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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Tribune : &#171; L'arrestation de l'un des n&#244;tres &#187;</title>
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		<dc:creator>Collectif des combattantes et combattants francophones du Rojava</dc:creator>


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&lt;p&gt;On a re&#231;u ce texte il y a quelques jours, sign&#233; du CCFR (Collectif des combattantes et combattants francophones du Rojava). Il est consacr&#233; &#224; l'arrestation de sept personnes par la DGSI en d&#233;cembre 2020 pour &#171; association de malfaiteurs terroristes &#187; et d&#233;nonce les calculs politiques grossiers impulsant cette affaire, qui rappelle grandement le fiasco Tarnac. Avec au c&#339;ur de la manipulation soi-disant &#171; antiterroriste &#187; la pr&#233;sence parmi les personnes arr&#234;t&#233;es d'un ancien volontaire des YPG, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On a re&#231;u ce texte il y a quelques jours, sign&#233; du CCFR (Collectif des combattantes et combattants francophones du Rojava). Il est consacr&#233; &#224; l'arrestation de sept personnes par la DGSI en d&#233;cembre 2020 pour &#171; association de malfaiteurs terroristes &#187; et d&#233;nonce les calculs politiques grossiers impulsant cette affaire, qui rappelle grandement le fiasco Tarnac. Avec au c&#339;ur de la manipulation soi-disant &#171; antiterroriste &#187; la pr&#233;sence parmi les personnes arr&#234;t&#233;es d'un ancien volontaire des YPG, qui a combattu au Rojava contre Daesh. Les logiques d&#233;nonc&#233;es dans ce texte d'intervention nous semblant particuli&#232;rement importantes, on a d&#233;cid&#233; de le publier, en soutien aux sept personnes mises en examen.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En d&#233;cembre dernier, sept personnes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es par la DGSI et mises en examen pour &#171; &lt;i&gt;association de malfaiteurs terroriste&lt;/i&gt; &#187;. Un ancien volontaire du YPG, les forces arm&#233;es du Kurdistan syrien, a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; comme le meneur du groupe et incarc&#233;r&#233;. De cette affaire nous ne connaissons que ce qui a fuit&#233; dans la presse. Quelques armes de chasse, des produits accessibles dans le commerce et &#171; &lt;i&gt;pouvant entrer dans la confection d'explosifs&lt;/i&gt; &#187;, des r&#233;unions en for&#234;t, de pr&#233;tendus aveux de membres les &#171; &lt;i&gt;moins impliqu&#233;s&lt;/i&gt; &#187; du groupe. En dehors de cela, rien : pas de liste de cibles, ni de projet d&#233;fini de passage &#224; l'acte. La justice antiterroriste reposant sur le proc&#232;s d'intention, ces quelques &#233;l&#233;ments ont &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;s comme la preuve de pr&#233;paratifs d'une attaque contre les forces de l'ordre. Pour compenser la maigreur du dossier, l'attention s'est focalis&#233;e sur les personnalit&#233;s des accus&#233;s : un &#171; &lt;i&gt;artificier &#224; Disneyland&lt;/i&gt; &#187;, une personne qui aurait eu des contacts avec une gu&#233;rilla colombienne et surtout un militant &#171; &lt;i&gt;parti en Syrie combattre dans un groupe affili&#233; au YPG&lt;/i&gt; &#187;. Ces &#171; &lt;i&gt;profils inqui&#233;tants&lt;/i&gt; &#187; se sont retrouv&#233;s &#233;tal&#233;s dans la presse, avec une mise en sc&#232;ne grossi&#232;re destin&#233;e &#224; susciter la peur et &#224; faire taire toute r&#233;flexion n'allant pas dans le sens des th&#233;ories polici&#232;res. La DGSI a orchestr&#233; ces fuites en livrant aux m&#233;dias les identit&#233;s et les photos (&#224; peine flout&#233;es) des mis en cause. Pendant des jours, les &#233;l&#233;ments du dossier ont &#233;t&#233; transmis &#224; la presse au m&#233;pris du secret de l'instruction. &#192; longueur d'articles, les accus&#233;s ont &#233;t&#233; exhib&#233;s comme des troph&#233;es de chasse par la DGSI. La presse de droite et d'extr&#234;me droite s'en est donn&#233;e &#224; c&#339;ur joie. Les projecteurs ont &#233;t&#233; braqu&#233;s sur notre camarade : une photo en noir et blanc, avec un fin rectangle noir sur les yeux, une l&#233;gende le d&#233;crivant comme &#171; &lt;i&gt;SDF&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;ne travaillant pas&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;ayant combattu en Syrie&lt;/i&gt; &#187;. Ce portrait trompeur du nouvel ennemi public num&#233;ro un repose sur un m&#233;lange de jugement de valeur sur son mode de vie et d'informations parcellaires sur son engagement politique. Notre camarade &#233;tait en Syrie pour combattre Daech. Il a pris part en 2017 &#224; la lib&#233;ration de Raqqa, la capitale du groupe jihadiste. Raqqa est aussi la ville o&#249; les attentats de Paris ont &#233;t&#233; planifi&#233;s et o&#249; la plupart de ses auteurs ont &#233;t&#233; entra&#238;n&#233;s. Si la France n'a pas connu d'attentats de grande ampleur depuis des ann&#233;es, c'est gr&#226;ce &#224; la lib&#233;ration de Raqqa &#224; laquelle notre camarade a particip&#233; au p&#233;ril de sa vie. En combattant en Syrie ce dernier a donc directement contribu&#233; &#224; la s&#233;curit&#233; des Fran&#231;ais, ce que le tribunal m&#233;diatique s'est bien gard&#233; de mentionner. Comment en effet faire rentrer dans leur narration &#224; charge que l'accus&#233; ait donn&#233; bien plus &#224; la lutte contre le terrorisme que les policiers, procureurs et journalistes qui l'accusent aujourd'hui d'&#234;tre un &#171; &lt;i&gt;terroriste d'ultragauche&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre cette affaire, il faut remonter au d&#233;but de l'engagement de volontaires internationaux en Syrie. Entre 2015 et 2019, une trentaine de fran&#231;ais ont r&#233;pondu &#224; l'appel des populations du Rojava pour prot&#233;ger la paix en participant &#224; la guerre de l&#233;gitime d&#233;fense contre Daech et l'arm&#233;e turque. La DGSI a imm&#233;diatement &#233;tabli un tri entre les &#171; &lt;i&gt;mauvais&lt;/i&gt; &#187; volontaires, se r&#233;clamant d'une id&#233;ologie r&#233;volutionnaire, et les &#171; &lt;i&gt;bons&lt;/i&gt; &#187; volontaires, anciens militaires ou apolitiques, qui pour certains ne furent m&#234;me pas auditionn&#233;s &#224; leur retour en France. Ceux qui &#233;taient identifi&#233;s comme de potentiels membres de &#171; &lt;i&gt;l'ultragauche&lt;/i&gt; &#187; se retrouv&#232;rent syst&#233;matiquement &#171; &lt;i&gt;fich&#233;s S&lt;/i&gt; &#187; et firent l'objet d'une surveillance active, tout en n'&#233;tant coupables de rien d'autre que d'un d&#233;lit d'opinion. Arrestations &#224; l'a&#233;roport, menaces sous forme de conseils paternalistes, pressions sur nos familles... Nous sommes nombreux &#224; avoir fait l'objet de tentatives d'intimidation plus ou moins voil&#233;es de la part des services de s&#233;curit&#233;. Fin 2016, la DGSI fit irruption chez l'un d'entre nous pour lui retirer son passeport et sa carte d'identit&#233;, afin de l'emp&#234;cher de retourner au Kurdistan syrien. Le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur affirmait alors que ce combattant du YPG pouvait &#234;tre &#224; l'origine &#171; &lt;i&gt;de graves troubles &#224; l'ordre public&lt;/i&gt; &#187; et &#233;tait susceptible d'utiliser son exp&#233;rience militaire &#171; &lt;i&gt;dans des attaques contre les int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais, en lien avec l'ultragauche r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt; &#187;. Ces accusations compl&#232;tement fantaisistes furent balay&#233;es par le tribunal administratif de Paris quelques mois plus tard. Le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur fut ensuite contraint de lui rendre ses documents d'identit&#233; et de lui verser des dommages et int&#233;r&#234;ts. En d&#233;pit de cette victoire judiciaire, nous savions que la DGSI nous garderait dans son collimateur et &#233;tait pr&#234;te &#224; tout, y compris &#224; des accusations sans preuves, pour nous faire rentrer dans le moule qu'elle avait cr&#233;&#233;e : celui de dangereux v&#233;t&#233;rans d'ultragauche cherchant &#224; importer la violence du conflit syrien de retour chez eux. Cette caricature a &#233;t&#233; construite d&#232;s le d&#233;part, &lt;i&gt;ex-nihilo&lt;/i&gt;, avant m&#234;me que l'un d'entre nous ne remette les pieds sur le territoire fran&#231;ais. M&#234;me si de retour en France aucun volontaire n'a jamais &#233;t&#233; impliqu&#233; dans des actions violentes, la DGSI attendait patiemment l'occasion de pi&#233;ger l'un d'entre nous, pour pouvoir enfin donner une cr&#233;dibilit&#233; &#224; ses fantasmes. L'ann&#233;e derni&#232;re, elle a communiqu&#233; &#224; notre sujet par le biais de journalistes de &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt;. Ces derniers, d&#233;sireux de renvoyer l'ascenseur aux sources qui les informent sur d'autres sujets, ont d&#233;roul&#233; le tapis rouge &#224; l'argumentaire d&#233;lirant du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur. Un camarade parti en vacances en Am&#233;rique du Sud se retrouvait accus&#233; d'avoir essay&#233; de nouer des contacts avec une gu&#233;rilla colombienne, un autre fr&#233;quentant la ZAD aurait pr&#233;tendument tir&#233; une fus&#233;e &#233;clairante sur un h&#233;licopt&#232;re de la gendarmerie, des d&#233;gradations d'antennes t&#233;l&#233;phoniques, de bornes V&#233;lib ou de fourgons de police nous &#233;taient &#233;galement associ&#233;es. Ces fables anxiog&#232;nes, parfaitement d&#233;connect&#233;es de toute r&#233;alit&#233;, venaient confirmer ce que nous savions d&#233;j&#224; : jusqu'&#224; ce qu'il ait trouv&#233; le coupable id&#233;al, le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur ne renoncerait pas &#224; l'entreprise de diabolisation dont nous faisions l'objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de chercher une revanche sur l'affaire Tarnac, les services de s&#233;curit&#233; poursuivent depuis des ann&#233;es un double objectif : criminaliser l'internationalisme et nous utiliser comme des &#233;pouvantails pour stigmatiser l'ensemble de la gauche r&#233;volutionnaire fran&#231;aise. En plein toll&#233; sur la loi relative &#224; la s&#233;curit&#233; globale, on peut reconna&#238;tre &#224; la DGSI qu'elle fabrique des terroristes au moment opportun, au service d'un gouvernement qui nous conduit chaque jour un peu plus vers un &#201;tat policier. Laurent Nu&#241;ez, faisant preuve d'une incroyable malhonn&#234;tet&#233; intellectuelle, a r&#233;cemment enfonc&#233; le clou en rappelant dans une interview donn&#233;e au &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; qu&#8216;une &#171; &lt;i&gt;dizaine de militants d'ultragauche sont all&#233;s s'aguerrir au Rojava&lt;/i&gt; &#187;. Alors que nous nous retrouvons collectivement mis en cause par le conseiller &#224; l'anti-terrorisme du pr&#233;sident Macron, une mise au point est n&#233;cessaire. Nous sommes all&#233;s au Rojava avec la volont&#233; de d&#233;fendre une r&#233;volution bas&#233;e sur la d&#233;mocratie directe, la coexistence pacifique entre communaut&#233;s, l'&#233;galit&#233; femmes-hommes et le juste partage des richesses, autant de valeurs dont l'&#201;tat fran&#231;ais se r&#233;clame sans jamais les appliquer. Pour ce faire nous n'avons pas cherch&#233; &#224; nous &#171; &lt;i&gt;aguerrir&lt;/i&gt; &#187;, nous avons combattu les jihadistes de Daech au moment o&#249;, &#224; Paris et &#224; Nice, ils massacraient des centaines de personnes en profitant de l'incomp&#233;tence des services de s&#233;curit&#233; suppos&#233;s nous prot&#233;ger. Les termes &#171; &lt;i&gt;all&#233;s s'aguerrir &lt;/i&gt; &#187; laissent supposer que le Rojava n'&#233;tait qu'un pr&#233;texte, un moyen d'acqu&#233;rir une exp&#233;rience militaire que nous souhaitions en r&#233;alit&#233; utiliser dans notre pays d'origine. Nous r&#233;pondions pr&#233;cis&#233;ment &#224; la logique inverse. Nous avions besoin de ces comp&#233;tences militaires pour combattre Daech et d&#233;fendre l'existence du Rojava mais avoir acquis un tel savoir faire ne signifie pas que voulions l'utiliser de retour en France, ou que la lutte arm&#233;e serait subitement devenue le seul moyen d'action de notre r&#233;pertoire militant. Nous ne sommes pas des amis de ce gouvernement, de ses chiens de garde et du syst&#232;me qu'ils servent, c'est un fait, mais nous les combattons par des moyens d&#233;mocratiques et non par la violence comme nos accusateurs l'insinuent. La v&#233;ritable prolongation de notre combat c'est le t&#233;moignage. Nous transmettons ce que nous avons vu et appris au Kurdistan &#224; travers un livre dont nous recommandons la lecture &#224; ceux qui voudraient essayer de nous comprendre, loin des clich&#233;s v&#233;hicul&#233;s par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur et par les m&#233;dias &#224; ses ordres&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif, Hommage au Rojava, Montreuil, &#201;ditions Libertalia, 2020, 160p.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la DGSI nous d&#233;peint en comploteurs ou en vandales, nous avons en r&#233;alit&#233; pass&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es &#224; reprendre le fil de nos vies (paisibles). Nous continuons &#224; militer pour d&#233;fendre le Rojava, la m&#233;moire de nos camarades tomb&#233;s au combat, et les valeurs qui nous ont pouss&#233;s &#224; nous rendre l&#224;-bas. En rentrant chez nous, nous ne nous attendions pas &#224; recevoir la L&#233;gion d'honneur, ni m&#234;me a &#234;tre remerci&#233;s par qui que ce soit, mais nous ne pouvions imaginer que nous serions d&#233;sign&#233;s comme des ennemis de l'int&#233;rieur et trait&#233;s &#224; l'&#233;gal des jihadistes que nous avions combattus. Comme nous venons de le rappeler ici, nous avons suffisamment fait l'objet de calomnies de la part de la DGSI pour ne pas accorder la moindre cr&#233;dibilit&#233; aux accusations port&#233;es contre notre camarade &#224; qui nous r&#233;affirmons notre confiance absolue et notre soutien sans faille.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le CCFR (Collectif des combattantes et combattants francophones du Rojava)&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Collectif, &lt;i&gt;Hommage au Rojava&lt;/i&gt;, Montreuil, &#201;ditions Libertalia, 2020, 160p.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3562 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1710.jpg' width=&#034;303&#034; height=&#034;500&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les disparus de Douma</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-disparus-de-Douma</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Les-disparus-de-Douma</guid>
		<dc:date>2020-05-17T10:41:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard, Oum Ziad</dc:creator>


		<dc:subject>JMB</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;gime</dc:subject>
		<dc:subject>Jaych al-Islam</dc:subject>
		<dc:subject>Zahran Alloush</dc:subject>
		<dc:subject>Jaych</dc:subject>
		<dc:subject>Alloush</dc:subject>
		<dc:subject>Razan Zaitouneh</dc:subject>
		<dc:subject>al-Islam</dc:subject>
		<dc:subject>Douma</dc:subject>
