<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=10358&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1768648935</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Inde : Contre les tisons nationalistes, le claquement des baisers</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Inde-Contre-les-tisons</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Inde-Contre-les-tisons</guid>
		<dc:date>2015-01-06T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Na&#239;k&#233; Desquesnes</dc:creator>


		<dc:subject>Aami Sayan</dc:subject>
		<dc:subject>New Delhi</dc:subject>
		<dc:subject>femme</dc:subject>
		<dc:subject>l'Inde</dc:subject>
		<dc:subject>RSS</dc:subject>
		<dc:subject>Aami Sayan</dc:subject>
		<dc:subject>Love</dc:subject>
		<dc:subject>sanghis</dc:subject>
		<dc:subject>Sayan</dc:subject>
		<dc:subject>Aami</dc:subject>
		<dc:subject>Love Jihad</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis l'arriv&#233;e en mai dernier de l'extr&#234;me droite hindoue au pouvoir, la n&#233;buleuse &#173;fascisante ultranationaliste se sent pousser des ailes. Elle distille un climat de violence contre les femmes, les musulmans, les intouchables. Difficilement, la riposte s'organise. Derni&#232;re action en date : les manifs du &#171; Kiss of love &#187;, plus politiques qu'elles n'y paraissent. Ils sont une trentaine, troupeau b&#234;lant resserr&#233; &#224; la sortie de la station de m&#233;tro Jhandewalan, au centre de New Delhi. Ils (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no127-decembre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;127 (d&#233;cembre 2014)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aami-Sayan" rel="tag"&gt;Aami Sayan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/New-Delhi" rel="tag"&gt;New Delhi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femme" rel="tag"&gt;femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Inde" rel="tag"&gt;l'Inde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/RSS" rel="tag"&gt;RSS&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aami-Sayan-10358" rel="tag"&gt;Aami Sayan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Love" rel="tag"&gt;Love&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sanghis" rel="tag"&gt;sanghis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sayan" rel="tag"&gt;Sayan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aami" rel="tag"&gt;Aami&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Love-Jihad" rel="tag"&gt;Love Jihad&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis l'arriv&#233;e en mai dernier de l'extr&#234;me droite hindoue au pouvoir, la n&#233;buleuse &#173;fascisante ultranationaliste se sent pousser des ailes. Elle distille un climat de violence contre les femmes, les musulmans, les intouchables. Difficilement, la riposte s'organise. Derni&#232;re action en date : les manifs du &#171; Kiss of love &#187;, plus politiques qu'elles n'y paraissent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1304 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH318/p04-kiss-01-9ced6.jpg?1768657490' width='500' height='318' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Aami Sayan.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ils sont une trentaine, troupeau b&#234;lant resserr&#233; &#224; la sortie de la station de m&#233;tro Jhandewalan, au centre de New Delhi. Ils ont au front une trace vermillon. Autour du cou une longue &#233;charpe orange. La couleur du parti hindou nationaliste (BJP) &#224; la t&#234;te du pays depuis mai 2014, celle aussi de l'organisation qui lui est intrins&#232;quement li&#233;e, le Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS), &#171; association des volontaires nationaux &#187;. On les appelle les &#171; sanghis &#187;. Ils sont la version indienne des milices de l'Aube dor&#233;e grecque ou des identitaires fran&#231;ais, les cr&#226;nes ras&#233;s en moins. Ce samedi 8&#8200;novembre, ils ont troqu&#233; leurs shorts kaki de d&#233;fil&#233;s paramilitaires contre de simples pantalons. Ils s'&#233;poumonent : &#171; &lt;i&gt; Le Kiss of Love n'aura pas lieu !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Prot&#233;geons notre culture contre des pratiques d&#233;prav&#233;es !