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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; La pente naturelle de la machine consiste &#224; rendre impossible toute vie humaine authentique &#187; (Orwell)</title>
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		<dc:date>2014-04-10T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>
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&lt;p&gt;Osez critiquer publiquement la technologie et vous vous retrouverez qualifi&#233; d'obscurantiste, de nostalgique de la bougie et de l'&#226;ge des cavernes, d'antihumaniste, voire de p&#233;tainiste nostalgique du &#171; retour &#224; la terre &#187;. Le philosophe G&#252;nter Anders pr&#233;disait &#171; une mort intellectuelle, sociale ou m&#233;diatique &#187; &#224; ceux qui encourent ce risque. Or force est de constater que la technocratie qui r&#232;gne sur le monde, d&#233;di&#233;e int&#233;gralement &#224; l'efficacit&#233;, a effectivement &#224; voir avec un processus de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no119-fevrier-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;119 (f&#233;vrier 2014)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Osez critiquer publiquement la technologie et vous vous retrouverez qualifi&#233; d'obscurantiste, de nostalgique de la bougie et de l'&#226;ge des cavernes, d'antihumaniste, voire de p&#233;tainiste nostalgique du &#171; retour &#224; la terre &#187;. Le philosophe G&#252;nter Anders pr&#233;disait &#171; &lt;i&gt;une mort intellectuelle, sociale ou m&#233;diatique&lt;/i&gt; &#187; &#224; ceux qui encourent ce risque. Or force est de constater que la technocratie qui r&#232;gne sur le monde, d&#233;di&#233;e int&#233;gralement &#224; l'efficacit&#233;, a effectivement &#224; voir avec un processus de domination totalitaire auquel l'homme est sans cesse condamn&#233; &#224; s'adapter. Dans un ouvrage synth&#233;tique, intitul&#233; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Technocritiques-9782707178237.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Technocritiques, Du refus des machines &#224; la contestation des technosciences&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (&#233;ditions La D&#233;couverte, 2014), l'historien Fran&#231;ois Jarrige retrace le fil politique des oppositions sociales et intellectuelles aux changements techniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y croise luddites et paysans r&#233;fractaires, mais aussi un Rousseau qui refuse de croire en la lib&#233;ration du travail par la technique et propose de &#171; &lt;i&gt;proscrire avec soin toute machine qui peut abr&#233;ger le travail &lt;/i&gt; &#187; ; un Charles Fourier, annonciateur du d&#233;r&#232;glement climatique ; un Gandhi lecteur de William Morris, John Ruskin et Tolsto&#239; ; et aussi Jacques Ellul, les penseurs de la d&#233;croissance ou encore nos camarades de &lt;a href=&#034;http://www.piecesetmaindoeuvre.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pi&#232;ces et main-d'&#339;uvre&lt;/a&gt; (PMO).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discussion avec l'auteur autour de ces r&#233;sistances qui refusent d'abdiquer face &#224; la captation du futur par la technique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Qu'est-ce qui t'a port&#233; vers cet objet de recherche ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_984 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH621/p10-technocritiques-135fe.jpg?1768680876' width='400' height='621' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois Jarrige :&lt;/strong&gt; La question des oppositions et des r&#233;sistances aux changements techniques m'int&#233;resse depuis longtemps. Ma th&#232;se de doctorat portait sur les ouvriers briseurs de machines au d&#233;but du XIXe si&#232;cle. Comme tout objet de recherche, le sujet du livre est au carrefour de plusieurs influences scientifiques, universitaires ou plus personnelles. J'appartiens &#224; une g&#233;n&#233;ration