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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La justice, peine perdue ? </title>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Cens&#233;e prot&#233;ger les faibles face aux puissants, la justice fran&#231;aise garde une f&#226;cheuse tendance &#224; &#233;pargner les riches et enfoncer les pauvres. Surtout, elle privil&#233;gie une mani&#232;re brutale de r&#233;soudre les conflits : la peine, souvent de prison. Ailleurs dans le monde, d'autres fa&#231;ons de rendre justice se d&#233;veloppent pourtant&#8230; C'est une fable de Jean de la Fontaine, l'histoire d'une terrible &#233;pid&#233;mie de peste au royaume des animaux. &#171; Ils ne mouraient pas tous, &#233;crit-il, mais tous &#233;taient (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cens&#233;e prot&#233;ger les faibles face aux puissants, la justice fran&#231;aise garde une f&#226;cheuse tendance &#224; &#233;pargner les riches et enfoncer les pauvres. Surtout, elle privil&#233;gie une mani&#232;re brutale de r&#233;soudre les conflits : la peine, souvent de prison. Ailleurs dans le monde, d'autres fa&#231;ons de rendre justice se d&#233;veloppent pourtant&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3553 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH463/-1705-2ce58.jpg?1768657458' width='500' height='463' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de J&#233;r&#233;my Boulard Le Fur
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est une fable de Jean de la Fontaine, l'histoire d'une terrible &#233;pid&#233;mie de peste au royaume des animaux. &#171; &lt;i&gt;Ils ne mouraient pas tous&lt;/i&gt;, &#233;crit-il, &lt;i&gt;mais tous &#233;taient frapp&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Convoquant ses sujets, le lion pr&#233;tend que la maladie est un ch&#226;timent divin et que seule une mise &#224; mort pourrait calmer le ciel : &#171; &lt;i&gt;Que le plus coupable de nous se sacrifie. &lt;/i&gt; &#187; Beau joueur, le f&#233;lin avoue qu'il a croqu&#233; divers moutons et bergers qui ne lui avaient rien fait. &#171; &lt;i&gt; Sire, dit le renard, vous &#234;tes trop bon roi ; vos scrupules font voir trop de d&#233;licatesse ; et bien, manger moutons, canaille, sotte esp&#232;ce, est-ce un p&#233;ch&#233; ? &lt;/i&gt; &#187; Flatteurs en t&#234;te, l'assembl&#233;e conclut que non. Le fabuliste poursuit : &#171; &lt;i&gt; On n'osa trop approfondir du tigre, ni de l'ours, ni des autres puissances, les moins pardonnables offenses. &lt;/i&gt; &#187; Puis l'&#226;ne confesse avoir, un jour, croqu&#233; quelques brins d'herbe dans un pr&#233; qui ne lui appartenait pas. &#171; &lt;i&gt; Sa peccadille fut jug&#233;e un cas pendable. Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable ! Rien que la mort n'&#233;tait capable d'expier son forfait : on le lui fit bien voir. Selon que vous serez puissant ou mis&#233;rable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis le XVII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et l'&#233;criture des &lt;i&gt;Animaux malades de la peste&lt;/i&gt;, la justice a-t-elle tellement chang&#233; ? Au fond, c'est toujours la m&#234;me histoire faisand&#233;e. Christine Lagarde, patronne du Fonds mon&#233;taire international, reconnue coupable d'avoir fait perdre pr&#232;s de 400 millions d'euros &#224; l'&#201;tat en favorisant un arbitrage frauduleux au b&#233;n&#233;fice de Bernard Tapie ? Dispens&#233;e de peine. A., jeune Marocain, ayant vol&#233; un t&#233;l&#233;phone &#224; Barb&#232;s ? Trois mois de prison ferme&lt;i&gt; [lire p. V]&lt;/i&gt;. Dignes reflets des in&#233;galit&#233;s de la soci&#233;t&#233;, les tribunaux de 2021 continuent de rendre une justice de classe &#8211; et de race. Un ph&#233;nom&#232;ne syst&#233;mique, r&#233;pondant &#224; des logiques assez bien identifi&#233;es par les sciences sociales &lt;i&gt;[p. IV]&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il y a des contre-exemples. Il arrive que des puissants soient condamn&#233;s et chaque jour, dans tel ou tel tribunal de France, des mis&#233;reux arrachent la cl&#233;mence des juges. Insistant sur cet aspect des choses, la revue &lt;i&gt;Les Cahiers de la Justice&lt;/i&gt;, co&#233;dit&#233;e par l'&#201;cole nationale de la magistrature, publiait en 2017 un &#233;dito intitul&#233; &#171; Justice de classe, vraiment ? &#187;. Elle y posait les questions suivantes : &#171; &lt;i&gt;Que serait le monde ouvrier sans le droit du travail, les syndicats et les prudhommes ? Peut-on dire que le droit du licenciement (et toute la jurisprudence qui s'en est suivie) est fait contre les salari&#233;s ? &lt;/i&gt; &#187; Certes non : des jugements viennent chaque jour temp&#233;rer la toute-puissance patronale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais combien de d&#233;cisions judiciaires couvrent les agissements frauduleux d'employeurs ? Et quelles connaissances faut-il mobiliser, quel imbitable jargon faut-il se mettre &#224; parler, quelle &#233;nergie faut-il d&#233;baucher pour obtenir un morceau de justice ! Du c&#244;t&#233; d'Arles, les travailleurs agricoles immigr&#233;s employ&#233;s par l'entreprise Laboral Terra dans des conditions parfois proches du servage le savent bien : sans l'aide du Codetras, un collectif de soutien juridique, ils n'auraient jamais pu faire condamner leurs patrons &#8211; et encore, le jugement ne fut pas &#224; la hauteur de leurs attentes &lt;i&gt;[p. VII]&lt;/i&gt;. Quant aux accusations de harc&#232;lement sexuel formul&#233;es par deux employ&#233;es, elles prennent toujours la poussi&#232;re sur le bureau d'un juge d'instruction d'Avignon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Dira-t-on que la protection de l'enfance en danger cherche &#224; opprimer les enfants des plus pauvres ?&lt;/i&gt;, interrogeaient encore Les &lt;i&gt;Cahiers de la Justice&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Il faut ne pas avoir mis les pieds dans un tribunal pour ignorer que les droits sont valables pour tous.&lt;/i&gt; &#187; Il faut surtout sacr&#233;ment se voiler la face pour nier que les magistrats jugent parfois au m&#233;pris du droit et de ceux de la d&#233;fense. Il faut n'avoir jamais caus&#233; avec une avocate en droit des &#233;trangers pour m&#233;conna&#238;tre que quand il s'agit de mettre injustement en doute le jeune &#226;ge d'un mineur &#233;tranger isol&#233;, les juges des enfants se font trop souvent complices des D&#233;partements (en dessous de 18 ans, le Conseil d&#233;partemental est tenu de le prendre en charge). Il faut n'avoir jamais assist&#233; &#224; une comparution imm&#233;diate pour ignorer qu'on y condamne &#224; des mois de cabane au terme d'un petit quart d'heure de proc&#232;s b&#226;cl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'institution a des circonstances att&#233;nuantes. Elle manque de moyens : chaque ann&#233;e, la France consacre &#224; la justice 70 &#8364; par habitant &#8211; l'Allemagne 131, la Suisse 220 (l'Arm&#233;nie 8). Et puis, juger n'est pas chose ais&#233;e : risquer chaque jour d'innocenter un coupable ou de condamner un innocent, il y a de quoi cauchemarder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout de m&#234;me. Que dire de la justice au moment des Gilets jaunes ? Que penser de tous ces magistrats au garde-&#224;-vous, des peines d'interdiction de manifester qu'ils ont pu infliger ? Que comprendre de l'indigent traitement judiciaire des violences polici&#232;res ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, l'univers du droit daigne aussi, parfois, prot&#233;ger un tantinet les libert&#233;s. Quand le Conseil d'&#201;tat r&#233;affirme l'interdiction des drones policiers, ou quand le Conseil constitutionnel censure telle ou telle folie l&#233;gislative macronienne, on se dit que oui, le principe de la s&#233;paration des pouvoirs, &#231;a a du bon. Et que la justice permet heureusement d'att&#233;nuer l'arbitraire politico-administratif. Mais les personnes qui contr&#244;lent l'ex&#233;cutif, le l&#233;gi&#8202;latif et le judiciaire appartiennent au m&#234;me monde. Elles partagent des int&#233;r&#234;ts communs. Combien de lois scandaleuses ont-ils laiss&#233; passer, les soi-disant &#171; Sages &#187; de la rue de Montpensier ? Combien d'injustes assignations &#224; r&#233;sidence ont-ils valid&#233;es, les tribunaux administratifs, pendant l'&#233;tat d'urgence antiterroriste ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La galaxie judiciaire fran&#231;aise a une autre tare majeure. Elle est trop souvent p&#233;nale, mue par une unique obsession : le ch&#226;timent. Et donc la prison &lt;i&gt;[pp. II &amp; III]&lt;/i&gt;. Comme si rendre justice ne consistait qu'&#224; punir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, les Najavos, qui disposent de leur propre syst&#232;me judiciaire, ont renou&#233; depuis les ann&#233;es 1980 avec un mod&#232;le traditionnel radicalement diff&#233;rent : le &lt;i&gt;peacemaking&lt;/i&gt; &lt;i&gt;[pp. X &amp; XI]&lt;/i&gt;. Victime et agresseur peuvent choisir de dialoguer, accompagn&#233;s de leurs proches et d'un m&#233;diateur, pour parvenir &#224; une r&#233;solution du conflit en se mettant d'accord sur une r&#233;paration : des mots, une indemnisation mat&#233;rielle, des actes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inspir&#233;es par de telles pratiques de peuples autochtones, des formes de justice dites &#171; restaurative &#187; et &#171; trans&#8202;formative &#187; se d&#233;veloppent actuellement dans le monde anglo-saxon &lt;i&gt;[pp. VIII &amp; IX]&lt;/i&gt;. Si la justice restaurative a tendance &#224; &#234;tre incor&#8202;por&#233;e par le syst&#232;me p&#233;nal, la justice transformative se pratique pour l'instant en dehors des institutions, au sein de groupes sociaux opprim&#233;s n'ayant rien &#224; attendre du monde judiciaire classique. Certainement pas exempts de tout reproche, ces mod&#232;les alternatifs ont le m&#233;rite d'ouvrir un autre imaginaire qui permettra peut-&#234;tre, un jour, de vraiment rendre justice.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le dernier mot &#224; la d&#233;fense : la justice, parfois, sait faire de la po&#233;sie. La preuve en fut donn&#233;e le 7 septembre 1995 par la cour d'appel de Riom (Puy-de-D&#244;me). Dans un hameau perdu, un habitant se plaignait du poulailler de ses voisins. Le tribunal de Clermont-Ferrand lui avait donn&#233; raison, ordonnant la destruction du poulailler. Mais le jugement d'appel prit joliment le parti des gallinac&#233;s : &#171; &lt;i&gt;Attendu que la poule est un animal anodin et stupide, au point que nul n'est encore parvenu &#224; le dresser, pas m&#234;me un cirque chinois ; que son voisinage comporte beaucoup de silence, quelques tendres gloussements et des caqu&#232;tements qui vont du joyeux (ponte d'un &#339;uf) au serein (d&#233;gustation d'un ver de terre) en passant par l'affol&#233; (vue d'un renard) ; que ce paisible voisinage n'a jamais incommod&#233; que ceux qui, pour d'autres motifs, nourrissent du courroux &#224; l'&#233;gard des propri&#233;taires de ces gallinac&#233;s ; que la cour ne jugera pas que le bateau importune le marin, la farine le boulanger, le violon le chef d'orchestre, et la poule un habitant du lieu-dit La Rochette, village de Sall&#232;des (402 &#226;mes) dans le d&#233;partement du Puy-de-D&#244;me... &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ces motifs donc, le poulailler fut momentan&#233;ment sauv&#233;. La Cour de cassation, toutefois, finit par annuler ce joli jugement. Sans doute n'aime-t-elle pas la po&#233;sie. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; On peut parler de barbarie hospitali&#232;re &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/On-peut-parler-de-barbarie</link>
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		<dc:date>2020-02-08T04:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margaux Wartelle</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Gwen Tomahawk</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;En France, pr&#232;s de 20 % des hospitalisations en psychiatrie sont effectu&#233;es sous contrainte, &#224; la demande d'un tiers ou d'une autorit&#233; publique. Parmi les patients concern&#233;s, certains contestent la d&#233;cision, mais la plupart ne connaissent pas leurs droits ou sont mal accompagn&#233;s. Longtemps membre du Groupe information asiles (GIA), lui-m&#234;me ex-intern&#233;, Andr&#233; Bitton est aujourd'hui pr&#233;sident du Cercle de r&#233;flexion et de proposition d'action sur la psychiatrie (CRPA). Il y m&#232;ne une lutte (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no184-fevrier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;184 (f&#233;vrier 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/soins" rel="tag"&gt;soins&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Conseil-constitutionnel" rel="tag"&gt;Conseil constitutionnel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/droit" rel="tag"&gt;droit&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Conseil" rel="tag"&gt;Conseil&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CRPA" rel="tag"&gt;CRPA&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En France, pr&#232;s de 20 % des hospitalisations en psychiatrie sont effectu&#233;es sous contrainte, &#224; la demande d'un tiers ou d'une autorit&#233; publique. Parmi les patients concern&#233;s, certains contestent la d&#233;cision, mais la plupart ne connaissent pas leurs droits ou sont mal accompagn&#233;s. Longtemps membre du Groupe information asiles (GIA), lui-m&#234;me ex-intern&#233;, Andr&#233; Bitton est aujourd'hui pr&#233;sident du Cercle de r&#233;flexion et de proposition d'action sur la psychiatrie (CRPA). Il y m&#232;ne une lutte r&#233;solument antipsychiatrique, d&#233;fendant une approche collective, centr&#233;e sur les droits des malades &#8211; hospitalis&#233;s sous contrainte ou non. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3240 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH416/-1452-34778.jpg?1768652522' width='400' height='416' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Gwen Tomahawk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans quel contexte avez-vous &#233;t&#233; amen&#233; &#224; fonder le Cercle de r&#233;flexion et de proposition d'action sur la psychiatrie (CRPA) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans les ann&#233;es 1980 et 90, j'ai moi-m&#234;me connu l'internement sous contrainte. J'ai milit&#233; au sein du GIA, le Groupe information asiles&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Groupe form&#233; en 1972, proche de la mouvance anarcho-mao&#239;ste de l'&#233;poque. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, o&#249; je me suis form&#233; sur le tas. Le CRPA est n&#233; en 2010 d'une scission avec le GIA. Nous avons d'ailleurs explos&#233; &#224; une p&#233;riode plut&#244;t positive niveau r&#233;sultats. Le Conseil constitutionnel venait de nous donner raison, suite &#224; la QPC [&lt;i&gt;Question prioritaire de constitutionnalit&#233;, un dispositif qui permet de v&#233;rifier aupr&#232;s du Conseil constitutionnel la constitutionnalit&#233; d'une loi d&#233;j&#224; promulgu&#233;e &#8211; NDLR&lt;/i&gt;] &#224; laquelle nous nous &#233;tions associ&#233;s : le contr&#244;le par un juge de l'hospitalisation sous contrainte devait bien &#234;tre syst&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, on &#233;tait entr&#233;s dans une nouvelle &#232;re en mati&#232;re de psychiatrie : le discours ultra s&#233;curitaire de Nicolas Sarkozy &#224; Antony (Hauts-de-Seine) en d&#233;cembre de cette ann&#233;e-l&#224; a entra&#238;n&#233; une distribution de bracelets de contention aux &#233;tablissements psychiatriques, l'installation de cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance dans les chambres des personnes intern&#233;es, la mise en chantier de nouvelles Unit&#233;s pour malades difficiles... En opposition &#224; cela, le Collectif des 39 s'est cr&#233;&#233;, essentiellement du c&#244;t&#233; des psychiatres&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces professionnels se sont r&#233;unis en d&#233;cembre 2008 autour d'un appel &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Nous les avons ralli&#233;s en 2010, tout en les contestant sur certains points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais d&#233;cid&#233; &#224; mener le combat sur la question du droit des malades au sein du GIA. Je me suis form&#233; aupr&#232;s de Philippe Bernardet&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sociologue et chef de file historique du GIA jusqu'&#224; son d&#233;c&#232;s en 2007. Il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, qui m'a appris &#224; me battre avec les moyens du droit. Aujourd'hui, j'ai r&#233;duit mon activit&#233; au CRPA, pour cause de vieillesse. La donne en mati&#232;re psychiatrique a effectivement chang&#233; : la lutte est de plus en plus technique sur le plan du droit. Il n'en reste pas moins n&#233;cessaire que des personnes (ex-)psychiatris&#233;es reprennent le flambeau et se fassent entendre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concr&#232;tement, des personnes qui s'estiment bafou&#233;es dans leurs droits viennent vous voir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On re&#231;oit des demandes d&#233;sordonn&#233;es. En France, il n'y a pas de guichets d'acc&#232;s aux droits d&#233;di&#233;s sur le plan psychiatrique, les pouvoirs publics n'en veulent pas. Les gens sollicitent quiconque est visible sur l'Internet. J'encourage &#224; faire cause commune, &#224; ne pas &#234;tre individualiste. Avec d'autres, on essaye de mettre en place une permanence &#8220;Infos droits psychiatris&#233;s&#8221; une fois par mois &#224; Paris. