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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Vivre et tenir la rue</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; la t&#233;nacit&#233; de Mireille Cann et de l'association Vivre la rue, une impasse historique de Brest survit depuis 25 ans &#224; sa d&#233;molition programm&#233;e par la mairie et a vu s'ouvrir un champ de possibles. Ici c'est Brest. Ou plut&#244;t un quartier oubli&#233; du port de Brest. Non loin de Recouvrance, coinc&#233;e en contre-bas de l'arsenal et de l'ancienne prison de Pontaniou, la rue St-Malo, aurait pu dispara&#238;tre il y a vingt-cinq ans. Qui s'int&#233;ressait alors &#224; ces maisons, habit&#233;es au XVIIIe si&#232;cle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no122-mai-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;122 (mai 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; la t&#233;nacit&#233; de Mireille Cann et de l'association Vivre la rue, une impasse historique de Brest survit depuis 25 ans &#224; sa d&#233;molition programm&#233;e par la mairie et a vu s'ouvrir un champ de possibles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1085 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH216/p15-cabane-brest-a0072.jpg?1768816016' width='500' height='216' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;my Cattelain.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ici c'est Brest. Ou plut&#244;t un quartier oubli&#233; du port de Brest. Non loin de Recouvrance, coinc&#233;e en contre-bas de l'arsenal et de l'ancienne prison de Pontaniou, la rue St-Malo, aurait pu dispara&#238;tre il y a vingt-cinq ans. Qui s'int&#233;ressait alors &#224; ces maisons, habit&#233;es au XVIIIe si&#232;cle par des charpentiers de marine malouins, enfonc&#233;es dans un cul-de-sac en cuvette, &#224; ces vieilles pierres qui, pourtant, demeuraient les seuls vestiges du Brest historique, ant&#233;rieur au bombardement anglo-ricain de 1944 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1989, peu apr&#232;s la d&#233;saffection de la taule de Pontaniou, le bas de la rue St-Malo avait &#233;t&#233; expropri&#233; de ses vieux habitants dans le but de la d&#233;molir. Mireille, dite Mimi, d&#233;couvre alors ce coin paum&#233; de la rive gauche pour lequel elle conna&#238;t un &#171; &lt;i&gt;vrai coup de c&#339;ur&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;&#192; un mois pr&#232;s la rue aurait &#233;t&#233; d&#233;truite. J'ai d&#233;cid&#233; d'occuper une maison, la seule o&#249; il restait un robinet et une toiture. C'&#233;tait pourri de chez pourri, mais quel charme !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1086 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/p15-ruestmalo-f9e3b.jpg?1768650822' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;La rue p&#226;tit alors d'une r&#233;putation de coupe-gorge. Avec ses grands murs borgnes, c'est le lieu interlope de divers trafics r&#233;els ou fantasm&#233;s et aussi le lieu o&#249; des jeunes n&#233;o-nazis trouvaient l'espace pour exprimer leurs haineuses convictions. &#171; &lt;i&gt;Depuis on a transform&#233; les croix gamm&#233;es en fleurs&lt;/i&gt;, explique avec po&#233;sie Mimi. &lt;i&gt;Mais c'&#233;tait surtout un &#233;norme d&#233;potoir qu'on a mis deux ans &#224; d&#233;blayer.&lt;/i&gt; &#187; Malgr&#233; le vertige des travaux, Mimi r&#233;ussit &#224; projeter une vision sur cette rue qui ne ressemble &#224; aucune autre dans Brest, cette ville &#224; la fois d&#233;vast&#233;e par la guerre et par l'architecture froide et planifi&#233;e de l'urbaniste Jean-Baptiste Mathon. Sans droit ni titre, Mimi d&#233;cide de tenir la rue et de la faire vivre, en fondant l'association Vivre la rue : &#171; &lt;i&gt;L'impasse, o&#249; les voitures ne pouvaient pas circuler, avait la configuration id&#233;ale pour des spectacles de rue.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque, l'incompr&#233;hension de certains riverains face &#224; cette d&#233;termination &#224; vouloir habiter un coin paum&#233; que tout le monde avait d&#233;sert&#233; nourrissait tous les fantasmes : &#171; &lt;i&gt;Pour les esprits dot&#233;s d'une pauvre imagination, driv&#233;s par un adjoint au maire qui nous vouait une haine sans nom, on &#233;tait forc&#233;ment des dealers, on recevait des containers de drogues sur le port. C'&#233;tait dur car &#231;a prenait des proportions d&#233;lirantes. Mais on est finalement arriv&#233;s &#224; un accord tacite pour rester sur les lieux avec le maire de l'&#233;poque, Pierre Maille.