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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Vers une intifada des r&#233;fugi&#233;s ? &#187;</title>
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		<dc:creator>Jean-Marie Dany&#232;s</dc:creator>


		<dc:subject>A. B.</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#192; Dheisheh, un camp au sud de Bethl&#233;em, plus de 10 000 personnes ont v&#233;cu, durant plus de trois semaines, au milieu des poubelles et au rythme des manifestations des enfants priv&#233;s d'&#233;cole . Nous avons rencontr&#233; Mahmoud, l'un des 150 travailleurs pour l'ONU dans le camp, en gr&#232;ve de la faim . Entretien. Deux mois de lutte. Dans le silence et l'indiff&#233;rence. D&#233;but f&#233;vrier, la gr&#232;ve des travailleurs de l'UNRWA (l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no119-fevrier-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;119 (f&#233;vrier 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/A-B" rel="tag"&gt;A. B.&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Dheisheh, un camp au sud de Bethl&#233;em, plus de 10 000 personnes ont v&#233;cu, durant plus de trois semaines, au milieu des poubelles et au rythme des manifestations des enfants priv&#233;s d'&#233;cole . Nous avons rencontr&#233; Mahmoud, l'un des 150 travailleurs pour l'ONU dans le camp, en gr&#232;ve de la faim . Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_963 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p05-palestine-enfants-cqfd119-e631c.jpg?1768816154' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par A. B.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Deux mois de lutte. Dans le silence et l'indiff&#233;rence. D&#233;but f&#233;vrier, la gr&#232;ve des travailleurs de l'UNRWA (l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s de Palestine dans le Proche-Orient) a pris fin dans les territoires palestiniens. Une demi-victoire, bien s&#251;r, pour les milliers d'employ&#233;s palestiniens de l'ONU qui assurent l'essentiel des services sociaux, d'&#233;ducation et de sant&#233; aupr&#232;s des r&#233;fugi&#233;s, au nombre de plus de 700 000 en Cisjordanie. Les gr&#233;vistes ont sign&#233; fin janvier un accord-cadre avec leur administration, qui devrait r&#233;soudre le contentieux sur leurs salaires, sans toutefois satisfaire leurs exigences politiques, &#224; propos de l'avenir des r&#233;fugi&#233;s et l'&#233;ternelle revendication du &#171; droit au retour &#187;. Mahmoud, travailleur social gr&#233;viste, rencontr&#233; d&#233;but janvier dans le camp de Dheisheh, nous raconte les raisons de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Pourquoi avoir commenc&#233; cette lutte ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mahmoud :&lt;/strong&gt; L'ONU pr&#233;tend actuellement conna&#238;tre une crise financi&#232;re qui l'emp&#234;che d'appliquer correctement la r&#233;solution 302 [qui a cr&#233;&#233; l'UNRWA en d&#233;cembre 1949 &#224; la suite de la guerre de 1948, acte de naissance de l'&#201;tat d'Isra&#235;l, ndlr]. Cette crise financi&#232;re est un mensonge, un &#233;cran de fum&#233;e destin&#233; &#224; masquer des raisons politiques, des probl&#232;mes de corruption et des pressions internationales pro-isra&#233;liennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous r&#233;clamez de meilleurs salaires ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnels de l'UNRWA qui travaillent en Cisjordanie sont moins bien pay&#233;s que ceux qui travaillent dans les camps au Liban ou en Jordanie par exemple. Une enveloppe de 22 millions de dollars avait &#233;t&#233; d&#233;bloqu&#233;e par l'ONU mais n'a jamais &#233;t&#233; revers&#233;e ici. Nous voulons informer et tenter de d&#233;faire la pression du gouvernement isra&#233;lien sur l'ONU. Nous souhaitons non seulement une &#233;quivalence de salaire, mais une meilleure reconnaissance de notre statut, l'arr&#234;t des contrats int&#233;rimaires et des licenciements pour raisons politiques. Comme partout, il y a beaucoup de ch&#244;mage ici. Il faudrait se contenter d'avoir du travail, quelle que soit sa r&#233;mun&#233;ration. C'est le principal argument de l'ONU pour ne pas accorder d'importance &#224; nos revendications. Pour le &#171; machin &#187; sis &#224; New York, nous employer, c'est d&#233;j&#224; nous faire une faveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez parl&#233; de licenciements pour raisons politiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police palestinienne et l'arm&#233;e isra&#233;lienne passent dans notre camp au moins deux fois par semaine, vers trois heures du matin, pour pratiquer des arrestations arbitraires, qu'ils justifient par une lutte contre le terrorisme. L'ONU remercie les travailleurs s'ils sont arr&#234;t&#233;s ou s'ils ont des tendances politiques trop radicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'est organis&#233;e la gr&#232;ve &#224; travers toute la Cisjordanie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par le biais d'Internet, de quelques podcasts et d'un journal qui a circul&#233; entre les camps. Il y a eu &#233;galement des assembl&#233;es de l'Union des travailleurs et des meetings afin de tenir inform&#233;e la population des camps des initiatives et des directions prises par le mouvement. Sur les dix-neuf camps, dix ont cr&#233;&#233; un centre d'organisation et de rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les rares &#233;chos m&#233;diatiques sur votre lutte se sont uniquement r&#233;sum&#233;s &#224; la demande de revalorisation des salaires. