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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Winter is coming &#187;</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Comme si &#231;a ne suffisait pas, il y a toujours des pressions qui s'ajoutent &#224; notre ali&#233;nation quotidienne au travail. Aujourd'hui, la mention &#171; anglais, lu, &#233;crit, parl&#233; &#187; sur la fiche de poste des ouvriers et employ&#233;s de l'usine est presque devenue une r&#233;alit&#233; incontournable. Pas avec nos coll&#232;gues directs, non. Et si on veut dire merde &#224; son chef, on peut toujours. &#199;a se situe &#224; d'autres niveaux : lors des communications par l'intranet ou par t&#233;l&#233;phone, pour les commerciaux et pour les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Borealis" rel="tag"&gt;Borealis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme si &#231;a ne suffisait pas, il y a toujours des pressions qui s'ajoutent &#224; notre ali&#233;nation quotidienne au travail. Aujourd'hui, la mention &#171; anglais, lu, &#233;crit, parl&#233; &#187; sur la fiche de poste des ouvriers et employ&#233;s de l'usine est presque devenue une r&#233;alit&#233; incontournable. Pas avec nos coll&#232;gues directs, non. Et si on veut dire merde &#224; son chef, on peut toujours. &#199;a se situe &#224; d'autres niveaux : lors des communications par l'intranet ou par t&#233;l&#233;phone, pour les commerciaux et pour les cadres, mais aussi directement sur nos &#233;crans de contr&#244;le o&#249; les alarmes et les informations s'affichent, depuis trois mois maintenant, dans la langue de Johnny Rotten.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1314 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH306/p07-cqfd56-c520b.jpg?1782642190' width='400' height='306' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait quelque chose qu'on sentait d&#233;j&#224; venir sous la direction de Total, mais, maintenant que nous sommes g&#233;r&#233;s par l'autrichienne Borealis (&#224; capitaux d'Abu Dhabi), c'est devenu imp&#233;ratif. Le syst&#232;me de gestion de cette entreprise est tr&#232;s centralis&#233; et, en m&#234;me temps tr&#232;s divis&#233; en sous-secteurs avec des directeurs un peu partout. &#199;a s'appelle &#171; organisation matricielle &#187; (si vous voulez en savoir plus, allez voir Wikip&#233;dia). Comme Borealis est surtout bas&#233; en Autriche, Finlande, Hongrie et &#233;mirats (le tout g&#233;r&#233; de Belgique), cela implique une langue commune. En l'occurrence, un anglais dans son avatar mondialis&#233;, c'est-&#224;-dire tr&#232;s technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a a donc commenc&#233; chez les cadres dirigeants, puis les autres cadres et ing&#233;nieurs, puis les techniciens et les services ext&#233;rieurs, secr&#233;tariat et commerciaux. A pr&#233;sent, cela gagne la maintenance et la fabrication. La formation professionnelle interne y consacre beaucoup de moyens (pas loin de 20 % du budget) et selon le niveau hi&#233;rarchique, les cours se font en immersion (en Grande-Bretagne), en cours t&#233;l&#233;phonique, en cours particulier (&#171; &lt;i&gt;face to face&lt;/i&gt; &#187;) ou en cours collectif. Alors que des gens comme moi qui, il y a des lustres et dans le cadre de la formation perso, avaient demand&#233; des cours pour mieux manier l'idiome en question pour les vacances, s'&#233;taient vu syst&#233;matiquement rembarr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle contrainte cr&#233;e un stress &#233;norme, d'autant qu'il s'agit d'un anglais technique et non plus scolaire et que la peur de dire le contraire de ce qu'on a voulu dire est permanent. Sur nos logiciels en anglais, il arrive fr&#233;quemment qu'on ne soit pas s&#251;r d'avoir bien compris et on pr&#233;f&#232;re alors s'abstenir plut&#244;t que de mal faire. Dans une usine &#224; risque, c'est plut&#244;t moyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PDG vient visiter l'usine assez souvent. Il visite les ateliers et les bureaux et parle &#171; british &#187;. Il faut l'&#233;couter et faire semblant de s'int&#233;resser &#224; ce qu'il dit. L'ing&#233;nieur pr&#233;sent s'essaie &#224; traduire plus ou moins bien. Et c'est devenu tout le temps comme &#231;a. Au sup&#233;rieur hi&#233;rarchique qui nous interpelle, il faut imm&#233;diatement r&#233;pondre en