		<dc:subject>Razan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 31 janvier, Majdi Nema a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; &#224; Marseille. Ce Syrien y &#233;tait domicili&#233; avec un visa en r&#232;gle dans le cadre d'un programme universitaire. Sous le pseudonyme d'Islam Alloush, l'homme de 31 ans avait &#233;t&#233;, jusqu'en 2016, le porte-parole de Jaych al-Islam, principal groupe rebelle de la Ghouta orientale, dans la banlieue de Damas. L'organisation est soup&#231;onn&#233;e, entre autres, de l'enl&#232;vement de quatre militants des droits humains. Au-del&#224; de l'implication de Nema &#8211; qui reste &#224; prouver &#8211; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Razan" rel="tag"&gt;Razan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 31 janvier, Majdi Nema a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; &#224; Marseille. Ce Syrien y &#233;tait domicili&#233; avec un visa en r&#232;gle dans le cadre d'un programme universitaire. Sous le pseudonyme d'Islam Alloush, l'homme de 31 ans avait &#233;t&#233;, jusqu'en 2016, le porte-parole de Jaych al-Islam, principal groupe rebelle de la Ghouta orientale, dans la banlieue de Damas. L'organisation est soup&#231;onn&#233;e, entre autres, de l'enl&#232;vement de quatre militants des droits humains. Au-del&#224; de l'implication de Nema &#8211; qui reste &#224; prouver &#8211; dans cette disparition forc&#233;e, son arrestation constitue une &#233;tape dans l'&#233;pineux combat contre l'impunit&#233; des crimes commis en Syrie, qu'ils soient le fait du r&#233;gime ou des factions rebelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3344 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH553/-1534-cfa0e.jpg?1782645502' width='400' height='553' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par JMB
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le soir du 9 d&#233;cembre 2013, l'avocate Razan Zaitouneh, son mari Wael Hamada, Samira al-Khalil et Nazem al-Hamadi disparaissent &#224; Douma, principale ville de la Ghouta orientale, sans plus jamais donner signe de vie et sans que quiconque revendique l'enl&#232;vement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Razan Zaitouneh, 36 ans &#224; l'&#233;poque, militait &#224; Damas depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000 pour la lib&#233;ration des d&#233;tenus politiques, quels qu'ils soient : fr&#232;res musulmans, militants kurdes, opposants de gauche, etc. Depuis longtemps, le r&#233;gime syrien s'appuie sur une industrie carc&#233;rale qui ne laisse entrevoir que torture, ex&#233;cutions et disparitions. &#171; &lt;i&gt;Pendant ces dix ans qui pr&#233;c&#232;dent la r&#233;volution, Razan a appris &#224; rep&#233;rer les lignes invisibles que le r&#233;gime trace partout et &#224; jouer les &#233;quilibristes&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit Justine Augier qui lui a consacr&#233; un puissant livre hommage&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Justine Augier, De l'Ardeur. Histoire de Razan Zaitouneh, avocate syrienne, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samira al-Khalil, un peu plus &#226;g&#233;e, avait d&#233;j&#224; une longue exp&#233;rience de dissidente, marqu&#233;e par quatre ann&#233;es de d&#233;tention sous le r&#232;gne d'Hafez al-Assad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2011, peu apr&#232;s le d&#233;clenchement de la r&#233;volution syrienne, les deux femmes fondent avec Wael Hamada et Nazem al-Hamadi le Centre de documentation des violations en Syrie, qui documente les exactions du r&#233;gime, et s'investissent d&#232;s les premi&#232;res heures dans les comit&#233;s r&#233;volutionnaires damasc&#232;nes. Face &#224; la r&#233;pression des &lt;i&gt;Mukhabarat&lt;/i&gt; (service de renseignement jouant un r&#244;le de police politique), le groupe quitte la capitale en avril 2013 et rejoint clandestinement, par des tunnels, l'enclave rebelle de la Ghouta, pensant y trouver une base de repli &#224; peu pr&#232;s s&#251;re.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Soutien introuvable&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais la liesse de la r&#233;volution des premiers mois a laiss&#233; place &#224; l'impuissance de l'opposition, bris&#233;e par l'intensit&#233; de la r&#233;pression et les &#233;checs des tentatives d'organisation. Face au r&#233;gime, les activistes civils n'imaginent pas d'autres alternatives que de passer des alliances avec les d&#233;serteurs de l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re rejoignant l'Arm&#233;e syrienne libre (ASL) et les groupes arm&#233;s &#171; nationaux-islamistes &#187; les moins intol&#233;rants, tels que la Brigade du bouclier de Douma et la Brigade des martyrs de Douma. Quant au soutien de la communaut&#233; internationale ou de la gauche occidentale, il s'est volatilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de cette ann&#233;e 2013, le Centre de documentation des violations en Syrie, d&#233;sormais bas&#233; &#224; Douma, s'investit dans les conseils locaux et les centres pour femmes. Mais il ne peut passer sous silence les exactions de Jaych al-Islam (&#171; l'Arm&#233;e de l'Islam &#187;), le groupe salafiste qui a pris le contr&#244;le de la zone, alors que la population civile subit le si&#232;ge et les bombardements de l'arm&#233;e d'Assad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 2013, Razan Zaitouneh r&#233;dige un rapport sur le syst&#232;me carc&#233;ral mis en place par les groupes arm&#233;s de l'enclave rebelle, dans l'espoir de r&#233;tablir des &#233;changes entre les organisations civiles et militaires et de n&#233;gocier l'instauration d'un syst&#232;me judiciaire &#233;quitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 ao&#251;t, Razan et Samira documentent les terribles attaques chimiques sur la Ghouta. Le mari de Samira, l'&#233;crivain Yassin al-Haj Saleh&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tudiant communiste en 1980, il a &#233;t&#233; emprisonn&#233; dans les ge&#244;les du r&#233;gime (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, a &#233;crit dans une lettre imaginaire &#224; son &#233;pouse : &#171; &lt;i&gt;Vous &#233;tiez les t&#233;moins id&#233;aux : deux femmes, la&#239;ques, d'une autre localit&#233;, avec un long pass&#233; d'opposantes au r&#233;gime et qui s'exprimaient clairement sur le crime, ses circonstances, ses coupables et ses victimes.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettres traduites en fran&#231;ais &#224; la page Yassinhs.com/2017/08/28/lettre-a-samira-&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187; Au printemps 2013, Yassin al-Haj Saleh avait quitt&#233; Douma pour r&#233;aliser un reportage dans sa ville natale de Raqqa tomb&#233;e sous le joug de Daech, puis avait d&#251; s'exiler en Turquie en esp&#233;rant que sa femme l'y rejoigne. Il n'a jamais revu Samira.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3351 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L360xH500/-1539-70077.jpg?1782647566' width='360' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le clan Alloush dans le jeu syrien&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de Jaych al-Islam, le groupe qui tient alors la Ghouta, est li&#233;e &#224; celle de son leader Zahran Alloush. Ce dernier fait partie de la charrette des meneurs islamistes graci&#233;s par Bachar en 2011, parmi lesquels de futures figures importantes de Jabhat al-Nosra, de Hayat Tahrir al-Cham ou encore de Daech. De mars &#224; octobre, plus de 1 500 militants salafistes aguerris sont amnisti&#233;s, tandis que des milliers de r&#233;volutionnaires non violents et la&#239;ques sont incarc&#233;r&#233;s et tortur&#233;s. Le r&#233;gime veut cr&#233;er un contre-feu islamique arm&#233; face &#224; l'insurrection populaire pacifique. Pour le chercheur franco-libanais Ziad Majed&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Auteur avec Subhi Hadidi &amp; Farouk Mardam-Bey de Dans la t&#234;te de Bachar (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, m&#234;me si &#171; &lt;i&gt;on peut consid&#233;rer que la lib&#233;ration d'Alloush de la prison de Sednaya a jou&#233; un r&#244;le dans la confessionnalisation des rebelles, elle ne peut tenir lieu d'unique explication&lt;/i&gt; &#187;. Selon lui, &#171; &lt;i&gt;les dynamiques du conflit menaient vers une telle confessionnalisation. Le r&#233;gime commettait des massacres presque uniquement dans des zones &#224; la fois sunnites, rurales et pauvres. Toute la politique du pouvoir visait &#224; dire aux minorit&#233;s&lt;/i&gt; [chr&#233;tiennes, alaouites, druzes, kurdes, etc.] &lt;i&gt;que la r&#233;bellion &#233;tait exclusivement sunnite.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jaych al-Islam, fond&#233;e en septembre 2013 de la fusion de plusieurs dizaines de factions islamistes, va profiter du financement que les r&#233;seaux salafistes saoudiens et les hommes d'affaires qataris accordent aux groupes les plus religieux. Son &#233;mir, Zahran Alloush, refuse de se mettre sous le label de l'Arm&#233;e syrienne libre. Cependant, il ne peut &#234;tre qualifi&#233; de djihadiste &#171; &lt;i&gt;dans la mesure o&#249; le djihadisme est transnational et ne s'inscrit pas dans une lutte territoriale&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Ziad Majed. Alloush affirme son h&#233;g&#233;monie de seigneur de guerre dans la Ghouta orientale, o&#249; il repousse les offensives du r&#233;gime avec succ&#232;s. &#171; &lt;i&gt;Alloush voulait se distinguer des autres formations rebelles par la discipline du groupe qui &#233;tait aux mains de d&#233;serteurs de l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re. Il a b&#233;n&#233;fici&#233; d'armes sophistiqu&#233;es. Il s'est construit un noyau militaire assez solide qui lui a permis d'&#233;craser les petites formations concurrentes comme Jaych al-Oumma&lt;/i&gt; [dont il a ex&#233;cut&#233; le leader] &lt;i&gt;ou Faylaq al-Rahmane, voire de tuer dans l'&#339;uf Daech &#224; son apparition dans la r&#233;gion.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu &#224; peu, la pr&#233;sence de militants civils, aux antipodes de sa vision sectaire et autoritaire, lui est intol&#233;rable. Dans l'ouvrage &lt;i&gt;Burning country : au c&#339;ur de la r&#233;volution syrienne&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Leila al-Shami &amp; Robin Yassin-Kassab, L'&#233;chapp&#233;e, 2019.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, Assaad al-Achi, membre du conseil r&#233;volutionnaire local, s'interroge : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce qui a pu contrarier Zahran Alloush&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Premi&#232;rement, le fait que Razan, avec son Centre de documentation sur les violations en Syrie, informait aussi sur les exactions commises par Jaych al-Islam.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Il est devenu furieux quand nous avons form&#233; le conseil local de Douma. Il exigeait que tout le soutien aux civils passe par son organisation. Au-del&#224; de cela, il &#233;tait choqu&#233; par la personnalit&#233; de Razan. &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;C'&#233;tait une femme libre qui ne voulait pas se voiler, qui n'aurait jamais laiss&#233; personne lui dicter son comportement. &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;Pour un salafiste, un tel esprit ind&#233;pendant est dangereux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jaych al-Islam apr&#232;s la mort de Zahran Alloush&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; la reprise de Douma par le r&#233;gime en 2018, le clan Alloush tient la Ghouta orientale d'une main de fer. Le 25 d&#233;cembre 2015, Zahran Alloush est tu&#233; lors d'une attaque a&#233;rienne russe. Le groupe arm&#233; survit &#224; son leader. D&#233;but 2016, des manifestations pacifiques sont organis&#233;es contre les pratiques brutales, les emprisonnements arbitraires et la corruption de Jaych al-Islam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zahran Alloush avait aussi voulu se construire une l&#233;gitimit&#233; diplomatique. En lissant son discours radical, il arrive &#224; se faire passer pour un interlocuteur l&#233;gitime aupr&#232;s de la communaut&#233; internationale et de certains chercheurs. Ainsi, durant toutes ces ann&#233;es, la formation tient un r&#244;le majeur &#224; la table des n&#233;gociations sur la Syrie, &#224; Gen&#232;ve puis &#224; Astana (Kazakhstan). Mohammed Alloush, neveu de Zahran Alloush, qui dirige la d&#233;l&#233;gation de l'opposition, s'oppose syst&#233;matiquement &#224; ce que les forces kurdes soient repr&#233;sent&#233;es &#8211; exigence &#224; laquelle acc&#232;dent volontiers le r&#233;gime et ses soutiens russe et iranien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ziad Majed reprend : &#171; &lt;i&gt;Jaych al-Islam a pr&#233;f&#233;r&#233; quitter la Ghouta orientale avec armes et combattants plut&#244;t que r&#233;sister jusqu'au bout &#224; la reprise de la zone par le r&#233;gime. Apr&#232;s les bombardements incessants, les attaques au gaz, l'abandon de la communaut&#233; internationale et surtout le r&#244;le d&#233;cisif des Russes dans le conflit, l'option du cessez-le-feu s'imposait pour avoir un r&#233;pit.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2018, un certain nombre de combattants de la Ghouta et leurs familles s'installent &#224; la fronti&#232;re turque au nord d'Alep et dans le canton d'Afrin (auparavant sous contr&#244;le des forces combattantes kurdes YPG), qui vient d'&#234;tre envahi par l'arm&#233;e turque lors de l'op&#233;ration baptis&#233;e &#171; Rameau d'olivier &#187;. Jaych al-Islam rejoint officiellement l'Arm&#233;e nationale syrienne, coalition de groupes rebelles qui seront utilis&#233;s comme suppl&#233;tifs par la Turquie dans l'offensive contre le Rojava &#224; l'automne 2019 &lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Autour de la d&#233;faite du Rojava &#187;, CQFD n&#176; 181 (novembre 2019).&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'enqu&#234;te impossible&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'enl&#232;vement des Quatre de Douma en 2013 a eu une r&#233;sonance internationale &#224; laquelle ne s'attendait pas Zahran Alloush &#8211; et qui l'a contraint &#224; s'enferrer dans le d&#233;ni. Si les circonstances et les cons&#233;quences de leur disparition demeurent un myst&#232;re, la responsabilit&#233; de Jaych al-Islam a toujours &#233;t&#233; un secret de Polichinelle. Ainsi, dans son r&#233;cit-enqu&#234;te sur Razan Zaitouneh, Justine Augier raconte comment la traque informatique de l'ordinateur portable de l'avocate &#8211; qui a disparu en m&#234;me temps qu'elle &#8211; a permis de remonter jusqu'&#224; l'adresse IP d'un certain Younis, qui travaillait pour le bureau m&#233;dia de Jaych al-Islam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la chute de Douma, en 2018, de nombreux combattants de Jaych al-Islam se sont exil&#233;s dans la Turquie d'Erdogan, qui leur est amicale. Yassin al-Haj Saleh, lui-m&#234;me r&#233;fugi&#233; &#224; Istanbul depuis 2013, en profite pour mener une investigation aupr&#232;s d'une vingtaine d'entre eux : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas une seule personne parmi celles que j'ai interrog&#233;es &#8211; y compris des personnes ayant occup&#233; des postes influents au sein de la faction rebelle &#8211; qui n'ait pas attest&#233; que Jaych al-Islam &#233;tait le coupable, sans aucune alternative possible.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; An update on the Douma Four &#187;, Aljumhuriya.net (05/10/2018).&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &#187; &#192; son grand d&#233;sespoir, en dehors d'hypoth&#232;ses inv&#233;rifiables, il n'obtient aucune information fiable sur le sort des disparus...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un trait ressort n&#233;anmoins de ces entretiens, &#224; savoir l'omerta qu'a su cr&#233;er le groupe gr&#226;ce &#224; son service de renseignement : &#171; &lt;i&gt;Le centre n&#233;vralgique est une agence mi-religieuse, mi-s&#233;curitaire, dans laquelle la religion joue le r&#244;le de grammaire commune et de moyen pour justifier des actes allant de l'intimidation &#224; la corruption et m&#234;me jusqu'&#224; la torture, au viol et &#224; l'assassinat. Il existe des projets commerciaux &#224; Istanbul et dans d'autres villes turques impliquant les dirigeants de Jaych al-Islam, qui peuvent se d&#233;placer librement entre le nord de la Syrie et diverses villes turques.