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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Foot f&#233;minin : des sir&#232;nes bien en jambes</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#171; Le foot aide &#224; d&#233;passer le train-train quotidien. Apr&#232;s l'effort d'aller &#224; l'&#233;cole, vient le r&#233;confort du jeu. &#187; &#192; l'Estaque, une &#233;quipe de foot f&#233;minin (LSC-Estaque-S&#233;on) a fait sa place au soleil. La parole est &#224; Beka, l'entra&#238;neur, et &#224; C&#233;lia, M&#233;lissa, Sandra, &#171; des joueuses, des battantes &#187;. M&#233;lissa a appris &#224; jouer au pied des immeubles, avec les gar&#231;ons. &#171; Ils m'ont toujours respect&#233;e, beaucoup. &#187; L'air s&#233;rieux, elle arbore un maillot du Bar&#231;a dans les couloirs du nouveau centre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Melissa" rel="tag"&gt;M&#233;lissa&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le foot aide &#224; d&#233;passer le train-train quotidien. Apr&#232;s l'effort d'aller &#224; l'&#233;cole, vient le r&#233;confort du jeu. &lt;/i&gt; &#187; &#192; l'Estaque, une &#233;quipe de foot f&#233;minin (LSC-Estaque-S&#233;on) a fait sa place au soleil. La parole est &#224; Beka, l'entra&#238;neur, et &#224; C&#233;lia, M&#233;lissa, Sandra, &#171; &lt;i&gt;des joueuses, des battantes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#233;lissa a appris &#224; jouer au pied des immeubles, avec les gar&#231;ons. &#171; &lt;i&gt; Ils m'ont toujours respect&#233;e, beaucoup. &lt;/i&gt; &#187; L'air s&#233;rieux, elle arbore un maillot du Bar&#231;a dans les couloirs du nouveau centre social. Beka, son entra&#238;neur, la porte aux nues : &#171; &lt;i&gt;M&#233;lissa, c'est la Maradona de l'&#233;quipe, c'est notre milieu cr&#233;ateur !&lt;/i&gt; &#187; L'int&#233;ress&#233;e ne rougit pas, mais cligne des yeux sous le compliment : &#171; &lt;i&gt;&#192; la base, je jouais dehors, dans la rue, puis &#224; la Castellane, la cit&#233; la plus proche de chez moi, o&#249; on jouait en District, &#224; sept. Apr&#232;s, je suis all&#233;e &#224; Aix, en DH, et l&#224;, on jouait &#224; onze, contre des villes, pas contre des quartiers. Puis j'ai tent&#233; ma chance au centre de formation de Lyon. Comme &#231;a me passionne, je r&#234;vais de devenir professionnelle, mais je suis vite redescendue sur terre, parce que j'avais pas de bons bulletins. Alors je suis venue ici.&lt;/i&gt; &#187; Ici, c'est l'Estaque, dans les quartiers Nord de Marseille. &#171; &lt;i&gt;C'est terrible, &#224; Marseille, il n'y en a que pour l'OM, il ne reste que des miettes pour les &#233;quipements de quartier&lt;/i&gt; &#187;, souligne Beka, &#233;ducateur de rue et pr&#233;sident du LSC-Estaque-S&#233;on. &#171; &lt;i&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, on avait rien, les filles se changeaient dans la fourgonnette.