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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>PPP : Le stade terminal du partenariat profit-profit</title>
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		<dc:creator>Nicolas de La Casini&#232;re</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Main basse sur le foot pour des stades qui co&#251;tent les yeux de la t&#234;te. Des &#233;quipements publics capt&#233;s par des jeux d'actionnaires. En juin, le stade du Mans n'a accueilli qu'un seul match, de foot f&#233;minin. En mai, une chasse aux &#339;ufs de P&#226;ques pour 200 gamins, devant les tribunes vides. Con&#231;u pour la ligue 1, livr&#233; en 2011 mais priv&#233; d'&#233;quipe pro deux ans apr&#232;s, le stade cherche &#224; limiter la casse apr&#232;s la faillite du club, finalement r&#233;trograd&#233; en division d'honneur amateur, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no123-juin-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;123 (juin 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/foot-feminin" rel="tag"&gt;foot f&#233;minin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-a-accueilli" rel="tag"&gt;n'a accueilli&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mans" rel="tag"&gt;Mans&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Main basse sur le foot pour des stades qui co&#251;tent les yeux de la t&#234;te. Des &#233;quipements publics capt&#233;s par des jeux d'actionnaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En juin, le stade du Mans n'a accueilli qu'un seul match, de foot f&#233;minin. En mai, une chasse aux &#339;ufs de P&#226;ques pour 200 gamins, devant les tribunes vides. Con&#231;u pour la ligue 1, livr&#233; en 2011 mais priv&#233; d'&#233;quipe pro deux ans apr&#232;s, le stade cherche &#224; limiter la casse apr&#232;s la faillite du club, finalement r&#233;trograd&#233; en division d'honneur amateur, l'&#233;quivalent de la 6e division. Le grand gagnant reste Vinci qui a construit le stade en PPP, partenariat public priv&#233;, et le g&#232;re pour 35 ans. Une fois le club pro (qui devait assurer la moiti&#233; des recettes) en d&#233;route, le groupe de BTP a r&#233;clam&#233; &#224; la collectivit&#233; locale le manque &#224; gagner pr&#233;vu par contrat. Clause pour &#171; al&#233;a sportif &#187;, loyer d&#251; : la contribution &#224; rallonge de la ville monte &#224; 3,4 millions d'euros par an. Et Vinci peut r&#233;silier &#224; tout moment le contrat de cette &#171; cath&#233;drale vide &#187;, en exigeant une compensation financi&#232;re, dont le montant reste un sujet de pol&#233;mique. &#201;chec patent d'un stade surdimensionn&#233; pour une &#233;quipe sans stabilit&#233; au haut niveau.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1150 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH533/foot-parpaing-441f6.jpg?1779603081' width='400' height='533' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Charmag.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Surco&#251;t d&#232;s le d&#233;part&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Marseille, la r&#233;novation du stade V&#233;lodrome, pass&#233; de 50 000 &#224; 67 000 places, &#171; &lt;i&gt;exc&#232;de largement les besoins habituels de la ville et m&#234;me les imp&#233;ratifs de l'Euro 2016&lt;/i&gt; &#187; selon la chambre r&#233;gionale des comptes qui juge le montage financier trois fois plus cher qu'un emprunt bancaire direct. Et la place cr&#233;&#233;e &#224; Marseille est deux fois plus ch&#232;re qu'au nouveau stade de Bordeaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Bordeaux, justement, le stade construit en PPP (Partenariat public-priv&#233;) par le tandem Vinci-Fayat affronte un recours g&#234;nant, engag&#233; devant le tribunal administratif par le PS local, arguant que Jupp&#233; a tromp&#233; les &#233;lus en rabotant de moiti&#233; le co&#251;t du grand stade, pr&#233;tendant un co&#251;t de 3,5 millions d'euros par an. Si les juges suivent l'argument, la Ville devrait annuler le contrat et reprendre le chantier en r&#233;gie directe avec emprunt aux banques, ou reforger un contrat plus conforme. Toujours un peu cher pour un &#233;quipement qui ne sert, en gros, que 20 &#224; 25 jours par an. Estim&#233; &#224; quelque 300 millions d'euros, l'Arena de Dunkerque a &#233;t&#233; abandonn&#233;e avant les travaux, avec quand m&#234;me 52,5 millions de d&#233;dommagements pour Vinci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Lille, le stade confi&#233; &#224; Eiffage vante sa pelouse r&#233;tractable, son toit ouvrant, et ses 50 000 places m&#234;me si elles ne sont occup&#233;es en moyenne qu'&#224; 69 %, apr&#232;s avoir cass&#233; les tarifs. Les recettes attendues par le nouvel &#233;quipement ne d&#233;collent