anglais. Au mail envoy&#233; par un coll&#232;gue, il faut r&#233;pondre en anglais. Cette pression constante finit par s'apparenter &#224; un lavage de cerveau qui d&#233;grade encore un peu plus les conditions de travail dans toutes les strates de l'usine. Notre environnement est ponctu&#233; de mot d'ordre en anglais (&#171; &lt;i&gt;keep discovering&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;innovation day&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;business projects&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;call conf&lt;/i&gt; &#187;&#8230;) et il n'est plus question que d'acronymes anglais dont on ne comprend plus le sens. Le pire c'est peut-&#234;tre lorsqu'on re&#231;oit une fiche technique en anglais pour un produit ou une machine. Elle doit nous &#234;tre remise traduite (c'est la loi), mais il manque souvent des phrases enti&#232;res ou m&#234;me des pages. Pas facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; o&#249; l'on en est. Tout cela est li&#233; aussi &#224; la &#171; nouvelle politique &#187;, la &#171; nouvelle &#233;thique &#187; que nos nouveaux patrons veulent imposer. Chaque entreprise veut d&#233;velopper un &#233;tat d'esprit propre. Avec Total, cet &#171; esprit &#187; s'appuyait sur des pratiques dures et quasi-barbouzardes. L&#224;, on veut nous l'inculquer de mani&#232;re &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; plus humaine, avec le sourire, mais c'est en fait beaucoup plus insidieux. Le rouleau compresseur id&#233;ologique de la bo&#238;te avance lentement mais s&#251;rement. Jusqu'&#224; ce que les prolos retrouvent ou recr&#233;ent leur propre jargon pour mieux tourner en d&#233;rision cette nouvelle forme de &#171; &lt;i&gt;friendly&lt;/i&gt; &#187; domination.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Ethique en toc</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>usine</dc:subject>
		<dc:subject>Total</dc:subject>
		<dc:subject>soci&#233;t&#233;</dc:subject>
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		<dc:subject>fin d'ann&#233;e</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comme chaque fin d'ann&#233;e, &#224; l'usine et dans le groupe, s'est d&#233;roul&#233; le mercato, sorte de chaises musicales o&#249; les ing&#233;nieurs et chefs de service changent d'affectation. Auparavant, quand on &#233;tait chez Total, c'&#233;tait un vrai souhait de ces gens-l&#224; d'atterrir dans une autre usine du groupe un peu plus cot&#233;e que la n&#244;tre, une usine moins souvent en panne, par exemple. Maintenant que l'on est dans une plus petite soci&#233;t&#233;, les cadres de haut niveau font grise mine. Seuls deux des cadres (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no119-fevrier-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;119 (f&#233;vrier 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cadres" rel="tag"&gt;cadres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chaises-musicales" rel="tag"&gt;chaises musicales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/changent-d-affectation" rel="tag"&gt;changent d'affectation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fin-d-annee" rel="tag"&gt;fin d'ann&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme chaque fin d'ann&#233;e, &#224; l'usine et dans le groupe, s'est d&#233;roul&#233; le mercato, sorte de chaises musicales o&#249; les ing&#233;nieurs et chefs de service changent d'affectation. Auparavant, quand on &#233;tait chez Total, c'&#233;tait un vrai souhait de ces gens-l&#224; d'atterrir dans une autre usine du groupe un peu plus cot&#233;e que la n&#244;tre, une usine moins souvent en panne, par exemple. Maintenant que l'on est dans une plus petite soci&#233;t&#233;, les cadres de haut niveau font grise mine. Seuls deux des cadres dirigeants du groupe ont pu r&#233;int&#233;grer Total et c'est plut&#244;t bon d&#233;barras. Pour les autres, dans le meilleur des cas, ils changent juste de service. Pour eux, rester dans une usine plus de cinq ans, c'est un peu comme une d&#233;faite. Leurs perspectives d'avenir, aussi envieuses que devenir directeur de raffinerie, m&#234;me au fin fond du &#171; &lt;i&gt;Kokaze&lt;/i&gt; &#187;, s'envolent. Chez ces gens, dont les dents rayent souvent le parquet, c'est comme une douleur qui se r&#233;percute dans tous les rapports hi&#233;rarchiques, jusqu'au plus bas de