&lt;/i&gt; &#187; Mais il en fallait plus pour le d&#233;courager. &#192; Pasteur, le bidonville des hauts de l'Estaque o&#249; Beka a grandi, &#171; &lt;i&gt;le p&#232;re de Kader avait un bar et nous pr&#234;tait la cave ; c'est l&#224; qu'on a appris &#224; jouer au baby-foot, &#224; la bougie ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH625/foot--yohanne-9e03c.jpg?1768649326' width='500' height='625' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Yohanne Lamoul&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Sandra est une des trois filles de Beka : &#171; &lt;i&gt;Nos m&#232;res n'aiment pas trop &#231;a, parce qu'on se fait mal&#8230; La s&#339;ur de C&#233;lia s'est p&#233;t&#233; deux fois le genou. Moi, j'ai re&#231;u un ballon en pleine figure et &#231;a m'a &#233;clat&#233; les vaisseaux d'un &#339;il. &lt;/i&gt; &#187; Son p&#232;re fait les pr&#233;sentations : &#171; &lt;i&gt;C&#233;lia, c'est la buteuse. Sandra, la stoppeuse. Avec M&#233;lissa, elles sont l'ossature de l'&#233;quipe. Elles savent se parler, accueillir les nouvelles&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Ici, la culture de la gagne, &#231;a ne veut pas dire faire n'importe quoi. &#171; &lt;i&gt;On a un peu n&#233;glig&#233; les titres pour prendre le temps de construire un groupe &#233;quilibr&#233;, y compris avec une fille qui avait un handicap moteur et de gros probl&#232;mes familiaux, m&#232;re c&#233;libataire, etc. On n'est pas &#224; la poursuite de la gloire, on veut juste ne laisser personne sur le bord de la route. J'ai 80 filles au total, &#224; partir de 4 ans ! Elles, ce sont les seniors.&lt;/i&gt; &#187; M&#233;lissa a 19 ans, Sandra et C&#233;lia, 18. Sandra : &#171; &lt;i&gt;Mon grand fr&#232;re m'emmenait voir les matchs de l'&#233;quipe Kuhlmann. &#199;a m'a plu, je m'y suis mise et on m'a m&#234;me propos&#233; d'aller dans un centre de formation, mais ma m&#232;re n'a pas voulu, elle disait que j'&#233;tais trop jeune.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;buts n'ont pas &#233;t&#233; faciles. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait pas gagn&#233;, mais maintenant, le quartier nous le rend bien, chaque fois qu'on joue, le stade est plein, il y a les fr&#232;res, les oncles, les tantes. &lt;/i&gt; &#187; Depuis dix ans, l'&#233;quipe a organis&#233; un pressing de tous les instants. &#171; &lt;i&gt;Ici, il n'y a pas beaucoup d'activit&#233;s pour les gamines. Moi-m&#234;me, &#233;tant papa de trois filles, &#231;a me touchait de pr&#232;s. Je suis de la vieille &#233;cole, mais avec l'esprit ouvert. J'ai b&#233;n&#233;fici&#233; de la confiance des parents, puisque &#231;a fait des ann&#233;es que je bosse dans le monde associatif, pour sortir les gamines du quotidien, de la cuisine et des jupes de la maman, &#224; travers le sport.&lt;/i&gt; &#187; Responsable du secteur ado au centre social, Beka s'occupe du club de foot sur son temps libre, avec trois autres b&#233;n&#233;voles, S&#233;bastien, Kahina et Kader. Un toubib et un pharmacien donnent la main en fournissant les premiers soins pour les petits bobos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kader et Beka ont grandi &#224; Pasteur et vivent toujours au m&#234;me endroit, en HLM. Les habitants se sont battus pour &#234;tre relog&#233;s sur place, avec les m&#234;mes voisins que dans le bidonville, d&#233;truit dans les ann&#233;es 1990. &#171; &lt;i&gt; Notre boulot a d'abord &#233;t&#233; de changer les mentalit&#233;s. Que les copains du grand fr&#232;re, au lieu de lui dire, &#8220;Oh tu as vu, ta s&#339;ur elle se balade en short&#8221;, ils disent plut&#244;t, &#8220;Oh, elle fait du foot, c'est bien&#8221;. D&#232;s les premiers entra&#238;nements, je les ai vu se l&#226;cher, se d&#233;fouler, sortir tellement de choses qu'elles gardaient en elles&#8230; On voyait qu'elles avaient des capacit&#233;s physiques, techniques