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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Jeu de massacre au TGI de Lyon</title>
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		<dc:date>2014-01-27T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Les &#233;lections approchent et la pr&#233;fecture de Lyon a d&#233;cid&#233; de taper fort sur la mis&#232;re : apr&#232;s le nettoyage des bidonvilles ceinturant la ville, il faut maintenant &#171; faire des exemples &#187; durant les comparutions imm&#233;diates. Traquer sans rel&#226;che les menus larcins et les erreurs de parcours. Le jeune procureur des comparutions imm&#233;diates ainsi que les juges, s'en sont donn&#233; &#224; c&#339;ur joie ce lundi 18 novembre 2013. Morceaux choisis : Damien, 32 ans, au RSA, menace sa femme (et lui-m&#234;me) parce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no117-decembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;117 (d&#233;cembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chronique-judiciaire" rel="tag"&gt;Chronique judiciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Berth" rel="tag"&gt;Berth&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/comparutions-immediates" rel="tag"&gt;comparutions imm&#233;diates&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;lections approchent et la pr&#233;fecture de Lyon a d&#233;cid&#233; de taper fort sur la mis&#232;re : apr&#232;s le nettoyage des bidonvilles ceinturant la ville, il faut maintenant &#171; faire des exemples &#187; durant les comparutions imm&#233;diates. Traquer sans rel&#226;che les menus larcins et les erreurs de parcours. Le jeune procureur des comparutions imm&#233;diates ainsi que les juges, s'en sont donn&#233; &#224; c&#339;ur joie ce lundi 18 novembre 2013. Morceaux choisis :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Damien, 32 ans, au RSA, menace sa femme (et lui-m&#234;me) parce qu'elle lui refuse la garde de leur fille depuis plusieurs mois ; le juge des affaires familiales qui est &#224; m&#234;me de trancher n'a &#233;t&#233; saisi ni par l'un ni par l'autre. Le parler des quartiers de Damien ne pla&#238;t visiblement pas au juge qui commente ses phrases par des &#171; &lt;i&gt;ah bon&lt;/i&gt; &#187; et des &#171; &lt;i&gt;on est content de l'apprendre &lt;/i&gt; &#187; et lui envoie 12 mois de prison dont 6 ferme dans les dents. Avec mandat de d&#233;p&#244;t. Et sur le sort de la fillette dans l'embrouille ? Rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hakim, 30 ans, une femme et deux enfants, est vendeur de pizzas &#224; son compte ; un soir de semaine, paniqu&#233; par la vue d'un homme arm&#233; qui le vise, il fait demi-tour et prend la fuite en voiture. Pas de bol, le braqueur est un policier en civil qui d&#233;clenche une chasse qui finira en tonneau pour Hakim, pouss&#233; dans un muret par la voiture de la BAC. Le juge qui n'&#233;coute pas les paroles du pr&#233;venu et lui envoie des &#171; &lt;i&gt;oui oui&lt;/i&gt; &#187; et des &#171; &lt;i&gt;d'accord d'accord &lt;/i&gt; &#187; ironiques n'&#233;coute pas non plus l'avocate (&#171; &lt;i&gt;Je n'ai pas entendu vos conclusions&lt;/i&gt; &#187;), suit les r&#233;quisitions du procureur et condamne Hakim &#224; neuf mois de prison et &#224; verser 1 400 euros aux deux policiers pleurnichards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lasha, 30 ans, h&#233;ro&#239;nomane g&#233;orgien, SDF et sans emploi, vole des bonbons, 20 euros par-ci, 3 flacons de parfum par-l&#224;, avec un peu de chance un PC, pour les revendre et acheter de la came. Son avocate tente la nullit&#233; de proc&#233;dure en invoquant un interrogatoire et la lecture des droits traduits par&#8230; un inconnu au t&#233;l&#233;phone. Cela ne d&#233;range ni le procureur qui demande 13 mois de prison pour ce primo-d&#233;linquant jouant la carte de la sinc&#233;rit&#233; ni les juges qui rejettent la nullit&#233; et lui balancent 10 mois de prison dans la face. Pour lui apprendre &#224; mod&#233;rer son addiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Billy, 22 ans et SDF, est suspect&#233; d'avoir vol&#233; un t&#233;l&#233;phone portable et une carte de cr&#233;dit. Le casier judiciaire du pr&#233;venu permet au juge &#171; &lt;i&gt;de faire sa connaissance&lt;/i&gt; &#187;. Habitu&#233; des h&#244;pitaux psychiatriques, Billy est envoy&#233; en prison provisoirement