<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=1134&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1782637830</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; &#199;a ne peut pas arriver en France, tout de m&#234;me ? &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Ca-ne-peut-pas-arriver-en-France</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Ca-ne-peut-pas-arriver-en-France</guid>
		<dc:date>2021-02-06T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Simon Hamy</dc:creator>


		<dc:subject>Louis Witter</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>ici</dc:subject>
		<dc:subject>are you</dc:subject>
		<dc:subject>you coming</dc:subject>
		<dc:subject>Brother</dc:subject>
		<dc:subject>bus</dc:subject>
		<dc:subject>coup d'autoroute</dc:subject>
		<dc:subject>d'un convoi</dc:subject>
		<dc:subject>queue d'un</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'hiver froid et humide n'y change rien : plusieurs fois par semaine, les pr&#233;fectures du Nord et du Pas-de-Calais font d&#233;manteler des campements de migrants, d&#233;truisant leurs tentes voire leurs effets personnels. Des op&#233;rations indignes que les forces de l'ordre tentent de cacher : &#224; plusieurs reprises, le photographe Louis Witter et le journaliste Simon Hamy se sont vu refuser l'acc&#232;s aux lieux. Pour pouvoir couvrir ces incessantes expulsions, les deux reporters ont d&#233;pos&#233; un r&#233;f&#233;r&#233;-libert&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no195-fevrier-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;195 (f&#233;vrier 2021)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Louis-Witter" rel="tag"&gt;Louis Witter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ici" rel="tag"&gt;ici&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/are-you" rel="tag"&gt;are you&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/you-coming" rel="tag"&gt;you coming&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Brother" rel="tag"&gt;Brother&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bus" rel="tag"&gt;bus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/coup-d-autoroute" rel="tag"&gt;coup d'autoroute&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un-convoi" rel="tag"&gt;d'un convoi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/queue-d-un" rel="tag"&gt;queue d'un&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'hiver froid et humide n'y change rien : plusieurs fois par semaine, les pr&#233;fectures du Nord et du Pas-de-Calais font d&#233;manteler des campements de migrants, d&#233;truisant leurs tentes voire leurs effets personnels. Des op&#233;rations indignes que les forces de l'ordre tentent de cacher : &#224; plusieurs reprises, le photographe Louis Witter et le journaliste Simon Hamy se sont vu refuser l'acc&#232;s aux lieux. Pour pouvoir couvrir ces incessantes expulsions, les deux reporters ont d&#233;pos&#233; un r&#233;f&#233;r&#233;-libert&#233; aupr&#232;s du tribunal administratif de Lille : en vain&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s le rejet de cette premi&#232;re requ&#234;te, les deux journalistes ont fait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ils nous livrent ici le r&#233;cit de la matin&#233;e du 29 d&#233;cembre dernier, pendant laquelle ils ont pu se faufiler entre les mailles du filet et documenter le d&#233;mant&#232;lement du campement du Puythouck, &#224; Grande-Synthe, dans la p&#233;riph&#233;rie de Dunkerque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3560 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH332/-1708-ae296.jpg?1782799774' width='500' height='332' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photographie de Louis Witter
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Brother, there is an expulsion in Grande-Synthe, are you coming ?&lt;/i&gt; &#187; D&#232;s le coup de fil d'un b&#233;n&#233;vole afghan, nous savions &#224; peu pr&#232;s ce que nous allions trouver sur place. Un coup d'autoroute &#224; 110 &#224; l'heure plus tard, nous nous retrouvons &#224; la queue d'un convoi, bus, bennes, police, qui fait lentement le tour du rond-point d'Auchan, laissant passer la circulation matinale en pointill&#233;s. Longue route caboss&#233;e, bois effeuill&#233;s sur la gauche, chicanes, parking, lac artificiel, panneau vert grenouille qui annonce : le Puythouck. 8 h 20, il fait frais, l&#233;g&#232;rement humide. &#192; peine sortis de la voiture, premi&#232;re tuile : un bus bloque tout le champ de vision, ou presque. &#192; droite, deux types ensach&#233;s s'activent sur un Kubota&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marque de tracteur.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; de location, pr&#232;s d'une benne. Interdiction de s'en approcher. L'&#233;quipe de nettoyage. On verra de larges louch&#233;es de tentes d&#233;truites former un mikado grandissant, par l&#224;, au fil de la matin&#233;e. &#192; gauche du bus, une vision kal&#233;idoscopique. Une, deux, trois, peut-&#234;tre quatre rang&#233;es d'uniformes bleu nuit, aux bottes emball&#233;es. &#192; peine de quoi apercevoir, en fond, une petite file de vestes et sacs l&#233;g&#232;rement plus color&#233;s qui commence &#224; s'assembler.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous savions ce que nous allions trouver, car c'est un mardi d'hiver comme les autres ici. Une expulsion, un d&#233;mant&#232;lement, ce n'est pas un hasard du calendrier. C'est l'une des colonnes d'un tableau qui pour le moment n'a pas de fin. &#199;a allait tomber, &#231;a tombera encore. Des matins on le sait &#224; l'avance, d'autres matins les d&#233;log&#233;s sont les seuls &#224; faire face, et filment, sachant tr&#232;s bien que dans la minute suivante ils devront ramasser leur intimit&#233; dans 5 cm de boue quasi gel&#233;e. Louis part droit dans le mur des autorit&#233;s, objectif au vent : il aura droit &#224; deux contr&#244;les, aller-retour. Je fais le tour, accompagn&#233; d'une autre photographe. On trouve une faille, on s'engage, prudemment, &#224; la rencontre de plusieurs couches de v&#234;tements qui gal&#232;rent dans la pur&#233;e bistre derri&#232;re un caddie bien rempli. Dessous, un homme qui r&#233;plique, patiemment, &#224; notre accent fran&#231;ais : il a mal &#224; la t&#234;te, d'autres chats &#224; fouetter. Il n'est pas le seul, quelques personnes errent un peu prostr&#233;es, encapuchonn&#233;es, enroul&#233;es sur leur smartphone, sur la langue de goudron qui tombe en diagonale. Le seul acc&#232;s possible aux v&#233;hicules ici. Deux silhouettes accol&#233;es nous prendront pour des auxiliaires de police, nous demandant s'il faut vraiment qu'elles se joignent au confus mouchettement que l'on aper&#231;oit en fond. La file pour le bus. On ne sait pas o&#249; il va, personne n'est &#224; m&#234;me de se renseigner. Tant pis : le froid, l'humidit&#233; prennent les os, forcent &#224; la raison (d'&#201;tat).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pieds dans la boue, t&#234;te de fin de semaine, A., Kurde irakien, admet de guerre lasse ne plus pouvoir r&#233;fl&#233;chir &#224; autre chose qu'&#224; trouver un peu de chaleur. Il ira au bus. Un enfant en parka, nez dans le col, mains dans les poches et d&#233;marche &#233;lastique, orbite sans piper mot. Il y en a plusieurs ici, des m&#232;res aussi. Un autre Kurde d'Irak, D., beaucoup plus r&#233;veill&#233; et appr&#234;t&#233;, casquette et veste c&#244;tel&#233;e impeccables, filme, compl&#232;tement &#224; d&#233;couvert, l'avanc&#233;e des autorit&#233;s. Tout en cadrant, il me parle de son parcours, marqu&#233; par la violence de la Croatie &#8211; les vols et agressions, les &lt;i&gt;pushbacks&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Refoulements.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#8211; &#224; c&#244;t&#233; de laquelle Grande-Synthe fait figure de simple glaviot dans la face. Ce doit &#234;tre &#224; ce moment que Louis, profitant de l'avanc&#233;e des policiers, a pu passer et d&#233;clencher, car ce que D. filme, c'est peu ou prou ce que l'on voit sur la photo. Une battue. La mise &#224; nu et au ciel, l'&#233;parpillement m&#233;thodique, par un nettoyeur et sa lame, de l'abri et du peu de r&#233;pit que lui et les autres s'&#233;taient cr&#233;&#233;. Un r&#233;pit indispensable pour commencer &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; autre chose que la survie, se projeter. Sauf que la normalit&#233;, ici, c'est &#231;a : r&#233;duction progressive des lieux d'intervention des associations, acc&#232;s &#224; l'eau pour le moins variable (voire supprim&#233; du Puythouck cet &#233;t&#233;, causant maladies de peau et utilisa&#8202;tion, en dernier recours, de celle du lac : un m&#233;decin confirmera l'avoir retrouv&#233;e jusque dans un biberon), acc&#232;s &#224; la nourriture assur&#233; par des particuliers. Et les d&#233;mant&#232;lements.