et surtout morales. Je parle de filles entre quinze et dix-sept ans. En 2004, on a essay&#233; de les m&#233;langer avec les gar&#231;ons, mais ils &#233;taient un peu machos : &#8220;Le foot c'est pas pour les gonzesses&#8221;. &lt;/i&gt; &#187; C&#233;lia commente : &#171; &lt;i&gt; Jusqu'&#224; treize ans, le r&#232;glement permet la mixit&#233;. Apr&#232;s, les filles pr&#233;f&#232;rent souvent se tourner vers la danse ou des activit&#233;s plus chichiteuses&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout doucement, les mentalit&#233;s &#233;voluent, constate Beka. &#171; &lt;i&gt; &#199;a a &#233;t&#233; plus facile parce que mes trois filles jouent avec moi, &#231;a inspire confiance. &lt;/i&gt; &#187; Au d&#233;part, le club s'inscrit en Ufolep (foot loisir, initiation multisport) : pour voir si certaines ne voulaient pas se diriger vers le basket, le volley&#8230; &#171; &lt;i&gt;Mais elles ont toutes voulu faire du foot ! &lt;/i&gt; &#187; Une premi&#232;re. Les filles jouaient en surv&#234;tement m&#234;me &#224; 40&#176; &#224; l'ombre. Se mettre en short &#233;tait impensable, &#171; &lt;i&gt;elles avaient honte du grand fr&#232;re&lt;/i&gt; [sic] &#187;. Puis il y a eu l'affaire du voile. &#171; &lt;i&gt;J'en ai une, Asma, qui avait peur de jouer, peur que ce soit interdit. Et puis le pr&#233;sident de la FFF a d&#233;clar&#233; &#224; la t&#233;l&#233; qu'elle pouvait jouer. De toute fa&#231;on, faut pas exag&#233;rer, elle se couvre juste les cheveux avec un tissu. C'est le seul cas chez nous, mais c'est vrai que c'est de plus en plus courant. Il y en a qui sont voil&#233;es ici et qui se d&#233;couvrent quand elles vont au bled ! Moi, mes filles sont pratiquantes, elles mettent le foulard pour prier &#224; la maison, mais apr&#232;s elles se mettent la mini-jupe et elles sortent normales.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; performance, il y a eu beaucoup de d&#233;faites et de nuls avant de savourer la premi&#232;re victoire. &#171; &lt;i&gt;En 2008, on a eu le prix du fair-play. On se prenait des branl&#233;es, mais on encaissait avec le sourire. Apr&#232;s, on a pay&#233; notre licence &#224; la FFF, avec toutes les obligations qui vont avec, visite m&#233;dicale, autorisation parentale&#8230; Et on a fait un vrai championnat, le U-18, &#224; sept. Les deux premi&#232;res saisons, &#231;a a &#233;t&#233; mi-figue mi-raisin. Puis, en 2011-2012 et 2012-2013, on a fini championnes de Provence.&lt;/i&gt; &#187; Deux ann&#233;es cons&#233;cutives, du jamais vu. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s &#231;a, les petites ont voulu se mettre &#224; onze. 2013-2014 a &#233;t&#233; une saison de transition. On a l'Everest &#224; franchir et on a atteint la Galline&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Colline surplombant l'Estaque.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; !&lt;/i&gt; &#187; En h&#244;te irr&#233;prochable, Mathieu, le directeur du centre social, offre l'ap&#233;ro sur une table &#224; l'ext&#233;rieur. Beka poursuit : &#171; &lt;i&gt;Mes footeuses ont entre 18 et 21 ans, elles ont jou&#233; contre des femmes d'une trentaine d'ann&#233;es et elles ont tenu t&#234;te, je suis fier d'elles, franchement. Qu'il neige ou qu'il vente, elles sont toujours l&#224;, elles en veulent. Je regrette qu'une chose, c'est qu'on n'a pas encore de terrain appropri&#233;. On n'a m&#234;me