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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>1918 : Les conseils ouvriers en Allemagne</title>
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		<dc:creator>Jules Hy&#233;nasse</dc:creator>


		<dc:subject>Les vieux dossiers</dc:subject>
		<dc:subject>Suppl&#233;ment</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;En hommage &#224; notre ami, po&#232;te, &#233;crivain et bon vivant Arthur (dit Mahatma Kane, dit Jean-Paul Musigny, dit Ad&#232;le Zwicker, etc...) qui nous a r&#233;cemment quitt&#233;, CQFD met en ligne ce &#034;Vieux dossier&#034; exclusif en fran&#231;ais. Il fut publi&#233; en espagnol sous le titre &#171; 1918. Alemania. La revoluci&#243;n de los consejos &#187; dans l'ouvrage D&#205;AS REBELDES, Octaedro, 2009. Jamais peut-&#234;tre n'a-t-on menti de fa&#231;on aussi &#233;hont&#233;e &#224; propos d'&#233;v&#233;nements historiques qu'au sujet de la r&#233;volution allemande qui &#233;clata (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no126-novembre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;126 (novembre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Diete" rel="tag"&gt;Di&#232;te&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En hommage &#224; notre ami, po&#232;te, &#233;crivain et bon vivant Arthur (dit Mahatma Kane, dit Jean-Paul Musigny, dit Ad&#232;le Zwicker, etc...) qui nous a r&#233;cemment quitt&#233;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; met en ligne ce &#034;Vieux dossier&#034; exclusif en fran&#231;ais. Il fut publi&#233; en espagnol sous le titre &#171; 1918. Alemania. La revoluci&#243;n de los consejos &#187; dans l'ouvrage &lt;i&gt;D&#205;AS REBELDES&lt;/i&gt;, Octaedro, 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1229 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH347/berlin-1919-58567.jpg?1779617245' width='500' height='347' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;J&lt;/span&gt;amais peut-&#234;tre n'a-t-on menti de fa&#231;on aussi &#233;hont&#233;e &#224; propos d'&#233;v&#233;nements historiques qu'au sujet de la r&#233;volution allemande qui &#233;clata dans les premiers jours de novembre 1918 et emporta en moins d'une semaine la monarchie bavaroise et le IIe Reich allemand. Autant dans l'histoire enseign&#233;e en Allemagne qu'ailleurs, ce mensonge d&#233;lib&#233;r&#233; et ce silence int&#233;ress&#233; servent &#233;videmment &#224; masquer les enjeux d'un assaut central men&#233; contre ce vieux monde qui venait de montrer ce dont il &#233;tait capable : quatre ans et demi d'une h&#233;catombe mondiale sans pr&#233;c&#233;dent. La r&#233;volution en Allemagne, qui &#233;tait en 1913 la puissance industrielle dominante, mena&#231;ait d'&#234;tre le pivot d'un bouleversement radical de l'h&#233;g&#233;monie du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kiel, dimanche 3 novembre 1918.&lt;/strong&gt; Les marins de la 3e escadre de la flotte de la Baltique, qui comptaient comme la veille se r&#233;unir &#224; la maison syndicale, la trouvent ferm&#233;e. Ils tiennent un meeting sur la grande place d'exercice, derri&#232;re la Waldwiese, o&#249; ils sont rejoints par des ouvriers. Et c'est une imposante manifestation qui s'&#233;branle maintenant &#224; travers la ville. A un coin de rue, elle se trouve nez &#224; nez avec une patrouille, command&#233;e par un lieutenant, qui les somme de se disperser. Personne ne bouge. Un ordre sec : &#171; &lt;i&gt;Feu !&lt;/i&gt; &#187; Les salves couchent neuf morts et vingt-neuf bless&#233;s sur la chauss&#233;e. Mais tandis que la foule s'&#233;parpille, un matelot &#233;paule son arme et tue le lieutenant Steinh&#228;user. Cette riposte claque comme le coup d'envoi de la r&#233;volution en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au matin du 4 novembre, les matelots savent qu'il n'y a plus pour eux de retour en arri&#232;re possible. Ils &#233;lisent des conseils de soldats, d&#233;sarment leurs officiers et hissent le drapeau rouge sur leurs navires. Puis ils descendent &#224; terre arm&#233;s, sous l'&#233;gide de leurs conseils, dont un certain Artelt, quartier-ma&#238;tre, a pris la t&#234;te ; ils occupent