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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Il est n&#233; le divin Marabout</title>
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		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


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&lt;p&gt;Dernier arriv&#233; dans la constellation des publications ind&#233;pendantes, la revue Jef Klak ne fait pas dans la demi-mesure : son premier num&#233;ro, &#171; Marabout &#187;, fait 304&#8200;pages ! Le Chien rouge a rencontr&#233; ces dr&#244;les d'oiseaux. CQFD : Salut Jef ! Comment est n&#233;e cette revue ? Jef Klak : C'&#233;tait un processus long ! &#199;a fait deux ans qu'on travaille sur ce projet&#8230; Et on l'a boucl&#233; cet &#233;t&#233; dans votre accueillant local marseillais. Au d&#233;but, il y avait un tout petit groupe avec l'envie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no125-octobre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;125 (octobre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Medias-8" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/exemple" rel="tag"&gt;exemple&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jef-Klak-1440" rel="tag"&gt;Jef Klak&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dernier arriv&#233; dans la constellation des publications ind&#233;pendantes, la revue &lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jef Klak est le Monsieur Tout le Monde flamand.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ne fait pas dans la demi-mesure : son premier num&#233;ro, &#171; Marabout &#187;, fait 304&#8200;pages ! Le Chien rouge a rencontr&#233; ces dr&#244;les d'oiseaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Salut Jef ! Comment est n&#233;e cette revue&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marabout, n&#176;1 de Jef Klak. 304 pages couleurs. En vente en librairie pour 16 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1218 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH601/p02-jef-klak-b6cf3.jpg?1782640209' width='400' height='601' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jef Klak : &lt;/strong&gt; C'&#233;tait un processus long ! &#199;a fait deux ans qu'on travaille sur ce projet&#8230; Et on l'a boucl&#233; cet &#233;t&#233; dans votre accueillant local marseillais. Au d&#233;but, il y avait un tout petit groupe avec l'envie d'ouvrir un espace de discussion entre nous et avec des lecteurs &#224; travers une revue. Mais on ne savait pas du tout comment serait cette revue. On a d'abord voulu cr&#233;er un collectif qui puisse d&#233;cider ensemble de ce qu'il voulait r&#233;aliser. &#199;a n'a pas toujours &#233;t&#233; facile, &#233;videmment. A chaque r&#233;union, nous &#233;tions de plus en plus nombreux : des journalistes ind&#233;pendants&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dont quelques plumes issues de nos colonnes.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, des libraires, des ch&#244;meurs, des avocats, etc. Tous b&#233;n&#233;voles. Et &#231;a a march&#233; ! Notre premi&#232;re satisfaction, c'est quand m&#234;me d'avoir r&#233;uni un collectif d'une trentaine de personnes qui fonctionnent bien ensemble. Et c'est collectivement que nous avons d&#233;cid&#233; de la forme de la revue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est-&#224;-dire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord le choix de la comptine &#171; &lt;i&gt; Marabout, bout de ficelle, selle de&lt;/i&gt; &lt;i&gt;cheval&#8230;&lt;/i&gt; &#187; pour nommer les num&#233;ros. Le prochain, &#231;a sera donc &#171; Bout de ficelle &#187; et il traitera du tissu. Puis apr&#232;s, &#171; Selle de cheval &#187;, o&#249; on parlera du transport, etc. Ensuite, on a voulu que la revue soit ouverte &#224; d'autres univers que le journalisme avec de la litt&#233;rature, de la po&#233;sie. Puis s'est ajout&#233;e l'id&#233;e de faire aussi un CD et un site Internet compl&#233;mentaire. Une certaine volont&#233; d'aborder la politique par la bande, moins frontalement que ce que certains connaissaient&#8200;&#8211;&#8200;critique de la technologie, de la r&#233;pression, mais les questions sociales ou de genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et c'est particuli&#232;rement visible avec le premier num&#233;ro, &#171; Marabout : Croire, pouvoir &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aborder les th&#232;mes de la croyance, de la spiritualit&#233;, ce n'est pas facile car on a l'impression que ce sont des sujets r&#233;gl&#233;s depuis longtemps par les &#171; anciens &#187; r&#233;volutionnaires de gauche : critique de la domination de la religion &#171; opium du peuple &#187;, des superstitions au service des puissants. On a voulu se laisser la possibilit&#233; de la na&#239;vet&#233;, nous confronter &#224; ces questions qu'on n'a plus trop l'habitude d'aborder. L'id&#233;e est venue d'abord de la comptine avec &#171; Marabout &#187;, et d'une anecdote rapport&#233;e par une copine libraire : une cliente lui disait qu'avec Amazon, elle aurait le livre command&#233;, d&#232;s le lendemain, comme par magie. &#201;videmment, il n'y a rien de magique l&#224;-dedans, mais une certaine organisation du travail et de la technologie. Donc on a voulu d&#233;construire cette &#171; magie contemporaine &#187;, celle des choses dont on ne veut pas savoir comment elles marchent. Mais aussi repartir &#224; la d&#233;couverte des vertus de la &#171; magie &#187;, remettre en valeur des pratiques et des pens&#233;es diff&#233;rentes du positivisme, du mat&#233;rialisme. Explorer quelques pistes de r&#233;flexion politique, d'organisation sociale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par exemple ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, l'article sur les groupes d'entendeurs de voix : comment ces gens, qui entendent des choses qui n'existent pas rationnellement, peuvent s'organiser pour faire de ce que la science et la m&#233;decine psychiatrique d&#233;signent comme une tare, une force, une alli&#233;e dans leur vie quotidienne ? En gros, on s'est beaucoup int&#233;ress&#233;s aux zones grises entre rationalit&#233; et irrationalit&#233;&#8200;&#8211;&#8200;dont la s&#233;paration est d'ailleurs souvent d&#233;termin&#233;e par les repr&#233;sentants d'un savoir &#171; officiel &#187;. Par exemple, la proclamation des &#171; vrais &#187; miracles de Lourdes m&#234;le avis scientifiques et int&#233;r&#234;ts de l'&#201;glise catholique. Ailleurs, ce sont des h&#244;pitaux &#224; la technicit&#233; de pointe qui font appel &#224; des &#171; gu&#233;risseurs &#187; pour soigner de graves br&#251;lures, sans comprendre ces pratiques. Et, dernier exemple, la sorcellerie, souvent vue comme une pratique archa&#239;que, poss&#232;de un pouvoir &#233;mancipateur extr&#234;mement puissant. Ce qui nous int&#233;resse, ce sont les imbrications entre diff&#233;rents modes de pens&#233;es et de pratiques, tout en ayant &#224; l'esprit que les effets de domination (et de sape) sont tr&#232;s forts sur les pratiques consid&#233;r&#233;es comme populaires, non scientifiques, non marchandes, etc. L'id&#233;e est de montrer comment tout cela cohabite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et le prochain num&#233;ro ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bout de ficelle &#187; sortira en avril. Il traitera du tissu : du textile bien s&#251;r, mais aussi du tissu urbain, du tissu organique&#8230; De la r&#233;cup' de fringues survaloris&#233;es aux questions de la chirurgie esth&#233;tique r&#233;paratrice, de comment l'expression &#171; tissu urbain &#187; appara&#238;t, o&#249; et quand la communaut&#233; urbaine se d&#233;tricote. Peut-on parler de mode vestimentaire avec nos positions politiques ? (Rires) On a encore pas mal de travail sur le m&#233;tier &#224; tisser ! Et surtout &#8211; enfin on va tout faire pour &#231;a &#8211; il y aura un article exclusif de l'excellent publiciste Julien Tewfiq. Mais j'en dis pas plus, &#231;a sera la surprise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Jef Klak&lt;/i&gt; est le Monsieur Tout le Monde flamand.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Marabout, n&#176;1 de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://jefklak.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jef Klak&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. 304 pages couleurs. En vente en librairie pour 16 euros depuis le 18 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dont quelques plumes issues de nos colonnes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Parcours du combattant</title>