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pas aussi m&#233;tronomiques qu'&#224; Calais, ils sont tout aussi int&#233;gr&#233;s dans leur routine par ceux qui les subissent. Les caddies, c'est pour &#231;a. Tout ce qui peut &#234;tre tract&#233; &#224; l'&#233;cart, sur la voie publique, sera, avec un peu de chance, laiss&#233; sur place. Les visages, c'est pour &#231;a aussi. Rideau ferm&#233;. Il y a bien quelques clameurs, des feux allum&#233;s, mais globalement, l'attention est d&#233;j&#224; port&#233;e vers la prochaine &#233;tape, le prochain b&#233;n&#233;vole, la ritournelle des tentes neuves qui vont arriver, promises sous peu au schlass puis &#224; la poubelle. J'&#233;tais venu leur parler de leur sant&#233; mentale, de leurs traumas, on m'a au mieux ri au nez. Les privations ici ne permettent que de penser &#224; une fuite en avant, de focaliser tous les efforts sur l'Angleterre, les tentatives de travers&#233;e. L'une des psys qui interviennent au Puythouck me le confirmera. L'ann&#233;e 2020 a &#233;t&#233; tr&#232;s rude, et si avant le confinement, de grandes cartes d'Irak, d'Iran, de Syrie qu'elle apportait pouvaient permettre de briser la glace, parler culture, foyer, ces derniers mois, elles ne r&#233;coltent que des &#171; &lt;i&gt;&#192; quoi bon ?&lt;/i&gt; &#187;, des &#171; &lt;i&gt;Ne peut-on pas plut&#244;t avoir une carte d'Angleterre ?&lt;/i&gt; &#187;. Le &#171; &lt;i&gt;pas de point de fixation&lt;/i&gt; &#187; cher au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, il est ici aussi concret dans les t&#234;tes que dans les tentes. La photo aura dans les jours suivants raviv&#233; l'indignation dans un petit milieu de d&#233;j&#224;-renseign&#233;s pari&#8202;siens. La situation est connue, les d&#233;tails peut-&#234;tre moins. Pr&#233;sent&#233; &#224; des proches, le clich&#233; a d&#233;clench&#233; une r&#233;action &#233;pidermique : &#171; &lt;i&gt;&#199;a ne peut pas arriver en France, tout de m&#234;me ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Simon Hamy - Photo Louis Witter&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Apr&#232;s le rejet de cette premi&#232;re requ&#234;te, les deux journalistes ont fait appel : &#224; l'heure o&#249; ces lignes &#233;taient &#233;crites, le Conseil d'&#201;tat n'avait pas encore rendu sa d&#233;cision. Apr&#232;s impression de cet article sur papier, il a finalement lui aussi rejet&#233; le recours des deux journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Marque de tracteur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Refoulements.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Aux saintes patronnes qui tiennent des espaces</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Aux-saintes-patronnes-qui-tiennent</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Aux-saintes-patronnes-qui-tiennent</guid>
		<dc:date>2020-02-03T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julia Zortea</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>bus</dc:subject>
		<dc:subject>Sophie</dc:subject>
		<dc:subject>bar</dc:subject>
		<dc:subject>patronne</dc:subject>
		<dc:subject>Sainte Rita</dc:subject>
		<dc:subject>sainte patronne</dc:subject>
		<dc:subject>Rita</dc:subject>
		<dc:subject>Sainte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Marseille, le bar se d&#233;cline aussi au f&#233;minin, suppl&#233;ment de caract&#232;re et d'efforts compris. Promenade canonique. Quartier de la Belle-de-Mai, fin de la journ&#233;e de boulot, je d&#233;tache mon v&#233;lo, un des pneus est &#224; plat. Juste avant, ce conseil d'une voisine : le bar, l&#224;-bas, il serait bien pour ton article, la patronne le tient depuis plus de vingt ans mais laisse tomber, c'est vraiment un lieu bizarre, ferm&#233;, un lieu de biz'. Flemme, timidit&#233;, je laisse effectivement tomber, c'est une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bus" rel="tag"&gt;bus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sophie" rel="tag"&gt;Sophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bar" rel="tag"&gt;bar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/patronne" rel="tag"&gt;patronne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sainte-Rita" rel="tag"&gt;Sainte Rita&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sainte-patronne" rel="tag"&gt;sainte patronne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rita" rel="tag"&gt;Rita&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sainte" rel="tag"&gt;Sainte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Marseille, le bar se d&#233;cline aussi au f&#233;minin, suppl&#233;ment de caract&#232;re et d'efforts compris. Promenade canonique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;Q&lt;/span&gt;uartier de la Belle-de-Mai, fin de la journ&#233;e de boulot, je d&#233;tache mon v&#233;lo, un des pneus est &#224; plat. Juste avant, ce conseil d'une voisine : le bar, l&#224;-bas, il serait bien pour ton article, la patronne le tient depuis plus de vingt ans mais laisse tomber, c'est vraiment un lieu bizarre, ferm&#233;, un lieu de biz'. Flemme, timidit&#233;, je laisse effectivement tomber, c'est une semaine sans feu sacr&#233; et ce soir &lt;a href=&#034;http://www.articles-religieux-lourdes.com/upload/produit/z-sel-sainte-rital-14124.JPG&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sainte Rita&lt;/a&gt;, ch&#232;re diablesse d'&#233;paule, sainte de l'impossible, ce soir je suis &#224; plat, je ne tente rien. Rita-c&#233;leste sourit : justement, gonfle pas, une cause perdue, m&#234;me minuscule, dix cons&#233;quences obliques. Pour une fois, prendre le bus. Arr&#234;t de gauche ou arr&#234;t de droite ? Allez, &#224; gauche, pr&#232;s du bar bizarre. La devanture, banale. Betty Boop autocoll&#233;e en robe rouge sur la porte vitr&#233;e. Des cheveux blonds ramass&#233;s en queue de cheval derri&#232;re le comptoir. Le bus tarde, j'oublie vite le rade : PJ Harvey dans mes oreilles mord juste ce qu'il faut pour d&#233;finitivement &#233;carter les nobles causes (le dossier &#171; bars &#187; de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;) et caresser l'impossible (le vrai, l'immense, pas celui qui loge au coin de la rue). Bref, le bus n'arrive pas et j'en suis l&#224;, c'est-&#224;-dire pas bien loin vers la gauche, devant l'arr&#234;t de bus, le c&#339;ur en m&#233;tronome &#224; r&#234;vasser, quand deux yeux bleus me tapent sur l'&#233;paule. &#171; &lt;i&gt;Je t'invite &#224; boire un verre ?&lt;/i&gt; &#187; La patronne du bar o&#249; je devais ne jamais entrer pour cause de torpeur existentielle se tient plant&#233;e face &#224; moi sur le trottoir. Elle ajoute : &#171; &lt;i&gt;Par contre, je te pr&#233;viens, je viens de passer une journ&#233;e de merde. &#187;&lt;/i&gt; Elle ne s'&#233;tonne pas de mon absence d'h&#233;sitation &#224; la suivre &#8211; ni de mon regard &#233;bahi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une minute plus tard&lt;/strong&gt;, vodka-orange et Martini s'entrechoquent. Elle boit pour oublier un truc, je bois &#224; la surprise, essaie de ne pas penser au comment est-ce possible et, pour ne pas penser au comment, me vient en t&#234;te ce beau bouquin sur la pr&#233;sence des morts aux c&#244;t&#233;s des vivants lu il y a quelques mois&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vinciane Despret, Au bonheur des morts. R&#233;cits de ceux qui restent, &#233;d. La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, o&#249; l'auteure mentionne ce que le po&#232;te John Keats appelait la &#171; &lt;i&gt;capacit&#233; n&#233;gative&lt;/i&gt; &#187;, cette qualit&#233; &#171; &lt;i&gt;&#224; demeurer au sein des incertitudes, des myst&#232;res, des doutes, sans s'acharner &#224; chercher le fait et la raison&lt;/i&gt; &#187;. Je pense &#224; &#231;a pour mieux atterrir dans cet inattendu, parce qu'en vrai, Rita, tes coups sont &#233;tranges : les bars, les rencontres fortuites, je connais je crois, mais le racolage inopin&#233; par une patronne peu bavarde, l&#224;, je bute un peu. Elle et moi longtemps seules, copr&#233;sence silencieuse, parlant gu&#232;re, les mots par vagues s&#232;ches, hurlant pour nous comprendre par dessus le juke-box ; un improbable face-&#224;-face qui cherche par petites touches son point de raccordement, envelopp&#233; par la fum&#233;e de clopes puis de shit, &#224; mesure qu'entrent les clients ; elle la quarantaine, install&#233;e ici par son p&#232;re &#224; seize ans, elle qui a trois enfants et qui, &#224; l'&#233;couter parler m&#233;canique automobile avec un type, a parfaitement appris l'arabe depuis le temps, elle au petit doigt tordu, au regard qui p&#233;tille quand elle raconte foncer de ses poings dans les bagarres, pr&#233;cisant qu'elle les provoque, les bagarres, s'il le faut, elle qui explique que les femmes ne tiennent g&#233;n&#233;ralement pas de bar car elles ont peur, sans dire de quoi, elle qui l&#232;ve un sourcil quand un client annonce qu'elle est gentille, &#171; &lt;i&gt;gentille et m&#233;chante, s'il te pla&#238;t&lt;/i&gt; &#187;, elle qui aurait &#171; &lt;i&gt;pr&#233;f&#233;r&#233; une boulangerie&lt;/i&gt; &#187; si elle avait pu choisir, elle qui tranche &#224; propos des mecs &#8211; &#171; &lt;i&gt;on est mille fois mieux qu'eux&lt;/i&gt; &#187; &#8211; et de l'autre c&#244;t&#233;, moi &#171; &lt;i&gt;la jeune fille de bonne famille&lt;/i&gt; &#187; comme elle se pla&#238;t &#224; me situer, pointant ainsi, pour rester dans la po&#233;sie anglaise, l' &#187; &lt;i&gt;effrayante sym&#233;trie&lt;/i&gt; &#187; du tigre&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Tigre, William Blake. &#171; Tigre, Tigre ! ton &#233;clair luit / Dans les for&#234;ts (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; que