sans r&#233;sistance la prison militaire et en d&#233;livrent leurs camarades, les mutin du Thuringe et de l'H&#233;ligoland &#8211; plus d'un millier &#8211; qu'ils avaient transport&#233;s depuis Wilhelmshaven trois jours auparavant. D'autres s'emparent des b&#226;timents publics, et d'autres encore de la gare, faisant ainsi mentir L&#233;nine qui aimait &#224; railler les r&#233;volutionnaires allemands en pr&#233;tendant qu'ils ne sauraient occuper une gare avant l'ouverture des guichets &#8211; pour y acheter un billet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apr&#232;s-midi, un d&#233;tachement de l'arm&#233;e, envoy&#233; pour r&#233;duire le soul&#232;vement des marins, fraternise. Le commandant de la place doit s'incliner devant les conseils de soldats. L'infanterie de marine se solidarise ; les dockers d&#233;cr&#232;tent la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Le soir m&#234;me, Kiel est aux mains de 40 000 matelots et soldats insurg&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1230 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH333/die-aktion-folyoirat-e7a9b.jpg?1779610201' width='400' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 9 novembre, Berlin&lt;/strong&gt; est aux mains des conseils d'ouvriers et de soldats. En cinq jours, du 5 au 9 novembre, les conseils ouvriers se sont &#233;tendus &#224; toute l'Allemagne. Le Kaiser Guillaume II est forc&#233; &#224; l'exil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 1918, Munich est l'une des places fortes de la R&#233;volution allemande. Le jeudi 7 novembre, un grand rassemblement de masse a lieu dans la Theresienwise. Les orateurs socialistes se succ&#232;dent &#224; la tribune et le journaliste Kurt Eisner appelle les soldats &#224; se mutiner et &#224; s'emparer des casernes, ce qu'ils font sans tarder ; ils prennent aussi la rue et les b&#226;timents publics. La Di&#232;te accueille la premi&#232;re s&#233;ance des conseils, au cours de laquelle la R&#233;publique est proclam&#233;e et Eisner est nomm&#233; pr&#233;sident du Conseil.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, &#233;tat de si&#232;ge. Il n' y avait plus d'autorit&#233; constitu&#233;e en-dehors des conseils.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est en se rendant le 21 f&#233;vrier &#224; la s&#233;ance d'ouverture de la Di&#232;te qu'Eisner tomba sous les balles du comte Arco-Valley, qui avait &#233;t&#233; exclu de la soci&#233;t&#233; de Thul&#233; pour avoir cach&#233; que sa m&#232;re &#233;tait juive et tenait &#224; &#171; &lt;i&gt; prouver que m&#234;me un demi-juif est capable d'une action h&#233;ro&#239;que&lt;/i&gt; &#187;, comme devait plus tard l'&#233;crire le fondateur de cette officine raciste, Rudolf von Sebottendorff. Eisner succomba aussit&#244;t. Sous l'effet de la panique, la Di&#232;te se dispersa. La Bavi&#232;re se retrouvait sans gouvernement. Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, &#233;tat de si&#232;ge. Il n' y avait plus d'autorit&#233; constitu&#233;e en-dehors des conseils. Le Conseil central, pr&#233;sid&#233; par Ernst Niekisch, tenta de trouver un compromis entre le syst&#232;me des conseils, les partis socialistes et la Di&#232;te. Or tout poussait &#224; la constitution d'une r&#233;publique des conseils, qui se vit encourag&#233;e par la proclamation le 21 mars de la R&#233;publique des conseils de Hongrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouvait au sein du mouvement r&#233;volutionnaire un groupe d'intellectuels, hommes d'une grande probit&#233;, des po&#232;tes expressionnistes comme Erich M&#252;hsam et Ernst Toller, des th&#233;oriciens universitaires tel l'historien de la litt&#233;rature Gustav Landauer, auxquels on peut ajouter les &#233;conomistes Otto Neurath et Silvio Gesell. Mais &#233;galement Ret Marut, l'agitateur des cahiers antimilitaristes Der Ziegelbrenner (&#171; le fondeur de briques &#187;), dont le premier num&#233;ro avait &#233;clat&#233; comme une bombe le 1er septembre 1917 ; revue qui avait le format et l'aspect d'une brique sous une couverture d'un rouge incandescent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la nuit 13 avril&lt;/strong&gt;, un putsch