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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Unite !</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Accompagn&#233; d'un coll&#232;gue, je sors du si&#232;ge de la bo&#238;te apr&#232;s une r&#233;union soporifique avec la Direction g&#233;n&#233;rale. Il fait gris et froid avec un vent fort &#224; La D&#233;fense, comme d'habitude&#8230; Pour rejoindre le parking, nous devons passer par le parvis de la tour Total. Ce n'est pas par nostalgie qu'on passe par l&#224;, c'est juste qu'on est oblig&#233;. Des travaux longs, chers et colossaux ont transform&#233; l'entr&#233;e de la tour. C'&#233;tait moche avant et &#231;a l'est toujours. C'est surtout grandiloquent et m'as-tu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no117-decembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;117 (d&#233;cembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ratcliffe" rel="tag"&gt;Ratcliffe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Accompagn&#233; d'un coll&#232;gue, je sors du si&#232;ge de la bo&#238;te apr&#232;s une r&#233;union soporifique avec la Direction g&#233;n&#233;rale. Il fait gris et froid avec un vent fort &#224; La D&#233;fense, comme d'habitude&#8230; Pour rejoindre le parking, nous devons passer par le parvis de la tour Total. Ce n'est pas par nostalgie qu'on passe par l&#224;, c'est juste qu'on est oblig&#233;. Des travaux longs, chers et colossaux ont transform&#233; l'entr&#233;e de la tour. C'&#233;tait moche avant et &#231;a l'est toujours. C'est surtout grandiloquent et m'as-tu vu. En m&#234;me temps, &#231;a sert &#224; filtrer davantage les entr&#233;es. Comme un ch&#226;teau fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce parvis, nous remarquons quelques personnages qui d&#233;tonnent. Trois sont &#224; l'abri derri&#232;re une verri&#232;re avec de gros paquets, trois autres arborant des gilets rouge fluo et, s'appr&#234;tant &#224; distribuer un tract, sont dispers&#233;s sur le parvis. Il y a, enfin, deux autres qui s'affairent nerveusement autour d'un PC portable, sans doute &#224; la recherche de wifi. Intrigu&#233;s, nous regardons ce qui se passe. De m&#234;me que les multiples cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance install&#233;es partout. Celui qui tient le PC fait un signe de la main. Ses coll&#232;gues se mettent alors en branle. Les huit gilets rouges, affichant &#171; &lt;i&gt;UNITE the union&lt;/i&gt; &#187;, se regroupent au milieu de la place, &#224; peine remarqu&#233;s par tous les employ&#233;s en costard sortis fumer leur clope. De plusieurs gros paquets, certains manifestants sortent une banderole qui avertit : &#171; &lt;i&gt;On ne laissera pas faire&lt;/i&gt; &#187;. D'autres extraient une masse informe et grise sur laquelle ils branchent un petit compresseur. La baudruche se gonfle petit &#224; petit et se mue en un rat agressif de plus de trois m&#232;tres qui reprend le m&#234;me slogan.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_904 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH612/p11-efix-cqfd117-1e288.jpg?1782641353' width='400' height='612' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Nos Anglais, enfin plut&#244;t des &#233;cossais avec des tronches des films de Ken Loach, travaillent dans une raffinerie en difficult&#233; &#224; Grangemouth, appartenant &#224; Ineos. Une soci&#233;t&#233; pr&#233;datrice qui rach&#232;te des bo&#238;tes (elle poss&#232;de en partenariat avec Petrochina la raffinerie Lavera sur l'&#233;tang de Berre) dont les autres multinationales (BP, ICI&#8230;) veulent se d&#233;barrasser pour en presser les derni&#232;res gouttes avant de les jeter. Ineos appartient &#224; James Ratcliffe, milliardaire britannique install&#233;, sans surprise, en Suisse, depuis trois ans. Le syndicat de nos &#233;cossais, UNITE the union, est la plus grosse conf&#233;d&#233;ration british et ils sont venus sur le parvis de La D&#233;fense pour faire conna&#238;tre leur situation. La raffinerie de Grangemouth, avec son millier de salari&#233;s, est dans le viseur des multinationales p&#233;troli&#232;res depuis