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		<dc:date>2009-03-29T11:53:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Lindingre</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;CE QU'IL Y A DE FOU dans le monde de l'entreprise, c'est qu'il y a toujours quelque chose qui s'y passe. Les patrons sont toujours &#224; l'aff&#251;t et veulent nous faire payer au minimum le fait de travailler, tout comme nous essayons de travailler le moins possible et de monnayer au maximum le temps que nous perdons pour eux. Derni&#232;re trouvaille en date des patrons, le licenciement pour &#171; inaptitude &#187;. &#199;a permet aux patrons et DRH de se sentir les cuisses propres alors qu'ils lourdent sans &#233;tats (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no64-fevrier-2009" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;64 (f&#233;vrier 2009)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lindingre" rel="tag"&gt;Lindingre&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CE QU'IL Y A DE FOU&lt;/strong&gt; dans le monde de l'entreprise, c'est qu'il y a toujours quelque chose qui s'y passe. Les patrons sont toujours &#224; l'aff&#251;t et veulent nous faire payer au minimum le fait de travailler, tout comme nous essayons de travailler le moins possible et de monnayer au maximum le temps que nous perdons pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re trouvaille en date des patrons, le licenciement pour &#171; inaptitude &#187;. &#199;a permet aux patrons et DRH de se sentir les cuisses propres alors qu'ils lourdent sans &#233;tats d'&#226;me, non pas parce qu'ils veulent se d&#233;barrasser de quelqu'un mais parce que ce salari&#233; ne correspond plus &#224; ce que demande la soci&#233;t&#233;, pire, qu'il n'y a plus de place pour lui. Erik est un copain qui a &#233;t&#233; embauch&#233; dans la bo&#238;te,&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_409 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L424xH388/100lindingre-79aed.jpg?1782645974' width='424' height='388' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Lindingre
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;il y a trente-deux ans. Peut-&#234;tre pas le meilleur &#233;l&#233;ment aux yeux de la hi&#233;rarchie, mais il faisait son taf et &#233;tait plut&#244;t appr&#233;ci&#233; de ses coll&#232;gues. Au bout de quinze ans dans l'usine de Rouen, il a fait une demande afin d'&#234;tre mut&#233; &#224; la raffinerie Total du Havre. Pour toute r&#233;ponse Erik a &#233;t&#233; d&#233;plac&#233; dans un autre atelier de l'usine rouennaise. Le probl&#232;me, c'est que cet atelier &#233;tait ancien et devait fermer un an plus tard. Du coup tout le personnel de ce secteur dut partir,par mesure de pr&#233;retraite ou &#234;tre mut&#233; un peu partout en France. La direction lui proposa Waziers dans le Nord, pr&#232;s de Douai, &#231;'aurait &#233;t&#233; trop simple qu'Erik soit envoy&#233; au Havre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se retrouva dans le Nord, ce qui entra&#238;na son divorce ainsi qu'un certain accommodement avec la bouteille.N'emp&#234;che qu'il bossa (un boulot moins int&#233;ressant) et milita &#224; la CGT. Au bout de dix ans, le site de Waziers ferma, lui aussi. Apr&#232;s des mois de lutte, Erik fit partie des mut&#233;s et retourna en Seine-Maritime, &#224; Oissel, dans une vieille unit&#233;. Nouveau divorce. Et ce n'&#233;tait pas fini : &#231;a faisait &#224; peine cinq ans qu'Erik &#233;tait &#224; Oissel que le site ferma &#233;galement. Il se retrouva affect&#233; de nouveau &#224; son point de d&#233;part : l'usine pr&#232;s de Rouen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que, depuis, son &#233;tat de sant&#233; s'est plut&#244;t d&#233;grad&#233;, qu'il fait de l'hypertension, a des probl&#232;mes de dos et, m&#234;me s'il n'est pas v&#233;ritablement alcoolique,il ne crache pas dessus. Il ne peut plus faire les quarts ni porter de charges lourdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En arrivant sur le site, tout le monde savait (la direction aussi) qu'il ne pouvait pas faire certains travaux. Il fut plac&#233; &#224; la manutention en syst&#232;me 3/8. Le m&#233;decin du travail l'a d&#233;clar&#233; inapte &#224; ce poste. La direction aurait voulu le licencier qu'elle ne s'y serait pas prise autrement, d'autant qu'il y avait des possibilit&#233;s de travail &#224; la journ&#233;e dans d'autres secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de six mois, la direction ne lui proposa qu'un travail &#224; Albertville, en Savoie. Lui qui avait &#233;t&#233; transbahut&#233; sur diverses usines,fallait oser. En d&#233;cembre dernier, Erik a &#233;t&#233; licenci&#233; sans pr&#233;avis, avec un solde de tout compte &lt;i&gt;a minima&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une p&#233;riode de d&#233;pression qui aurait pu faire que je vous aurais encore &#233;crit une histoire qui finit mal, Erik a repris du poil de la b&#234;te et passe &#224; l'attaque avec les Prud'hommes pour licenciement &#171; sans cause r&#233;elle ni s&#233;rieuse &#187;. Il devrait gagner facilement car la direction, par des tas d'irr&#233;gularit&#233;s, lui offre un boulevard. Mais tout cela aboutira dans combien de temps ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste qu'&#224; l'usine une nouvelle menace de licenciement pour inaptitude se profile pour un autre copain. &#199;a n'arr&#234;te jamais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Parcours du combattant</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Parcours-du-combattant</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Havre</dc:subject>
		<dc:subject>Direction</dc:subject>
		<dc:subject>bout</dc:subject>
		<dc:subject>Erik</dc:subject>
		<dc:subject>FOU</dc:subject>
		<dc:subject>patrons</dc:subject>
		<dc:subject>qu'ils veulent</dc:subject>

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&lt;p&gt;CE QU'IL Y A DE FOU dans le monde de l'entreprise, c'est qu'il y a toujours quelque chose qui s'y passe. Les patrons sont toujours &#224; l'aff&#251;t et veulent nous faire payer au minimum le fait de travailler, tout comme nous essayons de travailler le moins possible et de monnayer au maximum le temps que nous perdons pour eux. Derni&#232;re trouvaille en date des patrons, le licenciement pour &#171; inaptitude &#187;. &#199;a permet aux patrons et DRH de se sentir les cuisses propres alors qu'ils lourdent sans &#233;tats (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;CE QU'IL Y A DE FOU dans le monde de l'entreprise, c'est qu'il y a toujours quelque chose qui s'y passe. Les patrons sont toujours &#224; l'aff&#251;t et veulent nous faire payer au minimum le fait de travailler, tout comme nous essayons de travailler le moins possible et de monnayer au maximum le temps que nous perdons pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re trouvaille en date des patrons, le licenciement pour &#171; inaptitude &#187;. &#199;a permet aux patrons et DRH de se sentir les cuisses propres alors qu'ils lourdent sans &#233;tats d'&#226;me, non pas parce qu'ils veulent se d&#233;barrasser de quelqu'un mais parce que ce salari&#233; ne correspond plus &#224; ce que demande la soci&#233;t&#233;, pire, qu'il n'y a plus de place pour lui. Erik est un copain qui a &#233;t&#233; embauch&#233; dans la bo&#238;te, il y a trente-deux ans.Peut-&#234;tre pas le meilleur &#233;l&#233;ment aux yeux de la hi&#233;rarchie, mais il faisait son taf et &#233;tait plut&#244;t appr&#233;ci&#233; de ses coll&#232;gues.Au bout de quinze ans dans l'usine de Rouen,il a fait une demande afin d'&#234;tre mut&#233; &#224; la raffinerie Total du Havre. Pour toute r&#233;ponse Erik a &#233;t&#233; d&#233;plac&#233; dans un autre atelier de l'usine rouennaise. Le probl&#232;me, c'est que cet atelier &#233;tait ancien et devait fermer un an plus tard. Du coup tout le personnel de ce secteur dut partir,par mesure de pr&#233;retraite ou &#234;tre mut&#233; un peu partout en France. La direction lui proposa Waziers dans le Nord, pr&#232;s de Douai, &#231;'aurait &#233;t&#233; trop simple qu'Erik soit envoy&#233; au Havre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se retrouva dans le Nord, ce qui entra&#238;na son divorce ainsi qu'un certain accommodement avec