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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Trump-Netanyahou : l'arnaque du si&#232;cle</title>
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		<dc:creator>Pierre Stambul</dc:creator>


		<dc:subject>Martin Barzilai</dc:subject>
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		<dc:subject>n'ont promis</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec ses m&#233;thodes de businessman, pour ne pas dire de gangster, Donald Trump a un avantage : il ne fait pas semblant. Il rompt avec une longue p&#233;riode o&#249; l'existence d'un pr&#233;tendu &#171; processus de paix &#187; a permis au rouleau compresseur colonial d'encercler et de d&#233;pecer la Palestine. Voici l'analyse de Pierre Stambul, membre de l'Union juive fran&#231;aise pour la paix (UJFP). 1&#8226; Les accords d'Oslo, la grande mystification C'&#233;tait il y a vingt-sept ans : contrairement &#224; ce que l'on a voulu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no185-mars-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;185 (mars 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Martin-Barzilai-105" rel="tag"&gt;Martin Barzilai&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-ont-promis" rel="tag"&gt;n'ont promis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec ses m&#233;thodes de businessman, pour ne pas dire de gangster, Donald Trump a un avantage : il ne fait pas semblant. Il rompt avec une longue p&#233;riode o&#249; l'existence d'un pr&#233;tendu &#171; processus de paix &#187; a permis au rouleau compresseur colonial d'encercler et de d&#233;pecer la Palestine. Voici l'analyse de Pierre Stambul, membre de l'Union juive fran&#231;aise pour la paix (UJFP).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3374 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-1561-82392.jpg?1768721395' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Martin Barzilai
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;1&#8226; Les accords d'Oslo, la grande mystification&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait il y a vingt-sept ans : contrairement &#224; ce que l'on a voulu faire croire, jamais les Isra&#233;liens n'ont promis &#224; Oslo qu'il y aurait un &#201;tat palestinien sur les 22 % de la Palestine historique conquis par l'arm&#233;e isra&#233;lienne en 1967. Jamais ils n'ont renonc&#233; &#224; l'annexion de J&#233;rusalem-Est. Jamais ils n'ont promis le moindre gel de la colonisation. Au contraire, pendant les 26 mois qui s&#233;parent la signature des accords de son assassinat en novembre 1995, le Premier ministre travailliste Yitzhak Rabin laisse s'installer 60 000 nouveaux colons. Jamais il n'a &#233;t&#233; question d'&#233;vacuer les territoires occup&#233;s. Au contraire, au lendemain du massacre de 29 Palestiniens &#224; H&#233;bron en 1994, Rabin a envoy&#233; 2 000 soldats pour prot&#233;ger les colons ; aujourd'hui, les uns comme les autres sont toujours dans cette ville o&#249; l'apartheid est une r&#233;alit&#233; quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En face, l'OLP (Organisation de lib&#233;ration de la Palestine) a reconnu Isra&#235;l sans m&#234;me une mention d&#233;non&#231;ant le nettoyage ethnique pr&#233;m&#233;dit&#233; de 1948. Elle a chang&#233; sa charte. Elle a abandonn&#233; &#224; leur sort les millions de r&#233;fugi&#233;s palestiniens dispers&#233;s (rien n'a &#233;t&#233; sign&#233; &#224; Oslo sur le droit au retour des r&#233;fugi&#233;s) et les Palestiniens d'Isra&#235;l, citoyens de seconde zone. L'OLP qui repr&#233;sentait les Palestiniens dans leur diversit&#233; g&#233;ographique et politique a &#233;t&#233; mise en veilleuse au profit d'une &#171; Autorit&#233; palestinienne &#187; dont la principale t&#226;che est de faire en sorte que l'occup&#233; assure la s&#233;curit&#233; de l'occupant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1995, les accords de Taba ont parachev&#233; ce &#171; processus &#187; : la Cisjordanie a &#233;t&#233; morcel&#233;e en trois zones A, B et C &#8211; la zone C &#233;tant, de fait, annex&#233;e par l'occupant. Des textes aussi incroyables que ceux qui validaient le contr&#244;le total des importations ou exportations par l'occupant ou le fait qu'un colon consomme huit fois plus d'eau qu'un Palestinien ont &#233;t&#233; sign&#233;s. &#199;a devait &#234;tre provisoire, n'est-ce pas ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;2&#8226; Faire capituler les Palestiniens par la ruse&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pendant des ann&#233;es, la &#171; communaut&#233; internationale &#187; a multipli&#233; les pressions pour que les Palestiniens renoncent &#224; leurs revendications essentielles, qui n'ont pourtant rien d'extraordinaire : la libert&#233;, l'&#233;galit&#233; et la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque fois qu'Isra&#235;l construit de nouvelles colonies ou bombarde Gaza, il ne faut rien dire : ce serait une atteinte au &#171; processus de paix &#187; ou &#224; l'aspiration au Graal : &#171; deux &#201;tats vivant c&#244;te &#224; c&#244;te &#187;. Pour les dirigeants isra&#233;liens, c'est du pain b&#233;nit : les crimes de guerre, la torture l&#233;galis&#233;e, les arrestations d'enfants, le vol des terres, les tapis de bombes sur Gaza &#8230; tout est permis, il n'y aura pas de sanctions. Par contre, s'il y a un attentat contre l'occupant ou une roquette partant de Gaza, les Palestiniens sont imm&#233;diatement condamn&#233;s comme &#171; hostiles au processus de paix &#187;. Les &#171; n&#233;gociations &#187; ont pris des noms divers : Wye Plantation, Charm-el-Cheikh, le Quartet, Annapolis&#8230; Autant de masques pour exiger des Palestiniens qu'ils capitulent et acceptent de devenir les Am&#233;rindiens du Proche-Orient, enferm&#233;s dans leurs r&#233;serves et priv&#233;s de tout droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'odieux, la France s'est signal&#233;e. Officiellement, elle est pour deux &#201;tats et pour les r&#233;solutions de l'ONU. Dans les faits, elle soutient inconditionnellement l'&#201;tat d'Isra&#235;l, se tait quand l'occupant commet les pires massacres et organise &#224; l'ambassade de Tel-Aviv un bal de solidarit&#233; avec l'occupant en pleine tuerie de &#171; Plomb durci &#187; (attaque isra&#233;lienne sur Gaza en d&#233;cembre 2008 et janvier 2009). Le gouvernement fran&#231;ais a fait du Crif (Conseil repr&#233;sentatif des institutions juives de France), relais propagandiste des dirigeants isra&#233;liens, son interlocuteur privil&#233;gi&#233;. Il essaie de criminaliser l'antisionisme et le mouvement BDS (Boycott, d&#233;sinvestissement et sanctions) contre l'&#201;tat d'Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;3&#8226; Faire capituler les Palestiniens par la force&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec Donald Trump, il n'est plus question de faire semblant. Le pr&#233;sident &#233;tatsunien renverse la table et pi&#233;tine le peu qui reste de droit international. Il transf&#232;re l'ambassade de son pays &#224; J&#233;rusalem, reconna&#238;t l'annexion du plateau du Golan (conquis &#224; la Syrie en 1967) et proclame la l&#233;galit&#233; des colonies. En bon homme d'affaires, il exige des Palestiniens une reddition. Son discours est celui d'un gangster ; en substance : &#171; Palestiniens, vous avez perdu, pourquoi r&#233;sister ? On va transformer vos r&#233;serves en zones franches o&#249; nos capitalistes pourront faire de juteuses affaires. Vous &#234;tes battus, acceptez, vous n'avez pas le choix. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trump pense que la p&#233;riode est favorable. Il a de solides alli&#233;s qui ont les m&#234;mes m&#233;thodes et les m&#234;mes &#171; valeurs &#187; que lui et qui, bien s&#251;r, soutiennent inconditionnellement Isra&#235;l. Il y a le pr&#233;sident br&#233;silien, Jair Bolsonaro. En visite officielle en Isra&#235;l, celui-ci a d&#233;clar&#233; devant Yad Vashem (m&#233;morial du g&#233;nocide nazi) que les nazis &#233;taient de gauche : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a aucun doute, n'est-ce pas&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Il a &#224; peine &#233;t&#233; d&#233;menti par ses h&#244;tes. Il y a le Premier ministre hongrois, Viktor Orb&#225;n. Celui-l&#224; a entrepris de r&#233;habiliter le r&#233;gime pronazi de l'amiral Horthy, responsable avec l'occupant de l'extermination des Juifs hongrois. Orb&#225;n a multipli&#233; les d&#233;clarations antis&#233;mites, mais Benyamin Netanyahou l'a qualifi&#233; de grand ami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trump profite aussi de la situation du monde arabe. La dictature &#233;gyptienne participe activement au blocus de Gaza. Le roi d'Arabie saoudite, dont l'arm&#233;e participe &#224; un v&#233;ritable g&#233;nocide&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Note de la r&#233;daction : l'emploi du terme &#171; g&#233;nocide &#187; appartient &#224; l'auteur. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; au Y&#233;men, fait pression sur les Palestiniens pour qu'ils capitulent. Le camp &#171; antiam&#233;ricain &#187; est tr&#232;s affaibli et beaucoup de pays arabes ont pour pr&#233;occupation essentielle l'imminence d'une attaque contre l'Iran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a l'Union europ&#233;enne, dont la politique est un m&#233;lange de complicit&#233; et de l&#226;chet&#233;, pour ne pas dire de pure complicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;4&#8226; En Isra&#235;l, &#171; fascisation &#187; et instrumentalisation de l'antis&#233;mitisme&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'historien isra&#233;lien Zeev Sternhell, pourtant sioniste, compare &#171; &lt;i&gt;la fascisation&lt;/i&gt; &#187; (ce sont ses termes) &#224; l'&#339;uvre en Isra&#235;l avec ce qui s'est d&#233;roul&#233; dans l'Allemagne des ann&#233;es 1930. Une id&#233;ologie raciste, militariste et supr&#233;matiste s'est impos&#233;e sans r&#233;el contrepoids. L'in&#233;galit&#233; des individus selon leur origine r&#233;elle ou suppos&#233;e est d&#233;sormais inscrite dans la loi d'Isra&#235;l qui se d&#233;finit comme &#171; &lt;i&gt;l'&#201;tat-nation du peuple juif&lt;/i&gt; &#187;. Par ailleurs, la Cour supr&#234;me vient de valider l'utilisation par les autorit&#233;s religieuses de tests ADN cens&#233;s prouver &#171; la jud&#233;it&#233; &#187; des demandeurs du statut officiel de &#171; juif &#187; (dont beaucoup d'immigrants russophones). M&#234;me si ces tests ADN concernent un conflit interne &#224; l'extr&#234;me droite isra&#233;lienne, ils sont significatifs du triomphe des conceptions racialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir est disput&#233; entre deux criminels de guerre, Benyamin Netanyahou et &#171; Benny &#187; Gantz &#8211; ce dernier a &#233;t&#233; chef d'&#233;tat-major de l'arm&#233;e isra&#233;lienne, notamment quand celle-ci a tu&#233; pr&#232;s de 2 500 civils &#224; Gaza en 2014. Les deux comp&#232;res ont &#233;t&#233; invit&#233;s par Trump et approuvent bien s&#251;r son plan. Il existe bien une petite minorit&#233; anticolonialiste courageuse, mais elle ne repr&#233;sente pas une alternative de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;gime d'extr&#234;me droite et ses relais (comme le Crif) s'acharnent &#224; instrumentaliser l'antis&#233;mitisme et &#224; r&#233;cup&#233;rer la m&#233;moire du g&#233;nocide nazi. Et les dirigeants occidentaux soutiennent cette odieuse manipulation.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;5&#8226; Et pourtant&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte extr&#234;mement d&#233;favorable, pour l'instant le peuple palestinien plie mais ne rompt pas. Gaza est une prison &#224; ciel ferm&#233; o&#249; l'occupant exp&#233;rimente comment on peut enfermer deux millions de personnes, les priver d'eau potable et d'&#233;lectricit&#233; et tirer sur des civils comme &#224; la f&#234;te foraine. En Cisjordanie, les Palestiniens sont confront&#233;s tous les jours &#224; la violence des colons et de l'arm&#233;e, au vol des terres et aux destructions de maisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cela, le peuple palestinien croit en l'avenir. Il persiste &#224; tout faire pour scolariser les enfants, pour cultiver la terre, pour produire, pour ne pas &#234;tre transform&#233; en peuple d'assist&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre M&#233;diterran&#233;e et Jourdain, il y a 50 % de Juifs isra&#233;liens et 50 % de Palestiniens. Les uns ont tout, les autres quasiment rien. L'apartheid a dur&#233; des d&#233;cennies en Afrique du Sud ou dans le sud des &#201;tats-Unis, mais il a fini par s'&#233;crouler. Trump ne conna&#238;t que le fric et la violence. Parions que, face &#224; une v&#233;ritable lutte anti-apartheid, il ne saura pas faire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pierre Stambul&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Note de la r&#233;daction : l'emploi du terme &#171; g&#233;nocide &#187; appartient &#224; l'auteur. Amnesty et Human Rights Watch &#233;voquent des &#171; &lt;i&gt;crimes de guerre&lt;/i&gt; &#187;. Quant &#224; l'ONU, elle accuse l'Arabie saoudite de provoquer &#171; &lt;i&gt;la pire crise humanitaire du XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Avons vot&#233;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Avons-vote</link>
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		<dc:date>2020-07-29T13:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Martin Barzilai</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Un jour d'&#233;lection pr&#233;sidentielle, &#231;a se c&#233;l&#232;bre. En restant dans son pieu, par exemple. Ou bien, encore mieux, en galopant joyeusement dans les rues. &#192; Paris, pour le premier tour de mascarade, ils &#233;taient quelques centaines &#224; avoir opt&#233; pour cette seconde option. &#171; Une chose m'&#233;tonne prodigieusement, [...] c'est qu'&#224; l'heure scientifique o&#249; j'&#233;cris, apr&#232;s les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre ch&#232;re France [...] un &#233;lecteur, un seul &#233;lecteur, cet animal (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no154-mai-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;154 (mai 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/m-etonne-prodigieusement" rel="tag"&gt;m'&#233;tonne prodigieusement&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-heure-scientifique" rel="tag"&gt;l'heure scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/puisse-exister" rel="tag"&gt;puisse exister&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un jour d'&#233;lection pr&#233;sidentielle, &#231;a se c&#233;l&#232;bre. En restant dans son pieu, par exemple. Ou bien, encore mieux, en galopant joyeusement dans les rues. &#192; Paris, pour le premier tour de mascarade, ils &#233;taient quelques centaines &#224; avoir opt&#233; pour cette seconde option.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3219 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1436-1a6c7.jpg?1768721396' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Martin Barzilai
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;Une chose m'&#233;tonne prodigieusement, [...] c'est qu'&#224; l'heure scientifique o&#249; j'&#233;cris, apr&#232;s les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre ch&#232;re France [...] un &#233;lecteur, un seul &#233;lecteur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente &#224; se d&#233;ranger de ses affaires, de ses r&#234;ves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu'un ou de quelque chose.&lt;/i&gt; &#187;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Octave Mirbeau, &lt;i&gt;La Gr&#232;ve des &#233;lecteurs&lt;/i&gt;, 1888&lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Petit texte r&#233;cemment r&#233;&#233;dit&#233; chez Allia, en compagnie d'un autre uppercut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Du possible sinon j'&#233;touffe ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gilles Deleuze r&#233;sumant Mai-68&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_3220 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-1437-674c9.jpg?1768721396' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Martin Barzilai