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chaque ann&#233;e, plus de 90 000 personnes sont hospitalis&#233;es sous contrainte. Il semble y avoir en France une vieille tradition de l'enfermement psychiatrique et du d&#233;ni des droits des patients&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#232;s sa cr&#233;ation dans les ann&#233;es 1960, l'Unafam [&lt;i&gt;Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicap&#233;es psychiques&lt;/i&gt;], le lobby des familles, a demand&#233; la l&#233;galisation de la contrainte aux soins psychiatriques et la possibilit&#233; de faire interner le parent malade le plus simplement possible, sans formalit&#233;s, c'est-&#224;-dire sans aucune garantie pour le patient. Il a fallu que Nicolas Sarkozy l&#233;galise les QPC et que le Conseil constitutionnel rende ses premi&#232;res d&#233;cisions pour qu'on obtienne un contr&#244;le judiciaire syst&#233;matique de l'internement psychiatrique. Il y a l&#224; une exception fran&#231;aise puisque plusieurs pays frontaliers avaient introduit ce contr&#244;le judiciaire depuis longtemps : l'Italie en 1978, le Royaume-Uni et l'Espagne en 1983, la Belgique en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, ce n'est le cas que depuis la loi du 5 juillet 2011 &#8211; modifi&#233;e le 27 septembre 2013 [&lt;i&gt;&#224; la demande du Conseil constitutionnel&lt;/i&gt;]. D&#233;sormais, les patients intern&#233;s sans consentement dans les h&#244;pitaux psychiatriques doivent &#234;tre pr&#233;sent&#233;s &#224; un juge des libert&#233;s et de la d&#233;tention avant la fin des douze premiers jours de leur internement, puis tous les six mois si l'hospitalisation sous contrainte &#224; temps complet se prolonge. Mais m&#234;me cette maigre garantie a &#233;t&#233; critiqu&#233;e par une large partie des hospitaliers&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans l'article &#171; Psychiatrie : le casse-t&#234;te de la nouvelle loi &#187; (Le Monde, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Jusqu'au bout, ces professionnels de la psychiatrie ne voulaient pas de droits effectifs et praticables pour les malades mentaux. Ils ont d'ailleurs mis en &#339;uvre ce qu'il fallait pour neutraliser l'introduction de ce contr&#244;le judiciaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette r&#233;forme a-t-elle tout de m&#234;me &#233;t&#233; une avanc&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Regardez le documentaire &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/12_jours&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;12 jours&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de Raymond Depardon sur les audiences dont nous parlons : on assiste &#224; une parodie de justice. Les infirmiers sont pr&#233;sents, les avocats ne soul&#232;vent aucune nullit&#233;, les patients ne sont pas entendus...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute fa&#231;on, il n'y a pas que l'hospitalisation sous contrainte qui doit &#234;tre contest&#233;e : le &#8220;service libre&#8221;, cens&#233; &#234;tre exclusif de toute contrainte, s'effectue en g&#233;n&#233;ral en milieu ferm&#233; avec contrainte aux soins [&lt;i&gt;obligation de prendre les m&#233;dicaments prescrits&lt;/i&gt;]. En droit pur, on ne peut pas vous obliger, mais, dans les faits, on ne se g&#234;ne pas. Et si vous mouftez, on vous met en chambre d'isolement. Nous sommes en droit de parler de barbarie hospitali&#232;re dans la psychiatrie publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je trouve inadmissible le raisonnement postulant : &#8220;On manque de personnel, donc on maltraite.&#8221; Le CRPA a soutenu &#224; leurs d&#233;buts les protestations du personnel soignant sur les conditions de travail. C'&#233;tait le cas pour les soignants gr&#233;vistes de l'h&#244;pital du Rouvray&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dix-sept jours de gr&#232;ve de la faim et une gr&#232;ve illimit&#233;e de pr&#232;s de trois (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, en Seine-Maritime. Finalement, ils ont obtenu 30 postes suppl&#233;mentaires, dont 20 en UHSA [&lt;i&gt;Unit&#233; hospitali&#232;re sp&#233;cialement am&#233;nag&#233;e&lt;/i&gt;]. Autrement dit, ils se sont battus pour obtenir un h&#244;pital psychiatrique prison ! Nous ne soutenons pas ceux qui revendiquent davantage d'enfermement. En novembre dernier, la Contr&#244;leuse g&#233;n&#233;rale des lieux de privation de libert&#233; a rendu &lt;a href=&#034;https://www.cglpl.fr/2019/recommandations-en-urgence-relatives-au-centre-hospitalier-du-rouvray-a-sotteville-les-rouen-seine-maritime/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un rapport alarmant&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Recommandations en urgence relatives au centre hospitalier du Rouvray &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; concernant ce m&#234;me h&#244;pital ! Elle d&#233;nonce une &#8220;violation grave du droit des patients&#8221; et une &#8220;atteinte &#224; la dignit&#233; humaine&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous venez d'&#233;voquer la contrainte aux soins. Au-del&#224; de l'enfermement en tant que tel, vous vous battez aussi &#233;norm&#233;ment sur ce sujet-l&#224;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Depuis les ann&#233;es 1970, le mouvement antipsychiatrique proteste contre l'asile et ses murs, mais beaucoup moins contre les m&#233;dicaments et la contrainte aux soins. Sur cette question, la r&#233;ponse &#224; la QPC que nous avons soulev&#233;e en 2012 contre la loi du 5 juillet 2011 est int&#233;ressante. D'abord, elle invalide le r&#233;gime d&#233;rogatoire voulu par le pouvoir sarkozyste &#224; l'endroit des personnes intern&#233;es en unit&#233;s pour malades difficiles et des p&#233;naux irresponsables&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Conseil constitutionnel a impos&#233; au l&#233;gislateur d'apporter des garanties (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;. Ensuite, elle pose un s&#233;rieux probl&#232;me sur la contrainte aux soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car litt&#233;ralement, le Conseil constitutionnel dit que la contrainte aux soins est exempte de toute contrainte. C'est difficile &#224; comprendre&#8230; Disons que vous sortez de l'h&#244;pital sous contrainte aux soins : vous devez suivre un programme de soins avec lequel vous &#234;tes cens&#233; &#234;tre en accord. Sauf que si vous n'obtemp&#233;rez pas &#224; la prise de traitement et aux rendez-vous ayant trait aux prescriptions, vous &#234;tes r&#233;intern&#233;. Alors, y a-t-il contrainte ou non ? Le Conseil constitutionnel a tranch&#233; : on ne peut pas contraindre la personne aux soins dans le cadre d'un programme de soins. Si on veut contraindre cette personne aux soins, on doit la r&#233;interner et rouvrir la proc&#233;dure qui m&#232;ne au contr&#244;le de cette r&#233;int&#233;gration par le juge des libert&#233;s et de la d&#233;tention. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La contrainte aux soins en ambulatoire, &#224; l'ext&#233;rieur de l'h&#244;pital, n'est donc pas inscrite dans la loi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pas tout &#224; fait, mais cela revient au m&#234;me : &#224; l'heure actuelle, des gens sont perp&#233;tuellement sous contrainte aux soins en ambulatoire, car ils vivent sous la menace d'un r&#233;internement. Nous qui avons connu les internements des ann&#233;es 1980-1990, nous &#233;tions dans les faits le laboratoire de cette contrainte aux soins. J'ai &#233;t&#233; intern&#233; &#224; la fin des ann&#233;es 1980, on m'a dit que j'&#233;tais sous contrainte aux soins, alors que l&#233;galement elle n'existait pas. C'est l'essence m&#234;me de la psychiatrie, depuis l'ouverture des h&#244;pitaux psychiatriques dans les ann&#233;es 1970, d'avoir mis en &#339;uvre puis l&#233;galis&#233; la contrainte aux soins en mati&#232;re psychiatrique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est-&#224;-dire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On pratique, puis on l&#233;galise les pratiques. Le 30 juin 1838, sous Louis-Philippe, est promulgu&#233;e la loi sur &#8220;l'enfermement des ali&#233;n&#233;s&#8221; qui est rest&#233;e pratiquement inchang&#233;e jusqu'en 1990. On a mis en place des sorties d'essai [&lt;i&gt;le patient, hospitalis&#233; sous contrainte, peut quitter l'h&#244;pital et vivre chez lui avec un suivi&lt;/i&gt;] d&#232;s la circulaire de 1957, mais ce n'&#233;tait qu'une circulaire. Les sorties d'essai ont &#233;t&#233; l&#233;galis&#233;es par la loi du 27 juin 1990. Quant &#224; la contrainte aux soins en ambulatoire, elle a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;e avec une circulaire de 1937, pendant le Front populaire. Cette circulaire a pos&#233; le principe du dispensaire d'hygi&#232;ne mental ainsi que du service libre, &#224; l'h&#244;pital Sainte-Anne, &#224; Paris. Ces dispositifs ont &#233;t&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;s &#224; partir des ann&#233;es 1970. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un d&#233;cret de mai 2019 a autoris&#233; le croisement de deux fichiers informatiques, l'un concernant les personnes subissant des soins psychiatriques sans consentement, l'autre le terrorisme. Qu'en pensez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On se bat contre ! D&#233;j&#224;, on &#233;tait contre la cr&#233;ation en 2018 de ce fichier, nomm&#233; Hopsyweb, mais le Conseil d'&#201;tat ne nous a pas suivis. Et l&#224;, on se bat contre le croisement de ce fichier avec celui sur le terrorisme. Ce contentieux est &#224; l'instruction, on attend une date d'audience devant le Conseil d'&#201;tat. Par contre, l'avantage est que cette lutte a permis une coalition des corporations du champ psychiatrique. M&#234;me l'Unafam s'y est mise&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France est un pays qui flirte souvent avec le r&#233;gime autoritaire, si bien qu'il faut des conflits extr&#234;mement durs et prolong&#233;s pour affirmer et cr&#233;er des droits. Je suis &#233;videmment partisan des luttes, pour ne pas subir une vie de d&#233;ch&#233;ance et d'indignit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que la multiplication de r&#233;seaux alternatifs, d'entraide, vous donne espoir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'&#233;tais tr&#232;s enthousiasm&#233; par les GEM, les groupes d'entraide mutuelle. J'en ai fr&#233;quent&#233; en tant qu'ancien patient. Mais en France, les mouvements d'usagers en sant&#233; mentale sont tr&#232;s institutionnels. Le syst&#232;me reste pour le moins paternaliste. Et certains GEM sont purement et simplement le prolongement des institutions psychiatriques, avec les &#8220;bons malades&#8221; de service, et les autres. De la m&#234;me fa&#231;on, les m&#233;diateurs de sant&#233; pairs [&lt;i&gt;c'est-&#224;-dire eux-m&#234;mes (ex)-psychiatris&#233;s&lt;/i&gt;] peuvent &#234;tre des auxiliaires de la r&#233;pression psychiatrique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Margaux Wartelle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Groupe form&#233; en 1972, proche de la mouvance anarcho-mao&#239;ste de l'&#233;poque. Comparable, dans le champ de la psychiatrie au Groupe d'information sur la prison, cr&#233;&#233; autour de Michel Foucault.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ces professionnels se sont r&#233;unis en d&#233;cembre 2008 autour d'un appel &#171; contre la nuit s&#233;curitaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sociologue et chef de file historique du GIA jusqu'&#224; son d&#233;c&#232;s en 2007. Il est l'auteur des &lt;i&gt;Dossiers noirs de l'internement psychiatrique&lt;/i&gt; (Fayard, 1989).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans l'article &#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/societe/article/2011/08/01/psychiatrie-le-casse-tete-de-la-nouvelle-loi_1554881_3224.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Psychiatrie : le casse-t&#234;te de la nouvelle loi&lt;/a&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 01/08/2011), on lit que le personnel soignant craignait alors de ne pas pouvoir faire face &#224; la demande en paperasse g&#233;n&#233;r&#233;e par cette nouvelle proc&#233;dure. C&#244;t&#233; judiciaire, on s'inqui&#233;tait &#233;galement &#8211; d'une charge de travail suppl&#233;mentaire, dans un contexte de manque d'effectif.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dix-sept jours de gr&#232;ve de la faim et une gr&#232;ve illimit&#233;e de pr&#232;s de trois mois au printemps 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Recommandations en urgence relatives au centre hospitalier du Rouvray &#224; Sotteville-l&#232;s-Rouen (Seine-Maritime) &#187;,&lt;i&gt; Le Journal officiel &lt;/i&gt;(26/11/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Conseil constitutionnel a impos&#233; au l&#233;gislateur d'apporter des garanties &#224; ces personnes face &#224; &#171; l'arbitraire de l'administration &#187; (&lt;a href=&#034;https://psychiatrie.crpa.asso.fr/2012-04-20-jpc-qpc-cm-conf-art-Le-Conseil-constitutionnel-censure-partiellement-la-loi-du-5-juillet-2011&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;communiqu&#233; du CRPA&lt;/a&gt; du 23/04/2012).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un coup de poker &#233;lectoral ?</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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		<dc:subject>CNI</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mais quelle mouche a piqu&#233; les zapatistes ? Alors qu'ici la France s'abandonne au naufrage universel &#224; deux tours, voil&#224; que l'EZLN a propos&#233; &#224; ses fr&#232;res et s&#339;urs du Congr&#232;s national indig&#232;ne (CNI) de pr&#233;senter une candidate aux pr&#233;sidentielles de 2018. De retour du Mexique, Annette et George Lapierre ont &#233;t&#233; invit&#233;s par l'association Mut Vitz 13 &#224; un ap&#233;ro-repas durant lequel ils ont &#233;t&#233; bombard&#233;s de questions sur la proposition zapatiste de candidature indig&#232;ne aux prochaines &#233;lections (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mais quelle mouche a piqu&#233; les zapatistes ? Alors qu'ici la France s'abandonne au naufrage universel &#224; deux tours, voil&#224; que l'EZLN a propos&#233; &#224; ses fr&#232;res et s&#339;urs du Congr&#232;s national indig&#232;ne (CNI) de pr&#233;senter une candidate aux pr&#233;sidentielles de 2018.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3222 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH395/-1439-fe2f3.jpg?1768731992' width='500' height='395' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Baptiste Alchourroun
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;e retour du Mexique, Annette et George Lapierre ont &#233;t&#233; invit&#233;s par l'association Mut Vitz 13 &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mut Vitz 13 distribue en r&#233;gion marseillaise les caf&#233;s produits par les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#224; un ap&#233;ro-repas durant lequel ils ont &#233;t&#233; bombard&#233;s de questions sur la proposition zapatiste de candidature indig&#232;ne aux prochaines &#233;lections pr&#233;sidentielles. Les Indiens rebelles du Chiapas sont-ils devenus fous, eux qui, loin des rouages corrompus de la politique institutionnelle, ont pari&#233; sur la construction d'une autonomie pratique, &#224; la fois politique, culturelle, sanitaire, &#233;ducative et alimentaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s moult d&#233;bats, &lt;/strong&gt;le CNI, r&#233;uni en 5&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s du 14 au 17 octobre 2016 &#224; San Crist&#243;bal de las Casas pour c&#233;l&#233;brer ses vingt ans d'existence, a adopt&#233; la proposition, non sans l'enrichir d'une autre id&#233;e : nommer un Conseil indig&#232;ne de gouvernement, o&#249; si&#232;geraient des bin&#244;mes homme-femme repr&#233;sentant toutes les communaut&#233;s, assembl&#233;es et autres composantes du CNI &#8211; comme par exemple l'assembl&#233;e de la r&#233;gion Chontale en lutte contre un projet minier ou celle des taxis de Xochimilco, dans la banlieue sud de la capitale. Ce Conseil indig&#232;ne de gouvernement &#8211; et non pas conseil de gouvernement indig&#232;ne, la nuance est de taille ! &#8211; accompagnerait la candidate dans tout le processus &#233;lectoral. &#171; &lt;i&gt;Le CNI se d&#233;clare en assembl&#233;e permanente et consultera ses peuples, tribus, nations et quartiers sur l'opportunit&#233; de former un Conseil indig&#232;ne de gouvernement, repr&#233;sent&#233; par une candidate indig&#232;ne aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2018. &#187;&lt;/i&gt; Lors de la restitution publique des d&#233;bats au caracol d'Oventic, une d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; la voix tremblante de froid a d&#233;clar&#233; depuis la tribune : &#171; &lt;i&gt;Nous avons cherch&#233; et trouv&#233; entre nous un accord r&#233;volutionnaire. R&#233;volutionnaire parce qu'il r&#233;volutionne nos esprits, nos sentiments et nos c&#339;urs. &#187;&lt;/i&gt; Puis le sous-commandant Mois&#233;s a conclu : &#171; &lt;i&gt;Il faut savoir abandonner ce qui ne nous sert plus, ce qui ne nous aide pas, ce qui ne nous unit pas. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment faut-il interpr&#233;ter&lt;/strong&gt; ces mots ? S'inscrire, m&#234;me symboliquement, dans un processus &#233;lectoral, annonce-t-il un prochain abandon des armes &#8211; qui, pour les zapatistes, n'ont plus &#233;t&#233; utilis&#233;es depuis le cessez-le-feu du 6 janvier 1994 ? Ce serait sous-estimer la violence du conf lit qui ensanglante le Mexique depuis 2006 au nom de la guerre au narcotrafic. Ce serait m&#233;conna&#238;tre le caract&#232;re arm&#233; des victoires de l'autod&#233;fense populaire, que ce soit &#224; Cher&#225;n, &#224; Ostula ou dans les montagnes du Guerrero avec l'exp&#233;rience de la police communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les zapatistes &lt;/strong&gt;ont-ils tir&#233; les le&#231;ons de l'&#233;chec de la Otra campa&#241;a ? Lors de la campagne pr&#233;sidentielle de 2006, alors qu'ils avaient con&#231;u une strat&#233;gie radicalement anti-&#233;lectorale, le sub Marcos et l'EZLN s'&#233;taient laiss&#233; pi&#233;ger par la pol&#233;mique politicienne, s'affrontant publiquement &#224; la candidature de gauche de L&#243;pez Obrador et s'ali&#233;nant du m&#234;me coup la sympathie des intellectuels et des classes moyennes s&#233;duits par la langue et le discours zapatistes depuis le soul&#232;vement du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 1994.