n&#233;e en m&#234;me temps que le nouveau milieu technique qui &#233;merge &#224; partir des ann&#233;es 1970 &#8211; model&#233; par l'informatique et les biotechnologies &#8211; or la rapidit&#233; du processus et la prolif&#233;ration des discours enthousiastes ne cessent de m'intriguer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue historiographique, je me place sous la tutelle de l'historien Edward P. Thompson, c'est-&#224;-dire celle d'une histoire sociale &#171; par en bas &#187;, qui se veut compr&#233;hensive &#224; l'&#233;gard des acteurs, qui essaye d'aller au-del&#224; de ce que Thompson appelait la &#171; &lt;i&gt;condescendance de la post&#233;rit&#233;&lt;/i&gt; &#187; &#8211; ce m&#233;pris que nous, qui pensons &#234;tre au sommet de l'&#233;volution, portons sur les acteurs du pass&#233;. C'est aussi en m'int&#233;ressant aux travaux des socio-anthropologues des techniques, comme Alain Gras, que j'ai commenc&#233; &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la fa&#231;on dont les soci&#233;t&#233;s pass&#233;es pensaient leur rapport aux techniques. Les historiens, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, se d&#233;sint&#233;ressent de ce domaine, parce qu'il p&#232;se dessus la m&#233;fiance associ&#233;e au &#171; d&#233;terminisme technique &#187;, qui voudrait ramener toute explication de la soci&#233;t&#233; &#224; la technique qui dominerait tout. Or, je pense qu'on ne peut pas la mettre de c&#244;t&#233;, car elle fa&#231;onne, sans le d&#233;terminer enti&#232;rement, le champ des possibles de nos actions, de notre rapport au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ta mise en perspective du rapport &#224; la technique nous fait saisir l'anciennet&#233; du d&#233;bat philosophique : l'homme se sert-il de la machine ou sert-il la machine ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois qu'il y a un probl&#232;me dans le discours philosophique sur la technique, c'est qu'il en fait une abstraction, d&#233;tach&#233;e des rapports sociaux, beaucoup de penseurs ont &#233;labor&#233; une ontologie de la technique en lien avec une r&#233;flexion sur la nature de l'homme. Dans mon livre, j'ai plut&#244;t essay&#233; de relier les discours et actions critiques &#224; leur &#233;poque. Le r&#244;le qu'on accorde &#224; la technique, comme le langage pour d&#233;signer ce qu'on appelle aujourd'hui technique, ne sont pas des invariants historiques. Ainsi le terme &#171; technique &#187; comme cat&#233;gorie abstraite, tel qu'on l'entend aujourd'hui, n'&#233;merge qu'au XVIIIe si&#232;cle. &#201;tymologiquement, la technique d&#233;signe l'art et &#171; l'habilet&#233; &#224; faire quelque chose &#187;, mais ce n'est qu'au XIXe si&#232;cle qu'apparaissent r&#233;ellement les significations actuelles associant la technique &#224; l'activit&#233; productive et &#224; la manipulation de l'environnement. Les termes &#171; machine &#187; et &#171; machinisme &#187; envahissent le discours au XIXe si&#232;cle. Apr&#232;s 1945, la notion de machine ne suffit plus pour d&#233;signer la prolif&#233;ration des objets et des produits industriels, donc on a forg&#233; le n&#233;ologisme &#171; technoscience &#187;, c'est-&#224;-dire un nouveau stade de la technique, qui ferait alliance avec les dispositifs de la science, des laboratoires et de l'industrie. Donc, je ne me situe pas dans une dialectique g&#233;n&#233;rale d'opposition pure entre l'homme et la machine. M&#234;me chez Ellul, ce qui est contest&#233; en premier lieu, c'est la technique moderne, fabriqu&#233;e par le grand capitalisme et sa sacralisation. J'essaie de d&#233;crire comment des acteurs sociaux, paysans ou ouvriers, et des intellectuels ont protest&#233; contre des trajectoires techniques, parce qu'ils y voyaient d'abord des formes d'exploitation, d'in&#233;galit&#233;s, de remises en cause de leur mode de vie, de dangers pour l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'ailleurs tu nuances l'id&#233;e re&#231;ue sur le mouvement luddite consid&#233;r&#233; comme une r&#233;volte contre la m&#233;canisation. Tu &#233;cris : &#171; &lt;i&gt;Les travailleurs des d&#233;buts de l'&#232;re industrielle ne se sont pas oppos&#233;s au machinisme naissant au nom d'une suppos&#233;e misotechnie ou d'un refus obscurantiste du progr&#232;s, ils se sont oppos&#233;s &#224; des &#8220;trajectoires technologiques&#8221; qui mena&#231;aient d'accentuer la discipline et d'&#233;roder le contr&#244;le qu'ils d&#233;tenaient sur leur savoir-faire et sur l'organisation du travail.