pour un mois, en attendant une expertise psychiatrique qui dira s'il est apte &#224; la prison. Comprenne qui pourra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 19h25, c'est au tour de Kamel, 40 ans, toxicomane et sans emploi, p&#232;re de trois enfants dont un en mauvaise sant&#233;, de faire son entr&#233;e dans le box des accus&#233;s ; il aurait bris&#233; la vitre de trois voitures sans rien voler. En r&#233;alit&#233; son avocat explique qu'il y a un seul flagrant d&#233;lit de tentative de vol ; les policiers ont fait pression sur Kamel durant la garde &#224; vue en l'emp&#234;chant de voir un m&#233;decin et d'acc&#233;der &#224; de la m&#233;thadone. En &#233;change d'une hypoth&#233;tique cl&#233;mence du procureur, ils lui ont coll&#233; sur le dos toutes les tentatives de vols qui tra&#238;naient. &#171; &lt;i&gt;Le deal propos&#233; par la police &#224; Kamel n'est pas surprenant, j'en ai d&#233;j&#224; &#233;t&#233; t&#233;moin&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise l'avocat. Trois mois de prison avec mandat de d&#233;p&#244;t, s'&#233;meuvent les juges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soir&#233;e avan&#231;ant, les temps d'audience se raccourcissent, une heure pour juger Damien en d&#233;but de s&#233;ance, 40 minutes pour juger Kamel &#224; 19 h 25 et seulement 17 minutes pour juger Ahmed &#224; 20 h 10. Son infraction routi&#232;re lui co&#251;tera deux mois de prison ferme et un aller sans retour vers la Tunisie. Ah ! L'hospitalit&#233; fran&#231;aise, quand m&#234;me&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la ministre de la Justice entend diminuer les emprisonnements et supprimer les peines plancher, dans le m&#234;me temps, les pr&#233;fets, accompagn&#233;s par la presse locale, font pression sur les magistrats pour qu'ils tapent toujours plus fort sur la mis&#232;re. Avec pour seul r&#233;sultat d'aiguiser la haine et la ranc&#339;ur de tout le monde, histoire de rendre cette soci&#233;t&#233; d&#233;finitivement invivable.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cellule, sweet cellule &lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_901 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/p10-berth-sweetcellule46.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH142/p10-berth-sweetcellule46-28cec.jpg?1783306280' width='500' height='142' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Berth.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au TGI de Lyon le handicap mental est un d&#233;lit r&#233;prim&#233; d'une peine de prison</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Au-TGI-de-Lyon-le-handicap-mental</link>
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		<dc:date>2013-03-11T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
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		<dc:subject>juge</dc:subject>
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		<dc:subject>comparutions imm&#233;diates</dc:subject>
		<dc:subject>Abdelatif</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Abdelatif a 41 ans, il est dans le box des accus&#233;s de la salle d'audience des comparutions imm&#233;diates du tribunal de Lyon, le 10 d&#233;cembre 2012. Il est sourd et n'entend pas ce que lui dit le tribunal. Il fait r&#233;p&#233;ter plusieurs fois les paroles du juge. Finalement, il passe sa t&#234;te entre les barreaux vitr&#233;s qui le s&#233;parent des magistrats pour tendre l'oreille, ce qui le contraint &#224; se plier en deux, la t&#234;te coinc&#233;e entre les barreaux du box des accus&#233;s. Mais le juge ne s'en &#233;meut pas et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Abdelatif" rel="tag"&gt;Abdelatif&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Abdelatif a 41 ans, il est dans le box des accus&#233;s de la salle d'audience des comparutions imm&#233;diates du tribunal de Lyon, le 10 d&#233;cembre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est sourd et n'entend pas ce que lui dit le tribunal. Il fait r&#233;p&#233;ter plusieurs fois les paroles du juge. Finalement, il passe sa t&#234;te entre les barreaux vitr&#233;s qui le s&#233;parent des magistrats pour tendre l'oreille, ce qui le contraint &#224; se plier en deux, la t&#234;te coinc&#233;e entre les barreaux du box des accus&#233;s. Mais le juge ne s'en &#233;meut pas et poursuit la lecture des proc&#232;s-verbaux des policiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; J'ai pas pris mes m&#233;dicaments depuis 4 jours&#8230; tout &#224; l'heure je suis tomb&#233; &#187;&lt;/i&gt;, se plaint Abdelatif d&#232;s que le juge l'interroge. Il pleure : &lt;i&gt;&#171; &#199;a fait quatre jours que je suis encastr&#233; [sic], je ne suis pas bien, je ne sais pas pourquoi je suis devant ce tribunal, je n'en peux plus. &#187;&lt;/i&gt; Le pr&#233;sident propose alors qu'on reporte la s&#233;ance en attendant que les m&#233;dicaments aient fait leur effet, mais le pr&#233;venu refuse et son avocat intervient : &lt;i&gt;&#171; Mon client a &#233;t&#233; hospitalis&#233; r&#233;cemment &#224; l'h&#244;pital psychiatrique du Vinatier. Je vais demander un d&#233;lai pour qu'une expertise psychiatrique soit effectu&#233;e. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juge prend note et reprend la lecture des proc&#232;s-verbaux. Abdelatif est accus&#233; d'avoir tent&#233; de cambrioler une voiture le 8 d&#233;cembre, puis d'avoir bris&#233; la vitre d'une autre sans rien prendre, de s'en &#234;tre pris finalement &#224; une derni&#232;re et d'y avoir d&#233;rob&#233; un coussin, un sac poubelle et une cordelette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat du pr&#233;venu demande un d&#233;lai afin de rassembler des informations pour permettre un proc&#232;s &#233;quitable et dresse un bref descriptif de l'existence de son client qui cumule prises d'antid&#233;presseurs, crises d'&#233;pilepsie, tentatives de suicide, rendez-vous r&#233;guliers chez un psychiatre et classement &#171; Adulte Handicap&#233; &#187; &#224; 95 % pris en charge par la Cotorep depuis ses 18 ans. Il explique que &lt;i&gt;&#171; son traitement m&#233;dicamenteux ne lui permet pas de boire de l'alcool et malgr&#233; cela, samedi, le jour du d&#233;lit, il a bu. C'est ce qui a d&#233;clench&#233; le passage &#224; l'acte. Aujourd'hui, ayant repris ses esprits, il ne se souvient plus de rien. &#187;&lt;/i&gt; Et pr&#233;cise qu'Abdelatif n'est pas abandonn&#233; &#224; lui-m&#234;me et que ses fr&#232;res, ses s&#339;urs et sa m&#232;re &#8211; qui ont chacun pris une journ&#233;e sur leur temps de travail pour assister &#224; l'audience &#8211; font bloc au quotidien pour l'aider et l'entourer. Le pr&#233;sident &#233;num&#232;re alors la douzaine d'annotations sur le casier judicaire d'Abdelatif concernant des petits vols et des tentatives. &lt;i&gt;&#171; Je suis seul, j'ai envie de parler, alors je bois&#8230; Je n'ai pas le droit mais je me sens bien apr&#232;s&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, explique Abdelatif. &lt;i&gt;&#171; Vous souvenez vous de votre pr&#233;c&#233;dente condamnation qui remonte au 11 novembre ? &#187;&lt;/i&gt;, interroge le juge. &lt;i&gt;&#171; Je ne sais plus, je perds beaucoup la m&#233;moire, excusez-moi, Mademoiselle &#187;&lt;/i&gt;, bredouille le pr&#233;venu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette confusion ne trouble pas le procureur qui avance qu'Abdelatif joue de ses difficult&#233;s devant le tribunal et risque de renouveler les faits d'ici le prochain proc&#232;s. Il r&#233;clame la mise sous &#233;crou dans l'attente d'une nouvelle audience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat prend la parole une derni&#232;re fois, &#233;voque la famille de son client pr&#233;sente &#224; l'audience et assure qu'elle est la garantie du non renouvellement des faits. Il demande qu'Abdelatif ne soit pas incarc&#233;r&#233; mais plac&#233; sous contr&#244;le judiciaire stricte avec obligation de soins psychiatriques plus fr&#233;quente qu'au moment des faits, et ceci jusqu'&#224; la date du proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une d&#233;lib&#233;ration &#224; huis clos, les juges d&#233;cident d'un d&#233;lai pour juger l'affaire, ordonnent qu'une expertise psychiatrique soit effectu&#233;e et fixent la date du proc&#232;s au 9 janvier 2013. Abdelatif est envoy&#233; en prison jusqu'&#224; cette date.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je ne suis pas d'accord, je ne sais pas ce que j'ai fait ou pas fait, je ne comprends rien &#187;&lt;/i&gt;, dit le pr&#233;venu. &lt;i&gt;&#171; Il est handicap&#233; ! &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;crie sa famille depuis les bancs de la salle d'audience&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La chronique judiciaire o&#249; on se calme</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-chronique-judiciaire-ou-on-se</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-chronique-judiciaire-ou-on-se</guid>