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette candidature indig&#232;ne &lt;/strong&gt;pour 2018, si elle est adopt&#233;e, devra bien au contraire ignorer ces pol&#233;miques st&#233;riles &#8211; qui n'ont pas manqu&#233; de s'abattre sit&#244;t le projet connu &#8211;, pour se centrer sur la mise en avant de pratiques d'auto-gouvernement et de luttes pour la d&#233;fense de la terre et des territoires. Le but de la candidate choisie ne sera pas d'&#234;tre &#233;lue, mais de porter la voix des r&#233;sistances indiennes dans l'ar&#232;ne de la politique nationale, dans les m&#233;dias, au coeur d'une l&#233;galit&#233; d'&#201;tat qui m&#232;ne depuis toujours une sale guerre contre le Mexique indig&#232;ne et paysan, contre le Mexique d'en-bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un autre doute s'exprime&lt;/strong&gt; : la Otra campa&#241;a avait &#233;loign&#233; les intellos et la soci&#233;t&#233; civile pro-L&#243;pez Obrador des zapatistes. Cette candidature ne va-t-elle pas leur ali&#233;ner la jeunesse et leurs soutiens libertaires, profond&#233;ment anti-&#233;lectoralistes ? &#192; l'oppos&#233;, beaucoup de m&#232;res et de p&#232;res, parmi ceux qui sont impliqu&#233;s dans les luttes sociales, voient cette dynamique d'un bon oeil, car ils craignent que leurs enfants, r&#233;volt&#233;s par la violence de l'&#201;tat, ne fassent le choix des armes et ne se lancent dans une aventure de gu&#233;rillas qui s'est, par le pass&#233;, av&#233;r&#233;e suicidaire, avec son engrenage de clandestinit&#233;, disparitions, tortures, ex&#233;cutions&#8230; Le massacre des 43 normaliens d'Ayotzinapa en septembre 2014 a probablement &#233;t&#233; commis pour briser la vitalit&#233; de cette jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette candidature &lt;/strong&gt;se pr&#233;sente comme un choix tactique dans un moment de grande adversit&#233;. Elle fait une incursion dans le domaine de la l&#233;galit&#233; de l'&#201;tat pour se rendre visible et &#233;largir les alliances. Car au Mexique, la situation a gravement empir&#233;. On assiste &#224; une offensive g&#233;n&#233;ralis&#233;e des multinationales pour mettre la main sur les ressources naturelles pas encore exploit&#233;es &#8211; eau, vent, p&#233;trole, minerai&#8230; Parall&#232;lement, les narco-cartels se livrent &#224; de sanglants affrontements pour le contr&#244;le de la production et de l'acheminement des drogues vers le march&#233; US, coupl&#233;s avec de nouvelles activit&#233;s criminelles telles que le racket, les rapts, la contrebande d'armes&#8230; La r&#233;pression polici&#232;re &#8211; et militaire &#8211; contre les mouvements sociaux et la population en g&#233;n&#233;ral avance en collusion avec la barbarie des narcos, comme on l'a vu avec la disparition des 43 &#233;tudiants d'Ayotzinapa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'autod&#233;fense indig&#232;ne &lt;/strong&gt;&#224; Cher&#225;n et Ostula au Michoac&#225;n, la police communautaire sur la Costa chica et dans la r&#233;gion Monta&#241;a du Guerrero, l'autonomie zapatiste au Chiapas, les r&#233;sistances dans l'isthme de Tehuantepec contre l'industrie &#233;olienne&#8230; Ces exp&#233;riences sont aussi vivaces que fragiles tant le mouvement social se voit soumis &#224; la r&#233;pression, &#224; la r&#233;cup&#233;ration partisane, &#224; la corruption ou &#224; l'assassinat de ses leaders. &#201;largir le spectre de ceux et celles qui peuvent se reconna&#238;tre dans ces id&#233;es devient vital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La candidature collective &lt;/strong&gt;du CNI serait donc un pari, une tentative d'&#233;chec et mat, comme souvent depuis le soul&#232;vement du 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; janvier 1994. Un coup de poker dans une partie mal engag&#233;e, o&#249; les cartes sont pip&#233;es par un pouvoir qui ne respecte m&#234;me pas ses propres r&#232;gles du jeu. L'id&#233;e premi&#232;re est de rompre l'isolement. M&#234;me la presse de gauche, comme &lt;i&gt;La Jornada&lt;/i&gt;, ignore le Mexique indig&#232;ne en r&#233;bellion. Elle n'a pas pardonn&#233; que ce Mexique-l&#224; vienne bousculer ses illusions &#233;lectorales&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De la candidature de Cuauht&#233;moc C&#225;rdenas &#224; celle de L&#243;pez Obrador, la gauche (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il s'agit aussi de revitaliser l'union&lt;/strong&gt; des peuples en r&#233;sistance. &#171; &lt;i&gt;Le CNI est devenu un mur des lamentations &#187;&lt;/i&gt;, regrettait un d&#233;l&#233;gu&#233; au 5&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s. &#171; &lt;i&gt;Trop souvent nous sommes venus nous plaindre, pleurer, bercer nos douleurs, mais aujourd'hui, l'heure est venue, ils ne vont plus pouvoir nous ignorer ! &#187;&lt;/i&gt;, abondait une autre d&#233;l&#233;gu&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Nous avions besoin de faire un pas en avant pour faire reculer le gouvernement par surprise &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cisait l'un de ses compagnons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une nouvelle loi &lt;/strong&gt;permet en effet de pr&#233;senter un candidat ind&#233;pendant des partis, du moment qu'il a recueilli suffisamment de signatures dans un nombre minimum d'&#201;tats. Le CNI ne toucherait pas, a priori, aux fonds &#233;lectoraux octroy&#233;s par l'&#201;tat aux candidats. Les zapatistes n'iraient pas voter, car ils ne sont pas inscrits sur les listes &#233;lectorales&#8230; Les autres communaut&#233;s ou assembl&#233;es choisiraient de le faire ou pas, suivant leur situation et leur sensibilit&#233;. Mais nombre d'entre leurs membres auront du mal &#224; faire le pas : s'inscrire sur ces listes, c'est aussi s'exposer, se laisser ficher par l'administration&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lors du 5&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;congr&#232;s&lt;/strong&gt;, un d&#233;l&#233;gu&#233; des vendeurs ambulants de Mexico est venu exprimer leur volont&#233; d'int&#233;grer le futur Conseil de gouvernement. Avec les taxis de Xochimilco, ils font la preuve que la proposition n'est pas vou&#233;e &#224; rester enferm&#233;e dans une identit&#233; &#224; caract&#232;re ethnique. Ce projet, qui doit encore &#234;tre valid&#233; par les communaut&#233;s, provoque encore de nombreux d&#233;bats. &#192; Cher&#225;n, o&#249; la ville s'est mise en commune apr&#232;s avoir chass&#233; les narcos, les assembl&#233;es de quartier h&#233;sitent, ne voulant pas perdre la ma&#238;trise de leur histoire. On craint que le processus n'&#233;chappe aux communaut&#233;s, &#224; la base. En revanche, pour ceux et celles qui se sont d'ores et d&#233;j&#224; empar&#233;s du nouveau cri de ralliement zapatiste, il s'agit de rendre audible une parole. Celle de plusieurs mondes possibles et d'une alternative sociale au chaos.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mut Vitz 13 distribue en r&#233;gion marseillaise les caf&#233;s produits par les coop&#233;ratives zapatistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;De la candidature de Cuauht&#233;moc C&#225;rdenas &#224; celle de L&#243;pez Obrador, la gauche mexicaine a syst&#233;matiquement &#233;t&#233; spoli&#233;e de ses victoires par des fraudes &#233;lectorales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Syrie : La R&#233;volution confisqu&#233;e ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Syrie-La-Revolution-confisquee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Syrie-La-Revolution-confisquee</guid>
		<dc:date>2018-02-25T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Glammour</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Omar Ibrahim</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Conseil</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;gime</dc:subject>
		<dc:subject>Douma</dc:subject>
		<dc:subject>Syriens</dc:subject>
		<dc:subject>syrien</dc:subject>
		<dc:subject>Abou Selma</dc:subject>
		<dc:subject>Bachar</dc:subject>
		<dc:subject>conseils locaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous avons rencontr&#233; Salma, Hani, Majd, Oussama, Abou Selma, activistes civils impr&#233;gn&#233;s des valeurs d'anti-autoritarisme et de d&#233;mocratie directe. Originaires de Damas et de sa r&#233;gion, notamment de la ville tristement c&#233;l&#232;bre de Douma et du camp de Yarmouk, ils vivent &#224; pr&#233;sent &#224; Toulouse, Paris ou Beyrouth, o&#249; ils ont pu venir &#171; souffler un peu &#187; pour se pr&#233;parer &#224; la suite de leur combat. Pour eux, l'issue du conflit ne se r&#233;sume pas &#224; &#171; Bachar ou la Charia &#187;, repris en ch&#339;ur de l'extr&#234;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/regime" rel="tag"&gt;r&#233;gime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Douma" rel="tag"&gt;Douma&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/syrien" rel="tag"&gt;syrien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Abou-Selma" rel="tag"&gt;Abou Selma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bachar" rel="tag"&gt;Bachar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/conseils-locaux" rel="tag"&gt;conseils locaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous avons rencontr&#233; Salma, Hani, Majd, Oussama, Abou Selma, activistes civils impr&#233;gn&#233;s des valeurs d'anti-autoritarisme et de d&#233;mocratie directe. Originaires de Damas et de sa r&#233;gion, notamment de la ville tristement c&#233;l&#232;bre de Douma et du camp de Yarmouk, ils vivent &#224; pr&#233;sent &#224; Toulouse, Paris ou Beyrouth, o&#249; ils ont pu venir &#171; &lt;i&gt;souffler un peu&lt;/i&gt; &#187; pour se pr&#233;parer &#224; la suite de leur combat. Pour eux, l'issue du conflit ne se r&#233;sume pas &#224; &#171; Bachar ou la Charia &#187;, repris en ch&#339;ur de l'extr&#234;me gauche &#224; l'extr&#234;me droite. Ils ressentent la r&#233;habilitation actuelle du despote comme un coup de poignard dans le dos, jetant par l&#224; m&#234;me les opposants syriens dans le sac de l'obscurantisme salafiste. &#201;cras&#233;s, ils ne capitulent pas. Ce serait se trahir soi-m&#234;me. &#192; travers ces t&#233;moignages, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; souhaite contribuer &#224; redonner la parole &#224; ces invisibles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On nous a vol&#233; la R&#233;volution !&lt;/i&gt; &#187;, s'exclame Majd, acteur de la premi&#232;re heure du Printemps syrien, r&#233;cemment r&#233;fugi&#233; dans l'Hexagone. Issus de la r&#233;volte populaire de mars 2011, des r&#233;seaux de r&#233;sistance prennent corps dans un continuum entre militants en exil et ceux &#339;uvrant dans les zones lib&#233;r&#233;es. Ils sont ignor&#233;s des m&#233;dias au profit d'analyses g&#233;opolitiques sans fin, ont subi la r&#233;pression f&#233;roce et fait face &#224; la militarisation rapide du soul&#232;vement, coinc&#233;s par le d&#233;veloppement des mouvements islamistes et djihadistes soutenus par les puissances occidentales et r&#233;gionales. Et finalement, ils se voient trahis par une opposition officielle de notables en exil pantouflarde, corrompue et d&#233;sincarn&#233;e. Malgr&#233; tout, ces r&#233;seaux tentent de garder vivace l'esprit r&#233;volutionnaire des d&#233;buts. M&#234;me lorsqu'ils se retrouvent accul&#233;s &#224; organiser la survie dans des zones assi&#233;g&#233;es, ne pas se rendre est leur dernier espoir de voir un jour la tyrannie chuter.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2123 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH307/-398-bac87.jpg?1768649995' width='400' height='307' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Omar Ibrahim.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du mouvement populaire &#224; la clandestinit&#233; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;t&#233; 2012, un peu plus d'un an apr&#232;s le d&#233;but du Printemps syrien, le mouvement social qui avait &#233;merg&#233; avec les premi&#232;res manifestations hebdomadaires, apr&#232;s la pri&#232;re du vendredi, s'est vu contraint &#224; la clandestinit&#233; sous la violence de la r&#233;pression orchestr&#233;e par Bachar al-Assad. Des r&#233;seaux de r&#233;sistance civile s'organisent dans l'agglom&#233;ration damasc&#232;ne et ses villes de banlieue. Salma, qui vivait en famille dans un quartier &#171; loyaliste &#187; du centre-ville, se souvient : &#171; &lt;i&gt;Le basculement a eu lieu &#224; Damas en juillet 2012, quand quatre hauts g&#233;n&#233;raux ont &#233;t&#233; assassin&#233;s. D'importantes d&#233;fections ont eu lieu dans l'arm&#233;e, le climat a tourn&#233; &#224; l'insurrection. Le r&#233;gime a alors chang&#233; de strat&#233;gie. Les manifs du vendredi sont devenues des bains de sang. Je n'y allais plus. Il n'y a plus eu de rassemblements populaires, mais des activit&#233;s clandestines de soutien logistique et de ravitaillement aux zones qui se lib&#233;raient.&lt;/i&gt; &#187; Hani, son mari, pr&#233;cise cette entr&#233;e en clandestinit&#233;, en m&#234;me temps que se constituaient des milices d'autod&#233;fense dans les quartiers, qui allaient donner naissance &#224; l'Arm&#233;e syrienne libre : &#171; &lt;i&gt;On n'arrivait plus &#224; circuler &#224; Damas. Je me suis fait arr&#234;ter avec une somme d'argent provenant de dons, destin&#233;e &#224; &#234;tre achemin&#233;e en zone libre. D'autres activistes, des passeurs, aidaient les soldats &#224; d&#233;serter. Des num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone sp&#233;ciaux circulaient, &#224; appeler quand un soldat voulait faire d&#233;fection. Souvent le passeur lui r&#233;pondait :&#8200;&#8220;Avec ou sans ton arme ?&#8221; Bien s&#251;r c'&#233;tait plus int&#233;ressant avec une arme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oussama, ex-fonctionnaire au minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res, actuellement &#224; Beyrouth, t&#233;moigne de ce basculement &#224; Douma, ville &#171; lib&#233;r&#233;e &#187; situ&#233;e au nord-est de la capitale, dans la Ghouta orientale : &#171; &lt;i&gt;En 2012, on a commenc&#233; &#224; se sentir vraiment assi&#233;g&#233;s. J'ai perdu dans cette p&#233;riode des proches tu&#233;s sur les check points de mani&#232;re exp&#233;ditive. Il n'y avait ni arrestation, ni tribunal, ni rien. On avait peur de bouger. La premi&#232;re personne que j'ai perdue c'&#233;tait mon neveu. &#201;tudiant &#224; l'universit&#233;, il a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; et tortur&#233; pendant 70 jours. Ensuite, j'ai perdu mon cousin, marchand de Douma, tu&#233; par les soldats du r&#233;gime. Apr&#232;s j'ai perdu un ami d'enfance qui habitait dans le m&#234;me quartier, il a &#233;t&#233; tu&#233; par un sniper. &#192; la fin de l'ann&#233;e 2012, il y avait 24 snipers &#224; Douma qui couvraient toutes les rues.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Majd a aussi particip&#233; au mouvement populaire de Douma, en s'improvisant reporter de terrain, lui, issu une famille analphab&#232;te, qui n'avait jamais connu d'activit&#233;s politiques : &#171; &lt;i&gt;Les discussions politiques, celles qui avaient &#233;merg&#233; dans les coordinations de la r&#233;volution, ont cess&#233; d'exister. Elles ont &#233;t&#233; r&#233;duites &#224; n&#233;ant par le niveau de violence. Le territoire a &#233;t&#233; d&#233;coup&#233;, d&#233;limit&#233; par la cartographie des snipers. Les manifestations ont disparu, les activistes ont &#233;t&#233; pris dans l'urgence humanitaire impos&#233;e par la r&#233;pression. L'esprit militant a chang&#233;, nous venions de perdre l'initiative de la r&#233;volution.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH576/-399-60566.jpg?1768652581' width='400' height='576' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Omar Ibrahim.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#233;seau &#171; Razan Zeitouneh &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hani, Salma, Majd font partie d'un des plus grands r&#233;seaux toujours vivace autour de Damas, le r&#233;seau ancr&#233; sur le comit&#233; local des coordinations et constitu&#233; autour de la personnalit&#233; de Razan Zeitouneh. Cette jeune avocate damasc&#232;ne a &#233;t&#233; enlev&#233;e, avec son mari Wael Hamada et deux de ses coll&#232;gues (dont la femme de l'&#233;crivain Yassin al-Haj Saleh), en 2013, &#224; Douma. Tout laisse &#224; penser que le rapt a &#233;t&#233; commis par Zahran Allouche de Jaych al-Islam, un seigneur de guerre local lib&#233;r&#233; des ge&#244;les par les forces du r&#233;gime&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On parle du &#171; commerce du djihad &#187;, une strat&#233;gie du r&#233;gime qui fait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Razan Zeitouneh a contribu&#233; au Violations Documentation Center, qui effectue un travail de documentation sur les crimes du r&#233;gime, et demande la lib&#233;ration de tous les prisonniers politiques. &#192; Douma, elle est &#224; l'origine d'un centre de protection des femmes, o&#249; plus de 300&#8200;femmes se voient distribuer r&#233;guli&#232;rement des paniers de survie : pour les habitants de Douma, survivre est devenu une fa&#231;on de r&#233;sister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Majd t&#233;moigne : &#171; &lt;i&gt;Je suis actif dans la coordination de projets locaux, notamment pour les h&#244;pitaux et l'enseignement. Avec la r&#233;pression, tous les services publics ont cess&#233;. J'ai particip&#233; &#224; la cr&#233;ation de 7 centres &#233;ducatifs, qui accueillent de 200 &#224; 250&#8200;enfants. J'enseignais &#224; des enfants de tous milieux.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;On a mis en place des p&#233;dagogies ludiques, bien diff&#233;rentes de l'&#233;cole disciplinaire du r&#233;gime. L'&#233;conomie locale est limit&#233;e mais solidaire entre les localit&#233;s de la Ghouta, notamment dans la confection de v&#234;tements. Il y a encore des mati&#232;res premi&#232;res et des outils de production, des usines d&#233;saffect&#233;es c&#233;d&#233;es par les propri&#233;taires et mises au service de la communaut&#233; de la zone libre. &#192; cause de l'absence des bailleurs de fonds internationaux ou d'ONG comme le Croissant rouge, d'autres relais se sont faits &#224; l'ext&#233;rieur et un syst&#232;me de financement propre a &#233;t&#233; mis en place, avec des courtiers de circonstance : un m&#233;canisme entre les flux de personnes qui entrent avec des dollars, c'est-&#224;-dire nous ou nos r&#233;seaux de soutien&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le site adoptrevolution.org.