longtemps. Mais Ratcliffe et sa clique ont fait monter la pression en pointant l'absence de rentabilit&#233; de l'entreprise. Les syndicalistes opposent &#224; cela une &#171; modeste &#187; progression des ventes de 50 % ces derni&#232;res ann&#233;es. Tout en m&#233;pris et poussant son avantage, la direction exige en contrepartie du maintien du site : r&#233;ductions salariales et diminution des jours de cong&#233; pendant les trois prochaines ann&#233;es, fermeture de leur r&#233;gime de pension de retraite et licenciement de leur d&#233;l&#233;gu&#233; syndical, Stevie Deans. Face &#224; ce chantage, les raffineurs, par r&#233;f&#233;rendum, ont r&#233;pondu qu'ils ne voulaient pas de ces menaces et refusaient de perdre leurs maigres avantages. Une gr&#232;ve &#233;tait m&#234;me pr&#233;vue mais la direction a pris les devants en arr&#234;tant les installations tandis que Ratcliffe lan&#231;ait un ultimatum de 48 heures &#224; l'ensemble de ses employ&#233;s sous peine de d&#233;chirer leurs contrats de travail. Les raffineurs ont d&#251; baisser pavillon et le travail a repris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette situation que voulaient faire conna&#238;tre nos huit syndicalistes qui sont vraiment contents qu'on s'int&#233;resse &#224; eux, m&#234;me si nous ne sommes que deux. De la tour Total, personne ne vient les voir. Ils sont juste surveill&#233;s comme des b&#234;tes curieuses et m&#234;me pas dangereuses. Un autre militant syndical qui passait par l&#224; se joint &#224; nous. Ils nous prennent alors en photo et les balancent aussit&#244;t sur la page Facebook de leur syndicat. Pour la forme, des tracts expliquant la situation sont distribu&#233;s et une sono minuscule mais tr&#232;s puissante crache le venin d'un groupe &#233;cossais politis&#233;. Certes, cela change du &#171; on l&#226;che rien &#187; de HK et les saltimbanques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout d'une heure, les banderoles sont pli&#233;es, le rat d&#233;gonfl&#233;. Nous nous quittons, les Anglais, eux, se rendent devant le si&#232;ge de Veolia pour recommencer leur d&#233;monstration&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>C'est pas &#231;a</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
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		<dc:subject>faire</dc:subject>
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		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
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		<dc:subject>Direction g&#233;n&#233;rale</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;videmment</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#201;videmment, je ne vais pas vous dire que l'ambiance &#224; l'usine est au beau fixe. Il y a l'apr&#232;s mouvement des retraites, mais c'est pas &#231;a ; il y a les r&#233;sultats et le fonctionnement catastrophiques de la bo&#238;te, mais c'est pas &#231;a ; il y a le chantage de la direction g&#233;n&#233;rale qui veut que tous les syndicats la suivent dans ses d&#233;marches pour faire baisser les quotas de CO2 (pour l'instant seule la CGT refuse), mais c'est pas &#231;a non plus. Depuis quelques mois, un climat r&#233;pressif s'est install&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no84-decembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;84 (d&#233;cembre 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jeune-DRH" rel="tag"&gt;jeune DRH&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_28 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L333xH500/Efix-Levaray-77658.png?1782641211' width='333' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;videmment&lt;/strong&gt;, je ne vais pas vous dire que l'ambiance &#224; l'usine est au beau fixe. Il y a l'apr&#232;s mouvement des retraites, mais c'est pas &#231;a ; il y a les r&#233;sultats et le fonctionnement catastrophiques de la bo&#238;te, mais c'est pas &#231;a ; il y a le chantage de la direction g&#233;n&#233;rale qui veut que tous les syndicats la suivent dans ses d&#233;marches pour faire baisser les quotas de CO2 (pour l'instant seule la CGT refuse), mais c'est pas &#231;a non plus.
