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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Gros chantier</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Quand on arrive &#224; l'usine, ce qui surprend c'est le silence. Pas de bruit, pas de fum&#233;e. Que dalle ! Comme un fant&#244;me d'usine. Au moins pendant ce temps-l&#224;, on ne pollue pas l'atmosph&#232;re avec nos rejets azot&#233;s et nos nuages de poussi&#232;res d'engrais. Cela fait deux mois que les installations sont totalement &#224; l'arr&#234;t pour des entretiens et de gros travaux et je n'arrive pas &#224; m'habituer &#224; ce silence. En m&#234;me temps, &#231;a grouille d'ouvriers de divers m&#233;tiers et de divers pays. De temps en temps, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no123-juin-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;123 (juin 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/installations" rel="tag"&gt;installations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand on arrive &#224; l'usine, ce qui surprend c'est le silence. Pas de bruit, pas de fum&#233;e. Que dalle ! Comme un fant&#244;me d'usine. Au moins pendant ce temps-l&#224;, on ne pollue pas l'atmosph&#232;re avec nos rejets azot&#233;s et nos nuages de poussi&#232;res d'engrais. Cela fait deux mois que les installations sont totalement &#224; l'arr&#234;t pour des entretiens et de gros travaux et je n'arrive pas &#224; m'habituer &#224; ce silence. En m&#234;me temps, &#231;a grouille d'ouvriers de divers m&#233;tiers et de divers pays. De temps en temps, on entend la frappe d'une masse sur du m&#233;tal ou le ronflement d'une grue qui transporte des morceaux de turbine. Ce sont des travaux qui &#233;taient plus que n&#233;cessaires sur du mat&#233;riel en tr&#232;s mauvais &#233;tat. Des travaux qui auraient d&#251; &#234;tre faits depuis des ann&#233;es, mais Total a voulu retarder les choses, pour que ce soit au nouveau propri&#233;taire d'assumer ces r&#233;parations, contre une petite ristourne sur le prix de vente de l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1141 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH374/p12-cqfd-123-63e9e.jpg?1779602813' width='400' height='374' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des dizaines de millions sont en jeu et, th&#233;oriquement, apr&#232;s ces travaux, l'usine devrait marcher comme sur des roulettes. Mais, pour beaucoup, ces travaux et ces modernisations arrivent trop tard. Le mat&#233;riel est quasi-obsol&#232;te. On c&#244;toie tous les jours des mat&#233;riaux rouill&#233;s, des constructions o&#249; la mousse et la v&#233;g&#233;tation deviennent envahissantes. Bref, des ateliers largement trentenaires, voire quarantenaires, qui laissent songeur sur la volont&#233; de l'&#233;tat et d'EDF de faire durer l'exploitation de centrales nucl&#233;aires largement aussi &#226;g&#233;es. Pourtant ce n'est pas fini : l'&#233;tat des structures, des murs de sout&#232;nement, des escaliers et des poutres de certains ateliers qu'il faut remplacer ou consolider en urgence&#8230; Et cela ayant entra&#238;n&#233; des transferts d'investissements, tous les travaux ne pourront pas &#234;tre faits. Par exemple, le r&#233;seau &#233;lectrique aurait d&#251; &#234;tre transform&#233; quasi-enti&#232;rement, mais il n'y aura que quelques tron&#231;ons de r&#233;nov&#233;s, l&#224; o&#249; c'est devenu vraiment v&#233;tuste et dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;paration de cet arr&#234;t et de ces travaux a engendr&#233; des sommes de boulots chez les ing&#233;nieurs des bureaux techniques, de tr&#232;s nombreuses heures suppl&#233;mentaires ainsi que des p&#233;tages de plomb. Il y a une pression venue de la maison m&#232;re qui est, semble-t-il, encore plus importante que sous la coupe de Total qui se fichait de sa filiale engrais. Gare si le red&#233;marrage est trop retard&#233; ! gare s'il y a des accidents graves !