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Second couteau ou responsable ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quel r&#244;le a pu jouer Majdi Nema (qui avait pris le pseudo d'Islam Alloush par all&#233;geance au clan), arr&#234;t&#233; &#224; Marseille fin janvier, dans l'enl&#232;vement des Quatre de Douma ? &#171; &lt;i&gt;Certains pensent qu'il n'a jamais jou&#233; un r&#244;le de leadership, &lt;/i&gt;explique Ziad Majed. &lt;i&gt;Mais il est certainement au courant du sort des quatre disparus. Il y a eu plusieurs tentatives de n&#233;gociations avec des proches des disparus o&#249; il &#233;tait partie prenante.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2016, Alloush-Nema &#171; d&#233;missionne &#187; de son poste de porte-parole apr&#232;s avoir accord&#233; un entretien &#224; une chercheuse isra&#233;lienne, Elizabeth Tsurkov, dans lequel il tente de minimiser la brutalit&#233; de Jaych al-Islam. Mais c'est la nationalit&#233; de l'intervieweuse qui provoque un toll&#233;. La propagande du Hezbollah libanais, qui se bat au c&#244;t&#233; du r&#233;gime de Bachar, saute sur l'occasion pour faire croire &#224; l'existence d'un complot djihadiste-sioniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alloush-Nema d&#233;clare avoir quitt&#233; la Syrie d&#232;s mai 2013, pourtant certains t&#233;moignages attestent de sa pr&#233;sence sur le terrain apr&#232;s 2013. Toujours est-il qu'il se retrouve en 2016 &#224; Istanbul o&#249; il se reconvertit dans la recherche, sans chercher &#224; camoufler son passage &#224; Jaych al-Islam, via le Toran Center for Strategic Studies, un think tank turc, v&#233;ritable machine &#224; recycler leurs alli&#233;s syriens en exil. C'est par le biais universitaire qu'Alloush-Nema, d&#233;sormais gratifi&#233; du titre de &#171; chercheur en s&#233;curit&#233; et terrorisme, sp&#233;cialis&#233; sur la Syrie &#187;, obtient l&#233;galement un visa &#171; Erasmus + &#187; pour assister &#224; un cycle de conf&#233;rences &#224; l'Institut de recherches et d'&#233;tudes sur le monde arabe et musulman (Iremam), &#224; Aix-en-Provence.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3350 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1538.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH231/-1538-b6629.jpg?1782647566' width='500' height='231' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La direction de l'institut nie avoir eu connaissance du pass&#233; de Nema. C'est en tout cas sur le campus qu'il est reconnu par une source anonyme qui avertit la F&#233;d&#233;ration internationale pour les droits humains (FIDH). C'est elle qui confie l'information au parquet antiterroriste, lequel organise l'arrestation, avant que Nema soit mis en examen pour &#171; &lt;i&gt;crimes de guerre, de torture et de disparitions forc&#233;es contre la population syrienne&lt;/i&gt; &#187;. L'&#233;v&#233;nement fait alors les titres des journaux : de &lt;i&gt;Paris-Match &lt;/i&gt;&#224; &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt;, on parle d'un &#171; djihadiste syrien arr&#234;t&#233; sur le Vieux-Port &#187;. Mais de l'avis de proches de victimes syriennes, ce sensationnalisme est des plus malvenus pour les opposants historiques au r&#233;gime : il contribue &#224; effacer leur souffrance pour renvoyer au fantasme et &#224; la psychose des soci&#233;t&#233;s occidentales face &#224; l'islamisme, et &#224; l'id&#233;e que Bachar repr&#233;sente un moindre mal, plut&#244;t que de rendre compte de la complexit&#233; du conflit syrien.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lutte contre l'impunit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors que s'est ouvert le 23 mars en Allemagne le proc&#232;s historique de deux anciens membres des &lt;i&gt;Mukhabarat&lt;/i&gt; syriens, suspect&#233;s de complicit&#233; de crimes contre l'humanit&#233;, la proc&#233;dure engag&#233;e contre Alloush-Nema semble &#233;galement rev&#234;tir une grande importance dans la qu&#234;te de justice des familles de disparus syriennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des ann&#233;es, la FIDH, en cheville avec d'autres organisations des droits humains, dont le Centre syrien pour les m&#233;dias et la libert&#233; d'expression, dirig&#233; par l'avocat et opposant Mazen Darwish, m&#232;ne un travail de documentation pour que les responsables de toutes les exactions en Syrie puissent &#234;tre jug&#233;s en Europe. Et ce en vertu de la comp&#233;tence universelle qui permet &#224; la justice de certains &#201;tats de &#171; &lt;i&gt;poursuivre les auteurs de certains crimes particuli&#232;rement graves, quel que soit le lieu o&#249; le crime est commis, et sans &#233;gard &#224; la nationalit&#233; des auteurs ou des victimes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Cl&#233;mence Bectarte, avocate de la FIDH qui repr&#233;sente les int&#233;r&#234;ts de la partie civile dans l'affaire Alloush-Nema, il est possible que ces dossiers &#171; &lt;i&gt;permettent de poser les premiers jalons contre l'impunit&#233; pour remonter les cha&#238;nes de commandement&lt;/i&gt; &#187;. Concernant Alloush-Nema, pr&#233;cise-t-elle, &#171; &lt;i&gt;les &#233;l&#233;ments qu'on a rassembl&#233;s montrent un r&#244;le op&#233;rationnel au c&#244;t&#233; de Zarhan Alloush. Il a &#233;t&#233; mis en cause pour avoir recrut&#233; des enfants soldats et certains l'incriminent m&#234;me dans des actes de torture en centres de d&#233;tention. Bien s&#251;r, tout cela devra &#234;tre d&#233;montr&#233; par l'enqu&#234;te, ce qui n'est pas &#233;vident, parce qu'il n'y a pas d'acc&#232;s au terrain et que beaucoup de choses reposent sur des preuves testimoniales et la documentation des ONG.&lt;/i&gt; &#187; Devant les enqu&#234;teurs, l'int&#233;ress&#233; a pour l'instant ni&#233; tout r&#244;le militaire op&#233;rationnel ou implication dans des actes de r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait qu'en France le nouveau Parquet national antiterroriste (PNAT) soit charg&#233; de juger ce type de crimes soul&#232;ve des questions sur un possible m&#233;lange des genres entre une l&#233;gislation d'exception et le besoin de justice des victimes. Pour M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Bectarte, &#171; &lt;i&gt;le droit doit pr&#233;valoir : s'il n'y a pas de preuve d'implication directe, le pr&#233;venu doit &#234;tre mis en libert&#233;. L'objectif, &lt;/i&gt;continue-t-elle, &lt;i&gt;c'est que la population syrienne puisse se r&#233;approprier &#224; terme cette proc&#233;dure dans le cadre d'un processus de justice transitionnelle.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un cheminement qui s'annonce long, fragile et incertain. &#171; &lt;i&gt;Enfin, il est important de dire que l'affaire de Samira, Razan, Wael et Nazem ne sera pas close tant qu'elle n'aura pas r&#233;v&#233;l&#233; tous ses myst&#232;res, tant que toute la v&#233;rit&#233; ne sera pas connue et que les criminels responsables n'auront pas &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; une peine &#233;quitable,&lt;/i&gt; &#233;crivait Yassin al-Haj Saleh en 2018. &lt;i&gt;Tant que la Syrie restera le paradis de l'impunit&#233; qu'elle est devenue, o&#249; les coupables s'exon&#232;rent de leurs crimes en invoquant l'impunit&#233; d'autres responsables, alors le fait de travailler &#224; la mise au jour des crimes de Jaych al-Islam entra&#238;nera un besoin de justice pour d'autres. Les connaissances d&#233;taill&#233;es que nous pourrions documenter sur ce gang pourraient &#234;tre d'une grande utilit&#233; pour examiner d'autres cas comparables, o&#249; la brutalit&#233; du r&#233;gime se perp&#233;tue sous une forme barbue.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aljumhuriya.net (05/10/2018).&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard &amp; Oum Ziad&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Justine Augier, &lt;i&gt;De l'Ardeur. Histoire de Razan Zaitouneh, avocate syrienne,&lt;/i&gt; 2017 (Actes Sud).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;tudiant communiste en 1980, il a &#233;t&#233; emprisonn&#233; dans les ge&#244;les du r&#233;gime pendant seize ann&#233;es. Voir son interview dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 136 (octobre 2015) par Micka&#235;l Correia : &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Syrie-De-cette-experience-de' class=&#034;spip_in&#034;&gt;De cette exp&#233;rience de souffrance, nous pouvons extraire un sens d'&#233;mancipation&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lettres traduites en fran&#231;ais &#224; la page &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.yassinhs.com/2017/08/28/lettre-a-samira-1/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Yassinhs.com/2017/08/28/lettre-a-samira-1&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Auteur avec Subhi Hadidi &amp; Farouk Mardam-Bey de &lt;i&gt;Dans la t&#234;te de Bachar al-Assad&lt;/i&gt;, Actes Sud, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Leila al-Shami &amp; Robin Yassin-Kassab, L'&#233;chapp&#233;e, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Autour-de-la-defaite-du-Rojava&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Autour de la d&#233;faite du Rojava&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 181 (novembre 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.aljumhuriya.net/en/content/update-douma-four&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;An update on the Douma Four&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Aljumhuriya.net&lt;/i&gt; (05/10/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.aljumhuriya.net/en/home&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Aljumhuriya.net&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (05/10/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;fugi&#233;s syriens : non, il n'est pas encore temps de rentrer</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Refugies-syriens-non-il-n-est-pas</link>
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		<dc:date>2020-04-24T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Leila al-Shami</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ma&#239;da Chavak</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Les r&#233;cents combats dans la province d'Idlib ont remis un coup de projecteur sur le calvaire des civils syriens. Neuf ans apr&#232;s le d&#233;but de la guerre, on estime &#224; plus de 6,6 millions le nombre de personnes d&#233;plac&#233;es &#224; l'int&#233;rieur de la Syrie et &#224; 5,6 millions celui des r&#233;fugi&#233;s syriens dans le monde. Autant d'exil&#233;s que d'aucuns aimeraient voir retourner dans leur foyer&#8230; L'activiste syro-britannique Leila al-Shami alerte ici sur le danger de la politique du retour dans un pays o&#249; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maida-Chavak" rel="tag"&gt;Ma&#239;da Chavak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Syrie" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/regime" rel="tag"&gt;r&#233;gime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies-syriens" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s syriens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Syriens" rel="tag"&gt;Syriens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/retour" rel="tag"&gt;retour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/syrien" rel="tag"&gt;syrien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;cents combats dans la province d'Idlib ont remis un coup de projecteur sur le calvaire des civils syriens. Neuf ans apr&#232;s le d&#233;but de la guerre, on estime &#224; plus de 6,6 millions le nombre de personnes d&#233;plac&#233;es &#224; l'int&#233;rieur de la Syrie et &#224; 5,6 millions celui des r&#233;fugi&#233;s syriens dans le monde. Autant d'exil&#233;s que d'aucuns aimeraient voir retourner dans leur foyer&#8230; L'activiste syro-britannique Leila al-Shami alerte ici sur le danger de la politique du retour dans un pays o&#249; la r&#233;pression et la brutalit&#233; du r&#233;gime n'ont jamais cess&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3322 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L262xH400/-1508-9133a.jpg?1782644028' width='262' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ma&#239;da Chavak
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;i&gt;Cet article est une version actualis&#233;e d'un texte initialement publi&#233; en octobre et en anglais sur le site Crisis Magazine&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Syria, refugees, and solidarity &#187;, Crisismag.net (01/10/2019).&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Personne ne quitte son domicile volontairement, &#224; moins que sa maison soit la bouche d'un requin. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;(Warsan Shire, po&#233;tesse britannico-somalienne)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;a travers&#233;e de M&#233;diterran&#233;e est p&#233;rilleuse. Rien qu'en 2018, 2 277 personnes sont ainsi mortes en tentant de rejoindre l'Europe&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette estimation, tous pays d'origine confondus, est tir&#233;e du rapport 101 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui ont surv&#233;cu au voyage ont d&#251; faire face &#224; un accueil mitig&#233;. D'une part, l'afflux de r&#233;fugi&#233;s et de migrants en Europe (ainsi que dans d'autres pays du monde) offre des boucs &#233;missaires parfaits aux classes dirigeantes incapables de r&#233;gler leurs probl&#232;mes internes, tout en alimentant un climat de x&#233;nophobie et des sentiments nationalistes croissants. D'autre part, il existe des &#233;lans de solidarit&#233;, qui vont de l'organisation d'un accueil effectif aux manifestations scandant &#171; &lt;i&gt;Refugees welcome&lt;/i&gt; &#187;. Ces efforts vitaux m&#233;ritent d'&#234;tre poursuivis. Mais la solidarit&#233; qui ne commence qu'aux fronti&#232;res de l'Europe a ceci de probl&#233;matique qu'elle ne se penche pas sur les raisons principales qui poussent les demandeurs d'asile &#224; fuir leur pays.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;La moiti&#233; de la population syrienne chass&#233;e de chez elle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2011, date &#224; laquelle l'&#201;tat syrien a commenc&#233; sa guerre contre un soul&#232;vement pro-d&#233;mocratique, plus de la moiti&#233; de la population a &#233;t&#233; chass&#233;e de chez elle. M&#234;me si d'autres acteurs du conflit, parasites djihadistes ou forces d'opposition, ont eux aussi provoqu&#233; des d&#233;placements, la responsabilit&#233; principale revient &#224; la violence de l'&#201;tat et de ses bailleurs de fonds &#233;trangers [&lt;i&gt;Russie, Iran, Hezbollah libanais&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Note de traduction.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;