		<dc:date>2011-10-05T06:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>Oui</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;tiez</dc:subject>
		<dc:subject>Monsieur</dc:subject>
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		<dc:subject>&#234;tes</dc:subject>
		<dc:subject>comparutions imm&#233;diates</dc:subject>
		<dc:subject>procureure demande</dc:subject>
		<dc:subject>&#234;tes pr&#234;t</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Marseille, comparutions imm&#233;diates. Un gars tr&#232;s maigre entre dans le box, il salue des gens dans la salle, la juge s'agace : &#171; Vous &#234;tes pr&#234;t, monsieur D. ? Vous &#234;tes d&#233;j&#224; pass&#233; devant le tribunal. &#8211; Pas beaucoup. &#8211; Enfin, vingt-quatre fois quand m&#234;me. Est-ce qu'il y a eu une expertise psychiatrique ? &#8211; Ah non non non. &#187; D. se met &#224; parler tout seul, il bouge ses mains dans tous les sens. &#171; Vous pouvez vous taire deux minutes, qu'on essaye de r&#233;fl&#233;chir ? Alors, vous vous &#234;tes approch&#233; d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no91-juillet-aout-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;91 (juillet-ao&#251;t 2011)&lt;/a&gt;

/ 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/etes-pret" rel="tag"&gt;&#234;tes pr&#234;t&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marseille&lt;/strong&gt;, comparutions imm&#233;diates. Un gars tr&#232;s maigre entre dans le box, il salue des gens dans la salle, la juge s'agace : &lt;i&gt;&#171; Vous &#234;tes pr&#234;t, monsieur D. ? Vous &#234;tes d&#233;j&#224; pass&#233; devant le tribunal. &#8211; Pas beaucoup. &#8211; Enfin, vingt-quatre fois quand m&#234;me. Est-ce qu'il y a eu une expertise psychiatrique ? &#8211; Ah non non non. &#187;&lt;/i&gt; D. se met &#224; parler tout seul, il bouge ses mains dans tous les sens. &lt;i&gt;&#171; Vous pouvez vous taire deux minutes, qu'on essaye de r&#233;fl&#233;chir ? Alors, vous vous &#234;tes approch&#233; d'un homme en lui parlant de karat&#233;, vous &#234;tes reparti et il s'est rendu compte que son portefeuille avait disparu, il vous a rattrap&#233;, vous vous &#234;tes battus, il a pris votre sacoche et les policiers vous ont identifi&#233; parce qu'il y avait votre carte d'identit&#233; dedans. &#8211; Mais j'veux dire, non j'ai... &#8211; Taisez-vous, s'il vous pla&#238;t, je termine. Vous dites que vous n'avez pas commis les faits parce que vous &#233;tiez dans un bar. &#8211; J'ai m&#234;me pas ma sacoche. &#8211; Non en effet vous n'avez plus votre sacoche. Vous avez l'allocation adulte handicap&#233; depuis cinq ans, vous prenez du Subutex... &#187; &lt;/i&gt; D. se lance dans une longue &#233;num&#233;ration, la juge le regarde d'un air d&#233;sol&#233; : &lt;i&gt;&#171; Oui, vous prenez beaucoup de m&#233;dicaments. &#187;&lt;/i&gt; La procureure demande son maintien en d&#233;tention, l'avocate r&#233;pond : &lt;i&gt;&#171; Je demande &#224; ce qu'il soit intern&#233;, enfin, euh, hospitalis&#233; d'office, plut&#244;t qu'incarc&#233;r&#233;. &#8211; L'hospitalisation d'office ne rel&#232;ve pas de la comp&#233;tence du tribunal, ma&#238;tre. &#187;&lt;/i&gt; Un tr&#232;s jeune gars entre dans le box. &lt;i&gt;&#171; Alors, monsieur J., vous &#233;tiez h&#233;berg&#233; chez votre &#233;ducateur, en accord avec la Protection judiciaire de la jeunesse. Vous lui avez d&#233;rob&#233; son ordinateur, son t&#233;l&#233;phone et ses clefs. Vous lui avez fait des menaces de mort. Lors d'un rendez-vous dont vous &#233;tiez convenus, vous lui avez demand&#233; de l'argent pour lui remettre son ordinateur, il vous a propos&#233; d'aller &#224; la banque pour tirer du liquide et c'est l&#224; qu'il a pu appeler la police. Vous avez eu des placements d&#232;s l'&#226;ge de 8 ans parce que vous &#233;tiez battu. Vous souhaitez faire une formation de palefrenier. &#8211; Oui, mon &#233;ducateur m'a beaucoup aid&#233; &#224; avancer dans ce projet. &#187;&lt;/i&gt; L'&#233;ducateur est appel&#233; : &lt;i&gt;&#171; C'est plus de la souffrance de sa part qu'une volont&#233; de nuire. L'Aide sociale &#224; l'enfance a commis de grandes erreurs avec lui, il est rest&#233; un an et demi &#224; la rue sans aucune aide quand il &#233;tait mineur. Quand il est arriv&#233; chez moi, il venait d'arr&#234;ter la coca&#239;ne. Le jour o&#249; il a commis les faits, il avait pris une grande claque parce que l'ASE a refus&#233; son statut d' adulte handicap&#233; et son contrat de jeune majeur. &#8211; Vous parlez beaucoup &#224; sa place, monsieur, c'est un peu dommage, vu que c'est vous qui avez port&#233; plainte. Monsieur J., que pensez-vous de ce que vient de dire votre &#233;ducateur ? &#8211; Je suis d'accord avec lui. &#187; &lt;/i&gt; La procureure demande son maintien en d&#233;tention : &lt;i&gt;&#171; Je veux bien qu'on soit d&#233;sesp&#233;r&#233;, mais il y a l&#224; quelqu'un qui lui a donn&#233; un toit, de l'aide et manifestement de l'amour. &#187;&lt;/i&gt; L'avocate encha&#238;ne : &lt;i&gt;&#171; Il a &#233;t&#233; maltrait&#233; et abandonn&#233; depuis son plus jeune &#226;ge. Il voit son th&#233;rapeute, il va &#224; son contr&#244;le de la PJJ, alors pourquoi lui briser les ailes en l'emp&#234;chant de commencer sa formation ? &#8211; Vous voulez dire quelque chose, monsieur J. ? &#8211; Non. &#8211; M&#234;me sur le fait que madame la procureure demande votre maintien en d&#233;tention ? &#8211; J'irai s'il le faut, c'est pas moi qui d&#233;cide. &#8211; Oui mais vous voulez peut-&#234;tre vous exprimer ? &#8211; Non. &#187;&lt;/i&gt; D&#233;lib&#233;r&#233;s : D. est maintenu en d&#233;tention et une expertise psychiatrique est demand&#233;e. Avant que la juge ait fini de parler, D. s'en va et dispara&#238;t dans le couloir qui m&#232;ne au d&#233;p&#244;t en criant. Les policiers se pr&#233;cipitent tout &#224; coup, il y a des hurlements et des coups, la famille de D. se l&#232;ve et lui crie de se calmer, des policiers leur demandent de se taire, puis les font sortir. La juge appelle J., dont le d&#233;lib&#233;r&#233; doit &#234;tre rendu, il sort du couloir hors de lui : &lt;i&gt;&#171; Avancez, calmez-vous ! &#8211; Il m'a mis un coup de pied ! &#8211; On a vu, mais ne vous &#233;nervez pas ! Il ne va rien se passer d'autre en bas au d&#233;p&#244;t, &#231;a ne vous servirait pas. Le tribunal vous place sous contr&#244;le judiciaire avec obligation de r&#233;sider &#224; un endroit qui vous sera indiqu&#233;, obligation de soins, obligation de formation, interdiction d'entrer en contact avec la victime. Le tribunal veut vous aider &#224; vous en sortir. S'il se passe quoi que ce soit en bas, vous repassez ici pour violences. &#8211; C'est pas moi qui le toucherai. &#8211; Qu'est-ce que &#231;a veut dire &#231;a ? Monsieur le greffier, notez ce qu'il a dit. Il ne faut pas qu'il se passe quoi que ce soit en bas ! &#8211; Ouais. &#187;&lt;/i&gt; Un nouveau pr&#233;venu entre dans le box.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La chronique judiciaire o&#249; l'on &#233;voque la v&#233;rit&#233; et le n&#233;ant</title>
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		<dc:date>2010-12-03T09:12:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Communaut&#233; urbaine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;MARSEILLE, comparutions imm&#233;diates. La cour est d&#233;j&#224; install&#233;e et a commenc&#233; &#224; instruire le premier dossier quand le public est autoris&#233; &#224; entrer dans la salle. Un gars de 20 ans, R., est dans le box des pr&#233;venus. &#171; Il vous est reproch&#233; d'avoir frauduleusement soustrait un scooter. La victime vous a reconnu car il vous voit souvent et vous poss&#233;dez un scooter tel qu'il &#233;tait d&#233;crit. Vous ne comprenez pas avoir &#233;t&#233; reconnu par la victime. &#8211; Je confirme. &#187; Le procureur se l&#232;ve : &#171; L'essentiel (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no-83-novembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176; 83 (novembre 2010)&lt;/a&gt;

/ 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/scooter" rel="tag"&gt;scooter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/victime" rel="tag"&gt;victime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Communaute-urbaine" rel="tag"&gt;Communaut&#233; urbaine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;MARSEILLE, comparutions imm&#233;diates. La
cour est d&#233;j&#224; install&#233;e et a commenc&#233; &#224;
instruire le premier dossier quand le public est autoris&#233;
&#224; entrer dans la salle. Un gars de 20 ans, R., est dans le