nous formons toutes deux ce soir-l&#224;, moi mentalement pr&#233;par&#233;e &#224; l'&#233;ventualit&#233; de me faire &#233;jecter de son royaume aussi abruptement que j'y suis entr&#233;e, et qui finira par en repartir d'un pas &#233;tonnement assur&#233; dans la nuit, chauff&#233;e aux braises de cette sainte patronne qui a profit&#233; de ma compagnie pour raffermir ses assises &#233;branl&#233;es par une journ&#233;e de merde. Oui Rita, une cause perdue, m&#234;me minuscule, dix cons&#233;quences obliques. Destination : &lt;i&gt;Le (Grand bar du) Chapitre&lt;/i&gt;, en haut de la Canebi&#232;re o&#249; je cherche Sophie, une autre sainte patronne, souvent crois&#233;e &#8211; Sophie qui pr&#233;cise qu'elle n'est que serveuse mais peu importe, &#224; cette heure-ci, on canonise qui l'on veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a quelques mois&lt;/strong&gt;, assises &#224; plusieurs &#224; la terrasse du &lt;i&gt;Chapitre&lt;/i&gt;, l'une d'entre nous avait racont&#233; cet &#233;pisode : elle avait vu Sophie quitter les limites de son bar pour &#233;pauler Bella, une vendeuse de roses en train de se faire casser la gueule par deux tox sur la place des R&#233;form&#233;s. Oui, confirme maintenant Sophie, &#171; &lt;i&gt;ici c'est un quartier difficile, et moi je veille : pas touche &#224; la terrasse, et pas touche &#224; Bella &#187;&lt;/i&gt;. Apr&#232;s cinq ans de service &#224; raison d'une soixantaine d'heures hebdomadaires, Sophie &#233;num&#232;re ce qu'il lui faut pour accomplir son travail : &#171; &lt;i&gt;Du caract&#232;re, &#233;norm&#233;ment de caract&#232;re, de la fermet&#233;, du courage, du franc-parler. &#187;&lt;/i&gt; En particulier derri&#232;re le comptoir en soir&#233;e &#8211; un monde bien distinct de la terrasse &#8211; o&#249; il faut faire face aux hommes, &#171; &lt;i&gt;souvent machos souvent ivres&lt;/i&gt; &#187;, lesquels &#171; &lt;i&gt;parce que t'es une femme, ne te prennent pas pour une merde, mais presque, quand tu interviens parce qu'ils ont trop bu, pas pay&#233;, disent des conneries&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Moralement, le comptoir c'est &#233;puisant, estime Sophie : &#171; &lt;i&gt;Moi qui ne picole pas, je me demande parfois o&#249; je suis.&lt;/i&gt; &#187; Ce qui fait dire &#224; Christelle, serveuse au 31 depuis trois ans (&#224; La Plaine&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDLR : ce bar a ferm&#233; depuis.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;), qu'elle ne pourrait pas travailler dans un bar de quartier (comprendre, avec ses habitu&#233;s scotch&#233;s au comptoir) : &#171; &lt;i&gt;Avec les lourds qu'on se tape en terrasse, c'est bien assez.&lt;/i&gt; &#187; Elle pointe, elle aussi, la n&#233;cessit&#233; d' &#187; &lt;i&gt;avoir du caract&#232;re&lt;/i&gt; &#187; pour r&#233;aliser ce m&#233;tier, homme comme femme, m&#234;me s'il ne fait pas de doute que pour une femme, il s'agit d'une question de survie. La patronne du 31 surgit &#224; cet instant de la discussion. &#171; &lt;i&gt;&#202;tre une femme et tenir un bar ? Ben &#231;a fait chier !&lt;/i&gt; &#187; s'exclame-t-elle en riant. Et Christelle de donner quelques exemples d'attitudes typiquement masculines (et typiquement quotidiennes) auxquelles elle se confronte : &#171; &lt;i&gt;Tu as les mecs qui te draguent parce qu'ils pensent que &#231;a va forc&#233;ment te faire plaisir. Tu es dans l'espace public, et hop, ils y vont, ils se l&#226;chent. Tu as aussi ceux qui te donnent des petits noms : &#8220;Ma ch&#233;rie, ma belle, tu m'am&#232;nes une bi&#232;re ?&#8221; Ou ceux qui te touchent quand ils ont un truc &#224; te demander. Mais &#231;a va, entre-temps, je suis devenue f&#233;ministe en faisant les bonnes rencontres. &#199;a m'a bien ouvert les yeux, je recadre en permanence.&lt;/i&gt; &#187; Toutes disent faire attention aux v&#234;tements qu'elles portent (&#171; &lt;i&gt;Si t'es bien sap&#233;e, t'attires les cons et les poivrots&lt;/i&gt; &#187;) ; ma Belle de Mai et Sophie tapent, posent ce degr&#233; de violence dans la n&#233;gociation ; Christelle pr&#233;f&#232;re les laisser se battre entre eux si &#231;a d&#233;g&#233;n&#232;re, tout en racontant la fois o&#249; elle en a expuls&#233; un qui emmerdait sa copine, laquelle n'arrivait pas &#224; s'en d&#233;barrasser (&#171; &lt;i&gt;L&#224;, tu jubiles&lt;/i&gt; &#187;) ; toutes tiennent et ouvrent des espaces. Du travail de guerri&#232;res. Elles le savent, ou pas : elles constituent de sacr&#233;s rep&#232;res de ma ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un autre soir&lt;/strong&gt;, pneu regonfl&#233;, je m'arr&#234;te &#224; &lt;i&gt;L'Unic bar&lt;/i&gt;, pr&#232;s du Vieux-Port. Une patronne historique, un rade un peu plus branch&#233;. Les &#233;toiles sont alors moins bien agenc&#233;es, je me fais rembarrer : &#171; &lt;i&gt;Tu crois quand m&#234;me pas que je vais vendre mon &#226;me au bout de deux minutes ?!&lt;/i&gt; &#187; En effet, je ne le pense pas. Sainte Rita sourit : ben ouais, quand on attend, &#231;a marche toujours moins bien. Quoique, alors que j'atteins la porte : &#171; &lt;i&gt;Tu t'en vas ? Allez, reviens boire un th&#233; un de ces apr&#232;s-midi, on discutera.&lt;/i&gt; &#187; &#192; bient&#244;t, tigre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Julia Zortea&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Vinciane Despret, &lt;i&gt;Au bonheur des morts. R&#233;cits de ceux qui restent&lt;/i&gt;, &#233;d. La D&#233;couverte, coll. Les Emp&#234;cheurs de penser en rond, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Tigre&lt;/i&gt;, William Blake. &#171; Tigre, Tigre ! ton &#233;clair luit / Dans les for&#234;ts de la nuit / Quelle main, quel &#339;il immortels / Purent fabriquer ton effrayante sym&#233;trie ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;NDLR : ce bar a ferm&#233; depuis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le bus du bocage</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-bus-du-bocage</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Le-bus-du-bocage</guid>
		<dc:date>2019-10-08T05:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>ans</dc:subject>
		<dc:subject>C'&#233;tait</dc:subject>
		<dc:subject>bus</dc:subject>
		<dc:subject>left</dc:subject>
		<dc:subject>Bruno Lemaire</dc:subject>
		<dc:subject>Banque mondiale</dc:subject>
		<dc:subject>c'est beau</dc:subject>
		<dc:subject>chorale</dc:subject>
		<dc:subject>sacs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 8 octobre 2016, plus de 40 000 b&#226;tons r&#233;sonnaient sur le sol de la ZAD &#224; Notre- Dame-des-Landes&#8230; Des dizaines de milliers de personnes confirmant leur retour en cas d'expulsion de la zone. Reportage sur la route, dans un bus de la Conf'. *** (C'&#233;tait il y a trois ans dans &#8220;CQFD&#8221;...) *** Parfois les id&#233;es les plus saugrenues finissent par l'emporter : le clafoutis aux bananes, la Banque mondiale ou la victoire de Bruno Lemaire aux primaires. J'ai choisi l'une d'entre elles : (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-etait" rel="tag"&gt;C'&#233;tait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bus" rel="tag"&gt;bus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bruno-Lemaire" rel="tag"&gt;Bruno Lemaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Banque-mondiale" rel="tag"&gt;Banque mondiale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/c-est-beau" rel="tag"&gt;c'est beau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chorale" rel="tag"&gt;chorale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sacs" rel="tag"&gt;sacs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 8 octobre 2016, plus de 40 000 b&#226;tons r&#233;sonnaient sur le sol de la ZAD &#224; Notre- Dame-des-Landes&#8230; Des dizaines de milliers de personnes confirmant leur retour en cas d'expulsion de la zone. Reportage sur la route, dans un bus de la Conf'.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2915 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L200xH284/-1159-32076.jpg?1782641249' width='200' height='284' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;148 de CQFD