pas de synth&#233;tique, on joue sur de la terre battue, je te dis pas les &#8220;pizzas&#8221; qu'elles se font, peuch&#232;re, sur les cuisses, les genoux&#8230;&lt;/i&gt; &#187; &#192; Riaux, ils ont une pelouse synth&#233;tique depuis peu, &#171; &lt;i&gt;mais il y a une fronti&#232;re entre eux et nous. Mais j'en veux &#224; personne au niveau du quartier, par contre, les institutions&#8230; Tu imagines, il y a des gens qui traversent Marseille pour venir s'entra&#238;ner ici. Du coup, on doit partager nos cr&#233;neaux avec eux.&lt;/i&gt; &#187; C&#233;lia, qui habite Riaux : &#171; &lt;i&gt; De toute fa&#231;on, on peut pas y aller, il y a le bar, les gar&#231;ons, on n'a pas le droit. Pour un match, &#231;a va, mais aller s'entra&#238;ner l&#224;-bas, non. Mon p&#232;re, mon fr&#232;re ne veulent pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On est un club sans toit, heureusement que le centre social nous soutient&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Beka. &lt;i&gt;Aujourd'hui, on est reconnus. Si tu les vois dans leurs maillots, elles sont magnifiques, elles sont fi&#232;res ! Au d&#233;but, les parents avaient peur qu'elles deviennent des gar&#231;ons manqu&#233;s, que leurs jambes se d&#233;forment. Aujourd'hui, elles sont trop belles, les parents hallucinent ! Elles sont bien dans leur t&#234;te, en confiance.&lt;/i&gt; &#187; Sandra confirme : &#171; &lt;i&gt; On est bien plus que des co&#233;quipi&#232;res, on est des copines. Le LSC est un club familial, avec une bonne mentalit&#233;. &#199;a se ressent dans les matches, il y a beaucoup de solidarit&#233;, on s'amuse.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui &#224; 19 ans &#233;tait le troisi&#232;me gardien de la s&#233;lection alg&#233;rienne explique sa philosophie : &#171; &lt;i&gt; LSC-Bassin de S&#233;on, pour Loisir Sport Culturel. &#8220;Loisir&#8221; parce que le foot est avant tout un jeu. Et &#8220;Culturel&#8221;, parce qu'il y a ce brassage, ce m&#233;lange de cultures qui fait la force de ce quartier. J'ai tenu &#224; mettre &#8220;bassin de S&#233;on&#8221;, parce que &#231;a prend des Riaux jusqu'&#224; Saint-Andr&#233;, c'est pas seulement l'Estaque.&lt;/i&gt; &#187; Soit dit en passant, Beka ne supporte pas les Parisiens qui rach&#232;tent tout et se croient chez eux, comme si, ici, c'&#233;tait la C&#244;te-d'Azur. &#171; &lt;i&gt;Avant, l'Estaque, c'&#233;tait que des jardins et la mer, dessous, c'est que de l'argile. D'o&#249; l'implantation des tuileries. C'est &#231;a qu'on appelle le bassin de S&#233;on. La mer venait jusque-l&#224;, il n'y avait pas de route en bas, pas le quai. Dans ma jeunesse, on prenait le bain l&#224;, en face des bars. La seule route, c'&#233;tait celle qui passe sous la gare. Quand on parle de l'Estaque, c'est pas de la nostalgie, mais moi j'ai envie de pleurer, je te jure. C'est cet esprit de quartier qu'on essaie de transmettre aux filles. &#8220;On l&#226;che rien&#8221;, c'est la devise. Des ann&#233;es de bagarre pour obtenir un centre social. La m&#234;me chose &#224; l'entra&#238;nement : on repousse nos limites physiques et mentales. G&#233;rer un conflit de quartier, la vie de groupe ou un match, c'est pareil.