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; e&lt;i&gt;t ceux qui sortent, les Syriens qui fuient et &#233;changent leurs devises. C'est une logique bancaire de guerre.&lt;/i&gt; &#187; Oussama confirme : &#171; &lt;i&gt;Notre vision du travail c'&#233;tait d'aider les civils. On n'a jamais pens&#233; &#224; aider les militaires. Ils ont leurs propres financements. Nous agissions dans plusieurs secteurs : m&#233;dical, &#233;ducatif, alimentaire. Nous ne pouvions pas travailler d'une mani&#232;re trop structur&#233;e, sinon nous risquions d'&#234;tre d&#233;couverts par le r&#233;gime. C'&#233;tait tr&#232;s difficile, on a eu des probl&#232;mes de transfert d'argent, de nourriture, car m&#234;me quand tu veux tout simplement parler avec quelqu'un dans la rue, tu es observ&#233; et contr&#244;l&#233;. Je transf&#233;rais souvent de l'argent d'une maison &#224; une autre, d'une personne &#224; une autre personne, quelque fois j'ai d&#251; marcher avec des milliers de dollars, &#231;a aurait pu me co&#251;ter la vie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hani, ancien restaurateur de maisons anciennes, a d&#251; abandonner son activit&#233; d&#232;s 2012. Il raconte les premiers pas du collectif d'ing&#233;nieurs activistes qu'il a contribu&#233; &#224; fonder &#224; Damas : &#171; &lt;i&gt;En 2013, on pouvait faire des allers-retours en zone libre. C'&#233;tait un autre monde qui se dessinait, coup&#233; de tout et en premier lieu des besoins &#233;l&#233;mentaires comme l'eau, l'&#233;lectricit&#233;, le gaz. On a commenc&#233; &#224; tester des mod&#232;les de fours solaires, de m&#233;thaniseurs, &#224; Damas, pour ensuite les diffuser dans d'autres quartiers, afin de trouver des alternatives aux ressources &#233;nerg&#233;tiques &#233;tatiques. Un paysan de Douma a accept&#233; de mettre en pratique nos tests. Le r&#233;seau continue son activit&#233; depuis deux ans. Au d&#233;but, il fonctionnait sur des dons, mais la population s'est appauvrie. On recherche alors des soutiens ext&#233;rieurs. C'est notre fa&#231;on de participer &#224; la r&#233;volution, mais &#231;a a un c&#244;t&#233; frustrant, car la r&#233;alit&#233; de la r&#233;sistance se fait sur le front aujourd'hui.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presque au m&#234;me moment, au sud de Damas, dans le camp palestinien de Yarmouk, Abou Selma, enseignant de langue arabe &#224; l'universit&#233;, monte la premi&#232;re &#233;cole libre sur ce territoire de la ville mis sous embargo par le dictateur. Cet ancien militant du parti communiste palestinien s'en est depuis longtemps distanci&#233; &#224; cause des ses accointances avec le r&#233;gime. Yarmouk entre clairement dans la r&#233;volution, en juillet 2012, au moment des frappes a&#233;riennes de l'arm&#233;e. &#171; &lt;i&gt;&#192; partir du premier bombardement, les obus sont devenus quotidiens et visaient les &#233;coles. Les &#233;coles d&#233;pendant de l'UNRWA (ONU) &#224; Yarmouk ont ferm&#233;. Moi, ma femme et une ni&#232;ce, nous avons trouv&#233; une salle de mariage en sous-sol qui s'appelait &#8220;la Salle dor&#233;e damasc&#232;ne&#8221; : c'est devenu &#8220;l'&#233;cole damasc&#232;ne&#8221;. On avait deux demi-journ&#233;es d'&#233;cole et 1 200 &#233;l&#232;ves, en nombre fluctuant. Comme il y a eu une grande fuite de comp&#233;tences dans le corps enseignant, il ne restait que les gens peu dipl&#244;m&#233;s ou sp&#233;cialis&#233;s, des jeunes filles avec le BAC, au mieux un d&#233;but d'&#233;tudes. Nous &#233;tions trois hommes seulement. Je les ai form&#233;es, et elles sont devenues les meilleures institutrices de toute la Syrie.&lt;/i&gt; &#187; Il poursuit : &#171; &lt;i&gt;L'Arm&#233;e syrienne libre &#233;tait stationn&#233;e dans le centre de Yarmouk et notre immeuble a &#233;t&#233; bombard&#233; sept fois par le r&#233;gime. Nous &#233;laborions des strat&#233;gies pour ne pas faire sortir tous les &#233;l&#232;ves en m&#234;me temps. Au bout d'un an, il y a eu cinq autres &#233;coles cr&#233;&#233;es dans d'autres zones de Yarmouk. Il en reste trois aujourd'hui. Derri&#232;re ce projet, il n'y avait pas de bailleurs internationaux, mais des individus engag&#233;s qui s'&#233;taient regroup&#233;s pour financer. Notre id&#233;e &#233;tait de sauver la soci&#233;t&#233; civile de Yarmouk, quoi qu'il arrive, afin que l'&#233;ducation et l'enseignement reste une priorit&#233; intemporelle et au dessus de toute influence.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'autonomie malgr&#233; la guerre &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;seaux d'activistes, &#224; Douma comme dans d'autres zones de Syrie, s'appuient plus ou moins efficacement sur les conseils locaux, tentative de structuration de la r&#233;sistance syrienne &#224; l'&#233;chelle du pays. En octobre 2011, Omar Aziz, militant anarchiste mort en prison en f&#233;vrier 2013, a fond&#233; le comit&#233; local de Berzeh. II appelait les Syriens &#224; s'organiser ind&#233;pendamment de l'&#201;tat, sous des formes d'autogestion et par des pratiques horizontales et collaboratives. Toutes les provinces sont aujourd'hui dot&#233;es d'un conseil, except&#233; Damas, le c&#339;ur du dispositif s&#233;curitaire de l'&#233;tat. Pour la plupart de nos interlocuteurs, se structurer au niveau local, y compris sur des missions purement humanitaires et de survie, a &#233;t&#233; compris comme une forme de r&#233;sistance &#224; la politique de terre br&#251;l&#233;e des zones assi&#233;g&#233;es orchestr&#233;e par Bachar al-Assad. Au d&#233;but, il fallait &#224; tout prix &#233;viter que celle-ci n'emporte tout sur son passage et en m&#234;me temps cr&#233;er une administration de substitution pour assumer les services publics prioritaires (justice, eau, d&#233;chets).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2125 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH402/-400-ddc52.jpg?1768718204' width='400' height='402' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Omar Ibrahim.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;Salma pr&#233;cise l'importance de ces conseils locaux : &#171; &lt;i&gt;Dans certaines villes, les conseils locaux ont r&#233;ussi &#224; convaincre les employ&#233;s des services publics de rester en poste, notamment dans les &#233;coles ou les usines &#233;lectriques. Alors m&#234;me que le r&#233;gime coupait les salaires des fonctionnaires dans les zones libres pour les inciter &#224; abandonner leur poste.&lt;/i&gt; &#187; Elle poursuit : &#171; &lt;i&gt;Derraya, c'est le projet le plus avanc&#233; depuis la r&#233;volution. &#199;a a toujours &#233;t&#233; une ville ouverte, avec de premi&#232;res initiatives politiques d&#232;s 2002/2003, comme la biblioth&#232;que municipale et l'organisation d'un nettoyage des rues pour combler les carences de l'&#201;tat : &#231;a avait beaucoup effray&#233; le r&#233;gime. La ville est toujours rest&#233;e mobilis&#233;e malgr&#233; les intenses bombardements men&#233;s par Maher al-Assad, fr&#232;re du pr&#233;sident, commandant de la 4 e&#8200;division en stationnement. Sous le blocus, la vie est dure : il n'y a pas de terres agricoles qui permettent de tenir le si&#232;ge&lt;/i&gt; [ndlr : on comptabilise plus de 400 barils d'explosifs balanc&#233;s sur la ville dans les deux derniers mois]. &lt;i&gt;Mais les habitants ne c&#232;dent pas aux pressions d'Assad, qui leur fait miroiter un cessez-le-feu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derraya, situ&#233;e dans le Rif, &#224; proximit&#233; de Damas, est consid&#233;r&#233;e comme l'exp&#233;rience la plus achev&#233;e de conseil local, alors qu'elle est devenue l'un des fronts les plus chauds du conflit : d&#232;s 2012, il est d&#233;cid&#233; que les groupes arm&#233;s soient soumis &#224; l'autorit&#233; du conseil local et les op&#233;rations militaires discut&#233;es avec les autorit&#233;s civiles. Oussama &#233;voque les conseils locaux de Douma : &#171; &lt;i&gt;Cette ville est assi&#233;g&#233;e depuis au minimum deux ans, mais elle a continu&#233; &#224; chercher l'alternative, &#224; &#234;tre solidaire, sans recourir &#224; un syst&#232;me hi&#233;rarchique. Les habitants ont r&#233;ussi &#224; cr&#233;er un syst&#232;me civil et, bien qu'ils vivent dans des conditions vraiment difficiles, c'est en m&#234;me temps syst&#233;matis&#233; et organis&#233;. On a eu un conseil local &#233;lu d&#233;mocratiquement, qui assure les travaux municipaux. Les groupes militaires restent &#224; l'ext&#233;rieur de la ville, il est interdit d'&#234;tre arm&#233; dans la ville.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une opposition institutionnelle en exil discr&#233;dit&#233;e &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#192; travers les conseils locaux et la structuration des projets d'autonomie, on esp&#233;rait aussi se construire une l&#233;gitimit&#233; repr&#233;sentative, dans l'attente hypoth&#233;tique d'une aide internationale ou face aux groupes arm&#233;s qui capitalisent sur leurs faits d'armes et les financements &#233;trangers.&lt;/i&gt; &#187; Mais Abou Selma &#233;voque ses d&#233;boires avec l'ONU : &#171; &lt;i&gt;On a commenc&#233; &#224; envoyer des messages &#224; l'ONU pour leur annoncer la r&#233;ouverture des &#233;coles, le nombre d'&#233;l&#232;ves, le programme, et &#224; appeler les organisations internationales &#224; prendre leurs responsabilit&#233;s, &#224; nous soutenir. On nous a ignor&#233;s. Plus tard, on a envoy&#233; des listes avec les dossiers d'inscription et les r&#233;sultats &#224; l'UNRWA. Finalement on a reconnu nos &#233;coles, &#224; condition qu'elles enseignent le programme officiel syrien. Au moins, les &#233;l&#232;ves sortis de nos &#233;coles ont pu continuer leurs &#233;tudes ailleurs. Il n'y a cependant pas eu de financement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Majd revient lui aussi sur les modalit&#233;s de financement des projets d'autonomie, cette fois via les conseils locaux charg&#233;s par l'opposition officielle en exil et les bailleurs de fonds internationaux de distribuer l'aide : &#171; &lt;i&gt;Un nouveau conseil a &#233;t&#233; &#233;lu pour toute la Ghouta orientale, charg&#233; de la distribution des aides. Les budgets sont vot&#233;s en conseil, comme par exemple le programme de s&#233;curisation. Mais les financements venant de l'&#233;tranger sont plus complexes &#224; mettre en &#339;uvre. En plus, ils sont trimestriels, pas &#224; l'ann&#233;e, c'est donc difficile de construire une vision alternative &#224; moyen terme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;alit&#233; des activistes de terrain est peu prise en compte par ceux qui repr&#233;sentent l'opposition officielle. Les r&#233;volutionnaires syriens d&#233;noncent assez unanimement l'incomp&#233;tence et le peu de cr&#233;dibilit&#233; de ces &#171; opposants de salon &#187;, interlocuteurs privil&#233;gi&#233;s des grandes puissances. Ils critiquent une tentative de recentralisation des comit&#233;s locaux par le Conseil national syrien, mais aussi l'opportunisme, la corruption et les divisions qui minent cette institution et les tentatives d'interf&#233;rences internationales, au gr&#233; de l'&#233;volution des rapports de force sur le terrain. Marwan, jeune Syrien exil&#233; &#224; Paris depuis 2011, laisse &#233;clater sa d&#233;sillusion : &#171; &lt;i&gt;Les repr&#233;sentants du Conseil national syrien gagnent plusieurs milliers de dollars par mois, ce qui les incite &#224; se complaire dans l'inaction. Des anciens soutiens &#224; Bachar, faisant partie de l'&#233;lite, se pr&#233;sentent comme des opposants en exil. C'est notamment pour &#231;a que nombre de Syriens n'y croient plus : ceux qui ont les moyens fuient, les pauvres restent et meurent. C'est en r&#233;alit&#233; une opposition de classe en exil.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La militarisation prend &#224; revers la r&#233;sistance populaire &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#226;ch&#233;e par ses repr&#233;sentants autoproclam&#233;s, d&#233;munie face aux attaques r&#233;p&#233;t&#233;es du r&#233;gime d'Assad et d&#233;poss&#233;d&#233;e par les tentatives de prises de pouvoir des milices apparues &#224; la faveur de la guerre, la r&#233;sistance civile s'affaiblit. Parall&#232;lement, des milices en recherche d'h&#233;g&#233;monie ont pu b&#233;n&#233;ficier d'un soutien militaire et logistique aupr&#232;s des pays du Golfe&#8200;3 et jouer leur propre jeu d'influence ind&#233;pendamment du mouvement civil. Leila, anarchiste et blogueuse dissidente&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le puissant groupe salafiste Jabhat al-Nosra, affili&#233; &#224; Al Qaeda, est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; r&#233;sume la place grandissante des groupes arm&#233;s dans la situation r&#233;volutionnaire : &#171; &lt;i&gt;Les groupes islamistes totalitaires, comme Daech, sont mont&#233;s en puissance gr&#226;ce au chaos et ont commenc&#233; &#224; viser les zones lib&#233;r&#233;es, les activistes et l'Arm&#233;e Libre, en commettant des exactions terribles. Ce fut l'&#233;mergence de gangs criminels et de profiteurs de guerre. La Syrie est devenue le champ de bataille des proxy wars&lt;/i&gt; [guerres par procuration], &lt;i&gt;de la rivalit&#233; entre sunnites et chiites, des interventions &#233;trang&#232;res. Les troupes iraniennes et les milices chiites&lt;/i&gt; [Hezbollah] &lt;i&gt;occupent des parties du territoire, soutenant le r&#233;gime. Des extr&#233;mistes wahhabites sont venus rejoindre Daech. Tel a &#233;t&#233; le prix de notre qu&#234;te de libert&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Yarmouk, les activistes se sont trouv&#233;s directement affect&#233;s par l'arriv&#233;e de Jabhat al-Nosra. Abou Selma t&#233;moigne des diktats exerc&#233;s par la milice islamiste : &#171; &lt;i&gt;Une premi&#232;re fois, les hommes de Jabhat al-Nosra sont venus me voir avec l'&#233;mir (en signe de respect de l'institution de l'&#233;cole). Ils m'ont demand&#233; de s&#233;parer les filles des gar&#231;ons, au nom de l'islam. Je leur ai dit que j'&#233;tais certes musulman mais que je ne pouvais pas ouvrir une seconde &#233;cole faute de moyens. En raison de la situation d'exception, ils ont finalement accept&#233; la mixit&#233; dans l'&#233;cole. Une seconde fois, ils sont venus me demander d'enseigner la religion une heure par semaine, ce que j'ai refus&#233;. Une autre fois, j'ai eu des ennuis parce que j'avais organis&#233; une kermesse pour les enfants, au moment du petit A&#239;d&lt;/i&gt; [fin de ramadan], &lt;i&gt;avec des jeunes b&#233;n&#233;voles, gar&#231;ons et filles. Les jeunes de l'&#233;quipe ont voulu continuer la f&#234;te entre eux et j'ai laiss&#233; faire. C'&#233;tait familial, bon enfant. Mais Jabhat al-Nosra m'a accus&#233; d'avoir fait de l'&#233;cole un endroit de d&#233;bauche et me traitait de danseur des rues, &#8220;comme tous les Goranais&#8221;&lt;/i&gt; [habitants originaires du Jourdain]. &lt;i&gt;On a eu des &#233;changes virulents, je leur disais qu'ils n'avaient aucun droit sur moi et qu'ils feraient mieux de s'en prendre au pouvoir.&lt;/i&gt; &#187; Menac&#233;, Abou Selma finit par choisir la voie de l'exil, en Turquie, puis en France. &#171; &lt;i&gt;L'&#233;cole existe toujours&lt;/i&gt;, confie-t-il, &lt;i&gt;mais elle n'est plus aussi libre. Ces miliciens veulent imposer un programme islamiste. Si c'est &#231;a, il vaut mieux mettre la cl&#233; sous la porte.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2126 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH575/-401-ad786.jpg?1768718204' width='400' height='575' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Omar Ibrahim.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le non-choix de coop&#233;rer avec les milices &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#192; Douma, l'enseignement autog&#233;r&#233; n'a pas subi ces conflits de valeur, m&#234;me s'il y avait des parents salafistes parmi nous. Nous &#233;vitions de rentrer dans la pol&#233;mique religieuse, nous essayions de rester sur des bases communes, avec comme priorit&#233; de combler la douleur et la souffrance de la population. Il y avait des efforts au quotidien, la n&#233;cessit&#233; de susciter une exp&#233;rience collective. La division sociale aurait &#233;t&#233; une victoire du r&#233;gime.