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sondages (muraux)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e mouton noir parcourant les rues de Paname la veille du premier tour des Pestilentielles oscille entre deux &#233;tats d'esprit passablement oppos&#233;s. D'un c&#244;t&#233;, il lui est difficile de ne pas pester contre l'omnipr&#233;sente propagande dite r&#233;publicaine et ses injonctions &#224; voter &#8211; du torchon &lt;i&gt;Grazia &lt;/i&gt;affichant en kiosques son num&#233;ro sp&#233;cial &#171; Tous aux urnes ! &#187; aux conversations unanimes aux terrasses des caf&#233;s (t'vas voter qui, toi ?)&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La bonhomie de ce vieil homme citant &#171; soleil je t'aime et pour toujours &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. De l'autre bourdonne (na&#239;vement ?) &#224; ses neurones cette impression que la machine est gripp&#233;e, pas loin de d&#233;railler. Ladite impression est plut&#244;t subjective. Elle se manifeste par des d&#233;tails, des petites br&#232;ches, des irruptions de po&#233;sie foutraque. Et c'est d'abord sur les murs qu'elle s'affiche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oui, le grand cirque &#233;lectoral&lt;/strong&gt; a au moins une vertu : les murs sont moins gris que d'habitude en terre parisienne. Ici des tags rageurs (&#171; Fuck les pr&#233;sidentielles ! &#187;), l&#224; des inscriptions rigolardes (&#171; Macron comme une queue de pelle &#187;), au coin des rues, des d&#233;tournements de publicit&#233;s et d'affiches. Plus ou moins inspir&#233;s, plus ou moins politiques, plus ou moins boutefeu. Les affiches &#171; officielles &#187; sont &#233;videmment quantitativement plus pr&#233;sentes &#8211; l'insoumise France de M&#233;luche et le &#171; Frexit &#187; d'Asselineau trustant all&#232;grement les d&#233;bats, leurs thurif&#233;raires ayant vers&#233; dans un stakhanovisme optimiste fr&#244;lant la pathologie &#8211;, mais les appels &#224; boycotts divers et vari&#233;s ne sont pas en reste, notamment ceux de l'autoproclam&#233;e &#171; G&#233;n&#233;ration ingouvernable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reste que c'est avant tout &lt;/strong&gt;sur les innombrables panneaux &#233;lectoraux officiels que se d&#233;foulent les r&#233;fractaires. Dans l'Est parisien, le constat est clair : pas un ne semble rescap&#233;. Au bic, au feutre, &#224; la bombe, voire au Tipp-Ex (&#224; l'ancienne), les messages m&#233;prisants sont si nombreux qu'ils m&#233;riteraient presque une typologie. D'abord, il y a les classiques. La Pen se voit ainsi traiter d' &#187; islamiste forcen&#233;e &#187; et fixer un &#171; rendez-vous devant les juges &#187;. Fillon a droit &#224; toute la gamme des railleries, les &#171; brigand &#187;, &#171; rend la thune &#187;, &#171; voleur &#187; essaimant chacune de ses affiches, avec parfois des coquetteries (notamment des fl&#232;ches pointant son costume avec la mention &#171; 13 K &#187;). Et Macron ? Lui l'avoue sans fard via une bulle : &#171; Je raconte de la merde &#187; &#8211; une sinc&#233;rit&#233; qui l'honore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais il y a plus pittoresque. &lt;/strong&gt;&#192; Asselineau, on r&#233;clame (poliment) &#171; un deuxi&#232;me porte-avion nucl&#233;aire, stp &#187;. La Pen se voit affubler d'une r&#233;f&#233;rence aguich&#233;e &#224; sa remuante ni&#232;ce : &#171; Marion elle est trop bonne &#187;. C&#244;t&#233; trotskos, la vanne est aussi de sortie : &#171; Pour des jeans C&#233;lio, votez Poutou &#187;, conseille une inscription appos&#233;e sur la ganache du type devenu h&#233;ros d'un soir pour une remballe facile et une tenue d&#233;contract&#233;e. Quant au portrait de Cheminade, il s'orne d'une bulle aussi obscure que son programme, par laquelle il &#233;voque &#171; Larry Skywalker et l'esp&#232;ce d'ours&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En fait, c'est ainsi que Cheminade a d&#233;sign&#233; lors d'un entretien deux h&#233;ros (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anecdotique ? &lt;/strong&gt;Pas tant que &#231;a. Au fond, ces inscriptions traduisent l'omnipr&#233;sence de ce constat de plus en plus partag&#233;, presque un truisme : en cette fin de campagne aux allures d'asile de fou, le roi r&#233;publicain n'a jamais paru si nu et ridicule. Dans le n&#233;cessaire &lt;i&gt;Mis&#232;re de la politique &lt;/i&gt;(2017, Divergences&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ouvrage collectif : y participent notamment J&#233;rome Baschet, Oreste Scalzone, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;), un certain Comit&#233; &#201;rotique R&#233;volutionnaire r&#233;sume bien la situation en introduction : &#171; &lt;i&gt;On peut l'affirmer sans aucun doute : rarement une campagne pr&#233;sidentielle n'aura &#233;t&#233; men&#233;e avec autant de cynisme et de d&#233;magogie, de m&#233;pris et de mensonge, avec des candidats se pr&#233;sentant unanimement &#8220;anti-syst&#232;me&#8221; alors qu'ils en sont des d&#233;fenseurs patent&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et puisque le grand barnum&lt;/strong&gt; est &#224; chaque fois plus piteux, rien d'&#233;tonnant &#224; voir certains se mobiliser, non pas contre les bouffons charg&#233;s de la repr&#233;sentation mais contre le principe m&#234;me de son existence.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Premier tour&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Samedi 22 avril, veille de, un rassemblement &#224; lieu &#224; R&#233;publique, sous l'intitul&#233; &#171; Premier tour social &#187;. Un appel pas excellemment relay&#233; et un peu fourretout, mais o&#249; r&#244;de l'&#233;tincelle, en arri&#232;re-plan. Il y a pas mal de trotskistes, quelques &#233;gar&#233;s de la CGT, des anti-Linky, des &#233;missaires de la Guyane en lutte, des groupes &#233;pars renif lant l'atmosph&#232;re. En attendant le cort&#232;ge, divers intervenants se succ&#232;dent au micro. &#199;a ronronne un peu, malgr&#233; quelques envol&#233;es, dont celle-ci qui soul&#232;ve des acclamations : &#171; &lt;i&gt;Je suis salari&#233;e d'une entreprise o&#249; on arrache les chemises des patrons quand on n'est pas contents ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Puis la manifestation &lt;/strong&gt;se met en route. Tr&#232;s vite cela se tend. En t&#234;te marchent les plus &#171; d&#233;ter &#187;. Des cagoul&#233;s, des accros aux cort&#232;ges de t&#234;te, des &#233;nerv&#233;s, et m&#234;me un porteur de pancarte &#171; votez Bakounine ! &#187;. Quelques centaines de m&#232;tres aval&#233;s en direction de Bastille et d&#233;j&#224; la pression monte d'un cran. Des projectiles volent vers les rang&#233;es de bleus, notamment ces grosses piles jaunes piqu&#233;es dans les panneaux publicitaires Decaux &#8211; belle initiative de recyclage des d&#233;chets. Et quand les f lics en civil se font trop pr&#233;sents, une charge de motiv&#233;s les chasse au loin sous les cris approbateurs de la foule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si &#231;a chauffe un tantinet&lt;/strong&gt;, il reste une impression de retenue : des deux c&#244;t&#233;s on se jauge, comme pour un round d'observation. Tous en gardent sous la semelle pour le lendemain et les manifestations qui suivront forc&#233;ment la proclamation des r&#233;sultats (lesquels ne manqueront pas d'&#234;tre d&#233;sastreux, &lt;i&gt;as usual&lt;/i&gt;). Comme le dit un ami : &#171; &lt;i&gt;Demain au petit d&#233;j', je br&#251;le mes chocapic. &#187;&lt;/i&gt; Autre version, celle port&#233;e au c&#339;ur m&#234;me du cort&#232;ge sur une grande banderole annon&#231;ant le rendez-vous du lendemain : &#171; Contre la mis&#232;re des urnes, notre joie sera nocturne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3221 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1438-d26c8.jpg?1768721396' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Martin Barzilai
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;D&#233;bat de l'entre-deux-tours &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tout n'a pas &#233;t&#233; st&#233;rilis&#233;, il reste une lueur d'espoir. Si l'on n'y croit pas, alors tout est fini. Moi j'y crois. &#187;&lt;/i&gt; L'homme qui parle ainsi en ce samedi post-manif s'appelle Oreste Scalzone. C'est un vieil homme marqu&#233; par le temps, mais il p&#233;tille de vie comme &#224; son habitude. D'origine italienne, il a jou&#233; un r&#244;le central dans l'autonomie des ann&#233;es 1970 (c'est notamment l'un des cofondateurs du mouvement Potere Operaio en 1969 &lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour en savoir plus sur cette p&#233;riode, se reporter &#224; l'excellent La Horde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;), activisme forcen&#233; qui le for&#231;a &#224; l'exil fran&#231;ais pour &#233;viter la taule. Ce soir, il &#233;voque devant la cinquantaine de personnes rassembl&#233;es au Lieu-dit&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Repaire bien fam&#233; situ&#233; &#224; M&#233;nilmontant.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; un &lt;/strong&gt;livre collectif auquel il a particip&#233; : &lt;i&gt;Mis&#232;re de la politique&lt;/i&gt;. Un r&#233;quisitoire implacable contre le syst&#232;me politique contemporain rappelant que &#171; &lt;i&gt;la critique radicale du capitalisme ne peut proc&#233;der que d'un rejet tout aussi radical de ses institutions politiques et juridiques. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;
&lt;i&gt;Mis&#232;re de la politique&lt;/i&gt;
&lt;/strong&gt; est un ouvrage pr&#233;cieux, au sens o&#249; il parvient &#224; rassembler diverses voix d'une gauche radicale ayant opt&#233; pour le refus des urnes. Loin de voir dans ce choix une mani&#232;re de baisser les bras, ils le revendiquent comme un pr&#233;ambule n&#233;cessaire, une &#233;vidence pour ceux qui, &#224; l'instar d'Anselm Jappe, sont convaincus que &#171; &lt;i&gt;la d&#233;mocratie m&#234;me est l'autre face du capital, non son contraire &#187;&lt;/i&gt;. Sous la plume de Cl&#233;ment Homs, l'un des coauteurs, cela donne : &#171; &lt;i&gt;La &#8220;politique&#8221; et &#8220;l'&#233;conomie&#8221; ne sont que des sph&#232;res d'une m&#234;me totalit&#233; sociale, des subsyst&#232;mes compl&#233;mentaires et interp&#233;n&#233;tr&#233;s. L'&#201;tat est ainsi l'autre face de la marchandise, comme la marchandise est l'autre face de l'&#201;tat. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En clair, &lt;/strong&gt;l'action politique est ici pens&#233;e comme totalement dissoci&#233;e du syst&#232;me en place. Elle est donc appel &#224; rupture, &#224; ouverture des horizons. Ce que rappelle Oreste Scalzone dans son intervention, lui qui estime qu'il faut &#171; &lt;i&gt;ne pas avoir de tabou en mati&#232;re d'action &#187;&lt;/i&gt;, et r&#233;ussir &#224; poser les bases d'une insurrection fond&#233;e autant sur le refus de l'existant que sur la cr&#233;ation de possibles. L'&#233;tincelle est n&#233;cessaire, car elle entrouvre des br&#232;ches. Autre orateur, le sp&#233;cialiste du Mexique insurg&#233; J&#233;r&#244;me Baschet rappelle que &#171; &lt;i&gt;l'espace n&#233;cessaire &#224; l'autonomie chez les zapatistes a d'abord &#233;t&#233; b&#226;ti sur une approche insurrectionnelle violente. C'est seulement ensuite que les bases plus stables ont pu se d&#233;velopper. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si l'humeur de la salle &lt;/strong&gt;n'est pas forc&#233;ment optimiste en ces temps d'&#233;tat d'urgence perp&#233;tuel, et si beaucoup estiment &#224; l'instar du m&#234;me Baschet que &#171; &lt;i&gt;l'encore pire est &#224; venir &#187;&lt;/i&gt;, la d&#233;mission n'est pas envisag&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Il reste des choses joyeuses &#224; faire &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume un membre du public. Pour les pr&#233;sents, cela ne passe pas par les urnes. Bien au contraire. Eux seraient plut&#244;t en phase avec cette injonction formul&#233;e par Octave Mirbeau dans &lt;i&gt;La Gr&#232;ve des &#233;lecteurs&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Je te l'ai dit, bonhomme, rentre chez toi et fais la gr&#232;ve. &#187;&lt;/i&gt; Bien not&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Second tour&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Difficile de d&#233;crire la joie brute se d&#233;gageant d'une manifestation non encadr&#233;e. D'une balade libre et offensive, sauvage. Il y a l&#224; une part de myst&#232;re. Objectivement, galoper &#224; deux cents dans les rues de Paris en &#233;gratignant pendant quelques heures la surface de l'apathie n'est pas d'une efficacit&#233; politique redoutable. Mais il reste cette petite victoire, l'impression de conqu&#233;rir un court moment un espace o&#249; le politique, m&#234;me anecdotique et diffus, reprend un peu de sens. Un constat joliment formul&#233; par Lola Lafon dans &lt;i&gt;Nous sommes les oiseaux de la temp&#234;te qui s'annonce &lt;/i&gt;(2011) : &#171; &lt;i&gt;Ce qu'on fait cette nuit-l&#224; ne sert &#224; rien. Ne changera rien. Nous aurons seulement pos&#233; des mots dans la ville. Des regards passeront &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt;, les interrogeront, il y aura une pause. Un souffle de question dans un espace soigneusement rang&#233; de r&#233;ponses qui se succ&#232;dent sans cesse les unes aux autres. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce 24 avril d&#233;prim&#233;, &lt;/strong&gt;c'est exactement ce qui se passe : les pr&#233;sents posent quelques mots dissonants dans la ville. Apr&#232;s la proclamation des r&#233;sultats, la victoire des psychopathes (celle qui a tu&#233; le p&#232;re et celui qui a &#233;pous&#233; sa m&#232;re), un grand cri de rage r&#233;sonne sur la petite place de M&#233;nilmontant o&#249; sont rassembl&#233;s divers moutons noirs. &#171; Tous &#224; Bastille ! &#187; tague un s&#233;millant partisan du d&#233;sordre. Suivent des h&#233;sitations, des volte-face, des tergiversations. Puis c'est le bordel. La place de la Bastille en &#233;tat de si&#232;ge, R&#233;publique sous les fumig&#232;nes, divers cort&#232;ges s'&#233;gayant au pas de course dans les rues de Paris, des petites barricades, des gazages, des nasses, des flics ultra-violents, des bless&#233;s, des courses, des flux, des reflux, des tags (&#171; les urnes aux morts, la vie aux vivants &#187;), des discussions strat&#233;giques &#8211; &#171; &lt;i&gt;On repart &#224; Bastille ? &#187;&lt;/i&gt; &#171; &lt;i&gt;Nan, M&#233;nil &#187;&lt;/i&gt; &#8211;, des enflammades et des fraternit&#233;s. Le cours normal d'une manif sauvage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mot d'ordre ? &lt;/strong&gt;&#171; Paris, r&#233;veille-toi &#187;. Au vrai, la ville reste largement endormie. Une tra&#238;n&#233;e de poudre dans des rues d&#233;sertes, et puis basta. Ou presque. En haut de la rue de M&#233;nilmontant, dans la nuit, alors que tout le monde s'appr&#234;te &#224; rentrer chez soi, quatre lascars souriants &#233;mergent d'un b&#226;timent : &#171; &lt;i&gt;C'est vous l'&#233;meute ? On peut venir ? &#187;&lt;/i&gt; Trop tard, les gars. Ce sera pour la prochaine.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Petit texte r&#233;cemment r&#233;&#233;dit&#233; chez Allia, en compagnie d'un autre uppercut recommand&#233;, &#171; Les Moutons noirs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La bonhomie de ce vieil homme citant &#171; &lt;i&gt;soleil je t'aime et pour toujours &#187;&lt;/i&gt; ne tarde ainsi pas &#224; s'effacer d&#232;s lors que lui sont expos&#233;s des arguments contre la mascarade &#233;lectorale : &#171; &lt;i&gt;Tu vas pas voter ? &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;trangle-t-il. &#171; &lt;i&gt;Alors t'es un esclave ! un esclave ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En fait, c'est ainsi que Cheminade a d&#233;sign&#233; lors d'un entretien deux h&#233;ros de la saga &lt;i&gt;Star Wars&lt;/i&gt;, Luke Skywalker et l'immortel Chewbacca. Sacril&#232;ge !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ouvrage collectif : y participent notamment J&#233;rome Baschet, Oreste Scalzone, L&#233;on de Mattis et Cl&#233;ment Homs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour en savoir plus sur cette p&#233;riode, se reporter &#224; l'excellent &lt;i&gt;La Horde d'or &lt;/i&gt;de Nanni Balestrini et Primo Moroni, r&#233;cemment traduit aux &#233;ditions de l'&#201;clat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Repaire bien fam&#233; situ&#233; &#224; M&#233;nilmontant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Personne n'est dupe de l'h&#233;ro&#239;sation de la profession &#187;</title>
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		<dc:date>2020-04-03T18:52:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Martin Barzilai</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Centre hospitalier de la Timone &#224; Marseille. Quatre b&#226;timents, plus de 5 000 agents tous m&#233;tiers et statuts confondus, un millier de lits. Un colosse r&#233;gional, national et europ&#233;en aux pieds d'argile en ces temps de crise sanitaire. Greg y exerce la profession d'infirmier et le mandat de syndicaliste CGT. Il ne d&#233;col&#232;re plus. &#171; Aujourd'hui, m&#234;me les plus ti&#232;des, qui disaient comprendre les arguments du gouvernement et de la direction de l'Assistance publique-H&#244;pitaux de Marseille (AP-HM) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/economies-budgetaires" rel="tag"&gt;&#233;conomies budg&#233;taires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Centre hospitalier de la Timone &#224; Marseille. Quatre b&#226;timents, plus de 5 000 agents tous m&#233;tiers et statuts confondus, un millier de lits. Un colosse r&#233;gional, national et europ&#233;en aux pieds d'argile en ces temps de crise sanitaire. Greg y exerce la profession d'infirmier et le mandat de syndicaliste CGT. Il ne d&#233;col&#232;re plus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Aujourd'hui, m&#234;me les plus ti&#232;des, qui disaient comprendre les arguments du gouvernement et de la direction de l'Assistance publique-H&#244;pitaux de Marseille (AP-HM) sur la n&#233;cessit&#233; des &#233;conomies budg&#233;taires ne veulent plus repartir comme avant. Sur le plan sanitaire, tout &#233;volue trop vite et aucun d&#233;compte pr&#233;cis n'est disponible. Seuls quelques m&#233;decins qui assurent un suivi au plus pr&#232;s en savent peut-&#234;tre davantage, mais il n'y a aucune remont&#233;e en temps r&#233;el. Je peux quand m&#234;me dire qu'&#224; Marseille, on a la chance d'&#234;tre en d&#233;cal&#233; par rapport &#224; l'&#339;il du cyclone qui est en train de frapper Paris et l'&#206;le-de-France. On s'attend n&#233;anmoins &#224; une grosse pression dans le courant de la semaine prochaine avec aucune id&#233;e de l'ampleur que &#231;a prendra. Tout le monde esp&#232;re que Marseille sera relativement pr&#233;serv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1503.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-1503-9d001.jpg?1768721397' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et contrairement &#224; ce qui s'est produit &#224; Mulhouse et dans le Grand Est, on a pu anticiper, s'organiser, se pr&#233;parer. Deux b&#226;timents ont &#233;t&#233; r&#233;serv&#233;s aux patients touch&#233;s par le Covid-19 : 300 lits en plus des places en r&#233;animation sont pr&#233;vus pour les cas les plus graves. Les services y sont correctement &#233;quip&#233;s et le personnel d&#233;pist&#233;, dot&#233; de masques et de gants en nombre suffisant. Tout a &#233;t&#233; fait pour que ces b&#226;timents soient plac&#233;s en proc&#233;dure &#233;tanche par rapport aux autres parties o&#249; ont &#233;t&#233; regroup&#233;s les malades non atteints par le Covid-19, mais pour certains dans un &#233;tat d&#233;j&#224; tr&#232;s fragile.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Panique &#224; bord !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rien &#224; voir avec ce qu'on a pu observer du c&#244;t&#233; de l'administration. L&#224; c'est l'impr&#233;paration la plus scandaleuse qui r&#232;gne depuis deux semaines. En complet d&#233;calage avec leur discours de communication externe, c'est la panique &#224; bord ! Elle nous a abreuv&#233;s au quotidien d'un d&#233;luge d'informations, de notes, de mails tous plus contradictoires les uns que les autres. Comme s'ils avaient voulu ajouter encore plus de stress alors que les soignants vivent d&#233;j&#224; dans la crainte de contracter le virus et de le transmettre aux coll&#232;gues ou aux patients ! Il y a aussi beaucoup de col&#232;re face au manque de mat&#233;riel comme partout en France. Par exemple, les masques ont une date de p&#233;remption variable en fonction de l'&#233;tat des stocks. Un matin, ils doivent durer huit ou dix heures. Le lendemain, apr&#232;s une providentielle livraison, il ne faut plus les utiliser que pendant deux ou trois heures maxi. Le d&#233;pistage est pratiqu&#233; avec parcimonie et le risque est grand d'une contamination transmise par les soignants aux patients des unit&#233;s conventionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comp&#233;tence et motivation ne sont pas en cause, mais les soignants ressentent une intense frustration face au manque de moyens. Face au choix &#224; faire entre ceux qu'on pourra sauver et ceux qu'on devra laisser mourir seulement parce qu'il n'y pas assez de place ou d'&#233;quipements. On n'en veut plus de cette transformation de l'h&#244;pital en usine rentable et tout le monde s'est retrouv&#233; dans la tribune &lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/debats/2020/03/24/j-ai-la-rage_1782912&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#8220;J'ai la rage&#8221;&lt;/a&gt;. Il y a trois mois de cela, lors d'une r&#233;union entre les gestionnaires de l'AP-HM et les technocrates de l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; autour de la d&#233;finition de nouveaux objectifs d'&#233;conomies budg&#233;taires, une phrase m'a particuli&#232;rement frapp&#233; : &#8220;On n'a plus forc&#233;ment besoin de lits pour bien soigner &#224; l'h&#244;pital.