Depuis quelques mois, un climat r&#233;pressif s'est install&#233; dans mon usine (mais &#231;a se durcit partout). Outre les attaques contre les syndicats qui se bougent, il y a aussi les coups de b&#226;tons qui tombent sur les coll&#232;gues. Derniers faits dans la bo&#238;te : deux copains se sont coltin&#233;s trois jours de mise &#224; pied pour avoir pris leur douche sur le temps de travail, en fin de poste et avant que leurs rel&#232;ves ne soient arriv&#233;es. Ce que tout le monde, ou presque, pratique (surtout le samedi soir lorsque l'on quitte &#224; 21 heures). Mais ils se sont fait prendre. Le probl&#232;me, c'est que personne n'a boug&#233; pour les soutenir. Les gens pr&#233;f&#233;rant se planquer et compter les coups qui tombent &#224; c&#244;t&#233;. Ils ont beau s'&#234;tre mis en gr&#232;ve en nombre contre la r&#233;forme des retraites, de retour au quotidien de l'usine, la combativit&#233; s'est essouffl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'autres copains&lt;/strong&gt;, parce qu'ils sont rest&#233;s &#224; discuter dans le r&#233;fectoire plut&#244;t que d'aller faire une man&#339;uvre, ont re&#231;u une lettre d'avertissement. Auparavant, une engueulade du contrema&#238;tre aurait suffi. Et tout est bon pour nous &#233;pingler. Ne pas mettre la ceinture de s&#233;curit&#233; lorsqu'on circule en voiture de service dans l'enceinte de l'usine ? Trois jours. Ne pas porter les EPI&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;quipement personnel d'intervention : masque &#224; gaz, casque, gants.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ? Jusqu'&#224; la mise &#224; la porte. Bient&#244;t, si la voiture n'est pas gar&#233;e dans le bon sens et pr&#234;te &#224; partir, ce sera pareil.
Bref, &#224; l'image de la soci&#233;t&#233;, le tout s&#233;curitaire se met en branle dans les usines. Plus la bo&#238;te annonce de mauvais r&#233;sultats, plus le mat&#233;riel est vieillissant et trop souvent en panne, plus les coups pleuvent sur les prolos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et l'une des armes de la direction&lt;/strong&gt;, ce fut le recrutement d'une jeune DRH. La direction g&#233;n&#233;rale en a sans doute eu marre des pr&#233;c&#233;dents en fin de carri&#232;re qui pensaient avoir leur mot &#224; dire ou qui louvoyaient pour garantir un semblant de paix sociale. D&#233;sormais les patrons veulent faire appliquer leurs directives, et vite. Et, dans ces cas-l&#224;, nommer une jeune femme dans un univers masculin &#224; un premier poste de commandement est s&#251;rement le plus efficace : elle voudra prouver qu'elle peut faire mieux qu'un mec.
Donc, une jeune DRH est arriv&#233;e il y a trois ans. Au d&#233;but, on n'osait pas trop la chambouler d'autant que cette trentenaire est petite et plut&#244;t mignonne. Mais on s'est habitu&#233;s. Elle s'en sortait en rougissant, voire en esquissant une larme, s'excusant de ses erreurs dues &#224; son manque d'exp&#233;rience. Mais on a vu qui elle &#233;tait vraiment quand elle a compt&#233; sur sa force de persuasion (mais peut-&#234;tre aussi sur ses beaux yeux, va savoir ?) pour faire passer une directive particuli&#232;rement mauvaise, en rencontrant personnellement chaque salari&#233; concern&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est une jeune femme&lt;/strong&gt; qui en veut, le doigt sur la couture de la jupe, appliquant ce qu'elle a appris &#224; l'&#233;cole, mais qui n'a pas vraiment le niveau (dixit son pr&#233;d&#233;cesseur). Pendant les conflits dans l'usine, ex&#233;cutant &#224; la lettre les consignes de la direction g&#233;n&#233;rale, elle ne s'est pas gard&#233;e de portes de sortie, ce qui a augment&#233; les tensions et, ensuite, le ressentiment.
