ai jamais pens&#233; du mal des gens qui vivaient &#224; Hackney. Cependant, je pense que la municipalit&#233; est une municipalit&#233; de merde. L'accusation retombe droit sur Pipe lui-m&#234;me. Peut-&#234;tre qu'il pense que Hackney est de la merde et que du coup, son travail consiste &#224; le ratisser au bulldozer, &#224; le replanifier et &#224; faire la chasse aux habitants. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette chasse aux habitants d'origine a &#233;t&#233; incarn&#233;e par le cas embl&#233;matique de Lowell Grant, plus connu dans son quartier sous le surnom de Spirit. Rasta arriv&#233; de Jama&#239;que en 1964, Spirit raconte : &lt;i&gt;&#171; &#192; partir de 1993, je n'ai plus eu le droit de vendre de la nourriture comme avant dans la rue, pour les communaut&#233;s noires. J'ai d&#251; trouver un lieu o&#249; me poser et poursuivre mes affaires. &#187;&lt;/i&gt; Il loue alors &#224; la municipalit&#233; un local dans lequel il investit de sa poche 52 000 livres. C'est ainsi qu'il ouvre l'&#233;picerie Nutritious Food Gallery qui met en vente des fruits, l&#233;gumes tropicaux et poissons frais &#224; prix d&#233;cents. Il signe alors un bail de dix ans avec la municipalit&#233;. Mais en 2001, celle-ci d&#233;cide de vendre. Lorsque Spirit l'apprend, il contacte l'agent immobilier en charge de l'affaire pour racheter le bien et d&#233;pose m&#234;me 10 % de la somme totale comme acompte. D&#233;sormais ma&#238;tre de la situation, il quitte les bureaux de la municipalit&#233; et se rend &#224; la salle des ench&#232;res pour assister &#224; la vente. &#192; sa grande surprise, sa maison est de nouveau propos&#233;e et achet&#233;e pour la somme de 85 000 livres ! On lui renvoie son ch&#232;que, sans explication. Une bataille judiciaire commence, et la municipalit&#233; gagne. Spirit perd son emploi et son domicile, en d&#233;pit du soutien des clients&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_397 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L371xH360/99yolo_Welcome-c1f1a-bcd0a.png?1768682759' width='371' height='360' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Yolo
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;et des voisins. Le nettoyage social commence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 2004, la municipalit&#233; avait formul&#233; des instructions claires, comme la n&#233;cessit&#233; de r&#233;duire le nombre de sans-abri. La strat&#233;gie a consist&#233; &#224; d&#233;courager les mal-log&#233;s de remplir les dossiers d'aide au logement : pas de dossiers,pas de sans-abri, tandis que la municipalit&#233; se flattait d'avoir r&#233;duit de moiti&#233; le nombre de sans-abri entre 2004 et 2007. &#192; la place des vieux Jama&#239;cains et des mal-log&#233;s, on attire de jeunes blancs-becs qui kiffent grave le c&#244;t&#233; &#171; authentique &#187; de la zone &#8211; les yuppies &#8211; et le fait de vivre en zone deux quand ils travaillent en zone un. Les prix des loyers augmentent, et une ligne de m&#233;tro est cr&#233;&#233;e pour faciliter la connexion de Dalston avec le centre d'affaires de Canary Wharf. Quand des activistes de la London coalition against poverty ont la bonne id&#233;e de contacter un agent immobilier, l'interlocutrice au t&#233;l&#233;phone les rassure : &lt;i&gt;&#171; On vit tr&#232;s bien &#224; Dalston, il n'y a pas les odeurs de fast-food. Vous trouverez m&#234;me un Mark and Spencer's si vous &#234;tes &#224; court de lait. &#187;&lt;/i&gt; Un jeune cadre sup&#233;rieur blanc fait ses courses chez Mark and Spencer's plut&#244;t que chez Tesco ou Lidl.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le site olympique m&#234;me, la chasse aux pauvres a &#233;t&#233; &#233;tendue aux travailleurs qui construisent les pistes, le stade et toutes les infrastructures. D&#232;s 2009, la UK Borders Agency &#8211; police des fronti&#232;res &#8211; a exerc&#233; des contr&#244;les syst&#233;matiques sur les ouvriers et arr&#234;t&#233; pr&#232;s de quatre-vingt-dix travailleurs sans papiers, avant d'en expulser vingt-trois. Si l'une des valeurs fondamentales du Comit&#233; olympique consiste &#224; pr&#233;server la &#171; dignit&#233; humaine &#187;, ce v&#339;u pieu ne concerne pas les pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des militants ont cr&#233;&#233; un espace de r&#233;flexion pour d&#233;noncer le mythe de la r&#233;g&#233;n&#233;ration urbaine et le discours hypocritement optimiste du d&#233;veloppement pour tous gr&#226;ce aux Jeux olympiques. Les initiateurs de &lt;a href=&#034;https://www.gamesmonitor.org.uk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Games Monitor&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;seau de militants londoniens qui r&#233;digent des textes critiques sur les J.O.