la bouteille.N'emp&#234;che qu'il bossa (un boulot moins int&#233;ressant) et milita &#224; la CGT. Au bout de dix ans, le site de Waziers ferma, lui aussi. Apr&#232;s des mois de lutte, Erik fit partie des mut&#233;s et retourna en Seine-Maritime, &#224; Oissel, dans une vieille unit&#233;. Nouveau divorce. Et ce n'&#233;tait pas fini : &#231;a faisait &#224; peine cinq ans qu'Erik &#233;tait &#224; Oissel que le site ferma &#233;galement. Il se retrouva affect&#233; de nouveau &#224; son point de d&#233;part :l'usine pr&#232;s de Rouen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que, depuis, son &#233;tat de sant&#233; s'est plut&#244;t d&#233;grad&#233;, qu'il fait de l'hypertension, a des probl&#232;mes de dos et, m&#234;me s'il n'est pas v&#233;ritablement alcoolique,il ne crache pas dessus. Il ne peut plus faire les quarts ni porter de charges lourdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En arrivant sur le site, tout le monde savait (la direction aussi) qu'il ne pouvait pas faire certains travaux. Il fut plac&#233; &#224; la manutention en syst&#232;me 3/8. Le m&#233;decin du travail l'a d&#233;clar&#233; inapte &#224; ce poste. La direction aurait voulu le licencier qu'elle ne s'y serait pas prise autrement, d'autant qu'il y avait des possibilit&#233;s de travail &#224; la journ&#233;e dans d'autres secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de six mois, la direction ne lui proposa qu'un travail &#224; Albertville, en Savoie. Lui qui avait &#233;t&#233; transbahut&#233; sur diverses usines,fallait oser. En d&#233;cembre dernier, Erik a &#233;t&#233; licenci&#233; sans pr&#233;avis, avec un solde de tout compte a minima.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une p&#233;riode de d&#233;pression qui aurait pu faire que je vous aurais encore &#233;crit une histoire qui finit mal, Erik a repris du poil de la b&#234;te et passe &#224; l'attaque avec les Prud'hommes pour licenciement &#171; sans cause r&#233;elle ni s&#233;rieuse &#187;. Il devrait gagner facilement car la direction,par des tas d'irr&#233;gularit&#233;s, lui offre un boulevard. Mais tout cela aboutira dans combien de temps ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste qu'&#224; l'usine une nouvelle menace de licenciement pour inaptitude se profile pour un autre copain. &#199;a n'arr&#234;te jamais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Du martini dans le molotov</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Du-martini-dans-le-molotov</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Du-martini-dans-le-molotov</guid>
		<dc:date>2006-05-22T11:51:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jann-Marc Rouillan</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique carc&#233;rale</dc:subject>
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&lt;p&gt;Chez les taulards &#224; perpette de Lannemezan, la d&#233;ferlante anti-CPE a &#233;t&#233; suivie d'un oeil plus rigolard que passionn&#233;. La pr&#233;carit&#233; ? En zonzon, elle a depuis toujours quelques longueurs d'avance. Le plus beau, c'est que pour b&#233;n&#233;ficier d'une lib&#233;ration conditionnelle, le d&#233;tenu doit n&#233;cessairement avoir un CDI en b&#233;ton. Mais pour notre correspondant, les images de la lutte &#233;voquent aussi quelques bons souvenirs&#8230; LA VOIX AU BOUT DU FIL me questionne : &#171; Comment en zonzon voyez-vous la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/zonzon-voyez-vous" rel="tag"&gt;zonzon voyez-vous&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chez les taulards &#224; perpette de Lannemezan, la d&#233;ferlante anti-CPE a &#233;t&#233; suivie d'un oeil plus rigolard que passionn&#233;. La pr&#233;carit&#233; ? En zonzon, elle a depuis toujours quelques longueurs d'avance. Le plus beau, c'est que pour b&#233;n&#233;ficier d'une lib&#233;ration conditionnelle, le d&#233;tenu doit n&#233;cessairement avoir un CDI en b&#233;ton. Mais pour notre correspondant, les images de la lutte &#233;voquent aussi quelques bons souvenirs&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LA VOIX AU BOUT DU FIL me questionne : &lt;i&gt;&#171; Comment en zonzon voyez-vous la mobilisation contre le CPE ? &#187;&lt;/i&gt; Je suis surpris