l'&#233;chelle. Mais cela passera, il suffit de leur donner des projets &#224; la hauteur de leurs ambitions de carri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_978 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH423/p13-efixcqfd48-1918f.jpg?1782641286' width='400' height='423' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Cherry&lt;/i&gt; &#187; sur le g&#226;teau, comme nous sommes dans une soci&#233;t&#233; austro-finlando-aboudhabienne, tous les cadres doivent apprendre l'anglais et le parler couramment lors des vid&#233;o-conf&#233;rences bihebdomadaires. D'ailleurs l'anglais devient omnipr&#233;sent dans les mails, comptes-rendus et messages de toutes sortes. Il est m&#234;me marrant de voir nos cadres se parler en anglais m&#234;me lorsqu'ils sont avec leurs homologues belges et wallons (donc francophones). Les sigles et les acronymes, tous issus de slogans amerloques, laissent de marbre la quasi-totalit&#233; du personnel, mais cela permet &#224; la direction, qui ne rate pas une occasion de v&#233;rifier la qualit&#233; de leur diction, d'exercer une pression suppl&#233;mentaire sur son personnel d'encadrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si cela ne suffisait pas, chaque soci&#233;t&#233; a sa philosophie, sa culture d'entreprise qu'elle veut imposer, m&#234;me si ce n'est que du blabla pour faire bien et pour se mettre &#224; niveau par rapport aux administrations europ&#233;ennes. Notre nouveau proprio, Borealis, a pr&#233;sent&#233; sa &#171; &lt;i&gt;politique &#233;thique&lt;/i&gt; &#187;. Les grands mots sont l&#226;ch&#233;s. Total avait ses &#171; &lt;i&gt;r&#232;gles d'or&lt;/i&gt; &#187; et ses &#171; &lt;i&gt;bonnes pratiques&lt;/i&gt; &#187;, l&#224;, c'est l'&#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venant de la part de dirigeants puritains et protestants, qui la jouent moins militaro-barbouzes que notre ancienne multinationale p&#233;troli&#232;re, ce n'est gu&#232;re &#233;tonnant. Bien s&#251;r, le rapprochement entre respect des droits de l'homme et entreprise (surtout en p&#233;riode de gr&#232;ve) est souvent source de gal&#233;jades, mais il s'agit d&#233;sormais de figures impos&#233;es. Avec une g&#233;om&#233;trie variable qui penche davantage vers les possibles malversations, magouilles et autres piscines construites sur le dos de la soci&#233;t&#233; par des cadres ind&#233;licats, les &#171; &lt;i&gt; bads actors&lt;/i&gt; &#187;, que vers les valises &#233;chang&#233;es avec un gouvernement africain ou d'Europe de l'Est, le but presque avou&#233; &#233;tant alors de ne pas se faire prendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, nous les prolos on s'en fiche, ce n'est pas notre monde, n'emp&#234;che que, dans cette politique &#233;thique, il est demand&#233; de d&#233;noncer chaque mauvais agissement. Pour cela, la soci&#233;t&#233; a cr&#233;&#233; une &#171; &lt;i&gt;question line&lt;/i&gt; &#187;, o&#249; on peut d&#233;noncer des atteintes &#224; l'&#233;thique par t&#233;l&#233;phone aupr&#232;s d'&#171; &lt;i&gt;Ethics Ambassador&lt;/i&gt; &#187; (sic). Et nous avons eu droit &#224; une nouvelle mouture du r&#232;glement int&#233;rieur. Une grande partie est consacr&#233;e &#224; l'interdiction de tout alcool et produits stup&#233;fiants. Avec &#233;thylotest, fouille de placard, visite m&#233;dicale impos&#233;e et possibilit&#233; d'appeler la force publique en cas de refus d'obtemp&#233;rer. Donc plus d'ap&#233;ro, plus de bouteille de vin &#224; la cantine, plus d'alcool lorsque les commerciaux invitent un client au restaurant&#8230; Quant aux p&#233;tards, il vaut mieux bien se planquer. La soci&#233;t&#233; qui g&#232;re les ordures et poubelles de l'usine est m&#234;me tenue de d&#233;noncer la moindre bouteille qu'elle trouvera !