&#8221; Traduction : il faut encore davantage tailler dans les effectifs et les capacit&#233;s d'accueil pour d&#233;velopper les soins en ambulatoire, hors de l'h&#244;pital, renvoyer les patients au plus vite chez eux m&#234;me au prix de la maltraitance, de l'animosit&#233; grandissante entre les soignants et les malades ainsi que leurs familles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; On demandera des comptes &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et personne n'est dupe de la soudaine sollicitude de l'administration apr&#232;s des ann&#233;es de m&#233;pris. Le soutien actuel ne peut pas nous faire oublier l'&#233;poque o&#249; la moindre critique &#233;tait suivie d'une sanction. Les discours vantant une unit&#233; de fa&#231;ade &#8211; tous unis contre la maladie &#8211; ne peuvent dissimuler qu'en premi&#232;re ligne on trouve les soignants tandis que les cadres gestionnaires continuent leur sale besogne en t&#233;l&#233;travail. Personne n'est dupe de l'h&#233;ro&#239;sation de la profession : ils peuvent se les garder leurs m&#233;dailles ! Nous voulons des moyens pour travailler et des salaires d&#233;cents pour tous et toutes ! M&#234;me sentiment m&#233;lang&#233; par rapport aux applaudissements tous les soirs &#224; 20 heures. C'est un soutien appr&#233;ci&#233;, mais on ne s'en contentera pas. On demandera des comptes au gouvernement, massivement, pas seulement les syndicats car pour beaucoup le temps de la r&#233;signation est r&#233;volu. Cela nous fait chaud au c&#339;ur, mais c'est tellement d&#233;risoire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la d&#233;bauche de moyens technologiques &#8211; TGV, avions, h&#233;licopt&#232;res m&#233;dicalis&#233;s parcourant la France pour &#233;vacuer les malades - mise en sc&#232;ne par le gouvernement avec la complicit&#233; des cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision, elle n'est qu'un &#233;cran de fum&#233;e suppl&#233;mentaire pour minimiser la gravit&#233; de la situation et contre-attaquer face aux critiques de plus en plus fortes sur la gestion calamiteuse de la crise. Ce barnum va concerner une partie infime de malades, vingt personnes par-ci, trente par-l&#224;, alors qu'&#224; Mulhouse il y a d&#233;j&#224; bien longtemps que les &#233;quipes m&#233;dicales sont oblig&#233;s de faire le tri parmi ceux qu'ils pourront sauver. De plus, les &#233;tablissements dans les r&#233;gions moins touch&#233;es par l'&#233;pid&#233;mie doivent aussi se pr&#233;parer au pic. C'est la m&#234;me chose avec le path&#233;tique appel au secours lanc&#233; dans les m&#233;dias par Martin Hirsch. Le m&#234;me patron de l'Assistance publique-H&#244;pitaux de Paris qui appliquait hier consciencieusement les directives gouvernementales de d&#233;mant&#232;lement de l'h&#244;pital public. Pire encore, le recours &#224; la charit&#233;, cagnottes, Fondation de France, etc., est la preuve ultime de l'abandon de la sant&#233; publique en France. Qui peut croire que cela suffira &#224; combler l'&#233;norme manque de moyens ? C'est se donner bonne conscience &#224; peu de frais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ni Dieu, ni sauveur, ni Raoult ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et notre sauveur supr&#234;me, le professeur Didier Raoult ? La communaut&#233; des soignants &#224; Marseille a pu ressentir un profond respect voire une certaine fiert&#233; par rapport &#224; une personne et ses &#233;quipes &#224; la pointe des recherches mondiales en infectiologie. On lui doit cet Institut hospitalo-universitaire (IHU) qui est un outil de premi&#232;re classe. On ne peut qu'approuver ce qu'il a dit sur l'organisation d'une prise en charge efficace notamment en pratiquant un d&#233;pistage massif. Concernant son traitement, il est difficile pour nous, humbles soldats du soin, de juger sur le fond. C'est plut&#244;t un d&#233;bat entre experts de la question. En revanche, sur la forme, on n'a pas compris son message convoquant &#224; l'IHU la population pour test coronavirus et administration de chloroquine. R&#233;sultat : rassemblement d'une foule de personnes devant le b&#226;timent au risque d'une contamination g&#233;n&#233;rale. Quand on est soignant, on ne peut se passer d'une r&#233;flexion sur les cons&#233;quences de nos actes. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Samuel Hayat : &#171; Quand le peuple se soul&#232;ve, les dominants ne voient qu'une foule haineuse &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Samuel-Hayat-Quand-le-peuple-se</link>
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		<dc:date>2019-05-19T16:32:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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		<dc:subject>Martin Barzilai</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Il y a les historiens de garde, qui s'agrippent &#224; une vision rance du pass&#233;, grouillant de Gaulois belliqueux et de M&#233;rovingiens bon teint, servant ainsi un pouvoir fig&#233;, conservateur. Et il y a ceux qui cherchent dans les chapitres pr&#233;c&#233;dents des possibilit&#233;s &#233;mancipatrices, &#224; m&#234;me de nourrir les luttes sociales . Samuel Hayat est de ceux-l&#224;, lui qui a fourni sur les Gilets jaunes des textes bigrement &#233;clairants , vous pr&#233;sentez le mouvement des Gilets jaunes comme guid&#233; par une aspiration (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/version-allongee" rel="tag"&gt;version allong&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/interview-publiee" rel="tag"&gt;interview publi&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/kiosques-jusqu-au" rel="tag"&gt;kiosques jusqu'au&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a les historiens de garde, qui s'agrippent &#224; une vision rance du pass&#233;, grouillant de Gaulois belliqueux et de M&#233;rovingiens bon teint, servant ainsi un pouvoir fig&#233;, conservateur. Et il y a ceux qui cherchent dans les chapitres pr&#233;c&#233;dents des possibilit&#233;s &#233;mancipatrices, &#224; m&#234;me de nourrir les luttes sociales&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Approche d&#233;crite dans un ouvrage publi&#233; r&#233;cemment chez Agone, L'histoire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Samuel Hayat est de ceux-l&#224;, lui qui a fourni sur les Gilets jaunes des textes bigrement &#233;clairants &lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment &#171; Les Gilets jaunes, l'&#233;conomie morale et le pouvoir &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Sp&#233;cialiste des r&#233;volutions du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, il trace ici quelques pistes d'analyse, entre pass&#233; br&#251;lant et pr&#233;sent jaune.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2934 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-1177-5160a.jpg?1768721397' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Martin Barzilai
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;strong&gt;Cet entretien est la version allong&#233;e d'une interview publi&#233;e dans le num&#233;ro 176 de &lt;/i&gt;CQFD&lt;i&gt;, en kiosques jusqu'au jeudi 6 juin.&lt;/i&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;ans un texte publi&#233; sur &lt;i&gt;Lundi matin&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les Gilets jaunes et la question d&#233;mocratique &#187;, publi&#233; le 29 d&#233;cembre 2018.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;, vous pr&#233;sentez le mouvement des Gilets jaunes comme guid&#233; par une aspiration d&#233;mocratique similaire &#224; celle qui avait anim&#233; des insurrections comme celles de 1848 ou 1871. Or ce n'est pas vraiment ce qui est mis en avant par les m&#233;dias ou le pouvoir&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il n'y a rien de nouveau &#224; voir les autorit&#233;s nier le sens politique d'un soul&#232;vement populaire. En juin 1848, le pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e d&#233;crit les insurg&#233;s comme voulant &#8220;&lt;i&gt;l'anarchie, l'incendie, le pillage&lt;/i&gt;&#8221;. La Commune de Paris, en 1871, donne lieu &#224; maintes descriptions de la sauvagerie suppos&#233;e des communards. Quand le peuple se soul&#232;ve, les dominants ne voient qu'une foule haineuse, comme &#224; travers un &#8220;miroir d&#233;formant&#8221; (Susanna Barrows). C'est qu'il se joue l&#224; un affrontement entre deux conceptions de la politique et du peuple. Domine aujourd'hui un mod&#232;le capacitaire, o&#249; faire de la politique c'est gouverner, le peuple devant se contenter de s&#233;lectionner de temps &#224; autre les plus aptes &#224; le faire. Et les insurg&#233;s de juin 1848 ou les Gilets jaunes apparaissent d'autant plus ill&#233;gitimes aux dominants qu'ils affrontent des pouvoirs &#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il se joue dans leur soul&#232;vement une autre conception de la politique, qu'on peut qualifier de citoyenniste. Elle repose sur l'id&#233;e que la politique est l'affaire de toutes et tous et que les gouvernants (mais aussi les partis, les syndicats, les hauts fonctionnaires), en se l'appropriant, constituent une caste agissant pour ses propres int&#233;r&#234;ts et non ceux du peuple, au-del&#224; de divisions partisanes vues comme factices. Comme au XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, ces deux visions incompatibles de la politique s'entrechoquent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#234;tes notamment sp&#233;cialis&#233; dans l'histoire de la r&#233;volution de 1848, beaucoup moins connue que celle de 1789. Quelles r&#233;sonances a-t-elle avec le moment actuel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La r&#233;volution de 1848 est encombrante pour le mythe r&#233;publicain. En f&#233;vrier 1848, une insurrection des ouvriers parisiens, fortement touch&#233;s par le ch&#244;mage, impose la R&#233;publique, c'est-&#224;-dire &#224; la fois le droit de voter, de porter les armes, d'avoir un emploi et de s'associer pour en finir avec l'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant quelques semaines, avec les r&#233;volutionnaires radicaux et les socialistes qui s'organisent dans des clubs, ils maintiennent le gouvernement sous pression. Mais l'Assembl&#233;e &#233;lue le 23 avril, plut&#244;t conservatrice, pour d&#233;barrasser Paris de l'agitation ouvri&#232;re, d&#233;cide la fermeture des Ateliers nationaux (qui donnaient du travail &#224; plus de 100 000 ouvriers) et le renvoi hors de Paris des sans-emploi. Le Paris populaire alors se soul&#232;ve, l'Assembl&#233;e donne les pleins pouvoirs &#224; un g&#233;n&#233;ral rappel&#233; d'Alg&#233;rie, Eug&#232;ne Cavaignac, qui fait massacrer les insurg&#233;s par milliers. En novembre, la Constitution vot&#233;e accorde de larges pouvoirs &#224; un pr&#233;sident de la R&#233;publique &#233;lu au suffrage universel direct masculin. En d&#233;cembre 1848, c'est Louis Bonaparte, neveu de Napol&#233;on I&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt;, qui est &#233;lu avec 75 % des voix au premier tour &#8211; il fait un coup d'&#201;tat en 1851 puis un an plus tard r&#233;tablit l'Empire. Beau r&#233;sultat du suffrage dit universel !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le point de d&#233;part d'une r&#233;flexion strat&#233;gique pour le mouvement ouvrier naissant : il ne suffit pas d'affranchir politiquement le prol&#233;tariat pour qu'il triomphe. Il faut qu'il s'organise, ind&#233;pendamment de la bourgeoisie, pour travailler lui-m&#234;me &#224; son &#233;mancipation, soit en constituant un parti r&#233;volutionnaire, soit en d&#233;veloppant des formes autonomes de coop&#233;ration &#8211; les deux possibilit&#233;s n'&#233;tant d'ailleurs pas antagonistes. Les Gilets jaunes, en refusant majoritairement, semble-t-il, la voie &#233;lectorale, ont bien compris qu'il n'y avait rien &#224; en attendre. La question reste ouverte du type d'organisation qui pourra leur permettre de d&#233;velopper leur puissance propre, contre le pouvoir mais aussi pour construire une alternative au macronisme, ici et maintenant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#171; historiens &#187; m&#233;diatis&#233;s sont ceux qui mettent en avant la &#171; grande histoire &#187;, celle de la Nation et de la grandeur de la France. &#199;a semble moins le cas pour le mouvement des Gilets jaunes, non ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Tout d&#233;pend des m&#233;dias que l'on lit, &#233;coute et regarde ! L'int&#233;r&#234;t pour l'histoire est fort non seulement dans les m&#233;dias de masse, mais aussi dans les milieux militants et donc dans leurs m&#233;dias. Il n'y a jamais eu d'homog&#233;n&#233;it&#233; de la parole historienne, et le succ&#232;s d'animateurs d'&#233;missions TV d'histoire n'a pas emp&#234;ch&#233; un projet collectif ambitieux comme l'&lt;i&gt;Histoire mondiale de la France&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Seuil, 2017, sous la direction de Patrick Boucheron.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; de trouver un public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci &#233;tant, les diff&#233;rents espaces sont g&#233;n&#233;ralement cloisonn&#233;s. Le mouvement des Gilets jaunes a pris de court nombre d'&#233;ditorialistes et a cr&#233;&#233; une demande, y compris dans les m&#233;dias dominants, d'&#233;clairages venus des sciences sociales. Certain. es ont r&#233;ussi &#224; s'engouffrer dans cette br&#232;che, et tant mieux, mais il ne faut pas se faire d'illusion : elle s'est rapidement referm&#233;e. Alors que les m&#233;dias continuent d'accorder de l'int&#233;r&#234;t aux Gilets jaunes, on a retrouv&#233; les cloisonnements habituels. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel regard jetez-vous sur la pol&#233;mique ayant oppos&#233; des historiens divers, les uns analysant le mouvement sous l'angle de l'insurrection sociale (&#224; l'image de G&#233;rard Noiriel), les autres estimant qu'il a des racines r&#233;actionnaires&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; ? Ce d&#233;bat a du sens &#224; vos yeux&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On se trompe en opposant le fait insurrectionnel et les opinions r&#233;actionnaires : parmi les raisons d'un soul&#232;vement, aujourd'hui comme hier, il peut y avoir un fort attachement &#224; un pass&#233; parfois mythifi&#233;, la peur de perdre le peu qu'on a, ce que Craig Calhoun appelle le radicalisme de la tradition. Ce qui est frappant chez les Gilets jaunes, c'est la dynamique qui am&#232;ne des personnes diverses, dont certaines ont des opinions r&#233;actionnaires, &#224; construire un mouvement pour la justice sociale et la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;valuer le pouvoir &#233;mancipateur d'un mouvement en fonction des opinions de ceux qui le font, c'est le voir &#224; travers le prisme du &#8220;champ politique&#8221; (Pierre Bourdieu) o&#249; les individus et les id&#233;es sont classables sur un axe gauche-droite. C'est d&#233;j&#224; implicitement se situer dans le domaine de la politique capacitaire, celle des professionnels, et on passe &#224; c&#244;t&#233; de ce qui fait la sp&#233;cificit&#233; d'un soul&#232;vement populaire. C'est malheureusement ce que font certains analystes, universitaires ou militants : soit en disant que, puisqu'il s'agit d'un mouvement insurrectionnel, ses membres doivent &#234;tre des progressistes (minorisant le r&#244;le qu'y jouent des r&#233;actionnaires), soit en avan&#231;ant que puisqu'il y a des r&#233;actionnaires, c'est que le mouvement l'est. S'ajoute &#224; &#231;a, pour les historiens, les divisions propres au champ, entre histoire culturelle et histoire sociale, entre histoire qui donne &#224; voir l'&#233;tranget&#233; du pass&#233; et histoire qui &#233;claire le pr&#233;sent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment imaginer une histoire &#233;mancipatrice quand on voit la r&#233;cup&#233;ration &#224; l'&#339;uvre d&#232;s lors qu'un fait historique de type incendie de Notre-Dame surgit ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les dominants aiment se servir du pass&#233; et faire de l'unit&#233; &#224; peu de frais en glorifiant les vainqueurs d'hier. &#192; cela, il est salutaire d'opposer l'&#233;laboration patiente de savoirs historiques, mais il ne faut pas se faire d'illusion sur leurs possibilit&#233;s &#233;mancipatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses th&#232;ses sur le concept d'histoire, Walter Benjamin l'a &#233;crit avec force : la reconstruction exacte du pass&#233; &#224; laquelle se livrent la majorit&#233; des historien.nes est une activit&#233; intrins&#232;quement conservatrice. Ils enfilent les faits, les uns apr&#232;s les autres, en faisant &#224; chaque &#233;tape comme s'ils ne connaissaient pas la suite, &#233;tablissant le r&#233;cit d'une histoire continue menant jusqu'&#224; nous. L'historien mat&#233;rialiste, selon lui, doit au contraire faire &#233;clater le &lt;i&gt;continuum&lt;/i&gt; historique et mettre en r&#233;sonance des fragments du pass&#233; avec les urgences du pr&#233;sent. C'est ainsi que les vaincus de l'histoire peuvent &#234;tre sauv&#233;s, en retrouvant l'actualit&#233; de leurs aspirations utopiques et en les faisant n&#244;tres. Pour Michel Foucault aussi, le pass&#233; sert &#224; &#233;clairer le pr&#233;sent : faire la g&#233;n&#233;alogie des institutions permet de retrouver leur sens politique cach&#233;, les conflits qu'elles ont recouverts &#8211; et donc aussi ce que Mich&#232;le Riot-Sarcey appelle les possibles non advenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces usages-l&#224; de l'histoire, qui mettent le pass&#233; au service des exigences &#233;mancipatrices du pr&#233;sent, sont certes bien diff&#233;rents de la r&#233;cup&#233;ration politique qu'en font les autorit&#233;s, mais aussi des mani&#232;res de faire de l'histoire qui pr&#233;dominent parmi les universitaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Mais arr&#234;te de faire le rebelle, tu es fonctionnaire !