Depuis qu'elle est l&#224;, c'est la premi&#232;re fois qu'&#224; l'usine, deux copains se sont retrouv&#233;s licenci&#233;s pour inaptitude et c'est la premi&#232;re fois que deux autres ont &#233;t&#233; vir&#233;s pour faute grave sans autre forme de proc&#232;s. C'est bien simple, depuis son arriv&#233;e, il y a cinq affaires en cours devant les prud'hommes.
En ce moment, elle a &#233;t&#233; envoy&#233;e au charbon par le PDG pour d&#233;gommer la CGT. On lui en souhaite. Au moins, on peut penser qu'on contribue &#224; sa formation professionnelle et qu'elle sera meilleure dans la prochaine bo&#238;te o&#249; elle s&#233;vira. C'est la p&#233;riode de No&#235;l, on peut peut-&#234;tre y croire&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;quipement personnel d'intervention : masque &#224; gaz, casque, gants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>D&#233;mocratie patronale</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Democratie-patronale</link>
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		<dc:date>2009-06-15T09:07:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>n'est</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>C'est parce</dc:subject>
		<dc:subject>d'&#234;tre</dc:subject>
		<dc:subject>bo&#238;te</dc:subject>
		<dc:subject>Direction</dc:subject>
		<dc:subject>Direction g&#233;n&#233;rale</dc:subject>
		<dc:subject>directeur</dc:subject>
		<dc:subject>c'est juste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J&#8216;sais pas comment vous dire. C'est au sujet des relations sociales dans ma bo&#238;te. Y a quelque chose qui a chang&#233; au cours des derniers mois. C'est pas pour dire que c'&#233;tait mieux avant, loin s'en faut, mais d&#233;sormais, c'est &#224; couteaux tir&#233;s. Les rapports sont houleux, presque violents et &#231;a n'&#233;tonne plus personne dans l'usine, toute cette s&#233;rie de s&#233;questrations et autres. Apr&#232;s avoir eu des patrons paternalistes, ou gestionnaires, l&#224; on a droit &#224; un directeur plut&#244;t patriarcal. Il semble (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no67-mai-2009" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;67 (mai 2009)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-usine" rel="tag"&gt;l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est-parce" rel="tag"&gt;C'est parce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-etre" rel="tag"&gt;d'&#234;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/boite" rel="tag"&gt;bo&#238;te&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Direction-generale" rel="tag"&gt;Direction g&#233;n&#233;rale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/directeur" rel="tag"&gt;directeur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/c-est-juste" rel="tag"&gt;c'est juste&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J&#8216;sais pas comment vous dire. C'est au sujet des relations sociales dans ma bo&#238;te. Y a quelque chose qui a chang&#233; au cours des derniers mois. C'est pas pour dire que c'&#233;tait mieux avant, loin s'en faut, mais d&#233;sormais, c'est &#224; couteaux tir&#233;s. Les rapports sont houleux, presque violents et &#231;a n'&#233;tonne plus personne dans l'usine, toute cette s&#233;rie de s&#233;questrations et autres. Apr&#232;s avoir eu des patrons paternalistes, ou gestionnaires, l&#224; on a droit &#224; un directeur plut&#244;t patriarcal. Il semble croire que lui seul d&#233;tient la v&#233;rit&#233; et que nous ne sommes que des boeufs. Le &#171; dialogue social &#187;, pour lui, c'est juste assener ses v&#233;rit&#233;s et que nous appliquions sans broncher. Une s&#233;ance de &#171; n&#233;gociations &#187; consiste &#224; ce qu'il entende les revendications