et je n'ai pas grand-chose &#224; dire. Bien s&#251;r je regarde la t&#233;l&#233; et je lis les journaux, mais je ne vis pas la situation. Je me sens d'ailleurs d'un autre temps, d'un autre pays. &#201;videmment, en suivant la cha&#238;ne info am&#233;ricaine en direct, je fr&#233;mis aux cavalcades des jeunes traqu&#233;s par les hordes de scarab&#233;es noirs. Quelques souvenirs soixante-huitards remontent &#224; ma m&#233;moire. L'&#233;clairage public se refl&#232;te sur les casques et les boucliers comme sur une carapace d'insecte&#8230; Le silence se prolonge. Mon interlocuteur l'interrompt brusquement, comme s'il se rendait compte. &lt;i&gt;&#171; Je comprends, je comprends&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Le camarade est un ancien prisonnier politique marseillais. Pour mieux visualiser sa t&#234;te, je me raccroche &#224; un reportage de FR3-Provence, l'instant o&#249; il entre dans le box des accus&#233;s en roulant des &#233;paules dans son blouson de teddy-boy. &lt;i&gt;&#171; Apr&#232;s l'hommage &#224; Jo&#235;lle devant le mur des F&#233;d&#233;r&#233;s, nous sommes all&#233;s aux bastons de Nation. &#187;&lt;/i&gt; &#192; son enthousiasme, je crois entendre exploser les grenades offensives. Il suffirait de si peu pour que les lacrymog&#232;nes me br&#251;lent les yeux. Je me dis que j'irais bien faire l'apr&#232;s-dissolution d'une manif. &lt;i&gt;&#171; Mais le JAP [juge d'application des peines] ne voudra pas&#8230; c'est certain ! &#187;&lt;/i&gt; Pourtant j'aimerais tant leur balancer un pav&#233; sur la gueule ou, mieux, un Molotov, bien alcoolis&#233; ! &lt;i&gt;&#171; Dans ton cocktail Molotov, il faut mettre du Martini mon petit&#8230; &#187;&lt;/i&gt; De notre temps, les rengaines du p&#232;re Ferr&#233; rythmaient l'anarchique d&#233;sinvolture des rues en p&#233;tard. Jusqu'au dernier moment, j'aurais serr&#233; la bouteille brune contre moi. Puis mon regard aurait suivi son voyage dans le ciel orang&#233; des r&#233;verb&#232;res. Avant qu'un geyser de flammes rousses illumine les godillots du mille-pattes&#8230; Sur l'&#233;cran de t&#233;l&#233; d&#233;filent les images d'une assembl&#233;e dans une fac occup&#233;e. Un jeune arbore sur la poitrine le visage du Che, il prend la parole : &lt;i&gt;&#171; Je demande le vote d'une motion condamnant la violence. &#187;&lt;/i&gt; Les os du pauvre Guevara doivent faire des loopings dans sa tombe de Santa Clara. Originaire de Limoux, Mahmoud porte lui aussi un T-shirt du Che, il s'&#233;nerve : &lt;i&gt;&#171; Regarde-le ce couillon ! &#187;&lt;/i&gt; Il est le seul &#233;tudiant encart&#233; du b&#226;timent, finalement il est l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale &#224; lui tout seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En croisant un groupe de matons dans l'escalier, nous avons entendu : &lt;i&gt;&#171; Il ne faut pas que le gouvernement c&#232;de&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Ils croient si fort au parti de l'ordre. Une v&#233;ritable religion. Mais dans la centrale, aucun prisonnier n'a &#233;voqu&#233; publiquement le CPE. Seul Max s'est adress&#233; aux coll&#232;gues de l'atelier &#224; la veille de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale : &lt;i&gt;&#171; Oh les mecs, comment fait-on demain pour aller au boulot, para&#238;t qu'il y a pas de m&#233;tro ! &lt;/i&gt; &#187; Regroup&#233;s autour de la table de b&#233;ton, les gros costauds ont rigol&#233; dans leur barbe. CPE ou pas, ici la vie sans vie suit son cours. Hier, Ren&#233;, dit &#171; Canette &#187; (parce qu'il peut d&#233;vorer six parts de canard aux olives, du moins c'est ce que pr&#233;tend l'Albanais) et St&#233;phane le jardinier se sont trait&#233;s d'encul&#233;s &#224; la suite d'une histoire balourde de ramassage de pissenlits. Depuis plusieurs week-ends, ils bataillaient ferme pour nous d&#233;montrer qui des deux &#233;tait le meilleur p&#226;tissier. &#192; l'&#233;tage, nous ne demandions pas mieux qu'&#224; d&#233;jouer les go&#251;teurs de ce concours enrag&#233;. &lt;i&gt;&#171; Le con, il met pas assez de beurre dans les beignets ! &#187;&lt;/i&gt; Avec le retour d'un beau soleil, les boulistes ont r&#233;apparu dans la seconde cour. Lundi en fin