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre point d'attaque, c'est la s&#233;curit&#233;. Dans une usine o&#249; un chariot &#233;l&#233;vateur vient de tomber dans un gros trou qui s'est form&#233; &#224; son passage sur la route, o&#249; certains ateliers sont dans l'attente de transformations car ils tombent en ruine et o&#249; le matos, en g&#233;n&#233;ral, est au bord de l'apoplexie, c'est toujours bien de parler de s&#233;curit&#233; individuelle. Se basant sur les pratiques de la multinationale US, Dupont de Nemours, il est d&#233;sormais question de &#171; &lt;i&gt;home saving&lt;/i&gt; &#187;, de &#171; &lt;i&gt;comportementalisme&lt;/i&gt; &#187;, d'&#234;tre prudent partout, d'acqu&#233;rir un nouvel &#233;tat d'esprit, etc. Avec, l&#224; encore, un poids hi&#233;rarchique tr&#232;s pr&#233;sent, tr&#232;s pesant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela pour nous mettre la pression, toujours et encore. Pour qu'on soit constamment sur la d&#233;fensive. On sait que dans la vraie vie, on arrive &#224; trouver des biais pour am&#233;nager le temps au turbin &#224; notre sauce. Sauf qu'en ce moment, on ne se bagarre pas assez tandis que les patrons, apr&#232;s avoir confisqu&#233; nos corps, essaient plus encore de mettre la main sur nos cerveaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>C'est jamais le moment&#8230;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/C-est-jamais-le-moment</link>
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		<dc:date>2011-02-25T18:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>droit</dc:subject>
		<dc:subject>n'a</dc:subject>
		<dc:subject>gr&#232;ve</dc:subject>
		<dc:subject>discours</dc:subject>
		<dc:subject>ateliers</dc:subject>
		<dc:subject>Direction</dc:subject>
		<dc:subject>cadres</dc:subject>
		<dc:subject>droit fondamental</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; LE DROIT DE GR&#200;VE reste un droit fondamental. Pour autant, son exercice doit pouvoir se faire en tenant compte de la situation de sa propre entreprise. Avec ces actions et leurs cons&#233;quences, il semble qu'une partie du personnel n'ait pas pris en compte toute la mesure de la situation dans laquelle se trouve la soci&#233;t&#233; aujourd'hui et les cons&#233;quences qu'elles sont susceptibles d'entra&#238;ner. &#187; Voil&#224; le genre de courrier qu'on re&#231;oit de la part de la direction apr&#232;s la premi&#232;re journ&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no82-octobre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;82 (octobre 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-usine" rel="tag"&gt;l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/droit" rel="tag"&gt;droit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-a" rel="tag"&gt;n'a&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/droit-fondamental" rel="tag"&gt;droit fondamental&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; LE DROIT DE GR&#200;VE reste un droit fondamental. Pour autant, son exercice doit pouvoir se faire en tenant compte de la situation de sa propre entreprise. Avec ces actions et leurs cons&#233;quences, il semble qu'une partie du personnel n'ait pas pris en compte toute la mesure de la situation dans laquelle se trouve la soci&#233;t&#233; aujourd'hui et les cons&#233;quences qu'elles sont susceptibles d'entra&#238;ner. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; le genre de courrier qu'on re&#231;oit de la part de la direction apr&#232;s la premi&#232;re journ&#233;e d'action contre la r&#233;forme des retraites. Je ne vous dis pas l'ambiance dans l'usine, chez les cadres et leurs sbires, lors des jours pr&#233;c&#233;dents la manif du 7 septembre. C'est bien simple, on allait fermer si les salari&#233;s se mettaient en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#231;a se sentait partout que la participation &#224; la journ&#233;e du 7 serait importante. Devoir bosser, pour le moins, deux ans de plus, &#231;a ne fait pas franchement r&#234;ver. Donc, dans les ateliers et les bureaux, la col&#232;re &#233;tait facilement mesurable et tout le monde se disait partant pour faire gr&#232;ve et manifester. Alors la direction a sorti ses armes habituelles. En premier lieu, il y a eu des r&#233;unions d'encadrement pour mobiliser les troupes. Il n'a pas &#233;t&#233; question de l'&#233;tat d&#233;plorable des ateliers &#224; cause des travaux report&#233;s et des millions qu'il a fallu d&#233;bourser pour des r&#233;parations en catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre il y a &#233;t&#233; dit et r&#233;p&#233;t&#233; que la soci&#233;t&#233; &#233;tait au bord du gouffre et que cette gr&#232;ve allait l'achever. Les cadres y ont cru. Ils croient toujours le discours de la direction g&#233;n&#233;rale : ils sont form&#233;s pour &#231;a. Nous qui sommes dans l'usine depuis bien plus longtemps qu'eux, on est beaucoup moins cr&#233;dules. D'autant que, depuis le