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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>&#171; M&#225;gico &#187; Gonz&#225;lez, un rebelle sans cause ?</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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&lt;p&gt;Bringueur et antih&#233;ros au football flamboyant &#8211; aux antipodes des calculs mesquins ayant cours aujourd'hui sur les terrains &#8211;, &#171; M&#225;gico &#187; Gonz&#225;lez a laiss&#233; peu de traces dans l'histoire officielle. Mais dans le c&#339;ur des supporters du Cadix CF, il est immortel. &#171; Diego, tu es un magicien du ballon &#187;, lance un journaliste &#224; Maradona. Celui-ci r&#233;pond : &#171; Je ne connais qu'un seul magicien qui joue au football, il vient du Salvador et il s'appelle Jorge Gonz&#225;lez. &#187; Cela se passe en 1984, au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bringueur et antih&#233;ros au football flamboyant &#8211; aux antipodes des calculs mesquins ayant cours aujourd'hui sur les terrains &#8211;, &#171; M&#225;gico &#187; Gonz&#225;lez a laiss&#233; peu de traces dans l'histoire officielle. Mais dans le c&#339;ur des supporters du Cadix CF, il est immortel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Diego, tu es un magicien du ballon&lt;/i&gt; &#187;, lance un journaliste &#224; Maradona. Celui-ci r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;Je ne connais qu'un seul magicien qui joue au football, il vient du Salvador et il s'appelle Jorge Gonz&#225;lez.&lt;/i&gt; &#187; Cela se passe en 1984, au lendemain d'une rencontre amicale entre le Bar&#231;a et l'&#233;quipe br&#233;silienne du Fluminense. &#171; M&#225;gico &#187; Gonz&#225;lez a marqu&#233; deux buts, Maradona un. Les Br&#233;siliens, vex&#233;s par leur d&#233;faite, d&#233;clenchent l'alarme incendie dans l'h&#244;tel des Catalans et tout le monde se pr&#233;cipite dehors, sauf Gonz&#225;lez, qu'on retrouve endormi dans les bras d'une prostitu&#233;e. Le Bar&#231;a, qui l'avait pris &#224; l'essai sur les conseils de sa star argentine, le renvoit d'o&#249; il vient, en Andalousie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH520/foot-magico-gonzalez-a9ec4.jpg?1779602989' width='400' height='520' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jorge Gonz&#225;lez a &#233;t&#233; l'une des r&#233;v&#233;lations du Mundial 82, c&#233;l&#233;br&#233; en Espagne, et ce malgr&#233; un parcours calamiteux de la s&#233;lection salvadorienne &#8211; d&#233;faite sans pr&#233;c&#233;dent 10 &#224; 1 face &#224; la Hongrie, &#224; l'issue de laquelle &#171; El Mago &#187; fut malgr&#233; tout &#233;lu joueur du match. &#192; la fin du tournoi, les clubs espagnols se l'arrachent. Mais sa r&#233;putation l'ayant pr&#233;c&#233;d&#233;, l'Atl&#233;tico Madrid h&#233;site et le Cadix CF, club descendu en deuxi&#232;me division, touche le gros lot. C'est le d&#233;but d'une histoire d'amour qui dure encore aujourd'hui : la ville la plus africaine de la p&#233;ninsule s'entiche de ce joueur fantasque, malgr&#233; &#8211; ou gr&#226;ce &#224; ? &#8211; ses frasques sans fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain, on reconna&#238;t M&#225;gico de loin : il est le seul &#224; jouer sourire aux l&#232;vres et chaussettes baiss&#233;es. Un r&#233;gal pour les yeux : sa nonchalance trompeuse fait soudain place &#224; un &#233;clair de g&#233;nie, un beau geste technique &#8211; coup de rein, crochet, petit pont, talonnade&#8230; &#8211;, et &#224; des buts d'un autre monde. Un an apr&#232;s, Cadix remonte en premi&#232;re division et M&#225;gico plante des &lt;i&gt;goooals&lt;/i&gt; m&#233;morables aux meilleures &#233;quipes de la Liga. Mais voil&#224;, il est aussi c&#233;l&#232;bre dans les bars, o&#249; on le croise au bras des filles les moins farouches du port. Couch&#233; aux aurores, il rate souvent la premi&#232;re mi-temps. Les anecdotes courent la ville, o&#249; le souvenir de cet &#233;chalas aux allures de junkie est rest&#233; vif. Son entra&#238;neur le poursuit jusque dans les discoth&#232;ques o&#249;, une nuit, M&#225;gico se cache dans la cabine du DJ et&#8230; s'y endort. On dit qu'un dimanche, arriv&#233; ivre dans les vestiaires, il r&#233;clame un massage et s'assoupit entre les mains du kin&#233;. Le sens de l'humour un brin surr&#233;aliste des autochtones s'accommode fort bien des fantaisies du Salvadorien. Il devient le compagnon de vir&#233;es nocturnes de Camar&#243;n de la Isla, chanteur de flamenco lui aussi v&#233;n&#233;r&#233;. Mais la direction du club se lasse et le pr&#234;te au Real Valladolid o&#249;, malheureux, et entre deux fugues pour rejoindre ses copains andalous, il ne brille pas. Le PSG veut le recruter, il oublie de se pr&#233;senter &#224; l'entretien. Le public le r&#233;clamant, le Cadix CF le rappelle, mais lui fait un contrat sur mesure : il sera pay&#233; 700 dollars par match jou&#233;. Quand on lui fait remarquer qu'il g&#226;che sa carri&#232;re et qu'il n'aura pas un sou vaillant pour assurer ses vieux jours, l'homme d&#233;clare qu'il compte retourner au Salvador et devenir chauffeur de bus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bambino &#187; Viera, entra&#238;neur argentin du Cadix CF durant la saison 1990-1991, raconte qu'un matin, de guerre lasse, il enr&#244;le un combo flamenco pour aller chanter sous les fen&#234;tres de son joueur : &#171; &lt;i&gt;M&#225;gico, viens t'entra&#238;ner !&lt;/i&gt; &#187; Celui-ci appara&#238;t alors, le cheveu &#233;bourriff&#233; : &#171; &lt;i&gt;Ok, je me l&#232;ve parce que j'aime la musique&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans malice, le feu follet des terrains et des bars r&#233;pondait volontiers aux critiques : &#171; &lt;i&gt;Je reconnais que je ne suis pas un saint et que j'aime la nuit. Que je suis un irresponsable et un mauvais professionnel. Je le sais, mais il y a un truc qui ne tourne pas rond chez moi : je n'aime pas consid&#233;rer le football comme un boulot. Je joue juste pour m'amuser. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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