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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Jusqu'au bout des ongles</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le cosmopolite 10e arrondissement de Paris a &#233;t&#233; t&#233;moin d'une gr&#232;ve in&#233;dite et embl&#233;matique : des manucures chinoises et des coiffeuses ivoiriennes ont fait tourner la boutique apr&#232;s la fuite de leur patron mauvais payeur et vont sans doute r&#233;ussir &#224; arracher leur r&#233;gularisation. Vendredi 21 mars, au royaume de la tresse et de la cosm&#233;tique africaine &#224; Paris. &#192; la sortie du m&#233;tro, des dizaines de jeunes rabatteurs, ivoiriens pour la plupart, apostrophent les passantes africaines d'un &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no121-avril-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;121 (avril 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nogo" rel="tag"&gt;Nogo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le cosmopolite 10e arrondissement de Paris a &#233;t&#233; t&#233;moin d'une gr&#232;ve in&#233;dite et embl&#233;matique : des manucures chinoises et des coiffeuses ivoiriennes ont fait tourner la boutique apr&#232;s la fuite de leur patron mauvais payeur et vont sans doute r&#233;ussir &#224; arracher leur r&#233;gularisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vendredi 21 mars, au royaume de la tresse et de la cosm&#233;tique africaine &#224; Paris. &#192; la sortie du m&#233;tro, des dizaines de jeunes rabatteurs, ivoiriens pour la plupart, apostrophent les passantes africaines d'un &#171; &lt;i&gt;coiffure, miss ?&lt;/i&gt; &#187; pour les orienter vers un salon parmi les dizaines qui se voisinent rue du Ch&#226;teau-d'Eau et tout au long du boulevard de Strasbourg. Au num&#233;ro 50, mitoyen du passage du D&#233;sir, un petit salon d'onglerie et de coiffure d&#233;tonne, &#224; cause du drapeau CGT qui pend en fa&#231;ade par-dessus les photos de mod&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1015 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/cam00187.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/cam00187-b650d.jpg?1782881852' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au rez-de-chauss&#233;e, dans l'odeur agressive du vernis &#224; ongles, quatre manucures chinoises discutent &#233;nergiquement en posant des proth&#232;ses ongulaires au bout des doigts de clientes africaines. Quelques visiteurs aussi : une militante aux cheveux gris qui lit &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt; et Raymond Chauveau, militant CGT connu comme le loup blanc dans la lutte pour le droit des migrants. Raymond fait l'accueil, propose des caf&#233;s et blague avec les clientes. &#192; l'&#233;tage, si l'on suit l'escalier en colima&#231;on, se trouve le salon de coiffure africain, autre lieu d'intenses palabres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis d&#233;cembre, les employ&#233;es du salon n'&#233;taient plus pay&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Le patron nous promettait sans cesse de nous verser nos salaires, mais &#224; partir du 5 janvier on ne l'a plus vu. On attendait. Trois mois sans salaire, c'est dur&lt;/i&gt; &#187;, raconte Nogo, une des deux coiffeuses africaines. Tout en parlant, elle enroule des m&#232;ches, comme de petites antennes sur le cr&#226;ne d'une bambine de six mois qui s'extasie de sa nouvelle t&#234;te devant le miroir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir re&#231;u un avis d'expulsion du local pour deux ans de loyers impay&#233;s, le patron, un Ivoirien, a pris la clef des champs, plantant l&#224; le salon et ses salari&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Dans ces cas-l&#224;&lt;/i&gt;, explique Raymond,&lt;i&gt; les patrons qui ne payent pas leurs salari&#233;s sans papiers, jouent soit l'intimidation et leur disent de d&#233;gager sous la menace&lt;/i&gt; [fictive] &lt;i&gt;d'appeler la police, soit l'usure, auquel cas, les salari&#233;s, toujours par crainte de faire des vagues, abandonnent leurs salaires dus et vont chercher du boulot ailleurs. Celui-l&#224; a pr&#233;f&#233;r&#233; se volatiliser.