]. Le r&#233;gime a eu recours &#224; d'incessants bombardements a&#233;riens des villes et &#224; des arrestations massives d'opposants. De nombreux observateurs &#233;voquent le chiffre d'un demi-million de morts&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Concernant les seuls civils, le R&#233;seau syrien des droits de l'homme (SNHR) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; (selon un bilan qui date de plus de deux ans). Avec 27 % des logements et deux tiers des &#233;tablissements scolaires et m&#233;dicaux endommag&#233;s ou d&#233;truits, le pays est un champ de ruines. L'effondrement des services publics et de l'&#233;conomie, qui ont plong&#233; pr&#232;s de 80 % de la population dans la pauvret&#233;, sont d'autres causes &#233;videntes de d&#233;placement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit d'un consensus mondial croissant sur le fait que la guerre semble toucher &#224; sa fin, les Syriens continuent de s'exiler pour sauver leur vie. Depuis d&#233;cembre 2019, pr&#232;s d'un million de personnes &lt;i&gt;[80 &lt;/i&gt;%&lt;i&gt; sont des femmes et des enfants]&lt;/i&gt; ont fui la province d'Idlib face aux assauts incessants du r&#233;gime et de la Russie pour reprendre l'enclave rebelle. Peu de possibilit&#233;s de secours leur &#233;taient offertes, car la fronti&#232;re syro-turque est ferm&#233;e. Ces r&#233;fugi&#233;s s'entassent donc dans des camps insalubres ou dorment en plein air. Avec l'inexistence des soins, une &#233;ventuelle propagation du coronavirus parmi les populations d&#233;plac&#233;es pourrait avoir des cons&#233;quences d&#233;vastatrices.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Entre &#171; crise &#187; et arme migratoire&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'en Europe, on &#233;voque sans cesse la &#171; &lt;i&gt;crise migratoire&lt;/i&gt; &#187;, seuls 11,6 % des d&#233;plac&#233;s syriens se sont r&#233;fugi&#233;s sur le Vieux Continent. La plupart demeurent dans la r&#233;gion, accueillis en premier lieu dans les pays limitrophes, o&#249; ils sont de plus en plus consid&#233;r&#233;s comme un probl&#232;me. En Turquie, qui accueille plus de 3,6 millions de Syriens sur son sol (plus que tout autre pays), l'incitation au renvoi des immigr&#233;s a constitu&#233; un argument-cl&#233; lors des &#233;lections municipales de 2019. Sur les m&#233;dias sociaux, des campagnes de d&#233;sinformation ont r&#233;pandu la haine et la division, provoquant rassemblements anti-syriens et attaques contre leurs commerces. En juillet dernier, des milliers de r&#233;fugi&#233;s syriens, l&#233;gaux ou ill&#233;gaux, dont des enfants, ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s dans tout le pays &#8211; &#224; Istanbul en particulier, la rafle a &#233;t&#233; massive. Ces exil&#233;s ont &#233;t&#233; contraints de signer des formulaires de rapatriement &#171; volontaire &#187; puis ont &#233;t&#233; expuls&#233;s vers le nord de la Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers mois, la Turquie a utilis&#233; les r&#233;fugi&#233;s comme une arme, arguant du fait que l'Union europ&#233;enne (UE) n'avait pas vers&#233; l'int&#233;gralit&#233; des paiements convenus pour les maintenir sur son territoire. Les autorit&#233;s ont incit&#233; des milliers de personnes &lt;i&gt;[majoritairement des Afghans, mais aussi des Irakiens, des Syriens, des Somaliens, etc.]&lt;/i&gt; &#224; traverser sa fronti&#232;re avec la Gr&#232;ce, les pla&#231;ant dans une situation d'extr&#234;me pr&#233;carit&#233; puisque la fronti&#232;re &#233;tait boucl&#233;e du c&#244;t&#233; grec. Amass&#233;s le long des barbel&#233;s, des r&#233;fugi&#233;s ont &#233;t&#233; maltrait&#233;s par les gardes-fronti&#232;res grecs, asperg&#233;s par des canons &#224; eau et des gaz lacrymog&#232;nes&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 17 mars, Human Rights Watch a m&#234;me d&#233;nonc&#233; des d&#233;nudements, des violences (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. L'UE a multipli&#233; les r&#233;unions d'urgence pour faire face &#224; cette &#171; crise &#187; et envisager de r&#233;pondre aux demandes de la Turquie. C'est la menace de voir s'&#233;chouer sur les c&#244;tes europ&#233;ennes des milliers de cadavres basan&#233;s qui l'a pouss&#233;e &#224; &#171; agir &#187; &#8211; ce que les images quotidiennes d'enfants syriens pris au pi&#232;ge sous les d&#233;combres de leurs maisons d&#233;truites et les cris angoiss&#233;s de leurs parents n'ont jamais r&#233;ussi &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, l'hostilit&#233; grandit envers les r&#233;fugi&#233;s au Liban, o&#249; ils constituent aujourd'hui un tiers de la population, la plupart d'entre eux se trouvant dans une situation pr&#233;caire sans r&#233;sidence l&#233;gale. Un d&#233;cret gouvernemental a donn&#233; la priorit&#233; &#224; l'emploi aux travailleurs libanais, ce qui a conduit au licenciement de nombreux Syriens. Les incitations au racisme se sont multipli&#233;es de la part de politiciens de premier plan qui d&#233;crivent les r&#233;fugi&#233;s comme une menace existentielle pour la stabilit&#233; et la prosp&#233;rit&#233; du Liban et appellent &#224; leur retour en Syrie, arguant que le pays est d&#233;sormais &#171; s&#251;r &#187;. Les camps de r&#233;fugi&#233;s ont fait l'objet de rafles. Mani&#232;re de pousser les Syriens &#224; rentrer chez eux&#8230; Selon Human Rights Watch, au Liban aussi des formulaires de rapatriement &#171; volontaire &#187; ont &#233;t&#233; utilis&#233;s pour mener des expulsions exp&#233;ditives.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le mensonge d'un pays s&#251;r et stable&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e que la guerre touche &#224; sa fin et que la Syrie est d&#233;sormais un endroit &#171; s&#251;r &#187; est une petite musique qui monte en puissance &#224; mesure que l'empathie pour les souffrances des Syriens s'amenuise. L'un des principaux promoteurs de ce r&#233;cit est le r&#233;gime lui-m&#234;me. En septembre 2018, le vice-premier ministre Walid Al-Mouallem a d&#233;clar&#233; devant l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations unies que la &#171; &lt;i&gt;guerre contre le terrorisme&lt;/i&gt; &#187; &#233;tait &#171; &lt;i&gt;presque termin&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, que la Syrie &#233;tait &#171; &lt;i&gt;devenue plus s&#251;re et plus stable&lt;/i&gt; &#187; et que &#171; &lt;i&gt;les portes &#233;taient ouvertes &#224; tous les r&#233;fugi&#233;s syriens pour qu'ils rentrent volontairement et en toute s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime utilise la question du retour comme un levier par lequel il esp&#232;re obtenir des fonds pour la reconstruction du pays. Mais cet argent sera d&#233;tourn&#233; par le r&#233;gime pour &#171; &lt;i&gt;financer ses atrocit&#233;s, &#339;uvrer pour son propre int&#233;r&#234;t, r&#233;primer ceux qui sont per&#231;us comme des opposants et profiter &#224; ceux qui lui sont fid&#232;les&lt;/i&gt; &#187;, s'alarme Human Rights Watch. En Europe, des groupes d'extr&#234;me droite ont &#233;galement relay&#233; le r&#233;cit du retour post-guerre en toute s&#233;curit&#233;. Apr&#232;s leurs visites &#224; Damas, des politiciens allemands de l'AfD et des militants de la mouvance identitaire ont appel&#233; au rapatriement des r&#233;fugi&#233;s syriens.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sister aux appels au retour&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il faut r&#233;sister &#224; ces appels au retour. D'ores et d&#233;j&#224;, des exil&#233;s sont contraints de rentrer en raison de la pr&#233;carit&#233; et de l'hostilit&#233; qu'ils rencontrent dans les pays d'accueil ; d&#232;s leur arriv&#233;e en Syrie, certains sont enlev&#233;s de force par les services de s&#233;curit&#233;. Le R&#233;seau syrien des droits de l'homme (SNHR) rapporte qu'entre d&#233;but 2014 et ao&#251;t 2019, 1 916 r&#233;fugi&#233;s, dont 219 enfants, ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s &#224; leur retour au pays. Parmi eux, on compte 638 disparus et 15 morts sous la torture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la guerre fait toujours rage dans certaines parties du pays et m&#234;me celles qui ne subissent plus de bombardements quotidiens sont loin d'&#234;tre &#171; s&#251;res et stables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre ONG, la Syrian Association for Citizens Dignity, a examin&#233; la situation dans les zones anciennement tenues par l'opposition, mais repass&#233;es sous le contr&#244;le du r&#233;gime apr&#232;s des bombardements aveugles et une guerre de si&#232;ge. Des &#171; accords de r&#233;conciliation &#187; avaient &#233;t&#233; conclus dans la plupart des cas sous les auspices de la Russie : les personnes affili&#233;es &#224; l'opposition se voyaient garantir la protection de leurs droits, pendant au moins six mois, y compris contre la pers&#233;cution, et &#233;taient exempt&#233;es d'enr&#244;lement au sein des forces du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces garanties n'ont pas &#233;t&#233; respect&#233;es. De nombreux jeunes ont &#233;t&#233; incorpor&#233;s de force dans les milices pro-Bachar et envoy&#233;s comme chair &#224; canon sur les lignes de front, o&#249; ils ont &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; se battre contre d'anciens camarades. Les r&#233;fractaires ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, ont disparu ou ont &#233;t&#233; tu&#233;s par les services de s&#233;curit&#233;. Dans le viseur du r&#233;gime : les membres de l'opposition arm&#233;e et politique et leurs familles, les &lt;i&gt;media activists&lt;/i&gt; et les travailleurs humanitaires&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Syrie : arrestations et harc&#232;lement dans les zones reconquises &#187;, Human (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;S'attaquer aux causes profondes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si l'UE consid&#232;re toujours officiellement que la Syrie reste un pays peu s&#251;r pour le retour des r&#233;fugi&#233;s, le climat europ&#233;en se fait de plus en plus d&#233;l&#233;t&#232;re pour ces derniers, comme pour les autres migrants. Les pays de l'Union ont mis en place des contr&#244;les frontaliers plus stricts et des syst&#232;mes de quotas. Ils ont mis fin &#224; leurs op&#233;rations de sauvetage en mer et tendent &#224; criminaliser la solidarit&#233;. Les groupes d'extr&#234;me droite gagnent en puissance, cherchant &#224; diaboliser les migrants comme une menace existentielle pour les Europ&#233;ens (blancs). Il est vital de continuer &#224; r&#233;sister &#224; ces ph&#233;nom&#232;nes afin que ceux qui fuient la guerre, la pers&#233;cution et la pauvret&#233; b&#233;n&#233;ficient d'un refuge et d'un soutien pour reconstruire leur vie d&#232;s leur arriv&#233;e en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que leur nombre reste relativement faible aujourd'hui, les r&#233;fugi&#233;s servent d&#233;j&#224; de pr&#233;texte pour restreindre la libert&#233; d'aller et venir, construire des murs et des fronti&#232;res imp&#233;n&#233;trables, accro&#238;tre les dispositifs s&#233;curitaires de l'&#201;tat et exploiter des divisions fond&#233;es sur la race, la religion ou l'origine nationale. Que se passera-t-il demain lorsque les effets du changement climatique et de l'effondrement &#233;cologique provoqueront de vastes mouvements de population &#224; travers le monde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; doit aussi s'attaquer aux causes profondes. Une pression accrue doit &#234;tre exerc&#233;e sur le r&#233;gime syrien pour qu'il mette fin aux violations syst&#233;matiques des droits humains, notamment les d&#233;tentions arbitraires et le bombardement permanent des populations et des infrastructures civiles. Tous ceux qui ont commis des crimes de guerre doivent &#234;tre mis face &#224; leurs responsabilit&#233;s. Il faut s'opposer aux appels au rapatriement des r&#233;fugi&#233;s, &#224; moins qu'ils ne soient &lt;i&gt;vraiment &lt;/i&gt;volontaires, s&#251;rs et dignes &#8211; et contr&#244;l&#233;s par des acteurs ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un moyen concret de solidarit&#233; est de soutenir les organisations de la soci&#233;t&#233; civile syrienne, qui tentent collectivement de mettre en lumi&#232;re les souffrances de ceux qui ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;s de force de leurs maisons. C'est l'objectif de la campagne intitul&#233;e #HalfofSyria&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Page Facebook : @WeAreHalfOfSyria.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, qui documente l'exp&#233;rience du d&#233;placement et les raisons pour lesquelles les Syriens craignent toujours de rentrer chez eux. Car au bout du compte, l'&#233;quation est simple : tant que les gens ne seront pas prot&#233;g&#233;s des massacres dans leur propre pays, ils continueront &#224; chercher la s&#233;curit&#233; &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Leila Al-Shami (co-auteure, avec Robin Yassin-Kassab, du livre &lt;i&gt;Burning country &#8211; Au c&#339;ur de la r&#233;volution syrienne&lt;/i&gt;, L'&#233;chapp&#233;e, 2019). &lt;br class='manualbr' /&gt;Traduction M. L.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://crisismag.net/2019/10/01/syria-refugees-solidarity/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Syria, refugees, and solidarity&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Crisismag.net &lt;/i&gt;(01/10/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cette estimation, tous pays d'origine confondus, est tir&#233;e du rapport &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://data2.unhcr.org/en/documents/download/70360&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;101 Facts &amp; Figures on the Syrian Refugee Crisis, volume II&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, American University of Beirut (juillet 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Note de traduction.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Concernant les seuls civils, le R&#233;seau syrien des droits de l'homme (SNHR) attribue au r&#233;gime d'Assad 199 455 morts dont 22 737 enfants, soit plus de 90 % des victimes entre mars 2011 et octobre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 17 mars, Human Rights Watch a m&#234;me d&#233;nonc&#233; des d&#233;nudements, des violences sexuelles et des s&#233;questrations arbitraires commis fin f&#233;vrier et d&#233;but mars par les forces de s&#233;curit&#233; grecques et des &#171; &lt;i&gt;hommes arm&#233;s non identifi&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Des t&#233;moignages &#233;voquent aussi des tirs &#224; balle r&#233;elle, voire des morts (&#171; &lt;a href=&#034;https://www.hrw.org/news/2020/03/17/greece-violence-against-asylum-seekers-border&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Greece : Violence Against Asylum Seekers at Border&lt;/a&gt; &#187;,&lt;i&gt; Hrw.org&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.hrw.org/fr/news/2019/05/21/syrie-arrestations-et-harcelement-dans-les-zones-reconquises&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Syrie : arrestations et harc&#232;lement dans les zones reconquises&lt;/a&gt; &#187;, Human Rights Watch (21/05/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Page Facebook : &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/wearehalfofsyria&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;@WeAreHalfOfSyria&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Fachotour en Syrie</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Fachotour-en-Syrie</link>
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		<dc:date>2020-01-02T15:42:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Laurence Ferrari</dc:subject>
		<dc:subject>introduit Laurence</dc:subject>
		<dc:subject>octobre dernier</dc:subject>
		<dc:subject>Thierry Mariani</dc:subject>
		<dc:subject>Charlotte d'Ornellas</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;tiez</dc:subject>
		<dc:subject>Punchline</dc:subject>
		<dc:subject>Alep</dc:subject>
		<dc:subject>Ferrari</dc:subject>