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant quinze ann&#233;es, malgr&#233; plusieurs avis d'expulsion, deux convocations au tribunal, des menaces et intimidations diverses de l'&#233;lu de quartier, communiste, et enfin la d&#233;claration d'un p&#233;ril par les urbanistes municipaux, Mimi et Vivre la rue tiennent bon gr&#226;ce &#224; l'organisation de nombreuses &#171; manif&#234;tes &#187; en soutien et autres animations de quartier. En 2005, la mairie veut, &#224; nouveau, sous pr&#233;texte d'assainissement et de s&#233;curisation expulser les habitants de la rue. L'association propose un contre-projet de r&#233;novation avec l'appui d'un architecte-conseil membre du conseil d'administration de l'asso, pour mettre les ma&#231;onneries des maisons hors d'eau et stopper le risque de d&#233;gradation par infiltration d'eau ou &#224; cause des plantes invasives. L&#224; se joue le dernier rapport de force avec la ville, qui finit par reconna&#238;tre les m&#233;rites de l'association. Mimi admet qu'ils travaillent depuis &#171; &lt;i&gt;en bonne intelligence&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;On sent que d&#233;sormais, tout le monde admet que cette rue fait partie du patrimoine. L'Office du tourisme la mentionne. Les &#233;coles me demandent de faire la visite, les Brestois y am&#232;nent leurs amis visiteurs en balade et, lorsqu'il y a une f&#234;te, les gens viennent en nombre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus haut, &#224; l'angle de la rue St-Malo et de la rue Rochon, le local Au Coin d'la rue, offre d&#233;sormais aux habitants du quartier un salon de th&#233;, une &#233;picerie bio-&#233;quitable, un d&#233;p&#244;t de livres en pr&#234;t libre, des jeux, des expos, des concerts, un lieu de r&#233;union. Auparavant, la mairie avait laiss&#233; d&#233;t&#233;riorer ce local qu'elle avait d'ailleurs compl&#232;tement oubli&#233;. &#171; &lt;i&gt;Du coup, il y a cinq ans, je suis all&#233;e leur demander la clef et ils me l'ont donn&#233;e comme &#231;a, sans condition&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Mireille avec un petit rire. &lt;i&gt;On occupe sans titre ici aussi, mais on se dirige vers une convention sur plusieurs ann&#233;es avec la mairie. Il a fallu tout assainir, le local &#233;tait sombre, on a ouvert et cr&#233;&#233; un acc&#232;s handicap&#233;.&lt;/i&gt; &#187; La premi&#232;re activit&#233; d&#233;velopp&#233;e &#224; destination des gens du quartier a &#233;t&#233; d'offrir des connexions internet et d'obtenir des ordinateurs gr&#226;ce au service multim&#233;dia de la ville, soucieux de r&#233;duire la &#171; fracture num&#233;rique &#187;. &#171; &lt;i&gt;C'est surtout devenu &#8220;un lieu ressources&#8221; dans le quartier, les gens viennent naturellement ici. Celle qui a perdu son chat ou le c&#233;libataire qui veut papoter apr&#232;s la journ&#233;e de boulot. Tout doucement, on a am&#233;lior&#233; le lieu. On a fait des projections avec Ren&#233; Vautier notamment, puis un salon de th&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Dehors, en face du salon de th&#233;, Mado salue Mireille de sa fen&#234;tre. C'est la plus ancienne habitante de la rue qui, &#224; 86 ans, a connu toutes ses transformations et peut encore t&#233;moigner de l'extr&#234;me mis&#232;re des habitants de jadis (ouvriers, marins, matelots sans-grade) &#8211; comme ces gamins qui revendaient contre un sou &#224; la mairie les queues des rats chass&#233;s dans le quartier &#8211; mais aussi de leur puissante entraide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les projets de la rue St-Malo sont au c&#339;ur d'une revalorisation du quartier. &#192; 50 m&#232;tres de l&#224;, un chantier de 16 hectares &#224; la place d'une partie d'anciens ateliers de l'arsenal va faire &#233;clore en 2015 un nouveau &#233;co-quartier r&#233;sidentiel de 600 logements, Les Capucins, qui comprendra &#233;galement une grande m&#233;diath&#232;que, la cin&#233;math&#232;que de Bretagne, les Arts de la rue et aussi un multiplexe et des commerces attenants &#8211; le tout reli&#233; par un t&#233;l&#233;ph&#233;rique &#224; la rue de Siam sur la rive droite. Mireille n'est pas inqui&#232;te de ce bouleversement et y voit m&#234;me une chance de d&#233;senclavement pour ce coin de Recouvrance d&#233;sertifi&#233; : &#171; &lt;i&gt;Le quartier va &#234;tre chamboul&#233; et c'est tant mieux. Bien que la mairie joue la mascarade de la d&#233;mocratie participative, de toute fa&#231;on cela ne pourra pas &#234;tre pire que l'&#233;poque de l'arsenal o&#249; les mecs crevaient de cancers dus &#224; l'amiante et d'alcoolisme. C'&#233;tait sordide comme tout. Comment veux-tu &#234;tre heureux quand tu fabriques des engins de mort ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On imagine que dans quelques temps l'espace vacant des ateliers de l'Arsenal et de la prison de Pontaniou offriront d'autres potentialit&#233;s urbanistiques. Puisse la petite association de la rue St-Malo, par sa volont&#233; de vie, r&#233;sister encore &#224; d'&#233;ventuels projets mortif&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1087 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/p15-ruestmalo2-fdf45.jpg?1768650822' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Contact : &lt;a href=&#034;http://www.vivrelarue.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vivre la rue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Espace alternatif solidaire/Au coin d'la rue &#8211; 12, rue Saint-Malo &#8211; 29200 Brest Recouvrance &#8211; 02 98 45 10 12.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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