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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; &#199;a ne peut pas arriver en France, tout de m&#234;me ? &#187;</title>
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		<dc:creator>Simon Hamy</dc:creator>


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&lt;p&gt;L'hiver froid et humide n'y change rien : plusieurs fois par semaine, les pr&#233;fectures du Nord et du Pas-de-Calais font d&#233;manteler des campements de migrants, d&#233;truisant leurs tentes voire leurs effets personnels. Des op&#233;rations indignes que les forces de l'ordre tentent de cacher : &#224; plusieurs reprises, le photographe Louis Witter et le journaliste Simon Hamy se sont vu refuser l'acc&#232;s aux lieux. Pour pouvoir couvrir ces incessantes expulsions, les deux reporters ont d&#233;pos&#233; un r&#233;f&#233;r&#233;-libert&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Louis-Witter" rel="tag"&gt;Louis Witter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/queue-d-un" rel="tag"&gt;queue d'un&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'hiver froid et humide n'y change rien : plusieurs fois par semaine, les pr&#233;fectures du Nord et du Pas-de-Calais font d&#233;manteler des campements de migrants, d&#233;truisant leurs tentes voire leurs effets personnels. Des op&#233;rations indignes que les forces de l'ordre tentent de cacher : &#224; plusieurs reprises, le photographe Louis Witter et le journaliste Simon Hamy se sont vu refuser l'acc&#232;s aux lieux. Pour pouvoir couvrir ces incessantes expulsions, les deux reporters ont d&#233;pos&#233; un r&#233;f&#233;r&#233;-libert&#233; aupr&#232;s du tribunal administratif de Lille : en vain&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s le rejet de cette premi&#232;re requ&#234;te, les deux journalistes ont fait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ils nous livrent ici le r&#233;cit de la matin&#233;e du 29 d&#233;cembre dernier, pendant laquelle ils ont pu se faufiler entre les mailles du filet et documenter le d&#233;mant&#232;lement du campement du Puythouck, &#224; Grande-Synthe, dans la p&#233;riph&#233;rie de Dunkerque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3560 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH332/-1708-ae296.jpg?1779866260' width='500' height='332' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photographie de Louis Witter
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Brother, there is an expulsion in Grande-Synthe, are you coming ?&lt;/i&gt; &#187; D&#232;s le coup de fil d'un b&#233;n&#233;vole afghan, nous savions &#224; peu pr&#232;s ce que nous allions trouver sur place. Un coup d'autoroute &#224; 110 &#224; l'heure plus tard, nous nous retrouvons &#224; la queue d'un convoi, bus, bennes, police, qui fait lentement le tour du rond-point d'Auchan, laissant passer la circulation matinale en pointill&#233;s. Longue route caboss&#233;e, bois effeuill&#233;s sur la gauche, chicanes, parking, lac artificiel, panneau vert grenouille qui annonce : le Puythouck. 8 h 20, il fait frais, l&#233;g&#232;rement humide. &#192; peine sortis de la voiture, premi&#232;re tuile : un bus bloque tout le champ de vision, ou presque. &#192; droite, deux types ensach&#233;s s'activent sur un Kubota&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marque de tracteur.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; de location, pr&#232;s d'une benne. Interdiction de s'en approcher. L'&#233;quipe de nettoyage. On verra de larges louch&#233;es de tentes d&#233;truites former un mikado grandissant, par l&#224;, au fil de la matin&#233;e. &#192; gauche du bus, une vision kal&#233;idoscopique. Une, deux, trois, peut-&#234;tre quatre rang&#233;es d'uniformes bleu nuit, aux bottes emball&#233;es. &#192; peine de quoi apercevoir, en fond, une petite file de vestes et sacs l&#233;g&#232;rement plus color&#233;s qui commence &#224; s'assembler.