&lt;/i&gt; &#187;, vous a signifi&#233; quelqu'un sur Twitter. Ce qui soul&#232;ve une bonne question : peut-on r&#233;ellement s'engager dans un mouvement social alors qu'on travaille pour une structure universitaire ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On peut s'engager individuellement, mais lorsqu'on est sollicit&#233;.e en tant qu'universitaire, il se joue quelque chose d'autre : on attend de nous des propos fond&#233;s sur nos savoirs professionnels. &#201;videmment, ceux-ci ne sont pas neutres : je m'int&#233;resse &#224; l'histoire des mouvements ouvriers, &#224; la pens&#233;e d&#233;mocrate radicale, &#224; l'anarchisme, j'entends donc fournir des armes &#224; ceux et celles que ces questions-l&#224; int&#233;ressent, et les militant.es en tout premier lieu. Mais le pacte implicite, c'est que ces savoirs r&#233;pondent &#224; des r&#232;gles professionnelles dans leur production, doivent &#234;tre valid&#233;s par d'autres universitaires et doivent &#234;tre mis &#224; disposition au-del&#224; des mondes militants, notamment par l'enseignement. Il n'y a pas de contradiction, ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y en a d&#233;j&#224; plus dans un autre aspect du statut de fonctionnaire : on travaille pour l'&#201;tat, au sein de structures (les universit&#233;s) qui ont aussi pour but de participer &#224; la s&#233;lection sociale. Le syndicalisme permet d'affronter ces contradictions collectivement, mais on ne les r&#233;sout jamais compl&#232;tement. Une chose est s&#251;re, pour moi : &#234;tre fonctionnaire donne une responsabilit&#233;, non pas vis-&#224;-vis de l'appareil d'&#201;tat, mais vis-&#224;-vis des gens. Ce que j'aimerais, c'est leur donner modestement quelques &#233;l&#233;ments sur la mani&#232;re dont, dans le pass&#233;, des gens ont su s'organiser et imposer leur volont&#233;, y compris contre l'&#201;tat, y compris avec des moyens radicaux et des buts r&#233;volutionnaires. &#199;a peut &#234;tre utile, parfois, mais la production intellectuelle ne remplacera jamais l'auto-organisation des personnes en lutte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Approche d&#233;crite dans un ouvrage publi&#233; r&#233;cemment chez Agone, &lt;i&gt;L'histoire comme &#233;mancipation&lt;/i&gt;, sign&#233; par le trio Laurence De Cock, Mathilde Larr&#232;re, Guillaume Mazeau.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir notamment &#171; &lt;a href=&#034;https://samuelhayat.wordpress.com/2018/12/05/les-gilets-jaunes-leconomie-morale-et-le-pouvoir/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Gilets jaunes, l'&#233;conomie morale et le pouvoir&lt;/a&gt; &#187;, publi&#233; sur son blog le 5 d&#233;cembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://lundi.am/Les-Gilets-jaunes-et-la-question-democratique-Samuel-Hayat&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Gilets jaunes et la question d&#233;mocratique&lt;/a&gt; &#187;, publi&#233; le 29 d&#233;cembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt; Le Seuil, 2017, sous la direction de Patrick Boucheron.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qui a peur des lyc&#233;ens ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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&lt;p&gt;Quand la jeunesse d&#233;boule, tout peut basculer. Le pouvoir le sait et met le paquet pour tuer dans l'&#339;uf cette &#233;nergie incontr&#244;lable que la fi&#232;vre jaune a r&#233;veill&#233;e sur tout le territoire. D&#233;valant le boulevard d'Ath&#232;nes, &#224; Marseille, voil&#224; une &#233;quipe de tr&#232;s jeunes gar&#231;ons au dress code sans &#233;quivoque : K-ways &#224; capuche, trainings et baskets de dieux messagers : noir c'est noir. Un gars d'&#226;ge m&#251;r distribue du s&#233;rum phy' : &#171; Vous en aurez besoin. Nous, sur La Plaine, &#231;a fait un mois qu'ils (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no172-janvier-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;172 (janvier 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Martin-Barzilai-105" rel="tag"&gt;Martin Barzilai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/center" rel="tag"&gt;center&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes" rel="tag"&gt;Gilets jaunes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/dress-code" rel="tag"&gt;dress code&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand la jeunesse d&#233;boule, tout peut basculer. Le pouvoir le sait et met le paquet pour tuer dans l'&#339;uf cette &#233;nergie incontr&#244;lable que la fi&#232;vre jaune a r&#233;veill&#233;e sur tout le territoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2882 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1126-20dce.jpg?1768721398' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Martin Barzilai
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;&#233;valant le boulevard d'Ath&#232;nes, &#224; Marseille, voil&#224; une &#233;quipe de tr&#232;s jeunes gar&#231;ons au &lt;i&gt;dress code&lt;/i&gt; sans &#233;quivoque : K-ways &#224; capuche, trainings et baskets de dieux messagers : noir c'est noir. Un gars d'&#226;ge m&#251;r distribue du s&#233;rum phy' : &#171; &lt;i&gt; Vous en aurez besoin. Nous, sur La Plaine, &#231;a fait un mois qu'ils nous gazent.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Merci, Monsieur !&lt;/i&gt; &#187; On cherche la manif lyc&#233;enne, insaisissable comme il se doit. L'h&#233;licopt&#232;re qui fait du surplace au-dessus de l'ex-Poste Colbert donne une id&#233;e d'o&#249; &#231;a se passe. Les v&#233;hicules bourr&#233;s de flics casqu&#233;s qui tracent toute sir&#232;ne hurlante aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humiliation publique des lyc&#233;ens de Mantes-la-Jolie, jamais condamn&#233;e par le ministre Castaner et applaudie par S&#233;gol&#232;ne Royal, a tourn&#233; en boucle. Tant pis si l'image rabaisse la &#171; patrie des droits de l'Homme &#187; au rang d'un vulgaire &#201;tat policier. Avis &#224; la population : gardez vos gosses &#224; la maison. L'&#201;tat craint leur irruption dans l'ar&#232;ne de cet automne inesp&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Maintenant que tout le monde est en col&#232;re... &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ah, si jeunesse savait ! Justement, la voie ouverte par les inexp&#233;riment&#233;s Gilets jaunes avec leurs blocages, leurs Zad autorouti&#232;res et leurs manifs errantes a frapp&#233; les esprits. Les lyc&#233;ens y voient un &#233;cho de leur spontan&#233;it&#233;. Comme si les parents avaient appris de leurs gosses&#8230; D&#233;but d&#233;cembre, sous l'arc de triomphe de la porte d'Aix, un jeune le dit tout &#224; trac &#224; l'AFP : &#171; &lt;i&gt;Maintenant que tout le monde est en col&#232;re, on va finir ce qu'on avait commenc&#233; au printemps dernier.&lt;/i&gt; &#187; Cette &lt;i&gt;punchline&lt;/i&gt; fait r&#233;f&#233;rence aux gr&#232;ves perdues contre Parcoursup et la r&#233;forme des lyc&#233;es. Mais elle ouvre surtout la bo&#238;te de pandore d'un r&#232;glement de comptes g&#233;n&#233;ralis&#233; contre l'arrogance antisociale des derniers gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre &lt;i&gt;punchline&lt;/i&gt;, cette fois-ci lanc&#233;e par Olivier Mateu, secr&#233;taire d&#233;partemental de la CGT, lors du rassemblement du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre devant la pr&#233;fecture : &#171; &lt;i&gt;Nous ferons payer chaque coup de matraque et chaque goutte de sang vers&#233;e par nos enfants.&lt;/i&gt; &#187; &#192; bon entendeur. Car la violence polici&#232;re frappe aussi Marseille. Et les syndicalistes y ont go&#251;t&#233;, comme &#224; Fos il y a deux ans, lors du blocage des raffineries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifs suivantes sont encadr&#233;es par les profs et personnels. Sud, FSU et service d'ordre CGT. Les flics sont moins vaillants face aux dockers. Mais la bienveillance se r&#233;v&#232;le &#233;touffante. Abel&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, un bloqueur du lyc&#233;e Saint-Charles, regrette le rythme impos&#233; : &#171; &lt;i&gt;Ils nous ont &#224; peine laiss&#233; le temps de nous mettre &#224; genoux les mains sur la nuque en hommage aux copains de Mantes-la-Jolie. Ils voulaient qu'on boucle &#231;a vite fait. Alors nous, on repart cadenasser le bahut. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 4 d&#233;cembre. 21 lyc&#233;es bloqu&#233;s &#224; Marseille en solidarit&#233; avec les Gilets jaunes. Frustr&#233;s par une dispersion trop rapide, quelques centaines de jeunes tra&#238;nent devant l'inspection d'acad&#233;mie. Une bousculade et les flics gazent le carrefour. Les yeux en feu, on se r&#233;fugie sur l'esplanade de la gare. Les plus speeds caillassent les fourgons de CRS en contrebas. Devant le lyc&#233;e Victor-Hugo, que fr&#233;quentent les gamins de la Belle de Mai &#8212; quartier le plus paup&#233;ris&#233; de France, selon l'Insee &#8212;, une voiture br&#251;le. &#192; l'arriv&#233;e des pompiers, un minot monte sur le camion et y esquisse un pas de danse. Le fond de l'air est jaune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 13 d&#233;cembre, m&#234;me endroit. Les portes de la gare, de la fac et du bahut sont ferm&#233;es. O&#249; aller ? Comment penser le mouvement quand on en est r&#233;duit &#224; errer sur un bitume hostile ? Un commando de civils cagoul&#233;s est &#224; l'aff&#251;t, le lanceur de balle de d&#233;fense en joue. Une lyc&#233;enne &#224; la coupe afro brandit une pancarte sous leur nez : &#171; &lt;i&gt;Et si on visait l'&#233;galit&#233; des chances ?&lt;/i&gt; &#187; En r&#233;ponse, les mastards plaquent contre le mur un gosse de 15 ans (noir lui aussi) qui passait par l&#224;. Ils se mettent &#224; dix pour le palper et braquer ceux qui protestent. Un retrait&#233; du port crache son d&#233;go&#251;t : &#171; &lt;i&gt;Ces cond&#233;s, c'est la lie de la soci&#233;t&#233;. En 1986, sur la place de la Joliette, on leur avait mis une belle branl&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La grande peur des Versaillais</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Si la flamb&#233;e jaune fut au d&#233;part couv&#233;e d'un &#339;il attendri par une &#233;ditocratie arc-bout&#233;e sur le &#171; trop d'imp&#244;t tue l'imp&#244;t &#187;, la soif d&#233;mocratique des Gilets jaunes mit rapidement fin &#224; l'idylle. Un retournement de veste journalistique aussi brutal que r&#233;v&#233;lateur du m&#233;pris social. Qu'il semble loin le temps o&#249; &#201;ric Brunet, journaliste BFM, r&#233;mun&#233;r&#233; 6 000 &#8364; par mois, arborait la tunique d'or fluorescente. D&#232;s le 2 d&#233;cembre, il twittait, d&#233;sempar&#233; : &#171; Je ne comprends plus rien aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no173-fevrier-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;173 (f&#233;vrier 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Martin-Barzilai-105" rel="tag"&gt;Martin Barzilai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes" rel="tag"&gt;Gilets jaunes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pascal-Bruckner" rel="tag"&gt;Pascal Bruckner&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si la flamb&#233;e jaune fut au d&#233;part couv&#233;e d'un &#339;il attendri par une &#233;ditocratie arc-bout&#233;e sur le &#171; trop d'imp&#244;t tue l'imp&#244;t &#187;, la soif d&#233;mocratique des Gilets jaunes mit rapidement fin &#224; l'idylle. Un retournement de veste journalistique aussi brutal que r&#233;v&#233;lateur du m&#233;pris social.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2827 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-1081-81268.jpg?1768721398' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Martin Barzilai
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;Q&lt;/span&gt;u'il semble loin le temps o&#249; &#201;ric Brunet, journaliste BFM, r&#233;mun&#233;r&#233; 6 000 &#8364; par mois, arborait la tunique d'or fluorescente. D&#232;s le 2 d&#233;cembre, il twittait, d&#233;sempar&#233; : &#171; &lt;i&gt;Je ne comprends plus rien aux #GiletsJaunes. Cette profonde grogne anti-taxes est devenue au fil des jours un mouvement pour l'augmentation du Smic et des minimas sociaux... &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les hordes qui ont tout d&#233;truit sur leur passage, &#224; Paris ou ailleurs, r&#234;vant de marcher sur l'&#201;lys&#233;e pour le mettre &#224; sac et pour placer la t&#234;te du pr&#233;sident sur une pique, rappelaient les Khmers rouges entrant dans Phnom Penh pour la nettoyer et la vider &lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivait dans &lt;i&gt;Le Point &lt;/i&gt;du 10 janvier Pascal Bruckner, grognard du pr&#234;t-&#224;-penser n&#233;o-conservateur. Dans le m&#234;me hebdomadaire, o&#249; officient une bonne palanqu&#233;e de vieux muscadins, Franz-Olivier Giesbert avait lui su trier entre le bon grain et la chienlit des &#171; &lt;i&gt;foules haineuses &lt;/i&gt; &#187; : d'un c&#244;t&#233; de la bonne &#171; &lt;i&gt;classe moyenne inf&#233;rieure &lt;/i&gt; &#187; victime des taxes ; de l'autre, &#171; &lt;i&gt;les r&#233;cup&#233;rateurs, les extr&#233;mistes, les c&#233;g&#233;to-lep&#233;nistes, tout cet univers qu'on appelle souvent la &#8220;populace&#8221; &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande peur qui a saisi les classes dirigeantes n'a pas &#233;t&#233; surjou&#233;e, assurait Ir&#232;ne Inchausp&#233;, journaliste de l'ultra-lib&#233;ral &lt;i&gt;L'Opinion&lt;/i&gt;, sur Canal+ le 13 d&#233;cembre : &#171; &lt;i&gt;Tous les grands groupes vont distribuer des primes parce qu'ils ont vraiment eu peur &#224; un moment d'avoir leurs t&#234;tes sur des piques. Quand il y a eu le samedi terrible avec toutes les d&#233;gradations, ils avaient appel&#233; le patron du Medef en lui disant &lt;/i&gt;&#8220;Tu l&#226;ches tout !&#8221; &lt;i&gt;parce que les grands patrons se sentaient menac&#233;s physiquement. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'effor&#231;ant de diagnostiquer la d&#233;fiance des manifestants envers les &#233;lites et les m&#233;dias, une meute d'experts interchangeables s'est aussi &#233;vertu&#233;e &#224; rappeler la pl&#232;be &#224; la raison r&#233;publicaine : &#171; &lt;i&gt;Il faut expliquer aux Gilets jaunes que nous ne sommes plus en 1789 puisque nous avons des institutions d&#233;mocratiques et que nous sommes un pays libre. &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;Bref les journalistes doivent se rappeler qu'ils ne sont pas de simples observateurs mais qu'ils font partie des &#233;lites dont le r&#244;le est aussi de pr&#233;server le pays du chaos. &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Derri&#232;re les &#8220;Gilets jaunes&#8221;, une r&#233;gression &#233;conomique et politique &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Gare aux intrus&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et lorsqu'au milieu de ce spectacle une voix discordante s'exprime, on lui rappelle qu'elle n'est que tol&#233;r&#233;e dans le dispositif. Ainsi, le 5 d&#233;cembre sur BFM, Ruth Elkrief ponctue l'intervention en faveur du mouvement des Gilets jaunes d'un Xavier Mathieu &#233;chauff&#233; par &#171; &lt;i&gt;On voit bien que vous &#234;tes com&#233;dien aujourd'hui &lt;/i&gt; &#187;. En retour, l'ex-leader CGT des Contis renvoie son &#171; &lt;i&gt;m&#233;pris de classe &lt;/i&gt; &#187; &#224; la figure de la journaliste r&#233;mun&#233;r&#233;e 10 000 &#8364; par mois (selon &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;). Imagine-t-on Mme Elkrief r&#233;torquer &#224; ses invit&#233;s &#171; &lt;i&gt;On voit bien que vous &#234;tes politiciens ! &lt;/i&gt; &#187;, lorsqu'ils lui d&#233;roulent leur habituelle langue de bois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre intrus dans ce dispositif, le philosophe Vincent Cespedes, invit&#233; sur le plateau de CNews, a eut &#224; peine le temps de d&#233;clarer &#171; &lt;i&gt;Je comprends la violence des Gilets jaunes, ils sont exasp&#233;r&#233;s par leur situation sociale... &lt;/i&gt; &#187; que la journaliste Sonia Mabrouk l'interrompt : &#171; &lt;i&gt;Je ne peux pas vous laisser dire... &lt;/i&gt; &#187; Malaise en plateau. Pourtant le philosophe se d&#233;fendait d'applaudir, il disait juste pouvoir comprendre. Une capacit&#233; au-del&#224; des normes d'intelligibilit&#233; des journalistes de cha&#238;nes d'info, semble-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La face aveugle de la violence&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cependant une autre violence est rest&#233;e longtemps dans l'angle mort dans les grands m&#233;dias. C'est celle qu'Amnesty International d&#233;non&#231;ait pourtant d&#232;s le 17 d&#233;cembre dans un rapport sur &#171; &lt;i&gt;le recours excessif &#224; la force par des policiers &lt;/i&gt; &#187;, &#224; partir de t&#233;moignages de nombreuses victimes et secouristes, mais aussi de journalistes. C'est dire si la profession est travers&#233;e par un gouffre : tandis que des journalistes de terrain et des dizaines de photographes alertaient sur les violences polici&#232;res (qu'ils ont parfois subies eux-m&#234;mes), les &#233;ditocrates n'avaient d'obsession que pour les casseurs et la bravoure des forces de l'ordre. Pendant ce temps-l&#224;, durant les manifestations, certains reporters ont pu prendre de malencontreux coups, qui leur &#233;taient moins destin&#233;s qu'aux sempiternels sermonneurs m&#233;diatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 janvier dernier, le site &lt;i&gt;Arr&#234;ts sur image &lt;/i&gt;titrait encore &#171; Au JT, les violences polici&#232;res n'existent pas &#187; : &#171; &lt;i&gt;Depuis le 17 novembre, et la premi&#232;re manifestation des Gilets jaunes, les JT de 20 heures de TF1 et France 2 n'ont pas &#233;t&#233; prolixes sur la question, alors que &lt;/i&gt;Lib&#233;ration &lt;i&gt;a recens&#233; plus de 90 bless&#233;s graves par les forces de l'ordre. &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;Seule l'&#233;mission Envoy&#233; Sp&#233;cial a consacr&#233; un num&#233;ro aux violences polici&#232;res le 13 d&#233;cembre, se fondant notamment sur le travail du journaliste ind&#233;pendant David Dufresne, qui recense sur Twitter, depuis plusieurs semaines, les blessures des manifestants... &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le &#171; &lt;i&gt;lynchage &lt;/i&gt; &#187; dont seraient victimes les institutions, les &#233;lus et ministres LREM, les journalistes trait&#233;s de &#171; &lt;i&gt;collabos &lt;/i&gt; &#187; qui constitue, selon les &#233;ditocrates&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Crise sociale : halte au lynchage &#187;, &#233;ditorial du Monde (10/01/2019).