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; Les agents de l'Occident, dehors ! &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils accueillent ainsi celles et ceux venus participer &#224; un nouveau type d'action publique, le &#171; Kiss of Love &#187;. &#171; &lt;i&gt;Sanghis, gare &#224; vous : nous venons faire l'amour devant votre bureau&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;vient avec provocation l'affiche coll&#233;e &#224; la h&#226;te dans les universit&#233;s de la capitale et diffus&#233;e sur &#173;Facebook seulement 48&#8200;heures avant la flash mob. Le &#171; Kiss of love &#187;, qui a d&#233;j&#224; eu lieu &#224; l'universit&#233; de Calcutta et dans la ville m&#233;ridionale de Kochi, se pr&#233;sente comme une riposte &#224; &#173;l'exp&#233;dition punitive organis&#233;e, fin octobre, par des membres du RSS contre un pub de Calicut, au sud de l'Inde, o&#249; les jeunes amoureux avaient pris l'habitude de se retrouver. Mobilis&#233;s contre celles et ceux qui vivent en concubinage ou osent s'aimer sans &#234;tre de la m&#234;me caste ou de la m&#234;me religion, ils s&#233;vissent comme police des m&#339;urs au service de la &#171; culture hindoue &#187;. C'est donc naturellement devant le quartier g&#233;n&#233;ral du RSS que les manifestants de New Delhi ont d&#233;cid&#233; de se rendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Coup pour coup, &#339;il pour &#339;il&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Nous venons affirmer la libert&#233; de s'aimer, de disposer de son corps et de sa sexualit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, explique Pratik, lunettes rondes, cheveux boucl&#233;s en bataille, un bouquin d'Orwell sous le bras. Lui et sa copine Pankhuri ont mis en ligne le rendez-vous sur Internet. Ils ont pass&#233; la nuit &#224; recevoir des coups de fil de menaces et d'insultes de la part de membres du RSS, promettant de r&#233;pliquer par la violence s'ils maintenaient l'&#233;v&#233;nement. Apr&#232;s un cruel moment d'angoisse, l'&#233;tudiant est finalement l&#224;, debout, &#224; haranguer la foule, de grosses baskets aux pieds au cas o&#249;&#8230; &#171; &lt;i&gt;Alors, tu es venu pour choper ?&lt;/i&gt; &#187;, demande un journaliste am&#233;ricain &#224; Pratik d'un air entendu. &#171; &lt;i&gt;Euh&#8230; je ne chope pas les filles&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond-il calmement. Voir des couples se rouler des galoches, voil&#224; bien ce qui semble exciter les m&#233;dias, venus en nombre couvrir le rassemblement. Au loin, deux personnes s'enlacent. Les photographes plongent dans la foule, pi&#233;tinent plusieurs camarades, se jettent les uns sur les autres comme des poules auxquelles on lance du grain.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1305 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH331/p04-kiss-02-8fc4d.jpg?1768673917' width='500' height='331' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Aami Sayan.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bient&#244;t, nous voil&#224; plus de 300, regroup&#233;s sur le c&#244;t&#233; &#224; quelques pas des sanghis. Sur un bout de trottoir ombrag&#233;, un couple s'am&#233;nage un espace et s'embrasse. Un homme &#224; l'&#233;charpe orange fonce sur eux, il vocif&#232;re &#171; &lt;i&gt;Foutez le camp !&lt;/i&gt; &#187; avant d'&#234;tre &#233;cart&#233;, &lt;i&gt;in extremis&lt;/i&gt;. A l'arri&#232;re, un cordon se forme pour prot&#233;ger les manifestants. Arya, petit bout de femme en bras de chemise, se glisse dans ce service de s&#233;curit&#233; improvis&#233;. Quelques sanghis s'approchent. Elle leur fait face. Un coup &#224; droite, un coup &#224; gauche. Voil&#224; l'imprudent touch&#233; au visage, un verre de lunettes en moins. Des &#233;clats de sourire passent sur les l&#232;vres. &#171; &lt;i&gt;Pourquoi s'aimer en cachette ? Quand les sentiments ne demandent qu'&#224; &#234;tre d&#233;voil&#233;s ?