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, &#224; l'instar de Mike Wells, mettent en ligne des billets pour dissiper les id&#233;es re&#231;ues et informer les riverains : le dernier en date est consacr&#233; &#224; un type de visiteurs qui n'ach&#232;tera pas les colifichets griff&#233;s London 2012 &#8211; il s'agit de militants du mouvement Occupy qui s'opposent &#224; la construction de terrains de baseball, permise par la municipalit&#233; contre la volont&#233; des riverains. L'espace de r&#233;flexion est aussi un espace de luttes dans lequel s'organisent manifestations et rencontres, abordant les cons&#233;quences sociales mais aussi &#233;cologiques de la &#171; r&#233;g&#233;n&#233;ration &#187; urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'universitaire espagnole Carolina del Olmo, de l'Universidad Complutense, a observ&#233; : &lt;i&gt;&#171; Les grandes villes d'aujourd'hui sont plong&#233;es dans une crise li&#233;e &#224; la perte des activit&#233;s industrielles traditionnelles, la croissance du secteur tertiaire et l'accroissement de la pauvret&#233; et du ch&#244;mage. Elles se livrent donc une guerre sans merci pour attirer les investisseurs du secteur priv&#233; ou les fonds du gouvernement. Elles ont une telle soif de financements qu'elles promeuvent une culture de la consommation, comme pour compenser la perte des emplois stables. Les politiques urbaines prennent alors l'initiative de &#8220;l'av&#232;nement d'une ville entrepreneuriale&#8221;, une ville qui encourage les affaires et qui prend des mesures pour provoquer la croissance &#233;conomique. Mesures qui, &#224; leur tour, intensifient la flexibilit&#233; et l'ins&#233;curit&#233;. [...] La ville devient alors, avec l'aide de l'architecture postmoderne, un spectacle destin&#233; &#224; attirer le tourisme et les d&#233;penses consum&#233;ristes. &#187;&lt;/i&gt; Kevin Blowe, r&#233;sident contestataire de Newham, note qu'&#224; Londres, les promesses de r&#233;g&#233;n&#233;ration se succ&#232;dent, mais en occasionnant toujours des co&#251;ts faramineux pour des travaux pas toujours achev&#233;s &#8211; le Millenium Dome, le Wembley Stadium, Picketts Lock &#224; Enfield, etc. C'est, selon lui, &lt;i&gt;&#171; une grosse arnaque que la mairie de Londres soit parvenue &#224; convaincre environ 60 % des Londoniens du fait que les Jeux auront un impact positif sur l'est de la ville. On aura d&#233;pens&#233; pr&#232;s de 9,3 milliards de livres sterling entre 2005 et 2012 ... et pour emp&#234;cher le d&#233;bat public, ils expliquent qu'il faut aider cette zone de la ville sinistr&#233;e par la pauvret&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 2005, Anthony Blair d&#233;clarait effectivement &#224; la presse : &lt;i&gt;&#171; Nous avons beaucoup de chance d'accueillir les Jeux olympiques, nous allons d&#233;velopper les sports dans notre pays et laisser un h&#233;ritage pour les g&#233;n&#233;rations futures. &#187; &lt;/i&gt; Il appara&#238;t toutefois, pour qui a le sens de l'histoire, que la r&#233;g&#233;n&#233;ration urbaine n'a jamais eu lieu gr&#226;ce &#224; l'organisation d'&#233;v&#233;nements sportifs plac&#233;s sous le signe d'une course effr&#233;n&#233;e aux profits. Il suffit de visiter les pr&#233;c&#233;dents sites d'accueil &#8211; Ath&#232;nes, Barcelone, Turin, Salt Lake City, etc. &#8211; pour constater les m&#234;mes cons&#233;quences : dettes publiques, infrastructures encombrantes et ing&#233;rables, d&#233;placements de population et perte irr&#233;m&#233;diable d'un pan entier de l'histoire urbaine : celle des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Quartier-industriel-cherche-jeux'&gt;&#171; Quartier industriel cherche Jeux olympiques pour r&#233;g&#233;n&#233;ration urbaine &#187;&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Grece-Les-JO-creusent-la-dette'&gt;&#171; Gr&#232;ce : Les JO creusent la dette &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;R&#233;seau de militants londoniens qui r&#233;digent des textes critiques sur les J.O.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
