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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Apr&#232;s les morts &#233;crabouill&#233;s, la confiance r&#233;tablie</title>
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		<dc:date>2014-06-19T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Olivier Cyran</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;&#171; La crise vue comme une opportunit&#233; &#187;, titrait avec allant le principal quotidien anglophone du Bangladesh &#224; l'occasion du premier anniversaire de l'effondrement du Rana Plaza (The Daily Star, 25/04/14). Un an apr&#232;s la pire tuerie jamais commise dans l'histoire de l'industrie textile (1 135 morts, 2 500 bless&#233;s, une centaine de disparus), les milieux d'affaires de Dacca c&#233;l&#232;brent leur optimisme retrouv&#233;. Les carnets de commande sont pleins, de San Diego &#224; Montlu&#231;on le &#171; made in Bangladesh &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no122-mai-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;122 (mai 2014)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La crise vue comme une opportunit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, titrait avec allant le principal quotidien anglophone du Bangladesh &#224; l'occasion du premier anniversaire de l'effondrement du Rana Plaza (&lt;i&gt;The Daily Star,&lt;/i&gt; 25/04/14). Un an apr&#232;s la pire tuerie jamais commise dans l'histoire de l'industrie textile (1 135 morts, 2 500 bless&#233;s, une centaine de disparus), les milieux d'affaires de Dacca c&#233;l&#232;brent leur optimisme retrouv&#233;. Les carnets de commande sont pleins, de San Diego &#224; Montlu&#231;on le &#171; &lt;i&gt;made in Bangladesh&lt;/i&gt; &#187; inonde les rayons des marchands de frusques. La hantise du boycott n'a pas r&#233;sist&#233; &#224; l'int&#233;r&#234;t bien compris du consommateur occidental. Bonne f&#233;e, la crise qui frappe les pays riches rend toujours plus irrempla&#231;ables les petites fourmis &#171; &lt;i&gt;low cost&lt;/i&gt; &#187; qui s'&#233;chinent au bout du monde dans leurs sarcophages v&#233;tustes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1077 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH436/p03-bangladesh-remi-2-9ea6a.jpg?1782643431' width='400' height='436' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Pour le patronat bangladais, ce regain de forme marque l'aboutissement des r&#233;formes cosm&#233;tiques adopt&#233;es aux lendemains de la catastrophe. Hausse mirobolante du salaire minimum (&#224; 50 euros par mois), reconnaissance des droits syndicaux (sur le papier), embauche de deux cents inspecteurs pour v&#233;rifier la &#171; conformit&#233; &#187; des cinq mille usines textiles du pays (et d&#233;livrer des certificats de bonne conduite &#224; leurs propri&#233;taires) : de la poudre aux yeux pour ass&#233;cher les larmes des crocodiles et stimuler leur fringale. &#171; &lt;i&gt;Les horribles d&#233;bris des huit &#233;tages du Rana Plaza ont donn&#233; le jour &#224; des changements constructifs qui vont assurer un avenir radieux &#224; tout le secteur&lt;/i&gt; &#187;, exulte le &lt;i&gt;Daily Star&lt;/i&gt;. Interrog&#233; par le journal, le directeur ex&#233;cutif des op&#233;rations au Bangladesh pour le compte de l'Organisation internationale du travail (OIT), un certain Rob Wayss, pr&#233;dit lui aussi un &#171; &lt;i&gt; impact positif des inspections, qui devraient accro&#238;tre la confiance des acheteurs internationaux dans les produits bangladais&lt;/i&gt; &#187;. Peu importe si les commanditaires du Rana Plaza se foutent de leurs victimes comme de leur premier b&#233;nard : aux mortes ensevelies, aux survivantes bris&#233;es et &#224; leurs familles d&#233;sormais sans ressources, Auchan, Carrefour et Benetton refusent de verser un centime de d&#233;dommagement, tandis que Wal-Mart, Gap, Mango, Cama&#239;eu et les autres n'ont distribu&#233; que des miettes &#8211; 15 millions de dollars au total, trois fois moins que l'aum&#244;ne r&#233;clam&#233;e par les ONG. Les multinationales peuvent cracher dans la main qui les nourrit, la seule chose qu'on leur demande, c'est leur confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la confiance a un prix. Comme l'a calcul&#233; l'exportateur Rubana Huq, le patron d'une petite usine qui aurait l'id&#233;e saugrenue de respecter les normes de s&#233;curit&#233; devrait