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, &#224; la fabrication, c'est relativement tranquille. Nous ne sommes pas mis au ch&#244;mage technique. Il faut qu'on surveille et surtout qu'on v&#233;rifie s'il reste des produits ou du gaz dans les tuyauteries, ou si les intervenants bossent en situation s&#233;curis&#233;e. Pour certains, il faut au moins donner l'impression de s'investir. Les chefs ont interdit qu'on prenne des cong&#233;s pendant cette p&#233;riode, et voil&#224; que nous sommes parfois oblig&#233;s de nous planquer pour ne pas passer pour les glandeurs. C'est lors du red&#233;marrage des installations que nous allons devoir &#234;tre plus que pr&#233;sents. On d&#233;couvrira des aberrations, des joints mal pos&#233;s et surtout de nouveaux syst&#232;mes informatiques qui &#8211; on est coutumier du fait &#8211; ne seront pas tout &#224; fait au point et qu'il faudra amadouer. Pour les copains de la maintenance, c'est autre chose. Ils ont la pression pour que les travaux soient faits, et bien fait, le plus vite possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'est rien par rapport aux salari&#233;s des entreprises sous-traitantes. Pour cet arr&#234;t, ils sont jusqu'&#224; 1 400 sur le site. Il a fallu cr&#233;er des installations sp&#233;ciales de bureaux provisoires, de vestiaires, de salle de restauration, et un nouveau parking pouvant accueillir 500 v&#233;hicules construit sur un terrain vague et qui devra &#234;tre totalement d&#233;truit apr&#232;s cette phase de travaux. A la benne, l'enrob&#233; ! Ce sont ces sous-traitants, majoritairement int&#233;rimaires ou venant de Pologne et du Portugal, qui subissent le plus de pressions et de mauvaises conditions de travail. Comme les d&#233;lais ne doivent pas &#234;tre d&#233;pass&#233;s, il leur faut faire des tas d'heures suppl&#233;mentaires, en travaillant parfois 7 jours sur 7. Il leur arrive d'intervenir sur des sites o&#249; il reste des poussi&#232;res d'amiante, ou pendant que des radios au Rayon X sont faites sur du mat&#233;riel. Les quelques accidents du travail sont maquill&#233;s en postes am&#233;nag&#233;s. Les coll&#232;gues du CHSCT ne cessent d'intervenir et les inspecteurs du travail doivent venir rappeler la loi &#224; tout bout de champ. D'autant que la direction a demand&#233; des d&#233;rogations pour les heures suppl&#233;mentaires que l'inspection a refus&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de &#231;a, tous ces salari&#233;s sous-traitants sont &#233;troitement surveill&#233;s. Ils doivent passer par un tourniquet sp&#233;cial. Pour se d&#233;placer d'un point &#224; l'autre de l'usine, ils doivent emprunter un petit train &#171; touristique &#187; sp&#233;cialement affr&#233;t&#233; pour l'arr&#234;t. Les poubelles sont v&#233;rifi&#233;es. Le nombre de gardiens et de vigiles a &#233;t&#233; multipli&#233;. Comme si ces gars n'&#233;taient l&#224; que pour picoler ou pour piquer du matos ou des m&#233;taux (l'ouvrier est voleur et alcoolique, c'est connu)&#8230; Concernant les horaires et les conditions de travail, la direction est beaucoup moins regardante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; vous lirez ces lignes, les phases de d&#233;marrage des unit&#233;s seront th&#233;oriquement en cours&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>2012, ann&#233;e de la loose</title>
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		<dc:date>2012-02-22T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>atelier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Allez</dc:subject>
		<dc:subject>dit</dc:subject>
		<dc:subject>matin</dc:subject>
		<dc:subject>ateliers</dc:subject>