&lt;/i&gt; &#187; Majd &#233;voque la vie sous commandement militaire de Jaysh el-Islam, une des plus puissantes composantes du FIS (Front islamiste syrien, alliance de groupes islamo-nationaux) et relate les logiques de concurrence et de coop&#233;ration qui s'installent au quotidien &#224; Douma. &#171; &lt;i&gt;&#192; Douma actuellement, le chef est Zahran Allouche qui dispose de la milice la plus puissante. Tous les jeunes s'engagent dans Jaysh el-Islam. Ce n'est pas par id&#233;ologie ou parce qu'ils aiment Allouche, mais parce qu'ils ont besoin de se battre, de ne pas rester &#224; subir. Depuis deux ans, on est pass&#233;s d'un si&#232;ge relatif &#224; un si&#232;ge total. Les bombardements viennent des hauteurs de la vall&#233;e de la Ghouta, les missiles conditionnent notre quotidien. Tous les combattants ne sont pas salafistes, plut&#244;t des salafistes de circonstance. M&#234;me si c'est vrai que la religion est tr&#232;s pr&#233;sente en Syrie et d'autant plus que la mort fait d&#233;sormais partie de notre quotidien. En r&#233;alit&#233;, les milices deviennent dominantes selon l'importance des moyens dont elles disposent. L'Arabie Saoudite a &#233;t&#233; le seul soutien militaire sur le terrain. Il n'y a pas eu d'autres r&#233;actions internationales. L'Occident nous a abandonn&#233;s ou s'est cach&#233; derri&#232;re l'intervention opportuniste des pays du Golfe. La prise de pouvoir de certaines milices n'est clairement pas le miroir de la r&#233;alit&#233; sociale, mais plut&#244;t un &#233;tat du rapport de force g&#233;opolitique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; de fortes r&#233;ticences sur les pr&#233;ceptes rigoristes qui pr&#233;tendent r&#233;gir la vie sociale, le conseil local et la milice se voient contraints de coop&#233;rer pour ce qui rel&#232;ve de la r&#233;sistance &#224; Bachar. &#192; Douma, Jaysh el-Islam a ainsi mis en place une justice de substitution &#224; celle d'Assad, lequel jouait le jeu de l'ins&#233;curit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e, par la lib&#233;ration de prisonniers de droit commun, la coupure des salaires des fonctionnaires de la justice et le bombardement des infrastructures judiciaires. Majd relativise aussi le contr&#244;le total de la milice : &#171; &lt;i&gt;&#192; Douma, il y a une tr&#232;s forte solidarit&#233; entre les civils et les r&#233;volutionnaires arm&#233;s. Beaucoup estiment que, vu les circonstances, le conflit id&#233;ologique n'a pas lieu d'&#234;tre. D'ailleurs, au d&#233;but de la militarisation, le groupe progressiste qui coordonnait le rassemblement des forces r&#233;volutionnaires dans toute la Ghouta orientale avait choisi d'allier les salafistes et les fr&#232;res musulmans aux discussions sur les alternatives &#224; l'&#201;tat, afin d'anticiper la chute du r&#233;gime. Je pense que si les Syriens pouvaient d&#233;cider de leur sort, ce qui ne sera probablement pas le cas, ce n'est pas le mod&#232;le saoudien qui sortirait de la consultation. Les Syriens sont croyants, conservateurs dans un certain sens, mais ces m&#234;mes croyants sont capables de se mobiliser contre Allouche quand il devient autoritaire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hani d&#233;crit un &#233;pisode v&#233;cu d'injonction salafiste : &#171; &lt;i&gt;Nous &#233;tions de sortie pour l'Iftar&lt;/i&gt; [rupture du je&#251;ne] &lt;i&gt;pour acheter des p&#226;tisseries. Un barbu arm&#233; voulait contr&#244;ler notre identit&#233;. Quand il m'a rendu mes papiers, il m'a demand&#233; pourquoi je ne voilais pas ma femme. Je lui ai r&#233;pondu ironiquement que je cherchais encore l'habit traditionnel de Douma. Il m'a dit de mettre n'importe quel drap. Et moi je lui ai r&#233;pondu qu'on n'&#233;tait pas en Arabie Saoudite. Il m'a menac&#233;. Mais les gens dans la p&#226;tisserie sont intervenus en s'excusant. Plus tard, d'autres personnes sont venues s'excuser de son comportement, dont son neveu, au nom des habitants de Douma.&lt;/i&gt; &#187; Hani reste persuad&#233; que la milice ne peut s'affranchir compl&#232;tement des dynamiques sociales de la ville : &#171; &lt;i&gt;Ce genre d'&#233;pisode, ce n'est pas une raison suffisante pour abandonner. D'ailleurs les femmes du r&#233;seau Razan n'abandonnent pas. Ces types sont de nouveaux petits despotes locaux. Mais ce n'est pas la force meurtri&#232;re de Bachar.&lt;/i&gt; &#187; Pour les activistes du r&#233;seau, la militarisation du conflit et l'essor de certains groupes rebelles ne doivent surtout pas faire dispara&#238;tre le fait que le principal ennemi &#224; abattre reste Bachar : &#171; &lt;i&gt;Avec la n&#233;cessit&#233; d'un front &#8220;tout sauf Bachar&#8221;, il n'est pas possible de d&#233;finir pour la Syrie un projet politique alternatif parfait. Ce qui nous rassemble pour le moment, c'est la r&#233;volution contre la tyrannie avant tout.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette absence de projet politique propre, combin&#233; &#224; la d&#233;licate cohabitation de circonstance avec les groupes islamistes arm&#233;s dans les zones lib&#233;r&#233;es, perturbe grandement l'identification par les gauches arabes et occidentales des r&#233;seaux de type Razan comme des alli&#233;s &#224; soutenir. Le vieux cache-sexe anti-imp&#233;rialiste devient alors le pr&#233;texte de ces gauches pour adopter la pire des positions : le soutien au r&#233;gime bassiste, &#224; l'instar des tendances politiques les plus r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'argument confessionnel, l'arme de la contre-r&#233;volution&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Salma, Hani, Majd et Abou Selma, l'argument de l'islamisation de l'opposition a port&#233; pr&#233;judice au mouvement civil et populaire entam&#233; en 2011. Il recouvre moins la r&#233;alit&#233; sociale du mouvement qu'un discours port&#233; &#224; l'ext&#233;rieur qui a servi le r&#233;gime, se posant en protecteur des minorit&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Je ne comprends pas l'accusation faite aux r&#233;volutionnaires syriens d'avoir entra&#238;n&#233; une guerre confessionnelle&lt;/i&gt;, s'insurge Salma. &lt;i&gt;&#192; Zabadani&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La ville a sign&#233; fin septembre (2015) un cessez-le-feu de 6&#8200;mois avec le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;ville chr&#233;tienne de Syrie, le clerg&#233; &#233;tait lui-m&#234;me engag&#233; dans la R&#233;volution. Le p&#232;re Paolo ne s'est pas engag&#233; en son nom, mais intentionnellement en tant que chr&#233;tien, c'est important de le souligner : il avait compris l'importance de casser l'image d'un mouvement manipul&#233; par l'islamisme sunnite, mise en avant par le r&#233;gime dans les discours internationaux ou les m&#233;dias occidentaux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour combattre l'id&#233;e d'une r&#233;volution r&#233;duite &#224; des milices confessionnelles, Hani &#233;voque la participation sans distinction des minorit&#233;s, comme celles des Isma&#233;liens de Salamieh au d&#233;but de la R&#233;volution : &#171; &lt;i&gt;Ils ont particip&#233; aux brigades, &#224; la logistique. C'&#233;tait astucieux, car ils repr&#233;sentaient une minorit&#233; insoup&#231;onnable. C'&#233;tait &#233;tonnant, on les avait tous toujours consid&#233;r&#233;s comme faisant partie du poulailler d'Assad ! Ils scandaient en pleine manif &#8220;On ne s'agenouille devant personne, pas m&#234;me Dieu&#8221;, ce qui para&#238;t impensable &#224; dire en Syrie, qui reste un pays traditionaliste.&lt;/i&gt; &#187; Salma prend le relais : &#171; &lt;i&gt;Si les leaders druzes ont officiellement affich&#233; leur neutralit&#233;, beaucoup de Druzes ont r&#233;sist&#233;, car il y a une longue tradition de r&#233;sistance depuis le mandat fran&#231;ais. Il y a eu de nombreux cas de d&#233;fection au service militaire, surtout &#224; Soue&#239;da&lt;/i&gt; [une r&#233;gion druze au nord de Deraa, berceau de la r&#233;volution]. &lt;i&gt;Pour des raisons strat&#233;giques et un jeu d'alliance communautaire, le r&#233;gime ne se permettait pas de tuer en pleine rue, ce qui a facilit&#233; leur implication dans la r&#233;sistance. Plus tard, il y a eu un rapprochement plus explicite avec les r&#233;volutionnaires. Du coup aujourd'hui, Bachar laisse Daech terroriser les Druzes. Ce qui me fait dire que Deraa est une zone que le pouvoir pourrait l&#226;cher aux r&#233;volutionnaires, car, apr&#232;s ce point de non-retour, les Druzes ne rejoueront pas l'alliance avec le r&#233;gime.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Salma, &#171; &lt;i&gt;L'argument confessionnel sert de pr&#233;texte &#224; toutes les parties prenantes au conflit, de Bachar aux puissances &#233;trang&#232;res. C'est comme s'il y avait un plan en deux &#233;tapes, d'abord faire croire que les groupes confessionnels sont irr&#233;conciliables, puis imposer une partition, un d&#233;coupage de zones d'influence, comme au Liban, en Irak.&lt;/i&gt; &#187; Marwan insiste sur l'interventionnisme d&#233;vastateur des puissances r&#233;gionales soutenues par leurs alli&#233;s internationaux : &#171; &lt;i&gt;La Syrie n'est pas dans les mains des Syriens. M&#234;me au travers des institutions de l'opposition, on n'a pas r&#233;ussi &#224; investir dans la d&#233;mocratie. Les d&#233;g&#226;ts mat&#233;riels seront un jour remplac&#233;s par l'Iran ou l'Arabie Saoudite. Pour moi, c'est l&#224; que la r&#233;volution a perdu.&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'en septembre, Le Drian, ministre de la D&#233;fense, annonce les premi&#232;res frappes militaires fran&#231;aises contre Daech, que les soldats russes d&#233;barquent au sol dans le nord du pays et qu'un porte-avions chinois s'est post&#233; sur le port syrien de Tartous, il est clair qu'aucune puissance n'a la volont&#233; de soutenir ce soul&#232;vement civil, ni r&#233;ellement souhait&#233; la chute du r&#233;gime d'Assad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sentiment d'abandon et exil &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel espoir reste-t-il pour ceux qui luttent contre le sentiment d'abandon et d'exil, de voir se reconstruire une r&#233;publique sociale syrienne, d&#233;mocratique, multiconfessionnelle, interethnique et la&#239;que, qu'ils appellent de leurs v&#339;ux ? Condamnant le tour que prend l'alliance objective entre le r&#233;gime et les puissances ext&#233;rieures et le silence radio coupable sur ceux qui ont r&#233;ellement port&#233; cette r&#233;bellion populaire, Abou Selma conclut avec amertume : &#171; &lt;i&gt;Cette force d'opposition, &#231;a aurait d&#251; &#234;tre nous ! Mais on a &#233;t&#233; pouss&#233;s dans des impasses. La communaut&#233; internationale a fait miroiter aux r&#233;sistants beaucoup de soutiens qui ne sont jamais venus. Aujourd'hui, les m&#233;dias se focalisent sur des acteurs du conflit qui ne repr&#233;sentent qu'une minorit&#233; de gens en r&#233;alit&#233;. Alors que c'est une majorit&#233; du peuple syrien qui s'est r&#233;volt&#233;e ! Mais cela n'a plus aucune valeur aux yeux de l'Occident. On est tous devenus des cafards ou des Daech.&lt;/i&gt; &#187; Si personne aujourd'hui ne sait ce qu'il adviendra r&#233;ellement de la Syrie, avec ou sans Bachar, enti&#232;re ou fragment&#233;e, la m&#233;moire de cette r&#233;sistance devra &#234;tre la base de toutes les recompositions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On parle du &#171; commerce du djihad &#187;, une strat&#233;gie du r&#233;gime qui fait r&#233;f&#233;rence &#224; la lib&#233;ration de prisonniers djihadistes en 2011 dans le seul objectif de cr&#233;er un contre-pouvoir &#224; la r&#233;volution civile.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir le site &lt;a href=&#034;https://www.adoptrevolution.org/en/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;adoptrevolution.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le puissant groupe salafiste Jabhat al-Nosra, affili&#233; &#224; Al Qaeda, est notoirement soutenu par des &#233;mirs saoudiens et la Turquie. Le groupe &#171; islamo-national &#187; Ahrar Al-Sham qui domine le nord ouest du pays, b&#233;n&#233;ficie de l'appui du Qatar, de la Turquie et cherche le soutien des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La ville a sign&#233; fin septembre (2015) un cessez-le-feu de 6&#8200;mois avec le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>ZAD du Testet : Chronique d'une mort annonc&#233;e</title>
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		<dc:date>2014-12-08T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille Auvray, C&#233;lia Izoard</dc:creator>


		<dc:subject>Na&#239;k&#233; Desquesnes</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;n&#233;ral</dc:subject>
		<dc:subject>Conseil</dc:subject>
		<dc:subject>conseil g&#233;n&#233;ral</dc:subject>
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		<dc:subject>feuilles fonc&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>buis laissent</dc:subject>
		<dc:subject>laissent filtrer</dc:subject>
		<dc:subject>vall&#233;e bucolique</dc:subject>
		<dc:subject>lieu-dit Margot</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Beaucoup d'encre et de larmes ont coul&#233; depuis la mort de R&#233;mi Fraisse, &#233;tudiant &#173;botaniste, sur la ZAD du Testet. Loin d'&#234;tre purement accidentel, ce d&#233;c&#232;s est le r&#233;sultat d'un patient acharnement politique et policier. Retour sur cette mobilisation sous tension &#224; travers une visite pastorale de la vall&#233;e du Tescou. &#171; Allez vous cacher derri&#232;re avec les enfants, pour ne pas faire peur aux brebis ! &#187; Ce matin du 23&#8200;octobre, au lieu-dit Margot, &#224; deux jours de marche de la for&#234;t de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no126-novembre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;126 (novembre 2014)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Beaucoup d'encre et de larmes ont coul&#233; depuis la mort de R&#233;mi Fraisse, &#233;tudiant &#173;botaniste, sur la ZAD du Testet. Loin d'&#234;tre purement accidentel, ce d&#233;c&#232;s est le r&#233;sultat d'un patient acharnement politique et policier. Retour sur cette mobilisation sous tension &#224; travers une visite pastorale de la vall&#233;e du Tescou.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Allez vous cacher derri&#232;re avec les enfants, pour ne pas faire peur aux brebis !&lt;/i&gt; &#187; Ce matin du 23&#8200;octobre, au lieu-dit Margot, &#224; deux jours de marche de la for&#234;t de Sivens, les feuilles fonc&#233;es des buis laissent filtrer des rais de soleil, dans ce fond de vall&#233;e bucolique o&#249; stagne une fine brume. Rires perl&#233;s des enfants, une bonne vingtaine, dont une ribambelle de b&#233;b&#233;s. Pendant que les bergers se r&#233;partissent dans l'enclos pour la sortie du troupeau, nous nous postons en haut du chemin, &#171; &lt;i&gt;comme si c'&#233;tait l'anniversaire-surprise des moutons&lt;/i&gt; &#187;, chuchotent les gamins.
A l'autre bout du Tarn, un jour plus t&#244;t, un autre groupe de transhumants&#8200;&#8211;&#8200;une quarantaine d'habitants du coin&#8200;&#8211;&#8200;est parti d'une ferme, parcourant pr&#232;s de soixante kilom&#232;tres, trois jours de marche, jusqu'au Testet. Membre du collectif &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Puces-RFID-et-punaises&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Faut pas pucer&lt;/a&gt;, oppos&#233; &#224; l'identification obligatoire des brebis par des puces RFID, St&#233;phanie lutte pour tenter de contrarier &#171; &lt;i&gt;l'avanc&#233;e du d&#233;sastre&lt;/i&gt; &#187;, qu'il s'agisse d'obligations bureaucratiques qui renforcent l'&#233;levage intensif comme le pu&#231;age, ou d'infrastructures d&#233;truisant les espaces naturels au profit de l'agro-industrie, comme le barrage en construction &#224; Sivens. On part dans une joie fi&#233;vreuse, non sans appr&#233;hension : &#171; &lt;i&gt;On redoute toujours les chiens de ville, explique un &#233;leveur, qui prennent les brebis pour des jouets.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1258 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH355/p03-testet-2-2b104.jpg?1768660717' width='500' height='355' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Na&#239;k&#233; Desquesnes.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aux yeux de tous ceux qui luttent contre le barrage, ce rassemblement du 25&#8200;octobre est une ultime tentative pour arr&#234;ter les travaux. Malgr&#233; des tentatives d'obstruction aussi bien juridiques que physiques, le d&#233;boisement entam&#233; pr&#233;cipitamment le 1er septembre sous les ordres de Thierry Carcenac, pr&#233;sident du conseil g&#233;n&#233;ral&#8200;(CG), a d&#233;j&#224; d&#233;truit 25&#8200;hectares de cette for&#234;t, jadis d&#233;sign&#233;e sur le site du CG comme une &#171; zone humide remarquable &#187;. &#171; &lt;i&gt;Comment le conseil g&#233;n&#233;ral peut-il d&#233;truire cette for&#234;t, alors qu'il nous paie pour organiser dans ce m&#234;me lieu des initiations &#224; la nature ?&lt;/i&gt; &#187;, rem&#226;che Antoine en remontant le sentier. Il est animateur nature dans un organisme d'&#233;ducation &#224; l'environnement financ&#233; par le CG : 4-5 fois par an, il am&#232;ne des classes dans la maison d&#233;partementale de la for&#234;t de Sivens. &#171; &lt;i&gt;J'ai m&#234;me une affiche cor&#233;alis&#233;e par le conseil g&#233;n&#233;ral et mon asso sur la disparition des zones humides ! Dans plusieurs organismes locaux, y compris le n&#244;tre, on a re&#231;u des rappels &#224; l'ordre du conseil g&#233;n&#233;ral en appelant &#224; notre&lt;/i&gt; &#8220;obligation de loyaut&#233;&#8221; &lt;i&gt;et de&lt;/i&gt; &#8220;discr&#233;tion&#8221;. &#187; Contes en balades, une association de conteurs qui organise des randonn&#233;es &#224; Sivens, a m&#234;me &#233;t&#233; menac&#233;e de se voir priv&#233;e de subventions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un pandore : &#171; &lt;i&gt;Il va finir par y avoir un mort.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin du 25, en descendant du hameau de St-J&#233;r&#244;me sous les sonnailles d'une centaine de b&#234;tes, on aper&#231;oit la D999 &#224; proximit&#233; de laquelle, tout d&#233;but septembre, quatre jeunes se sont ensevelis sur la route jusqu'au cou pour emp&#234;cher le passage des abatteuses foresti&#232;res. Le &#171; jour des enterr&#233;s &#187; a marqu&#233; les esprits : en fin d'apr&#232;s-midi, 15&#8200;minutes apr&#232;s le d&#233;part des m&#233;dias, les gardes mobiles gazent tout le monde et pi&#233;tinent les jeunes pour faire passer les engins, envoyant une fille sans connaissance &#224; l'h&#244;pital&#8200;&#8211;&#8200;elle s'en sortira avec une simple foulure. Depuis le d&#233;but des travaux, tout est mis en &#339;uvre pour faire d&#233;camper les zadistes. Fin septembre, la Maison des druides, petit b&#226;timent en pierres appartenant au conseil g&#233;n&#233;ral, est mise &#224; sac plusieurs fois par les gendarmes, les affaires personnelles des habitants&#8200;&#8211;&#8200;cl&#233;s, papiers d'identit&#233;,&#8200;duvets,&#8200;r&#233;serves&#8200;de nourriture&#8200;&#8211;&#8200;sont entass&#233;es dehors et &#173;incendi&#233;es, les jerricans d'eau perc&#233;s. La M&#233;tairie neuve, principale habitation en dur des occupants, &#233;galement propri&#233;t&#233; du conseil g&#233;n&#233;ral, est r&#233;guli&#232;rement assi&#233;g&#233;e par des tirs de lacrymog&#232;nes. Isabelle a failli perdre la main apr&#232;s l'explosion d'une grenade devant sa caravane, que les gendarmes savaient pourtant occup&#233;e. Sans oublier la violence des travaux de d&#233;boisement eux-m&#234;mes, o&#249; les occupants perch&#233;s sur les arbres sont mis en joue des heures durant par des Flash-balls, tandis que d'&#233;normes engins s'activent &#224; quelques m&#232;tres, faisant ballotter les cimes.
