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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Autochtones, mais irr&#233;guliers</title>
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		<dc:creator>P&#233;pito Pinas</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
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		<dc:subject>Vient ensuite</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En Guyane, o&#249; les manies de la bureaucratie coloniale ont toujours cours, tout est fait pour que les indig&#232;nes ne se sentent pas chez eux. La politique du chiffre en mati&#232;re d'expulsions a encore de beaux jours devant elle. La dignit&#233; et la malice des autochtones aussi. At&#233;ni voyage dans un taxi collectif qui doit le ramener chez lui, sur le fleuve Maroni, fronti&#232;re naturelle entre la Guyane et le Surinam. Il approche de la ville d'Iracoubo, sachant pertinemment ce qui l'attend juste (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no125-octobre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;125 (octobre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ateni-voyage" rel="tag"&gt;At&#233;ni voyage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gendarmerie-nationale" rel="tag"&gt;Gendarmerie nationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Vient-ensuite" rel="tag"&gt;Vient ensuite&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En Guyane, o&#249; les manies de la bureaucratie coloniale ont toujours cours, tout est fait pour que les indig&#232;nes ne se sentent pas chez eux. La politique du chiffre en mati&#232;re d'expulsions a encore de beaux jours devant elle. La dignit&#233; et la malice des autochtones aussi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1235 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH460/p12-cqfguyane-48412.jpg?1768659370' width='400' height='460' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Bartoyas.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;At&#233;ni voyage dans un taxi collectif qui doit le ramener chez lui, sur le fleuve Maroni, fronti&#232;re naturelle entre la Guyane et le Surinam. Il approche de la ville d'Iracoubo, sachant pertinemment ce qui l'attend juste apr&#232;s le pont, un pr&#233;fabriqu&#233; blanc fatigu&#233; et des hommes en uniforme &#224; la rengaine &#233;ternelle : &#171; &lt;i&gt;Gendarmerie nationale, papiers d'identit&#233;s svp !&lt;/i&gt; &#187; Vient ensuite le changement de v&#233;hicule, le &#171; taxi bleu &#187;, nom donn&#233; au fourgon de gendarmerie qui lui fera parcourir les 112 km restants jusqu'&#224; la fronti&#232;re surinamaise &#8211;&#8200;autant d'&#233;conomis&#233; sur le taxico de d&#233;part. Depuis 2007, deux barrages routiers permanents aux extr&#233;mit&#233;s du d&#233;partement permettent &#224; la gendarmerie de contr&#244;ler tous les allers-retours sur les deux routes nationales qui longent la c&#244;te&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;troites bandes de terre o&#249; r&#233;sident en fait plus de 90 % de la population.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;J'ai l'habitude de tout ce cirque. Je connais quelqu'un qui s'est d&#233;j&#224; fait expulser trois fois la m&#234;me semaine. Leur soi-disant contr&#244;le des fronti&#232;res, c'est une blague. On est expuls&#233; au Surinam, et en dix minutes de pirogue sur le Maroni on est de retour en France&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Guyane partage 1 240&#8200;km de fronti&#232;res perm&#233;ables avec ses voisins (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Le contr&#244;le fixe sert juste &#224; &#233;carter du littoral les populations du fleuve. Si on veut vraiment &#233;viter le barrage, on passe 500 m&#232;tres plus loin, dans la for&#234;t.&lt;/i&gt; &#187; Les agents de la PAF de Saint-Laurent-du-Maroni confirment officieusement l'inutilit&#233; de leur t&#226;che : &#171; &lt;i&gt;Sous Sarko, on nous obligeait &#224; douze reconduites par jour, Valls nous en exige huit par jour, &#231;a reste la politique du chiffre, sans aucune autre logique ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces contr&#244;les de gendarmerie aux barrages sont ill&#233;gaux. Ils sont renouvel&#233;s tous les six mois par des arr&#234;t&#233;s pr&#233;fectoraux, explique le communiqu&#233; des associations&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aides, la Cimade, le Collectif Ha&#239;ti de France, le Comede, la Fasti, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; qui ont d&#233;cid&#233; de porter l'affaire devant la justice. &#171; &lt;i&gt;Ces postes fixes, syst&#233;matisant les contr&#244;les d'identit&#233;, impactent directement les droits des &#233;trangers en situation administrative pr&#233;caire et des peuples autochtones d&#233;pourvus de preuves de leur identit&#233; et/ou de leur nationalit&#233; fran&#231;aise en entravant leur acc&#232;s &#224; la pr&#233;fecture, &#224; certains tribunaux, &#224; des formations professionnelles ou universitaires et &#224; plusieurs services &#173;hospitaliers et consultations sp&#233;cialis&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, indiquent-elles. Les professionnels de sant&#233; de l'Ouest guyanais constatent notamment, pour ces seuls patients, &#171; &lt;i&gt;des retards au