s'acquitter en moyenne de 132 000 dollars en frais de r&#233;novation et &#224; peu pr&#232;s autant pour pr&#233;venir les risques d'incendie. Dans l'hypoth&#232;se d'une production annuelle de 1,4 million de chemises, une telle d&#233;pense lui imposerait de porter le tarif de ses nippes &#224; 4,19 dollars pi&#232;ce, soit une majoration de 29 cents. Impensable, car &#171; &lt;i&gt;nos acheteurs &#233;trangers ne sont pas pr&#234;ts &#224; payer davantage&lt;/i&gt; &#187; &#8211; mani&#232;re polie d'indiquer qu'en r&#233;alit&#233; les multinationales exigent des produits toujours moins chers. Le prix de la confiance, c'est de compter pour du beurre les fac&#233;ties internationales sur la s&#233;curit&#233;. Et d'attendre tranquillou la prochaine horreur industrielle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre des mondes de pauvres</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-guerre-des-mondes-de-pauvres</link>
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		<dc:date>2014-04-23T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Cyran</dc:creator>


		<dc:subject>Pirikk</dc:subject>
		<dc:subject>Made in Bangladesh</dc:subject>
		<dc:subject>Rana Plaza</dc:subject>
		<dc:subject>Daily Star</dc:subject>
		<dc:subject>Bangladesh</dc:subject>
		<dc:subject>d'admirablement coh&#233;rent</dc:subject>
		<dc:subject>libre-&#233;change</dc:subject>
		<dc:subject>coh&#233;rent qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>accords</dc:subject>
		<dc:subject>Bangladesh scrute</dc:subject>
		<dc:subject>Bangladesh n'est</dc:subject>
		<dc:subject>monde autour</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le r&#232;gne du libre-&#233;change a ceci d'admirablement coh&#233;rent qu'il ne se contente pas d'orchestrer la guerre des pauvres &#224; l'&#233;chelle des individus. La mise en concurrence de chacun contre tout le monde autour de l'os &#224; ronger des emplois d&#233;localisables ne s'acharne pas seulement sur les travailleurs du premier monde et les for&#231;ats d'Asie, d'Afrique du Nord ou d'Europe de l'Est : elle attise aussi les rivalit&#233;s entre pays &#171; low cost &#187;. Depuis quelques mois, le gouvernement du Bangladesh scrute (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bangladesh" rel="tag"&gt;Bangladesh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-admirablement-coherent" rel="tag"&gt;d'admirablement coh&#233;rent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/libre-echange" rel="tag"&gt;libre-&#233;change&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/coherent-qu-il" rel="tag"&gt;coh&#233;rent qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/accords" rel="tag"&gt;accords&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bangladesh-scrute" rel="tag"&gt;Bangladesh scrute&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bangladesh-n-est" rel="tag"&gt;Bangladesh n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde-autour" rel="tag"&gt;monde autour&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le r&#232;gne du libre-&#233;change a ceci d'admirablement coh&#233;rent qu'il ne se contente pas d'orchestrer la guerre des pauvres &#224; l'&#233;chelle des individus. La mise en concurrence de chacun contre tout le monde autour de l'os &#224; ronger des emplois d&#233;localisables ne s'acharne pas seulement sur les travailleurs du premier monde et les for&#231;ats d'Asie, d'Afrique du Nord ou d'Europe de l'Est : elle attise aussi les rivalit&#233;s entre pays &#171; &lt;i&gt;low cost&lt;/i&gt; &#187;. Depuis quelques mois, le gouvernement du Bangladesh scrute avec consternation les accords de libre-&#233;change que l'Union europ&#233;enne est en train de n&#233;gocier dans son dos avec l'Inde et le Vietnam. S'ils aboutissent, ces accords ouvriront les vannes aux exportations de textile indien et vietnamien &#224; destination du march&#233; europ&#233;en. Pour le Bangladesh, qui &#233;coule 65 % de sa production de liquettes vers l'Europe, les cons&#233;quences seraient &#233;videmment calamiteuses. &#171; &lt;i&gt; Nous risquons de perdre une bonne partie de nos b&#233;n&#233;fices &#224; l'exportation&lt;/i&gt; &#187;, s'alarme le &lt;i&gt;Daily Star&lt;/i&gt;, un quotidien bangladais proche du pouvoir. Lequel pr&#233;dit, sur la foi d'un calcul d'une pr&#233;cision &#233;sot&#233;rique, une &#171; &lt;i&gt;chute du produit int&#233;rieur brut de 0,27 %&lt;/i&gt; &#187; (05/03/14).