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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La Vierge des clandestins</title>
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		<dc:date>2013-06-27T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Sophie Del Mambo</dc:subject>
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&lt;p&gt;Pascal est venu du S&#233;n&#233;gal au Portugal pour un p&#232;lerinage &#224; la Vierge de Fatima. Il en conserve un souvenir narquois, entre frustration de n'avoir pas pu fausser compagnie aux flics qui les escortaient et souvenir amus&#233; des rebondissements de l'aventure. Assis sur un des derniers bancs publics de Marseille pour savourer le soleil de ce 1er mai, Pascal raconte sa premi&#232;re incursion dans l'Eldorado europ&#233;en. &#171; J'avais vingt-cinq ans, j'&#233;tais menuisier &#224; mon compte &#224; Dakar et on m'a propos&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pascal est venu du S&#233;n&#233;gal au Portugal pour un p&#232;lerinage &#224; la Vierge de Fatima. Il en conserve un souvenir narquois, entre frustration de n'avoir pas pu fausser compagnie aux flics qui les escortaient et souvenir amus&#233; des rebondissements de l'aventure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Assis sur un des derniers bancs publics de Marseille pour savourer le soleil de ce 1er mai, Pascal raconte sa premi&#232;re incursion dans l'Eldorado europ&#233;en. &#171; &lt;i&gt;J'avais vingt-cinq ans, j'&#233;tais menuisier &#224; mon compte &#224; Dakar et on m'a propos&#233; un p&#232;lerinage &#224; la Vierge de Fatima. J'ai pay&#233; avec l'aide de ma famille, dans l'espoir qu'une fois au Portugal, je pourrais m'esquiver.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voyage est organis&#233; par un avocat cap-verdien. Chaque p&#232;lerin d&#233;bourse 1 200 euros, une somme que beaucoup ne gagnent m&#234;me pas en un an. &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;collage, certains ont paniqu&#233;, ils nous ont fait remarquer.&lt;/i&gt; &#187; Arriv&#233;s &#224; l'a&#233;roport de Lisbonne, les quarante-quatre p&#232;lerins sont retenus par la police des fronti&#232;res pendant plus de douze heures. &#171; &lt;i&gt;On a &#233;t&#233; entour&#233;s par des flics en civil, dans les gr&#233;sillements de talkie-walkie. Je me suis dit que c'&#233;tait foutu, j'ai &#244;t&#233; mon badge et je l'ai mis dans ma poche. L'avocat en &#233;tait &#224; son troisi&#232;me p&#232;lerinage, les autorit&#233;s voulaient le faire tomber. Ils l'ont mis sur le gril pendant deux ou trois heures, mais il avait des arguments : nous &#233;tions accompagn&#233;s d'un pr&#234;tre et lui-m&#234;me avait la double nationalit&#233;, portugaise et s&#233;n&#233;galaise.&lt;/i&gt; &#187; Pendant ce temps, les p&#232;lerins passent un par un en salle d'interrogatoire. On leur tend un pi&#232;ge : &#171; &lt;i&gt;Si tu as envie de bosser, on peut t'arranger l'affaire.&lt;/i&gt; &#187; Les deux seuls na&#239;fs qui tombent dans le panneau sont imm&#233;diatement expuls&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Pas dupe, la police nous a plac&#233;s sous surveillance.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_663 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH550/p12-sophie_raimbault-cba41.png?1768650915' width='400' height='550' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Sophie Del Mambo.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; Fatima, une patrouille stationne jour et nuit devant l'h&#244;tel. Les p&#232;lerins doivent sortir par groupes de cinq ou six, accompagn&#233;s par une paire de flics. &#171; &lt;i&gt;Un soir, l'un d'entre nous a picol&#233; et a essay&#233; de s'enfuir. Rattrap&#233;, ils l'ont expuls&#233;. Nous &#233;tions furax, &#224; cause de lui, la surveillance s'est encore renforc&#233;e : &#224; pr&#233;sent, chaque groupe &#233;tait escort&#233; par quatre ou cinq policiers. Ils ont fait le p&#232;lerinage avec nous ! &lt;/i&gt; &#187; Jusqu'au point de finir par les trouver attachants&#8230; &#171; &lt;i&gt;De retour &#224; Lisbonne, les flics qui dormaient dans la bagnole gar&#233;e devant notre h&#244;tel nous ont propos&#233; de traverser le pont m&#233;tallique qui enjambe le Tage pour aller visiter un monast&#232;re. Avant de rentrer en ville, nous avons mang&#233; ensemble dans un restaurant et j'ai bu de l'alcool pour la premi&#232;re fois, une poire d&#233;licieuse. En me voyant grimacer, les flics &#233;taient hilares. J'en avais pris mon parti. Perdu pour perdu, autant savourer l'aventure, je n'aurai peut-&#234;tre plus jamais l'occasion de revenir. Ces policiers portugais, qui parlaient fran&#231;ais, n'&#233;taient pas m&#233;chants.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;s &#224; la fin du s&#233;jour, il n'y a pas assez de place dans l'avion du retour. &#171; &lt;i&gt;Je me porte volontaire pour embarquer dans un vol de Sabena, sans savoir qu'il fait escale &#224; Bruxelles. L&#224;, gr&#226;ce &#224; ma casquette du Benfica, un douanier m'invite &#224; voir un match de foot dans sa gu&#233;rite. Pour les plus &#226;g&#233;s d'entre nous, l'aventure a &#233;t&#233; v&#233;cue comme un &#233;chec cuisant. Nous, les plus jeunes, on a pris &#231;a comme des vacances, un coup d'essai&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La le&#231;on que j'en ai tir&#233;e, c'est qu'il faut passer seul. En 2001, je suis revenu avec un visa de commer&#231;ant et une invitation sign&#233;e par une bo&#238;te allemande d'export-import qui certifiait que j'allais acheter des BMW pour les revendre au pays&lt;/i&gt;. &#187; Vol Dakar-Madrid, puis Madrid-Munich. &#171; &lt;i&gt;L&#224;, j'ai &#233;t&#233; mis &#224; poil et fouill&#233; au corps. J'&#233;tais le seul Black dans l'avion : ils m'ont pris pour une mule du trafic de drogue !&lt;/i&gt; &#187; Pour obtenir le visa, il faut laisser une caution de 1 500 euros &#224; l'ambassade allemande de Dakar, suppos&#233;e garantir le retour du voyageur. &#171; &lt;i&gt;Une fois en Europe, j'ai envoy&#233; mon passeport &#224; un ami rest&#233; au pays et il est pass&#233; r&#233;cup&#233;rer l'argent. Comme les Blancs ont du mal &#224; reconna&#238;tre un Noir d'un autre, les fonctionnaires lui ont rendu l'argent et le copain a pay&#233; les gars qui m'avaient fourni les fiches de paye n&#233;cessaires au dossier&#8230;&lt;/i&gt; &#187; De Munich, Pascal passe en Italie, puis au Portugal et enfin &#224; Marseille. &#171; &lt;i&gt;J'ai abandonn&#233; la menuiserie. Ici, les gens ne valorisent pas l'artisanat, ils pr&#233;f&#232;rent acheter dans les grandes surfaces. Je viens de passer mon permis poids lourds.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'entr&#233;e du jardin d'enfants, une bande de pr&#233;-ados s'embrouille avec deux passants. Insultes, bousculade, une bouteille vide explose sur l'asphalte, &#224; deux pas des bambins qui jouent sur le toboggan. Pascal hausse les &#233;paules : &#171; &lt;i&gt;Personne ne dit rien. C'est le style de vie occidental : chacun pour soi.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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