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&lt;p&gt;Alors qu'on &#233;value &#224; 199 000 le nombre des victimes civiles du r&#233;gime de Bachar al-Assad, ce dernier peut compter en France sur de fid&#232;les relais qui le pr&#233;sentent comme le sauveur des chr&#233;tiens d'Orient. &#171; Charlotte d'Ornellas, vous &#233;tiez en Syrie il y a quelques jours, pas exactement dans la zone des combats, vous &#233;tiez &#224; Alep, la situation est tr&#232;s grave sur place &#187;, introduit Laurence Ferrari, l'animatrice du talk-show &#171; Punchline &#187; sur CNews le 10 octobre dernier. Et l'&#233;ditorialiste (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no182-decembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;182 (d&#233;cembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ferrari" rel="tag"&gt;Ferrari&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors qu'on &#233;value &#224; 199 000 le nombre des victimes civiles du r&#233;gime de Bachar al-Assad, ce dernier peut compter en France sur de fid&#232;les relais qui le pr&#233;sentent comme le sauveur des chr&#233;tiens d'Orient.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Charlotte d'Ornellas, vous &#233;tiez en Syrie il y a quelques jours, pas exactement dans la zone des combats, vous &#233;tiez &#224; Alep, la situation est tr&#232;s grave sur place &#187;&lt;/i&gt;, introduit Laurence Ferrari, l'animatrice du talk-show &#171; Punchline &#187; sur CNews le 10 octobre dernier. Et l'&#233;ditorialiste BCBG omnisciente qui squatte les plateaux t&#233;l&#233; de prendre un ton expert pour &#233;voquer l'offensive turque en Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais que faisait-elle donc en Syrie ?&lt;/strong&gt; On pourrait s'imaginer que l'honneur journalistique de Charlotte d'Ornellas lui intime d'enqu&#234;ter sur une population &#224; l'agonie apr&#232;s huit ans de conflit, ou d'interviewer des familles de personnes disparues dans les ge&#244;les du r&#233;gime. Ben non, la journaliste a servi de guide pour un &#171; &lt;i&gt;voyage culturel en Syrie &#187;&lt;/i&gt;, coorganis&#233; par le voyagiste Odeia et &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au programme&lt;/strong&gt; de ces &#171; &lt;i&gt;8 jours exceptionnels&lt;/i&gt; &#187; (&#224; partir de 2 245 &#8364; par personne) : Damas et sa mosqu&#233;e des Omeyyades, la citadelle d'Alep, le ch&#226;teau fort Qal'at al-Hosn pr&#232;s de Homs et la cit&#233; antique de Palmyre. &#201;tonnant circuit quand on sait que toute la Syrie est encore plac&#233;e par le quai d'Orsay en &#171; zone rouge &#187; : &#171; &lt;i&gt;Un pays dans lequel rien ne garantit la s&#233;curit&#233; ni le respect des droits fondamentaux des personnes&lt;/i&gt; &#187;. Moins &#233;tonnant quand on conna&#238;t les liens de l'ex-miss Jeanne d'Arc avec les r&#233;seaux pro-Bachar et en premier lieu avec l'association SOS Chr&#233;tiens d'Orient, dont elle est membre. Derri&#232;re la vitrine humanitaire, cette ONG est un vivier d'ultradroitiers. On peut y croiser Maxime Gaucher, ancien candidat FN aux cantonales de 2009 ; Damien Rieu (ex-identitaire et ex-attach&#233; parlementaire de Gilbert Collard) ; Fran&#231;ois-Xavier Gicquel (ancien de l'&#338;uvre fran&#231;aise, groupuscule dissous en 2013) ; ou encore le collecteur de dons Tristan Mordrelle, figure de la Nouvelle Droite, plut&#244;t branch&#233;e paganisme germanique. Que du beau linge tout blanc !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le soutien des fachos utiles&lt;/strong&gt; au pouvoir baathiste ne date d'ailleurs pas d'hier. D&#232;s le milieu des ann&#233;es 1990, Fr&#233;d&#233;ric Chatillon, ancien responsable du GUD&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Groupe union d&#233;fense, syndicat coup-de- poing de la facult&#233; de Droit de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, a tiss&#233; des liens avec les pires brutes du r&#233;gime, dont la famille de l'ex-ministre de la D&#233;fense Moustapha Tlass. L'ancien gudard, devenu communiquant&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chatillon est impliqu&#233; dans une affaire d'enrichissement frauduleux lors des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, a de l'entregent et prend part &#224; des &#171; voyages de presse &#187; en Syrie d&#232;s ao&#251;t 2011, en compagnie du confusionniste belge Michel Collon, du th&#233;oricien du complot Thierry Meyssan, du gourou d'&#201;galit&#233; et R&#233;conciliation Alain Soral et de l'ex-humoriste Dieudonn&#233;. On retrouve Chatillon &#224; la man&#339;uvre en mars 2016, lorsqu'une d&#233;l&#233;gation d'une trentaine de personnalit&#233;s fran&#231;aises de droite &#8211; des parlementaires dont Val&#233;rie Boyer (Les R&#233;publicains) et Thierry Mariani (ancien ministre de Sarko) ainsi que Julien Rochedy (Front national de la jeunesse &#224; l'&#233;poque) &#8211; a &#233;t&#233; re&#231;ue par Bachar al-Assad. L'enjeu est de rendre le boucher de Damas &#224; nouveau fr&#233;quentable diplomatiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parmi les habitu&#233;s&lt;/strong&gt; de ce genre de mondanit&#233;s sulfureuses, on retrouve donc l'eurod&#233;put&#233; Thierry Mariani (d&#233;sormais transfuge vers le Rassemblement national) pour la sixi&#232;me fois en Syrie, le 30 ao&#251;t 2019, cette fois accompagn&#233; des eurod&#233;put&#233;s RN Virginie Joron et Nicolas Bay ainsi que d'un ex-insoumis, Andr&#233;a Kotarac, ralli&#233; &#224; Marine Le Pen. Visiblement bien d&#233;tendu, le Vauclusien Mariani a m&#234;me post&#233; un selfie une bouteille de rouge &#224; la main sur son compte [&lt;a href=&#034;https://twitter.com/ThierryMARIANI/status/1167426970650664961&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Twitter&lt;/a&gt;] : &#171; &lt;i&gt;&#192; Sednaya &lt;/i&gt;(sic)&lt;i&gt;, bonne surprise dans le restaurant qui nous propose un c&#244;tes-du-rh&#244;ne ! &#187;&lt;/i&gt; Sans doute se soucie-t-il peu du fait qu'&#224; quelques centaines de m&#232;tres de l&#224; tr&#244;ne la sinistre prison de Saidnaya, o&#249; des dizaines de milliers d'opposants ont trouv&#233; la mort et des milliers d'autres ont &#233;t&#233; &#8211; et sont encore &#8211; tortur&#233;s des plus effroyables fa&#231;ons. &lt;i&gt;Vacances, j'oublie tout&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Derni&#232;re destination &#224; la mode&lt;/strong&gt; pour les eurod&#233;put&#233;s d'extr&#234;me droite admiratifs de r&#233;gimes durs : le Cachemire indien, qui est depuis cet &#233;t&#233; en &#233;tat de si&#232;ge et compl&#232;tement verrouill&#233; par le pouvoir ultranationaliste du Premier ministre hindou Narendra Modi&#8230; Pour justifier ce s&#233;jour, Thierry Mariani d&#233;clare : &#171; &lt;i&gt;La crainte de beaucoup, c'est que le Cachemire devienne, apr&#232;s la Syrie, le nouveau foyer du terrorisme international.&lt;/i&gt; &#187; Et d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;Moi, ce qui m'int&#233;resse, c'est la s&#233;curit&#233; de mon pays.&lt;/i&gt; &#187; Les fachotours ont de l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Groupe union d&#233;fense, syndicat coup-de- poing de la facult&#233; de Droit de la rue d'Assas &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chatillon est impliqu&#233; dans une affaire d'enrichissement frauduleux lors des campagnes l&#233;gislatives et pr&#233;sidentielle de 2012 du Front national &#224; travers sa soci&#233;t&#233; Riwal. Le proc&#232;s s'est tenu en novembre ; le parquet a requis quatre ans de prison dont deux ferme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Ils nous bombardent au napalm &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Ils-nous-bombardent-au-napalm</link>
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		<dc:date>2019-11-05T05:29:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Rapha&#235;l Lebrujah</dc:creator>


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&lt;p&gt;Journaliste engag&#233; pour la cause kurde, Rapha&#235;l Lebrujah se trouve actuellement dans le Nord-Est de la Syrie. Il en d&#233;crit ici quelques bribes du quotidien, fait de lutte, de deuil et d'attente angoiss&#233;e sur ce que l'avenir r&#233;serve. &#171; Vous les Europ&#233;ens, vous parlez beaucoup, mais vous ne faites rien ! &#187;, s'indigne Sa&#239;d Farso, le copr&#233;sident de l'organisation des familles des martyrs d'Amouda. &#171; Vous venez ici, vous prenez des notes sur vos papiers, vous observez et vous repartez sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Said" rel="tag"&gt;Sa&#239;d&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/martyrs" rel="tag"&gt;martyrs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Journaliste engag&#233; pour la cause kurde, Rapha&#235;l Lebrujah se trouve actuellement dans le Nord-Est de la Syrie. Il en d&#233;crit ici quelques bribes du quotidien, fait de lutte, de deuil et d'attente angoiss&#233;e sur ce que l'avenir r&#233;serve.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; V&lt;/span&gt;&lt;i&gt;ous les Europ&#233;ens,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;vous parlez beaucoup, mais vous ne faites rien&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, s'indigne Sa&#239;d Farso, le copr&#233;sident de l'organisation des familles des martyrs d'Amouda. &#171; &lt;i&gt;Vous venez ici, vous prenez des notes sur vos papiers, vous observez et vous repartez sans rien faire. Nous on enterre nos enfants tous les jours.&lt;/i&gt; &#187; Nous sommes le 21 octobre, et &#231;a fait maintenant quelques jours que je ressens pour la premi&#232;re fois de l'hostilit&#233; envers un journaliste europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa&#239;d Farso reprend : &#171; &lt;i&gt;L'Europe n'a pas respect&#233; ses promesses, car elle a plus peur de la Turquie que de Daech et en attendant, elle laisse la Turquie nous bombarder au phosphore blanc.&lt;/i&gt; &#187; une arme chimique interdite par les conventions internationales. &#171; &lt;i&gt;On vient d'apprendre que deux de nos enfants sont d&#233;c&#233;d&#233;s &#224; Serekaniye. En tout, cinq sont revenus dans des cercueils depuis le d&#233;but de l'offensive turque.&lt;/i&gt; &#187; La copr&#233;sidente, G&#251;l Ase, ajoute : &#187; &lt;i&gt;Depuis le d&#233;but de la r&#233;volution, nous avons perdu 160 martyrs rien que pour la ville d'Amouda. Ils et elles sont mort&#183;es dans la guerre contre Daech.&lt;/i&gt; &#187; Amouda est une petite ville du Rojava d'environ 25 000 habitant&#183;es. Bien qu'&#233;pargn&#233;e par les combats, elle n'en subit pas moins les privations de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partons rencontrer l'une des deux familles qui viennent de perdre un de leurs fils. Malgr&#233; le chagrin, on nous accueille avec de l'eau, du th&#233;, un caf&#233; turc et des cigarettes. Le p&#232;re de l'enfant tomb&#233; au combat contre l'arm&#233;e turque d&#233;clare : &#187; &lt;i&gt;C'est une punition de Dieu&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Ce &#224; quoi Sa&#239;d Farso r&#233;torque : &#187; &lt;i&gt;Ce n'est pas Dieu, ce sont les avions qui ont tu&#233; ton fils.&lt;/i&gt; &#187; S'ensuit un long discours : &#187; &lt;i&gt;Si nous ne nous battons pas, les Turcs vont nous chasser et on va finir en Europe. Il y a d&#233;j&#224; un million de Kurdes en Allemagne et c'est d&#233;j&#224; trop. Notre culture va dispara&#238;tre l&#224;-bas.&lt;/i&gt; &#187; un silence se fait. &#187; &lt;i&gt;Cette attaque est contre tout le peuple kurde. Si nous abandonnons, c'est notre fin. Ils nous bombardent au napalm &#224; Serekaniye. Par ces actes, ils montrent qu'ils veulent nous exterminer ; nous devons r&#233;sister comme nous le faisons depuis des d&#233;cennies. Nous n'avons pas attendu l'arriv&#233;e des Occidentaux pour nous battre. Depuis 1977, nous avons plus de 50 000 martyrs dans la r&#233;sistance et pendant presque tout ce temps personne ne nous soutenait. Nous avons besoin du peuple et c'est tout&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; 1977 est une r&#233;f&#233;rence au premier assassinat ayant vis&#233; un membre du PKK (Parti des travailleurs kurdes, mouvement qui a historiquement men&#233; la lutte arm&#233;e du c&#244;t&#233; turc de la fronti&#232;re). Un cadre de l'organisation est pr&#233;sent et &#233;coute les &#233;changes sans rien dire. Nous repartons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les familles des martyrs touchent des petites sommes de la part de l'administration autonome du Rojava. Quelque 40 &#8364; par mois pour un mari ou un enfant et environ 20 &#8364; de plus par enfant orphelin de leur p&#232;re pour la m&#232;re. Des sommes mis&#233;rables mais qui permettent &#224; des familles tr&#232;s pauvres de se nourrir. L'organisation des familles des martyrs joue un grand r&#244;le dans l'int&#233;gration sociale des foyers ayant perdu un de ses membres. Pour en &#234;tre adh&#233;rent, il faut imp&#233;rativement avoir perdu un proche. R&#233;guli&#232;rement les familles endeuill&#233;es re&#231;oivent des visites et peuvent percevoir des aides ponctuelles face aux difficult&#233;s du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Vers la fin de l'autonomie ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'accord sign&#233; le 22 octobre entre la Turquie et la Russie pr&#233;voit un d&#233;mant&#232;lement des YPG/YPJ kurdes (Unit&#233;s de protection du peuple et Unit&#233;s de protection de la femme) et leur remplacement par les forces arm&#233;es du r&#233;gime syrien, dans l'objectif de mettre fin &#224; l'exp&#233;rience d'autonomie kurde au nord de la Syrie. Quoi qu'il se passe finalement, l'acceptation des forces du r&#233;gime syrien par la population sera loin d'&#234;tre &#233;vidente : plusieurs ann&#233;es de libert&#233; et d'autonomie de fait ne peuvent s'effacer aussi facilement. Quant aux Am&#233;ricain&#183;es, ils sont rest&#233;&#183;es sur les puits de p&#233;trole, vitaux pour l'&#233;conomie syrienne en grande difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'enterrement des deux jeunes, la copr&#233;sidente du PYD (&#233;quivalent du PKK en Syrie), Aysha Hisso, a d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;i&gt;Nous avons toujours d&#233;fendu une solution politique avec le r&#233;gime de Damas dans le cadre du respect territorial de la Syrie. Face &#224; l'avanc&#233;e turque, pour &#233;viter que notre peuple ne se fasse massacrer, nous avons d&#251; faire un accord&lt;/i&gt; [avec le r&#233;gime. Mais]&lt;i&gt; notre lutte est loin d'&#234;tre termin&#233;e et nous allons continuer &#224; nous battre pour nos droits.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Rapha&#235;l Lebrujah&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Autour-de-la-defaite-du-Rojava' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Autour de la d&#233;faite du Rojava&lt;/a&gt; : analyse et tentative de r&#233;ponse &#224; quelques &#233;pineuses questions que posent l'agression turque en Syrie du Nord-Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette analyse et ce reportage ont &#233;t&#233; publi&#233;s sur papier dans le n&#176;181 de &lt;/i&gt;CQFD&lt;i&gt;, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ou-nous-trouver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;en kiosque&lt;/a&gt; jusqu'au 5 d&#233;cembre. En voir le &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no181' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; propos de l'offensive turque dans le Nord-Est syrien</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/A-propos-de-l-offensive-turque</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/A-propos-de-l-offensive-turque</guid>
		<dc:date>2019-10-17T03:14:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Leila al-Shami</dc:creator>


		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;gime</dc:subject>
		<dc:subject>Syriens</dc:subject>
		<dc:subject>Turquie</dc:subject>
		<dc:subject>Kurdes</dc:subject>
		<dc:subject>PYD</dc:subject>
		<dc:subject>kurde</dc:subject>
		<dc:subject>Kurdes syriens</dc:subject>
		<dc:subject>turque</dc:subject>