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les zombies de Bruxelles objecteront que ce n'est que justice : le Bangladesh b&#233;n&#233;ficie d&#233;j&#224; d'un trait&#233; de libre-&#233;change avec l'UE, qui l'autorise &#224; ravitailler Carrefour, H&amp;M ou Benetton sans payer un sou de taxes douani&#232;res. En vertu de quoi le pays des usines tueuses occupe la deuxi&#232;me place &#8211; apr&#232;s la Chine &#8211; au rang des plus gros fournisseurs de fringues de la France. Pourquoi l'Inde et le Vietnam, deux de ses plus redoutables concurrents sur le march&#233; mondial du textile, n'auraient-ils pas droit eux aussi &#224; la munificence lib&#233;rale du club europ&#233;en ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les f&#233;ticheurs bruxellois sont d&#233;cid&#233;ment d'impayables farceurs. En juillet 2013, trois mois apr&#232;s le massacre du Rana Plaza (plus de mille cent ouvri&#232;res bangladaises mortes &#233;crabouill&#233;es dans l'effondrement de leur usine), le commissaire europ&#233;en au commerce, Karel de Gucht, lan&#231;ait en grande pompe un &#171; &lt;i&gt;pacte sur la durabilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; visant &#224; &#171; &lt;i&gt;soutenir le Bangladesh dans ses efforts&lt;/i&gt; [pour] &lt;i&gt;&#233;viter une autre trag&#233;die comme celle du Rana Plaza&lt;/i&gt; &#187;. Tu parles d'un soutien. En multipliant les accords de libre-&#233;change qui d&#233;r&#233;gulent davantage encore le champ de bataille plan&#233;taire du pr&#234;t-&#224;-porter, l'UE alourdit la pression sur le secteur textile au Bangladesh &#8211; la premi&#232;re ressource du pays &#8211; et contribue indirectement &#224; rendre plus infernales les conditions de travail de ses quatre &#224; cinq millions d'ouvri&#232;res. Le gouvernement et le patronat bangladais peuvent bien claironner qu'ils ont recrut&#233; deux cents inspecteurs pour veiller &#224; la s&#233;curit&#233; dans les usines, histoire de faire joli dans les brochures des communicants, personne au Bangladesh n'est dupe. &#171; &lt;i&gt;Si nous n'am&#233;liorons pas notre comp&#233;titivit&#233;, nos clients risquent de se d&#233;tourner du Bangladesh pour se reporter sur la concurrence indienne&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume un exportateur dans le &lt;i&gt;Financial Express&lt;/i&gt;, le quotidien d'affaires de Dacca (04/03/14). En somme, l'UE se comporte comme les multinationales dont elle d&#233;fend les actionnaires : on se gomine la langue de &#171; chartes &#233;thiques &#187; et de &#171; durabilit&#233; &#187; tout en s'employant &#224; &#233;craser les prix. Et les ouvri&#232;res qui vont avec.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_999 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH405/actu-segmentation-fd1b2.jpg?1782652010' width='400' height='405' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pirikk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Un droit syndical pour rire</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Un-droit-syndical-pour-rire</link>
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		<dc:date>2014-03-21T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Cyran</dc:creator>


		<dc:subject>Charmag</dc:subject>
		<dc:subject>Made in Bangladesh</dc:subject>
		<dc:subject>Rana Plaza</dc:subject>
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		<dc:subject>millions d'ouvri&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>bangladais seraient</dc:subject>
		<dc:subject>seraient scrupuleusement</dc:subject>
		<dc:subject>Sheikha Hassina</dc:subject>
		<dc:subject>droits syndicaux</dc:subject>
		<dc:subject>Croix</dc:subject>
		<dc:subject>textile bangladais</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Croix de bois, croix de fer, la promesse avait &#233;t&#233; solennellement proclam&#233;e apr&#232;s le massacre du Rana Plaza en avril 2013 : dor&#233;navant, les droits syndicaux des quatre millions d'ouvri&#232;res du textile bangladais seraient scrupuleusement respect&#233;s. Sur l'air de &#171; plus jamais &#231;a &#187;, le patronat local, les g&#233;ants occidentaux du pr&#234;t-&#224;-porter et le r&#233;gime notoirement corrompu de la Premi&#232;re ministre Sheikha Hassina juraient que les quelque mille cent travailleuses &#233;crabouill&#233;es dans