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;(C'&#233;tait il y a trois ans dans &#8220;CQFD&#8221;...)&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;arfois les id&#233;es les plus saugrenues finissent par l'emporter : le clafoutis aux bananes, la Banque mondiale ou la victoire de Bruno Lemaire aux primaires. J'ai choisi l'une d'entre elles : protester contre un a&#233;roport en y allant en bus. L'a&#233;roport, c'est celui de Notre- Dame-des-Landes. Le bus celui de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne du Var : les p&#233;quenots qui ont rat&#233; leur entr&#233;e dans le march&#233; commun. La proposition : 26 heures aller-retour au lieu de trois en avion. 100 euros en car, 70 en avion. Va comprendre. C'est une des curiosit&#233;s de l'&#233;conomie circulaire. Enfin pas question de renier ma foi &#233;colo. Donc, nous voil&#224; une trentaine &#224; embarquer dans un bus &#224; Aix-en-Provence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tr&#232;s vite&lt;/strong&gt;, je comprends que l'autocar est rempli de contestataires endurcis. L'un d'eux, paysan, est d&#233;j&#224; mont&#233; dans le bocage avant 2012 et la fameuse op&#233;ration foireuse C&#233;sar, un autre r&#233;colte du miel et le reste m'est avis que ce sont des fonctionnaires en RTT. Tu vois le topo. Sweats noirs ou cheveux longs avec des tongs, sacs &#224; dos, b&#226;tons sculpt&#233;s, moustaches, pour le portrait. Il y a m&#234;me une tribu d'&#233;leveurs de brebis, avec des sacs de nourriture pour ravitailler le car. Des fois, tu vois, qu'on ne puisse pas s'arr&#234;ter sur une aire d'autoroute. De toute fa&#231;on, ils sont contre. D'embl&#233;e le chauffeur, un &#171; ca'marade esploit&#233; &#8216;videment &#187; nous pr&#233;vient : il n'ouvrira pas les toilettes du bus. Sauf en cas d'absolue n&#233;cessit&#233;. Genre : t'as d&#233;j&#224; vomi o&#249; tu te fais pipi dessus. Consternation... &#199;a va &#234;tre coton de lansquiner entre les deux fronts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une chorale&lt;/strong&gt; commence &#224; chanter et &#224; &#233;cluser des bi&#232;res. Pourtant, c'est pas un d&#233;placement de l'OM ! Si l'ambiance monte en temp&#233;rature rapidement, le thermom&#232;tre, lui, descend au niveau des pingouins. On arrive dans la Loire. Donc au pays des corbeaux. C'est le point critique. Je l'avais dit, faut pas d&#233;passer Avignon dans le Nord. L&#224;, on d&#233;passe les bornes, on arrive vers Givors : la grande vall&#233;e glaciale. On mange sur un parking d'une station ferm&#233;e et pis on repart en changeant de chauffeur sauf qu'on a perdu Robert, un vieux militant du Luberon. On le retrouve au fond du bus. Pas pour longtemps. Il empoigne le micro pour nous causer Tafta, Ceta et pourquoi pas Pastaga, l'accord de libre-&#233;change entre Ricard et la Provence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#224;-dessus&lt;/strong&gt; tout le monde se croit autoris&#233; &#224; venir vendre sa soupe d'ortie militante. Fran&#231;oise distribue des tracts sur la vraie raison pour laquelle l'&#201;tat veut &#233;vacuer Notre-Dame-des- Landes. La chorale s'&#233;poumone en chantant &#171; La Ciotat &#187; de Moussu T. Du p&#226;t&#233; v&#233;g&#233;tal circule. Une bouteille de rhum est siphonn&#233;e en deux minutes. &#199;a sent la rillette et le camembert. Tout baigne. D&#232;s qu'on approche d'un p&#233;age, &#231;a chante &#171; Vinci Pourri &#187;. On a ainsi droit aux sempiternels appels &#224; manifester tous les week-ends d'octobre. Si tu comptais te reposer &#224; Ikea, dimanche, c'est rat&#233; ! J'attends plus qu'un sermon sur les compteurs Linky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; c&#244;t&#233; de moi&lt;/strong&gt;, pas de bol, deux lectrices de &lt;i&gt;La D&#233;croissance &lt;/i&gt;se sont install&#233;es. Je suis cern&#233;. Je vais devoir faire p&#233;nitence parce que j'ai un smartphone. Et avoir droit au chapitre sur le nucl&#233;aire, les voitures polluantes et Piolle, le maire de Grenoble. Et tiens, &#231;a y est, elles me sortent &lt;i&gt;Le Postillon &lt;/i&gt; ! Le canard de chez eux alors que je m'&#233;vertue &#224; leur refiler &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt; ! &#192; c&#244;t&#233;, pour parachever le tableau il y a Luc, paysan en brebis habill&#233; comme en 68, donc en brebis, et son pote qui se trimballe avec sa caisse de pommes. Il y a m&#234;me une jeune psychologue qui a une devise : &#234;tre heureuse. &#171; &lt;i&gt;Un peu en touriste &#187;&lt;/i&gt; &#224; Roybon. &#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais m&#234;me &#224; Sivens quand ils ont tu&#233; R&#233;mi Fraisse. &#187;&lt;/i&gt; Ben tiens&#8230; c'est beau l'innocence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le matin, le bus &lt;/strong&gt;atterrit &#224; Notre- Dame-des-Landes o&#249; un guide, de gilet fluo v&#234;tu, nous donne notre num&#233;ro de bus : ce sera le 9. Retenez bien : le 9. C'est raide &#224; retenir. On fait un effort. &#199;a proteste un peu dans le fond. &#171; &lt;i&gt;T'es qui toi ? &#187;&lt;/i&gt; Puis finalement il annonce : Non ! vous &#234;tes le bus 8. Nous, on est tout chamboul&#233;s. Il nous conduit jusqu'aux Ardilli&#232;res o&#249; nous d&#233;chargeons nos sacs &#224; dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans cette campagne &lt;/strong&gt;ch&#233;rie, c'est beau, pas trop mouill&#233; et plein de tentes. On se met en ordre de marche vers la Vache-rit. Je me jette au sol et me prosterne. Enfin arriv&#233; &#224; La Mecque. La gr&#226;ce me tombe du ciel, s'il n'y avait cette chorale qui chante &#224; tue-t&#234;te. Personne ne proteste &#224; cause de la non-violence qui pr&#233;vaut ici. Une bonne soupe, un caf&#233; offert par l'Acipa&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association citoyenne intercommunale des populations concern&#233;es par le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;et on s'aper&#231;oit que tout le monde a bien son b&#226;ton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a grossit&lt;/strong&gt; de partout comme un fleuve irrigu&#233; par des ruisseaux. La balade se poursuit vers le Q de plomb. Il y a un chat qui joue avec un talkie- walkie. On lit des banderoles m&#233;chantes et on voit des cagoules dans les chemins, &#231;a a son petit effet. &#171; Ni expulsions ici, ni &#224; Calais. &#187; Y a un a&#233;roport &#224; Calais ? On nous vend des sandwichs. La chorale d&#233;bouche du muscadet et chante tout son so&#251;l. Le flot est continu. De partout arrivent des manifestants. &#192; Bellevue, des chapiteaux g&#233;ants sont dress&#233;s. La Plaine comme dans les Far West s'&#233;tend &#224; l'infini. On y ach&#232;terait un pavillon mais pas ici : trop d'avions et surtout trop de zadistes. Des ennemis de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, &#224; ce que j'ai compris dans leur brochure.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Christophe Goby&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;{{}}&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Association citoyenne intercommunale des populations concern&#233;es par le projet d'a&#233;roport.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Turquie : &#171; Est-ce encore mon pays ? &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Turquie-Est-ce-encore-mon-pays</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Turquie-Est-ce-encore-mon-pays</guid>
		<dc:date>2018-09-06T09:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Loez</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>rue</dc:subject>
		<dc:subject>bus</dc:subject>
		<dc:subject>femme</dc:subject>
		<dc:subject>rues</dc:subject>
		<dc:subject>coup d'&#201;tat</dc:subject>
		<dc:subject>sph&#232;res priv&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>d'&#201;tat</dc:subject>
		<dc:subject>l'appareil d'&#201;tat</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; peine deux mois apr&#232;s le coup d'Etat manqu&#233;, on mesure l'onde de choc qui s'est propag&#233;e dans un pays pourtant d&#233;j&#224; en guerre contre les populations du sud-est &#224; majorit&#233; kurde. Une dramaturgie a &#233;t&#233; mise en place par le r&#233;gime. Utilisation du direct par le pr&#233;sident Erdogan via une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision pour appeler ses fid&#232;les &#224; descendre dans les rues, appel relay&#233; par les mosqu&#233;es, jusqu'aux &#171; purges &#187; m&#233;diatis&#233;es et chiffr&#233;es, l'instrumentalisation de la riposte, v&#233;ritable strat&#233;gie du (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no146-septembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;146 (septembre 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Yann-Renoult-172" rel="tag"&gt;Loez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rue" rel="tag"&gt;rue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bus" rel="tag"&gt;bus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femme" rel="tag"&gt;femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rues" rel="tag"&gt;rues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/coup-d-Etat" rel="tag"&gt;coup d'&#201;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/spheres-privees" rel="tag"&gt;sph&#232;res priv&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-Etat" rel="tag"&gt;d'&#201;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-appareil-d-Etat" rel="tag"&gt;l'appareil d'&#201;tat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; peine deux mois apr&#232;s le coup d'Etat manqu&#233;, on mesure l'onde de choc qui s'est propag&#233;e dans un pays pourtant d&#233;j&#224; en guerre contre les populations du sud-est &#224; majorit&#233; kurde. Une dramaturgie a &#233;t&#233; mise en place par le r&#233;gime. Utilisation du direct par le pr&#233;sident Erdogan via une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision pour appeler ses fid&#232;les &#224; descendre dans les rues, appel relay&#233; par les mosqu&#233;es, jusqu'aux &#171; &lt;i&gt;purges&lt;/i&gt; &#187; m&#233;diatis&#233;es et chiffr&#233;es, l'instrumentalisation de la riposte, v&#233;ritable strat&#233;gie du choc, est totale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La peur reste l&#224;, aliment&#233;e &#224; la fois par l'ampleur des purges dans l'appareil d'&#201;tat et les sph&#232;res priv&#233;es, les m&#233;dias, l'&#233;ducation et l'&#233;conomie, et la pr&#233;sence continue dans les rues de foules