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		<dc:subject>travaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un matin de plus &#224; l'usine. Un matin de plus dans cette ambiance mortif&#232;re. Quelques ateliers fument &#224; peine. C'est d&#233;sagr&#233;able de continuer &#224; venir bosser dans une usine en fin de vie, d'autant que l'agonie dure depuis des ann&#233;es et qu'on ne sait toujours pas quand et comment se d&#233;roulera la phase terminale. Vous allez me dire : &#171; Allez, Jean-Pierre, c'est pas la mort ! &#187; Ben, si. Depuis l'accident du 29 septembre (voir CQFD n&#176; 93) au cours duquel on a, une fois de plus, fris&#233; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no96-janvier-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;96 (janvier 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/atelier" rel="tag"&gt;atelier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travaux" rel="tag"&gt;travaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un matin de plus &#224; l'usine. Un matin de plus dans cette ambiance mortif&#232;re. Quelques ateliers fument &#224; peine. C'est d&#233;sagr&#233;able de continuer &#224; venir bosser dans une usine en fin de vie, d'autant que l'agonie dure depuis des ann&#233;es et qu'on ne sait toujours pas quand et comment se d&#233;roulera la phase terminale. Vous allez me dire :&lt;i&gt; &#171; Allez, Jean-Pierre, c'est pas la mort ! &#187;&lt;/i&gt; Ben, si.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'accident du 29 septembre (voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Dix-ans-plus-tard'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 93&lt;/a&gt;) au cours duquel on a, une fois de plus, fris&#233; la catastrophe, rien ne va plus. L'atelier de fabrication d'ammoniac, outre les stigmates de l'incendie, est bard&#233; d'&#233;chafaudages et partiellement&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_255 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH549/96efix-0c3b1.png?1779602928' width='400' height='549' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;d&#233;mont&#233;. C'est gris, triste et sale. Un vieil atelier (plus de trente ans) qui ne donne pas envie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En salle de contr&#244;le, on se morfond sur le pr&#233;sent et l'avenir. Comme me le dit un copain : &lt;i&gt;&#171; On n'arrive pas &#224; &#234;tre optimiste &#187;&lt;/i&gt;. Apr&#232;s l'incident, la direction avait dit que les travaux de r&#233;paration seraient effectu&#233;s (pour cinq millions d'euros au minimum) et que l'unit&#233; red&#233;marrerait en f&#233;vrier, voire mars. Elle avait promis aussi qu'il n'y aurait pas de ch&#244;mage technique, les retards en formation &#233;tant tels que le temps &#171; libre &#187; serait mis &#224; profit pour que tout le monde soit &#224; niveau. Aujourd'hui, les travaux semblent gel&#233;s en attendant des d&#233;cisions prises au plus haut niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les autres ateliers de l'usine, m&#234;me neufs, fonctionnent mal, parfois tr&#232;s mal. Ce qui fait que les coll&#232;gues s'occupent soit en nettoyant un atelier &#224; l'arr&#234;t, soit en courant faire des man&#339;uvres stressantes d'arr&#234;t ou de d&#233;marrage. Le tout avec des chefs eux-m&#234;mes stress&#233;s&#8230;
L'accident de septembre est d&#251; &#224; une petite vanne dont une pi&#232;ce s'est &#233;ject&#233;e. Pas grand-chose, quoi. Sauf que dans les conduites ce n'est pas de l'eau qui passe mais du gaz, de l'hydrog&#232;ne et de l'ammoniac ! Chaque incident prend alors des proportions dramatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Direction r&#233;gionale de l'environnement, de l'am&#233;nagement et du logement (Dreal) demande des travaux de s&#233;curisation importants avant tout red&#233;marrage et c'est plus que normal. De leur c&#244;t&#233;, les &#233;lus locaux se posent des questions sur cet atelier dangereux qui occupe peu de salari&#233;s. En m&#234;me temps &lt;i&gt;&#171; l'actionnaire principal &#187;&lt;/i&gt; (comme ils disent) &#8211; Total &#8211; se pose aussi des questions sur le maintien de l'activit&#233;, alors que d'ici quelques mois de nouvelles unit&#233;s bas&#233;es en &#201;gypte et Alg&#233;rie vont commencer &#224; produire et, ainsi, faire baisser le cours de l'ammoniac, ce qui rendra bon march&#233; son transport vers l'usine, o&#249; il y a de quoi stocker.