militaire, qui &#233;choua, parvint &#224; arr&#234;ter une douzaine des conseillistes les plus en vue, dont M&#252;hsam et Max Levien. Au cours d'une sanglante bataille de rues qui d&#233;buta sur la Marienplatz et s'acheva cinq heures plus tard par la prise d'assaut de la gare, les troupes de Schneppenhorst furent battues par des forces rouges improvis&#233;es, command&#233;es par le matelot Rudolf Eglhofer. Les putschistes s'enfuirent par le train. Une autre tentative de prendre Munich se solda trois jours plus tard par une d&#233;faite : le 16 avril, l'&#171; Arm&#233;e rouge &#187; command&#233;e par le po&#232;te Ernst Toller d&#233;fit ses adversaires &#171; blancs &#187; &#224; Dachau et occupa la ville.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1231 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH601/george-grosz-37ac7.jpg?1779610201' width='400' height='601' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Hoffmann fit appel &#224; Noske. On lui envoya 20 000 hommes des corps francs prussiens et wurtembourgeois qui firent irruption en Bavi&#232;re par l'ouest et le nord, et s'y comport&#232;rent comme des troupes d'occupation en pays conquis. Le territoire contr&#244;l&#233; par Munich isol&#233;, soumis au blocus, fut rapidement au bord de la famine. Devant la p&#233;nurie de r&#233;serves mon&#233;taires, le communiste Eugen L&#233;vin&#233; dut r&#233;quisitionner les comptes bancaires et les stocks de vivres ; des mesures d&#233;sesp&#233;r&#233;es. Le 30 avril, les troupes de Noske s'engouffr&#232;rent dans Munich de trois c&#244;t&#233;s &#224; la fois. La derni&#232;re r&#233;sistance cessa dans l'apr&#232;s-midi du 2 mai. Alors s'ensuivit une &#171; terreur blanche &#187; telle qu'aucune ville d'Allemagne n'en avait encore connue. La chasse aux &#171; spartakistes &#187; se prolongea une semaine enti&#232;re. Les tribunaux militaires et sp&#233;ciaux prirent le rel&#232;ve : les condamnations &#224; mort y tombaient comme gr&#234;le.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1232 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH339/gert-arntz-grafik1-31fc0.jpg?1779602912' width='400' height='339' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'explosion des masses &#224; Berlin le 5 janvier&lt;/strong&gt; fut spontan&#233;e, sous un pr&#233;texte des plus triviaux : Eichhorn, r&#233;voqu&#233; de la pr&#233;fecture de police, refusait d'obtemp&#233;rer. Le samedi 4 au soir, &#224; la pr&#233;fecture, une r&#233;union entre Eichhorn, Georg Ledebour (pr&#233;sident de l'USPD), des d&#233;l&#233;gu&#233;s r&#233;volutionnaires et Liebknecht et Wilhelm Pieck (du Parti communiste qui venait de se constituer le 30 d&#233;cembre) appel&#232;rent &#224; &#171; &lt;i&gt;un imposant meeting dans la Siegesallee&lt;/i&gt; &#187; pour le lendemain 14 heures. Ce dimanche, d&#232;s la matin&#233;e, d'&#233;normes foules, souvent arm&#233;es, converg&#232;rent vers le centre de Berlin, r&#233;solues &#224; l'action. Le quartier de la presse fut investi, les principaux &#233;diteurs (Scherl, Ullstein, Mosse, le Vorw&#228;rts) occup&#233;s, les rotatives r&#233;duites au silence ; d'autres groupes s'empar&#232;rent des grandes gares. Les organisateurs furent les premiers surpris de cette avalanche. Le soir, 86 personnes se retrouv&#232;rent &#224; la Pr&#233;fecture (dont 70 d&#233;l&#233;gu&#233;s r&#233;volutionnaires et dix dirigeants de l'aile gauche de l'USPD) pour mettre sur pied un &#171; comit&#233; r&#233;volutionnaire provisoire &#187; de cinquante-trois membres. Une proclamation est lanc&#233;e dans la nuit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ouvriers ! Soldats ! Camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous avez montr&#233; dimanche avec la derni&#232;re &#233;nergie votre volont&#233; de ne pas laisser impuni le dernier mauvais coup du gouvernement Ebert-Scheidemann couvert de sang. Il s'agit d&#233;sormais d'aller plus loin. Il faut mettre un frein &#224; toutes les men&#233;es contre-r&#233;volutionnaires ! Sortez des usines ! Venez en masse aujourd'hui &#224; 11 heures dans la Siegesallee ! Il s'agit de raffermir la r&#233;volution et de la mener jusqu'au bout. En avant pour