Retour &#224; ce samedi 25&#8200;octobre. Vers 13&#8200;heures, sous un soleil radieux, nous nous engageons avec nos cent moutons sur la route du lieu-dit Barat, franchissons plusieurs vestiges de barricades, pneus, ferrailles, branches calcin&#233;es, autant de tentatives pour retarder les travaux. Pittoresque am&#233;nagement routier qui, assure M.&#8200;Lacoste, &#233;leveur dont nous d&#233;passons la ferme, est r&#233;guli&#232;rement utilis&#233; par l'auto-&#233;cole du coin pour exercer les &#233;l&#232;ves aux man&#339;uvres. &#171; &lt;i&gt;Les premi&#232;res chicanes ont &#233;t&#233; install&#233;es sur la route pour s&#233;curiser la ZAD apr&#232;s l'&#233;pisode des cagoul&#233;s : en novembre 2013, une dizaine d'hommes cagoul&#233;s ont investi La M&#233;tairie neuve &#224; 5&#8200;h du matin, mis tout le monde dehors et arros&#233; la maison d'un r&#233;pulsif violent pour la rendre inhabitable.&lt;/i&gt; &#187; Premi&#232;re attaque des &#171; pro-barrage &#187;, suivie d'un pic d'agressions &#224; la mi-septembre, apr&#232;s que des &#233;cervel&#233;s de la ZAD ont tent&#233; de &#171; lib&#233;rer &#187; les dindons d'un &#233;levage voisin. A cette p&#233;riode, Camille, un des piliers de l'occupation, a compos&#233; le 17 pour d&#233;noncer les gros bras qui mena&#231;aient les opposants sur les routes voisines sous les yeux conciliants des forces de l'ordre : &#171; &lt;i&gt;J'ai dit&lt;/i&gt; &#8220;les gendarmes cautionnent les actions d'une milice organis&#233;e&#034;&lt;i&gt;, et le 17 m'a r&#233;pondu&lt;/i&gt; &#8220;C'est normal. Parce que vous allez beaucoup trop loin, &#231;a fait un an que vous nous faites chier. Et il va finir par y avoir un mort&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longeant La M&#233;tairie neuve, toutes banderoles d&#233;ploy&#233;es, nous entrons enfin sur le site. Au milieu de la for&#234;t, sur une immense prairie de plusieurs hectares bordant la rivi&#232;re du Tescou, sont install&#233;s des dizaines de tentes, un chapiteau de cirque, une cantine &#224; prix libre, des ateliers pour enfants, deux libraires ambulants et m&#234;me une nursery. Qu'on d&#233;nombre 1 000 personnes, comme l'annonce &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, ou 7 000, chiffrage du &lt;i&gt;Tarn libre&lt;/i&gt; et des organisateurs, une chose est s&#251;re : il n'y a jamais eu autant de monde sur les rives du Tescou. Les brebis partent pa&#238;tre derri&#232;re la tribune. Depuis ce champ, on se trouve face &#224; une tranch&#233;e surmont&#233;e d'une digue en terre et longue de 300&#8200;m&#232;tres. Derri&#232;re, il n'y a rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un pr&#233;fet : &#171; &lt;i&gt;Il ne devait pas y avoir de police ce week-end&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien&#8200;&#8211;&#8200;ou plut&#244;t, la catastrophe. Il y a quelques semaines encore, en partant de cette prairie, il fallait faire une randonn&#233;e d'une bonne heure pour aller voir les arbres coup&#233;s. De jour en jour, la catastrophe a avanc&#233; et, aujourd'hui, elle est l&#224;, juste au bord de la tr&#232;s vaste prairie o&#249; un millier d'opposants au barrage viennent pique-niquer en famille tous les dimanches. De l'autre c&#244;t&#233; de la digue, &#224; perte de vue, un d&#233;sert de copeaux, d'&#233;corces et de d&#233;bris de b&#226;ches plastiques. Au centre, un pin, haut de 15&#8200;m&#232;tres, incroyablement gracile au milieu de cette immensit&#233; lunaire, est hiss&#233; depuis le sol avec des cordes, &#171; &lt;i&gt;hommage &#224; ceux qui ont d&#233;fendu la for&#234;t du haut des arbres&lt;/i&gt; &#187;, dit un zadiste. Quelqu'un joue quelques notes de Tumba dans un saxo. Une dame d&#233;clare &#224; des journalistes de France&#8200;3 que &#171; &lt;i&gt;la politique, c'est nous, ce n'est pas l'&#201;tat&#8200;&#8211; c'est &#224; nous de prendre les d&#233;cisions qui nous concernent&lt;/i&gt; &#187;, s&#233;quence qui risque de sauter au montage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le chapiteau, Valentin, 16 ans, raconte l'occupation du lyc&#233;e Victor-Hugo, &#224; Gaillac, quelques semaines plus t&#244;t : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait un blocus solidaire, 800&#8200;&#233;l&#232;ves faisaient le sit-in. Les gardes mobiles nous ont arrach&#233; nos banderoles, pouss&#233;s et encercl&#233;s. Ensuite l'Administration a convoqu&#233; certains parents d'&#233;l&#232;ves pour leur dire de&lt;/i&gt; &#8220;tenir leurs enfants&#8221;. &#187; Puis c'est R&#233;mi, agriculteur du cru de 73&#8200;ans, qui prend la parole : &#171; &lt;i&gt;Ici ce sont 40&#8200;ha de bonne terre d'alluvions qui vont dispara&#238;tre&#8230; On n'a pas attendu le conseil g&#233;n&#233;ral pour stocker de l'eau l'&#233;t&#233; dans ce qu'on appelle ici des&lt;/i&gt; &#8220;lavognes&#8221;&lt;i&gt; ; on pourrait se d&#233;brouiller sans ces petits bureaucrates, organiser une gestion collective du Tescou&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Pendant les confrontations de ces derni&#232;res semaines, ajoute-t-il, l'&#233;ternelle justification des gardes mobiles : &#171; &lt;i&gt; On ne fait qu'ob&#233;ir aux ordres &lt;/i&gt; &#187;, lui a rappel&#233; le leitmotiv de ses sup&#233;rieurs en Alg&#233;rie : &#171; &lt;i&gt;Chercher &#224; comprendre, c'est commencer &#224; d&#233;sob&#233;ir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;St&#233;phanie intervient &#224; la tribune : elle tient &#224; emmener les brebis sur la zone d&#233;vast&#233;e. Un bon millier de personnes suivent. &#201;trange sc&#232;ne. L'h&#233;licopt&#232;re de police survole le troupeau de moutons qui traverse ce d&#233;sert sous un soleil devenu tout &#224; coup &#233;crasant. On passe devant un mur de baffles d'o&#249; sort du gros son &#233;lectro et dont le pr&#233;pos&#233;, &#224; la vue des brebis, baisse le volume. Lentement se dessinent au loin, &#224; travers la poussi&#232;re, des grilles m&#233;talliques entourant six camions de gardes mobiles qui gardent une cabine de chantier carbonis&#233;e ; elle est pos&#233;e au milieu d'une vaste &#233;tendue marron dont la surface a &#233;t&#233; &#171; d&#233;cap&#233;e &#187; en pr&#233;vision de l'immersion par l'eau du barrage. La cabine a &#233;t&#233; incendi&#233;e la veille, apprend-on, d'o&#249; la pr&#233;sence de la police qui&#8200;&#8211; foi de pr&#233;fet &#8211;&#8200;ne devait pas &#234;tre sur la zone ce week-end. Les &#233;leveurs ne s'attardent pas. En repartant vers le site du rassemblement, le troupeau blanc croise un autre troupeau, noir celui-ci, tout en cagoules et en boucliers, et laisse derri&#232;re lui les ingr&#233;dients d'une confrontation explosive.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1257 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH356/p03-testet-1-67c77.jpg?1768660718' width='500' height='356' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Na&#239;k&#233; Desquesnes.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;pilogue.&lt;/strong&gt; Une semaine apr&#232;s la mort de R&#233;mi Fraisse, tu&#233; d'une grenade par les gardes-mobiles, plusieurs milliers de personnes sont venues replanter et construire la zone d&#233;vast&#233;e. Sur la zone d&#233;cap&#233;e par les engins, o&#249; est tomb&#233; le jeune manifestant, un ch&#226;teau fort de planches et de palettes est en construction, avec un authentique pont-levis et des douves. En remplacement des arbres qui servaient de postes d'observation aux occupants, des tentes ont &#233;t&#233; perch&#233;es au sommet de deux fortins de bois hauts d'une dizaine de m&#232;tres et surmont&#233;s de plates-formes. Un peu plus loin dans la pin&#232;de, les &#233;leveurs ont construit une &#171; cabane du berger &#187; en planches &#171; &lt;i&gt;qui pourra servir de repli en cas d'expulsion&lt;/i&gt; &#187;. A quelques pas de l&#224;, un groupe creuse un puits. Ailleurs, les fossoyeurs creusent une tombe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>ZAD du Testet : en bref...</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/ZAD-du-Testet-en-bref</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/ZAD-du-Testet-en-bref</guid>
		<dc:date>2014-10-27T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille Pastel</dc:creator>


		<dc:subject>Nardo</dc:subject>
		<dc:subject>Conseil</dc:subject>
		<dc:subject>Zad</dc:subject>
		<dc:subject>Tarn</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;p&#234;che</dc:subject>
		<dc:subject>Baylet</dc:subject>
		<dc:subject>mardi</dc:subject>
		<dc:subject>conseil g&#233;n&#233;ral</dc:subject>
		<dc:subject>Testet</dc:subject>
		<dc:subject>quotidien local</dc:subject>
		<dc:subject>d'autres d&#233;partements</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La D&#233;p&#234;che, la voix de son ma&#238;tre Dans le Tarn comme dans d'autres d&#233;partements voisins, La D&#233;p&#234;che du Midi est le grand quotidien local. Au d&#233;but, il a assur&#233; une couverture relativement neutre de la &#171; bataille de Sivens &#187;. Face &#224; notre &#233;tonnement, une &#233;quipe de journalistes nous avait expliqu&#233; qu'en effet, ils n'avaient &#171; pas encore re&#231;u de consignes &#187;. Manifestement, elles sont vite arriv&#233;es : le journal s'est ensuite transform&#233; en organe de propagande en faveur du barrage port&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no125-octobre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;125 (octobre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Zad" rel="tag"&gt;Zad&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tarn" rel="tag"&gt;Tarn&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Depeche" rel="tag"&gt;D&#233;p&#234;che&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Baylet" rel="tag"&gt;Baylet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mardi" rel="tag"&gt;mardi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/conseil-general" rel="tag"&gt;conseil g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Testet" rel="tag"&gt;Testet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quotidien-local" rel="tag"&gt;quotidien local&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-autres-departements" rel="tag"&gt;d'autres d&#233;partements&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;La D&#233;p&#234;che&lt;/i&gt;, la voix de son ma&#238;tre &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans le Tarn comme dans d'autres d&#233;partements voisins, &lt;i&gt;La D&#233;p&#234;che du Midi &lt;/i&gt; est le grand quotidien local. Au d&#233;but, il a assur&#233; une couverture relativement neutre de la &#171; bataille de Sivens &#187;. Face &#224; notre &#233;tonnement, une &#233;quipe de journalistes nous avait expliqu&#233; qu'en effet, ils n'avaient &#171; &lt;i&gt;pas encore re&#231;u de consignes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestement, elles sont vite arriv&#233;es : le journal s'est ensuite transform&#233; en organe de propagande en faveur du barrage port&#233; (entre autres) par le Conseil g&#233;n&#233;ral du Tarn-et-Garonne. C'est que son pr&#233;sident n'est autre que le PDG du groupe La D&#233;p&#234;che, Jean-Michel Baylet, un petit Berlusconi du midi toulousain qui sait multiplier les casquettes (il est aussi pr&#233;sident du PRG, d'un syndicat d'irrigation, d'un club de rugby, etc.&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pauvre Baylet vient de perdre son si&#232;ge de s&#233;nateur, ce qui doit faire un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;). Lors de l'occupation de &#171; son &#187; Conseil g&#233;n&#233;ral, le jeudi 18 septembre, les opposants ont scand&#233; : &#171; &lt;i&gt;Embarrem lo Baylet, liberem lo Testet&lt;/i&gt; &#187; (Baylet en prison, lib&#233;rons le Testet) pour r&#233;pondre &#224; une campagne de d&#233;sinformation, favorable au saccage de la r&#233;gion, consistant &#224; opposer les &#171; violents zadistes d'origines diverses &#187; aux &#171; bons agriculteurs tarnais &#187; de la FNSEA.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pr&#233;histoire de la bataille de Sivens &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis plus de trente ans, la vall&#233;e du Tescou (Tarn) aiguise l'app&#233;tit des services d'&#171; am&#233;nagement du territoire &#187; charg&#233;s d'adapter nos lieux de vie aux exigences infinies du d&#233;veloppement capitaliste. Ici, il ne s'agit pas d'une ligne TGV ou d'un a&#233;roport, mais d'un barrage au service de l'agriculture intensive. Comme dans tous les grands projets, la finalit&#233; semble surtout de produire artificiellement, gr&#226;ce &#224; l'argent public, de l'activit&#233; &#233;conomique et ce qui va avec : profits priv&#233;s et pots de vin. Dans les ann&#233;es 2000, les d&#233;cideurs du Tarn et du Tarn-et-Garonne (PS et PRG) ont accept&#233; de satisfaire la voracit&#233; de la CACG (Compagnie d'am&#233;nagement des Coteaux de Gascogne) et de sacrifier le Tescou. Face &#224; ce projet de barrage au lieu-dit du Testet, un &lt;a href=&#034;http://www.collectif-testet.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;premier collectif&lt;/a&gt; d'&#233;cologistes se forme, qui souligne la perte de biodiversit&#233; qu'entra&#238;nerait la destruction de cette zone humide. Depuis octobre 2013, le site est occup&#233; par des &#171; &lt;a href=&#034;http://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;zadistes&lt;/a&gt; &#187; afin d'emp&#234;cher les travaux. Malgr&#233; leur d&#233;termination, la premi&#232;re &#233;tape des travaux a commenc&#233; le 1er septembre 2014, sous haute protection militaire. La deuxi&#232;me manche de la bataille commence le 25 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Extension du domaine de la ZAD &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance ne se d&#233;ploie pas uniquement sur la ZAD du Testet, &#224; coups de cabanes dans les arbres, de gu&#233;rilla champ&#234;tre et de pi&#233;geage des arbres. Un peu partout dans le Tarn et le Tarn-et-Garonne, les actions, les comit&#233;s de soutien, les tractages et les graffitis se multiplient. Chronique lacunaire de trois semaines d'une lutte qui s'enracine localement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Mardi 2 septembre : op&#233;ration escargot sur la principale route menant au site, avec les tracteurs de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne ; dans l'apr&#232;s-midi, manifestation devant la mairie de Gaillac et tractage au march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Mercredi 3 : action contre la CACG &#224; Auzeville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Jeudi 4 : une &#171; v&#233;lorution &#187; retarde l'arriv&#233;e des machines. &#8226; Samedi 6 : rassemblement &#224; Albi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Dimanche 7 : manifestation &#224; Saint-Antonin-Noble-Val : &#171; Pour le boccage, contre le saccage &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Lundi 8 : blocage des trois acc&#232;s au site par des &#233;pis de voitures gar&#233;es sur les routes ; rassemblement devant la pr&#233;fecture de Toulouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Mardi 9 : occupation du Conseil g&#233;n&#233;ral du Tarn (CG 81) &#224; Albi ; le chef des RG se prend un coup de t&#234;te et se retrouve avec le nez cass&#233; ; le m&#234;me jour, coups de pioches symboliques contre le barrage voisin de Fourrogues, construit par les m&#234;mes acteurs et d&#233;clar&#233; ensuite ill&#233;gal par la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Du mardi 9 au mercredi 17 : forum d'information se tenant jour et nuit devant le CG 81, avec concerts de soutien et vid&#233;o montrant ce qui se passe sur le site, notamment les violences polici&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Samedi 13 : perturbation de la &#171; f&#234;te de la rivi&#232;re &#187; organis&#233;e par le CG 81 &#224; Lisle-sur-Tarn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Dimanche 14, tentative d'emp&#234;cher l'arriv&#233;e des machines en bloquant un rond-point ; la police balance les v&#233;hicules dans les foss&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Lundi 15 : gr&#232;ve des lyc&#233;ens de Gaillac qui d&#233;cident de camper devant leur &#233;tablissement en soutien avec la ZAD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Mardi 16 : tandis que les lyc&#233;ens de Gaillac reconduisent le mouvement, ceux de Castres d&#233;brayent &#224; leur tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Jeudi 18 : occupation du Conseil g&#233;n&#233;ral du Tarn-et-Garonne ; les employ&#233;s montalbanais du service environnement quittent leurs bureaux et se cachent ; le m&#234;me jour, rassemblement &#224; Saint-Gaudens contre l'entreprise charg&#233;e de la d&#233;forestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Vendredi 19 : manifestation des lyc&#233;ens &#224; Albi et perturbation des festivit&#233;s organis&#233;es par le CG&#8200;81 pour les trente ans de ses services d'&#171; &#233;ducation &#224; l'environnement &#187; : ici aussi, les &#233;co-tartuffes (qui n'ont toujours pas eu le courage de prendre position) fuient la discussion avec les manifestants pour se repa&#238;tre d'une conf&#233;rence sur le th&#232;me : &#171; sensibiliser et s'engager face au changement climatique &#187; dont on sait qu'il est d&#251; notamment, comme le conf&#233;rencier le rappelle, &#224; la d&#233;forestation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Samedi 25 octobre : prochain round de la lutte avec un grand rassemblement au Testet &#224; midi suivi d'une semaine de mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1213 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/p04-05-testet-2-09-2014.