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spontan&#233;ment, le 3 f&#233;vrier, les manucures chinoises sans papiers, dont certaines travaillaient depuis quatre ans dans des conditions al&#233;atoires, d&#233;cident de &#171; &lt;i&gt;se mettre en gr&#232;ve &lt;/i&gt; &#187;. Le 10 f&#233;vrier, elles viennent trouver l'union locale de la CGT qui les oriente vers le collectif des Droits des migrants du syndicat et d&#233;cident d'occuper le salon nuit et jour tout en continuant l'activit&#233; afin de se payer. Les b&#233;n&#233;fices sont mis au pot commun et divis&#233;s en parts &#233;gales. &#171; &lt;i&gt;Toutefois, on n'est pas dans une logique de coop&#233;rative&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Raymond.&lt;i&gt; La continuation de l'activit&#233;, c'est un outil au service de la lutte de fa&#231;on &#224; faire pression sur la pr&#233;fecture pour r&#233;gulariser ces travailleuses.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux Africaines avaient quitt&#233; le salon apr&#232;s la fuite du patron, mais ont rejoint le mouvement des Chinoises une semaine apr&#232;s le d&#233;marrage de la gr&#232;ve. &#171; &lt;i&gt;C'est quand la CGT est venue qu'on s'est rendu compte de ce qu'il se passait&lt;/i&gt;, raconte Nogo. &lt;i&gt;Auparavant, on ne connaissait pas la CGT. Il y avait onze filles qui tournaient dans le salon, maintenant il n'y a que moi et ma coll&#232;gue qui sommes revenues.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La permanence du salon est tenue par les gr&#233;vistes &#8211; quatre Chinoises, un jeune Chinois et les deux Ivoiriennes &#8211; avec un roulement de plusieurs militants, souvent vieux routiers du soutien aux immigr&#233;s. Les journaux chinois de l'immigration comme les r&#233;seaux sociaux se sont fait &#233;cho. L'&#233;mergence de la lutte des classes au sein d'une main-d'&#339;uvre irr&#233;guli&#232;re, donc tr&#232;s vuln&#233;rable, est susceptible de cr&#233;er une v&#233;ritable fissure dans le syst&#232;me de surexploitation des clandestins. Certains patrons chinois font la grimace : tout le monde tire avantage du travail au noir, font-ils savoir, &#233;branler le syst&#232;me est dangereux. M&#234;me refrain du c&#244;t&#233; des commer&#231;ants africains : &#171; &lt;i&gt; Les autres salons n'aiment pas &#231;a&lt;/i&gt;, commente Nogo. &lt;i&gt;C'est normal, ils pensent que &#231;a va cr&#233;er d'autres probl&#232;mes encore. Les rabatteurs du m&#233;tro font croire que le salon est ferm&#233;, mais on a des clientes fid&#232;les qui continuent &#224; venir.&lt;/i&gt; &#187; Nogo et Adja sont d&#233;termin&#233;es : &#171; &lt;i&gt;Quand tu te mets dans une histoire, tu dois aller jusqu'au bout&lt;/i&gt; &#187;, affirment-elles. &#192; l'entr&#233;e du salon, une femme en situation irr&#233;guli&#232;re arriv&#233;e en France en 2007 demande des conseils &#224; Raymond, qui, rod&#233; &#224; l'exercice, lui indique les marches &#224; suivre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1016 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/cam00185.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/cam00185-54890.jpg?1782881852' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Samedi 5 avril. En ce d&#233;but d'apr&#232;s-midi ensoleill&#233;, une sono a &#233;t&#233; install&#233;e sur le trottoir devant le salon pour une conf&#233;rence de presse. Depuis deux semaines, on a avanc&#233;, les &#233;lections sont pass&#233;es par l&#224;. C'est d'ailleurs, apr&#232;s l'intervention de Raymond Chauveau, &#224; une petite s&#233;ance de f&#233;licitations et d'auto-congratulations &#224; laquelle on assiste avec les discours de divers repr&#233;sentants politiques : Parti de gauche, PCOF, EELV et m&#234;me&#8230; PS. Sans doute histoire de se redonner le moral apr&#232;s la claque des municipales. C&#244;t&#233; administratif, la veille et l'avant-veille, cinq travailleuses sur sept ont pu retirer des r&#233;c&#233;piss&#233;s &#224; la pr&#233;fecture, en attendant leur carte de s&#233;jour qui sera peut-&#234;tre d&#233;livr&#233;e en ao&#251;t. Li Mae et Gang, les deux travailleurs restants, obtiendront finalement le s&#233;same provisoire le vendredi 25 avril. Durant deux mois, les demandes de r&#233;gularisation ont connu les affres des