l'effondrement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Made-in-Bangladesh" rel="tag"&gt;Made in Bangladesh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rana-Plaza" rel="tag"&gt;Rana Plaza&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/scrupuleusement-respectes" rel="tag"&gt;scrupuleusement respect&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/solennellement-proclamee" rel="tag"&gt;solennellement proclam&#233;e&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/seraient-scrupuleusement" rel="tag"&gt;seraient scrupuleusement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sheikha-Hassina" rel="tag"&gt;Sheikha Hassina&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/textile-bangladais" rel="tag"&gt;textile bangladais&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Croix de bois, croix de fer, la promesse avait &#233;t&#233; solennellement proclam&#233;e apr&#232;s le massacre du &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Juste-un-accident-au-Bangladesh&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rana Plaza&lt;/a&gt; en avril 2013 : dor&#233;navant, les droits syndicaux des quatre millions d'ouvri&#232;res du textile bangladais seraient scrupuleusement respect&#233;s. Sur l'air de &#171; plus jamais &#231;a &#187;, le patronat local, les g&#233;ants occidentaux du pr&#234;t-&#224;-porter et le r&#233;gime notoirement corrompu de la Premi&#232;re ministre Sheikha Hassina juraient que les quelque mille cent travailleuses &#233;crabouill&#233;es dans l'effondrement de leur usine n'&#233;taient pas mortes en vain. Pas moyen d'ignorer les nombreux t&#233;moignages qui &#233;tablissaient que la pr&#233;sence d'un syndicat au Rana Plaza aurait peut-&#234;tre am&#233;lior&#233; les chances des trimardeuses de faire valoir le droit de retrait qu'elles avaient r&#233;clam&#233; quelques jours avant l'accident, effray&#233;es par les fissures de plus en plus b&#233;antes qui l&#233;zardaient leur cage &#224; coudre. Le d&#233;labrement de l'usine, la sourde oreille de ses propri&#233;taires et la cupidit&#233; de leurs clients &#233;trangers &#8211; Carrefour, Cama&#239;eu, C&amp;A, Bonmarch&#233;, Wal-Mart, Primark&#8230; &#8211;, qui s'accommodaient gaiement des risques mortels encourus par leur main-d'&#339;uvre bangladaise, ne sont pas seuls en cause : la privation des droits syndicaux tue elle aussi tr&#232;s efficacement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 2013, le Bangladesh ratifiait en grande pompe les conventions 87 et 98 de l'Organisation internationale du travail (OIT) relatives aux libert&#233;s syndicales. De son c&#244;t&#233;, le tout-puissant lobby des employeurs du textile (BGMEA) assurait que les entraves aux droits du travailleur appartenaient au pass&#233;. Allez savoir pourquoi, cette annonce historique n'a pas soulev&#233; une explosion de joie. Le consommateur du Premier monde pouvait bien se poudrer d'un zeste de bonne conscience en se fringuant &#171; made in Bangladesh &#187;, les couturi&#232;res &#224; 30 euros par mois ne cachaient pas leur scepticisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mois plus tard, la grande avanc&#233;e sociale tournait d&#233;j&#224; &#224; l'entourloupe. &#171; &lt;i&gt; Le processus bureaucratique pour l'agr&#233;ment d'un syndicat est long et sem&#233; d'emb&#251;ches, ce qui laisse le temps aux employeurs de harceler le personnel tent&#233; d'y adh&#233;rer &lt;/i&gt; &#187;, constatait Kalpana Akter, une responsable du Centre pour la solidarit&#233; des travailleurs. La loi est bien faite : pour d&#233;clarer un syndicat, ses fondateurs doivent se pr&#233;valoir du soutien de 30 % du personnel de l'entreprise. Comment r&#233;unir autant de camarades quand l'angoisse de perdre son gagne-pain reste intacte ? Les plus courageux le paient cash : &#171; &lt;i&gt;Des douzaines de travailleurs viennent de perdre leur emploi dans plusieurs usines parce qu'ils tentaient de monter un syndicat&lt;/i&gt; &#187;, expliquait fin ao&#251;t un dirigeant du syndicat BNGWEL dans le &lt;i&gt;Dhaka Tribune&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'a chang&#233; dans les oubliettes du pr&#234;t-&#224;-porter. D&#233;but f&#233;vier, l'ONG Human Rights Watch, apr&#232;s enqu&#234;te dans vingt et une usines, publiait un rapport d&#233;taillant le co&#251;t des libert&#233;s syndicales dans le textile au Bangladesh : menaces, insultes, licenciements sans solde, ouvri&#232;res agress&#233;es sexuellement ou battues par des malfrats &#224; la solde des patrons. Le Front national, qui a choisi le Bangladesh pour la confection de ses T-shirts &#171; Les gars de la Marine &#187;, peut donc se rassurer : le droit syndical, c'&#233;tait juste pour la frime.