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous savions ce que nous allions trouver, car c'est un mardi d'hiver comme les autres ici. Une expulsion, un d&#233;mant&#232;lement, ce n'est pas un hasard du calendrier. C'est l'une des colonnes d'un tableau qui pour le moment n'a pas de fin. &#199;a allait tomber, &#231;a tombera encore. Des matins on le sait &#224; l'avance, d'autres matins les d&#233;log&#233;s sont les seuls &#224; faire face, et filment, sachant tr&#232;s bien que dans la minute suivante ils devront ramasser leur intimit&#233; dans 5 cm de boue quasi gel&#233;e. Louis part droit dans le mur des autorit&#233;s, objectif au vent : il aura droit &#224; deux contr&#244;les, aller-retour. Je fais le tour, accompagn&#233; d'une autre photographe. On trouve une faille, on s'engage, prudemment, &#224; la rencontre de plusieurs couches de v&#234;tements qui gal&#232;rent dans la pur&#233;e bistre derri&#232;re un caddie bien rempli. Dessous, un homme qui r&#233;plique, patiemment, &#224; notre accent fran&#231;ais : il a mal &#224; la t&#234;te, d'autres chats &#224; fouetter. Il n'est pas le seul, quelques personnes errent un peu prostr&#233;es, encapuchonn&#233;es, enroul&#233;es sur leur smartphone, sur la langue de goudron qui tombe en diagonale. Le seul acc&#232;s possible aux v&#233;hicules ici. Deux silhouettes accol&#233;es nous prendront pour des auxiliaires de police, nous demandant s'il faut vraiment qu'elles se joignent au confus mouchettement que l'on aper&#231;oit en fond. La file pour le bus. On ne sait pas o&#249; il va, personne n'est &#224; m&#234;me de se renseigner. Tant pis : le froid, l'humidit&#233; prennent les os, forcent &#224; la raison (d'&#201;tat).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pieds dans la boue, t&#234;te de fin de semaine, A., Kurde irakien, admet de guerre lasse ne plus pouvoir r&#233;fl&#233;chir &#224; autre chose qu'&#224; trouver un peu de chaleur. Il ira au bus. Un enfant en parka, nez dans le col, mains dans les poches et d&#233;marche &#233;lastique, orbite sans piper mot. Il y en a plusieurs ici, des m&#232;res aussi. Un autre Kurde d'Irak, D., beaucoup plus r&#233;veill&#233; et appr&#234;t&#233;, casquette et veste c&#244;tel&#233;e impeccables, filme, compl&#232;tement &#224; d&#233;couvert, l'avanc&#233;e des autorit&#233;s. Tout en cadrant, il me parle de son parcours, marqu&#233; par la violence de la Croatie &#8211; les vols et agressions, les &lt;i&gt;pushbacks&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Refoulements.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#8211; &#224; c&#244;t&#233; de laquelle Grande-Synthe fait figure de simple glaviot dans la face. Ce doit &#234;tre &#224; ce moment que Louis, profitant de l'avanc&#233;e des policiers, a pu passer et d&#233;clencher, car ce que D. filme, c'est peu ou prou ce que l'on voit sur la photo. Une battue. La mise &#224; nu et au ciel, l'&#233;parpillement m&#233;thodique, par un nettoyeur et sa lame, de l'abri et du peu de r&#233;pit que lui et les autres s'&#233;taient cr&#233;&#233;. Un r&#233;pit indispensable pour commencer &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; autre chose que la survie, se projeter. Sauf que la normalit&#233;, ici, c'est &#231;a : r&#233;duction progressive des lieux d'intervention des associations, acc&#232;s &#224; l'eau pour le moins variable (voire supprim&#233; du Puythouck cet &#233;t&#233;, causant maladies de peau et utilisa&#8202;tion, en dernier recours, de celle du lac : un m&#233;decin confirmera l'avoir retrouv&#233;e jusque dans un biberon), acc&#232;s &#224; la nourriture assur&#233; par des particuliers. Et les d&#233;mant&#232;lements.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pas aussi m&#233;tronomiques qu'&#224; Calais, ils sont tout aussi int&#233;gr&#233;s dans leur routine par ceux qui les subissent. Les caddies, c'est pour &#231;a. Tout ce qui peut &#234;tre tract&#233; &#224; l'&#233;cart, sur la voie publique, sera, avec un peu de chance, laiss&#233; sur place. Les visages, c'est pour &#231;a aussi. Rideau ferm&#233;. Il y a bien quelques clameurs, des feux allum&#233;s, mais globalement, l'attention est d&#233;j&#224; port&#233;e vers la prochaine &#233;tape, le prochain b&#233;n&#233;vole, la ritournelle des tentes neuves qui vont arriver, promises sous peu au schlass puis &#224; la poubelle. J'&#233;tais venu leur parler de leur sant&#233; mentale, de leurs traumas, on m'a au mieux ri au nez. Les privations ici ne permettent que de penser &#224; une fuite en avant, de focaliser tous les efforts sur l'Angleterre, les tentatives de travers&#233;e. L'une des psys qui interviennent au Puythouck me le confirmera. L'ann&#233;e 2020 a &#233;t&#233; tr&#232;s rude, et si avant le confinement, de grandes cartes d'Irak, d'Iran, de Syrie qu'elle apportait pouvaient permettre de briser la glace, parler culture, foyer, ces derniers mois, elles ne r&#233;coltent que des &#171; &lt;i&gt;&#192; quoi bon ?&lt;/i&gt; &#187;, des &#171; &lt;i&gt;Ne peut-on pas plut&#244;t avoir une carte d'Angleterre ?