mouvement des retraites de 2003 et celui contre le CPE, on a droit au m&#234;me discours. Les ing&#233;nieurs se sont montr&#233;s f&#233;briles et en col&#232;re contre les futurs gr&#233;vistes. Comme la CGT appelait &#224; 32 heures de gr&#232;ve pour permettre &#224; tout le monde de participer, ce syndicat a &#233;t&#233; trait&#233; de gauchiste voulant faire fermer la turne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#231;a n'a pas entam&#233; la d&#233;termination. L'armada de chefs de service et d'ing&#233;nieurs a, ensuite, fait la tourn&#233;e des gars, par &#233;quipe et par atelier, pour r&#233;expliquer que ce n'&#233;tait vraiment pas le moment d'arr&#234;ter la bo&#238;te. Les prix du gaz, de l'ammoniac, l'&#233;tat des ateliers, les actionnaires&#8230; Il y a toujours quelque chose qui fait que ce n'est pas le bon moment. On n'a jamais vu un patron dire &#224; ses ouvriers : &lt;i&gt;&#171; &#199;a y est ! Vous pouvez vous mettre en gr&#232;ve. &#187;&lt;/i&gt; Les discussions &#233;taient anim&#233;es. H&#233;las, voyant que ce discours ne fonctionnait pas, les cadres, pas assez proches des prolos, ont envoy&#233; les contrema&#238;tres pour essayer de les calmer, mais rien n'y a fait. M&#234;me la CFDT s'est mise de la partie en appelant &#224; manifester sans arr&#234;ter les machines. Pour eux, c'&#233;tait de l'aventurisme que de tout stopper et le tract qu'ils ont distribu&#233; &#233;tait un morceau d'anthologie du discours pleurnichard et pro-patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'emp&#234;che que le 7, l'usine s'est trouv&#233;e bien silencieuse et enti&#232;rement &#224; l'arr&#234;t. Le taux de gr&#233;vistes a atteint des chiffres historiques et nombreux sont ceux qui sont all&#233;s manifester, m&#234;me des gens qu'on ne voyait jamais revendiquer. Par contre, pour participer &#224; une AG apr&#232;s, c'est m&#234;me pas la peine, les copains pr&#233;f&#233;rant buller plut&#244;t que retourner &#224; l'usine, histoire de se causer. Pour le 23, je m'attendais &#224; une participation moindre, surtout qu'une grande partie des ateliers est &#224; l'arr&#234;t en raison des travaux de r&#233;paration que la direction n'a pas pu d&#233;caler, mais &#231;a l'a fait aussi. Pour reconduire la gr&#232;ve, c'&#233;tait une autre histoire. &#192; l'usine, &#231;a ne s'est pas pass&#233; comme dans les raffineries Total o&#249; le mouvement a continu&#233; et o&#249; les installations sont rest&#233;es en gr&#232;ve entre 24 et 48 heures suppl&#233;mentaires. Les gars, ici, n'ont pas parl&#233; de continuer le mouvement, m&#234;me si &#231;a en d&#233;mange quelques-uns, et la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale n'est pas dans les esprits. Reste que pour les prochaines journ&#233;es d'action, les coll&#232;gues descendront encore dans les rues, parce que bosser plus, c'est pas leur truc&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le cadre se rebiffe</title>
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		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


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&lt;p&gt;Saint-Chamond, dans la vall&#233;e du Gier, est une ville du pass&#233;. La sid&#233;rurgie y vit ses derniers jours, provoquant une r&#233;volte de plus. &#192; une diff&#233;rence pr&#232;s : ici, ce sont des cadres qui s&#233;questrent leur hi&#233;rarchie. Le 1er mars, nous &#233;tions sur le site de Siemens dans la Loire. SAINT-CHAMOND SEMBLE &#201;PINGL&#201; par cette autoroute qui cingle le paysage. &#192; la radio, Christian Estrosi menace : &#171; Il ne peut pas y avoir de n&#233;gociation dans la violence. Partout o&#249; nous avons trouv&#233; des solutions, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Saint-Chamond, dans la vall&#233;e du Gier, est une ville du pass&#233;. La sid&#233;rurgie y vit ses derniers jours, provoquant une r&#233;volte de plus. &#192; une diff&#233;rence pr&#232;s : ici, ce sont des cadres qui s&#233;questrent leur hi&#233;rarchie. Le 1er mars, nous &#233;tions sur le site de Siemens dans la Loire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;SAINT-CHAMOND SEMBLE &#201;PINGL&#201; par cette autoroute qui cingle le paysage. &#192; la radio, Christian Estrosi menace : &lt;i&gt;&#171; Il ne peut pas y avoir de n&#233;gociation dans la violence. Partout o&#249; nous avons trouv&#233; des