box des pr&#233;venus. &lt;i&gt;&#171; Il vous est reproch&#233; d'avoir frauduleusement soustrait un scooter. La victime vous a reconnu
car il vous voit souvent et vous poss&#233;dez un scooter tel
qu'il &#233;tait d&#233;crit. Vous ne comprenez pas avoir &#233;t&#233; reconnu
par la victime. &#8211; Je confirme. &#187;&lt;/i&gt; Le procureur se l&#232;ve :
&lt;i&gt;&#171; L'essentiel de ce dossier repose sur des t&#233;moignages de la
victime. &#199;a ne repose pas sur l'air, mais il y a des contradictions : il est d&#233;clar&#233; qu'il est blond et qu'il a la peau
mate, et monsieur est plut&#244;t brun et blanc. Est-ce que c'est
une erreur de plume des policiers, est-ce que c'est une
erreur de la victime ? Je n'y accorderais pas une grande
importance, car la victime dit que son agresseur vit dans
son quartier, elle ne s'est pas tromp&#233;e, qu'il a tel scooter,
elle ne s'est pas tromp&#233;e. La question est toujours la
m&#234;me : quelle importance allez-vous accorder &#224; la parole
de la victime par rapport &#224; celle de celui-ci ? O&#249; est la
v&#233;rit&#233; ? Elle n'est ni d'un c&#244;t&#233; ni de l'autre, elle est dans la
d&#233;cision que vous rendrez, c'est la v&#233;rit&#233; judiciaire. &#187;&lt;/i&gt;
L'avocate commise d'office encha&#238;ne : &lt;i&gt;&#171; La d&#233;claration de
la victime me g&#234;ne un petit peu parce qu'il y a la description des cheveux et de la peau, et en m&#234;me temps le fait
que l'agresseur est porteur d'un casque &#224; visi&#232;re noire. &#187;&lt;/i&gt;
Le dossier de P. est appel&#233;, un homme de 40 ans entre
dans le box. &lt;i&gt;&#171; Il vous est reproch&#233; d'avoir dans la nuit du
18 au 19 octobre d&#233;truit un bien mobilier de la collectivit&#233;,
en l'occurrence des conteneurs de poubelles de la
Communaut&#233; urbaine de Marseille par le moyen d'un
incendie qui s'est propag&#233; &#224; des v&#233;hicules. La
Communaut&#233; urbaine demande la somme de
4 825,89 euros. &#192; 2 h, les policiers vous surprennent en
train d'allumer un incendie. Vous &#233;tiez sous l'emprise de
l'alcool. Comment vous expliquez-vous ? &#8211; Je peux pas
vous dire, j'ai pas la notion. D'habitude, je bois pas, mais
j'&#233;tais contrari&#233;. &#8211; Contrari&#233; par quoi ? &#8211; Parce que j'ai des
probl&#232;mes. &#8211; Mais il faut vous soigner parce que vous
devenez un danger pour l'ordre public. Vous &#234;tes en accident de travail depuis 2007, vous &#233;tiez agent d'entretien.
Vous n'avez pas &#233;t&#233; scolaris&#233; avant l'&#226;ge de 9 ans. Vous
avez quel niveau scolaire ? &#8211; Aucun. &#187;&lt;/i&gt; Une femme dont la
voiture a &#233;t&#233; br&#251;l&#233;e d&#233;clare d'une voix larmoyante : &lt;i&gt;&#171; Je
n'ai pas pu aller travailler, mes filles ont fait des cauchemars. &#8211; &#202;tes-vous en mesure d'&#233;valuer votre pr&#233;judice ?
&#8211; Oui j'ai fait une lettre. &#8211; Ah oui, je lis : &#8220;Vu l'inqui&#233;tude
par rapport &#224; la s&#233;curit&#233; de l'enfant, le manque &#224; gagner,
la mise en d&#233;faut vis-&#224;-vis de l'employeur&#8221;, etc., etc., &#8220;je
demande 4 000 euros&#8221; &#187;&lt;/i&gt; Le procureur intervient : &lt;i&gt;&#171; Il
profite de gr&#232;ves d&#233;sordonn&#233;es et d'une ville &#233;parpill&#233;e
pour mettre le feu &#224; des conteneurs. Aujourd'hui, avec
tous les cartons et les papiers, on pourrait allumer un
incendie &#224; un bout de Marseille, il se propagerait &#224; l'autre
bout de la ville. Le probl&#232;me, monsieur, c'est que vos
d&#233;mons int&#233;rieurs, qui vous conduisent &#224; un &#233;tat d'ivresse
continu, risquent de vous mener simplement en prison.
Vous allez me dire que depuis 3 ans il n'y a plus rien sur
votre casier, mais il ne faut pas prendre les gens pour des
abrutis. Mme la pr&#233;sidente, il a &#233;t&#233; dit ici r&#233;cemment
qu'on ne fait que condamner des gens qui ont une vie
triste &#224; mourir, mais si on veut continuer &#224; vivre ensemble dans une relative s&#233;curit&#233;, la soci&#233;t&#233; doit se prot&#233;ger.
C'est pourquoi je demande 4 ans ferme. &#187;&lt;/i&gt; L'avocate commise d'office s'offusque : &lt;i&gt;&#171; Je ne veux pas viser les cantonniers, mais cette situation sociale actuelle que l'on d&#233;plore
ne doit pas alourdir la peine de M.P. 4 ans, il ressort dans 4
ans ? D&#233;j&#224; que c'est le n&#233;ant, &#231;a sera encore plus le n&#233;ant.