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH372/p04-05-testet-2-09-2014-2c4f7.jpg?1768732116' width='500' height='372' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nardo.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;co-d&#233;forestation qui vient &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;forestation du Testet ne s'est pas tant faite &#224; coups de tron&#231;onneuses que d'&#233;normes machines (abatteuses et broyeuses) transformant instantan&#233;ment la for&#234;t en un lit de copeaux. C'est plus rapide et plus rentable, mais il importe de souligner que ces nouvelles m&#233;thodes sont intimement li&#233;es au d&#233;veloppement de nouvelles technologies de &#171; chauffage &#233;cologique &#187;. Depuis quelques ann&#233;es, de nouveaux po&#234;les &#224; &#171; biomasse &#187; apparaissent, aliment&#233;s automatiquement &#224; l'aide de granul&#233;s ou de plaquettes de broyat de bois. Pratique pour celles et ceux qui n'ont pas envie d'alimenter leur po&#234;le toutes les deux heures, et, quand on conna&#238;t les nuisances li&#233;es &#224; l'&#233;nergie nucl&#233;aire et &#224; la p&#233;trochimie, apparemment plus &#233;cologique. Mais en r&#233;alit&#233;, le passage de la b&#251;che au granul&#233;, de l'alimentation manuelle &#224; celle automatique, transforme le bois en un combustible aussi fluide que le mazout. Et cette automatisation en aval de la fili&#232;re &#171; bois de chauffe &#187; implique son industrialisation en amont : plus besoin d'abattre les arbres &#224; la main, il suffit de les broyer &#224; la machine. Seulement, il faut pour cela des parcelles de bois suffisamment vastes. De m&#234;me que l'industrialisation de l'agriculture a suppos&#233; le remembrement des champs, il faut aujourd'hui &#171; remembrer &#187; les for&#234;ts fran&#231;aises pour en industrialiser l'exploitation&#8200;&#8211;&#8200;et nos d&#233;cideurs s'en chargent. Encore une fois, le recours &#224; de nouvelles techniques pour conjurer la crise &#233;cologique ne fait que l'aggraver. Et tout cela permet l'essor de nouvelles fili&#232;res industrielles pour que le capital prosp&#232;re &#224; l'infini. Amis des for&#234;ts, gare aux po&#234;les &#224; granul&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1214 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH344/p04-05-testet-2-905b8.jpg?1768732116' width='500' height='344' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nardo.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi : ZAD du Testet : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/ZAD-du-Testet-Les-arbres-volaient&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les arbres volaient au-dessus de nos t&#234;tes &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pauvre Baylet vient de perdre son si&#232;ge de s&#233;nateur, ce qui doit faire un gros trou dans son agenda d&#233;j&#224; charg&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Zone humide &#224; d&#233;fendre</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Zone-humide-a-defendre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Zone-humide-a-defendre</guid>
		<dc:date>2014-05-06T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yasmine Berdoulat</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>terres</dc:subject>
		<dc:subject>Conseil</dc:subject>
		<dc:subject>zadistes</dc:subject>
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		<dc:subject>Testet</dc:subject>
		<dc:subject>zone humide</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une ZAD dans la vall&#233;e du Tescou, &#224; une dizaine de kilom&#232;tres de Gaillac, pr&#232;s de Toulouse. Le conseil g&#233;n&#233;ral projette d'y installer un barrage. Cet ouvrage engloutirait plus de 29 hectares de for&#234;t et de zone humide pour irriguer le ma&#239;s d'une dizaine d'agriculteurs. &#171; Ami, entends-tu ? &#187; Avec bottes et chaussettes en laine, nous arrivons au camp. C'est le collectif des Bouilles qui y est install&#233; depuis octobre 2013, gr&#226;ce au travail pr&#233;alable d'un autre collectif, celui pour la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no120-mars-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;120 (mars 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terres" rel="tag"&gt;terres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Conseil" rel="tag"&gt;Conseil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/zadistes" rel="tag"&gt;zadistes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-y" rel="tag"&gt;n'y&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/barrage" rel="tag"&gt;barrage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/conseil-general" rel="tag"&gt;conseil g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Testet" rel="tag"&gt;Testet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/zone-humide" rel="tag"&gt;zone humide&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une ZAD dans la vall&#233;e du Tescou, &#224; une dizaine de kilom&#232;tres de Gaillac, pr&#232;s de Toulouse. Le conseil g&#233;n&#233;ral projette d'y installer un barrage. Cet ouvrage engloutirait plus de 29 hectares de for&#234;t et de zone humide pour irriguer le ma&#239;s d'une dizaine d'agriculteurs. &#171; Ami, entends-tu ? &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1018 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/p15-barrage1-ecd04.jpg?1768651075' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec bottes et chaussettes en laine, nous arrivons au camp. C'est le collectif des Bouilles qui y est install&#233; depuis octobre 2013, gr&#226;ce au travail pr&#233;alable d'un autre collectif, celui pour la Sauvegarde de la zone humide du Testet (CSZHT), le temps de gagner du terrain sur le plan juridique. Nous sommes accueillis par des &#171; Zadistes &#187; &#224; la M&#233;tairie neuve, sur des terres rachet&#233;es par le conseil g&#233;n&#233;ral apr&#232;s le d&#233;c&#232;s du propri&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la ferme squatt&#233;e a d&#251; &#234;tre &#233;vacu&#233;e apr&#232;s le passage d'un commando &#171; pro-barrage &#187;, une vingtaine de &#171; cagoul&#233;s &#187; en treillis, munis de matraques et de r&#233;pulsifs, qui ont saccag&#233; le squat. Un kilom&#232;tre plus loin, des vestiges de cabanes et la trace du grand chapiteau embarqu&#233; par les flics, lors de la seconde expulsion des Zadistes, officielle celle-l&#224; &#8211; on ne peut pas dire l&#233;gale, ce n'est pas le cas &#8211;, le 27 f&#233;vrier dernier. De l'autre c&#244;t&#233; de la route, le nouveau camp, &#171; la Bouillonnante &#187;, encore debout celui-l&#224;, sur des terres de l'Office national des for&#234;ts. Yourtes, cuisine et salle &#224; manger &#8211; des serres am&#233;nag&#233;es par des agriculteurs du coin qui apportent leur soutien &#8211;, mais aussi des plates-formes dans les arbres, un autre chapiteau de fortune construit autour d'un grand arbre, lieu de rassemblement o&#249; parfois on pourra entendre, autour du feu, le chant des &#171; partis sans &#187; : &#171; &lt;i&gt;Testet, entends-tu, les voleurs de notre eau sur la plaine ? Testet, entends-tu, les tricheurs lib&#233;raux qui s'd&#233;cha&#238;nent ? Oh&#233;, militants, &#233;colos et paysans, c'est l'alarme ! Ce soir, les petits arr&#234;t'ront la soif des grands sans les armes !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la majorit&#233; des militants sont du coin, quelques-uns, dont les premiers arriv&#233;s en octobre, et les occupants permanents, viennent de NDDL, mais aussi d'autres &#171; ZAD &#187;, comme celle de Rennes-les-Bains, et m&#234;me de la capitale : &#171; &lt;i&gt;Sur la r&#233;gion parisienne, il n'y a m&#234;me pas de ZAD, c'est nul !&lt;/i&gt; &#187; Le c&#339;ur de la lutte bat au rythme d'un petit groupe de militants nomades qui se bagarrent ici &#171; &lt;i&gt;contre un &#233;ni&#232;me projet impos&#233; par les g&#233;ants capitalistes&lt;/i&gt; &#187;. Apr&#232;s chaque expulsion, de nouveaux arrivants. &#171; &lt;i&gt; Et &#231;a continue de prendre de l'ampleur&#8230; Ils nous font de la pub, ces cons-l&#224;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1019 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH269/p15-barrage2-51cfb.jpg?1768651074' width='400' height='269' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici, ils emp&#234;chent les naturalistes de faire leur travail de pr&#233;l&#232;vement des esp&#232;ces prot&#233;g&#233;es, ce qui retarde le d&#233;marrage du d&#233;boisement. Mais &#231;a se corse, lorsque l'un d'eux vient pr&#233;lever trois larves de salamandre&#8230; escort&#233; par vingt-cinq flics arm&#233;s jusqu'aux dents ! Mais il leur faudra tenir bon, peut-&#234;tre plus pour longtemps : si l'on en croit &#8211; mais faut-il le croire ? &#8211; Thierry Carcenac, pr&#233;sident du conseil g&#233;n&#233;ral, le d&#233;boisement pr&#233;vu fin mars conditionne et les travaux et le versement des aides europ&#233;ennes&#8230; Tout se jouerait donc ce mois-ci&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les zadistes s'attendent &#224; une tentative d'expulsion et d&#233;boisement d&#232;s le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partons &#224; pied chez Marie-Agn&#232;s, porte-parole du CSZHT. &#171; &lt;i&gt;C'est vous les journalistes ?&lt;/i&gt; &#187; Devant nos pattes farcies de boue jusqu'aux genoux, elle a du mal &#224; nous prendre au s&#233;rieux. Puis elle nous remet cinq dossiers. Changement d'ambiance, et 300 nouveaux arguments contre ce barrage. D'abord, pour les connaisseurs, la richesse d'une zone humide &#8211; zones en voie de disparition, parce qu'il est difficile de faire de l'argent avec de telles terres &#8211; est inestimable, ne serait-ce que pour les centaines d'esp&#232;ces prot&#233;g&#233;es et menac&#233;es ou la r&#233;alimentation des nappes phr&#233;atiques. &#171; &lt;i&gt;C'est une vall&#233;e qui a &#233;norm&#233;ment de valeur, c'est la zone humide la plus importante du Tescou&lt;/i&gt; &#187;, nous avait rappel&#233; Camille, du collectif des Bouilles. Le Conseil national de la protection de la nature a d'ailleurs donn&#233; un avis d&#233;favorable &#224; la demande de d&#233;rogation sur les esp&#232;ces prot&#233;g&#233;es. Normalement cet avis suffit &#224; tout arr&#234;ter. Le probl&#232;me, c'est que la Compagnie d'am&#233;nagement des coteaux de Gascogne (CACG), soci&#233;t&#233; d'&#233;conomie mixte, est ma&#238;tre d'&#339;uvre, ma&#238;tre d'ouvrage, et contr&#244;le le bureau d'&#233;tudes. Du coup, &#231;a leur passe au-dessus. Marie-Agn&#232;s rajoute : &#171; &lt;i&gt;la CACG est en d&#233;ficit : ils savent que si ce barrage ne se fait pas, il n'y en aura pas d'autres pour eux&lt;/i&gt;. &#187; Et ils y vont carr&#233;ment, multipliant par trois la taille du barrage par rapport aux besoins estim&#233;s par les &#233;tudes. &#171; &lt;i&gt;C'est une aberration par rapport au co&#251;t, c'est une d&#233;pense d'argent qui est inconsid&#233;r&#233;e ! &lt;/i&gt; &#187; Plus de 8 millions sont n&#233;cessaires &#224; la simple construction de la b&#234;te. Ce r&#233;servoir est destin&#233; &#224; l'irrigation de ma&#239;s pour l'agriculture intensive &#171; &lt;i&gt;pour moins d'une dizaine d'agriculteurs. Mais en fait on ne sait pas, il n'y a pas d'enqu&#234;te pour savoir vraiment qui s'en servira, aucun n'a concr&#232;tement sign&#233; pour l'instant, on ne sait m&#234;me pas si l'eau sera utilis&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partons ensuite (en voiture et pr&#233;sentables, cette fois) &#224; la rencontre d'un des rares agriculteurs concern&#233;s qui s'oppose ouvertement au pharaonique projet. M. Lacoste et sa femme ont repris l'exploitation agricole familiale qui existe depuis plusieurs g&#233;n&#233;rations. Habitant tout &#224; c&#244;t&#233; du lieu de construction du barrage, ils vont perdre environ 7 hectares de p&#226;ture. Son p&#232;re prot&#233;geait d&#233;j&#224; la vall&#233;e en refusant de signer pour un projet de base de loisirs et un autre d'enfouissement de d&#233;chets : bref, la vall&#233;e n'en est pas &#224; sa premi&#232;re convoitise. Pour le sieur Lacoste, &#171; &lt;i&gt;les agriculteurs autour, ils savent aussi que ce n'est que de la nuisance pour eux. Ils ne pourront m&#234;me pas pomper dedans. Mais bon, comme ils sont &#224; la Fnsea, ils ne diront rien.&lt;/i&gt; &#187; Lui n'y a jamais adh&#233;r&#233; et ne compte pas s'agrandir, d'o&#249; sa position ouvertement contre le barrage. C'est donc tr&#232;s logiquement qu'il soutient, tout comme Marie-Agn&#232;s, &#171; &lt;i&gt;la grande bande d'a&#8230; enfin les jeunes, on va dire&lt;/i&gt; &#187;, sans qui la for&#234;t serait peut-&#234;tre d&#233;j&#224; couch&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1020 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH270/p15-barrage3-66d18.jpg?1768651075' width='400' height='270' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les zadistes s'attendent &#224; une tentative d'expulsion et d&#233;boisement d&#232;s le 10 mars alors que le journal sera d&#233;j&#224; sous presse. Affaire &#224; suivre &lt;a href=&#034;http://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt; et sur les ondes de Canal Sud &#224; Toulouse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rafistoler, la belle affaire, mais lib&#233;rer&#8230;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Rafistoler-la-belle-affaire-mais</link>
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		<dc:date>2013-02-28T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
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&lt;p&gt;Les Baumettes sont un cloaque, c'est connu depuis perp&#233;t'. Mais l'Observatoire international des prisons doit multiplier les proc&#233;dures judiciaires afin que l'administration p&#233;nitentiaire sorte enfin sa bo&#238;te &#224; outils. &#192; d&#233;faut de lib&#233;rer les prisonniers pour cause d'insalubrit&#233;&#8230; Rien que &#231;a ! Il aura fallu trois passages devant les tribunaux &#8211; un premier r&#233;f&#233;r&#233; devant le tribunal administratif suivi d'un appel devant le Conseil d'&#201;tat, puis un second r&#233;f&#233;r&#233; dit &#171; mesures utiles &#187; &#8211; pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no107-janvier-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;107 (janvier 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Conseil" rel="tag"&gt;Conseil&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/administratif" rel="tag"&gt;administratif&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les Baumettes sont un cloaque, c'est connu depuis perp&#233;t'. Mais l'Observatoire international des prisons doit multiplier les proc&#233;dures judiciaires afin que l'administration p&#233;nitentiaire sorte enfin sa bo&#238;te &#224; outils. &#192; d&#233;faut de lib&#233;rer les prisonniers pour cause d'insalubrit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rien que &#231;a ! Il aura fallu trois passages devant les tribunaux &#8211; un premier r&#233;f&#233;r&#233; devant le tribunal administratif suivi d'un appel devant le Conseil d'&#201;tat, puis un second r&#233;f&#233;r&#233; dit &#171; mesures utiles &#187; &#8211; pour que l'administration p&#233;nitentiaire des Baumettes daigne rafistoler fissa sa taule d&#233;cr&#233;pite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit rappel des faits : le 6 d&#233;cembre dernier, le rapport du contr&#244;leur g&#233;n&#233;ral des lieux de privation de libert&#233; Jean-Marie Delarue, sur la prison marseillaise est publi&#233; au Journal officiel. Rats, crasse, absence d'&#233;clairage et de fen&#234;tres, r&#233;seau &#233;lectrique dangereux : les conditions de d&#233;tention y sont d&#233;crites comme &lt;i&gt;&#171; sans doute inhumaines, s&#251;rement d&#233;gradantes &#187;&lt;/i&gt;. Le minist&#232;re de la Justice ne semblant pas convaincu de l'urgence de la situation, la section fran&#231;aise de l'Observatoire international des prisons (OIP), le Syndicat de la magistrature (SM), le Conseil national des barreaux, le Syndicat des avocats de France (SAF) et l'Ordre des avocats de Marseille d&#233;cidaient de lancer une proc&#233;dure de r&#233;f&#233;r&#233; libert&#233;. R&#233;sultat, le 14 d&#233;cembre, le tribunal administratif de Marseille exigeait que, sous dix jours, chaque cellule soit dot&#233;e d'un &#233;clairage, que les d&#233;tritus soient enlev&#233;s et que les repas ne soient plus entrepos&#233;s &#224; m&#234;me le sol. Cette premi&#232;re avanc&#233;e a &#233;t&#233; jug&#233;e insuffisante par l'OIP et les autres organisations, qui ont fait appel devant le Conseil d'&#201;tat. &#192; juste titre : le 22 d&#233;cembre, la p&#233;nitentiaire s'est fait passer la seconde couche par la plus haute juridiction administrative du pays qui a ordonn&#233; la mise en &#339;uvre d'une &lt;i&gt;&#171; op&#233;ration d'envergure &#187;&lt;/i&gt; de d&#233;ratisation et de d&#233;sinsectisation. Ce sera tout ? Du tout. Le 10&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_534 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/107-double_prison-3f852.png?1768658060' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;janvier, troisi&#232;me passage : suite &#224; un second r&#233;f&#233;r&#233; d&#233;pos&#233; par l'OIP, le tribunal administratif a ordonn&#233; que soient effectu&#233;s sous trois mois des travaux d'&#233;tanch&#233;it&#233; sur l'un des b&#226;timents, l'installation de toilettes ferm&#233;es dans 161 cellules, la mise en conformit&#233; des installations &#233;lectriques et la remise en &#233;tat des monte-charges d&#233;volus aux transports de d&#233;chets. Le mardi 8 janvier, en visite aux Baumettes, la Garde des Sceaux Christiane Taubira, a affirm&#233; &#224; &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; vouloir &lt;i&gt;&#171; se lancer &#224; l'assaut de l'indignit&#233; &#187;&lt;/i&gt; en prison. Heureusement que les tribunaux lui filent quelques coups de ba&#239;onnette pour la faire sortir de sa tranch&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les juges ont rejet&#233; la demande de l'OIP de fermer les b&#226;timents les plus d&#233;labr&#233;s, alors que lib&#233;rer les d&#233;tenus serait la meilleure fa&#231;on de les soustraire &#224; des conditions de d&#233;tention &lt;i&gt;&#171; inhumaines &#187;&lt;/i&gt;. Voil&#224; pourquoi le SAF pr&#233;conise aux avocats de demander la mise en libert&#233; des personnes en d&#233;tention provisoire, ou des am&#233;nagements pour les d&#233;tenus ayant effectu&#233; la moiti&#233; de leur peine. &lt;i&gt;&#171; Nous l'avons fait&lt;/i&gt;, confie ma&#238;tre Laurent Bartolomei, pr&#233;sident du SAF des Bouches-du-Rh&#244;ne. &lt;i&gt;Cependant, la jurisprudence ne prend pas en compte les conditions de d&#233;tention. &#187;&lt;/i&gt; En f&#233;vrier 2012, la Cour de cassation avait rejet&#233; le pourvoi d'un d&#233;tenu qui voulait &#234;tre lib&#233;r&#233; de la prison de Noum&#233;a au motif d'un &lt;i&gt;&#171; traitement d&#233;gradant &#187;&lt;/i&gt;. L'insalubrit&#233;, c'est efficace pour expulser pauvres et Roms de leurs logements. Pas pour lib&#233;rer des taulards&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La chute d'un nabab du pinard</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-chute-d-un-nabab-du-pinard</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-chute-d-un-nabab-du-pinard</guid>