tracasseries et tergiversations administratives. Passant de la menace d'expulsion &#224; la gestion prudente au cas par cas, la pr&#233;fecture a toujours refus&#233; de prendre en consid&#233;ration le caract&#232;re collectif et social de cette lutte, craignant sans doute ce fameux &#171; appel d'air &#187;, comme on dit pour qualifier la d&#233;fense des droits sociaux. Dans le m&#234;me temps, c'e&#251;t &#233;t&#233; un mauvais signal en p&#233;riode &#233;lectorale pour le gouvernement, comme pour la municipalit&#233;, d'expulser des sans-papiers en lutte, &#171; &lt;i&gt;qui plus est des femmes qui disent leur ras-le-bol de l'esclavage moderne&lt;/i&gt; &#187;, comme le rappelle Raymond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce samedi, les mines sont plut&#244;t r&#233;jouies, les &#171; gr&#233;vistes &#187; sont fi&#232;res et &#233;mues de l'issue qui s'annonce favorable, ainsi que des diverses manifestations de solidarit&#233;. Elles, qui &#233;taient r&#233;tives &#224; toute photo, posent d&#233;sormais en pleine lumi&#232;re, souriantes bien qu'intimid&#233;es. Cependant, &#224; l'&#233;cart des discours &#224; caract&#232;re politique qui d&#233;noncent &#171; &lt;i&gt; le non-respect des r&#232;gles par les commerces du quartier&lt;/i&gt; &#187;, l'air soucieux d'une jeune Angolaise contraste avec la bonne humeur g&#233;n&#233;rale. Elle vient de d&#233;barquer du train depuis la C&#244;te d'Azur o&#249; elle r&#233;side et d&#233;couvre avec surprise ce petit rassemblement. C'est l'&#233;pouse du propri&#233;taire des locaux &#8211; pas le patron du salon mais le proprio des murs. Depuis deux ans, elle essaie de r&#233;cup&#233;rer ses loyers aupr&#232;s du patron d&#233;sormais en fuite, loyers qui constituent, dit-elle, la seule source de revenus du foyer. Son mari est &#226;g&#233; et a fait une d&#233;pression : &#171; &lt;i&gt;Si on ne r&#233;cup&#232;re pas notre bien, on va bient&#244;t &#234;tre &#224; la rue avec nos enfants.&lt;/i&gt; &#187; Elle se dit favorable &#224; la r&#233;gularisation des filles et esp&#232;re surtout que cela permettra de d&#233;bloquer sa propre situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois ouverte la voie de la r&#233;gularisation, il faut s'attendre &#224; la mise en vente du salon et &#224; la fin de cette micro-exp&#233;rience d'autogestion de circonstance. Adja, une des deux coiffeuses ivoiriennes, &#233;coute le r&#233;cit de la femme du proprio avec compassion. Elle n'est pas inqui&#232;te pour autant : &#171; &lt;i&gt;Trouver un emploi ailleurs ne sera pas compliqu&#233;. Si j'ai les papiers, je vais m&#234;me pouvoir faire une formation. Plein de choses sont possibles maintenant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1014 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH314/p04-ongerie-f5384.jpg?1782693915' width='400' height='314' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Presse sous perf'</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Presse-sous-perf</link>
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		<dc:date>2013-12-10T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Fontenelle</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Tandis que les patrons de la presse dominante lancent vers le gouvernement de (tr&#232;s) vigoureuses exhortations &#224; r&#233;duire la d&#233;pense publique, l'&#201;tat les gave de gros pognon : pour rien, dit la Cour des comptes. Non, raymond. Non, la Cour des comptes n'est pas seulement l'organisme public dot&#233; en 2008 d'une mission de conseil au gouvernement, &#224; la t&#234;te duquel Sarkozy a mis, du temps que la droite UMPique r&#233;gnait sur notre cher et vieux pays, en 2010, un &#171; socialiste &#187; selon son go&#251;t &#8211; a man (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cour" rel="tag"&gt;cour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/millions" rel="tag"&gt;millions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Raymond" rel="tag"&gt;Raymond&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Didier-Migaud" rel="tag"&gt;Didier Migaud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/depense-publique" rel="tag"&gt;d&#233;pense publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/called-Didier" rel="tag"&gt;called