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas des luddites, ce mouvement de briseurs de machines anglais des ann&#233;es 1811-1812, a frapp&#233; les contemporains qui voyaient dans la &#171; r&#233;volution industrielle &#187; une promesse consid&#233;rable en termes de lib&#233;ration de la productivit&#233;. En r&#233;alit&#233;, c'est un ph&#233;nom&#232;ne complexe qui s'inscrit dans un contexte social de crise frumentaire, de hausse du ch&#244;mage, de lois r&#233;pressives, etc. Alors que les industriels cherchaient &#224; discipliner la main-d'&#339;uvre, la machine devient un symbole de cette lutte. De m&#234;me, le monde agricole du XIXe si&#232;cle a &#233;t&#233; structurellement r&#233;calcitrant &#224; toute une s&#233;rie d'innovations, y compris pour des outils aussi simples que la faux, qui mit du temps &#224; remplacer la faucille. Cette opposition des paysans a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;e comme une r&#233;action de &#171; routine instinctive &#187;, de conservatisme atavique de paysans arri&#233;r&#233;s. Or, si on s'int&#233;resse au contexte social, &#224; l'organisation du travail et &#224; la sociabilit&#233; des campagnes, on s'aper&#231;oit qu'ils avaient d'excellentes raisons de protester. Mais ces raisons n'&#233;taient pas prises en compte par ceux qui avaient le monopole de la parole dans l'espace public, qu'ils soient experts ou observateurs sociaux. Aujourd'hui encore, dans les th&#233;ories du management, on mobilise le terme de &#171; routine &#187; pour d&#233;signer le conservatisme &#224; l'&#233;gard de toute &#171; modernisation &#187; ou modification des pratiques de travail. Avec ce type de vocabulaire, on n'explique rien sauf &#224; vouloir d&#233;l&#233;gitimer la d&#233;fense de modes de vie &#233;minemment respectables au demeurant.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_983 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH352/p10-luddites-b0718.jpg?1768669478' width='400' height='352' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'ailleurs, tu constates qu'au XIXe si&#232;cle, au moment o&#249; les griefs s'accumulent contre les ravages de l'industrialisation, les d&#233;g&#226;ts de la chimie, les accidents m&#233;caniques, la d&#233;gradation de l'environnement, &#171; &lt;i&gt;les nouvelles logiques industrielles tendent &#224; acclimater les dangers en les rendant acceptables au nom du progr&#232;s de la nation&lt;/i&gt; &#187;. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#232;me du risque, qu'on pense &#234;tre une notion r&#233;cente, est pr&#233;sent d&#232;s le d&#233;but du XIXe si&#232;cle, comme l'ont montr&#233; notamment les historiens Jean-Baptiste Fressoz ou Thomas Le Roux. Contrairement &#224; la vision dominante, et rassurante, selon laquelle notre monde serait enfin devenu conscient de ses d&#233;rives et de ses fragilit&#233;s, notamment &#224; l'&#233;gard des ravages des choix techniques pass&#233;s, l'histoire montre plut&#244;t une technicisation croissante en d&#233;pit des multiples critiques et mises en garde, toujours repouss&#233;es comme catastrophistes ou trop pessimistes. Il a exist&#233; de multiples fa&#231;ons d'acclimater les technologies dangereuses et contest&#233;es depuis deux si&#232;cles en d&#233;pit de la conscience de leur risque. En France, le d&#233;cret de 1810 cr&#233;e par exemple le cadre l&#233;gislatif autorisant l'installation administrative