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part, cette gr&#232;ve ne concernait que les droits de travailleurs palestiniens de l'ONU. Tr&#232;s rapidement, ces revendications ont gagn&#233; un terrain beaucoup plus g&#233;n&#233;ral, c'est-&#224;-dire celui de l'avenir des r&#233;fugi&#233;s dans les camps. Les enfants et toute une partie des camps se sont &#233;galement mobilis&#233;s, bloquant des rues, revendiquant l'acc&#232;s &#224; l'&#233;cole, de l'espace pour jouer et des conditions de vie d&#233;centes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous &#233;t&#233; entendus sur ces sujets ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, &#224; Dheisheh, personne n'est venu se pr&#233;occuper de notre sort. Personne ne nous a donn&#233; la parole. Aucune des revendications n'a &#233;t&#233; entendue, ni par les repr&#233;sentants de l'autorit&#233; palestinienne, ni bien entendu par le gouvernement isra&#233;lien. Tout se d&#233;cide derri&#232;re le mur. Depuis les accords d'Oslo et le pr&#233;tendu projet d'un double &#201;tat, les plus r&#233;fractaires &#224; cette politique, c'est-&#224;-dire les r&#233;fugi&#233;s qui ont tout perdu, sont largement ignor&#233;s. L'essentiel est de les &#233;touffer, de laisser la situation se d&#233;grader au maximum. Cette strat&#233;gie-l&#224; est aussi celle de la nouvelle bourgeoisie affairiste de Ramallah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment voyez-vous l'avenir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus grande question que posent les r&#233;fugi&#233;s, et que personne ne veut entendre, concerne le droit au retour. La r&#233;solution 194 de l'ONU, prise en d&#233;cembre 1948, affirme &#171; &lt;i&gt;qu'il y a lieu de permettre aux r&#233;fugi&#233;s qui le d&#233;sirent, de rentrer dans leurs foyers le plus t&#244;t possible et de vivre en paix avec leurs voisins &lt;/i&gt; &#187;. Je viens d'un petit village et j'esp&#232;re pouvoir y rentrer un jour pour cultiver la terre qui a &#233;t&#233; vol&#233;e &#224; ma famille. Je crois que les r&#233;fugi&#233;s ne sont pas pr&#232;s d'abandonner ce combat. M&#234;me les enfants se retrouvent sur cette position, ils br&#251;lent des ordures et organisent eux-m&#234;mes des manifestations. D&#233;but janvier, un enfant de six ans a voulu s'immoler. D&#232;s lors, il y a une seule et grande question &#224; se poser : combien de temps reste-t-il avant de grandes &#233;meutes ? Autrement dit, combien de temps avant une intifada des r&#233;fugi&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_964 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p05-palestine-cqfd119-9c159.jpg?1768816155' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par A. B.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;ternel retour&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ils sont la blessure irr&#233;parable. Les r&#233;fugi&#233;s palestiniens ont perdu leurs terres et leurs habitations pendant la guerre de 1948-49 &#224; l'origine de la cr&#233;ation de l'&#201;tat d'Isra&#235;l. Contraints &#224; l'exode &#8211; d&#233;part dont les conditions sont l'objet d'innombrables d&#233;bats d'historiens &#8211;, ils vivent en Jordanie, au Liban, en Syrie, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Leur statut, reconnu par l'UNRWA, a la particularit&#233; unique d'englober les victimes directes de la Nakba, la catastrophe de 1948, mais aussi leurs descendants. De presque 800 000 &#224; l'&#233;poque, ils sont d&#233;sormais plus de 5 millions de r&#233;fugi&#233;s, en ajoutant les exil&#233;s de la guerre des Six Jours en 1967.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#171; camps de r&#233;fugi&#233;s &#187; constituent des quartiers pauvres et tr&#232;s denses, des petites villes dans la ville. Cr&#233;&#233; en 1949 pour assister temporairement les r&#233;fugi&#233;s, l'UNRWA, pr&#233;sent dans 59 camps, n'a jamais cess&#233; de voir son mandat renouvel&#233;. Pourtant, d&#232;s 1948, l'ONU avait reconnu le droit pour les &#171; &lt;i&gt; r&#233;fugi&#233;s qui le d&#233;sirent, de rentrer dans leurs foyers le plus t&#244;t possible&lt;/i&gt; &#187;. Ce &#171; droit au retour &#187; cristallise depuis cette &#233;poque les conflits avec le gouvernement isra&#233;lien. Son ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, Avigdor Liberman, d&#233;clarait encore en janvier dernier qu'il ne permettrait pas le retour &#171; &lt;i&gt;m&#234;me d'un seul&lt;/i&gt; &#187; r&#233;fugi&#233; palestinien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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