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est m&#234;me le staff du p&#233;trolier qui a pris les choses en main. Les d&#233;cisions seront prises en haut lieu, au d&#233;triment de la filiale qui g&#232;re l'usine. D'o&#249; cette ambiance toute pourrie. Les coll&#232;gues disent qu'on n'est plus dans une usine qui fabrique des engrais, mais dans des lieux o&#249; on fabrique des proc&#233;dures. Car c'est de &#231;a dont il est question, l'encadrement et la direction ne parlent plus que s&#233;curit&#233; et environnement. Tout manquement aux r&#232;gles est puni. Les agents de ma&#238;trise se bouffent entre eux, des discours r&#233;acs prennent le dessus. Non, je vous dis, c'est pas la f&#234;te. Le No Future, c'est pas facile &#224; vivre tous les jours. Que faire ? Red&#233;marrer en risquant sa peau, arr&#234;ter l'atelier, l'usine, ou &#234;tre vendu &#224; un repreneur pas regardant ? Des perspectives pas folichonnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La DRH pense m&#234;me activer une cellule psychologique pour que le personnel voie l'avenir plus positivement ! Aujourd'hui, lorsque je sors de l'usine, je croise Jean-Claude. Il me dit : &lt;i&gt;&#171; Moi, je m'en fous, je pars en retraite dans quatorze jours, mais vous, vous allez souffrir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D'un cycle, l'autre</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/D-un-cycle-l-autre</link>
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		<dc:date>2008-07-14T07:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>d'engrais</dc:subject>
		<dc:subject>voir</dc:subject>
		<dc:subject>salari&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>chantier</dc:subject>
		<dc:subject>Grande Paroisse</dc:subject>
		<dc:subject>travaux</dc:subject>
		<dc:subject>engrais</dc:subject>
		<dc:subject>devenu minuscule</dc:subject>
		<dc:subject>monde parlait</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;IL Y A UN AN, l'avenir de la bo&#238;te &#233;tait plus que compromis, et tout le monde parlait de la fermeture de l'usine et m&#234;me du groupe (qui est devenu minuscule avec moins de mille salari&#233;s alors qu'il en avait connu quinze fois plus). La direction g&#233;n&#233;rale restait dans le flou mais c'&#233;tait une situation qu'on connaissait bien, puisque depuis vingt-cinq ans les plans de restructuration se sont suivis les uns apr&#232;s les autres. Et voil&#224; qu'en septembre 2007, la tendance s'est invers&#233;e et des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-usine" rel="tag"&gt;l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-engrais" rel="tag"&gt;d'engrais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/voir" rel="tag"&gt;voir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/salaries" rel="tag"&gt;salari&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chantier" rel="tag"&gt;chantier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Grande-Paroisse" rel="tag"&gt;Grande Paroisse&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde-parlait" rel="tag"&gt;monde parlait&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;IL Y A UN AN, l'avenir de la bo&#238;te &#233;tait plus que compromis, et tout le monde parlait de la fermeture de l'usine et m&#234;me du groupe (qui est devenu minuscule avec moins de mille salari&#233;s alors qu'il en avait connu quinze fois plus). La direction g&#233;n&#233;rale restait dans le flou mais c'&#233;tait une situation qu'on connaissait bien, puisque depuis vingt-cinq ans les plans de restructuration se sont suivis les uns apr&#232;s les autres.