		<dc:subject>l'autonomie kurde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Co-auteure de l'ouvrage Burning country : au c&#339;ur de la r&#233;volution syrienne , Leila al-Shami livre une analyse tranch&#233;e et &#233;quilibr&#233;e sur les enjeux et les non-dits de la situation au nord-est de la Syrie apr&#232;s l'offensive de l'arm&#233;e turque et de ses milices. Nous la traduisons pour CQFD avec son accord. La r&#233;cente offensive turque sur le nord-est de la Syrie et le retrait des troupes am&#233;ricaines de la r&#233;gion d&#233;clenchent une nouvelle catastrophe humanitaire aux proportions colossales. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Les-echos-du-Chien-rouge" rel="directory"&gt;Les &#233;chos du Chien rouge&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Syrie" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/regime" rel="tag"&gt;r&#233;gime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Syriens" rel="tag"&gt;Syriens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Turquie" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kurdes" rel="tag"&gt;Kurdes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/PYD" rel="tag"&gt;PYD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/kurde" rel="tag"&gt;kurde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kurdes-syriens" rel="tag"&gt;Kurdes syriens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/turque" rel="tag"&gt;turque&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-autonomie-kurde" rel="tag"&gt;l'autonomie kurde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Co-auteure de l'ouvrage &lt;i&gt;Burning country : au c&#339;ur de la r&#233;volution syrienne&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Leila al-Shami et Robin Yassin-Kassab, &#233;d. L'&#233;chapp&#233;e, mars 2019.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Leila al-Shami livre une analyse tranch&#233;e et &#233;quilibr&#233;e sur les enjeux et les non-dits de la situation au nord-est de la Syrie apr&#232;s l'offensive de l'arm&#233;e turque et de ses milices. Nous la traduisons pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; avec son accord.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3122 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;128&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-1352-5af85.jpg?1782714797' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Manifestation contre l'invasion turque du Rojava &#224; Berlin, le 12 octobre 2019 / Photo Marsupium / Wikimedia Commons / C.C. 4.0
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;a r&#233;cente offensive turque sur le nord-est de la Syrie et le retrait des troupes am&#233;ricaines de la r&#233;gion d&#233;clenchent une nouvelle catastrophe humanitaire aux proportions colossales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces derniers jours&lt;/strong&gt;, plus de 130 000 Syriens ont fui pour sauver leur vie, dans une qu&#234;te d&#233;sesp&#233;r&#233;e de s&#233;curit&#233;. Des dizaines de civils ont &#233;t&#233; tu&#233;s par des bombes turques et assassin&#233;s par des milices alli&#233;es des Turcs. Dans le chaos, les prisonniers de l'&#201;tat islamique se sont &#233;vad&#233;s des camps de d&#233;tention et sont maintenant dans la nature &#8211; beaucoup d'entre eux, y compris des enfants, sont des &#233;trangers, ressortissants d'&#201;tats qui ont refus&#233; de les prendre sous leur responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'invasion turque&lt;/strong&gt; a re&#231;u le feu vert de Trump (et probablement de la Russie) et a vu les &#201;tats-Unis abandonner leurs alli&#233;s, les Forces d&#233;mocratiques syriennes (FDS, domin&#233;es par des milices kurdes), avec lesquelles ils s'&#233;taient associ&#233;s dans la guerre pour d&#233;truire l'&#201;tat islamique. Ce n'est pas la premi&#232;re fois que les &#201;tats-Unis abandonnent leurs alli&#233;s en Syrie, et il est peu probable que cette trahison tombe facilement dans l'oubli pour ceux qui en subiront les cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'op&#233;ration&lt;/strong&gt; de la Turquie a deux objectifs. Elle esp&#232;re, d'une part, &#233;craser l'autonomie kurde dans le nord, dont une grande partie est sous le contr&#244;le du PYD (Parti de l'union d&#233;mocratique) kurde depuis 2012, un groupe li&#233; au PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), consid&#233;r&#233; par l'&#201;tat turc comme un ennemi int&#233;rieur ; et, d'autre part, &#233;tablir une zone tampon pour le retour des r&#233;fugi&#233;s syriens confront&#233;s &#224; une hostilit&#233; et une x&#233;nophobie croissantes en Turquie. &#201;tant donn&#233; qu'un grand nombre de r&#233;fugi&#233;s sont des Arabes et seraient renvoy&#233;s dans une r&#233;gion o&#249; r&#233;sident de nombreuses minorit&#233;s &#8211; kurdes et autres &#8211;, une telle d&#233;cision entra&#238;nerait probablement d'autres bouleversements d&#233;mographiques, qui constituent d&#233;sormais un &#233;l&#233;ment cl&#233; de la trag&#233;die syrienne. Les groupes rebelles syriens alli&#233;s &#224; la Turquie luttent donc pour un agenda turc qui ne ressemble en rien &#224; la r&#233;volution syrienne pour la libert&#233; et la dignit&#233; qui a commenc&#233; il y a huit ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les habitants de la r&#233;gion&lt;/strong&gt; ont de bonnes raisons de craindre une occupation turque. La ville &#224; majorit&#233; kurde d'Afrin, qui est tomb&#233;e aux mains de la Turquie et des forces alli&#233;es l'ann&#233;e derni&#232;re, cr&#233;e un pr&#233;c&#233;dent terrifiant. De nombreux civils ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;s et emp&#234;ch&#233;s de rentrer chez eux, et leurs biens abandonn&#233;s ont fait l'objet de pillages g&#233;n&#233;ralis&#233;s. Il y a eu aussi des arrestations, des viols et des assassinats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Compte tenu&lt;/strong&gt; des craintes des Kurdes syriens face au nettoyage ethnique des forces turques et de l'absence d'alli&#233;s dispos&#233;s &#224; les d&#233;fendre, le PYD n'a pas eu d'autre choix que de n&#233;gocier un retour du r&#233;gime, mettant fin &#224; une exp&#233;rience d'autonomie kurde qui avait permis &#224; la population de r&#233;aliser d'importantes avanc&#233;es dans de nombreux droits que le r&#233;gime panarabiste leur avait longtemps d&#233;ni&#233;s. Ce n'&#233;tait probablement qu'une question de temps. Lorsque le r&#233;gime a c&#233;d&#233; le pouvoir au PYD, il avait probablement calcul&#233; trois &#233;l&#233;ments : 1) que ce transfert de pouvoir emp&#234;cherait les Kurdes de combattre le r&#233;gime, permettant au r&#233;gime de concentrer ses ressources militaires ailleurs ; 2) qu'il fragmenterait et affaiblirait ainsi l'opposition syrienne &#224; Assad &#224; la faveur des divisions confessionnelles ; 3) et que si le PYD devenait trop puissant, la Turquie interviendrait pour emp&#234;cher son expansion, permettant au r&#233;gime de reprendre le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Selon certaines informations&lt;/strong&gt;, l'accord n&#233;goci&#233; entre le r&#233;gime et les FDS domin&#233;s par le PYD comprend une garantie des droits et de l'autonomie totale des Kurdes. Pourtant, il semble peu probable que le r&#233;gime reconnaisse un jour l'autonomie kurde, comme il l'a signifi&#233; clairement &#224; plusieurs reprises dans des d&#233;clarations publiques. Ailleurs en Syrie, toutes les promesses faites par le r&#233;gime dans les accords de &#171; r&#233;conciliation &#187; ne valent m&#234;me pas le papier sur lequel elles ont &#233;t&#233; &#233;crites. Les opposants au r&#233;gime, tant arabes que kurdes, risquent aujourd'hui d'&#234;tre arr&#234;t&#233;s et d&#233;tenus avec la mort sous la torture comme seule issue possible. Les combattants des FDS ne sont pas non plus en s&#233;curit&#233;. Il y a quelques jours, le vice-ministre syrien des Affaires &#233;trang&#232;res Faisal Mekdad a d&#233;clar&#233; qu'ils avaient &#171; &lt;i&gt;trahi leur pays et commis des crimes contre lui&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors que de nombreux Kurdes&lt;/strong&gt;, abandonn&#233;s par les &#201;tats-Unis, peuvent se sentir plus en s&#233;curit&#233; sous Assad que sous domination turque, certains civils arabes vivants dans des zones contr&#244;l&#233;es par les FDS telles que Deir ez-Zor et Raqqa craignent une reconqu&#234;te par le r&#233;gime et ses milices iraniennes en premier lieu, et se sentent plus en s&#233;curit&#233; sous protection turque. Les Syriens sont d&#233;sesp&#233;r&#233;s tant leur d&#233;pendance vis-&#224;-vis des puissances &#233;trang&#232;res pour leur survie est grande. Des journalistes &#233;trangers &#233;galement menac&#233;s par le r&#233;gime ont fui la Syrie, laissant les atrocit&#233;s se d&#233;rouler hors de la vue des m&#233;dias internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les d&#233;cisions&lt;/strong&gt; qui sont prises aujourd'hui sont autant de man&#339;uvres des puissances &#233;trang&#232;res, et ce sont les civils syriens qui en paient le prix. Les luttes de pouvoir actuelles entre les &#201;tats instrumentalisent les divisions ethniques, ce qui conduit &#224; un sectarisme accru qui accablera probablement la Syrie dans un avenir proche. Le refus d'Assad de d&#233;missionner lorsque les Syriens l'ont exig&#233; est &#224; l'origine de ce bain de sang, avec l'&#233;chec r&#233;p&#233;t&#233; de la communaut&#233; internationale &#224; prot&#233;ger les Syriens des massacres et l'incapacit&#233; des dirigeants de l'opposition, &#224; la fois arabe et kurde, &#224; mettre de c&#244;t&#233; leurs propres int&#233;r&#234;ts pour promouvoir l'unit&#233; et se d&#233;barrasser du pouvoir autoritaire. Un par un, dans tout le pays, le r&#233;gime a &#233;cras&#233; toute exp&#233;rience d&#233;mocratique autonome, et la communaut&#233; internationale semble dispos&#233;e &#224; normaliser ses relations avec un r&#233;gime qui s'est maintenu au pouvoir en d&#233;clenchant un massacre de masse. Ce qui se passe aujourd'hui est un d&#233;sastre non seulement pour les Kurdes, mais pour tous les Syriens libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une fois de plus&lt;/strong&gt;, la situation en Syrie a mis en &#233;vidence la faillite morale de segments de la gauche enti&#232;re. Nombre de ceux qui protestent contre l'assaut de la Turquie sur le nord-est de la Syrie n'ont pas r&#233;ussi &#224; se mobiliser pour condamner l'assaut continu de la Russie et du r&#233;gime contre Idleb o&#249; trois millions de civils vivent dans la terreur quotidienne. En fait, ils ne se sont pas rendus compte que pendant des ann&#233;es, les Syriens ont &#233;t&#233; massacr&#233;s par des bombes, des armes chimiques et la torture &#224; l'&#233;chelle industrielle. Certains de ceux qui r&#233;clament une zone d'interdiction de vol pour mettre &#224; l'abri les civils kurdes des bombardements a&#233;riens avaient auparavant calomni&#233; les Syriens, les traitant de bellicistes et des agents de l'imp&#233;rialisme, alors que ceux-l&#224; r&#233;clamaient une protection similaire. Une fois de plus, la solidarit&#233; semble d&#233;pendre non pas de l'indignation contre les crimes de guerre, mais de l'identit&#233; de l'auteur et de la victime. Les vies syriennes sont sacrifiables dans la bataille des grands r&#233;cits et des grands sch&#233;mas id&#233;ologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La trag&#233;die syrienne&lt;/strong&gt; est une tache sur la conscience de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Leila al-Shami&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La version originale de cet article est parue en anglais le 14 octobre sur le blog de Leila al-Shami : &#171; &lt;a href=&#034;https://leilashami.wordpress.com/2019/10/14/on-the-turkish-offensive-on-north-eastern-syria/?fbclid=IwAR3aP6PKrOLfcdU_nwzna8q-YYlfzurHXPbLfgFyW4bFMTyIhHWItCiHbLs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;On the Turkish offensive on north-eastern Syria&lt;/a&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-braises-de-la-revolution' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les braises de la r&#233;volution&lt;/a&gt; &#187; : entretien avec Leila al-Shami sur la r&#233;volution syrienne (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;142, avril 2016).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Leila al-Shami et Robin Yassin-Kassab, &#233;d. L'&#233;chapp&#233;e, mars 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Guerre mondiale : le compte &#224; rebours ? </title>
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		<dc:date>2019-04-21T17:57:47Z</dc:date>
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		<dc:creator>Georges Broussaille</dc:creator>


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		<dc:subject>guerre froide</dc:subject>
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&lt;p&gt;Nouvelle guerre froide, troisi&#232;me guerre mondiale, des expressions que l'on croyait d'un autre temps font &#224; nouveau l'actualit&#233;. L'affirmation de la Chine et de la Russie sur la sc&#232;ne internationale provoque des tensions avec les &#201;tats-Unis et leurs alli&#233;s. La Nation indispensable supporte tr&#232;s mal que l'on conteste sont h&#233;g&#233;monie sur la plan&#232;te. Bless&#233;e dans son orgueil, elle montre les dents. Mais de l'aveu d'Ashton Carter, le big boss du Pentagone, les crocs sont &#233;mouss&#233;s : &#171; D'autres (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4400 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;58&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-402-2889b-2-e92cb.jpg?1782639336' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Dessin d'Omar Ibrahim, publi&#233; dans le n&#176;136 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;N&lt;/span&gt;ouvelle guerre froide, troisi&#232;me guerre mondiale, des expressions que l'on croyait d'un autre temps font &#224; nouveau l'actualit&#233;. L'affirmation de la Chine et de la Russie sur la sc&#232;ne internationale provoque des tensions avec les &#201;tats-Unis et leurs alli&#233;s. La Nation indispensable supporte tr&#232;s mal que l'on conteste sont h&#233;g&#233;monie sur la plan&#232;te. Bless&#233;e dans son orgueil, elle montre les dents. Mais de l'aveu d'Ashton Carter, le big boss du Pentagone, les crocs sont &#233;mouss&#233;s : &#171; &lt;i&gt;D'autres &#201;tats essaient d'acc&#233;der aux avantages dont nous avons joui pendant des d&#233;cennies dans des domaines comme les munitions &#224; guidage de pr&#233;cision ou la technologie furtive, cybern&#233;tique et spatiale.&lt;/i&gt; &#187; L'avance strat&#233;gique de l'Empire se r&#233;duisant, ses principaux concurrents n'h&#233;sitent plus &#224; le d&#233;fier ouvertement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre en Syrie est l'exemple parfait de cette nouvelle donne g&#233;opolitique. Elle offre au Kremlin l'occasion de faire la d&#233;monstration de ses capacit&#233;s et d'affirmer ses ambitions. Aujourd'hui, la Syrie est au complexe militaro-industriel russe ce que la guerre du Golfe de 1991 a &#233;t&#233; au Pentagone : un terrain o&#249; tester en conditions r&#233;elles de nouvelles armes et une vitrine commerciale pour les exportations d'armement. L'utilisation de missiles de croisi&#232;re n'est plus une exclusivit&#233; occidentale, la marine russe a lanc&#233; une cinquantaine de Kalibr 3M-54 depuis des navires et des sous-marins. Idem pour les armes de pr&#233;cision : l'aviation fait grand usage des bombes KAB 500 guid&#233;es par laser ou par satellite gr&#226;ce au syst&#232;me Glonass, l'&#233;quivalent russe du GPS yankee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus croustillant encore, le Kremlin prouve sa capacit&#233; de &#171; &lt;i&gt;projection de force&lt;/i&gt; &#187;, autrement dit, &#224; envoyer un corps exp&#233;ditionnaire combattre dans de lointains pays et &#224; g&#233;rer la logistique que cela n&#233;cessite dans la dur&#233;e. Et il ne compte pas en rester l&#224;. &#192; la mi-octobre, une flottille a quitt&#233; le Grand Nord russe pour prendre ses quartiers d'hiver en M&#233;diterran&#233;e orientale. En vedette, le v&#233;n&#233;rable porte-avion Amiral Kouznetsov. Mis en service &#224; l'&#233;poque sovi&#233;tique, il va enfin conna&#238;tre le bapt&#234;me du feu en Syrie, tout comme les nouveaux avions et h&#233;licopt&#232;res de combat qu'il embarque &#224; son bord et les missiles qui les &#233;quipent. une op&#233;ration qui va offrir &#224; la marine russe une exp&#233;rience pr&#233;cieuse. Jusqu'alors, seuls Washington, Londres et Paris &#233;taient capables de mener des op&#233;rations a&#233;ronavales. Aujourd'hui, Moscou met un pied dans la porte de ce club.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impressionn&#233;es par la prestation russe, les &#233;lites moyen-orientales regardent avec grand int&#233;r&#234;t du c&#244;t&#233; du Kremlin et s'&#233;loignent de la Maison-Blanche&#8230; de rage. Car si cette tendance n'est pas enray&#233;e, bient&#244;t plus rien d'important ne pourra se faire dans la r&#233;gion sans l'accord russe. &#192; la fin de la guerre froide, George Bush p&#232;re s'est servi de Saddam Hussein pour imposer une conception du monde unipolaire sous la houlette de l'hyperpuissance am&#233;ricaine. Aujourd'hui, Vladimir Poutine utilise Bachar El-Assad pour faire triompher sa conception d'un monde multipolaire, o&#249; la Russie, la Chine et d'autres g&#233;reront les affaires internationales aux c&#244;t&#233;s des &#201;tats-Unis et de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la Syrie n'est pas le seul point chaud de la guerre froide 2.0. Les Occidentaux et les Russes s'affrontent aussi en Ukraine. En mer de Chine, les USA et leurs alli&#233;s asiatiques titillent P&#233;kin. Est-ce qu'un de ces conflits peut d&#233;g&#233;n&#233;rer en guerre mondiale ? C'est la classe dirigeante des &#201;tats-Unis qui a la r&#233;ponse. Se r&#233;soudra-t-elle bon gr&#233; mal gr&#233; &#224; abandonner ses r&#234;ves d'empire mondial et &#224; devenir une superpuissance parmi d'autres ? Ou bien va-t-elle se lancer dans une fuite en avant aux cons&#233;quences incalculables ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Georges Broussaille&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le voyage inattendu d'un anarchiste syrien</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-voyage-inattendu-d-un</link>