et dise ensuite : &lt;i&gt;&#171; Bon, maintenant, voil&#224; ce que vous devrez dire aux salari&#233;s : c'est ma volont&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Et il n'y a aucune r&#233;ponse concr&#232;te, juste des infos pseudo-&#233;conomiques &#226;nonn&#233;es. On sait qu'au jeu des n&#233;gociations, on est toujours un peu perdant, mais l&#224;, c'est le bouquet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un type &#171; droit dans ses bottes &#187; qui applique sans r&#233;fl&#233;chir les directives de la direction g&#233;n&#233;rale. Je ne sais pas si c'est comme &#231;a que sont form&#233;s les nouveaux directeurs dans les stages de management, si c'est parce que la DG veut nous casser (le site de Rouen &#233;tant plus revendicatif que les autres), ou si c'est une fa&#231;on d'&#234;tre naturelle chez Total, dont notre groupe est une fili&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le directeur, le doigt sur la couture du pantalon, applique sans se pr&#233;occuper du comment et du pourquoi, ni de comment nous, prolos, acceptons ou pas. &lt;i&gt;&#171; C'est comme &#231;a &#187;&lt;/i&gt;, semble &#234;tre sa philosophie. Il n'est plus qu'une bo&#238;te aux lettres qui n'a aucun pouvoir. &#201;videmment, pour un cadre de ce niveau, ne plus &#234;tre qu'un appliquant cr&#233;e des probl&#232;mes d'ordre psychologique qui le rendent encore plus rigide. Cette fa&#231;on d'&#234;tre s'est impos&#233;e petit &#224; petit, avec une direction g&#233;n&#233;rale parisienne particuli&#232;rement r&#233;ac. Le PDG disant quasiment &#224; chaque r&#233;union :&lt;i&gt; &#171; La d&#233;mocratie s'arr&#234;te aux bornes de l'entreprise &#187;&lt;/i&gt;, ce qui n'est pas une information, mais qui, &#224; force d'&#234;tre assen&#233;, donne une id&#233;e des gens qui nous dirigent. Les autres patrons la jouent un peu plus hypocrites et pousseraient des cris d'orfraie si on leur disait qu'ils ne sont pas d&#233;mocrates. L&#224;, au moins, les choses sont claires et &#231;a met dans l'ambiance. Du coup,le climat dans la bo&#238;te est &#224; la col&#232;re. Partout, dans tous les secteurs, &#231;a grogne et il y a quasi quotidiennement des mouvements sporadiques de gr&#232;ve ou de refus de travail. M&#234;me les cadres et les contrema&#238;tres s'en m&#234;lent et s'&#233;nervent face au directeur, sentant bien que &#231;a va devenir de plus en plus difficile de tenir les gars et de se faire respecter. &#199;a grogne d'autant plus que le dernier conflit de d&#233;cembre (voir les num&#233;ros de CQFD de d&#233;cembre et janvier dernier) a &#233;t&#233; mat&#233; durement et qu'aujourd'hui la direction se trouve avec trois proc&#232;s devant les prud'hommes sur le dos, ainsi qu'une plainte de l'inspection du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour essayer de calmer le jeu, le directeur a instaur&#233; une politique de primes octroy&#233;es suivant de tels crit&#232;res qu'elles aggravent encore davantage les choses.Il a voulu pousser au bout la logique du lib&#233;ralisme,mais,c'est b&#234;te pour lui, il s'est encore fourvoy&#233; et ce n'est pas tendance actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, vous passez dans n'importe quel secteur, bureau et atelier de l'usine et vous tombez sur des gens qui veulent faire la peau du dirlo.Il y en a qui parlent de coup de boule,d'autres qui sont plus radicaux. On parle aussi de goudron et de plumes.&lt;i&gt; &#171; Comment se d&#233;barrasser de son patron ? &#187;&lt;/i&gt; est devenu le questionnement r&#233;current. Reste &#224; franchir le pas. C'&#233;tait l'ambiance dans l'usine ce mois-ci.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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