le socialisme ! Luttons pour le pouvoir du prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire ! A bas le gouvernement Ebert-Scheidemann ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Le soir du 6 janvier, quoiqu'on n'en s&#251;t encore rien, la r&#233;volution &#233;tait morte&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les masses ouvri&#232;res descendirent dans la rue mais, &#224; part quelques nouvelles occupations qui furent le fait de groupes isol&#233;s, rien ne se passa. Les garnisons h&#233;sitaient &#224; se lancer dans la bataille. La Division populaire de Marine elle-m&#234;me se pronon&#231;a pour la neutralit&#233;. Le Comit&#233; r&#233;volutionnaire, qui s'&#233;tait transport&#233; au Marstall, fut invit&#233; &#224; d&#233;camper. Les rassemblements se dispers&#232;rent peu &#224; peu. Le soir du 6 janvier, quoiqu'on n'en s&#251;t encore rien, la r&#233;volution &#233;tait morte. Les jours suivants, la situation pourrit lentement. Les commissaires ind&#233;pendants exclus s'offrirent pour une m&#233;diation, ce qu'Ebert accepta bien volontiers, ce qui permit au SPD de relever la t&#234;te. La bataille d&#233;cisive fait rage du 9 au 12 janvier 1919. Dans les rues de Berlin, les troupes de la r&#233;pression, assez disparates &#8211; il s'agit des fameux &#171; Hannetons &#187;, ainsi qu'on surnomme les fusiliers de la Garde, du nouveau &#171; r&#233;giment Reichstag &#187; asserment&#233; &#224; Ebert, du r&#233;giment de volontaires d'extr&#234;me droite de Reinhard constitu&#233; &#224; l'occasion des troubles de No&#235;l et enfin des bataillons de Potsdam, r&#233;organis&#233;s apr&#232;s l'attaque faillie du Ch&#226;teau sous les ordres du major von Stephani &#8211;, se battent maison par maison pour reprendre l'un apr&#232;s l'autre les b&#226;timents occup&#233;s. Le choc le plus meurtrier fut la reconqu&#234;te du Vorw&#228;rts le 11 qui s'acheva dans un bain de sang. La Pr&#233;fecture fut la derni&#232;re place &#224; tomber le dimanche 12.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement &#233;cras&#233;, les corps francs de Maercker et l'&#233;tat-major de L&#252;ttwitz firent sans coup f&#233;rir une entr&#233;e fracassante dans Berlin sous les vivats de la populace des bourgeois. On remit &#224; plus tard l'occupation des quartiers ouvriers du nord et de l'est de la ville, mais cette d&#233;monstration n'&#233;tait qu'un pr&#233;lude. La Division des cavaliers de la Garde du capitaine Waldemar Pabst &#233;tablit son quartier g&#233;n&#233;ral &#224; l'H&#244;tel Eden, promettant par affiches de &#171; &lt;i&gt;ne pas quitter la capitale jusqu'&#224; ce que l'ordre soit d&#233;finitivement r&#233;tabli&lt;/i&gt; &#187;. D&#232;s son installation le 15 janvier, elle pr&#233;senta sa carte de visite : le meurtre de Karl Liebknecht et de Rosa Luxemburg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La derni&#232;re heure de la r&#233;volution avait sonn&#233;.&lt;/strong&gt; L'un des hommes les plus courageux du mouvement r&#233;volutionnaire et la th&#233;oricienne la plus lucide de sa g&#233;n&#233;ration, la seule &#224; &#234;tre capable de critiquer &#224; la fois Bebel et Kautsky, L&#233;nine et Trotski, Jaur&#232;s et Pilsudski, furent jet&#233;s en p&#226;ture &#224; la soldatesque et abattus comme des chiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur assassinat signifiait celui du courage sup&#233;rieur, de l'intelligence sup&#233;rieure, et en fin de compte l'assassinat de l'irr&#233;futable v&#233;rit&#233;. Mais il constitua encore et surtout le coup d'envoi des milliers d'assassinats qui suivirent et soulign&#232;rent l'&#232;re de Noske de leur trace sanglante, annon&#231;ant les meurtres en s&#233;rie par lesquels devait bient&#244;t se signaler l'&#232;re de Hitler. Les sociaux-d&#233;mocrates venaient de d&#233;montrer qu'ils n'avaient rien &#224; envier &#224; la f&#233;rocit&#233; des Versaillais.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1233 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH535/spartakus-a5246.jpg?1779610201' width='400' height='535' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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