d'entreprises polluantes. Vers 1840, face aux critiques qui mettaient en cause les proc&#233;d&#233;s de fabrication dangereux et insalubres pour la sant&#233; des ouvriers, les hygi&#233;nistes expliquaient que c'&#233;tait d'abord le mode de vie des classes populaires, l'alcoolisme, etc. qui &#233;taient les vraies causes des maladies. Ainsi, il fallait moraliser le peuple plut&#244;t que transformer l'appareil de production. Ce que la sociologue Sezin Top&#231;u, qui a &#233;tudi&#233; les contestations du nucl&#233;aire, appelle le &#171; &lt;i&gt;gouvernement de la critique&lt;/i&gt; &#187; n'a cess&#233; d'accompagner les trajectoires techniques dangereuses depuis deux si&#232;cles. Les critiques et les opposants n'ont cess&#233; d'&#234;tre repouss&#233;s au moyen de multiples instruments policiers, juridiques ou discursifs ; d'&#234;tre peints comme de dangereux technophobes nostalgiques et frileux, l&#224; o&#249; les promoteurs des derni&#232;res technologies sont d&#233;crits immanquablement comme des h&#233;ros apportant le &#171; progr&#232;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lors des &#233;meutes de Roubaix en mars 1867, 20 000 tisserands se soul&#232;vent contre l'arriv&#233;e de m&#233;tiers perfectionn&#233;s &#8211; qui r&#233;duisaient la main-d'&#339;uvre, augmentaient les cadences, diminuaient les salaires et introduisaient un r&#232;glement disciplinaire et un syst&#232;me d'amendes &#8211;, les membres de l'Internationale les exhortent &#224; respecter les machines : &#171; &lt;i&gt; Ouvriers de Roubaix, quels que soient vos justes griefs, rien ne peut justifier les actes de destruction dont vous vous &#234;tes rendus coupables. Songez que la machine, instrument de travail, doit vous &#234;tre sacr&#233;e ; songez que de pareilles violences compromettent votre cause et celle de tous les travailleurs.&lt;/i&gt; &#187; D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, peut-on dire que le mouvement ouvrier organis&#233; a plut&#244;t accompagn&#233; le progr&#232;s industriel et technologique ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut distinguer les acteurs ordinaires, les ouvriers d'en bas, et les discours &#233;manant de leurs porte-parole et des organisations socialistes et syndicales. La critique des machines qui &#233;tait tr&#232;s large au d&#233;but du XIXe si&#232;cle a peu &#224; peu &#233;t&#233; marginalis&#233;e comme un type de critique sociale ill&#233;gitime. Une des nombreuses raisons est la qu&#234;te de respectabilit&#233; du mouvement ouvrier naissant. Lorsque les membres de l'AIT&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association internationale des travailleurs.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; disent aux ouvriers &#171; &lt;i&gt;Ne cassez pas les machines !&lt;/i&gt; &#187;, c'est en fait un message adress&#233; &#224; la bourgeoisie pour dire &#171; &lt;i&gt;nous sommes responsables et nous sommes vos interlocuteurs&lt;/i&gt; &#187;. Pour autant la critique de la technologie est omnipr&#233;sente dans le mouvement ouvrier et dans les conflits &#224; la base. Mais ce qui est d'abord condamn&#233;, ce sont les usages capitalistes de la machine. L'id&#233;e qui va s'imposer chez les socialistes et ailleurs, c'est que la technique est neutre et que seules comptent les conditions sociales de son utilisation. L'un des grands arguments du syndicalisme, c'est de vouloir mettre la machine et les progr&#232;s techniques, non plus au service du profit et du patronat, mais au service de l'&#233;mancipation et de la collectivit&#233;. &#192; cet &#233;gard, le mouvement syndical a co-construit le monde industriel, et on peut dire qu'il est parvenu au XXe si&#232;cle &#224; modeler certaines conditions d'utilisation des techniques en permettant d'en att&#233;nuer les dangers dans un certain nombre de cas : mises en place de normes, de r&#232;gles de travail, de protection. Mais le contrecoup de cela, c'est la d&#233;politisation de l'objet technique, ramen&#233;e &#224; une sorte d'angle mort de la r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cela explique en partie la difficult&#233; de cat&#233;gorisation politique des &#171; technocritiques &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En gros, la question qui revient constamment est : &#171; La technocritique est-elle r&#233;actionnaire ou progressiste ? &#187; Dans l'&#233;tat du discours public et l'imaginaire social actuel, poser la question c'est d&#233;j&#224; consid&#233;rer la critique des techniques comme r&#233;actionnaire &#8211; reste &#224; savoir ce que recouvre la notion tr&#232;s probl&#233;matique de &#171; la r&#233;action &#187;, qui est h&#233;rit&#233;e de la lutte entre l'Ancien R&#233;gime et la R&#233;volution. Or, les discours technocritiques ont souvent &#233;t&#233; port&#233;s par des discours &#233;mancipateurs et &#233;galitaires. Il existe aussi des penseurs traditionnalistes, catholiques, comme Louis Veuillot, qui avaient horreur des machines, symboles de la modernit&#233;, de la m&#234;me mani&#232;re qu'ils avaient en horreur la d&#233;mocratie ou le prol&#233;tariat dans lesquels ils voyaient la remise en cause de l'ordre ancien. Toutefois, le r&#233;el int&#233;r&#234;t de penser la technocritique, c'est de d&#233;caler le regard par rapport aux cat&#233;gories politiques classiques. On constate d'ailleurs aujourd'hui &#224; quel point la dialectique gauche-droite est simpliste, quand on voit la similitude entre les politiques de gauche et de droite. &#192; cet &#233;gard, l'av&#232;nement de l'&#233;cologie politique a jou&#233; un r&#244;le important comme reconfiguration du champ politique en int&#233;grant &#224; la r&#233;flexion sociale une pr&#233;occupation environnementale &#8211; qui est &#233;galement tr&#232;s largement une question sociale. Par ailleurs, la mont&#233;e de l'&#233;cologie politique a contribu&#233; &#224; repenser et &#224; repolitiser la technique, avec les d&#233;bats dans les ann&#233;es 1970, port&#233;s par Ivan Illich ou Lewis Mumford&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au sujet de Lewis Mumford, lire l'article de Fran&#231;ois Jarrige dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, sur les technologies &#171; alternatives &#187; ou &#171; douces &#187;, d&#233;coupl&#233;es des conditions capitalistes de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour revenir &#224; l'apog&#233;e de l'id&#233;ologie de la technoscience, le slogan de l'Exposition universelle de Chicago en 1933 : &#171; &lt;i&gt; La science trouve, l'industrie applique, l'homme s'adapte&lt;/i&gt; &#187;, ne dit-il pas tout de l'aspect totalitaire de cette id&#233;ologie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Magnifique (rires). Les ann&#233;es 1930 sont en effet un moment de cadrage modernisateur o&#249; la technologie devient un ciment identitaire aux &#201;tats-Unis, plus qu'en Europe, avec la g&#233;n&#233;ralisation de l'automobile, la radio, les gratte-ciel, etc. Le mot &#171; machine &#187; est omnipr&#233;sent &#8211; Le Corbusier parle des &#171; &lt;i&gt;machines &#224; habiter&lt;/i&gt; &#187; pour qualifier son projet architectural, on pense au film de Chaplin &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=lU46H9Tn7RQ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Temps modernes&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, etc. &#8211;, c'est aussi un moment de remise en cause radicale du monde industriel et technologique. On trouve donc cette remise en cause chez des penseurs comme Simone Weil ou George Orwell qui affirmait &#224; cette &#233;poque que &#171; &lt;i&gt; la pente naturelle de la machine consiste &#224; rendre impossible toute vie humaine authentique&lt;/i&gt; &#187;. La grande crise de 1929 va contribuer &#224; cette d&#233;fiance vis-&#224;-vis de la promesse d'abondance sur laquelle repose la technologie. Les deux guerres mondiales vont &#234;tre interpr&#233;t&#233;es aussi comme de formidables moments de d&#233;mesure