Concernant les parties civiles, vous limiterez le remboursement au nombre r&#233;el de conteneurs. Pour ce qui est du
pr&#233;judice moral de la victime, 4000 euros c'est tr&#232;s, tr&#232;s
&#233;lev&#233; ! &#187;&lt;/i&gt; Les d&#233;lib&#233;r&#233;s sont rapides : R., &lt;i&gt;&#171; reconnu coupable &#187;&lt;/i&gt;, prend la peine requise, 3 ans dont 18 mois avec sursis. Quant &#224; P. : &lt;i&gt;&#171; Le tribunal vous condamne &#224; 4 ans de
prison dont 2 ans avec sursis, avec obligation de soins,
obligation de travail, obligation d'indemniser les victimes. Pour la Communaut&#233; urbaine, vous aurez
1 940,64 euros &#224; payer, et 760 euros au titre du pr&#233;judice
moral de la victime. Est-ce que vous avez compris, monsieur ? Bien, vous pouvez partir. Au revoir, monsieur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La chronique judiciaire o&#249; l'on s'interroge sur la conscience</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-chronique-judiciaire-ou-l-on-s</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>policiers</dc:subject>
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		<dc:subject>comparutions imm&#233;diates</dc:subject>
		<dc:subject>viennent perquisitionner</dc:subject>
		<dc:subject>policiers viennent</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;MARSEILLE , comparutions imm&#233;diates &#8211; &#171; Monsieur A., vous semblez &#234;tre l'organisateur du r&#233;seau, et c'est donc &#224; ce titre que les policiers viennent perquisitionner chez vous. Ils ne trouvent rien, mais l'attitude du chien montre nettement qu'il y a eu des produits stup&#233;fiants, puisqu'il marque l'arr&#234;t pr&#232;s de votre lit. Sous votre matelas, les policiers trouvent une cl&#233; magn&#233;tique. &#187; Trois jeunes gars sont jug&#233;s, M., A. et R., pour trafic de cannabis. A. r&#233;pond sur un ton blas&#233;, s&#251;r de lui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no81-septembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;81 (septembre 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/policiers" rel="tag"&gt;policiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/comparutions-immediates" rel="tag"&gt;comparutions imm&#233;diates&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/viennent-perquisitionner" rel="tag"&gt;viennent perquisitionner&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/policiers-viennent" rel="tag"&gt;policiers viennent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;MARSEILLE , comparutions imm&#233;diates &#8211; &lt;i&gt;&#171; Monsieur A., vous semblez &#234;tre l'organisateur du r&#233;seau, et c'est donc &#224; ce titre que les policiers viennent perquisitionner chez vous. Ils ne trouvent rien, mais l'attitude du chien montre nettement qu'il y a eu des produits stup&#233;fiants, puisqu'il marque l'arr&#234;t pr&#232;s de votre lit. Sous votre matelas, les policiers trouvent une cl&#233; magn&#233;tique. &#187;&lt;/i&gt; Trois jeunes gars sont jug&#233;s, M., A. et R., pour trafic de cannabis. A. r&#233;pond sur un ton blas&#233;, s&#251;r de lui : &lt;i&gt;&#171; D&#233;j&#224;, le chien, il s'est arr&#234;t&#233; l&#224; o&#249; dort mon chat. &#8211; Ah je vous arr&#234;te tout de suite ! Ce n'est pas un chien d&#233;tecteur de chats, mais d&#233;tecteur de stup&#233;fiants. &#8211; Et la cl&#233; me servait dans un b&#226;timent o&#249; j'allais avant, mais elle ne me sert plus &#224; rien. &#8211; Si elle vous servait &#224; une activit&#233; honn&#234;te, pourquoi &#233;tait-elle sous le matelas ? Les policiers pr&#233;cisent &#233;galement qu'&#224; l'ext&#233;rieur de votre appartement, il y a un compteur &#233;lectrique dans lequel ils trouvent de la r&#233;sine de cannabis. &#8211; C'est pas chez moi. &#8211; Oui mais c'est &#224; proximit&#233; imm&#233;diate de votre appartement. &lt;/i&gt; &#187; Le procureur regarde A. avec d&#233;go&#251;t : &lt;i&gt;&#171; Il nous prend pour des imb&#233;ciles, ce trafiquant de stup&#233;fiants, il pense qu'il va s'en sortir comme &#231;a. Eh ben non ! &#199;a fait quand m&#234;me beaucoup de