&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, la seule menace pour la d&#233;mocratie. Combien d'&#233;borgn&#233;s dans leurs rangs &#224; ce jour ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; &#199;a ira &#187; ou &#171; &#199;a suffit &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 7 janvier, dans &#171; &lt;i&gt;le confort de l'entre-soi &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Gilets jaunes et m&#233;dias, deux mondes qui se regardent sans se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187; de l'&#233;mission de Guillaume Durand sur Radio Classique, Luc Ferry, ancien ministre de l'&#201;ducation et ex-professeur de philosophie fictif &#224; l'universit&#233; Paris-Diderot, s'est mis &#224; exhorter les policiers &#224; tirer sur les &#233;meutiers :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Qu'ils se servent de leurs armes une bonne fois, &#233;coutez, &#231;a suffit ! Voil&#224;, y a un moment o&#249; ces esp&#232;ces de nervis, ces esp&#232;ces de salopards d'extr&#234;me droite ou d'extr&#234;me gauche ou des quartiers qui viennent taper du policier, &#231;a suffit ! &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;On a, je crois, la quatri&#232;me arm&#233;e du monde, elle est capable de mettre fin &#224; ces saloperies, faut dire les choses comme elles sont. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une sortie digne de ce plumitif Versaillais &#8212; dont l'histoire n'a pas retenu le nom &#8212; appelant au massacre des Communards dans les pages du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; en 1871&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La responsabilit&#233; de la presse dans la r&#233;pression de la Commune de Paris (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;Il reste &#224; M. Thiers une t&#226;che importante : celle de purger Paris. Jamais occasion pareille ne se pr&#233;sentera. &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;Allons, honn&#234;tes gens, un coup de main pour en finir avec la vermine d&#233;mocratique et sociale, nous devons traquer comme des b&#234;tes fauves ceux qui se cachent. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ils connaissent pas Raoul !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Nouveau Magazine litt&#233;raire &lt;/i&gt;de janvier a interrog&#233; Raoul Vaneigem sur les Gilets jaunes, qui, selon la revue, se seraient &#171; &lt;i&gt;lev&#233;s pour pr&#233;server leur place dans cette civilisation du consum&#233;risme, et de la voiture reine &lt;/i&gt; &#187;. En r&#233;ponse, le philosophe a explos&#233; cette fa&#231;on de voir fa&#231;on puzzle : &#171; &lt;i&gt;Cessez de rabaisser les revendications au niveau du panier de la m&#233;nag&#232;re ! Vous voyez bien qu'elles sont globales, ces revendications. Elles viennent de partout, des retrait&#233;s, des lyc&#233;ens, des agriculteurs, des conducteurs dont la voiture sert plus &#224; aller au boulot qu'&#224; partir se dorer sur un yacht, de toutes ces femmes et de tous ces hommes, de ces anonymes qui s'aper&#231;oivent qu'ils existent, qu'ils veulent vivre et qui en ont assez d'&#234;tre m&#233;pris&#233;s par une R&#233;publique du chiffre d'affaires. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'encha&#238;ner vertement : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes entr&#233;s dans une p&#233;riode critique o&#249; la moindre contestation particuli&#232;re s'articule sur un ensemble de revendications globales. Le plant de tomates est plus important que les bottes militaires et &#233;tatistes qui viennent l'&#233;craser &#8212; comme &#224; Notre-Dame-des-Landes. Les dirigeants politiques et ceux qui se poussent au portillon pour les remplacer pensent le contraire, comme ils pensent que taxer le carburant de ceux &#224; qui l'on a rendu indispensable l'usage de la voiture et de l'essence dispense de toucher aux b&#233;n&#233;fices pharamineux de Total et consorts. Les zones &#224; d&#233;fendre (Zad) ne se bornent pas &#224; combattre les nuisances que les multinationales implantent au m&#233;pris des habitants de la Terre ; elles sont le lieu o&#249; l'exp&#233;rience de nouvelles formes de soci&#233;t&#233;s fait ses premiers pas. &#8220;Tout est possible !&#8221;, tel est aussi le message des Gilets jaunes. Tout est possible, m&#234;me les assembl&#233;es d'autogestion au milieu des carrefours, dans les villages, dans les quartiers. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/point-de-vue-derriere-les-gilets-jaunes-une-regression-economique-et-politique_3090753.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Derri&#232;re les &#8220;Gilets jaunes&#8221;, une r&#233;gression &#233;conomique et politique&lt;/a&gt; &#187;, par le politologue G&#233;rard Grunberg et l'&#233;conomiste &#201;lie Cohen, sur le site France TV Infos (8/12/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/01/10/crise-sociale-halte-au-lynchage_5407220_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Crise sociale : halte au lynchage&lt;/a&gt; &#187;, &#233;ditorial du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; (10/01/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/110119/gilets-jaunes-et-medias-deux-mondes-qui-se-regardent-sans-se-comprendre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gilets jaunes et m&#233;dias, deux mondes qui se regardent sans se comprendre&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt; (11/01/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; La responsabilit&#233; de la presse dans la r&#233;pression de la Commune de Paris &#187;, &lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt; (05/06/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le voyage inattendu d'un anarchiste syrien</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-voyage-inattendu-d-un</link>
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		<dc:date>2019-01-30T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Martin Barzilai</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir connu la r&#233;volution &#224; Alep, la guerre civile, l'exil en Turquie puis la travers&#233;e vers la Gr&#232;ce sur un bateau de fortune, Edd Thawra a pu se forger, &#224; 22 ans, quelques convictions bien affirm&#233;es. Nous l'avons rencontr&#233; &#224; Thessalonique, carrefour antique entre Orient et Occident, o&#249; il milite dans un groupe anarchiste et suit des &#233;tudes d'informatique. En cette fin d'octobre 2018, devant la gare de Thessalonique, une petite dizaine d'activistes collent des affiches et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no171-decembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;171 (d&#233;cembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Martin-Barzilai-105" rel="tag"&gt;Martin Barzilai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Syrie" rel="tag"&gt;Syrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartiers" rel="tag"&gt;quartiers&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Edd-Thawra" rel="tag"&gt;Edd Thawra&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/distribuent-Bulletin" rel="tag"&gt;distribuent Bulletin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir connu la r&#233;volution &#224; Alep, la guerre civile, l'exil en Turquie puis la travers&#233;e vers la Gr&#232;ce sur un bateau de fortune, Edd Thawra&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a pu se forger, &#224; 22 ans, quelques convictions bien affirm&#233;es. Nous l'avons rencontr&#233; &#224; Thessalonique, carrefour antique entre Orient et Occident, o&#249; il milite dans un groupe anarchiste et suit des &#233;tudes d'informatique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2763 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-1019-4132f.jpg?1768721399' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Martin Barzilai
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n cette fin d'octobre 2018, devant la gare de Thessalonique, une petite dizaine d'activistes collent des affiches et distribuent &lt;i&gt;Bulletin&lt;/i&gt;, une revue en quatre langues (grec, fran&#231;ais, anglais, arabe), aupr&#232;s des sans-papiers du quartier. Edd Thawra participe au collectif Clandestina-Network. Il a m&#234;me contribu&#233; &#224; r&#233;diger la d&#233;claration de principes : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes un groupe de militants locaux et migrants &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;anti-discriminations&lt;/i&gt; &#187;, qui &#171; &lt;i&gt;vise &#224; aider &#224; briser les barri&#232;res de la communication et &#224; unir nos luttes dans la ville avec celles dans les camps de migrants. &lt;/i&gt; &#187; Quelques jours plus tard, Edd nous raconte sa trajectoire autour d'un caf&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;R&#233;volution &#224; Alep&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je suis originaire de Sukkari, un quartier pauvre d'Alep.&lt;/strong&gt; Ma famille est sunnite. Au moment du soul&#232;vement, j'avais 15 ans. En 2011, l'arm&#233;e de Bachar contr&#244;lait encore la ville, mais en 2012, des milliers de personnes sont descendues dans la rue tous les jours. Notre quartier &#233;tait tr&#232;s conservateur, pourtant des femmes non voil&#233;es pouvaient venir manifester. Et inversement, dans les quartiers de la classe moyenne, les gens des quartiers populaires soutenaient les protestations. Tous les gens d'Alep &#233;taient m&#233;lang&#233;s et unis &#224; cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la r&#233;volution, la culture politique &#233;tait tr&#232;s pauvre, le nationalisme arabe du parti Baas monopolisait toute la presse et la production &#233;ditoriale. Facebook &#233;tait bloqu&#233;, on devait utiliser des serveurs proxy pour avoir acc&#232;s aux r&#233;seaux sociaux. Nous n'avions aucune base th&#233;orique, aucune id&#233;e pr&#233;&#233;tablie, alors nous avons appris par notre propre pratique, influenc&#233;s aussi par Omar Aziz ou Razan Zaitouneh&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Omar Aziz &#233;tait un des th&#233;oriciens des comit&#233;s locaux de coordination, bases (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des pauvres &#233;taient apolitiques, ils avaient avant tout une fa&#231;on &#233;motionnelle de r&#233;agir aux injustices et &#224; la dictature. Le soul&#232;vement a eu un grand impact sur les mentalit&#233;s en Syrie, certains sont devenus plus religieux, d'autres ath&#233;es. Depuis la r&#233;volution, je ne crois plus en Dieu. Les bombardements incessants sur les quartiers rebelles ont &#233;galement conduit &#224; la confessionnalisation de la population qui se trouvait coinc&#233;e sans aucun soutien ext&#233;rieur. Face &#224; la mort, c'&#233;tait cela ou la fuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais cru &#224; la solution militaire, j'&#233;tais contre les armes. Au d&#233;part, l'Arm&#233;e syrienne libre (ASL), constitu&#233;e de d&#233;serteurs, &#339;uvrait pour la protection de la r&#233;volution, mais avec le temps, elle s'est comport&#233;e comme un gang et des &#233;l&#233;ments islamistes s'y sont joints. Le r&#233;gime arr&#234;tait tous ceux qui cherchaient &#224; s'organiser autrement et les torturait. Dans mon quartier, j'ai assist&#233; &#224; l'arrestation de deux fr&#232;res communistes qui &#233;taient revenus de Grande-Bretagne pour participer &#224; la r&#233;volution. On ne les a jamais revus. &#192; la m&#234;me &#233;poque, le r&#233;gime a lib&#233;r&#233; pr&#232;s de 300 islamistes qui sont devenus les leaders de la r&#233;bellion. Il a man&#339;uvr&#233; pour favoriser l'islamisation de la r&#233;volution afin de justifier ses tueries au yeux du monde. Puisque l'islamisme constituait la principale menace depuis le 11-Septembre, le r&#233;gime pr&#233;tendait agir dans une lutte antiterroriste globale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un radeau pour Lesbos&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Quand l'arm&#233;e de Bachar a repris le contr&#244;le de mon quartier&lt;/strong&gt;, j'ai v&#233;cu un an de terreur, car il devenait de plus en plus difficile d'&#233;chapper &#224; la conscription. Puis, j'ai pass&#233; six mois dans les quartiers rebelles, mais c'&#233;tait intenable : il y avait des explosions de bombes-barils tous les jours. J'ai quitt&#233; la Syrie fin 2014, seul. Je suis pass&#233; en Turquie par le canton d'Idleb. &#192; cette &#233;poque, l'arm&#233;e turque ne tirait pas &#224; vue sur les clandestins. &#192; Gaziantep, j'ai pu trouver un boulot gr&#226;ce &#224; une connaissance. Puis, j'ai d&#233;cid&#233; de partir de Turquie en 2016 parce que le climat social et religieux devenait de plus en plus pesant. Avec Erdo&#287;an, j'ai l'impression que ce pays s'enfonce dans l'obscurantisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'aller en Gr&#232;ce, j'ai d&#251; payer un passeur pour prendre un rafiot pourri qui m'a conduit &#224; Lesbos. Contrairement &#224; l'image v&#233;hicul&#233;e par les m&#233;dias, mon bateau n'&#233;tait pas rempli de jeunes migrants c&#233;libataires, mais en majorit&#233; de familles avec enfants. Bien s&#251;r, j'avais peur pour moi-m&#234;me, mais quand je suis mont&#233; dedans, j'eus d'abord cette pens&#233;e terrible : &#8220; &lt;i&gt;Et si tous ces enfants mouraient noy&#233;s cette nuit ?&lt;/i&gt; &#8221; Prendre un canot de fortune, c'est prendre un billet pour l'inconnu, parfois pour la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'arriv&#233;e &#224; Lesbos, Frontex nous a pris en charge et conduit au camp de Moria, qui &#233;tait un camp ouvert &#224; l'&#233;poque. Aujourd'hui, c'est une prison. Apr&#232;s deux jours, j'ai pu aller &#224; Ath&#232;nes. Puis &#224; Thessalonique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e en Europe a &#233;t&#233; un choc et un &#233;blouissement. Ici, on peut lire et dire ce qu'on veut sans ressentir le sentiment de peur. Cette terreur suscit&#233;e par le parti Baas en Syrie demeure pourtant. Chez les g&#233;n&#233;rations plus &#226;g&#233;es, c'est encore plus marqu&#233;. Un ami m'a racont&#233; que ses parents, pourtant r&#233;fugi&#233;s au Canada, restent t&#233;tanis&#233;s d&#232;s qu'on &#233;voque le r&#233;gime. Ils se murent dans le silence. La peur des &lt;i&gt;moukhabarat&lt;/i&gt; [services de s&#233;curit&#233;] est omnipr&#233;sente. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Cette gauche pro-Assad&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je continue &#224; partager des points de vue&lt;/strong&gt; avec des camarades syriens &#224; Ath&#232;nes ou sur la page Facebook Syrian anarchists. Durant une manif de gauche &#224; Ath&#232;nes il y a quelque temps, certains militants grecs brandissaient le drapeau du r&#233;gime, un camarade syrien les a interpell&#233;s violemment, mais visiblement aucun des manifestants n'a su quoi lui r&#233;pondre. Eux-m&#234;mes ne savent pas pourquoi ils se font les complices de cette dictature. La r&#233;volution syrienne a &#233;t&#233; un test d'internationalisme pour la gauche occidentale, qui l'a manqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup d'anti-imp&#233;rialistes soutiennent &#233;galement l'Iran, qui est un &#201;tat islamique, alors qu'ils n'accepteraient jamais chez eux un tel r&#233;gime d'oppression. Tol&#233;reraient-ils le voile obligatoire ? De m&#234;me &#224; propos de la cause palestinienne, la plupart s'en foutent des Palestiniens, c'est juste un pr&#233;texte pour tenir un discours anti-am&#233;ricain et antisioniste. Le mensonge de l'&#201;tat syrien repose en partie sur son faux antagonisme avec Isra&#235;l. En r&#233;alit&#233;, si Isra&#235;l n'existait pas, le r&#233;gime n'existerait pas non plus. Toute sa propagande tend &#224; confondre juifs et sionistes dans l'esprit des Syriens ordinaires. Elle a contribu&#233; &#224; d&#233;politiser la question palestinienne et sert &#224; masquer ses propres crimes. Je supporte la lutte des Palestiniens contre l'&#201;tat raciste d'Isra&#235;l mais je ne soutiens pas le nationalisme, ni les politiques autoritaires du Hamas ou du Fatah. J'ai grandi avec des Palestiniens en Syrie, le r&#233;gime avait cr&#233;&#233; un d&#233;partement de s&#233;curit&#233; juste pour les contr&#244;ler...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personnellement, je refuse de travailler avec la gauche autoritaire qui aurait une position pro-Assad, quand bien m&#234;me elle participerait &#224; la solidarit&#233; avec les migrants. &#192; l'heure actuelle, je ne soutiens aucun des acteurs en Syrie : ni l'ASL, ni le YPG [milice kurde], ni &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; les djihadistes ou Assad. Tous se sont fourvoy&#233;s. Je peux &#233;ventuellement discuter avec des gens qui supportent les deux premiers groupes, pas avec les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'aime pas quand on me demande si je souhaite retourner un jour dans mon pays. D'abord, parce que je ne crois pas aux fronti&#232;res. Je pense que la Terre est un endroit pour tout le monde. Toutefois, si un miracle se produisait et que la dictature tombait, j'aimerais contribuer &#224; construire une soci&#233;t&#233; meilleure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Omar Aziz &#233;tait un des th&#233;oriciens des comit&#233;s locaux de coordination, bases d'auto-organisation de la r&#233;volution syrienne. Il est d&#233;c&#233;d&#233; dans les ge&#244;les du r&#233;gime en 2013. Razan Zaitouneh est une avocate et militante des droits de l'homme, disparue depuis le 9 d&#233;cembre 2013 &#224; Douma, probablement enlev&#233;e par les djihadistes de Jaych al-Islam.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mirage gay en Isra&#235;l</title>
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		<dc:date>2019-01-14T12:32:48Z</dc:date>
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		<dc:creator>Martin Barzilai</dc:creator>


		<dc:subject>Martin Barzilai</dc:subject>
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		<dc:subject>gay</dc:subject>
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		<dc:subject>pinkwashing</dc:subject>
		<dc:subject>gays occidentaux</dc:subject>
		<dc:subject>homosexuels</dc:subject>