technologique : la premi&#232;re guerre mondiale impulse les avions, l'artillerie lourde, la chimie, l'industrie des transports, etc. En r&#233;action les discours des entrepreneurs de technologies affirment que s'il y a crise c'est que la soci&#233;t&#233; ne s'adapte pas assez vite. D'une certaine mani&#232;re la psychologie et les sciences sociales vont &#234;tre mises au service de cette adaptation. On affirme que la technique est neutre et in&#233;luctable, qu'il ne s'agit pas d'adapter la technique aux hommes mais d'adapter les hommes &#224; la technique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_985 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH349/p10-usine-plonk-cqfd119-26c16.jpg?1768680876' width='500' height='349' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk et Replonk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu parlais d'Orwell, on pourrait aussi voir dans les r&#233;cits dystopiques des proph&#233;ties apocalyptiques qui contribuent &#224; d&#233;moraliser les derniers espoirs d'&#233;mancipation.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours apocalyptique de la perte de contr&#244;le sur la technologie est un th&#232;me structurant de la technocritique ; il appara&#238;t d&#232;s le milieu du XIXe si&#232;cle. Je vois dans cette tradition litt&#233;raire pessimiste une sorte de sid&#233;ration face au devenir du monde, m&#234;me si les auteurs sont tr&#232;s divers, ils agissent comme des lanceurs d'alerte. Leur fonction est justement d'&#234;tre le miroir invers&#233; des discours technoproph&#233;tiques qui, eux, apparaissent normaux et l&#233;gitimes. Depuis le milieu du XIXe si&#232;cle, on investit la technique &#8211; le train, le t&#233;l&#233;graphe, l'automobile, le nucl&#233;aire, les OGM, le num&#233;rique &#8211; des m&#234;mes possibilit&#233;s formidables : la paix dans le monde, la disparition de la faim, l'entente universelle, etc. Et aujourd'hui, cette propagande est omnipr&#233;sente dans la pub, dans les m&#233;dias, dans le discours marketing comme dans le discours politique. La technologie reste fascinante pour les hommes politiques car elle leur permet d'&#233;viter de penser ! Il suffit de s'en remettre aux promesses de la technologie : on va &#233;quiper toutes les &#233;coles en tablettes et il n'y aura plus besoin de penser la crise de l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; l'&#232;re de la consommation de masse, la technologie s'est introduite de fa&#231;on tentaculaire et &#224; un rythme in&#233;dit dans tous les espaces de la vie sociale. G&#252;nter Anders disait que la &#171; &lt;i&gt;gr&#232;ve priv&#233;e&lt;/i&gt; &#187; ne changera rien &#224; la colonisation par des faux besoins technologiques, dont on se passait merveilleusement il y a vingt ans&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une mani&#232;re de poser une question centrale aujourd'hui : o&#249; se situent les formes de r&#233;sistance collective ? D'une certaine mani&#232;re, le syndicalisme a &#233;t&#233; une force historique &#8211; certes imparfaite et inaboutie &#8211; de n&#233;gociation et de fa&#231;onnement des trajectoires techniques. Aujourd'hui il y a tout un courant sur la d&#233;connexion volontaire face &#224; la saturation du num&#233;rique. Dans la perspective d'Anders, ce genre d'action individuelle, c'est du pipeau. C'est au contraire une mani&#232;re de dire : regardez, vous avez le choix de vous connecter ou pas. Toujours le th&#232;me de la neutralit&#233; ou du m&#233;susage des techniques. De m&#234;me &#224; la croyance des hackers en leur capacit&#233; &#224; subvertir la technique, on opposera facilement l'argument qu'il faut &#234;tre soi-m&#234;me un formidable technicien. Or, m&#234;me si l'on vit dans un monde hypertechnologique, c'est aussi un monde o&#249; la plupart des gens ne ma&#238;trisent pas la technique. &#201;videmment, on n'a pas le choix ! Car la technologie fa&#231;onne le monde et ses trajectoires sont model&#233;es plus