solutions, c'est parce qu'on n'a pas utilis&#233; la violence. &#187;&lt;/i&gt; Le centre du bourg conserve encore quelques troquets serr&#233;s autour de l'&#233;glise. Ici, c'&#233;tait &lt;i&gt;&#171; les laminoirs, les lignes, la t&#244;le &#187;&lt;/i&gt;, tout ce qui fait la fiert&#233; de David, qui nous offre un caf&#233;. Le b&#226;timent est comme l'&#233;poque : d'avant. En face, il y a ceux de Giat industries, ferm&#233;s depuis quatre ans. Reste le goudron cloqu&#233; par les flammes de quelques pneus cram&#233;s et une centaine d'hommes qui tiennent le pav&#233; et retiennent deux dirigeants de l'entreprise depuis hier, depuis que &lt;i&gt;&#171; le patron n'est m&#234;me pas venu &#224; la derni&#232;re r&#233;union &#187;&lt;/i&gt;. Une discourtoisie qui contredit les slogans publicitaires de Siemens. Alors ces Couramiauds &#8211;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_387 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L243xH258/Img_art_2225-db5fc.jpg?1782650119' width='243' height='258' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;habitants de Saint-Chamond &#8211;, qui ont para&#238;t-il pour tradition de br&#251;ler un chat pendant le carnaval, ont commenc&#233; cette ann&#233;e par des palettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David, responsable de propositions &#224; Siemens &#8211; &lt;i&gt;&#171; Je fais les devis, quoi ! &#187;&lt;/i&gt; &#8211;, rappelle &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; que le mouvement a commenc&#233; en ao&#251;t 2009 avec des happenings pacifiques &#224; Paris, &#224; Lyon et ici, o&#249; ils se sont affubl&#233;s de masques. La chorale des Siemens Singers interpr&#232;te &#171; Paroles, paroles &#187; sur son blog. Lass&#233;s, ils se sont r&#233;solus &#224; frapper plus fort, mais &#224; regret :&lt;i&gt; &#171; Comment retravailler avec des gens que vous avez s&#233;questr&#233;s, la DRH et le directeur administratif et financier ? &#187;&lt;/i&gt; Ceux-l&#224; n'ont pas trop souffert, dit-on. Ce soir, ils sont libres. &#192; croire que les multinationales les forment &#224; ce genre de situation, d&#233;sormais. Apr&#232;s le saut &#224; l'&#233;lastique, &lt;i&gt;&#171; la n&#233;go s&#233;questr&#233;e &#187;&lt;/i&gt;. Andr&#233; Moulin, endimanch&#233; d'un bonnet rouge &#224; la commandant Cousteau, se jette sur un huissier pour le faire d&#233;guerpir. Pour ce conseiller municipal et militant de Lutte ouvri&#232;re, &lt;i&gt;&#171; la population est fataliste, il nous reste l'h&#244;pital et la mairie comme employeurs. &#187;&lt;/i&gt; Andr&#233; a subi dix restructurations dans sa vie et, &lt;i&gt;&#171; apr&#232;s les grandes bagarres de Longwy, on a obtenu le d&#233;part &#224; 50 ans &#187;&lt;/i&gt;. Longwy, en 1979, ne fut pas un conflit pacifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entreprise a beaucoup embauch&#233; les quatre derni&#232;res ann&#233;es et les cols blancs sont venus de Lyon ou Saint-&#201;tienne pour bosser dans ce bureau d'&#233;tudes. Si certains jeunes sont d&#233;j&#224; partis en Chine, Bastien est encore l&#224;, c'est son premier conflit social, et il d&#233;nonce &lt;i&gt;&#171; une direction sourde &#187;&lt;/i&gt;. Le m&#234;me jour, on peut lire sur lefigaro.fr : &lt;i&gt;&#171; La direction se f&#233;licite que le dialogue ait repris entre les deux parties &#187;&lt;/i&gt; Un conseiller g&#233;n&#233;ral socialiste, habill&#233; comme un marquis, s'insurge &#224; l'&#233;coute d'Estrosi : &lt;i&gt;&#171; Licencier 300 personnes, ce n'est pas de la violence ? &#187;&lt;/i&gt; et ajoute&lt;i&gt; &#171; qu'avec les plans de l'&#201;tat, ce sont les gens qui financent leur propre travail, c'est scandaleux ! &#187;&lt;/i&gt; Il proph&#233;tise que la direction reculera sur les primes, mais pas sur la p&#233;rennisation du site. Un incident &#233;maille les discussions, assez vives : un des salari&#233;s vient de lire sur le site du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; qu'on leur proposerait 83 000 euros ! Hors de lui, il se pr&#233;cipite sur l'attach&#233;e de presse de Siemens, accus&#233;e d'appartenir au journal de Serge Dassault. Les cadres fustigent la donzelle, qui doit s'enfuir sous les quolibets. Toujours sur le site dudit journal, la Bourse de Francfort se r&#233;jouit des r&#233;sultats du groupe, &lt;i&gt;&#171; gr&#226;ce &#224; une bonne gestion des co&#251;ts &#187;&lt;/i&gt;. Le groupe restructure, comme toutes les multinationales, sans se soucier des cons&#233;quences humaines. Il y a un mois, c'&#233;tait la vall&#233;e de l'Ondaine qui connaissait une s&#233;questration de cadres chez Akers. Aujourd'hui, ce sont les cadres qui s&#233;questrent, pour obtenir un rel&#232;vement de leur prime supra-l&#233;gale, un dividende exig&#233; d&#233;sormais par une main-d'&#339;uvre &#233;chaud&#233;e. Romain, un jeune prof venu soutenir les bloqueurs, conclut joyeusement : &lt;i&gt;&#171; Les cadres sont parfois les plus enrag&#233;s, on leur en a tant fait croire ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le cadre se rebiffe</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-cadre-se-rebiffe-782</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#192; PROPOS DE L'USINE, j'aurais pu vous parler de mon atelier qui, apr&#232;s un chantier de cinq mois, n'arrive pas &#224; red&#233;marrer. Parce que, mettre du mat&#233;riel de derni&#232;re g&#233;n&#233;ration sur des machines qui ont trente ans, &#231;a ne r&#233;ussit pas souvent et,au fur et &#224; mesure qu'on avance dans la proc&#233;dure de d&#233;marrage, on d&#233;couvre des fuites ou des probl&#232;mes. Tout le monde dans l'atelier est crev&#233; &#224; cause de la tension, des heures sup'obligatoires et de devoir courir partout. J'aurais pu vous parler aussi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no65-mars-2009" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;65 (mars 2009)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; PROPOS DE L'USINE, j'aurais pu vous parler de mon atelier qui, apr&#232;s un chantier de cinq mois, n'arrive pas &#224; red&#233;marrer. Parce que, mettre du mat&#233;riel de derni&#232;re g&#233;n&#233;ration sur des machines qui ont trente ans, &#231;a ne r&#233;ussit pas souvent et,au fur et &#224; mesure qu'on avance dans la proc&#233;dure de d&#233;marrage, on d&#233;couvre des fuites ou des probl&#232;mes. Tout le monde dans l'atelier est crev&#233; &#224; cause de la tension, des heures sup'obligatoires et de devoir courir partout. J'aurais pu vous parler aussi des trois proc&#232;s aux prud'hommes intent&#233;s par des coll&#232;gues et par la CGT de la bo&#238;te contre le patron, mais tout cela c'est du quotidien. Actuellement,l'usine est sous le coup d'une affaire beaucoup plus &#171; people &#187;, tout le monde en parle dans les ateliers et les bureaux et pendant ce temps-l&#224;, on ne pense pas &#224; autre chose. Tout le monde est &#224; l'aff&#251;t des moindres ragots sur cette affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je suis rentr&#233; &#224; l'usine, un des premiers conseils qu'on m'a donn&#233;s c'est : &lt;i&gt;&#171; Ne m&#233;lange pas le cul avec le travail. &#187;&lt;/i&gt; Recommandation facile &#224; tenir dans une bo&#238;te o&#249; ne travaillent que des hommes et o&#249; les rares femmes se trouvent dans les bureaux. Les quelques coll&#232;gues homos ne draguent pas non plus au boulot. Du coup, les &#171; histoires &#187; ont toujours concern&#233; des cadres, jadis avec leur secr&#233;taire,aujourd'hui avec d'autres cadres, car ici l'encadrement s'est nettement f&#233;minis&#233;. Les cadres, avec leurs horaires, avec leur univers qui s'arr&#234;te aux bornes de la bo&#238;te et avec leurs relations de pouvoir sont souvent sujet &#224; ce genre de liaison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les histoires d'adult&#232;re de nos cadres &#233;maillent donc notre quotidien,mais l&#224;, avec la mode des reality-shows, o&#249; tout le monde se confie &#224; tout le monde, et avec l'outil Internet, cela a pris une tout autre ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. a &#233;t&#233; DRH de l'usine jusqu'en juin2008. Il a quitt&#233; ses fonctions assez rapidement et &#231;a a &#233;tonn&#233; tout le monde, d'autant qu'il disait partout qu'il voulait rester jusqu'en 2010. En partant, il a expliqu&#233; qu'il avait trouv&#233; mieux dans une autre filiale de Total. Seulement six mois apr&#232;s, nous apprenons qu'il a &#233;t&#233; d&#233;barqu&#233; du jour au lendemain de son nouveau poste, ce qui nous a fait nous poser quelques questions sur le parcours du bonhomme. P. &#233;tait un DRH qui ne voulait pas de conflit et qui savait embobiner pour faire comprendre &#224; tous ceux qui souhaitaient une augmentation comment ils pouvaient s'en passer. Il n'y avait pas eu de gros conflits pendant qu'il &#233;tait l&#224;, mais on s'est rattrap&#233;s depuis (voir &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; pr&#233;c&#233;dents).