		<dc:subject>l'image</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Publi&#233; aux &#233;ditions Libertalia, le livre Mirage gay &#224; Tel Aviv, de Jean Stern, est une enqu&#234;te in&#233;dite qui d&#233;cortique la strat&#233;gie marketing de l'&#201;tat isra&#233;lien draguant la communaut&#233; gay occidentale. Rencontre avec l'auteur, cofondateur du Gai Pied, puis journaliste &#224; Lib&#233;ration et actuel r&#233;dacteur en chef de La Chronique d'Amnesty International. *** CQFD : Mirage gay &#224; Tel Aviv est une enqu&#234;te sur ce que l'on appelle le pinkwashing. Est-ce que tu peux nous expliquer de quoi il s'agit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-image" rel="tag"&gt;l'image&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; aux &#233;ditions Libertalia, le livre &lt;i&gt;Mirage gay &#224; Tel Aviv&lt;/i&gt;, de Jean Stern, est une enqu&#234;te in&#233;dite qui d&#233;cortique la strat&#233;gie marketing de l'&#201;tat isra&#233;lien draguant la communaut&#233; gay occidentale. Rencontre avec l'auteur, cofondateur du &lt;i&gt;Gai Pied&lt;/i&gt;, puis journaliste &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; et actuel r&#233;dacteur en chef de &lt;i&gt;La Chronique&lt;/i&gt; d'Amnesty International.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2746 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;40&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH295/-1003-d1ea5.jpg?1768721399' width='500' height='295' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jean Stern (photo de Martin Barzilai).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;
&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;Mirage gay &#224; Tel Aviv&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;2017.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;est une enqu&#234;te sur ce que l'on appelle le &lt;i&gt;pinkwashing&lt;/i&gt;. Est-ce que tu peux nous expliquer de quoi il s'agit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Stern : &lt;/strong&gt;Je vais prendre un exemple simple avec le &lt;i&gt;greenwashing&lt;/i&gt; qui consiste pour les entreprises &#224; repeindre en vert leurs actions, &#224; mettre par exemple des plantes vertes dans les si&#232;ges sociaux. Le &lt;i&gt;pinkwashing &lt;/i&gt;appara&#238;t en 2008 avec l'id&#233;e d'attirer la communaut&#233; gay occidentale &#224; Tel Aviv pour tenter d'&#171; adoucir &#187; l'image d'Isra&#235;l et de d&#233;velopper un nouveau tourisme. &#192; partir de 2009-2010, une vraie strat&#233;gie marketing est pens&#233;e, &#233;labor&#233;e, construite par la mairie de Tel Aviv, les h&#244;teliers et le minist&#232;re du Tourisme pour tenter de changer l'image d'Isra&#235;l. Il faut rappeler qu'Isra&#235;l &#233;tait en dehors des grands circuits touristiques mondiaux jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 2000. Et le gouvernement isra&#233;lien s'est dit : il va falloir mettre en avant nos atouts. Tel Aviv, baln&#233;aire, dot&#233;e de nouveaux lieux de sociabilit&#233; et dont l'image &#233;tait en train de changer, offrait un vrai potentiel. Ils ont trouv&#233; le slogan : &#171; Tel Aviv, la ville qui ne dort jamais &#187;. Un slogan festif adapt&#233; aux h&#233;t&#233;ros, mais qui marche aussi bien pour les gays. Isra&#235;l a alors cibl&#233; les m&#233;dias gays, invit&#233; des dizaines de journalistes LGBT &#224; Tel Aviv, fait des op&#233;rations de promo dans les clubs gay, etc. Mais le &lt;i&gt;pinkwashing &lt;/i&gt;a aussi et surtout permis un discours id&#233;ologique, avec cette id&#233;e sous-jacente : il y a des droits pour les gays en Isra&#235;l, et ils n'en ont pas dans le monde arabe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ton livre, on entre dans le d&#233;tail puisqu'on d&#233;couvre qu'une bo&#238;te de com' bas&#233;e aux Pays-Bas a &#233;t&#233; embauch&#233;e pour faire ce travail de marketing...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Oui, il s'agit d'Outnow, une entreprise habitu&#233;e &#224; travailler avec des marques comme Orange, IBM, mais aussi avec des villes comme Berlin, Vienne ou Copenhague. &#192; partir de 2008, le gouvernement isra&#233;lien a mis en place la structure &#171; Brand Isra&#235;l &#187; directement reli&#233;e au cabinet de la ministre des Affaires &#233;trang&#232;res de l'&#233;poque, Tzipi Livni. Cette ancienne agente du Mossad, le service secret isra&#233;lien, n'ignorait rien de l'image d&#233;sastreuse de son pays. L'&#233;quipe de Livni a utilis&#233; toutes les ressources du marketing pour l'am&#233;liorer. Des dizaines de millions de dollars ont &#233;t&#233; d&#233;pens&#233;s sur plusieurs ann&#233;es. Entre autres choses, le congr&#232;s de l'association mondiale du tourisme LGBT a &#233;t&#233; accueilli l&#224;-bas. D&#232;s 2009-2010, un flux touristique s'est instaur&#233;. Aujourd'hui, des dizaines de milliers de touristes gays occidentaux se rendent chaque ann&#233;e &#224; la semaine de la Fiert&#233; gay, d&#233;but juin. Un tourisme tr&#232;s rentable puisqu'il contribue &#224; faire tourner les nombreux bars, clubs et h&#244;tels de Tel Aviv. M&#234;me si Isra&#235;l a investi beaucoup d'argent, le retour sur investissement est flatteur puisque cela a non seulement amen&#233; des gens &#224; Tel Aviv, mais a surtout contribu&#233; &#224; changer l'image du pays chez les gays avec cette id&#233;e assez simplette, mais qui h&#233;las marche : &#171; Un pays aussi sympa avec nous ne peut pas &#234;tre aussi horrible qu'on le dit avec les Palestiniens. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par ailleurs, on comprend dans ton livre qu'&#224; travers ce plan marketing, Isra&#235;l utilise le d&#233;sir des gays occidentaux pour l'homme oriental...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Isra&#235;l a r&#233;cup&#233;r&#233; ce que l'on a appel&#233; l'orientalisme sexuel dont on trouve les traces chez des &#233;crivains du XIXe si&#232;cle comme Flaubert ou G&#233;rard de Nerval. Dans son livre &lt;i&gt;L'Orientalisme&lt;/i&gt;, Edward Sa&#239;d explique comment l'image du monde arabo-musulman &#233;tait tr&#232;s li&#233;e au d&#233;sir sexuel des hommes occidentaux pour &#171; l'homme arabe &#187;. Cet orientalisme sexuel a connu son &#226;ge d'or dans les ann&#233;es 1950-60 avec pas mal d'&#233;crivains embl&#233;matiques qui s'installaient au Maroc, en Tunisie, mais aussi s'engageaient au c&#244;t&#233; des Palestiniens. Jusque dans les ann&#233;es 1970, nombre de gays occidentaux sont all&#233;s ainsi au Maroc, en &#201;gypte ou en Tunisie, rencontrer des hommes arabes. Et de fait, &#231;a marchait assez bien parce qu'on &#233;tait dans une sorte de &#171; pas vu pas pris &#187; r&#233;ciproque. Mais le durcissement des pays arabo-musulmans, comme le Maroc et l'&#201;gypte, &#224; l'&#233;gard des homosexuels, a rendu de plus en plus compliqu&#233; ce tourisme sexuel. Et puis le contexte post 11-Septembre 2001 a fait qu'une partie des homosexuels sont devenus hostiles &#224; l'islam, et aux Arabes en g&#233;n&#233;ral. Cela a &#233;t&#233; la naissance de l'homonationalisme, et il faut aujourd'hui d&#233;plorer qu'une partie des homosexuels occidentaux soutiennent la droite et l'extr&#234;me droite dans la croisade mondiale contre l'islam. Isra&#235;l leur propose un genre de placebo d'Orient qui leur convient assez bien, et je raconte comment de ludique le s&#233;jour &#224; Tel Aviv devient de plus en plus politique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Le &lt;i&gt;pinkwashing&lt;/i&gt; est un paravent de la soci&#233;t&#233; isra&#233;lienne, homophobe, in&#233;galitaire et de plus en plus raciste. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ce contexte particulier, comment vivent les homosexuels en Palestine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une soci&#233;t&#233; plut&#244;t conservatrice et homophobe, les homosexuels sont harcel&#233;s, parfois arr&#234;t&#233;s et tortur&#233;s par la police palestinienne. Une situation qu'exploite Isra&#235;l gr&#226;ce &#224; une unit&#233; de surveillance &#233;lectronique (l'unit&#233; 8200). Il y a trois ans, 43 r&#233;servistes de cette unit&#233; ont publi&#233; un texte o&#249; ils d&#233;noncent le travail qu'on leur demande. C'est-&#224;-dire non pas la pr&#233;vention du terrorisme, mais la d&#233;tection des homosexuels et des lesbiennes, des hommes adult&#232;res, des alcooliques, etc., afin de les soumettre &#224; un chantage. Ceux qui acceptent de s'y soumettre deviennent des collabos et risquent la mort s'ils sont d&#233;couverts. S'ils refusent, Isra&#235;l peut les d&#233;noncer &#224; la police palestinienne, et c'est &#233;galement un p&#233;ril mortel pour eux. Derri&#232;re le sirupeux discours &lt;i&gt;gay-friendly &lt;/i&gt;d'Isra&#235;l que mon livre essaye de d&#233;crypter, il y a une r&#233;alit&#233; bien plus sombre. Mais en Isra&#235;l, en dehors de Tel Aviv, la soci&#233;t&#233; reste majoritairement homophobe. Les jeunes LGBT sont harcel&#233;s, violent&#233;s. Au-del&#224; de son objectif de faire oublier l'occupation de la Palestine, le &lt;i&gt;pinkwashing &lt;/i&gt;est aussi un paravent qui cache la r&#233;alit&#233; peu reluisante de la soci&#233;t&#233; isra&#233;lienne, homophobe, in&#233;galitaire, de plus en plus raciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a aussi un chapitre sur l'utilisation de m&#232;res porteuses en Tha&#239;lande, en Inde et ailleurs par les couples gays isra&#233;liens qui laisse sans voix&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En commen&#231;ant cette enqu&#234;te il y a trois ans, j'&#233;tais surpris de croiser dans les rues de Tel Aviv des couples de gar&#231;ons poussant des landaus avec des b&#233;b&#233;s. Je me suis aper&#231;u qu'il y avait un &lt;i&gt;baby-boom &lt;/i&gt;gay en Isra&#235;l d'une ampleur consid&#233;rable, unique au monde. On parle de plus de 10 000 naissances dans les couples de lesbiennes et de 5 000 dans les couples homosexuels &#224; Tel Aviv depuis 2010. Pour les lesbiennes, c'est relativement simple puisqu'Isra&#235;l est un des pays pionniers de la f&#233;condation &lt;i&gt;in vitro&lt;/i&gt;. Pour les gays c'est plus compliqu&#233;. Au d&#233;but, ils ont eu recours &#224; la coparentalit&#233;, avec des amies souvent lesbiennes. Et on se partage le temps de garde, une semaine chez l'un, une semaine chez l'autre. Mais petit &#224; petit, ils ont pr&#233;f&#233;r&#233; la gestation pour autrui (GPA), baptis&#233;e en Isra&#235;l &#171; maternit&#233; de substitution &#187;. La GPA est devenue un vrai march&#233; avec ses cours : c'est plus cher de louer une m&#232;re porteuse juive aux &#201;tats-Unis qu'une femme non juive au N&#233;pal ou en Tha&#239;lande. Pour donner une &#233;chelle des prix, cela va de 45 000 &#224; plus de 150 000 dollars. Dans ce nouveau march&#233; de l'enfant, fait d'hypercapitalisme m&#234;l&#233; de nationalisme &#8211; il faut des fils pour peupler Isra&#235;l &#8211; il y a quelque chose qui provoque le malaise. Il y a aussi une s&#233;rieuse bagarre avec les religieux, dont le poids politique est important en Isra&#235;l, sur la question de la juda&#239;t&#233; de ces enfants. Pour la loi juive, on est juif par la m&#232;re. &#192; l'exception de certaines m&#232;res porteuses aux &#201;tats-Unis, la plupart ne sont pas juives. Ces questions &#233;thiques sont en fait tr&#232;s politiques.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2745 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH554/-1002-41089.jpg?1768656691' width='400' height='554' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;154 de CQFD, illustr&#233;e par C&#233;cile K.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; est donc l'espoir ? Peut-&#234;tre du c&#244;t&#233; du Black Laundry qui a marqu&#233; l'histoire de la d&#233;fense des droits LGBT en Palestine et Isra&#235;l dans les ann&#233;es 2000 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Il y a eu effectivement au d&#233;but des ann&#233;es 2000 un mouvement LGBT tr&#232;s novateur, Black Laundry, qu'on peut traduire par &#171; lessiveuse noire &#187; et qui pr&#244;nait l'exact inverse du &lt;i&gt;pinkwashing&lt;/i&gt;. Il y avait l&#224; aussi bien des filles, des gar&#231;ons ou des trans palestiniens et isra&#233;liens. Ce mouvement mixte dans tous les sens du terme a su mener une lutte &#224; la fois contre le &lt;i&gt;pinkwashing &lt;/i&gt;alors naissant, mais aussi et surtout contre l'occupation, qui est la question centrale en Isra&#235;l. Ce mouvement a fini par se d&#233;liter et beaucoup de ses militants ont d'ailleurs quitt&#233; le pays pour Berlin. Mais apr&#232;s plus de dix ans d'atonie, et pendant que les homos r&#233;acs jouissent de leur bonne fortune dans leurs luxueux &lt;i&gt;penthouses&lt;/i&gt; de Tel Aviv, on assiste depuis quelque temps &#224; une petite renaissance de l'expression de la radicalit&#233; LGBT, notamment avec des groupes palestiniens qui tentent de se r&#233;approprier la culture queer arabo-musulmane et de se d&#233;velopper &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me des Territoires occup&#233;s. C'est difficile, car il leur faut combattre sur tous les fronts, d&#233;noncer ce &lt;i&gt;pinkwashing&lt;/i&gt; qui les pr&#233;sente comme des victimes de l'homophobie de leur soci&#233;t&#233;, alors qu'Isra&#235;l contribue largement &#224; leur oppression. Il ne faut pas se leurrer, le combat est tr&#232;s dur, contre la famille, la police, l'arm&#233;e et un discours qui nie leur identit&#233; pour les LGBT palestiniens, contre une soci&#233;t&#233; parfois hyst&#233;riquement homophobe et une extr&#234;me droite de plus en plus violente en Isra&#235;l pour les LGBT isra&#233;liens. C'est d'ailleurs en Palestine et en Isra&#235;l que les mirages du &lt;i&gt;pinkwashing&lt;/i&gt; sont souvent le plus violemment critiqu&#233;s, et cela a quelque chose de r&#233;confortant, surtout vu de France, o&#249; il est si difficile de critiquer Isra&#235;l. Toutes les arnaques ont cependant une fin.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Martin Barzilai&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Manips bibliques en Isra&#235;l : L&#233;gende et colonialisme</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Manips-bibliques-en-Israel-Legende</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Manips-bibliques-en-Israel-Legende</guid>
		<dc:date>2018-08-09T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Stambul</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Martin Barzilai</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>David</dc:subject>
		<dc:subject>Peuple</dc:subject>
		<dc:subject>roi David</dc:subject>
		<dc:subject>roi</dc:subject>
		<dc:subject>Salomon</dc:subject>
		<dc:subject>d'un peuple</dc:subject>
		<dc:subject>H&#233;breux</dc:subject>
		<dc:subject>J&#233;rusalem</dc:subject>
		<dc:subject>roi Salomon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Dieu n'existe pas, mais il a donn&#233; cette terre au peuple juif &#187;, auraient pu dire les fondateurs du sionisme. Herzl &#233;tait agnostique et Ben Gourion ath&#233;e. Ils consid&#233;raient l'un et l'autre les rabbins comme des arri&#233;r&#233;s. Mais ces braves gens ont utilis&#233; la Bible comme une arme de conqu&#234;te coloniale, croyant ou feignant de croire &#224; l'historicit&#233; des mythes religieux. Aujourd'hui, les arch&#233;ologues et les historiens sont arriv&#233;s &#224; un consensus. L'&#233;pisode d'Abraham est l&#233;gendaire. Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Salomon" rel="tag"&gt;Salomon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un-peuple" rel="tag"&gt;d'un peuple&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Hebreux" rel="tag"&gt;H&#233;breux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jerusalem" rel="tag"&gt;J&#233;rusalem&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/roi-Salomon" rel="tag"&gt;roi Salomon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Dieu n'existe pas, mais il a donn&#233; cette terre au peuple juif&lt;/i&gt; &#187;, auraient pu dire les fondateurs du sionisme. Herzl &#233;tait agnostique et Ben Gourion ath&#233;e. Ils consid&#233;raient l'un et l'autre les rabbins comme des arri&#233;r&#233;s. Mais ces braves gens ont utilis&#233; la Bible comme une arme de conqu&#234;te coloniale, croyant ou feignant de croire &#224; l'historicit&#233; des mythes religieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2520 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-786-784d2.jpg?1768651126' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Martin Barzilai.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les arch&#233;ologues et les historiens sont arriv&#233;s &#224; un consensus. L'&#233;pisode d'Abraham est l&#233;gendaire. Les H&#233;breux ne sont pas arriv&#233;s de M&#233;sopotamie, il n'y a pas la moindre trace d'un tel d&#233;placement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les H&#233;breux ne sont ni entr&#233;s ni sortis d'&#201;gypte. Mo&#239;se et son berceau sur le Nil ou Joseph &#171; ministre du pharaon &#187;, c'est une l&#233;gende. Le Sina&#239; &#233;tait alors une province &#233;gyptienne truff&#233;e de garnisons et le passage d'un peuple dans cette r&#233;gion aurait forc&#233;ment laiss&#233; des traces. Or, la premi&#232;re preuve historique de l'existence d'un peuple d'Isra&#235;l est post&#233;rieure : c'est la st&#232;le du pharaon M&#233;renptah (1 207 av. J.