&lt;/i&gt; &#187;, un manifestant entonne joyeusement une chanson sortie d'un film Bollywood. Ses copains du DSU, syndicat &#233;tudiant proche des maos, en restent pantois. M&#234;me les moins rigolos se mettent &#224; l'eau de rose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premi&#232;re ligne, quelques membres de l'organisation r&#233;volutionnaire KNS&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le KNS&#8200;(Krantikari Naujavan Sabha) n'est pas un parti mais une orga de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; sont au corps &#224; corps avec la police. Les pandores emp&#234;chent le groupe d'avancer vers les bureaux du RSS. Alors on part de l'autre c&#244;t&#233;. La cha&#238;ne humaine s'&#233;tend peu &#224; peu, pour doucement s'extraire de la zone pi&#233;tonne. Un pas, puis un autre. &#171; &lt;i&gt;Arr&#234;tez les voitures !&lt;/i&gt; &#187;, lance Arya. La route est prise. La foule s'engouffre. Un cri de joie couvre les klaxons. Puis, vite, il faut courir, emp&#234;cher la police de former un cordon. On pousse les fliquettes. &#171; &lt;i&gt;Libert&#233; ! Contre les fachos, libert&#233; ! &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Sanghis, nous ne vous craignons pas !&lt;/i&gt; &#187;. Les poings se l&#232;vent au milieu de la chauss&#233;e. Sans badges ni drapeaux partisans, la manif se veut volontairement non-&#233;tiquet&#233;e. Elle finit sa route pr&#232;s de barri&#232;res fra&#238;chement pos&#233;es afin de prot&#233;ger les b&#226;timents du RSS. Un infiltr&#233; frappe au cou un homme qui vient d'embrasser son compagnon. Un groupe de sanghis se forme, il est bruyamment refoul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une revendication &#233;litiste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1306 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH331/p04-kiss-03-0c4ff.jpg?1768673917' width='500' height='331' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Aami Sayan.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Malgr&#233; l'enthousiasme, certains restent sceptiques. &#171; &lt;i&gt;Quel besoin de revendiquer le droit de s'embrasser publiquement ?&lt;/i&gt;, demande un t&#233;moin dans un journal local. &lt;i&gt;Ne devrions-nous pas plut&#244;t nous occuper de combattre la pauvret&#233; ?&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;S'embrasser dans la rue n'est pas le c&#339;ur de notre mouvement&lt;/i&gt;, r&#233;torque Nayan, du KNS. &lt;i&gt;Mais nos revendications sont certainement faites d'amour, contre la haine des forces fascistes et contre une soci&#233;t&#233; invivable contr&#244;l&#233;e par le lib&#233;ralisme.&lt;/i&gt; &#187; Les jeunes militants du KNS passent la majeure partie de leur temps &#224; soutenir les gr&#232;ves ouvri&#232;res de plus en plus nombreuses dans la ceinture industrielle du nord de l'Inde. Avec l'arriv&#233;e du parti nationaliste au pouvoir, la gauche r&#233;volutionnaire indienne se retrouve oblig&#233;e &#224; ouvrir de nouveaux fronts : &#171; &lt;i&gt; La lutte contre les violences interreligieuses, contre les discriminations des LGBT ou contre le syst&#232;me des castes est indispensable pour &#233;largir le mouvement contre ceux qui nous gouvernent.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Lorsqu'en 2004, des femmes ont manifest&#233; nues contre le viol, heureusement qu'elles n'ont pas attendu l'autorisation des organisations politiques traditionnelles ! La r&#233;volte s'exprime de diff&#233;rentes mani&#232;res et nous nous en f&#233;licitons&lt;/i&gt; &#187;, ajoute Nayan. Si s'embrasser &#224; l'air libre n'est certainement pas la pr&#233;occupation de tout le monde, la n&#233;cessaire &#233;mancipation des femmes touche toutes les classes sociales. Ainsi, le 7&#8200;novembre, plus de 200&#8200;ouvri&#232;res en gr&#232;ve ont d&#233;cid&#233; de rester toute la nuit devant leur usine, malgr&#233; le harc&#232;lement des repr&#233;sentants de l'ordre qui les conjuraient de rentrer chez elles, &#171; &lt;i&gt; pour leur s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Une femme s'est vue dire par son mari : &#171; &lt;i&gt;L'Inde n'est pas pr&#234;te pour ce genre d'action. &lt;/i&gt; &#187; Elle lui a r&#233;pliqu&#233; qu'elle restait l&#224; pour d&#233;fendre le droit &#224; une vie digne, quel que soit l'endroit ou le moment de la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indissociable des revendications pour l'&#233;mancipation, la lutte contre les violences faites aux femmes a acquis une place centrale dans les r&#233;cents mouvements. &#171; &lt;i&gt; Il ne s'agit pas seulement d'avoir le droit d'embrasser. Mais aussi d'avoir le droit de ne pas embrasser&lt;/i&gt;, mart&#232;le Pankhuri dans un dernier discours. &lt;i&gt;Nous ne tol&#233;rons aucun type de harc&#232;lement.