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me par -5&#176;, le maillot tremp&#233;, les filles se donnent &#224; fond. &#171; &lt;i&gt;On met tout en &#339;uvre pour qu'elles s'&#233;clatent, mais on parle ni d'argent, ni de gloire&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Beka. &lt;i&gt;Pour le fonctionnement, on a 10 000 euros de la politique de la Ville&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Subvention menac&#233;e par une restriction de 50 % des territoires concern&#233;s par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, 5 000 de la R&#233;gion et une aide en mat&#233;riel de la mairie de secteur. Je raccole un ou deux commer&#231;ants pour le sponsoring des maillots. Ces filles, elles valorisent leur quartier. Elles ont une certaine notori&#233;t&#233;, elles n'ont plus honte de faire leur footing sur les trottoirs. Apr&#232;s l'entra&#238;nement, je les raccompagne &#224; la maison, m&#234;me celles qui viennent de Noailles &#8211; le bouche &#224; oreille et Facebook nous ram&#232;ne des filles d'en ville. Notre projet est &#224; long terme. &#201;chelon par &#233;chelon, sans griller les &#233;tapes &#8211; de toute fa&#231;on j'ai pas les moyens de l'OM&#8230; &#8211;, on va y arriver. Moi, mon but, c'est de voir une Estaqu&#233;enne interview&#233;e &#224; la t&#233;l&#233; et dire voil&#224;, je viens de l&#224;, j'ai commenc&#233; l&#224;. Qu'elles soient fi&#232;res de leur parcours, parce qu'en faisant du sport de quartier, on &#233;vite les rancunes, les bagarres, les mauvaises fr&#233;quentations. L&#224;, on apprend &#224; partager, &#224; voir le sport autrement. On joue, onze contre onze, il y a une complicit&#233;, un sentiment collectif. Par les temps qui courent, c'est important.&lt;/i&gt; &#187; M&#233;lissa approuve : &#171; &lt;i&gt;En v&#233;rit&#233;, j'ai d&#251; faire un gros travail sur moi-m&#234;me, parce qu'en fait, on dirait pas, mais j'ai mauvais caract&#232;re, je m'&#233;nerve vite. L&#224;, pour jouer en &#233;quipe, j'ai d&#251; apprendre &#224; dominer mes nerfs.&lt;/i&gt; &#187; C&#233;lia rench&#233;rit : &#171; &lt;i&gt;M&#234;me si on perd, on rigole. On se crie dessus sur le coup, mais apr&#232;s, c'est fini. On est le seul club comme &#231;a, quand on voit les autres, elles se battent entre elles, &#231;a part en live, l'entra&#238;neur est oblig&#233; de faire sortir des joueuses pour les s&#233;parer&#8230; Nous non, jamais.&lt;/i&gt; &#187; Sandra met un b&#233;mol : &#171; &lt;i&gt; Bon, on va pas se mentir, une fois, petites, on s'est battues entre nous &#8211; au d&#233;part de l'embrouille, c'&#233;tait moi ! Mon p&#232;re nous a calm&#233;es en nous parlant d'esprit d'&#233;quipe. Il nous a dit qu'on &#233;tait comme des s&#339;urs, et depuis, &#231;a y est, on s'aime trop ! Un gros mot peut nous &#233;chapper sur le terrain, mais jamais devant Beka, c'est notre p&#232;re &#224; toutes &#8211; bon, il se trouve que c'est le mien pour de vrai, en plus !&lt;/i&gt; &#187; C'est confirm&#233; : ici, on rigole bien.
&#171; &lt;i&gt;Il y en a qui essaient de d&#233;baucher nos filles pour monter une &#233;quipe, mais elles disent non, on reste &#224; l'Estaque&lt;/i&gt;, se rengorge Beka. &lt;i&gt;Dans le championnat de Provence, comme &#233;quipes marseillaises, il n'y a que nous, Mazargues et l'OM. En onze, on est les seules &#224; repr&#233;senter les quartiers Nord. Mon but, c'est de ne refuser personne. Les mentalit&#233;s ne sont pas les m&#234;mes. On a appris &#224; prendre des gamelles et maintenant qu'on commence &#224; gagner, nous sommes attendues partout. On sait se comporter, le dimanche elles viennent en surv&#234;tement, elles sont &#233;l&#233;gantes, elles serrent la main aux adversaires. On les invite &#224; la troisi&#232;me mi-temps, on boit un jus de fruit ensemble et on s'en va. On a appris &#231;a, pas besoin d'insulter. Moi, j'ai vu des &#233;quipes, monsieur, leurs filles elles arrivent avec le joint &#224; la bouche. Les miennes, m&#234;me pas une cigarette.