que jamais par des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et politiques gigantesques et hyper-concentr&#233;s. On est dans un processus d'adaptation massive &#224; un rythme acc&#233;l&#233;r&#233;. Aujourd'hui, dans un cadre mondialis&#233;, il n'y a plus d'espace politique d'intervention possible, d'autant que tous les pouvoirs &#8211; l'&#201;tat ou les institutions internationales &#8211; s'en remettent &#224; la technologie comme solution &#224; tous nos probl&#232;mes. A contrario, un des arguments majeurs de la technocritique actuelle, &#224; l'&#232;re de l'anthropoc&#232;ne, c'est justement la mise en avant des limites environnementales aux trajectoires technologiques en cours, comme le num&#233;rique, qui demandent une mobilisation de mati&#232;res premi&#232;res et d'&#233;nergies consid&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paradoxalement, le discours actuel pr&#233;tend que la soci&#233;t&#233; technicienne est une soci&#233;t&#233; extr&#234;mement fragile et vuln&#233;rable, sentiment renforc&#233; par la notion de risque et le principe de pr&#233;caution.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une trentaine d'ann&#233;es, les mobilisations qui mettent la technoscience au c&#339;ur de leur lutte tendent &#224; s'accro&#238;tre : opposition &#224; de grands projets industriels, lutte anti-OGM, refus des technologies s&#233;curitaires, etc. Ce ne sont pas des mouvements &#171; technophobes &#187; stricto sensu et ils peuvent rassembler des &#233;l&#233;ments tr&#232;s h&#233;t&#233;roclites : des militants politiques, des riverains contre les nuisances (pollution, risques) ou des mouvements plus professionnels (&#233;leveurs contre le pu&#231;age de leurs brebis). Ces luttes s'accompagnent d'une remise en cause de la figure de l'expert et du technicien, d'o&#249; l'inqui&#233;tude des autorit&#233;s scientifiques, industrielles et politiques. C'est fascinant de constater &#224; quel point ces pouvoirs gigantesques s'inqui&#232;tent de l'influence de groupes technocritiques marginaux. Certains ont &#233;t&#233; jusqu'&#224; se fendre r&#233;cemment d'une tribune pour se plaindre de l'opposition grandissante de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise aux technologies&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. &#171; La France a besoin de scientifiques techniciens &#187; par Robert Badinter, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Alors que dans les faits la critique de la technoscience se heurte imm&#233;diatement &#224; la disqualification et &#224; la r&#233;pression avec tout le discours sur l'&#233;coterrorisme. On construit un spectre : le technophobe qui menacerait la civilisation. Parall&#232;lement, les &#201;tats essaient de multiplier les dispositifs d'acceptabilit&#233; des produits technologiques. Cela confirme &#224; mon sens la d&#233;monstration que la technique est int&#233;gralement un ph&#233;nom&#232;ne politique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_986 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH371/p10-plonk--timbreur-timbre_-8951f.jpg?1768680876' width='500' height='371' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk et Replonk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Association internationale des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Au sujet de Lewis Mumford, lire l'article de Fran&#231;ois Jarrige dans &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lechappee.org/radicalite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radicalit&#233;&lt;/a&gt;, 20 penseurs vraiment critiques&lt;/i&gt;, L'&#233;chapp&#233;e, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cf. &#171; La France a besoin de scientifiques techniciens &#187; par Robert Badinter, Jean-Pierre Chev&#232;nement, Alain Jupp&#233; et Michel Rocard, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 14 octobre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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