&lt;/i&gt; &#187; Rappelons-nous les foules immenses descendues dans la rue &#224; New Delhi en d&#233;cembre 2012, apr&#232;s le viol dans un bus d'une &#233;tudiante de 23 ans par six hommes. Depuis septembre 2014, la fac de Jadavpur &#224; Calcutta est secou&#233;e par des milliers d'&#233;tudiants insurg&#233;s contre l'inaction des autorit&#233;s face au harc&#232;lement sexuel dont fut victime une &#233;tudiante. Aujourd'hui encore, les victimes de violences et de viols sont r&#233;guli&#232;rement accus&#233;es de l'avoir bien cherch&#233;. &#171; &lt;i&gt;Comment &#233;tiez-vous habill&#233;e ?&lt;/i&gt; &#187;, voil&#224; l'une des questions pos&#233;es &#224; la jeune fille par les fonctionnaires charg&#233;s de l'enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1307 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH331/p04-kiss-04-38f68.jpg?1768673917' width='500' height='331' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Aami Sayan.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tuer une femme n'est pas un p&#233;ch&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce soup&#231;on permanent est au c&#339;ur de l'hindouisme politique. Le RSS d&#233;fend une conception patriarcale de la femme confin&#233;e &#224; l'int&#233;rieur de la maison et dont les choix de vie appartiennent au chef de famille. L'organisation s'oppose au droit &#224; l'h&#233;ritage pour les filles et fait r&#233;guli&#232;rement des d&#233;clarations sur la bonne mani&#232;re de se comporter et de s'habiller. &#171; &lt;i&gt; La femme est l'incarnation des pires d&#233;sirs, haines, tromperies, jalousies et mauvais sentiments. La libert&#233; ne doit jamais &#234;tre donn&#233;e &#224; la femme&lt;/i&gt; &#187;, peut-on lire dans le livre sacr&#233; pr&#233;f&#233;r&#233; des hindouistes, le &lt;i&gt;Manusmriti&lt;/i&gt;. Ou encore : &#171; &lt;i&gt;Tuer une femme, un intouchable ou un ath&#233;iste n'est pas un p&#233;ch&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Ainsi, au contr&#244;le du corps de la femme s'ajoute une d&#233;fense radicale du syst&#232;me des castes, dont les intouchables forment le plus bas &#233;tage. Les mariages intercastes sont pour eux sacril&#232;ges&#8200;&#8211;&#8200;ils affaiblissent &#171; &lt;i&gt;l'harmonie de la nation hindoue&lt;/i&gt; &#187;. Pour avoir fr&#233;quent&#233; une fille d'une caste sup&#233;rieure, un intouchable a &#233;t&#233; tu&#233; avec deux membres de sa famille par des hindous de haute caste le 20&#8200;ao&#251;t dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Love Jihad, invention de la propagande hindoue.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amour, le poison qui menace l'Inde hindoue : voil&#224; ce que professent les ultranationalistes. Et si l'amant est musulman, alors la croisade leur appara&#238;t d'autant plus n&#233;cessaire. Depuis plusieurs mois, les militants hindous ont r&#233;activ&#233; une vieille propagande contre les musulmans, qu'ils accusent d'enlever leurs femmes pour les convertir. Strat&#232;ges en communication, ils ont invent&#233; une formule : le &lt;i&gt;Love Jihad&lt;/i&gt;. Cet &#233;t&#233;, ils se sont mobilis&#233;s pour sauver une jeune femme hindoue originaire de Meerut, dans le nord de l'Inde, suppos&#233;e avoir &#233;t&#233; viol&#233;e puis convertie de force &#224; l'islam par un mahom&#233;tan. En octobre, la victime a finalement d&#233;clar&#233; devant le juge qu'elle avait simplement fugu&#233; avec celui qu'elle aimait. D&#232;s les ann&#233;es 1920, au moment de la cr&#233;ation du RSS, les nationalistes faisaient d&#233;j&#224; le portrait d&#233;lirant des musulmans comme &#233;tant des envahisseurs, violents et violeurs&#8200;&#8211;&#8200;le minaret devenant le symbole du p&#233;nis p&#233;n&#233;trant le corps de la m&#232;re-patrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Rassemblons-nous au nom de notre unit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, c'est ainsi ce qu'on pouvait lire le 31&#8200;octobre sur l'appel distribu&#233; dans les rues de Bawana, au nord-ouest de New Delhi. Un &lt;i&gt;maha panchayat&lt;/i&gt;, une assembl&#233;e traditionnelle de &#171; sages &#187;, d&#233;cr&#233;tait l'interdiction d'une procession chiite appel&#233;e &#171; tazia &#187;. &#171; &lt;i&gt;Nous sommes si peu organis&#233;s et si peu nombreux pour lutter contre leur efficacit&#233; !&lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;nerve un militant r&#233;volutionnaire impuissant, venu en observateur. &#201;trangement excit&#233;s, des groupes de jeunes rejoignent le rassemblement en criant &#171; &lt;i&gt;Vive la m&#232;re-patrie !&lt;/i&gt; &#187;, semblant pr&#234;ts &#224; ob&#233;ir &#224; n'importe quel ordre. De quoi rappeler certaines heures sombres de l'histoire de l'Inde : lorsqu'en 1992, les militants nationalistes ont d&#233;plac&#233; des foules aux cerveaux lobotomis&#233;s pour d&#233;truire la mosqu&#233;e Babri Madjid. Ou lorsqu'en 2002, dans l'&#233;tat du Gujarat, un pogrom anti-musulmans, perp&#233;tr&#233; avec l'aval du gouvernement, a caus&#233; la mort de pr&#232;s de 2 000 personnes. Le ministre en chef complice n'&#233;tait autre que Narendra Modi, l'actuel Premier ministre. On ne s'&#233;tonnera donc pas que de nouvelles &#233;meutes &#233;clatent. Les braises sont d&#233;j&#224; pr&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1308 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH331/p04-kiss-05-eb49a.jpg?1768673917' width='500' height='331' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Aami Sayan.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le RSS, hydre &#224; mille t&#234;tes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Narendra Modi, le Premier ministre de l'Inde, a &#233;t&#233; form&#233; d&#232;s l'&#226;ge de 8 ans chez les volontaires nationaux, le RSS. Il leur doit toujours all&#233;geance : pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de l'Inde, un discours du pr&#233;sident du RSS a &#233;t&#233; retransmis cette ann&#233;e &#224; la t&#233;l&#233;vision publique. Le RSS a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1925 par des brahmanes, au plus haut de l'&#233;chelle des castes. L'objectif &#233;tait de former une branche arm&#233;e de l'hindouisme pour se d&#233;fendre contre les colons et les musulmans. Golwalkar, &#224; la t&#234;te du RSS durant 33&#8200;ans et l'un de ses id&#233;ologues les plus influents, admirait Hitler et l'extermination des juifs. L'assassin de Gandhi &#233;tait membre de l'organisation. Interdit sous les Britanniques puis &#224; trois reprises dans l'Inde ind&#233;pendante, le RSS a continu&#233; &#224; s'&#233;tendre dans toutes les villes et &#224; recruter des enfants d&#232;s 6 ans. Le matin et le soir, ils suivent des exercices paramilitaires et apprennent la loyaut&#233;, la discipline et le patriotisme &#224; travers des livres emplis de propagande contre les minorit&#233;s religieuses. En plus de ses centres, le RSS dirige un r&#233;seau de 18 000 &#233;coles. Depuis pr&#232;s d'un si&#232;cle, il a d&#233;velopp&#233; son action dans toutes les sph&#232;res de la soci&#233;t&#233; gr&#226;ce &#224; son syndicat &#233;tudiant, son syndicat ouvrier, sa branche f&#233;minine, son organisation religieuse, son organisation caritative et d'autres encore. En mars, le quotidien britannique &lt;i&gt;The Guardian&lt;/i&gt; affirmait que le RSS poss&#233;dait au moins 50 000 branches dans toute l'Inde, avec 40&#8200;millions de membres.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1309 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH331/p04-kiss-06-6adb9.jpg?1768673917' width='500' height='331' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Aami Sayan.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le KNS&#8200;(Krantikari Naujavan Sabha) n'est pas un parti mais une orga de jeunes influenc&#233;s par le marxisme-l&#233;ninisme. Ils refusent la participation au syst&#232;me &#233;lectoral et luttent &#171; &lt;i&gt;contre toutes les formes d'oppression&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