hyst&#233;riques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emre, stambouliote de 57 ans : &#171; &lt;i&gt;Le soir de la tentative du coup d'&#201;tat, nous &#233;tions traumatis&#233;s. Cela ne s'est peut &#234;tre pas ressenti partout de la m&#234;me fa&#231;on, mais &#224; Istanbul, &#224; Moda, &#224; une certaine heure, les bruits de tirs &#233;taient intenses et le passage des avions aussi. J'avoue qu'&#224; un moment, j'ai pr&#233;par&#233; un petit sac avec pi&#232;ces d'identit&#233;, m&#233;dicaments et autres, au cas o&#249; il faudrait partir. Je pense que le traumatisme est toujours l&#224;. Non seulement les opposants au r&#233;gime, mais les pro-AKP qui sont dans la rue ont peur aussi. L'AKP essaye de tenir les gens dans la rue, depuis des semaines. J'ai un peu de mal &#224; comprendre l'objectif, car il est impossible qu'une autre tentative de coup d'&#201;tat arrive. Malgr&#233; cela, machines et camions poubelles des mairies restent encore aujourd'hui devant les sorties des casernes, o&#249; ils s'&#233;taient mis pour emp&#234;cher la sortie des chars. Je comprends que ces gens veuillent garder la rue. C'est un &#233;tat d'&#226;me qui va de la crise d'adolescence et la crise de folie &#224; l'enthousiasme du lynchage. Ces gens n'ont jamais v&#233;cu une mobilisation de grande ampleur, comme Gezi par exemple. L&#224;, ils sont au c&#339;ur. Encourag&#233;s par le r&#233;gime, ils se sont sentis l&#233;gitimes, unis et forts. La gratuit&#233; des transports en commun a m&#234;me &#233;t&#233; proclam&#233;e, pour qu'ils se rendent &#224; Taksim&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2544 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-809-c7c59.jpg?1782747313' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yann Renoult.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; Istanbul en particulier, ces foules donnent un sentiment total d'ins&#233;curit&#233; pour qui ne participe pas de ce soutien au r&#233;gime. &#171; &lt;i&gt;Chaque fois que j'y pense, je me remets &#224; pleurer, et les images des choses que j'ai vues ne me quittent pas&lt;/i&gt;, dit Firdevs, 50 ans, qui r&#233;side en France depuis 1980. &lt;i&gt;Je suis all&#233;e &#224; Istanbul pour quatre jours et ce s&#233;jour m'a rendue malade. Tu sors, tu fais deux pas dans la rue, et tu as l'impression de marcher sur des &#233;pines. Les choses que j'ai vues lors des soir&#233;es de &#8220;tours de garde pour la d&#233;mocratie&#8221; sont grav&#233;es dans ma t&#234;te. Des &#8220;Allahu akbar&#8221;, des manifestations, des barbus. Je suis rest&#233;e chez mes proches dans un quartier d'Istanbul, qui &#233;tait habit&#233; traditionnellement par les Arm&#233;niens. Vous verriez les rues, les petites rues, les avenues&#8230; Des voitures paradent en klaxonnant, toutes d&#233;cor&#233;es de drapeaux turcs, des foules passent en criant. M&#234;me le chat, &#224; la maison, &#233;tait traumatis&#233;. Dans cette foule, il y avait aussi des &#8220;&#233;lites&#8221;, enfin, des k&#233;malistes ultranationalistes qui se qualifient d'&#233;lites. Ils avaient rejoint la f&#234;te. Difficile de les diff&#233;rencier. &#192; c&#244;t&#233; des &#8220;mollahs&#8221;, vous voyez des gens qui ont d'autres apparences : par exemple un barbu portant un drapeau, et &#224; c&#244;t&#233; une femme en short&#8230; Je suis all&#233;e aussi voir des amis qui habitent le quartier Gazi. Au retour, j'ai voulu prendre le bus de Taksim. Nous &#233;tions nombreux &#224; attendre, mais aucun bus ne passait. Ils &#233;taient &#8220;confisqu&#233;s&#8221; pour emmener gratuitement les gens pour les &#8220;tours de garde&#8221;. Je suis mont&#233;e pourtant quelques arr&#234;ts plus loin. Le bus s'est rempli petit &#224; petit, et bient&#244;t il &#233;tait plein &#224; craquer. Des gens avec des drapeaux, des chapelets, des corans. Des centaines de drapeaux. Jeunes, vieux, toutes sortes de gens. Deux gar&#231;ons se sont assis face &#224; moi. L'un d'eux a sorti un couteau. Il jouait avec. Son copain lui a dit d'&#234;tre discret. J'&#233;tais en train de me demander si je ne devais pas descendre, quand une femme est arriv&#233;e et qu'un des jeunes assis en face de moi lui a laiss&#233; sa place. Elle a sorti un Coran, et ses l&#232;vres ont boug&#233; silencieusement&#8230; &#199;a ne se faisait pas, avant, de lire le Coran dans les lieux publics. En regardant tout cela, je me demandais &#8220;qu'est-ce que je fais ici, est-ce encore mon pays ?&#8221;. Quelques arr&#234;ts plus loin, une jeune femme est mont&#233;e. Voyant l'ambiance du bus, et m&#233;contente, elle a fait une r&#233;flexion en passant pr&#232;s du chauffeur. &#8220;On attend depuis des heures, c'est pour &#231;a ?&#8221;. Sa phrase &#224; peine finie, un homme portant un t-shirt rouge avec le drapeau turc imprim&#233; sur la poitrine est intervenu &#8220;Connasse de &#231;apulcu&lt;/i&gt; [&#171; racaille &#187;, mot utilis&#233; par Erdogan pour d&#233;signer les contestataires et les alli&#233;s des Kurdes &#8211; ndlr], &lt;i&gt;pute, ferme ta gueule. Ici, c'est la R&#233;publique turque, si &#231;a te pla&#238;t pas, casse-toi !&#8221;. La jeune femme a r&#233;pondu &#8220;De quoi tu te m&#234;les ?&#8221; et l'homme a continu&#233; de plus belle en l'insultant lourdement et a fait arr&#234;ter le bus. &#8220;Descends tout de suite, esp&#232;ce de salope&#8221;. Alors que la femme descendait du bus, il a dit &#224; deux jeunes pr&#232;s de lui, &#8220;Descendez, suivez cette pute et confiez-la &#224; la police&#8221;. J'ai vu par la fen&#234;tre qu'elle &#233;tait seule sur le trottoir, et les deux jeunes se tenaient face &#224; elle. Je ne sais pas ce qui est arriv&#233; &#224; cette femme&#8230; M&#234;me ne pas mettre un drapeau &#224; sa fen&#234;tre est un probl&#232;me. Comme la d&#233;lation fonctionne, la fen&#234;tre sans drapeau, sur un immeuble o&#249; chaque appartement a le sien, tape &#224; l'&#339;il. Le drapeau me sort par les yeux. Il y en a partout, autocollants sur des voitures, dans les rues, sur les immeubles&#8230; Et comme si cela ne suffisait pas, des casquettes, des porte-cl&#233;s, des t-shirts&#8230; Le chaos&#8230; Une autorit&#233; qui a r&#233;uni tous les pouvoirs sous sa main, c'est une sorte de Hitler. Ceux qui ne se coulent pas aveugl&#233;ment dans le sillon d'Erdogan savent cela. M&#234;me dans les regards, il y a une peur. Les gens se jaugent avec m&#233;fiance, ou avec m&#233;pris. Comme s'ils crachaient&#8230; M&#234;me dans le quartier Gazi, quartier rebelle, o&#249; les gens ont l'habitude de combattre les forces de s&#233;curit&#233; depuis des ann&#233;es, mes amis disaient en parlant de l'op&#233;ration de police effectu&#233;e juste apr&#232;s le coup d'&#233;tat : &#8220;Nous n'avions jamais v&#233;cu une telle violence. C'est la premi&#232;re fois que nous avons eu peur.&#8221;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir AKP affirme maintenant avec aplomb qu'aucun &#171; k&#233;maliste &#187; n'a particip&#233; au coup d'&#201;tat. Il y aurait eu des partisans de G&#252;len partout, si on en croit les chiffres. 130 000 personnes &#171; suspendues &#187; de leurs fonction ou limog&#233;es, dans le secteur public en g&#233;n&#233;ral, dans l'&#233;ducation, la sant&#233;, dans la justice, la gendarmerie, l'arm&#233;e, et dans le secteur priv&#233; &#233;ducatif, sportif, la presse&#8230; Jusqu'&#224; la garde pr&#233;sidentielle et des membres du parti AKP du Pr&#233;sident. Sur les 16 000 gardes &#224; vue, 6 000 &#233;taient en prison &#224; la mi-ao&#251;t. &#192; chaque &#233;chelon de la purge, les responsables ajoutent des noms sur les listes, suspect&#233;s de conna&#238;tre des g&#252;l&#233;nistes, ou d'avoir fr&#233;quent&#233; un temps les m&#234;mes &#233;coles, voire le m&#234;me parti&#8230; G&#252;len et Erdogan, rappelons-le, ont travaill&#233; main dans la main, jusqu'&#224; ce qu'un diff&#233;rend sur le partage des dividendes du pouvoir les s&#233;pare. Les institutions turques sont tr&#232;s fragilis&#233;es, dans l'attente d'une r&#233;organisation, comme le fut celle, totale, de l'&#233;tat-major d&#233;but ao&#251;t. Une structure resserr&#233;e autour d'Erdogan, appuy&#233;e sur des &#171; services &#187; de confiance, se charge de la continuit&#233; de la purge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erdogan continue &#224; r&#233;duire son &#171; opposition &#187; et a contraint le camp k&#233;maliste au parlement &#224; une &#171; union nationale &#187; en obtenant pour ce faire le ralliement du CHP (gauche nationaliste), deuxi&#232;me parti de Turquie, lors du meeting &#171; pour la d&#233;mocratie et les martyrs &#187; du 7 ao&#251;t&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur kedistan.net, le dossier sp&#233;cial sur le meeting historique du 7 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. C'est la poursuite de la pr&#233;sidentialisation et la concentration au pas de charge du pouvoir entre les m&#234;mes mains. Les forces de paix et la gauche d'opposition autour du HDP sont d&#233;sormais isol&#233;es. La crainte d'une r&#233;pression plus large d&#233;soriente jusqu'aux &#233;cologistes et aux associations de la soci&#233;t&#233; civile, somm&#233;s de donner des gages de fid&#233;lit&#233; envers les k&#233;malistes. Toute l'opposition se retrouve ainsi divis&#233;e.