pas de celles dans l'ancien stadium Nord. Fuite en avant : pour pallier &#224; ces d&#233;buts chaotiques, la ville a multipli&#233; les &#233;v&#232;nements, matchs de rugby, concerts, qui flinguent la pelouse. Le club doit en financer le remplacement, partiel ou total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Consortium pour stadium premium&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les stades, c'est ringard. Place aux arenas. C'est plus chic, plus fric, plein de loges VIP et de places premium pour les people et les patrons, et de pi&#232;ges &#224; consommation pour le populo. Une id&#233;e pouss&#233;e par l'UEFA (Union of European Football Associations) apr&#232;s l'Euro 2012 en Ukraine et ses inqui&#233;tudes sur les stades livr&#233;s &lt;i&gt;in extremis&lt;/i&gt;. Le toit du stade de Kiev a m&#234;me pris feu le jour du match inaugural&#8230; L'UEFA a depuis &#233;dict&#233; des exigences sans pr&#233;c&#233;dent. Exemples : un &#233;clairage surpuissant pour permettre la retransmission en haute d&#233;finition ; la mise &#224; disposition de 4 850 places VIP pendant la comp&#232;te, plus de deux fois la jauge exig&#233;e en 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces normes et contraintes ont d&#233;roul&#233; le tapis rouge aux multinationales de la finance et du BTP. Pour l'Euro 2016, les g&#233;ants du b&#233;ton ont d&#233;j&#224; gagn&#233;, gr&#226;ce aux PPP qui servent &#224; construire et g&#233;rer prisons, coll&#232;ges, hostos, universit&#233;s, LGV, tunnels ou ponts &#224; p&#233;ages. Une formule n&#233;e sous Reagan, d&#233;velopp&#233;e par Thatcher &#224; partir de 1992 et reprise par Blair. Pr&#244;n&#233; par Alain Madelin, l'artisan de sa naturalisation fran&#231;aise, le PPP peut s&#233;vir dans l'Hexagone d&#232;s juin 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est de la bombe, &#224; retardement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le vieux principe de la vie &#224; cr&#233;dit. L'op&#233;rateur priv&#233; &#8211; en France essentiellement Vinci, Bouygues et Eiffage &#8211; finance l'investissement, la collectivit&#233; r&#233;glant un loyer, &#233;tal&#233; sur 30 &#224; 50 ans. Une redevance plus exactement, qui r&#233;mun&#232;re au groupe de BTP choisi les emprunts (et le risque sur les march&#233;s financiers), et se module aussi selon les r&#233;sultats sportifs et l'affluence. Les supporters boudent ? Pas grave, ils paieront quand m&#234;me, via leurs imp&#244;ts. &#201;videmment, ce trompe-l'&#339;il co&#251;te plus cher &#224; terme, mais il offre l'illusion de pallier au budget d'investissement de la collectivit&#233;. Bingo en p&#233;riode de crise. Et les &#233;lus qui coupent le ruban de l'inauguration ne seront plus aux manettes quand il faudra rendre compte du d&#233;sastre financier, en bout du contrat. L'effet de bombe &#224; retardement financi&#232;re a pourtant &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233; par certains &#233;lus et &#233;conomistes, et pas les moins exalt&#233;s pour d&#233;fendre le lib&#233;ralisme. M&#234;me Fran&#231;ois Hollande s'y est mis, mais c'&#233;tait en campagne pour les pr&#233;sidentielles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;rives financi&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 2013, un rapport du S&#233;nat sur les financements de stades &#233;voque les PPP en criant au casse-cou &#171; &lt;i&gt; tant la diff&#233;rence peut se r&#233;v&#233;ler grande entre les flux financiers envisag&#233;s au moment de l'adoption du projet et la r&#233;alit&#233;, notamment en cas de mauvaise fortune sportive&lt;/i&gt; &#187;, ajoutant que &#171; &lt;i&gt;le PPP en &#233;talant la charge de la collectivit&#233; (loyer) sur une p&#233;riode plus longue, pr&#233;sente une risque r&#233;el de surdimensionnement du projet, que renforce la prise en compte d'hypoth&#232;ses optimistes, &#224; la fois en termes sportifs et de programmation annexe, pouvant faire para&#238;tre un &#233;quilibre financier&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Grande-Bretagne, au Canada, en France de plus en plus, les nuisances des PPP sont largement d&#233;cri&#233;es. L'accumulation d'exemples montre le poids d'&#233;tudes pr&#233;alables fantaisistes des besoins, l'opacit&#233; des proc&#233;dures, l'asym&#233;trie du pr&#233;tendu &#171; partenariat &#187;, l'explosion des loyers et les d&#233;rives hors contrat incontr&#244;lables lors de la phase gestion, les montages juridique et financier toujours verrouill&#233;s en faveur du consortium priv&#233;, et les risques support&#233;s exclusivement par la collectivit&#233;. L'autopsie d'un mirage a d&#233;j&#224; commenc&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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