		<dc:date>2012-12-06T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>Conseil</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;but</dc:subject>
		<dc:subject>Conseil d'administration</dc:subject>
		<dc:subject>coop&#233;rative vinicole</dc:subject>
		<dc:subject>d'administration</dc:subject>
		<dc:subject>coop&#233;rateurs</dc:subject>
		<dc:subject>anciens</dc:subject>
		<dc:subject>quantit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>membre fondateur</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'id&#233;e coop&#233;rative, fond&#233;e sur la solidarit&#233; entre les producteurs, a progressivement &#233;t&#233; circonvenue par les lois d'airain de l'&#233;conomie de march&#233;. Mais, l&#224; aussi, les effets de la crise ont fait appara&#238;tre les v&#233;ritables rouages d'une implacable m&#233;canique de pr&#233;dation au seul profit de quelques-uns. La coop&#233;rative vinicole dont je fais partie a &#233;t&#233; fond&#233;e en 1925 par les &#171; anciens &#187; ; ils ne voulaient plus &#234;tre &#224; la merci des marchands de vendanges qui fournissaient les caisses et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no104-octobre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;104 (octobre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Caroline-Sury" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Conseil" rel="tag"&gt;Conseil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/debut" rel="tag"&gt;d&#233;but&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Conseil-d-administration" rel="tag"&gt;Conseil d'administration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cooperative-vinicole" rel="tag"&gt;coop&#233;rative vinicole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-administration" rel="tag"&gt;d'administration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cooperateurs" rel="tag"&gt;coop&#233;rateurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/anciens" rel="tag"&gt;anciens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quantite" rel="tag"&gt;quantit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/membre-fondateur" rel="tag"&gt;membre fondateur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'id&#233;e coop&#233;rative, fond&#233;e sur la solidarit&#233; entre les producteurs, a progressivement &#233;t&#233; circonvenue par les lois d'airain de l'&#233;conomie de march&#233;. Mais, l&#224; aussi, les effets de la crise ont fait appara&#238;tre les v&#233;ritables rouages d'une implacable m&#233;canique de pr&#233;dation au seul profit de quelques-uns.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La coop&#233;rative vinicole dont je fais partie a &#233;t&#233; fond&#233;e en 1925 par les &#171; anciens &#187; ; ils ne voulaient plus &#234;tre &#224; la merci des marchands de vendanges qui fournissaient les caisses et d&#233;cidaient donc du d&#233;but de la r&#233;colte et de la quantit&#233;. Mon grand-p&#232;re, membre fondateur, avait un id&#233;al socialisant : &lt;i&gt;&#171; r&#233;aliser par l'union et la solidarit&#233; une &#339;uvre en commun &#187;&lt;/i&gt;. Mais le monde bouge, la viticulture est devenue monoculture, la production locale est pass&#233;e de cinq cents hectolitres au d&#233;but du XXe si&#232;cle &#224; cinquante mille hectolitres aujourd'hui ; entre la capacit&#233; d'enivrer une petite ville de province et celle de so&#251;ler une capitale, il y a un changement d'&#233;chelle, et l'association, avec ses cinq millions de bouteilles, a chang&#233; de nature. L'id&#233;alisme a &#233;t&#233; abandonn&#233; pour une d&#233;finition plus r&#233;aliste de la coop&#233;rative : groupement de producteurs visant &#224; r&#233;duire les prix de revient. La plupart des coop&#233;rateurs croyaient que cela correspondait &#224; la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale semblait le confirmer : paroles d'expert-comptable et m&#234;me de commissaire aux comptes, tout allait bien. Et puis patatras ! On apprend qu'il y a un trou financier de trois millions, que le pr&#233;sident et le directeur sont vir&#233;s par le conseil d'administration, que les soldes de r&#233;colte ne pourront pas &#234;tre pay&#233;s, qu'il&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_479 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH623/104sury-f42e1.jpg?1768651449' width='400' height='623' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Caroline Sury
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;faut n&#233;gocier un emprunt aupr&#232;s du Cr&#233;dit agricole pour continuer &#224; fonctionner. O&#249; aller chercher les responsabilit&#233;s de cet effondrement ? Un peu partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout du c&#244;t&#233; du directeur : Jean-Christophe est un commercial de haut niveau, issu de la bourgeoisie d'affaires bordelaise ; un grand s&#233;ducteur qui a su convaincre les coop&#233;rateurs que l'argent attire l'argent, que, pour le faire entrer &#224; flots dans les caisses, il fallait mener grand train. Comme un monarque qui veut s'attacher son peuple, et s&#233;duire ses clients, il multipliait les d&#233;penses somptuaires : un nouveau caveau de d&#233;gustation &#233;difi&#233; &#224; grands frais, des chais high-tech, des voyages en Chine et partout dans le monde, des r&#233;ceptions o&#249; l'on arrose les journalistes&#8230; Le coop&#233;rateur de base n'y voyait aucun inconv&#233;nient du moment qu'il touchait fid&#232;lement des acomptes substantiels, il admirait m&#234;me secr&#232;tement le flambeur, et se d&#233;chargeait de toute responsabilit&#233; sur ses repr&#233;sentants au conseil d'administration. Ceux-ci appartiennent aux familles locales influentes et ils b&#233;n&#233;ficient r&#233;ellement de ce syst&#232;me, par exemple en se r&#233;servant un droit d'entr&#233;e dans la conception d'une cuv&#233;e haut de gamme, ou dans l'actionnariat d'un domaine achet&#233; par la coop&#233;&#8230; Quant au pr&#233;sident, ses indemnit&#233;s suffisant &#224; payer un chef de culture qui faisait tout le boulot dans ses vignes, il avait fait sien le slogan de mai 68 &#8211; &#171; Ne travaillez jamais ! &#187; &#8211; et passait tout son temps &#224; communiquer.
Puis notre directeur, l'&#226;ge avan&#231;ant, s'est transform&#233; jouisseur : il s'est fait payer une grosse BMW 4X4 de luxe &#224; cent mille euros pi&#232;ce, il a multipli&#233; les d&#233;jeuners d'affaires en d&#233;gustant des bouteilles hors de prix et pris l'avion plusieurs fois par semaine pour Bordeaux (qui lui manquait tant) pour des parties fines &#224; la DSK. Ceci dit, il n'&#233;tait pas chien, il en faisait profiter les copains comme cet &#339;nologue bordelais de renom recrut&#233; pour assembler une cuv&#233;e &#171; Ic&#244;ne &#187; et pay&#233; vingt-cinq mille euros la consultation. Jean-Christophe pla&#231;ait aussi, plus modestement, ses copines comme h&#244;tesses d'accueil &#224; l'entr&#233;e des bureaux et du caveau&#8230; Mais la fuite en avant, permise par des combines comptables telles que l'allongement du calendrier des amortissements, a enfin &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;e par certains cadres sup&#233;rieurs qui, voyant qu'on allait droit dans le mur, ont voulu sauver in extremis leurs emplois. C'est &#231;a, la crise ! Le conseil d'administration, qui jusque-l&#224; n'avait jamais exerc&#233; son contr&#244;le, a d&#251; r&#233;agir et licencier &#224; tour de bras, &#233;conomisant partout o&#249; c'&#233;tait possible. Mais, aujourd'hui, la r&#233;volte gagne les coop&#233;rateurs indign&#233;s qui r&#233;clament une remise &#224; plat et de nouvelles &#233;lections. Au nom d'un renouveau de l'esprit coop&#233;ratif ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cafca contre m&#233;dia m&#233;diocre</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;Qu'une journaliste soit d&#233;sign&#233;e persona non grata par des pr&#233;caires se d&#233;menant pour prot&#233;ger leur carne du hachoir administratif, et voil&#224; la pisse-copie qui se pose en victime, allant jusqu'&#224; broder son &#171; rapportage &#187; d'imaginaires violences. Le collectif d'Autod&#233;fense Face aux Contr&#244;les de l'Administration (alias Cafca) est n&#233; en ao&#251;t dernier &#224; l'Allantvers, un squat de Saint-Girons (Ari&#232;ge) : il s'agissait de porter le fer contre les commissions de solidarit&#233; territoriale (CST) du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qu'une journaliste soit d&#233;sign&#233;e &lt;i&gt;persona non grata&lt;/i&gt; par des pr&#233;caires se d&#233;menant pour prot&#233;ger leur carne du hachoir administratif, et voil&#224; la pisse-copie qui se pose en victime, allant jusqu'&#224; broder son &#171; rapportage &#187; d'imaginaires violences.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le collectif d'Autod&#233;fense Face aux Contr&#244;les de l'Administration (alias Cafca) est n&#233; en ao&#251;t dernier &#224; l'Allantvers, un squat de Saint-Girons (Ari&#232;ge) : il s'agissait de porter le fer contre les commissions de solidarit&#233; territoriale (CST) du conseil g&#233;n&#233;ral. Fonctionnant comme des tribunaux &#224; huis clos, les CST peuvent couper les allocs du RSA en cas de non-respect des obligations par le b&#233;n&#233;ficiaire. Trois fois, les trublions du Cafca vont s'inviter au conseil g&#233;n&#233;ral pour perturber le d&#233;roulement de ces instances disciplinaires. Une machine qui tourne &#224; plein r&#233;gime en Ari&#232;ge : en 2011, ils &#233;taient 378 pr&#233;caires sur un peu plus de 6 000 &#224; voir leurs droits au RSA coup&#233;s ; un chiffre qui devrait &#234;tre en hausse en 2012, puisque l'objectif aurait &#233;t&#233; fix&#233; &#224; 452 radiations&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;www.ariegenews.com/ariege/jeunesse_....&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 septembre dernier, &#224; Pamiers, alors qu'une quinzaine de membres du Cafca diffusent leur prose contestataire aux passants, une journaliste du site d'informations ariegenews.com approche le groupe. La dame insiste pour illustrer son papier de quelques photos. Apr&#232;s un refus cat&#233;gorique, cette derni&#232;re fait mine de d&#233;gager les lieux avant de d&#233;gainer son objectif en louced&#233;. Claquemur&#233;e ensuite dans sa bagnole, elle refuse d'effacer les clich&#233;s malgr&#233; les demandes insistantes des premiers concern&#233;s. Vacharde, elle publiera un billet acrimonieux &#224; la titraille hitchcockienne : &#171; Pamiers : un bien &#233;trange collectif pour de bien obscures motivations&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;www.ariegenews.com/news-52356.html.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;. L'article narre par le menu comment la journaliste aurait &#233;t&#233; emp&#234;ch&#233;e de mener son enqu&#234;te, &lt;i&gt;&#171; cong&#233;di&#233;e et m&#234;me agress&#233;e dans son v&#233;hicule alors m&#234;me qu'elle souhaitait quitter le lieu de la &#8220;manifestation&#8221; &#187;&lt;/i&gt;. Une plainte serait d&#233;pos&#233;e dans la foul&#233;e de cette &lt;i&gt;&#171; altercation violente &#187;&lt;/i&gt;. Rapidement, le Cafca riposte. Niant de quelconques brutalit&#233;s, ses militants expliqueront vouloir s'organiser par eux-m&#234;mes &lt;i&gt;&#171; sans chef ni m&#233;diation &#187;&lt;/i&gt;, et surtout sans s'encombrer de &lt;i&gt;&#171; la pr&#233;sence intrusive d'un[e] journaliste &#187;&lt;/i&gt;, surtout quand cette derni&#232;re a jug&#233; les pr&#233;caires r&#233;tifs &#224; ses exigences comme ne m&#233;ritant &lt;i&gt;&#171; qu'&#224; rester dans leur pr&#233;carit&#233;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ari&#232;ge, le conseil g&#233;n&#233;ral socialiste supprime le RSA &#224; des centaines de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;bouler dans un rassemblement politique sans m&#234;me se pr&#233;senter, voler des photos comme un vulgaire paparazzo (avec visage flout&#233;, pour garantir l'anonymat ou grossir &#224; l'envi l'impression de menace ?), d&#233;lirer sur un pr&#233;tendu contexte pugilistique de l'affaire. Voil&#224; le lot de la pisse-copie d'ariegenews.com, cha&#238;ne d'info en ligne au contenu &#224; la fois mainstream et r&#233;gionaliste, dont la ligne &#233;ditoriale sent bon l'enfumage : &lt;i&gt;&#171; D&#233;livrer une information pluraliste et ind&#233;pendante, ouvrir des d&#233;bats, apporter un &#233;clairage sur une actualit&#233; proche de vous. &#187;&lt;/i&gt; Pour finir par louer quelques lignes plus loin le professionnalisme, la rigueur et l'honn&#234;tet&#233; intellectuelle de ses collaborateurs ! L&#224;, l'enfumage atteint des densit&#233;s stromboliennes. La charge contre le Cafca de la presse locale ne s'est pas arr&#234;t&#233;e l&#224;, puisque La D&#233;p&#234;che du Midi ouvrira ses colonnes aux oukases anti-RSA d'Augustin Bonrepaux, pr&#233;sident du Conseil g&#233;n&#233;ral (PS) d'Ari&#232;ge : &lt;i&gt;&#171; Les contr&#244;les vont &#234;tre accrus pour les tricheurs et pour ceux qui se moquent de nous avec des projets ubuesques&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La D&#233;p&#234;che du Midi du 20/09/2012.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt; Et d'annoncer que d'ici la fin de l'ann&#233;e, ce seront pr&#232;s de 800 personnes qui passeront entre les fourches caudines de la CST. Pr&#233;sent lors d'une des &#171; perturbations &#187; de CST, St&#233;phane t&#233;moigne : &lt;i&gt;&#171; Ce qui est frappant, c'est de voir comment tout discours critique sur la pr&#233;carit&#233; est jug&#233; d'embl&#233;e ill&#233;gitime. Les cadres sont rest&#233;s dans une posture de gestion de conflit et les travailleurs sociaux ont entretenu un vrai dialogue de sourds. &#187;&lt;/i&gt; Quant &#224; la journaliste d'ariegenews.com : &lt;i&gt;&#171; Elle a fait de sa frustration un r&#232;glement de comptes personnel avec les pr&#233;caires de l'Ari&#232;ge. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ariegenews.com/ariege/jeunesse_societe/2012/52540/rsa-en-ariege-6083-beneficiaires-qui-ont-des-droits-mais-aussi-des-dev.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.ariegenews.com/ariege/jeunesse_...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ariegenews.com/news-52356.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.ariegenews.com/news-52356.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Ari&#232;ge, le conseil g&#233;n&#233;ral socialiste supprime le RSA &#224; des centaines de personnes, et le revendique &#187; : &lt;a href=&#034;http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=6332&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.cip-idf.org/article.php3...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La D&#233;p&#234;che du Midi&lt;/i&gt; du 20/09/2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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