-C.) qui parle d'un peuple vassal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conqu&#234;te sanglante de Canaan par Josu&#233; n'a pas eu lieu. Les trompettes n'ont pas sonn&#233; &#224; J&#233;richo. Les H&#233;breux sont un peuple autochtone et ils ne se sont pas conquis eux-m&#234;mes. Dommage pour les colons qui affirment que &#171; &lt;i&gt;Dieu a donn&#233; cette terre au peuple juif&lt;/i&gt; &#187; et qui veulent reproduire contre les Palestiniens le nettoyage ethnique sanglant de Josu&#233; contre les &#171; &lt;i&gt;peuples impies&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le royaume unifi&#233; de David et Salomon n'a probablement jamais exist&#233;. &#192; l'&#233;poque pr&#233;sum&#233;e de David et Salomon, J&#233;rusalem &#233;tait un petit village de l'&#226;ge de fer. Tant pis pour le &#171; &lt;i&gt;grand temple de Salomon&lt;/i&gt; &#187; dont les coll&#233;giens de ma g&#233;n&#233;ration devaient apprendre le plan par c&#339;ur. Et tant pis pour la reine de Saba qui nous a fait r&#234;ver. Il y a bien une st&#232;le post&#233;rieure de quelques si&#232;cles qui parle d'un roi David, mais ce n'est pas celui de la Bible. Si celui-ci a exist&#233;, il avait un troupeau un peu plus grand que ceux des autres bergers. Les deux royaumes d'Isra&#235;l (d&#233;truit par les Assyriens) et de Jud&#233;e (d&#233;truit par les Babyloniens) ont une existence historique av&#233;r&#233;e. Auparavant, on est dans la l&#233;gende. La Bible a largement &#233;t&#233; &#233;crite pendant l'exil des Juifs &#224; Babylone au VIe si&#232;cle avant J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces faits sont connus depuis longtemps. En 2001, dans &lt;i&gt;La Bible d&#233;voil&#233;e&lt;/i&gt; (Folio), deux arch&#233;ologues isra&#233;liens, Isra&#235;l Finkelstein et Neil Asher Silberman, ont racont&#233; l'&#233;volution du savoir. Depuis, l'historien Shlomo Sand&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De Shlomo Sand, on peut lire Comment le peuple juif fut invent&#233;, Fayard, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ou l'arch&#233;ologue fran&#231;ais Jean-Baptiste Humbert ont largement d&#233;voil&#233; le caract&#232;re l&#233;gendaire du r&#233;cit biblique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une tentative pitoyable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les autorit&#233;s isra&#233;liennes, ce savoir historique fait d&#233;sordre. N&#233;tanyahou est souvent affubl&#233; par ses partisans du sobriquet de &#171; &lt;i&gt;roi d'Isra&#235;l&lt;/i&gt; &#187; ressuscitant le pr&#233;tendu royaume unifi&#233; de l'Antiquit&#233;. Les principaux rites et f&#234;tes juives sont li&#233;s &#224; l'&#233;pisode &#233;gyptien et &#224; l'esclavage dont les Juifs se seraient lib&#233;r&#233;s. Et le roi David est cens&#233; avoir combattu les Philistins qui ont donn&#233; leur nom &#224; la Palestine. Ici, la r&#233;f&#233;rence &#224; l'ennemi h&#233;r&#233;ditaire est un enjeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, les autorit&#233;s isra&#233;liennes ont multipli&#233; les fouilles pour prouver que les arch&#233;ologues s'&#233;taient tromp&#233;s. H&#233;las, l'histoire est t&#234;tue. Tout ce qu'on avait attribu&#233; &#224; Salomon et David est soit ant&#233;rieur (les ruines de Megiddo), soit post&#233;rieur (les ruines d'Hatzor), ou encore n'a rien &#224; voir avec les rois l&#233;gendaires &#8211; ainsi, les mines dites &#171; du roi Salomon &#187; sont clairement &#233;gyptiennes. Quant aux fouilles men&#233;es &#224; coup de tunnels sous l'esplanade des Mosqu&#233;es, elles n'ont rien donn&#233; &#8211; hormis le risque de provoquer une r&#233;volte g&#233;n&#233;ralis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Grande histoire et petite histoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les universit&#233;s isra&#233;liennes, il y a deux d&#233;partements d'histoire. Celui d'histoire classique, qui produit des articles et des th&#232;ses reconnues par la communaut&#233; scientifique. Dans ce d&#233;partement, un &#233;tudiant qui voudrait faire une th&#232;se sur l'historicit&#233; de David et Salomon serait trait&#233; comme un charlatan, un peu comme un &#233;tudiant fran&#231;ais qui voudrait faire une th&#232;se sur la scientificit&#233; du cr&#233;ationnisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le d&#233;partement &#171; d'histoire juive &#187;. C'est ce d&#233;partement qui fabrique les programmes et qui d&#233;finit le roman national sioniste. Dans ce d&#233;partement, le r&#233;cit biblique est sacr&#233;. M&#234;me s'il faut parfois broder autour. Les autorit&#233;s isra&#233;liennes ont ainsi d&#233;cid&#233; que le roi David avait v&#233;cu &#224; Silwan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nettoyage biblique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Silwan [photo], c'est un des quartiers incorpor&#233;s dans J&#233;rusalem Est, en contrebas de la vieille ville. Il compte 50 000 habitants. Depuis des ann&#233;es, les colons l'envahissent, r&#233;quisitionnant des maisons et expulsant les habitants. Le gouvernement isra&#233;lien collabore avec l'association de colons &#171; Ateret Cohanim &#187; pour faciliter le nettoyage ethnique en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve une tente de la solidarit&#233; au centre du quartier. Les habitants palestiniens s'organisent, racontent les incursions des colons et de l'arm&#233;e. Les &#233;coliers disent que, quand ils rentrent de l'&#233;cole, ils ne sont pas s&#251;rs que leur maison ne soit pas occup&#233;e. Il y a d&#233;j&#224; 2 800 colons install&#233;s dans le quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justification des autorit&#233;s coloniales : elles construisent &#224; Silwan le mus&#233;e du roi David, la maison du roi David et surtout le parc du roi David. C'est connu, ce brave roi &#233;tait aussi un pr&#233;curseur de l'&#233;cologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la vieille ville de J&#233;rusalem est appel&#233;e par les Isra&#233;liens &#171; cit&#233; du roi David &#187;, comme il y a d&#233;j&#224; un Parc national du roi David, comme on peut bien s&#251;r visiter le tombeau du roi David sur le mont Sion &#224; J&#233;rusalem Est, le tour est jou&#233;. Les autochtones n'ont plus qu'&#224; d&#233;m&#233;nager.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;De Shlomo Sand, on peut lire &lt;i&gt;Comment le peuple juif fut invent&#233;&lt;/i&gt;, Fayard, 2008 et &lt;i&gt;Comment la terre d'Isra&#235;l fut invent&#233;e&lt;/i&gt;, Flammarion, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Reportage : Comment peut-on parler breton ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Reportage-Comment-peut-on-parler</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Reportage-Comment-peut-on-parler</guid>
		<dc:date>2018-07-19T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Martin Barzilai</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>ann&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>langue</dc:subject>
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		<dc:subject>Breton</dc:subject>
		<dc:subject>Bretagne</dc:subject>
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		<dc:subject>Bretons</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, au milieu du XIXe si&#232;cle, alors que la bourgeoisie urbaine bretonne abandonnait la langue, certains observateurs en mal d'exotisme pensaient c&#244;toyer les derniers locuteurs bretons. Apr&#232;s un si&#232;cle d'inexorable d&#233;clin de la langue, le &#171; breton &#187; est t&#234;tu et n'a pas prononc&#233; son dernier souffle. Nom d'un kouign amann ! Ce lundi du mois d'avril, l'&#233;tat de la soir&#233;e est d&#233;j&#224; bien avanc&#233; au zinc du bar-tabac du bourg de Guerlesquin (Finist&#232;re). Quand on leur demande s'ils connaissent le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no145-juillet-aout-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;145 (juillet-ao&#251;t 2016)&lt;/a&gt;

/ 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/langue" rel="tag"&gt;langue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bretonne" rel="tag"&gt;bretonne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Breton" rel="tag"&gt;Breton&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bretagne" rel="tag"&gt;Bretagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une-langue" rel="tag"&gt;d'une langue&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Diwan" rel="tag"&gt;Diwan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bretons" rel="tag"&gt;Bretons&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, au milieu du XIXe si&#232;cle, alors que la bourgeoisie urbaine bretonne abandonnait la langue, certains observateurs en mal d'exotisme pensaient c&#244;toyer les derniers locuteurs bretons. Apr&#232;s un si&#232;cle d'inexorable d&#233;clin de la langue, le &#171; breton &#187; est t&#234;tu et n'a pas prononc&#233; son dernier souffle. Nom d'un &lt;i&gt;kouign amann !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce lundi du mois d'avril, l'&#233;tat de la soir&#233;e est d&#233;j&#224; bien avanc&#233; au zinc du bar-tabac du bourg de Guerlesquin (Finist&#232;re). Quand on leur demande s'ils connaissent le breton, les piliers de comptoirs pr&#233;sents se confient volontiers. Tous le parlent et l'ont appris dans leur famille. &#171; &lt;i&gt;Mon grand fr&#232;re s'est m&#234;me enfui de l'&#233;cole le premier jour, parce qu'il ne comprenait rien &#224; ce qu'on lui disait. C'est ma s&#339;ur qui a d&#251; le ramener par les oreilles&lt;/i&gt; &#187;, s'amuse un sexag&#233;naire qui a travaill&#233; toute sa vie chez Tilly, baron de l'industrie locale du poulet. &#171; &lt;i&gt;Moi, j'ai &#233;t&#233; &#233;lev&#233; par des cur&#233;s qui nous interdisaient le breton ! Faut voir comment, les vaches !&lt;/i&gt; &#187;, explose Herv&#233;, un quinquag&#233;naire de la commune voisine de Loguivy-Plougras, fan de Francis Cabrel. Pour Olivier, un couvreur qui a grandi dans les ann&#233;es 1970 &#224; Gourin, plus au sud, puis a exerc&#233; mille m&#233;tiers dans la r&#233;gion parisienne, c'est moins le stigmate de la langue que le m&#233;pris social qu'il a eu &#224; subir : &#171; &lt;i&gt;Arriv&#233;s au coll&#232;ge, on nous faisait sentir qu'on &#233;tait des bouseux et que &#231;a s'arr&#234;tait l&#224; pour nous. M&#234;me quand j'&#233;tais gardien d'immeuble en banlieue, les jeunes m'appelaient &#8220;le plouc&#8221; !&lt;/i&gt; &#187;, dit-il en souriant, sans ressentiment apparent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2490 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-756-5ed92.jpg?1768650996' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Herv&#233;, bar-tabac de Guerlesquin (Finist&#232;re).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; On parle breton &#224; son cheval et fran&#231;ais &#224; son tracteur &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la proph&#233;tie de la disparition du dernier bretonnant &#224; l'or&#233;e des ann&#233;es 2000, force est de constater qu'on trouve encore facilement des locuteurs de breton. Le bilan n'en reste pas moins brutal. Du d&#233;but du XXe si&#232;cle &#224; 1950, on estime qu'un million de personnes ont maintenu la langue dans la r&#233;gion Bretagne. Aujourd'hui, ils ne sont plus qu'environ 200 000 &lt;i&gt;brezoneger&lt;/i&gt;, dont 70 % &#226;g&#233;s de plus de 60 ans, soit une diminution de 85 % en soixante ans. Avec l'&#233;clipse de toute une g&#233;n&#233;ration, le passage en dessous des 100 000 locuteurs est pronostiqu&#233; vers 2040.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Francis Favereau a commenc&#233; &#224; collecter les mots du breton de Poullaouen lors de son premier poste de prof d'anglais dans la r&#233;gion de Carhaix, dans les ann&#233;es 1970, &#224; l'&#233;poque o&#249; la vie sociale baignait encore dans l'idiome local. Il est aujourd'hui auteur du dictionnaire qui porte son nom : &#171; &lt;i&gt;Il y a quarante ans, Pierre-Jakez Helias &#233;crivait d&#233;j&#224; &#8220;le breton va mourir au XXI e si&#232;cle&#8221;, en fait il y a une r&#233;manence &#233;norme parce que les gens vivent plus vieux et, qu'&#224; la retraite, ils reviennent &#224; leurs racines et reparlent. Donc le bain continue. Dans la r&#233;alit&#233;, c'est un peu ce qui se passe partout, au pays de Galles comme au Pays basque, il y a beaucoup de symbolique dans le renouveau breton et ce n'est pas que militant. J'ai parl&#233; breton &#224; mes enfants qui sont adultes maintenant, ils ont &#233;t&#233; dans les &#233;coles Diwan, mais, aujourd'hui ils en ont des usages tr&#232;s diff&#233;rents. On jongle en permanence entre les langues, c'est compliqu&#233;&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel parcours cette langue a-t-elle emprunt&#233; pour conna&#238;tre un tel d&#233;clin ? L'explication tient, d'une part, &#224; une volont&#233; politique de l'&#201;tat jacobin de brider l'apprentissage de la langue, et d'autre part, aux profondes modifications sociales et d&#233;mographiques du terroir bretonnant. On &#233;voque la &#171; coupure &#187; du milieu des ann&#233;es 1950, moment o&#249; les familles ont massivement cess&#233; de transmettre &#224; leurs enfants une langue v&#233;cue comme rurale, archa&#239;que, voire obscurantiste. &#171; &lt;i&gt;On parlait breton &#224; son cheval et fran&#231;ais &#224; son tracteur&lt;/i&gt; &#187;, cette phrase de paysan marque &#224; la fois la disparition de la soci&#233;t&#233; paysanne traditionnelle et l'inadaptation du breton au monde moderne. En 1752 d&#233;j&#224;, on pouvait lire dans la pr&#233;face du &lt;i&gt;Dictionnaire de langue bretonne&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est &#224; noter que le premier dictionnaire en Occident, le Catolicon (1464) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de Le Pelletier : &#171; &lt;i&gt;La langue bretonne, telle qu'on la parle aujourd'hui, n'est pas fort abondante. Les termes d'Art, de Science, de Commerce, de Politique et de la plupart des m&#233;tiers lui sont inconnus. Renferm&#233;e dans la campagne, elle ne met en &#339;uvre que des termes de la maison rustique.&lt;/i&gt; &#187; &#192; l'inverse d'une utilit&#233; &#233;conomique du breton &#224; peu pr&#232;s nulle, le fran&#231;ais, lui, permet &#171; &lt;i&gt;d'aller partout&lt;/i&gt; &#187;, comme le notait l'&#233;crivain Pierre-Jakez Helias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cet abandon de la langue ne s'est pas fait sans un sacr&#233; coup de main de l'&#201;tat central. &#192; partir de la R&#233;volution fran&#231;aise, le combat contre les langues r&#233;gionales devient un enjeu politique pour la bourgeoisie parisienne. Si le fran&#231;ais a &#233;t&#233; substitu&#233; au latin pour les textes juridiques avec l'ordonnance de Villers-Cotter&#234;ts en 1539, il devient avec la premi&#232;re R&#233;publique la langue nationale unique. L'abb&#233; Gr&#233;goire et le jacobin Barr&#232;re partent en croisade contre ces &#171; &lt;i&gt;patois&lt;/i&gt; &#187; qui sont autant d'entraves &#224; la diffusion des id&#233;aux du nouvel &#233;tat. Pour Barr&#232;re, &#171; &lt;i&gt;le f&#233;d&#233;ralisme et la superstition parlent bas-breton&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, pour la pr&#233;traille et les nobliaux, la langue bretonne peut servir de sanctuaire aux id&#233;aux de l'Ancien R&#233;gime. Mais, tous les bretonnants n'adh&#232;rent pas &#224; cette base contre-r&#233;volutionnaire. Dans ses &lt;i&gt;M&#233;moires d'un paysan bas-breton&lt;/i&gt;, ouvrage r&#233;dig&#233; en 1904 mais publi&#233; en 2001&lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Livre qui a connu un v&#233;ritable succ&#232;s de librairie avec plus de 300 000 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, Jean-Marie D&#233;guignet, paysan anarchisant, note : &#171; &lt;i&gt;Ces r&#233;gionalistes travaillent &#224; parquer les exploit&#233;s en s'effor&#231;ant, en recommandant &#224; leurs sous-ordres, petits cur&#233;s et petits ma&#238;tres d'&#233;cole, de maintenir parmi les enfants, petits et grands, la langue et les vieilles m&#339;urs bretonnes. Car ces coquins savent bien que tant qu'on tiendra les Bretons dans ces m&#339;urs sauvages, et tant qu'ils ne pourront lire que des livres bretons qui ne sont tous que des livres religieux, ceux-ci resteront dans l'abrutissement, dans l'avachissement et dans l'imb&#233;cillit&#233;, c'est-&#224;-dire dans les meilleures conditions possibles pour &#234;tre exploit&#233;s sous toutes les coutures.&lt;/i&gt; &#187; On est alors en pleine bataille pour la la&#239;cit&#233;. En 1913, le socialiste libertaire &#201;mile Masson enrage de voir l'enjeu du breton confisqu&#233; par les r&#233;actionnaires : &#171; &lt;i&gt;Si ce pays est le refuge de la r&#233;action, c'est la faute des r&#233;volutionnaires qui n'ont pas su le gagner &#224; eux, et qui m&#234;me font tout ce qu'ils peuvent pour an&#233;antir en tant que peuple, un peuple essentiellement r&#233;volutionnaire, par le seul fait qu'ils lui refusent le droit de parler sa langue.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole r&#233;publicaine choisit d'interdire les &#171; patois &#187; de fa&#231;on coercitive. Jusqu'au milieu du si&#232;cle pass&#233;, un enfant surpris en train de parler sa langue maternelle, m&#234;me pendant la r&#233;cr&#233;ation, pouvait se voir affubler d'un objet symbolique humiliant en guise de punition : &#171; le symbole &#187; ou &#171; sabot de bois &#187; en Basse-Bretagne, &#171; le t&#233;moin &#187; en pays d'Oc, la &#171; buchette &#187; (&lt;i&gt;b&#252;xeta&lt;/i&gt;) dans le Pays basque. Jean-Pierre Le Guyader &#171; paysan-animateur &#187; &#224; Radio Kreiz Breizh, qui anime l'&#233;mission en breton &#171; &lt;i&gt;Tud deus ar vro&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Les gens du pays &#187;), peut aussi t&#233;moigner de cette brutalit&#233; de l'interdiction du breton &#224; l'&#233;cole de son village, dans le Tr&#233;gor : &#171; &lt;i&gt;Il n'y avait pas de r&#233;volte face &#224; l'autorit&#233; &#224; l'&#233;poque, si tu te prenais une trempe &#224; l'&#233;cole, tu en prenais une deuxi&#232;me &#224; la maison. Mais j'ai connu un instituteur, lui-m&#234;me bretonnant, qui avait franchi les limites. Il avait voulu revenir &#224; sa retraite s'installer dans le village, mais ses anciens &#233;l&#232;ves, devenus de solides gaillards lui ont fait comprendre qu'il n'avait pas laiss&#233; un bon souvenir. D'autres instituteurs &#233;taient plus souples.&lt;/i&gt; &#187; &#192; cette interdiction s'ajoute le m&#233;pris distill&#233; par le parisianisme vis-&#224;-vis de la &#171; province&lt;a href=&#034;#nb9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tymologiquement, la province &#8211; pro vincere &#8211; est le &#171; pays vaincu &#187; par Rome.&#034; id=&#034;nh9-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;. Le succ&#232;s rencontr&#233; par la bande dessin&#233;e &lt;i&gt;B&#233;cassine&lt;/i&gt; entre 1905 et 1950 symbolise les contours de ce m&#233;pris : Anna&#239;ck Labornez, dite B&#233;cassine, est une bonniche bretonne mont&#233;e &#224; Paris et engag&#233;e par une grande famille bourgeoise parisienne. Bien brave mais totalement ignorante et gourde, elle ne parle jamais, le dessinateur n'ayant m&#234;me pas jug&#233; bon de lui dessiner de bouche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La coupure&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscientes ou non du complexe de B&#233;cassine, les femmes bretonnes ont vu dans l'abandon du breton une aubaine pour s'&#233;manciper du patriarcat traditionnel et de l'influence des pr&#234;tres. La sociologue Anne Guillou souligne le r&#244;le des femmes dans la d&#233;sertion de la langue apr&#232;s-guerre : &#171; &lt;i&gt;Les &#233;pouses, les m&#232;res, &#233;taient plus sensibles &#224; l'inconfort et la mis&#232;re du monde rural et elles ont vu dans le changement de langue un moyen d'extraire leurs enfants d'une vie dont elles ne voulaient plus.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb9-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In Les femmes, la terre, l'argent, &#233;d. Coop Breizh, 1996.&#034; id=&#034;nh9-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187; Yuna, &#233;l&#232;ve au lyc&#233;e Diwan de Carhaix, se souvient de la r&#233;action de sa grand-m&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Mes grands-parents communiquaient en breton entre eux, mais ils ne l'ont pas appris &#224; mon p&#232;re. J'ai pu parler en breton avec ma grand-m&#232;re, qui &#233;tait l&#233;onarde&lt;/i&gt; [de la r&#233;gion du L&#233;on, Finist&#232;re nord], &lt;i&gt;mais elle n'aimait pas trop &#231;a, car elle avait v&#233;cu l'interdiction de parler breton &#224; l'&#233;cole et pour elle, c'&#233;tait une langue arri&#233;r&#233;e. Elle ne comprenait pas le choix de mes parents de me mettre dans une &#233;cole bretonne.