Les conjectures autour des &#171; responsables &#187; du putsch sont secondaires, si l'on consid&#232;re qu'il y a bien eu r&#233;ussite du coup d'&#233;tat civil, engag&#233; par Erdogan bien avant la tentative avort&#233;e du 15 juillet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir sur &lt;a href=&#034;http://www.kedistan.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;kedistan.net&lt;/a&gt;, le dossier sp&#233;cial sur le meeting historique du 7 ao&#251;t qui consacre le triomphe d'Erdogan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La douleur et la m&#233;fiance</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-douleur-et-la-mefiance</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-douleur-et-la-mefiance</guid>
		<dc:date>2018-02-12T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>familles</dc:subject>
		<dc:subject>bus</dc:subject>
		<dc:subject>jours</dc:subject>
		<dc:subject>SNCF</dc:subject>
		<dc:subject>Millas</dc:subject>
		<dc:subject>ramassage scolaire</dc:subject>
		<dc:subject>TER</dc:subject>
		<dc:subject>Pyr&#233;n&#233;es-Orientales</dc:subject>
		<dc:subject>joue</dc:subject>
		<dc:subject>ramassage</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quinze jours apr&#232;s les faits, la collision entre un TER et un bus de ramassage scolaire &#224; Millas (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales) joue toujours les premiers r&#244;les dans les occurrences de l'info en ligne. Et pas seulement pour alimenter curiosit&#233; morbide et sentiment de culpabilit&#233; &#224; l'heure du foie gras et des papillotes&#8230; Deux semaines apr&#232;s l'accident au cours duquel six enfants ont trouv&#233; la mort, c'est l'avocate de trois familles endeuill&#233;es qui annonce &#224; la presse que le train avait neuf minutes de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no161-janvier-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;161 (janvier 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/familles" rel="tag"&gt;familles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bus" rel="tag"&gt;bus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jours" rel="tag"&gt;jours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/SNCF" rel="tag"&gt;SNCF&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Millas" rel="tag"&gt;Millas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ramassage-scolaire" rel="tag"&gt;ramassage scolaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/TER" rel="tag"&gt;TER&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pyrenees-Orientales" rel="tag"&gt;Pyr&#233;n&#233;es-Orientales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/joue" rel="tag"&gt;joue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ramassage" rel="tag"&gt;ramassage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quinze jours apr&#232;s les faits, la collision entre un TER et un bus de ramassage scolaire &#224; Millas (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales) joue toujours les premiers r&#244;les dans les occurrences de l'info en ligne. Et pas seulement pour alimenter curiosit&#233; morbide et sentiment de culpabilit&#233; &#224; l'heure du foie gras et des papillotes&#8230; Deux semaines apr&#232;s l'accident au cours duquel six enfants ont trouv&#233; la mort, c'est l'avocate de trois familles endeuill&#233;es qui annonce &#224; la presse que le train avait neuf minutes de retard. On fait mieux en terme de transparence. Et si cette r&#233;v&#233;lation vient apporter de l'eau au moulin des suspicieux, la bavarde utilise finalement l'info pour charger la conductrice du bus. Ce retard pourrait expliquer, selon elle, la d&#233;faillance humaine : &#171; &lt;i&gt;On sait que dans les trajets travail, il y a &#233;norm&#233;ment d'accidents. Parce que l'habitude entra&#238;ne un manque de vigilance du conducteur.&lt;/i&gt; &#187; L&#224;, on se demande si la dame repr&#233;sente les familles ou l'entreprise publique. Quelques jours auparavant, elle avait &#233;galement point&#233;, au conditionnel, des traces de somnif&#232;re dans les analyses toxicologiques comme possible cause de l'accident &#8211; traces que le procureur jugera par la suite trop faibles pour &#234;tre retenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On apprend &#233;galement &#224; cette occasion que, selon l'audit interne de la SNCF, &#171; &lt;i&gt;le syst&#232;me fonctionnait parfaitement&lt;/i&gt; &#187;. Le procureur de Marseille en charge du dossier avait, lui, d&#233;clar&#233; que &#171; &lt;i&gt;les premi&#232;res constations mat&#233;rielles vont plut&#244;t dans le sens d'une barri&#232;re ferm&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. Pourquoi autant de f&#233;brilit&#233; ? L'&#233;tat de ces barri&#232;res n'est s&#251;rement pas le m&#234;me si elles ont &#233;t&#233; bris&#233;es par un passage en force ou endommag&#233;es par les effets collat&#233;raux d'une collision sur la voie. Des experts ind&#233;pendants devraient pouvoir d&#233;terminer cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le premier jour, on a l'impression que dans cette affaire la pr&#233;somption d'innocence a d'embl&#233;e fonctionn&#233; en faveur de la SNCF, mais pas trop pour l'employ&#233;e de la compagnie d'autocars. Comme s'il fallait &#224; tout prix &#171; sauver le soldat Guillaume P&#233;py &#187;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PDG de la SNCF.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Et prendre les devants sur une m&#233;fiance diffuse, prompte &#224; s'exprimer &#171; sur les r&#233;seaux &#187;. Trois jours apr&#232;s le drame, les proches des victimes r&#233;clament des excuses de l'&#201;tat, se plaignant de la froideur et du manque de compassion des services pr&#233;fectoraux comme de la cellule de soutien psychologique. Peu apr&#232;s, trois familles se constituent partie civile pour avoir acc&#232;s au dossier de l'enqu&#234;te. En quelques jours, une p&#233;tition en ligne apporte le soutien de plus de 50 000 signataires &#224; Nadine, la conductrice du bus mise en examen pour &#171; homicides et blessures involontaires par imprudence &#187;. &#171; &lt;i&gt;SNCF = &#201;tat (&#224; ne pas oublier)&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;vient l'intitul&#233;. Si le ton est un brin parano, on d&#233;c&#232;le, de la part de proches et de coll&#232;gues de boulot, une sinc&#232;re volont&#233; de venir en aide &#224; cette m&#232;re de famille jet&#233;e en p&#226;ture &#224; l'opinion publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si certains internautes et autres trolls de forum raillent sans piti&#233; ces gens qui &#171; &lt;i&gt;ne font rien que de se plaindre&lt;/i&gt; &#187; au lieu d'affronter dignement leur deuil, il faudrait chercher la source de ce sentiment qui se g&#233;n&#233;ralise. Le doute n'est-il pas provoqu&#233; par un &#201;tat qui roule de plus en plus ouvertement pour l'int&#233;r&#234;t priv&#233; et affaiblit sciemment la Poste, la SNCF et l'&#201;ducation nationale, sous pr&#233;texte de rigueur budg&#233;taire, et afin d'ouvrir la voie &#224; une privatisation r&#233;clam&#233;e depuis des lustres par le credo lib&#233;ral de Bruxelles ? Ailleurs &#8211; Angleterre, Italie&#8230; &#8211;, des catastrophes ferroviaires ont couronn&#233; la privatisation des transports. En France, accidents, retards, lourdeurs administratives, tarifs exorbitants, strat&#233;gie inf&#233;od&#233;e au trafic routier et bugs informatiques &#339;uvrent comme une sourde p&#233;dagogie : pour qu'&#224; terme les usagers, devenus clients, en arrivent &#224; penser que tout vaudra mieux plut&#244;t que cet inepte service public. Voil&#224; sans doute qui, fatalit&#233; mise &#224; part, explique la m&#233;fiance venant aujourd'hui se m&#234;ler &#224; la douleur des familles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;PDG de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bus autog&#233;r&#233;s et &#233;dification des masses</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Bus-autogeres-et-edification-des</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Bus-autogeres-et-edification-des</guid>
		<dc:date>2018-02-03T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cheru Corisco, Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>bus</dc:subject>
		<dc:subject>travailleurs</dc:subject>
		<dc:subject>coop&#233;rative</dc:subject>
		<dc:subject>gestion ouvri&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Port d'entr&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>l'Argentine voisine</dc:subject>
		<dc:subject>Rivas</dc:subject>
		<dc:subject>d'ABC coop</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comme leurs voisins argentins, des travailleurs uruguayens ont su affronter la crise en s'appropriant les outils de travail et en exp&#233;rimentant l'autogestion. &#192; Colonia, la compagnie d'autobus ABC coop s'inscrit dans une dynamique au poing r&#233;solument lev&#233;. Port d'entr&#233;e et de sortie pour l'Argentine voisine, Colonia est un lieu de passage. Les touristes s'y arr&#234;tent un jour ou deux pour arpenter les ruelles tortueuses de son joli centre historique, et glander aux terrasses des restos. Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no135-septembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;135 (septembre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bus" rel="tag"&gt;bus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travailleurs" rel="tag"&gt;travailleurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cooperative" rel="tag"&gt;coop&#233;rative&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/gestion-ouvriere" rel="tag"&gt;gestion ouvri&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Port-d-entree" rel="tag"&gt;Port d'entr&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Argentine-voisine" rel="tag"&gt;l'Argentine voisine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rivas" rel="tag"&gt;Rivas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-ABC-coop" rel="tag"&gt;d'ABC coop&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme leurs voisins argentins, des travailleurs uruguayens ont su affronter la crise en s'appropriant les outils de travail et en exp&#233;rimentant l'autogestion. &#192; Colonia, la compagnie d'autobus ABC coop s'inscrit dans une dynamique au poing r&#233;solument lev&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Port d'entr&#233;e et de sortie pour l'Argentine voisine, Colonia est un lieu de passage. Les touristes s'y arr&#234;tent un jour ou deux pour arpenter les ruelles tortueuses de son joli centre historique, et glander aux terrasses des restos. Les Argentins fuient la tumultueuse m&#233;gapole de Buenos Aires, traversent le Rio de la Plata en ferry pour se mettre au vert le temps d'un week-end.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette ambiance nonchalante de vacances, le visiteur ne peut qu'&#234;tre interloqu&#233; par l'apparition de bus aux couleurs criardes, avec des grosses &#233;toiles rouges ou jaunes peintes sur les c&#244;t&#233;s et des inscriptions en grosses lettres : &#171; &lt;i&gt; gestion ouvri&#232;re&lt;/i&gt; &#187; ou encore &#171; &lt;i&gt;entreprise r&#233;cup&#233;r&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, coll&#233;es au nom de la compagnie : ABC coop.
Pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, mon pote Gustavo (un gars du coin) et moi-m&#234;me (&#233;ternel gringo) avons pris le bus depuis le centre historique gentrifi&#233; et polic&#233; jusqu'au si&#232;ge social d'ABC coop dans un quartier populaire p&#233;riph&#233;rique, pour y rencontrer Luis Rivas, pr&#233;sident de la coop&#233;rative et z&#233;lateur de la &lt;i&gt;gesti&#243;n obrera&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2000 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;5&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-288-6b89f.jpg?1782642601' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;DR.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En attendant son arriv&#233;e, on fl&#226;ne sur le parking en terre battue devant le local. On s'amuse des num&#233;ros et petits noms attribu&#233;s &#224; chacun des quatre bus gar&#233;s l&#224;. Deux gars s'occupent visiblement de l'entretien des v&#233;hicules. Sur la fa&#231;ade du local, une citation de Jos&#233; Artigas&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jos&#233; Gervasio Artigas, n&#233; a Montevideo en 1764 et mort au Paraguay en 1850 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;Nous ne devons rien attendre si ce n'est de nous-m&#234;mes&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luis Rivas arrive enfin, accompagn&#233; de deux autres gars de la coop&#233;rative. Serrages de pognes et petite caresse respectueuse sur le capot de leur &#233;norme molosse nomm&#233; Gasoil, et on va s'installer dans une des trois pi&#232;ces au confort minimal du local. Tandis que le Dictaphone tourne, Luis revient sur les d&#233;buts de cette aventure : &#171; &lt;i&gt; &#192; l'&#233;poque de la crise de 2001, les compagnies de transport COTUC et ABC S.A bataillent pour &#234;tre avantag&#233;es sur l'attribution de lignes de bus par la municipalit&#233;. &#199;a allait plut&#244;t mal pour le propri&#233;taire d'ABC. Comme tout bon capitaliste proche de la fin, le patron a d&#233;cid&#233; de retirer son capital et de rendre la ligne &#224; la municipalit&#233;. Lors d'une assembl&#233;e qui a dur&#233; des heures, nous, travailleurs de l'entreprise, nous sommes convaincus qu'en cette p&#233;riode de crise, aller encaisser l'argent d'un licenciement ne servirait pas bien longtemps. On pr&#233;f&#233;rait plut&#244;t garder l'outil de travail.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;cup&#233;ration de l'entreprise est donc le fruit d'une n&#233;gociation avec le patron. &#171; &lt;i&gt; Et m&#234;me d'une n&#233;gociation acharn&#233;e au bout de laquelle nous avons obtenu qu'en compensation de tout ce qui nous &#233;tait d&#251; comme les salaires en retard, les contributions sociales ou les primes de licenciement, nous pouvions r&#233;cup&#233;rer trois autobus. Un en pleine propri&#233;t&#233; et deux pr&#234;t&#233;s pour trois ans, avec outils et infrastructure. Petit &#224; petit, &#224; force de travail, nous avons pu rendre les deux bus et le premier local pour commencer &#224; nous d&#233;velopper nous-m&#234;mes.&lt;/i&gt; &#187; Sur le nom de la structure, Luis Rivas s'amuse : &#171; &lt;i&gt;Si nous nous appelons ainsi, c'est pour des raisons &#233;conomiques. Lorsque nous avons enfin pu acheter des bus d'occasion &#224; la coop&#233;rative RAIN coop de Montevideo, nous n'avions plus assez d'argent pour les repeindre ; du coup, on a juste effac&#233; les lettres &#8220;RAIN&#8221; sur les flancs pour les remplacer par &#8220;ABC&#8221; : ABC coop.&lt;/i&gt; &#187; Et le statut de coop&#233;rative ? &#171; &lt;i&gt;On n'a pas eu le choix ! Jamais nous n'avons eu l'intention d'&#234;tre une coop&#233;rative. Il faut que ce soit bien clair, nous nous d&#233;finissons comme une entreprise en gestion ouvri&#232;re. Comme ce statut n'existe pas dans la l&#233;gislation uruguayenne, le seul qui nous reste est celui de la coop&#233;rative. Dans la r&#233;alit&#233;, nous sommes tr&#232;s &#233;loign&#233;s de ce qui s'entend habituellement comme coop&#233;rative de travail dans ce pays.&lt;/i&gt; &#187; Mais encore ? &#171; &lt;i&gt; Le fameux coop&#233;rativisme id&#233;al uruguayen est compl&#232;tement d&#233;voy&#233;. Ici, les coop&#233;ratives sont bureaucratis&#233;es. Le travailleur ach&#232;te son poste de travail pour environ 60 000 dollars US&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alors que le salaire de base oscille entre 800 et 1 000 dollars US, (700 &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Ce syst&#232;me pr&#234;te le flanc &#224; la corruption. Les dirigeants ne travaillent pas, ils ne montent m&#234;me pas dans les bus. Du coup, les travailleurs n'aspirent qu'&#224; acc&#233;der &#224; des postes de direction. Lors d'&#233;lections internes, ils forment des listes et se battent entre eux pour les privil&#232;ges des dirigeants. Notre gestion ouvri&#232;re est tr&#232;s &#233;loign&#233;e de tout cela. Au d&#233;but, nous &#233;tions neuf &#224; n&#233;gocier les outils de travail contre ce qui nous &#233;tait d&#251;. Au fur et &#224; mesure qu'on est devenus propri&#233;taires, d'abord d'un bus puis de tout ce qu'on a pu acheter pour la coop&#233;rative, personne ne pouvait plus pr&#233;tendre &#224; une part de propri&#233;t&#233;. L'outil reste commun. On entre sans rien, et on sort sans rien ; tous les efforts visent &#224; d&#233;gager des salaires. Le but d'ABC coop est que cette source de travail se perp&#233;tue. Que des camarades puissent prendre leur retraite, et d'autres reprendre les postes. De plus, chez nous, le vote est direct, &#224; main lev&#233;e, et doit &#234;tre argument&#233;. Les autres pratiquent le vote secret, qui peut &#234;tre hypocrite ou achet&#233;. En gestion ouvri&#232;re, ce sont les assembl&#233;es qui dirigent vraiment la coop&#233;rative.&lt;/i&gt; &#187; Et le respect de l'organigramme des coop&#233;ratives ? &#171; &lt;i&gt;C'est pour la forme ! Sur le papier, je suis pr&#233;sident. Mais dans notre organisation, on peut r&#233;voquer la direction &#224; tout moment lors d'une assembl&#233;e. Il est arriv&#233; que certains membres soient chang&#233;s. Les assembl&#233;es sont obligatoires, ceux qui ne s'y pr&#233;sentent pas encourent des sanctions : une p&#233;nalit&#233; en argent ou des jours de mise &#224; pied. Quant &#224; ceux qui viennent, ils ont l'obligation d'intervenir. &#201;videmment, il y a toujours des opportunistes pour critiquer notre syst&#232;me et pr&#233;tendre qu'on a un fonctionnement dictatorial parce qu'on oblige les gens. Mais la seule fa&#231;on de s'assurer que le compa&#241;ero est conscient de ce que la coop&#233;rative se propose de faire, c'est sa participation. Si tu n'es pas d'accord avec un responsable, tu dois l'exprimer. Et apr&#232;s, on vote. Nous votons absolument tout, augmentations ou ajustements de salaires, attributions de postes s'il y a lieu... Le r&#244;le du dirigeant se limite strictement &#224; conduire les r&#233;solutions de l'assembl&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justement, qu'en est-il des salaires ? &#171; &lt;i&gt; Ils s'&#233;chelonnent en fonction du degr&#233; de responsabilit&#233;. Un responsable gagne 2% de plus qu'un chauffeur, soit 11% de l'argent d&#233;gag&#233;. Pour le chauffeur, 9%, et pour le gardien, 6%. Il y a donc un &#233;cart de 5% entre la plus haute et la plus basse cat&#233;gorie. Mais &#231;a tourne, on passe tous au volant&lt;/i&gt;. &#187; Et lors de ces assembl&#233;es, il est d&#233;j&#224; arriv&#233; de devoir sanctionner un compagnon de travail ? &#171; &lt;i&gt;C'est toujours tr&#232;s compliqu&#233;. En 14 ans, personne n'a jamais &#233;t&#233; exclu. Pour que cela se produise, il faudrait parvenir &#224; l'unanimit&#233; en assembl&#233;e. Il est d&#233;j&#224; arriv&#233; que des camarades commettent des fautes graves, comme des vols. Dans ces cas, nous essayons de leur faire comprendre qu'ils n'ont pas &#224; faire &#231;a, que le v&#233;ritable voleur, c'est le capitaliste.&lt;/i&gt; &#187; La coop&#233; d&#233;fend aussi un projet politique : &#171; &lt;i&gt; Notre organisation de travail pr&#233;tend &#234;tre comme une &#233;cole, dans laquelle nos travailleurs peuvent d&#233;velopper une conscience de classe, pour qu'ils finissent par entrevoir le chemin que nous suivons, inscrit dans un processus r&#233;volutionnaire. C'est aux travailleurs de prendre le pouvoir, il n'y a pas d'autre alternative. Nous formons des cadres de la lutte, en quelque sorte.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;coutant ce discours avant-gardiste, nos regards se posent sur une affiche au mur qui reprend une citation du Che : &#171; &lt;i&gt;Il est temps de mod&#233;rer nos divergences et de tout consacrer &#224; la lutte !&lt;/i&gt; &#187; Il y a aussi quelques drapeaux qui d&#233;corent la pi&#232;ce, celui du POYCU, Parti ouvrier et paysan d'Uruguay, du PBU, Parti bolchevique uruguayen ou encore celui de l'Unit&#233; populaire&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Unidad Popular est une coalition des partis de gauche radicale oppos&#233;s &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Luis Rivas poursuit : &#171; &lt;i&gt; Nous connaissons aussi des divergences au sein d'ABC coop. Il y en a m&#234;me qui on vot&#233; pour le Frente Amplio&lt;/i&gt; (FA)&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Frente Amplio (Front &#233;largi) est le parti au pouvoir. Fond&#233; en 1971 aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;i&gt; aux derni&#232;res pr&#233;sidentielles.&lt;/i&gt; &#187; Comprenant que Luis Rivas a tendance &#224; donner le ton, nous lui demandons ce qu'il pense de la gauche dite &#171; progressiste &#187; au pouvoir. &#171; &lt;i&gt;C'est une v&#233;ritable catastrophe ! Depuis qu'il est au pouvoir, le FA n'a fait qu'aggraver des situations qu'il &#233;tait cens&#233; combattre. Il brade terres et ressources au profit de grosses multinationales. Et comme nous sommes une zone franche, ces derni&#232;res ne paient pas d'imp&#244;ts. Quand on pense que, dans les ann&#233;es 1960, Raul Sendic&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Raoul Sendic surnomm&#233; &#171; El Bebe &#187;, n&#233; en 1925 en Uruguay et mort en 1989 en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;5 s'attaquait au latifundisme, d&#233;non&#231;ant l'existence d'exploitations de 10 000 hectares, et qu'aujourd'hui, ceux qui se r&#233;clament de lui n'h&#233;sitent pas &#224; octroyer 250 000 hectares &#224; la multinationale Montes del Plata&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CQFD n&#176;121 (avril 2014).&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;i&gt; pour planter leurs eucalyptus ! Pr&#232;s de 13 000 familles de paysans se sont retrouv&#233;es sans rien. Sans parler de la culture extensive du soja ou des m&#233;gaprojets miniers. Le FA a r&#233;ussi &#224; faire passer toute critique &#224; son &#233;gard pour un p&#233;ch&#233; originel : les contestataires se font taxer de tra&#238;tres, jouant le jeu de la droite !