&lt;/i&gt; &#187;. Le &#171; &lt;i&gt;pas de point de fixation&lt;/i&gt; &#187; cher au minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, il est ici aussi concret dans les t&#234;tes que dans les tentes. La photo aura dans les jours suivants raviv&#233; l'indignation dans un petit milieu de d&#233;j&#224;-renseign&#233;s pari&#8202;siens. La situation est connue, les d&#233;tails peut-&#234;tre moins. Pr&#233;sent&#233; &#224; des proches, le clich&#233; a d&#233;clench&#233; une r&#233;action &#233;pidermique : &#171; &lt;i&gt;&#199;a ne peut pas arriver en France, tout de m&#234;me ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Simon Hamy - Photo Louis Witter&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Apr&#232;s le rejet de cette premi&#232;re requ&#234;te, les deux journalistes ont fait appel : &#224; l'heure o&#249; ces lignes &#233;taient &#233;crites, le Conseil d'&#201;tat n'avait pas encore rendu sa d&#233;cision. Apr&#232;s impression de cet article sur papier, il a finalement lui aussi rejet&#233; le recours des deux journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Marque de tracteur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Refoulements.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;meutes-shopping</title>
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		<dc:date>2011-10-24T07:33:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Najate Zouggari</dc:creator>


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&lt;p&gt;La flamb&#233;e de violence de cet &#233;t&#233; en Grande-Bretagne a pour origine une politique de casse sociale plus que trentenaire. Et les grands discours moralisants qui stigmatisent le comportement de la jeunesse ne servent qu'&#224; dissimuler cette dure r&#233;alit&#233;. &#171; Are you taking orders or are you taking over ? &#187; [Allez-vous ex&#233;cuter les ordres ou vous relever ?] En 1977, dans une chanson des Clash, le regrett&#233; Joe Strummer interroge le privil&#232;ge de race d'une jeunesse ouvri&#232;re blanche qui, &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no92-septembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;92 (septembre 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/are-you" rel="tag"&gt;are you&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Joe-Strummer" rel="tag"&gt;Joe Strummer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/you-taking" rel="tag"&gt;you taking&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Allez-vous-executer" rel="tag"&gt;Allez-vous ex&#233;cuter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/taking-over" rel="tag"&gt;taking over&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/taking-orders" rel="tag"&gt;taking orders&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Notting-Hill" rel="tag"&gt;Notting Hill&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/you" rel="tag"&gt;you&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/taking" rel="tag"&gt;taking&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La flamb&#233;e de violence de cet &#233;t&#233; en Grande-Bretagne a pour origine une politique de casse sociale plus que trentenaire. Et les grands discours moralisants qui stigmatisent le comportement de la jeunesse ne servent qu'&#224; dissimuler cette dure r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_197 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH599/92_remi_cop-626e8.png?1779603565' width='400' height='599' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Are you taking orders or are you taking over ? &#187;&lt;/i&gt; [Allez-vous ex&#233;cuter les ordres ou vous relever ?] En 1977, dans une chanson des Clash, le regrett&#233; Joe Strummer interroge le privil&#232;ge de race d'une jeunesse ouvri&#232;re blanche qui, &#224; la solidarit&#233; de classe, pr&#233;f&#232;re le confort d'&#234;tre moins maltrait&#233;e que les Noirs. L'apostrophe des Clash est lanc&#233;e juste &#224; la suite des &#233;meutes de Notting Hill. Avant de devenir en partie le havre des bourgeois boh&#232;mes adeptes du chinage, le quartier de Notting Hill a &#233;t&#233; par deux fois le terrain de violences polici&#232;res contre la communaut&#233; issue des Cara&#239;bes &#8211; en 1958 et 1976. La sir&#232;ne qui r&#233;sonne dans la derni&#232;re version du morceau des Clash annonce des lendemains qui d&#233;chantent pour l'ensemble des franges les plus d&#233;favoris&#233;es de la soci&#233;t&#233; britannique d&#233;j&#224; lessiv&#233;es et criminalis&#233;es par les d&#233;buts du thatch&#233;risme.