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sandra aime parler tactique : &#171; &lt;i&gt;Cette ann&#233;e, comme nous &#233;tions nouvelles en onze, on a jou&#233; beaucoup en d&#233;fense, pour ne pas prendre trop de buts. Mais par go&#251;t, on pr&#233;f&#232;re l'attaque. De toute fa&#231;on, quand tu joues trop bas, tu finis par encaisser. Il faut dire aussi que cette saison, on avait juste l'effectif pile-poil, sans rempla&#231;antes.&lt;/i&gt; &#187; Elle nuance les propos de son p&#232;re : &#171; &lt;i&gt;J'ai &#233;t&#233; suspendue pendant huit matches. Du coup, elles ont jou&#233; toute la fin de saison &#224; 10, ou m&#234;me 9 ! &lt;/i&gt; &#187; Et elle ajoute, le regard franc et direct : &#171; &lt;i&gt;J'aurais aim&#233; que ce soit juste pour un mauvais tacle, mais c'est parce qu'on s'est battues avec les adversaires&#8230; En fait, j'ai d&#233;fendu ma copine, mais c'est moi qui ai pris. Ils me connaissaient, j'avais d&#233;j&#224; eu des rouges avant&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Beka contre-attaque en contextualisant : &#171; &lt;i&gt;Le foot, c'est l'un des sports les plus violents. Pendant la Coupe du monde de rugby, je les ai emmen&#233;es voir un match. Elles m'ont dit : &#8220;On n'avait jamais vu une tribune aussi pleine et pas un gros mot, avec tous ces supporters m&#233;lang&#233;s&#8221;. Une autre fois, je les ai emmen&#233;es visiter le Camp Nou, lors d'un tournoi &#224; Barcelone, o&#249; on a perdu contre des Allemandes en finale &#8211; elles faisaient 1m80 et on a perdu 1-0 ! C'&#233;tait la derni&#232;re saison &#224; sept, on a termin&#233; super bien. Apr&#232;s, elles se sont pos&#233; un challenge, &#8220;on veut jouer &#224; onze&#8221;. On s'est accord&#233; un an pour s'adapter. Il y a des automatismes &#224; trouver, la surface qui a doubl&#233;. Les r&#232;gles, les hors-jeu, c'est pas pareil. On a quand m&#234;me fini en milieu de tableau, 7 e sur 14, c'est pas mal. Moi, je suis fier, fier, fier ! M&#233;lissa, C&#233;lia, ma fille, c'est toutes des battantes. Contre Aix, Sandra a d&#251; sortir, et une autre s'est bless&#233;e, elle s'est fait une &#8220;pizza&#8221; sur la cuisse, mais les autres l'ont convaincue de rester sur le terrain, elle a tenu le coup et on a gagn&#233; 2-0. La fille bless&#233;e, les autres l'ont port&#233;e en triomphe ! &#8220;Je sens plus rien&#8221;, elle cr&#226;nait. J'en avais les larmes aux yeux, c'&#233;tait magnifique.&lt;/i&gt; &#187; Et pour la saison &#224; venir, le club recrute.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Colline surplombant l'Estaque.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Subvention menac&#233;e par une restriction de 50 % des territoires concern&#233;s par la politique de la Ville. Restriction pr&#233;vue par le gouvernement Valls sous pr&#233;texte de focaliser tous ses moyens sur les grands ensembles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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