d'apr&#232;s-midi, le pr&#233;fet nous a rendu visite. Quant aux deux aum&#244;niers, d&#233;sormais ils &#233;vitent un &#233;tage. Ils ont appris que plusieurs adeptes d'une secte sataniste s'y &#233;taient regroup&#233;s. Plus g&#233;n&#233;ralement, la d&#233;tention grogne &#224; propos du prix du t&#233;l&#233;phone. Au moins un tiers d'augmentation d'un seul coup, alors que, selon les infos de la t&#233;l&#233;con, les appels &#224; partir d'un fixe ont baiss&#233; d'autant. &lt;i&gt;&#171; Encore une affaire de racket ! &#187;&lt;/i&gt;, conclut la vox populi des coursives. Mais ce n'est pas tout car les discussions tournent en boucle sur la nouvelle application des peines. La centrale de s&#233;curit&#233; est au r&#233;gime sec. Plus de condi. Plus de perm. Plus de gr&#226;ce. Ou alors au comptes gouttes&#8230; Inutile de vous en dire davantage, nous avons d'autres sujets de conversation que les questions de l'heure pour les p&#233;kins du dehors. Et puis, CNE, CPE, CDD ou int&#233;rim, qu'importe si &#224; l'ext&#233;rieur les contrats de pr&#233;carit&#233; se multiplient : notre JAP est tr&#232;s conservateur, il r&#233;clame dans chaque dossier de lib&#233;ration un CDI en b&#233;ton, m&#234;me pour les gars ayant d&#233;pass&#233; l'&#226;ge de la retraite. Il se fout que la loi ait &#233;t&#233; vot&#233;e au temps b&#233;ni du plein emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n'allez pas croire que dans les zonzons nous ne r&#233;agissons pas aux probl&#232;mes politiques. Bien au contraire, mais instinctivement nous nous sentons plus proches de nos cong&#233;n&#232;res taulards du monde entier. L'opprim&#233; est solidaire de l'opprim&#233; o&#249; qu'il se trouve. Et la d&#233;tention enti&#232;re a &#233;t&#233; particuli&#232;rement sensible aux images d'Abou Ghra&#239;b et de Guantanamo. Comme elle ronchonne au silence orchestr&#233; dans les affaires de torture et des prisons clandestines de la CIA. Ces probl&#232;mes font partie de notre probl&#232;me. Et nous nous en pr&#233;occupons sans doute beaucoup plus que les &#233;tudiants gr&#233;vistes et incommensurablement plus que les b&#233;ni-oui-oui m&#226;chouillant le mot de d&#233;mocratie &#224; longueur de journ&#233;e. L'apr&#232;s-midi o&#249; l'arm&#233;e isra&#233;lienne a attaqu&#233; la prison de J&#233;richo, d'un coup la tension dans la taule a grimp&#233; d'un cran. Chaque coup de pelleteuse contre le b&#226;timent o&#249; s'&#233;taient r&#233;fugi&#233;s les membres du FPLP &#233;tait ponctu&#233; d'un &lt;i&gt;&#171; fils de pute ! &#187;&lt;/i&gt; ou d'un &lt;i&gt;&#171; b&#226;tard ! &#187;&lt;/i&gt; Les taulards, quelles que soient leurs opinions, ont pris parti. Au rez-de-chauss&#233;e, un camarade a lanc&#233; un mot d'ordre de gr&#232;ve de plateau si les prisonniers &#233;taient assassin&#233;s. Il faut rappeler que le seul bombage du b&#226;timent a &#233;t&#233; longtemps : &lt;i&gt;&#171; Gaza = Varsovie, Tsahal = Waffen SS. &#187;&lt;/i&gt; &#192; l'&#233;poque du si&#232;ge de J&#233;nine, un gars, &#224; l'abri des cam&#233;ras, l'a &#233;crit en lettres b&#226;tons sur le mur en face de la buanderie. Le slogan a tenu plus d'un an avant d'&#234;tre effac&#233; la semaine pass&#233;e. Globalement, la Palestine est le centre de la politisation en prison. En cela les taules sont plus proches de l'&#233;tat d'esprit des quartiers. Pourquoi en serait-il autrement, la composition cosmopolite de classe y est la m&#234;me, comme l'&#233;tat d'oppression&#8230; Pour en revenir au CPE, le 28 mars dernier, &#224; l'heure de la manif g&#233;n&#233;rale &#224; Paris, un bricard fait irruption dans ma cellote : &lt;i&gt;&#171; Fouille sp&#233;ciale ! &#187;&lt;/i&gt; Apr&#232;s la fouille &#224; corps, je me rhabille et me glisse en promenade. &#192; peine arriv&#233; sur le terrain de sport, le talkie-walkie du surveillant crachote un ordre : &lt;i&gt;&#171; Tous les agents du b&#226;timent A doivent se rendre dans la cellule de Rouillan. &#187;&lt;/i&gt; &#192; mes c&#244;t&#233;s, Georges rigole : &lt;i&gt;&#171; Au moins, maintenant, on sait o&#249; va se d&#233;rouler la contre-manif pro-CPE ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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