Aujourd'hui, d'autres &#233;meutes &#233;clatent. Elles se sont d&#233;plac&#233;es g&#233;ographiquement, dans le Nord de la ville &#224; Tottenham, Enfield, Islington et Hackney notamment ; dans le Sud : Brixton, Peckham, Croydon, ainsi que dans d'autres villes : Liverpool, Birmingham, Manchester et Bristol. Qualifi&#233;es d'&#233;meutes-shopping par des journalistes discount, celles-ci ont fait l'objet en Angleterre comme en France d'une amplification m&#233;diatique spectaculaire des d&#233;g&#226;ts mat&#233;riels au d&#233;triment de recherches sur les racines sociales et politiques du probl&#232;me : les enqu&#234;tes sur la pauvret&#233;, par exemple, dont le &lt;i&gt;London Evening Standard&lt;/i&gt; avait d&#233;j&#224;, en mars 2010, fait &#233;tat dans un vaste dossier intitul&#233; &lt;a href=&#034;http://www.thisislondon.co.uk/advertorials/dispossessed.do&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; The Dispossessed &#187;.&lt;/a&gt; Ce dernier compilait une s&#233;rie de reportages sur l'envers d'une capitale britannique r&#233;put&#233;e pour son dynamisme &#233;conomique. &#192; la suite de quoi, le journal a cr&#233;&#233; un fonds sp&#233;cial pour aider les pauvres. Gordon Brown, alors Premier ministre, appuie avec enthousiasme le projet qui consiste &#224; s'en remettre &#224; la g&#233;n&#233;rosit&#233; des plus riches : un moyen pratique pour r&#233;duire les signes visibles de la pauvret&#233; sans toutefois la faire enti&#232;rement dispara&#238;tre &#8211; le vendeur de b&#233;quilles a toujours besoin d'&#233;clop&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, la casse de la National health service (NHS) se poursuit et la crise des subprimes frappe de plein fouet les Britanniques : une d&#233;p&#234;che de Reuters dat&#233;e du 27 juin annon&#231;ait que la Grande-Bretagne allait faire face &#224; une vague de saisies immobili&#232;res sans pr&#233;c&#233;dent. En mati&#232;re de finance, les orientations travaillistes ne diff&#232;rent pas de leurs pseudo-adversaires conservateurs. Aussi, l'usage de l'expression &#171; &lt;i&gt; broken society &#187;&lt;/i&gt; par David Cameron permet-il d'&#233;viter toute &#233;valuation des causes mat&#233;rielles en demeurant sur le terrain strictement moralisant de la charit&#233;. Car personne au sein du gouvernement de Monsieur Cameron ne se demande quelles politiques ont &#171; cass&#233; &#187; la soci&#233;t&#233; ni comment la refonder autrement qu'en comptant le nombre de t&#233;l&#233;viseurs vol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la jeunesse tr&#232;s d&#233;favoris&#233;e est syst&#233;matiquement stigmatis&#233;e dans les m&#233;dias britanniques, au moyen notamment des termes &lt;i&gt;&#171; Asbos &#187;&lt;/i&gt; (d&#233;riv&#233; du nom d'un plan institu&#233; par Tony Blair servant &#224; criminaliser des comportements pas toujours justiciables mais jug&#233;s nuisibles ou g&#234;nants par les classes moyennes et sup&#233;rieures) et &lt;i&gt;&#171; chavs &#187;&lt;/i&gt;, qui d&#233;signe de jeunes pauvres dont la classe moyenne se gausse : go&#251;t pour les contrefa&#231;ons de la marque Burberry, queue de cheval haute pour les filles &#8211; qualifi&#233;e de &lt;i&gt;&#171; lifting Croydon &#187;&lt;/i&gt; &#8211; tics d'&#233;locution, tourn&#233;s en d&#233;rision par la s&#233;rie &lt;i&gt;Little Britain&lt;/i&gt; (BBC) &#224; travers le personnage de Vicky Pollard. Les privil&#233;gi&#233;s se disent que les pauvres ont d&#233;cid&#233;ment tr&#232;s mauvais go&#251;t &#8211; alors que ces go&#251;ts ne diff&#232;rent nullement des leurs. Seuls l'expression et les moyens mat&#233;riels de les satisfaire changent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, si seuls les plus pauvres paient les pots cass&#233;s d'une soci&#233;t&#233; n&#233;o-lib&#233;rale qui pardonne, quand elle n'exalte pas, les erreurs de ses banquiers et criminalise celles de sa jeunesse &#233;conomiquement fragilis&#233;e, faut-il s'&#233;tonner que cette m&#234;me jeunesse brise les vitrines du consum&#233;risme hideux aujourd'hui &#233;rig&#233; en mode de vie ? Les &#233;meutiers s'approprient en d&#233;finitive des objets, superflus pour ceux qui peuvent se les payer, mais que tout concourt &#224; leur faire convoiter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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