Didier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/presse-ecrite" rel="tag"&gt;presse &#233;crite&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tandis que les patrons de la presse dominante lancent vers le gouvernement de (tr&#232;s) vigoureuses exhortations &#224; r&#233;duire la d&#233;pense publique, l'&#201;tat les gave de gros pognon : pour rien, dit la Cour des comptes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Non, raymond. Non, la Cour des comptes n'est pas seulement l'organisme public dot&#233; en 2008 d'une mission de conseil au gouvernement, &#224; la t&#234;te duquel Sarkozy a mis, du temps que la droite UMPique r&#233;gnait sur notre cher et vieux pays, en 2010, un &#171; socialiste &#187; selon son go&#251;t &#8211; &lt;i&gt;a man called&lt;/i&gt; Didier Migaud &#8211;, qui n'a depuis eu de cesse que de produire, en flux (tr&#232;s) tendu, des exhortations &#224; r&#233;duire la d&#233;pense publique facilement reconnaissables &#224; ce qu'elles font, dans l'instant, la une du journal &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, o&#249; ces bubulations lib&#233;rales forcent de longue date le respect de la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je veux dire, mon Raymond, c'est qu'il arrive encore &#8211; m&#234;me si c'est de plus en plus rare &#8211; que cette v&#233;n&#233;rable institution, fond&#233;e en des temps napol&#233;oniens pour v&#233;rifier l'usage que l'&#201;tat fait de nos deniers, s'acquitte normalement de cette exigeante mais noble t&#226;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout r&#233;cemment, rexemple : elle a enqu&#234;t&#233; sur les &#171; aides &#187; publiques &#224; la presse &#233;crite &#8211; sur le pognon, pris dans nos imp&#244;ts, que le gouvernement allonge &#224; ses publications quotidiennes et hebdomadaires, pour les aider &#224; boucler des fins de mois devenues, pour tout un tas de raisons, dont la moindre n'est sans doute pas que nous avons collectivement pris conscience que ces organes &#233;taient d'abord et avant tout des machines &#224; produire (et &#224; diffuser) une propagande mortif&#232;re, notoirement difficiles. Et la Cour a publi&#233;, au terme de cette investigation, un dense rapport &#8211; dont &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, pour le coup, n'a pas nourri du tout sa une, mais qui peut, fort heureusement, &#234;tre consult&#233; &lt;a href=&#034;http://www.ccomptes.fr/Publications/Publications/Les-aides-de-l-Etat-a-la-presse-ecrite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt; : c'est ce que tu devrais faire, Raymond, parce qu'il le vaut bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on y d&#233;couvre, notamment, que l'argent de nos contributions finance un canard d'extr&#234;me droite dont nous tairons ici le nom (pour ne pas trop nous salir la page), mais dont le directeur a notamment &#233;t&#233; condamn&#233;, pour &#171; &lt;i&gt; diffamation raciale&lt;/i&gt; &#187; et pour &#171; &lt;i&gt;incitation &#224; la haine raciale&lt;/i&gt; &#187; : nous lui avons collectivement (mais &#224; l'insu de notre plein gr&#233;) distribu&#233;, en 2011, au titre des &#171; aides au pluralisme &#187; &#8211; c'est-y pas beau comme un coucher de soleil sur un &#233;dito de Philippe Val &#8211;, la coquette somme, pioch&#233;e dans un &#171; &lt;i&gt;fonds d'aide aux quotidiens nationaux d'information politique et g&#233;n&#233;rale &#224; faibles ressources publicitaire&lt;/i&gt;s &#187; dont tu es, j'en suis s&#251;r, bien aise de d&#233;couvrir ici l'existence&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et dont l'un des principaux b&#233;n&#233;ficiaires est le quotidien Lib&#233;ration, qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, de 260 183 euros, qui a d&#251; aider sa chefferie &#224; payer quelques salaires de cr&#226;nes d&#233;fenseurs de l'Occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, et au-del&#224; de l'instructive anecdote que nous sponsorisons sans le savoir une feuille x&#233;nophobe : le rapport de la Cour des comptes met en &#233;vidence que la presse &#233;crite &#171; &lt;i&gt;constitue un secteur qui est fortement soutenu par