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louis Le Bail fait partie de la g&#233;n&#233;ration de cette fameuse &#171; coupure &#187; qui s'est faite dans les ann&#233;es 1950, o&#249; les bretonnants ont &#233;t&#233; &#224; la fois victimes de l'ostracisation de leur langue et acteurs de sa non-transmission. N&#233; en 1932, il est revenu, apr&#232;s une carri&#232;re &#224; la RATP, prendre sa retraite dans son village natal de Langonnet dans le Morbihan. Le fleuve L'Ell&#233; qui passe non loin marque la fronti&#232;re linguistique entre le dialecte vannetais et le cornouaillais. &#192; toutes fins utiles, &#224; Langonnet, &#171; pluie &#187; se dit &#171; &lt;i&gt;glao&lt;/i&gt; &#187; alors qu'&#224; une dizaine de kilom&#232;tres &#224; l'ouest, on ne prononce pas le &#171; o &#187; et l'on dit &#171; &lt;i&gt;gla&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Je suis parti &#224; Paris en 1950, j'avais 18 ans&lt;/i&gt;, nous raconte-t-il. &lt;i&gt;J'ai appris le fran&#231;ais vers 6-7 ans en allant &#224; l'&#233;cole catholique, mais le cat&#233;chisme se faisait encore en breton. Par ici, c'&#233;tait une communaut&#233; de cultivateurs qui s'entraidaient beaucoup. Toutes les activit&#233;s &#8211; les corv&#233;es, le broyage des pommes, les battages, les blagues, les veill&#233;es, etc. &#8211; se faisaient en breton. C'&#233;tait notre langue de tous les jours. Avec le travail, je me suis francis&#233;. Comme je travaillais dans les transports, j'ai vu toute la transformation de la banlieue parisienne, j'&#233;tais pris dans un autre bain. Puis arriv&#233; &#224; la retraite, avec la fr&#233;quentation des cercles celtiques et le th&#233;&#226;tre, je me suis remis dans l'ambiance de la Bretagne. Gr&#226;ce &#224; cela, j'ai pu rencontrer des bretonnants de partout, y compris des jeunes, qui parlent mieux le breton que moi. Je regrette que les autorit&#233;s de l'&#233;poque nous aient interdit de parler le breton. On aurait eu la possibilit&#233; d'apprendre les deux langues, &#231;a aurait &#233;t&#233; enrichissant, on n'&#233;tait pas plus idiots que les autres. Maintenant, on ne rattrapera plus le retard ! Les jeunes qui l'apprennent, je ne sais pas s'ils auront l'occasion de beaucoup le parler.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2492 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-758-667dd.jpg?1768650996' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Boulistes &#224; Cavan (C&#244;tes d'Armor).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plus au nord, Cavan est un patelin des C&#244;tes d'Armor r&#233;put&#233; pour sa politique de pr&#233;servation de la langue. Dans les all&#233;es &#224; c&#244;t&#233; de &lt;i&gt;Ti ar Vro&lt;/i&gt; (Maison du peuple), o&#249; s'est constitu&#233; un important centre d'archives en langue bretonne, nous croisons une douzaine d'anciens qui jouent &#224; la boule bretonne, en &#233;quipe mixte, avec l'espi&#232;glerie de vrais gamins. &#171; &lt;i&gt;Graet eo !&lt;/i&gt; &#187; &#8211; &#171; le point est fait &#187;. Ici les commentaires de jeu se font en breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous, on ne parle pas le &#8220;vrai breton&#8221;, c'est pas le breton litt&#233;raire. On n'a pas le m&#234;me breton que le breton &#8220;appris&#8221;&lt;/i&gt; &#187;, semble s'excuser Odile en avalant les &#171; r &#187; &#8211; une prononciation de consonne r&#233;troflexe que certains Tr&#233;gorois partagent avec les Anglo-Saxons et les Chinois. &#171; &lt;i&gt;On n'a pas appris &#224; nos enfants, ni aux petits-enfants. D'ailleurs quand je ne veux pas que les petits sachent&lt;/i&gt; [ce que je dis]&lt;i&gt; alors je parle en breton&lt;/i&gt; &#187;, s'amuse-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'opprobre nationaliste au &lt;i&gt;made in Breizh&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le breton s'est un peu pr&#233;serv&#233; comme une langue populaire secr&#232;te, il a &#233;t&#233; &#233;galement travers&#233; par des politiques contrari&#233;es de sauvegarde et a fait l'objet d'inqui&#233;tantes vis&#233;es id&#233;ologiques. &#192; Guerlesquin, Henri Bideau, conf&#233;rencier pour le patrimoine, trace &#224; grands traits l'histoire du pays et de la langue : &#171; &lt;i&gt;Guerlesquin est une des rares communes o&#249; les textes administratifs &#233;taient r&#233;dig&#233;s en bilingue jusqu'&#224; la Premi&#232;re Guerre mondiale. La tradition de protection linguistique &#233;tait notamment port&#233;e au XIXe et d&#233;but XXe, par le barde breton Prosper Proux puis par Charles Rolland &#8211; &#233;galement militant socialiste &#224; qui l'on doit une traduction de &#171; L'Internationale &#187; en breton. Puis le mouvement nationaliste des ann&#233;es 1920 s'est bas&#233; sur une identit&#233; r&#233;invent&#233;e qui tourne le dos au folklorisme romantique du XIXe si&#232;cle. La plupart des embl&#232;mes, comme le drapeau Gwenn ha du, qu'on pense faire partie du patrimoine &#233;ternel de la Bretagne, ont &#233;t&#233; invent&#233;s &#224; ce moment-l&#224;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 14-18, en raison du lourd tribut pay&#233; par les Bretons, il y eut une tentative de faire reconna&#238;tre le breton &#224; travers la p&#233;tition de Yan Ber Kalloc'h, puis les mairies de Basse-Bretagne se montr&#232;rent favorables aux mesures d'enseignement dans les &#233;coles. Mais c'est bien parce que sous la IIIe R&#233;publique on a tard&#233; &#224; s'emparer de l'unification orthographique du breton, condition premi&#232;re de son enseignement institutionnel, que la clique pro-nazie des militants du Breiz Atao a pu s'emparer de cette question par opportunisme historique durant l'Occupation, moment o&#249; le IIIe Reich s'appuie sur certains courants autonomistes pour favoriser l'&#233;mergence d'une Europe ethnicis&#233;e. Depuis 1908, l'unification des dialectes de la Cornouaille (Kernev), du L&#233;on et du Tr&#233;gor, dite K.L.T., &#233;tait d&#233;j&#224; effective, mais laissait le vannetais, parl&#233; dans le Morbihan, avec sa graphie propre. Sous l'&#233;gide de l'Institut celtique dirig&#233; par Roparz Hemon, la nouvelle orthographe &lt;i&gt;peurunw&lt;/i&gt;an (&#171; totalement unifi&#233;e &#187;) est adopt&#233;e en 1941 sous le patronage allemand du professeur Leo Weisgerber. M&#233;prisant &#224; l'&#233;gard des dialectes, Roparz Hemon, esprit glacial produit par l'&#233;litisme fran&#231;ais, a finalement appliqu&#233; une vision tr&#232;s centraliste au breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que contest&#233;e dans certains milieux universitaires et litt&#233;raires, la graphie &lt;i&gt;peurunwan&lt;/i&gt; s'impose dans l'apr&#232;s-guerre et s'institutionnalise aujourd'hui. Cette origine honteuse de l'orthographe unifi&#233;e, dite KLTG&lt;a href=&#034;#nb9-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Car incluant cette fois le vannetais (gwenedeg).&#034; id=&#034;nh9-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, continue r&#233;guli&#232;rement &#224; entacher le climat politique breton. La parution du livre de Fran&#231;oise Morvan, &lt;i&gt;Le Monde comme si&lt;/i&gt; (Actes sud) en 2002, r&#233;cit d'une d&#233;sillusion personnelle face aux d&#233;rives identitaires du milieu bretonnant, a r&#233;anim&#233; bien des cadavres embarrassants, en rappelant les liens ambigus avec la p&#233;riode de la Collaboration.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2489 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-755-4e84f.jpg?1768650995' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Louis Le Bail &#224; Langonnet (Morbihan).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Factuellement et sur le fond, je suis plut&#244;t d'accord avec Fran&#231;oise Morvan,&lt;/i&gt; nous confie Francis Favereau, &lt;i&gt;mais la pol&#233;mique intervient &#224; un moment o&#249; la plupart des acteurs du breton ne veulent pas revenir sur ce qui a &#233;t&#233; institutionnalis&#233; depuis longtemps.&lt;/i&gt; &#187; On ne saurait par ailleurs r&#233;duire la pratique de la langue en l'associant &#224; une seule id&#233;ologie. Avant la Seconde Guerre, il y a eu un fort mouvement bretonnant communiste, autour de Marcel Cachin. De m&#234;me, les maquis de la R&#233;sistance en Centre Bretagne &#233;taient largement bretonnants. Aussi, les luttes sociales et &#233;cologiques des ann&#233;es 1970 en Bretagne, du Joint fran&#231;ais &#224; Plogoff, ont orient&#233; nettement &#224; gauche le renouveau de la langue. Enfin, la vitalit&#233; culturelle de la musique bretonne, que d&#233;fend notamment le chanteur Erik Marchand loin des paillettes n&#233;oceltiques, pr&#244;ne l'ouverture au monde plut&#244;t que le repli identitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, comme une frange s'est compromise dans la Collaboration, et que la plupart des protagonistes seront contraints &#224; l'exil, le mouvement breton va mettre 15 ans &#224; se reconstituer&lt;/i&gt;, poursuit Henri Bideau. &lt;i&gt;Encore aujourd'hui, l'imagerie de la Bretagne est model&#233;e par un noyau ultra minoritaire, issu de l'id&#233;ologie nationaliste, que tu retrouves &#224; la t&#234;te des collectivit&#233;s territoriales ou dans les entreprises. Ainsi, le lobby patronal constitu&#233; autour de l'Institut de Locarn a financ&#233; le projet d'inspiration catholique des statues de la Vall&#233;e des Saints, qui comm&#233;more les saints patrons de Bretagne. Aujourd'hui, la vague bretonne est investie par le marketing. Les centres Leclerc en font leur marque de fabrique en inscrivant &#8220;Degemer mat&#8221; (&#8220;bienvenue&#8221;) sur leurs enseignes.&lt;/i&gt; &#187; Depuis la fin des ann&#233;es 1970, le breton a cess&#233; d'&#234;tre d&#233;pr&#233;ci&#233; par les pouvoirs publics qui s'appuie sur un patronat breton tr&#232;s puissant. En 1973, on pouvait lire dans le bulletin du Celib, groupe de pression patronal breton, une ode &#224; &#171; &lt;i&gt;l'esprit celtique&lt;/i&gt; &#187;, cens&#233;e chanter la &#171; &lt;i&gt;mobilit&#233;, la libert&#233;&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Fascin&#233; par l'aventure&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;marin, soldat, missionnaire, le Celte est partout&lt;/i&gt; &#187;. Un vrai mod&#232;le pour l'entrepreneur moderne, quoi ! &#171; &lt;i&gt;La Bretagne a un p&#233;trole fabuleux : son identit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clarait encore, en 1998, Jean-Jacques Goasdou&#233;, membre du petit cercle fondateur de l'Institut de Locarn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Favereau, &#171; &lt;i&gt;le breton des ann&#233;es 2000 est pris dans toutes ces contradictions socio-&#233;conomiques li&#233;es &#224; la modernisation de la Bretagne, mais, politiquement, il fait l'unanimit&#233;. M&#234;me au conseil r&#233;gional, o&#249; si&#232;gent d&#233;sormais quelques &#233;lus Front national, tout le monde appuie les initiatives de soutien &#224; la langue.&lt;/i&gt; &#187; &#192; la diff&#233;rence des &#226;pres pol&#233;miques li&#233;es au discours en langue corse de Jean-Guy Talamoni &#224; l'assembl&#233;e de Corse, l'utilisation du breton par Paul Molac, &#233;lu r&#233;gionaliste apparent&#233; socialiste, lors d'une allocution au conseil r&#233;gional, n'a d&#233;clench&#233; aucune lev&#233;e de boucliers jacobins. Le 14 avril dernier, lors d'un &#233;v&#233;nement des D&#238;ners celtiques &#224; Paris, association li&#233;e aux patrons bretons Bollor&#233; et Leclerc, Jean-Yves Le Drian, qui jongle all&#232;grement entre son k&#233;pi de ministre de la D&#233;fense et son chapeau rond de pr&#233;sident de r&#233;gion, se retrouvait &#224; entonner le &#171; Bro Gozh ma zado&#249; &#187;, l'hymne national officieux breton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis &#224; la remorque du marketing &#171; &lt;i&gt;Produit en Bretagne&lt;/i&gt; &#187;, l'argument identitaire de fa&#231;ade fait taire des diff&#233;rences politiques fondamentales, les diff&#233;rences de classe ou les modifications de rapport de production. Le mouvement des bonnets rouges a &#233;t&#233; symptomatique de cette confusion, en cherchant &#224; r&#233;unir un &#233;ventail tr&#232;s large de gens aux int&#233;r&#234;ts divers, voire antagonistes : entrepreneurs et prol&#233;taires, routiers, militants anti-imp&#244;ts, d&#233;fenseurs du mod&#232;le productiviste agro-industriel, natios, stars de la musique n&#233;oceltique, gauchistes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Breton naturel ou breton &#171; chimik &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur des monts d'Arr&#233;e, nous rencontrons l'auteur d'un petit pamphlet&lt;i&gt; Breizh ma brute, ou comment d&#233;fendre la langue bretonne sans &#234;tre nationaliste ?&lt;/i&gt;, qui, sous le pseudo d'Ildut Derrien, fustige l'instrumentalisation d'une langue r&#233;invent&#233;e &#224; des fins identitaires, tout en refusant de jeter le b&#233;b&#233; avec l'eau du bain. &#171; &lt;i&gt;Au-del&#224; des oripeaux syntaxiques et lexicaux qui tiennent du breton, le n&#233;o-breton est une langue de militant, id&#233;ologique et moderne. Elle a &#233;t&#233; pass&#233;e au crible du celtisme. Le contraste avec le breton d'avant, ce n'est pas qu'il &#233;tait mieux, mais que c'&#233;tait une langue de paysans et de marins-p&#234;cheurs. Maintenant tout est trafiqu&#233;, hors sol. Le n&#233;o-breton ne sert que pour une administration artificielle de substitution et pour la galerie identitaire. Dans le m&#234;me temps, les nationalistes continuent &#224; m&#233;priser ce qu'ils appellent les &#8220;patois&#8221;. Or, plus on s'&#233;loigne de l'instrumentalisation de la langue, plus on se rapproche de la respiration po&#233;tique du breton. La Bretagne est beaucoup plus int&#233;ressante que son fantasme celtique. Ce qui est s&#251;r, c'est que, quelle que soit la forme de breton que tu apprends, si &#8220;chimik&#8221; soit-il, tu as toujours int&#233;r&#234;t &#224; te rapprocher du breton dialectal : cours voir les vieux, impose-leur le fait que tu veuilles parler en breton, ce qui est d&#233;j&#224; un travail en soi, et chope tout ce que tu peux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yuna, la lyc&#233;enne de Diwan, a bien conscience de cette d&#233;marcation entre les dialectes populaires et le breton unifi&#233; : &#171; &lt;i&gt;En comparant avec le breton des anciens, ils disent carr&#233;ment qu'on a &#8220;un breton chimique&#8221; et ne nous comprennent pas. Mais c'est int&#233;ressant de voir les diff&#233;rentes prononciations.&lt;/i&gt; &#187; Tanguy, jeune prof de physique-chimie au m&#234;me lyc&#233;e Diwan, reconna&#238;t que l'usage du n&#233;o-breton peine &#224; devenir une langue du quotidien : &#171; &lt;i&gt;Beaucoup de n&#233;o-bretonnants form&#233;s &#224; Diwan se sont rendu compte qu'il leur manquait le vocabulaire de l'intime pour vraiment transmettre naturellement &#224; leurs enfants une langue apprise acad&#233;miquement. &#192; travers plusieurs g&#233;n&#233;rations d'&#233;l&#232;ves de Diwan que je connais, j'ai pu constater qu'ils ne pratiquent pas beaucoup la langue en dehors de l'&#233;cole. Il faut un autre d&#233;clic. Ils y reviennent parce qu'ils y trouvent un autre sens, culturel, associatif ou autre. Pour autant, si les anciens &#233;taient dans une certaine culpabilisation, nous, les n&#233;o-bretonnants n'avons plus de complexe. On essaie de faire de notre mieux, on a encore beaucoup &#224; apprendre, mais il faut parler, c'est tout.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2491 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-757-52920.jpg?1768650996' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Francis Favereau &#224; Guingamp.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une chose est certaine, l'apprentissage du breton par les nouvelles g&#233;n&#233;rations ne se fait pas sous le sceau de l'utilitarisme : seulement 2 000 personnes travaillent actuellement &#171; &lt;i&gt;avec le breton&lt;/i&gt; &#187;, dans l'enseignement, l'animation, la culture et les m&#233;dias. L'argument du bilinguisme, comme stimulant intellectuel et ouverture vers d'autres langues, est fr&#233;quemment avanc&#233; pour justifier le choix de suivre l'enseignement en immersion des &#233;coles associatives Diwan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; l'on compte plus de panneaux indicateurs bilingues que de personnes capables de les comprendre, peut-on affirmer que &lt;i&gt;brezoneg not dead&lt;/i&gt; ? Gildas, prof &#224; Diwan, nous livre sa vision de l'&#233;tat des lieux : &#171; &lt;i&gt;Il y a toujours diff&#233;rents courants contradictoires dans la pratique d'une langue. Il y a bien s&#251;r un courant de puristes qui am&#232;ne un peu de lourdeur, mais, en gros, les pratiques sont tr&#232;s diverses. La tendance actuelle, c'est quand m&#234;me d'aller vers le breton populaire, ce qui n'a pas toujours &#233;t&#233; le cas. Le fait de dire &#8220;Ma grand-m&#232;re disait comme &#231;a&#8221; rend l&#233;gitime les variations de la langue. &#192; l'oppos&#233;, il y a une institutionnalisation du breton qui correspond aussi &#224; une &#233;volution des classes sociales qui pratiquent le breton : moins rurales, moins manuelles, plus dipl&#244;m&#233;es, plus ins&#233;r&#233;es socialement&#8230; Le danger serait de figer la langue dans des codes qui excluraient et soumettraient certains locuteurs. Il faudrait peut-&#234;tre que la langue refasse le chemin de la transgression.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Merci &#224; Goulven Ar Gac, Pierre-Yves Marzin, Bruno Dante &amp; Nicolas Rami.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Photos : &lt;a href=&#034;http://martin-barzilai.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Martin Barzilai&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il est &#224; noter que le premier dictionnaire en Occident, le &lt;i&gt;Catolicon&lt;/i&gt; (1464) est un dictionnaire latin-breton-fran&#231;ais, &#233;tabli par le Tr&#233;gorrois Jehan Lagadeuc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Livre qui a connu un v&#233;ritable succ&#232;s de librairie avec plus de 300 000 exemplaires vendus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;tymologiquement, la province &#8211; &lt;i&gt;pro vincere&lt;/i&gt; &#8211; est le &#171; pays vaincu &#187; par Rome.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;In &lt;i&gt;Les femmes, la terre, l'argent&lt;/i&gt;, &#233;d. Coop Breizh, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Car incluant cette fois le vannetais (gwenedeg).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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