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		<dc:date>2019-01-30T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Martin Barzilai</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>quartiers</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;gime</dc:subject>
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		<dc:subject>Lesbos</dc:subject>
		<dc:subject>quartier</dc:subject>
		<dc:subject>Edd Thawra</dc:subject>
		<dc:subject>distribuent Bulletin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir connu la r&#233;volution &#224; Alep, la guerre civile, l'exil en Turquie puis la travers&#233;e vers la Gr&#232;ce sur un bateau de fortune, Edd Thawra a pu se forger, &#224; 22 ans, quelques convictions bien affirm&#233;es. Nous l'avons rencontr&#233; &#224; Thessalonique, carrefour antique entre Orient et Occident, o&#249; il milite dans un groupe anarchiste et suit des &#233;tudes d'informatique. En cette fin d'octobre 2018, devant la gare de Thessalonique, une petite dizaine d'activistes collent des affiches et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no171-decembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;171 (d&#233;cembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/distribuent-Bulletin" rel="tag"&gt;distribuent Bulletin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir connu la r&#233;volution &#224; Alep, la guerre civile, l'exil en Turquie puis la travers&#233;e vers la Gr&#232;ce sur un bateau de fortune, Edd Thawra&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a pu se forger, &#224; 22 ans, quelques convictions bien affirm&#233;es. Nous l'avons rencontr&#233; &#224; Thessalonique, carrefour antique entre Orient et Occident, o&#249; il milite dans un groupe anarchiste et suit des &#233;tudes d'informatique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2763 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-1019-4132f.jpg?1783174908' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Martin Barzilai
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n cette fin d'octobre 2018, devant la gare de Thessalonique, une petite dizaine d'activistes collent des affiches et distribuent &lt;i&gt;Bulletin&lt;/i&gt;, une revue en quatre langues (grec, fran&#231;ais, anglais, arabe), aupr&#232;s des sans-papiers du quartier. Edd Thawra participe au collectif Clandestina-Network. Il a m&#234;me contribu&#233; &#224; r&#233;diger la d&#233;claration de principes : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes un groupe de militants locaux et migrants &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;anti-discriminations&lt;/i&gt; &#187;, qui &#171; &lt;i&gt;vise &#224; aider &#224; briser les barri&#232;res de la communication et &#224; unir nos luttes dans la ville avec celles dans les camps de migrants. &lt;/i&gt; &#187; Quelques jours plus tard, Edd nous raconte sa trajectoire autour d'un caf&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;R&#233;volution &#224; Alep&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je suis originaire de Sukkari, un quartier pauvre d'Alep.&lt;/strong&gt; Ma famille est sunnite. Au moment du soul&#232;vement, j'avais 15 ans. En 2011, l'arm&#233;e de Bachar contr&#244;lait encore la ville, mais en 2012, des milliers de personnes sont descendues dans la rue tous les jours. Notre quartier &#233;tait tr&#232;s conservateur, pourtant des femmes non voil&#233;es pouvaient venir manifester. Et inversement, dans les quartiers de la classe moyenne, les gens des quartiers populaires soutenaient les protestations. Tous les gens d'Alep &#233;taient m&#233;lang&#233;s et unis &#224; cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la r&#233;volution, la culture politique &#233;tait tr&#232;s pauvre, le nationalisme arabe du parti Baas monopolisait toute la presse et la production &#233;ditoriale. Facebook &#233;tait bloqu&#233;, on devait utiliser des serveurs proxy pour avoir acc&#232;s aux r&#233;seaux sociaux. Nous n'avions aucune base th&#233;orique, aucune id&#233;e pr&#233;&#233;tablie, alors nous avons appris par notre propre pratique, influenc&#233;s aussi par Omar Aziz ou Razan Zaitouneh&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Omar Aziz &#233;tait un des th&#233;oriciens des comit&#233;s locaux de coordination, bases (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des pauvres &#233;taient apolitiques, ils avaient avant tout une fa&#231;on &#233;motionnelle de r&#233;agir aux injustices et &#224; la dictature. Le soul&#232;vement a eu un grand impact sur les mentalit&#233;s en Syrie, certains sont devenus plus religieux, d'autres ath&#233;es. Depuis la r&#233;volution, je ne crois plus en Dieu. Les bombardements incessants sur les quartiers rebelles ont &#233;galement conduit &#224; la confessionnalisation de la population qui se trouvait coinc&#233;e sans aucun soutien ext&#233;rieur. Face &#224; la mort, c'&#233;tait cela ou la fuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais cru &#224; la solution militaire, j'&#233;tais contre les armes. Au d&#233;part, l'Arm&#233;e syrienne libre (ASL), constitu&#233;e de d&#233;serteurs, &#339;uvrait pour la protection de la r&#233;volution, mais avec le temps, elle s'est comport&#233;e comme un gang et des &#233;l&#233;ments islamistes s'y sont joints. Le r&#233;gime arr&#234;tait tous ceux qui cherchaient &#224; s'organiser autrement et les torturait. Dans mon quartier, j'ai assist&#233; &#224; l'arrestation de deux fr&#232;res communistes qui &#233;taient revenus de Grande-Bretagne pour participer &#224; la r&#233;volution. On ne les a jamais revus. &#192; la m&#234;me &#233;poque, le r&#233;gime a lib&#233;r&#233; pr&#232;s de 300 islamistes qui sont devenus les leaders de la r&#233;bellion. Il a man&#339;uvr&#233; pour favoriser l'islamisation de la r&#233;volution afin de justifier ses tueries au yeux du monde. Puisque l'islamisme constituait la principale menace depuis le 11-Septembre, le r&#233;gime pr&#233;tendait agir dans une lutte antiterroriste globale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un radeau pour Lesbos&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Quand l'arm&#233;e de Bachar a repris le contr&#244;le de mon quartier&lt;/strong&gt;, j'ai v&#233;cu un an de terreur, car il devenait de plus en plus difficile d'&#233;chapper &#224; la conscription. Puis, j'ai pass&#233; six mois dans les quartiers rebelles, mais c'&#233;tait intenable : il y avait des explosions de bombes-barils tous les jours. J'ai quitt&#233; la Syrie fin 2014, seul. Je suis pass&#233; en Turquie par le canton d'Idleb. &#192; cette &#233;poque, l'arm&#233;e turque ne tirait pas &#224; vue sur les clandestins. &#192; Gaziantep, j'ai pu trouver un boulot gr&#226;ce &#224; une connaissance. Puis, j'ai d&#233;cid&#233; de partir de Turquie en 2016 parce que le climat social et religieux devenait de plus en plus pesant. Avec Erdo&#287;an, j'ai l'impression que ce pays s'enfonce dans l'obscurantisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'aller en Gr&#232;ce, j'ai d&#251; payer un passeur pour prendre un rafiot pourri qui m'a conduit &#224; Lesbos. Contrairement &#224; l'image v&#233;hicul&#233;e par les m&#233;dias, mon bateau n'&#233;tait pas rempli de jeunes migrants c&#233;libataires, mais en majorit&#233; de familles avec enfants. Bien s&#251;r, j'avais peur pour moi-m&#234;me, mais quand je suis mont&#233; dedans, j'eus d'abord cette pens&#233;e terrible : &#8220; &lt;i&gt;Et si tous ces enfants mouraient noy&#233;s cette nuit ?&lt;/i&gt; &#8221; Prendre un canot de fortune, c'est prendre un billet pour l'inconnu, parfois pour la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'arriv&#233;e &#224; Lesbos, Frontex nous a pris en charge et conduit au camp de Moria, qui &#233;tait un camp ouvert &#224; l'&#233;poque. Aujourd'hui, c'est une prison. Apr&#232;s deux jours, j'ai pu aller &#224; Ath&#232;nes. Puis &#224; Thessalonique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e en Europe a &#233;t&#233; un choc et un &#233;blouissement. Ici, on peut lire et dire ce qu'on veut sans ressentir le sentiment de peur. Cette terreur suscit&#233;e par le parti Baas en Syrie demeure pourtant. Chez les g&#233;n&#233;rations plus &#226;g&#233;es, c'est encore plus marqu&#233;. Un ami m'a racont&#233; que ses parents, pourtant r&#233;fugi&#233;s au Canada, restent t&#233;tanis&#233;s d&#232;s qu'on &#233;voque le r&#233;gime. Ils se murent dans le silence. La peur des &lt;i&gt;moukhabarat&lt;/i&gt; [services de s&#233;curit&#233;] est omnipr&#233;sente. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Cette gauche pro-Assad&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je continue &#224; partager des points de vue&lt;/strong&gt; avec des camarades syriens &#224; Ath&#232;nes ou sur la page Facebook Syrian anarchists. Durant une manif de gauche &#224; Ath&#232;nes il y a quelque temps, certains militants grecs brandissaient le drapeau du r&#233;gime, un camarade syrien les a interpell&#233;s violemment, mais visiblement aucun des manifestants n'a su quoi lui r&#233;pondre. Eux-m&#234;mes ne savent pas pourquoi ils se font les complices de cette dictature. La r&#233;volution syrienne a &#233;t&#233; un test d'internationalisme pour la gauche occidentale, qui l'a manqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup d'anti-imp&#233;rialistes soutiennent &#233;galement l'Iran, qui est un &#201;tat islamique, alors qu'ils n'accepteraient jamais chez eux un tel r&#233;gime d'oppression. Tol&#233;reraient-ils le voile obligatoire ? De m&#234;me &#224; propos de la cause palestinienne, la plupart s'en foutent des Palestiniens, c'est juste un pr&#233;texte pour tenir un discours anti-am&#233;ricain et antisioniste. Le mensonge de l'&#201;tat syrien repose en partie sur son faux antagonisme avec Isra&#235;l. En r&#233;alit&#233;, si Isra&#235;l n'existait pas, le r&#233;gime n'existerait pas non plus. Toute sa propagande tend &#224; confondre juifs et sionistes dans l'esprit des Syriens ordinaires. Elle a contribu&#233; &#224; d&#233;politiser la question palestinienne et sert &#224; masquer ses propres crimes. Je supporte la lutte des Palestiniens contre l'&#201;tat raciste d'Isra&#235;l mais je ne soutiens pas le nationalisme, ni les politiques autoritaires du Hamas ou du Fatah. J'ai grandi avec des Palestiniens en Syrie, le r&#233;gime avait cr&#233;&#233; un d&#233;partement de s&#233;curit&#233; juste pour les contr&#244;ler...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personnellement, je refuse de travailler avec la gauche autoritaire qui aurait une position pro-Assad, quand bien m&#234;me elle participerait &#224; la solidarit&#233; avec les migrants. &#192; l'heure actuelle, je ne soutiens aucun des acteurs en Syrie : ni l'ASL, ni le YPG [milice kurde], ni &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; les djihadistes ou Assad. Tous se sont fourvoy&#233;s. Je peux &#233;ventuellement discuter avec des gens qui supportent les deux premiers groupes, pas avec les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'aime pas quand on me demande si je souhaite retourner un jour dans mon pays. D'abord, parce que je ne crois pas aux fronti&#232;res. Je pense que la Terre est un endroit pour tout le monde. Toutefois, si un miracle se produisait et que la dictature tombait, j'aimerais contribuer &#224; construire une soci&#233;t&#233; meilleure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Omar Aziz &#233;tait un des th&#233;oriciens des comit&#233;s locaux de coordination, bases d'auto-organisation de la r&#233;volution syrienne. Il est d&#233;c&#233;d&#233; dans les ge&#244;les du r&#233;gime en 2013. Razan Zaitouneh est une avocate et militante des droits de l'homme, disparue depuis le 9 d&#233;cembre 2013 &#224; Douma, probablement enlev&#233;e par les djihadistes de Jaych al-Islam.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Euphrate : la Turquie coupe le robinet</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Euphrate-la-Turquie-coupe-le</link>