Et voil&#224; qu'en septembre 2007, la tendance s'est invers&#233;e et des tonnes d'engrais sont sorties des trois usines restantes. Des records de production ont &#233;t&#233; atteints, avec moins d'ateliers de fabrication et beaucoup moins de salari&#233;s, pour un produit qui se vend encore plus cher qu'avant, bien plus cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il pass&#233; ? Les agriculteurs c&#233;r&#233;aliers ont vu leurs profits augmenter consid&#233;rablement avec le coup des &#171; bio &#187;-carburants et l'arriv&#233;e de pays tr&#232;s demandeurs comme la Chine et l'Inde.D'autre part, des jach&#232;res ont &#233;t&#233; r&#233;utilis&#233;es pour ce fameux carburant.Plus de fric chez les c&#233;r&#233;aliers, signifie investissements dans les engrais pour augmenter encore davantage les rendements et b&#233;n&#233;fices mirobolants pour la filiale engrais de Total, GPN (ex- Grande Paroisse), au cours des huit derniers mois (les plus gros b&#233;nefs de l'industrie chimique fran&#231;aise pour l'ann&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; des engrais est tr&#232;s cyclique et,une fois que les agriculteurs et les coop&#233;ratives auront rempli leurs cases d'engrais, il n'est pas &#233;vident que l'embellie continue. L'&#233;t&#233;, les usines d'engrais arrivant dans la p&#233;riode creuse de production,c'est l&#224; que les travaux sont faits. Travaux pour changer des machines et mat&#233;riaux us&#233;s ou pour am&#233;liorer la productivit&#233;. Et surtout travaux pour r&#233;pondre aux besoins de l'administration qui impose un certain nombre de v&#233;rifications et de changements de mat&#233;riel, tous les trois, cinq ou dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande majorit&#233; des ateliers sont donc arr&#234;t&#233;s, d&#233;mont&#233;s, d&#233;soss&#233;s. Toute l'usine est un v&#233;ritable chantier. Alors qu'on n'&#233;tait plus habitu&#233; &#224; voir &#231;a, il y a du monde partout, des prolos partout.Ils sont 500 &#224; &#234;tre venus pour les diff&#233;rents travaux, et il y a m&#234;me une pointe de 700 pr&#233;vue. Sur une usine qui ne compte plus que 300 salari&#233;s, &#231;a se voit.Il s'agit surtout de soudeurs, ajusteurs et m&#233;caniciens et l'usine prend des allures de chantier du BTP. Des ouvriers de diff&#233;rentes bo&#238;tes &#171; sp&#233;cialis&#233;es &#187; se croisent. Ils ont des statuts diff&#233;rents, des salaires diff&#233;rents aussi. Ils sont int&#233;rimaires la plupart du temps. C'est tr&#232;s difficile de contr&#244;ler s'ils font trop d'heures suppl&#233;mentaires ou de voir s'ils travaillent bien dans des conditions s&#233;curis&#233;es. La direction, qui a cr&#233;&#233; des cellules de surveillance, affirme qu'il n'y aura pas de d&#233;passement d'heures suppl&#233;mentaires mais, en m&#234;me temps, elle pousse &#224; la roue pour que les travaux soient faits dans un minimum de temps. En plus de ces chantiers, un nouvel atelier est en cours de construction. Du jamais-vu depuis plus de quinze ans.Il servira &#224; fabriquer de l'acide nitrique,entra&#238;nera la fermeture de deux autres unit&#233;s et surtout emploiera moins de monde pour le conduire (et de &#231;a, personne n'en parle). C'est une entreprise tch&#232;que qui g&#232;re l'affaire et le chantier est carr&#233;ment entour&#233; de grilles et de balustrades, non pas pour en interdire l'acc&#232;s, mais pour que les ouvriers polonais et tch&#232;ques venus ici ne viennent pas voir nos installations de trop pr&#232;s et, donc, faire de l'espionnage. Vu l'&#226;ge de nos installations, je ne vois pas ce qui pourrait les int&#233;resser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je ne vous dis rien sur la dizaine d'ing&#233;nieurs chinois venus se former pour g&#233;rer une installation d'engrais chez eux. Ils sont confin&#233;s dans une salle &#224; l'ext&#233;rieur de l'usine et ne peuvent voir que ce que la direction veut bien laisser transpara&#238;tre. S'ils n'ont plus de commissaire du peuple pour les accompagner, ils ne peuvent rencontrer que quelques personnes techniquement asserment&#233;es. Impossible pour nous de les c&#244;toyer. Voil&#224; ce qui se passe ce mois-ci.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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