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_966 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH492/p05-bangla-f8d8d.jpg?1782644273' width='400' height='492' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Charmag.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Illustr&#233; par &lt;a href=&#034;http://charmag.canalblog.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Charmag&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Juste un accident au Bangladesh</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Cyran</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#171; La p&#234;che aux cadavres n'a pas de fin &#187;, titrait le quotidien bangladais The Daily Star le 8 mai. Deux semaines apr&#232;s l'effondrement du Rana Plaza, un b&#226;timent ill&#233;gal et branlant qui renfermait trois usines de pr&#234;t-&#224;-porter &#224; destination du march&#233; europ&#233;en, la pire h&#233;catombe dans l'histoire industrielle du Bangladesh continuait jour apr&#232;s jour de battre ses propres records. Au 9 mai, le bilan des corps retir&#233;s des d&#233;combres atteignait les neuf cent trente. Au comptage des ouvri&#232;res (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; La p&#234;che aux cadavres n'a pas de fin &#187;, titrait le quotidien bangladais &lt;i&gt;The Daily Star&lt;/i&gt; le 8 mai. Deux semaines apr&#232;s l'effondrement du Rana Plaza, un b&#226;timent ill&#233;gal et branlant qui renfermait trois usines de pr&#234;t-&#224;-porter &#224; destination du march&#233; europ&#233;en, la pire h&#233;catombe dans l'histoire industrielle du Bangladesh continuait jour apr&#232;s jour de battre ses propres records. Au 9 mai, le bilan des corps retir&#233;s des d&#233;combres atteignait les neuf cent trente. Au comptage des ouvri&#232;res &#233;crabouill&#233;es s'ajoute &#224; pr&#233;sent le recensement des sauveteurs pr&#233;cipit&#233;s dans le charnier. Omar Faruq, un b&#233;n&#233;vole de 26 ans venu comme tant d'autres fouiller &#224; mains nues dans les d&#233;bris, a perdu la raison &#224; force d'impuissance : emmen&#233; &#224; l'h&#244;pital, il s'est suicid&#233; le 7 mai. &#171; &lt;i&gt;Les cris des survivantes pi&#233;g&#233;es dans le b&#233;ton le hantaient depuis le d&#233;but des op&#233;rations de secours. Il n'en pouvait plus&lt;/i&gt; &#187;, raconte son &#233;pouse. Un autre sauveteur est mort sous les gravats : ouvrier lui-m&#234;me, Kaikobad s'&#233;tait d&#233;men&#233; cinq jours de suite pour sauver des vies avant de perdre la sienne dans l'explosion d'une conduite de gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, les grossistes de la sape &#171; &lt;i&gt;low-cost&lt;/i&gt; &#187; s'inqui&#232;tent pour leur image. Les &#233;tiquettes retrouv&#233;es dans les restes du Rana Plaza incriminent entre autres Mango, Benetton et Carrefour. Le g&#233;ant fran&#231;ais de la grande distribution comptait d&#233;j&#224; parmi les clients de Tuba Group, une soci&#233;t&#233; bangladaise propri&#233;taire de l'usine Tazreen Fashions, dont l'incendie avait fait au moins cent douze morts en novembre dernier. D&#233;clinant toute responsabilit&#233;, Carrefour s'en remet &#224; son plan de com' &#171; social et &#233;thique &#187; pour circonscrire la boulette et continuer &#224; se fournir en t-shirts &#224; 1,20 euro pi&#232;ce confectionn&#233;s par des couturi&#232;res pay&#233;es 30 euros par mois. Il peut aussi compter sur le gouvernement de Dacca et son donneur d'ordres &#233;conomique, l'Association des manufacturiers et exportateurs de textile du Bangladesh (BGMEA) : le tout puissant syndicat patronal a convoqu&#233; les m&#233;dias locaux d&#233;but mai pour les appeler &#224; &#171; &lt;i&gt;plus de retenue&lt;/i&gt; &#187; dans la couverture du massacre, histoire de ne pas rebuter le client. Comme dit le ministre bangladais des Finances, Abul Maal Abdul Muhith, interrog&#233; le 4 mai &#224; propos du Rana Plaza : &#171; &lt;i&gt;Je ne pense pas que ce soit tr&#232;s s&#233;rieux. C'est juste un accident.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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