l'&#201;tat&lt;/i&gt; &#187;, et que ce soutien s'est consid&#233;rablement accru dans le cours de la derni&#232;re d&#233;cennie &#8211; sous le r&#232;gne, donc, d'une droite vers&#233;e dans la stigmatisation obsessive, mais ovationn&#233;e par les journaleux qui b&#233;n&#233;ficiaient de cette manne, de l'&#171; assistanat &#187;. Sans m&#234;me parler des &#171; aides indirectes &#187; qui leur ont &#233;t&#233; consenties : les quotidiens et les hebdos dont les patrons hurlent en ch&#339;ur, tous les jours et les semaines, qu'il faut d'urgence &#171; &lt;i&gt;r&#233;duire la d&#233;pense publique&lt;/i&gt; &#187; (en donnant des coups de serpe dans les budgets d&#233;di&#233;s au secours des n&#233;cessiteux) se sont litt&#233;ralement gav&#233;s&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et CQFD ? me diras-tu Raymond. Ils peuvent toujours venir avec leur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 2009 et 2011, &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, propri&#233;t&#233; du Serge Dassault qui milite activement pour une &#171; &lt;i&gt;suppression de toutes les aides sociales&lt;/i&gt; &#187;, a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une &#171; &lt;i&gt;subvention&lt;/i&gt; &#187; de 19 centimes par &#171; &lt;i&gt;exemplaire diffus&#233;&lt;/i&gt; &#187; &#8211; pour un mafflu total de 18,4 millions d'euros par an, qui a probablement mis du baume au c&#339;ur de son bloc-noteur vedette, Ivan Rioufol, au moment de r&#233;diger ses diatribes hallucin&#233;es contre &#171; &lt;i&gt;l'&#201;tat-mamma&lt;/i&gt; &#187;. Dans le m&#234;me temps, &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, o&#249; la fustigation des irrepentis gauchistes qui laissent filer &#171; &lt;i&gt;le d&#233;ficit public&lt;/i&gt; &#187; est une discipline &#233;ditocratique &#224; part enti&#232;re (dont t&#233;moignent par exemple les chroniques d&#233;filtr&#233;es de MM. Attali et Baverez), se sont respectivement garni la tirelire de 6,2 millions et de 4,5 millions &#8211; par an, toujours, Raymond, qu'est-ce que tu crois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soi, d&#233;j&#224;, c'est &#233;difiant &#8211; pour ce que &#231;a nous dit, notamment, de l'ind&#233;pendance r&#233;elle de ces titres dont les bosses vont distribuant dans l'&#233;poque de rudes le&#231;ons de maintien d&#233;ontologique. Mais le plus int&#233;ressant est que les &#171; r&#233;sultats &#187; de ce gros l&#226;cher de fric sont, selon la Cour des comptes, &#171; &lt;i&gt;peu probants&lt;/i&gt; &#187;, et m&#234;me : &#171; &lt;i&gt;D&#233;cevants au regard des attentes et des moyens engag&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Puisqu'en effet, &#171; &lt;i&gt;malgr&#233; le soutien massif &lt;/i&gt; &#187; dont l'&#201;tat gratifie ses iconoclastes contempteurs de la d&#233;pense publique : la &#171; &lt;i&gt;crise de la presse&lt;/i&gt; &#187; continue inexorablement de &#171; &lt;i&gt;s'aggraver&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je sais bien, Raymond, que tu seras de l'avis que cette gabegie aurait valablement pu faire l'objet d'une une du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; un peu p&#234;chue &#8211; du type de celles que sa dirlotte fait d'habitude confectionner (comme je te disais tout &#224; l'heure) &#224; chaque fois que Didier-Migaud-de-la-Cour-des-comptes crie qu'il faut qu'on se r&#233;duise les dettes publiques. Mais regade bien, Raymond &#8211; c'est marqu&#233; l&#224;, en tout petit : &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; a re&#231;u, chaque ann&#233;e, entre 2009 et 2011, une allocation d'&#201;tat de 18,4 millions d'euros. Et tu voudrais le crier sur les toits ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et dont l'un des principaux b&#233;n&#233;ficiaires est le quotidien &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, qui s'est vu attribuer sous son titre une enveloppe de 2,8 millions d'euros en 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; ? me diras-tu Raymond. Ils peuvent toujours venir avec leur ch&#233;quier, on les chassera, on ne mange pas de ce pain-l&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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