&lt;/i&gt; &#187; M&#234;me si le syndicalisme reste tr&#232;s fort en Uruguay, la coop&#233; s'en est &#233;loign&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Tous les syndicats sont repr&#233;sent&#233;s dans une centrale unique, la PIT-CNT&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La PIT-CNT (Plenario Intersindical de Trabajadores &#8211; Convenci&#243;n Nacional de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;.&lt;i&gt; Elle constitue la base sociale du FA, ses dirigeants font aujourd'hui partie de l'oligarchie. Ils m&#232;nent r&#233;guli&#232;rement de faux combats qui ne servent, de fa&#231;on plus ou moins tordue, qu'&#224; ent&#233;riner les ajustements du gouvernement en mati&#232;re de droit du travail. Les postures critiques d'ABC coop vis-&#224;-vis de cette politique nous ont valu d'&#234;tre d&#233;finitivement exclus.&lt;/i&gt; &#187; D&#232;s lors, la coop&#233; songe &#224; cr&#233;er une organisation syndicale parall&#232;le pour continuer &#224; d&#233;fendre son id&#233;e de la gestion ouvri&#232;re. Pour finir, Luis Rivas revient sur les num&#233;ros et les petits noms des autobus. &#171; &lt;i&gt; L'attribution des noms et num&#233;ros de nos bus s'est faite dans un souci de bien nous d&#233;marquer des entreprises priv&#233;es. Les bus des entreprises priv&#233;es servent aussi de supports publicitaires. Nous, nous refusons toute concession id&#233;ologique, et faisons en sorte que ce soit bien visible sur nos v&#233;hicules. Les noms et les num&#233;ros sont en relation avec les luttes historiques des travailleurs. Notre premier bus s'est appel&#233; Karl Marx. Puis nous avons eu la ligne 17 nomm&#233;e Vladimir pour L&#233;nine en 1917, il y a aussi le 59, ann&#233;e de la r&#233;volution cubaine qui se nomme &#8220;Dignidad&#8221; sur fond de drapeau cubain... Notre dernier bus est noir, il s'appelle Ayotzinapa et porte le n&#186;43, pour les 43 &#233;tudiants mexicains disparus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entretien termin&#233;, nous reprenons, Gustavo et moi, un bus de l'ABC coop. Ticket de retour offert vers le centre historique. Tr&#232;s beau coucher de soleil rouge sur le Rio de la Plata. Les touristes d&#233;sertent les rues et les commer&#231;ants ferment leurs boutiques. Pour dig&#233;rer tout &#231;a, on d&#233;cide d'aller se boire un petit godet &#8211; de rouge &#233;videmment !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cheru Corisco&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Empresas recuperadas ! &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une d&#233;cennie de gestion n&#233;olib&#233;rale (d&#233;sinflation favorable au syst&#232;me financier, privatisation des secteurs les plus rentables et surendettement des m&#233;nages), la crise financi&#232;re argentine (1998-2002) a provoqu&#233; un chaos &#233;conomique et politique in&#233;dit. Dans ce contexte de d&#233;sastre social&lt;a href=&#034;#nb6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La part des salaires dans le PIB argentin est divis&#233;e par deux : des pans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;, plusieurs pratiques de lutte et de survie se sont d&#233;velopp&#233;es : les mouvements de ch&#244;meurs (&lt;i&gt;piqueteros&lt;/i&gt;), le recours &#224; l'&#233;conomie informelle autour des &lt;i&gt;cartoneros&lt;/i&gt;, les expropriations d'entreprises via les ERT (&lt;i&gt;Empresas recuperadas por sus trabajadores&lt;/i&gt; &#8211; Entreprises r&#233;cup&#233;r&#233;es par leurs travailleurs). Celles-ci se sont forg&#233;es au travers d'affrontements acharn&#233;s contre un patronat adepte du &lt;i&gt;vaciamento&lt;/i&gt;, l'organisation frauduleuse de la faillite des entreprises sur le dos du fisc et des travailleurs (d&#233;m&#233;nagement des moyens de production sans payer arri&#233;r&#233;s de salaires, indemnit&#233;s de licenciement ni cotisations sociales). Nombre de salari&#233;s ont pr&#233;f&#233;r&#233; prendre les devants en occupant leurs entreprises pendant plusieurs mois avec le soutien des voisins du quartier pour r&#233;sister aux incessantes attaques des flics, des juges et des milices patronales. La plupart des ERT sont n&#233;es ainsi de la n&#233;cessit&#233; de sauvegarder la source de travail, du sentiment de r&#233;volte face &#224; l'impunit&#233; des patrons et des institutions publiques comme syndicales largement corrompues et d'un &#233;lan de solidarit&#233; aux niveaux local, national et m&#234;me international&lt;a href=&#034;#nb6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir de documentaire de Naomi Klein, The Take, 2004.&#034; id=&#034;nh6-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;. En 2002, les ouvri&#232;res de l'ERT de confection Brukman, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; tra&#238;n&#233;es par leur ex-employeur devant les tribunaux sous l'accusation de &#171; &lt;i&gt;r&#233;cup&#233;ration &#224; main arm&#233;e&lt;/i&gt; &#187; de leur usine, ont &#233;t&#233; d&#233;log&#233;es par les militaires qui plac&#232;rent le quartier en &#233;tat de si&#232;ge. Elles se sont regroup&#233;es alors sur une place et ont tenu le haut du pav&#233; pendant plus de 8 mois avant de r&#233;occuper les ateliers. Une fois le processus de r&#233;cup&#233;ration &#224; peu pr&#232;s stabilis&#233;, les travailleurs des ERT ont pu relancer l'activit&#233; dans une perspective autogestionnaire. Pour l'anthropologue Andr&#233;s Ruggeri&lt;a href=&#034;#nb6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Occuper, r&#233;sister, produire &#187;, Syllepse, 2015.&#034; id=&#034;nh6-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;, l'affirmation de deux principes &#8211; &#233;galitarisme salarial et d&#233;mocratisation par la prise de d&#233;cision en assembl&#233;e &#8211; permet de les distinguer du coop&#233;rativisme traditionnel argentin. Sur les plus de 300 ERT, regroupant 15 000 travailleurs, pr&#232;s de la moiti&#233; respecte une stricte &#233;galit&#233; salariale. L'&#233;preuve de la lutte en commun et le d&#233;part de presque tous les cadres y participant grandement. Alors que dans la plupart des coop&#233;ratives classiques, les assembl&#233;es sont devenues purement formelles, le pouvoir r&#233;el &#233;tant exerc&#233; par les conseils d'administration, celles convoqu&#233;es dans les entreprises r&#233;cup&#233;r&#233;es d&#233;cident de tout : la strat&#233;gie par rapport au march&#233; ou &#224; l'&#201;tat, la r&#233;partition de l'argent quant il rentre, la dur&#233;e de la journ&#233;e de turbin, les rythmes de travail, etc. Mais l'exp&#233;rience autogestionnaire avan&#231;ant &#224; t&#226;tons, un certain nombre de d&#233;rives sont apparues dans ce tiers secteur ni public ni priv&#233;. Les tentatives de normalisation &#233;manant du pouvoir, en particulier sous les mandats de Cristina Kirchner, pourraient contribuer &#224; la cr&#233;ation d'une &#233;conomie pour les pauvres agr&#233;geant les d&#233;fauts des secteurs formel et informel : pressions du march&#233;, tr&#232;s bas salaires, absence de protection sociale et domestication du mouvement social. En interne, la reconstitution de hi&#233;rarchies implicites entre anciens et nouveaux travailleurs, les premiers reprochant aux seconds leur manque d'engagement dans les assembl&#233;es, a pu voir r&#233;&#233;merger des pratiques de sabotage (vols, absent&#233;isme&#8230;) en vigueur dans les entreprises capitalistes. N&#233;anmoins, pour Ruggeri, les exp&#233;riences d'ERT doivent &#234;tre interpr&#233;t&#233;es comme &#171; &lt;i&gt; des alternatives viables pour la formation d'une &#233;conomie con&#231;ue en fonction d'un d&#233;veloppement national et latino-am&#233;ricain bas&#233; sur le travail et l'autogestion&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iffik Le Guen &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jos&#233; Gervasio Artigas, n&#233; a Montevideo en 1764 et mort au Paraguay en 1850 en exil, est un des h&#233;ros de l'ind&#233;pendance dans la r&#233;gion, et consid&#233;r&#233; par la plupart des Uruguayens comme un p&#232;re fondateur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Alors que le salaire de base oscille entre 800 et 1 000 dollars US, (700 &#224; 900 euros). Le coop&#233;rateur des entreprises de transports publics, lesquelles se livrent par ailleurs &#224; une concurrence acharn&#233;e au d&#233;triment des usagers, se comporte ainsi davantage comme un actionnaire de sa bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Unidad Popular est une coalition des partis de gauche radicale oppos&#233;s &#224; la gauche au pouvoir, on y trouve une kyrielle de partis. En plus de ceux cit&#233;s plus haut, on trouve aussi Refondation communiste, Intransigeance socialiste, Communistes r&#233;volutionnaires, Assembl&#233;e populaire, Parti humaniste et quelques autres dont j'ai oubli&#233; les noms.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Frente Amplio (Front &#233;largi) est le parti au pouvoir. Fond&#233; en 1971 aux pr&#233;mices de la dictature, il a &#233;t&#233; rapidement interdit et pers&#233;cut&#233;. Depuis sa premi&#232;re victoire historique en 2004, il rassemble 9 partis ou mouvances dont le Parti socialiste, le Parti communiste, des anciens Tupamaros, le Parti de la Victoire du peuple...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Raoul Sendic surnomm&#233; &#171; El Bebe &#187;, n&#233; en 1925 en Uruguay et mort en 1989 en France &#224; Paris. H&#233;ros des luttes sociales dans son pays, p&#232;re fondateur de la gu&#233;rilla urbaine (mais pas que) MLN Tupamaro, il a &#233;t&#233; bless&#233; au combat et enferm&#233; pendant 12 ans dans des conditions inhumaines par la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Les-contrats-fantomes-de-Montes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CQFD&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; n&#176;121 (avril 2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La PIT-CNT (Plenario Intersindical de Trabajadores &#8211; Convenci&#243;n Nacional de Trabajadores) est la seule conf&#233;d&#233;ration syndicale uruguayenne. Son nom actuel provient d'une part de la Convention nationale des travailleurs (CNT) cr&#233;&#233;e en 1964, et interdite apr&#232;s le coup d'&#201;tat du 27 juin 1973, d'autre part de l'Intersyndicale pl&#233;ni&#232;re des travailleurs (PIT), cr&#233;&#233;e en 1982, alors que la junte militaire accordait une lib&#233;ralisation relative du r&#233;gime. Le 1er mai 1984, la conf&#233;d&#233;ration reprit son nom initial de CNT, sans abandonner le sigle PIT. La PIT-CNT compte aujourd'hui 64 f&#233;d&#233;rations syndicales, avec 200 000 affili&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La part des salaires dans le PIB argentin est divis&#233;e par deux : des pans entiers de la classe moyenne ayant b&#233;n&#233;fici&#233; du pseudo-miracle argentin rejoignent les 20% de la population d&#233;j&#224; noy&#233;s dans la marginalisation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir de documentaire de Naomi Klein, &lt;i&gt;The Take&lt;/i&gt;, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Occuper, r&#233;sister, produire &#187;, Syllepse, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