co&#239;ncidences plus que troublantes. &#187;&lt;/i&gt; L'avocat de A. fait des phrases : &lt;i&gt;&#171; Dans cette famille, le patriarche est parti, il n'y a plus de commandement direct. Qui est rest&#233; ? Eh bien essentiellement des gar&#231;ons, avec naturellement une ou deux filles. La maman est dans la salle, elle est venue par sympathie pour son fils. Le chien, on ne va pas remettre en doute ses capacit&#233;s, il a d&#251; voir quelque chose, mais ce quelque chose n'apporte pas la preuve que c'est A. le meneur. &#187;&lt;/i&gt; L'avocate de R. plaide en regardant son client d'un air &#233;tonn&#233; : &lt;i&gt;&#171; J'ai tent&#233; de le comprendre et je ne l'ai pas tr&#232;s bien compris, d'autant que vous nous avez rappel&#233;, Madame la Pr&#233;sidente, avec beaucoup d'indignation que je partage, qu'il a une maman qui s'occupe de lui. Je dirais qu'au fond de cet &#234;tre, il n'y a pas que du mauvais. Je lui ai fait passer cinq bonnes minutes tr&#232;s tr&#232;s dures, et je crois qu'il a compris la gravit&#233; de ce qu'il a fait. &lt;/i&gt; &#187; L'avocat de M. cl&#244;t le dossier : &lt;i&gt;&#171; Comme disait ma cons&#339;ur, on a affaire &#224; de jeunes gar&#231;ons, on ne sait pas s'ils sont conscients ou pas. &#187;&lt;/i&gt; Suivent deux affaires trait&#233;es rapidement : S., &#224; peine majeur, accus&#233; d'un vol &#224; l'arrach&#233; rat&#233;, qui a du mal &#224; se concentrer sur son proc&#232;s parce qu'il ne peut pas d&#233;tacher les yeux d'une jeune fille venue le soutenir. Ils s'envoient des sourires. La pr&#233;sidente s'agace : &lt;i&gt;&#171; Je ne sais pas &#224; qui tu t'int&#233;resses l&#224;-bas, mais c'est ici que &#231;a se passe. &#187;&lt;/i&gt; Puis vient T., tout jeune lui aussi, l'air perdu. On lui reproche d'avoir frapp&#233; sa compagne. Il r&#233;pond &#224; c&#244;t&#233; des questions, il dit : &lt;i&gt;&#171; J'ai des soucis avec la femme du syndic qui m'a dit qu'elle savait tout sur moi, que j'&#233;tais un enfant maltrait&#233;, que j'avais un gros casier judiciaire, mais j'ai laiss&#233; couler. &lt;/i&gt; &#187; La pr&#233;sidente l'observe et demande autour d'elle s'il ne faudrait pas une expertise psychiatrique. L'avocat de T. annonce : &lt;i&gt;&#171; Je signale qu'un maintien en d&#233;tention serait catastrophique. &#187;&lt;/i&gt; La salle est &#233;vacu&#233;e pour les d&#233;lib&#233;r&#233;s. &lt;i&gt;&#171; Monsieur T., votre proc&#232;s est report&#233; en octobre, jusque- l&#224; vous &#234;tes maintenu en d&#233;tention. On dira &#224; M. le Procureur de faire attention &#224; votre &#233;tat de sant&#233;. &#187;&lt;/i&gt; T. pleure, il quitte le box sans attendre la suite, en criant : &lt;i&gt;&#171; Je suis fini ! C'est un complot ! Je serai plus l&#224; quand vous plaiderez ma cause ! &#187;&lt;/i&gt; La pr&#233;sidente chuchote : &lt;i&gt;&#171; Demandez une surveillance particuli&#232;re en raison de propos suicidaires. &#187;&lt;/i&gt; S. s'avance, prend six mois ferme. Constern&#233; puis furieux, il regarde la jeune fille dans le public, ils se crient des rendez-vous au parloir pendant que les policiers l'emm&#232;nent. La pr&#233;sidente annonce ensuite six mois fermes pour R., deux ans ferme pour A. et pour M. six mois avec sursis. Un fr&#232;re de A. quitte la salle en hurlant : &lt;i&gt;&#171; Allez tous vous faire enculer ! &#187;&lt;/i&gt; La pr&#233;sidente hurle aussit&#244;t : &lt;i&gt;&#171; Arr&#234;tez cet homme ! &#187;&lt;/i&gt; Des policiers sautent par-dessus le muret du box. La m&#232;re de A., affol&#233;e, crie : &lt;i&gt;&#171; C'est &#224; moi qu'il parlait, madame, je vous jure, laissez-moi parler &#224; la dame, madame, je vous en supplie, vous prenez ma vie ! &#187;&lt;/i&gt; Elle s'effondre, se rel&#232;ve, retombe, sa robe se d&#233;fait, sa fille tente de couvrir la poitrine nue de la m&#232;re. A. observe, fou de rage, depuis le box, il tape du poing sur le muret, les policiers le serrent. La pr&#233;sidente crie : &lt;i&gt;&#171; Taisez-vous, madame ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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