diagnostic, des retards voire une absence de prise en charge, des urgences mal trait&#233;es ou de mani&#232;re inad&#233;quate, des ruptures dans la continuit&#233; des soins. Les proc&#233;dures complexes requises, m&#234;me pour raisons m&#233;dicales, pour franchir le barrage d'Iracoubo, retardent en effet les examens compl&#233;mentaires ou dissuadent de les demander&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons &#224; At&#233;ni. Il est apatride, n&#233; sur une des nombreuses &#238;les du fleuve Maroni, entre France et Surinam, il n'a pas d'&#233;tat civil&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme des milliers d'autres personnes ici, principalement &#224; cause des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Les populations am&#233;rindiennes et noires-marrones du fleuve Maroni, d&#233;finies comme autochtones par des conventions internationales et des jugements de la Cour am&#233;ricaine des droits de l'Homme, sont rendues juridiquement &#233;trang&#232;res &#224; leurs propres territoires et g&#233;n&#233;alogie. Au regard du droit fran&#231;ais, certains de leurs membres sont ainsi consid&#233;r&#233;s comme des &#233;trangers en situation irr&#233;guli&#232;re ; et d'autres personnes sans &#233;tat civil au Surinam ou en Guyane sont apatrides, sans que ce statut, qui leur ouvrirait des droits civiques et politiques, ne leur soit reconnu&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s le choc p&#233;trolier de 1973, les lois relatives &#224; l'immigration (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux habitants du Maroni vivent entre les deux rives. Ils sillonnent le fleuve entre leur foyer, l'&#233;cole ou le commerce, r&#233;partis de mani&#232;re disparate selon les diff&#233;rents endroits du fleuve entre le Surinam et la Guyane, sans se poser la question de leur l&#233;gitimit&#233; &#224; vivre dans deux pays diff&#233;rents. Ici, c'est chez eux. Ils &#233;taient l&#224; les premiers, comme l'a rappel&#233; un &#233;pisode, pr&#233;sent dans toutes les m&#233;moires, au sujet d'un chef de village am&#233;rindien &#171; surinamais &#187; de Galibi, qui s'&#233;tait fait arr&#234;ter sur le march&#233; de Saint-Laurent avant d'&#234;tre reconduit de l'autre c&#244;t&#233; du fleuve. Les notions d'&#201;tats ou de fronti&#232;res impos&#233;es par les derniers arriv&#233;s n'ont aucun sens pour eux. Ils sont Alukus, Ndjukas, Kali'nas ou Wayanas. Ils n'ont pas besoin de papiers pour savoir qui ils sont, ni de policiers pour leur dire o&#249; leur pirogue peut aller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les Am&#233;rindiens, depuis une dizaine d'ann&#233;es, la situation devient intenable. Certains se voient octroyer des titres de s&#233;jour d'un an. Leur statut de peuple autochtone n'&#233;tant pas reconnu par la France, ils cherchent au moins &#224; &#234;tre en r&#232;gle pour se d&#233;placer o&#249; bon leur semble. L'exemple de cet autre chef coutumier d'un village indien proche de Saint-Laurent-du-Maroni, qui a servi dans l'arm&#233;e fran&#231;aise et a pris conscience en Afghanistan de la place de rel&#233;gation dans laquelle il se trouve, laisse pr&#233;sager des possibles changements. &#171; &lt;i&gt;J'ai saign&#233; pour la France, je saignerai pour mon peuple&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare-t-il impassible. Il se pr&#233;sente &#224; l'accueil de la sous-pr&#233;fecture de Saint-Laurent-du-Maroni o&#249; il est re&#231;u par un peu affable &#171; &lt;i&gt;Faites la queue ! &lt;/i&gt; &#187;, auquel il r&#233;torque, calme mais ferme : &#171; &lt;i&gt;Chez moi on dit bonjour. Je suis chef coutumier, vous &#234;tes ici sur mes terres. Vous n'avez pas &#224; me parler ainsi, j'exige de parler au sous-pr&#233;fet.&lt;/i&gt; &#187; Les revendications sont pos&#233;es : une r&#233;gularisation globale du peuple dont on n'entend pas la voix. La balle est dans le camp de la bureaucratie, pendant que l'&#233;quipe jouant &#224; domicile s'&#233;chauffe progressivement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;troites bandes de terre o&#249; r&#233;sident en fait plus de 90 % de la population.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La Guyane partage 1 240&#8200;km de fronti&#232;res perm&#233;ables avec ses voisins br&#233;silien et surinamais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Aides, la Cimade, le Collectif Ha&#239;ti de France, le Comede, la Fasti, le Gisti, la Ligue des droits de l'Homme, M&#233;decins du Monde.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comme des milliers d'autres personnes ici, principalement &#224; cause des m&#233;canismes d&#233;faillants d'enregistrement de l'&#233;tat civil.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Apr&#232;s le choc p&#233;trolier de 1973, les lois relatives &#224; l'immigration s'opposent aux quatre figures de l'&#233;tranger telles que Paul Ric&#339;ur les a analys&#233;es. &#192; ces quatre figures qui sont celles du visiteur, de l'immigr&#233;, du r&#233;fugi&#233; et du &#171; suppliant &#187;, Catherine Benoit (anthropologue au Connecticut College) propose d'ajouter celle de l'autochtone en situation irr&#233;guli&#232;re pour la Guyane.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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