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		<dc:date>2018-10-02T09:00:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Depuis d&#233;cembre 2015, la Turquie, qui a la haute main sur le cours de l'Euphrate, a rompu l'accord qui la liait &#224; la Syrie voisine. En r&#233;duisant le d&#233;bit du fleuve, elle y provoque s&#233;cheresse et p&#233;nurie d'&#233;lectricit&#233;. Dans le viseur ? Le projet d'&#233;mancipation port&#233; par la F&#233;d&#233;ration d&#233;mocratique de Syrie du Nord. &#171; Tout &#233;tait vert avant... &#187;, soupire un jeune paysan de Sawidiyah, petit village syrien sur les bords de l'Euphrate, &#224; proximit&#233; du gigantesque barrage de Tabqa. &#171; Nous sommes en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/barrages" rel="tag"&gt;barrages&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis d&#233;cembre 2015, la Turquie, qui a la haute main sur le cours de l'Euphrate, a rompu l'accord qui la liait &#224; la Syrie voisine. En r&#233;duisant le d&#233;bit du fleuve, elle y provoque s&#233;cheresse et p&#233;nurie d'&#233;lectricit&#233;. Dans le viseur ? Le projet d'&#233;mancipation port&#233; par la F&#233;d&#233;ration d&#233;mocratique de Syrie du Nord.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2573 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-838-89709.jpg?1782641226' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yann Renoult.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tout &#233;tait vert avant...&lt;/i&gt; &#187;, soupire un jeune paysan de Sawidiyah, petit village syrien sur les bords de l'Euphrate, &#224; proximit&#233; du gigantesque barrage de Tabqa. &#171; &lt;i&gt; Nous sommes en avril, on devrait normalement &#234;tre en pleine r&#233;colte. Sauf que rien n'a pouss&#233;, &#224; cause de la Turquie qui retient l'eau et emp&#234;che la production d'&#233;lectricit&#233;. C'est une catastrophe : ici, tout est li&#233; au secteur agricole. S'il n'y a pas d'agriculture, il n'y a plus de travail.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour de lui, les vastes plaines sont arides. Seules quelques rares parcelles verdoyantes rompent l'&#233;tendue marron clair de terre aride qui s'&#233;tend loin &#224; l'horizon. &#171; &lt;i&gt;Les alentours de Rakka sont longtemps rest&#233;s d&#233;sertiques. Mais la cr&#233;ation du barrage sur l'Euphrate a tout chang&#233; et les conditions de vie des habitant.e.s. se sont am&#233;lior&#233;es. Un vrai espoir pour la soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; &#187;, explique Ahmad Soulayman, responsable du secteur &#233;conomique de la ville de Tabqa. L'homme se penche, saisit une poign&#233;e de jeunes pousses devenues des brindilles cassantes, qu'il effrite dans sa main. Et de poursuivre : &#171; &lt;i&gt;Le niveau de l'eau est d&#233;sormais beaucoup trop bas. C'est la s&#233;cheresse. Et cela impacte aussi la production d'&#233;lectricit&#233;. Cons&#233;quence : l'irrigation va s'arr&#234;ter, car les pompes &#233;lectriques ne peuvent plus fonctionner. Tout comme les stations d'eau potable. On va &#234;tre oblig&#233;s d'aller chercher de l'eau ailleurs pour remplir des citernes plac&#233;es dans les villages n'ayant pas de r&#233;serve. Et bien s&#251;r, tout &#231;a provoque une chute des revenus et une d&#233;gradation du niveau de vie des habitants.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Accord rompu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Haut du barrage de Tabqa. Devant nous, en contrebas, serpente l'Euphrate. Il appara&#238;t comme un ruban bleu bord&#233; de vert d&#233;chirant les terres d&#233;sertiques qui l'entourent. Responsable des trois barrages sur l'Euphrate (Al Hurriyah, Tishrin et Tabqa), Mohammed Tarboush explique les raisons de la p&#233;nurie d'eau : &#171; &lt;i&gt;Selon les accords internationaux, le d&#233;bit du fleuve devrait &#234;tre de 500 m&#232;tres cubes par seconde. Mais la Turquie n'en laisse d&#233;sormais plus passer que 200 m&#232;tres cubes. Voire parfois 100...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La limitation du d&#233;bit date du 27 d&#233;cembre 2015, quand Daesh a perdu le contr&#244;le du barrage de Tishrin. La Turquie en a profit&#233; pour cesser de respecter l'accord sign&#233; en 1987 avec la Syrie, dans lequel elle s'engageait &#224; laisser couler 500 m&#232;tres cubes par seconde, sauf en cas de &#171; n&#233;cessit&#233; &#187;. &#192; l'&#233;poque d&#233;j&#224;, la Turquie mena&#231;ait d'agir sur le d&#233;bit du fleuve si la Syrie maintenait son soutien au PKK. Elle a depuis mis sa menace &#224; ex&#233;cution, pour contrer l'essor &#224; ses fronti&#232;res du projet politique th&#233;oris&#233; par le leader emprisonn&#233; du PKK, Abdullah &#214;calan, et dont les piliers se veulent la vie d&#233;mocratique, l'&#233;mancipation des femmes et l'&#233;cologie. Et personne ne peut rien y faire : &#171; &lt;i&gt;En tant que pays riverain du cours sup&#233;rieur de l'Euphrate, la Turquie contribue &#224; raison de 94 % au d&#233;bit du fleuve et la Syrie seulement &#224; raison de 4 %&lt;/i&gt; &#187;, expliquait Fran&#231;oise Rollan en 2005&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Confluences M&#233;diterran&#233;e n&#176; 52, janvier 2005, &#233;ditions de L'Harmattan.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2574 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-839-d8ac5.jpg?1782641227' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yann Renoult.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Barrages endommag&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le faible d&#233;bit du fleuve, on l'a dit, limite la production &#233;lectrique. &#171; &lt;i&gt;Il n'est pas possible d'avoir du courant 24 heures sur 24, car le d&#233;bit du fleuve, venant de Turquie, n'est ni stable ni suffisant,&lt;/i&gt; pr&#233;cise Mohammad Hamoud, ing&#233;nieur en &#233;lectricit&#233; au barrage de Tishrin. &lt;i&gt;Alors que si ces deux conditions &#233;taient remplies, nous pourrions gr&#226;ce aux trois barrages g&#233;n&#233;rer assez de courant pour alimenter tout le Nord de la Syrie, voire, la moiti&#233; du pays.&lt;/i&gt; &#187; Cons&#233;quence de cette p&#233;nurie : dans les grandes villes du nord, le vacarme et les fum&#233;es &#226;cres des g&#233;n&#233;rateurs, qui pallient l'insuffisance de la production &#233;lectrique, polluent l'atmosph&#232;re plusieurs heures par jour &#8211; avec des cons&#233;quences sur la sant&#233; publique qui restent &#224; &#233;valuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre probl&#232;me : les barrages ont &#233;t&#233; endommag&#233;s lors des combats entre Daesh et les Forces d&#233;mocratiques syriennes. &#192; Tishrin et &#224; Tabqa, les murs cribl&#233;s d'impacts et les plafonds effondr&#233;s t&#233;moignent de la violence des combats. &#171; &lt;i&gt;Quand les gens de Daesh sont partis, ils ont tent&#233; d'incendier la salle de contr&#244;le, le c&#339;ur du barrage,&lt;/i&gt; raconte l'ing&#233;nieur.&lt;i&gt; Nous l'avons remise en &#233;tat. Mais nous manquons de pi&#232;ces de rechange pour r&#233;parer les turbines &#8211; il n'est possible d'en trouver qu'en Europe ou en Chine.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2572 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-837-9d95f.jpg?1782641227' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yann Renoult.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; Tabqa, deux turbines sur huit fonctionnent. Et &#224; Tishrin une (et parfois deux) sur six, mais seulement douze heures par jour. D'o&#249; de fr&#233;quentes coupures d'&#233;lectricit&#233;, qui ont un effet d&#233;vastateur sur l'agriculture : &#171; &lt;i&gt;L'irrigation et les stations d'eau potable cessent de fonctionner, puisque les pompes &#233;lectriques s'arr&#234;tent&lt;/i&gt;, insiste Ahmed Soulayman. &lt;i&gt;Dans la r&#233;gion de Rakka, 113 000 hectares de terres agricoles souffrent ainsi du manque d'eau. Et les r&#233;gions de Deir-ez-Zor, Alep et Idleb sont elles aussi affect&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Repenser le mod&#232;le agricole&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne rien arranger, &#171; &lt;i&gt;il n'a presque pas plu cette ann&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, souligne Abou Haydar, qui cultive des terres autour de Sawadiyah. &#192; c&#244;t&#233; de lui, Abou Fareer, exploitant agricole, laisse &#233;clater sa col&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Toutes les activit&#233;s agricoles se sont arr&#234;t&#233;es&#8230; C'est un scandale ! L'eau ne devrait pas &#234;tre utilis&#233;e comme arme dans un conflit politique ou une guerre. La d&#233;cision turque ne punit pas les partis politiques, mais les citoyens. Ainsi que la faune, la flore et l'agriculture. Aujourd'hui, tout est dess&#233;ch&#233;, ass&#233;ch&#233;, d&#233;truit &#8211; les hommes comme les champs.&lt;/i&gt; &#187; Alors, que faire ? &#171; &lt;i&gt;Rien, sinon en appeler au droit international&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pondent Mohammed Tarboush et Ahmed Souleyman. Une impuissance qui souligne, au-del&#224; de l'urgence actuelle, la n&#233;cessit&#233; de repenser la production agricole &#8211; un des d&#233;fis &#224; long terme que doit relever l'administration autonome de la F&#233;d&#233;ration d&#233;mocratique de Syrie du Nord. Le mod&#232;le de monoculture intensive, encourag&#233; par le r&#233;gime Assad depuis des dizaines d'ann&#233;es, n'est pas adapt&#233; aux r&#233;gions d&#233;sertiques, car il consomme &#233;norm&#233;ment d'eau et demande une irrigation permanente. Le changement de paradigme prendra du temps. D'ici l&#224;, il semble peu probable que la Turquie, qui cherche &#224; d&#233;stabiliser l'administration autonome, fasse le moindre geste d'apaisement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Confluences M&#233;diterran&#233;e&lt;/i&gt; n&#176; 52, janvier 2005, &#233;ditions de L'Harmattan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les br&#232;ves du n&#176;144</title>
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		<dc:date>2018-08-12T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD, Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Chien m&#233;chant</dc:subject>
		<dc:subject>En bref</dc:subject>
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		<dc:subject>Kurdistan syrien</dc:subject>
		<dc:subject>BHL s'incruste</dc:subject>
		<dc:subject>kurdes irakiens</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sur l'auto-divan Quand BHL s'incruste chez les Kurdes &#201;cart&#233;s de toutes les n&#233;gociations sur l'avenir de la Syrie, les Kurdes du Rojava, men&#233;s par le PYD (parti de l'Union d&#233;mocratique) ont proclam&#233;, le 16 mars 2016, la cr&#233;ation de facto d'une f&#233;d&#233;ration du nord de la Syrie, &#171; sur une base territoriale et non ethnique &#187;, d&#233;cision qui rend furax aussi bien le r&#233;gime d'el-Assad que l'opposition syrienne ou la Turquie d'Erdogan. La France ne reconna&#238;t pas non plus la l&#233;gitimit&#233; des Kurdes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no144-juin-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;144 (juin 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chien-mechant-7" rel="tag"&gt;Chien m&#233;chant&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur l'auto-divan&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2354 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH526/-626-6019e.jpg?1782641247' width='400' height='526' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Soulci&#233;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand BHL s'incruste chez les Kurdes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#201;cart&#233;s de toutes les n&#233;gociations sur l'avenir de la Syrie, les Kurdes du Rojava, men&#233;s par le PYD (parti de l'Union d&#233;mocratique) ont proclam&#233;, le 16 mars 2016, la cr&#233;ation de facto d'une f&#233;d&#233;ration du nord de la Syrie, &#171; &lt;i&gt;sur une base territoriale et non ethnique&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;cision qui rend furax aussi bien le r&#233;gime d'el-Assad que l'opposition syrienne ou la Turquie d'Erdogan. La France ne reconna&#238;t pas non plus la l&#233;gitimit&#233; des Kurdes syriens, son &#171; &lt;i&gt;&#8239;seul interlocuteur l&#233;gitime&lt;/i&gt; &#187; restant la Coalition nationale syrienne. Pourtant, le 23&#8239;mai 2016, un bureau de repr&#233;sentation du Kurdistan syrien (Rojava) s'est ouvert &#224; Paris. Lors de l'inauguration, on a pu voir s'incruster Bernard Henri-Levy&#8230; ce qui suscita un certain embarras. Personne ne voulait figurer sur la photo avec le poseur germanopratin, qui veut faire ami-ami avec les Kurdes. En effet, l'intellectuel va-t-en-guerre, auteur de &lt;i&gt;Peshmergas,&lt;/i&gt; film &#224; la gloire des combattants kurdes irakiens, est le soutien officiel du clan Barzani, pouvoir corrompu et alli&#233; &#224; la Turquie, qui n'est pas franchement copain avec le PYD syrien et le PKK turc. Un vrai boulet ce BHL !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Made in Police&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2353 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH490/-625-02339.jpg?1782641247' width='400' height='490' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lasserpe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Out damned spot !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Selon des sources concordantes, c'est le leitmotiv qu'entonnerait Lady Macbeth-Cazeneuve errant dans les couloirs du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur apr&#232;s qu'une autre grenade, de d&#233;sencerclement celle-ci, a plong&#233; Romain, un journaliste ind&#233;pendant, dans le coma, le 26&#8239;mai dernier. Mais, &#224; l'instar de l'h&#233;ro&#239;ne de Shakespeare, ses impr&#233;cations suffiront-elles &#224; laver tout le sang qui lui rougit les mains ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;A plein gaz&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2351 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH242/-623-7e5f7.jpg?1782641247' width='400' height='242' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nicolas de la Casini&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sous les bruits de bottes, les merdes de chien&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour Robert M&#233;nard, maire de B&#233;ziers, c'est clair : la France est occup&#233;e. C'est en ce sens qu'il a choisi la date du 27&#8239;mai, Journ&#233;e nationale de la R&#233;sistance, pour lancer son raout des droites extr&#234;mes. Plumitifs de l'islamophobe &lt;i&gt;Valeurs actuelles&lt;/i&gt;, aboyeurs du FN, pros&#233;lytes de la race, les tables rondes se sont multipli&#233;es pour &#171; &lt;i&gt;cr&#233;er une synergie&lt;/i&gt; &#187; en vue des prochaines l&#233;gislatives et pr&#233;sidentielles. Malgr&#233; le claquage de porte de Marion Mar&#233;chal-nous-voil&#224; Le Pen, l'&#233;dile biterrois a pu concr&#233;tiser la cr&#233;ation de son mouvement : &#171; Oz' ta droite &#187;. &#171; &lt;i&gt;M&#233;nard r&#233;&#233;crit l'histoire en r&#233;cup&#233;rant les figures de Jean Moulin et de Jean Jaur&#232;s et veut cr&#233;er un &#8220;Podemos de droite&#8221;&lt;/i&gt; &#187;, analyse David, membre du contre-journal &lt;i&gt;Envie &#224; B&#233;ziers&lt;/i&gt;. L'ambition m&#233;nardienne : &#171; &lt;i&gt;un mouvement citoyen mais avec des marqueurs de droite.&lt;/i&gt; &#187; Pour les dubitatifs, pri&#232;re de se r&#233;f&#233;rer &#224; la derni&#232;re saillie m&#233;diatique du maire : le fichage ADN des cl&#233;bards afin de verbaliser automatiquement les proprios des b&#234;tes en cas de d&#233;jections intempestives. Le fascisme est une motocrotte comme les autres.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La fin du grand myst&#232;re&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2350 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH554/-622-13d71.jpg?1782641247' width='400' height='554' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Aurel.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au taf, tas de feignasses !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le social allemand a d&#233;finitivement une longueur d'avance en Europe. Que faire des milliers de r&#233;fugi&#233;s g&#233;n&#233;reusement accueillis par Angela Merkel ? En employer certains pour 84&#8239;euros par mois &#224; s'occuper de leurs cong&#233;n&#232;res dans les centres d'h&#233;bergement d'urgence mis &#224; leur disposition. Bien entendu, cette mission d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral est salu&#233;e par une partie de la presse fran&#231;aise car elle permet de combattre l'ennui et l'assistanat sur le mod&#232;le des jobs &#224; un euro qui, rappelons-le, ont contribu&#233; &#224; asseoir la comp&#233;titivit&#233; de l'&#233;conomie germanique sur 20&#8239;% de travailleurs pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#202;tre une lumi&#232;re&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2352 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH510/-624-2345e.jpg?1782641247' width='400' height='510' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pirikk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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