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, par le biais de l'Intranet, un message est parvenu dans les bureaux, les syndicats et quelques ateliers, tout le monde a &#233;t&#233; surpris. Le DRH cachait bien son jeu. Petit, bedonnant, maniaque, cinquante piges, il &#233;tait tout le temps &#224; nous vanter les valeurs chr&#233;tiennes et familiales. L&#224;, par mail, il nous a appris ses aventures sexuelles avec la charg&#233;e de la communication (une jeune cadre qui en veut, envoy&#233;e sp&#233;cialement par Total pour redorer l'image de la bo&#238;te, mais qui n'en fiche pas lourd). Il ne donne pas beaucoup de d&#233;tails, mais tout est lourd de sous-entendus. Rien de tel qu'un catho traditionaliste qui se l&#226;che. Pire que tout, il descend le cadre (devenu chef de service) qui l'a remplac&#233; dans les bras de sa belle. Il accuse, il vide son sac. N'ayant plus rien &#224; perdre, il d&#233;verse sa bile et veut entra&#238;ner le nouveau couple dans sa chute. A priori,il semblerait qu'il soit accus&#233; de harc&#232;lement par voie de mails,et surtout d'avoir colport&#233; des bruits sur le nouvel amant aupr&#232;s d'autres DRH.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, vous voyez le topo. Du sordide chez les cadres. Et dans les ateliers, o&#249; le nouveau galant est devenu le responsable, les mails sont accroch&#233;s en &#233;vidence, histoire de montrer que tout le monde sait. Les salari&#233;s se sont empar&#233;s de l'histoire pour se moquer de leur chef et pour relativiser tous les discours qu'il pourrait tenir afin que les gars restent tranquilles &#224; bien lui ob&#233;ir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Touch&#233; par la gr&#226;ce</title>
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		<dc:date>2007-12-17T10:11:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;LES AUTRES FOIS, lorsqu'il y a un car qui attend devant l'usine, c'est soit pour un voyage organis&#233; par le comit&#233; d'&#233;tablissement, soit pour un d&#233;part de manif &#224; Paris. Aujourd'hui, &#231;a n'a rien &#224; voir. Le car stationne devant les b&#226;timents de la direction et pr&#232;s d'une trentaine de cadres et chefs de service de l'usine s'y engouffrent. En guise d'accompagnateurs : le directeur flanqu&#233; de la charg&#233;e de communication, qui n'a pas l'air dans son assiette. Le car a &#233;t&#233; affr&#233;t&#233; pour que tout ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no50-novembre-2007" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;50 (novembre 2007)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/voyage-organise" rel="tag"&gt;voyage organis&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LES AUTRES FOIS, lorsqu'il y a un car qui attend devant l'usine, c'est soit pour un voyage organis&#233; par le comit&#233; d'&#233;tablissement, soit pour un d&#233;part de manif &#224; Paris. Aujourd'hui, &#231;a n'a rien &#224; voir. Le car stationne devant les b&#226;timents de la direction et pr&#232;s d'une trentaine de cadres et chefs de service de l'usine s'y engouffrent. En guise d'accompagnateurs : le directeur flanqu&#233; de la charg&#233;e de communication, qui n'a pas l'air dans son assiette. Le car a &#233;t&#233; affr&#233;t&#233; pour que tout ce beau monde assiste &#224; la messe bisannuelle organis&#233;e par la direction g&#233;n&#233;rale. Une r&#233;union de cadres, pour les motiver et les booster, parce que, m&#234;me &#224; leur niveau, on ne sent pas d'enthousiasme ni de confiance dans l'avenir de la bo&#238;te. Le directeur g&#233;n&#233;ral va leur faire une piq&#251;re de rappel en soulignant les objectifs et en citant les deux mois &#233;coul&#233;s o&#249; il y a eu (enfin) des b&#233;n&#233;fices affich&#233;s&#8230; Tout cela sera accompagn&#233; de petits-fours et de champagne, ce qui explique l'emploi du transport en commun, des fois que quelques-uns se jettent sur les coupes de champ'. Il n'y a pas que les prolos qui abusent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les vitres teint&#233;es des b&#226;timents de la direction, &#231;a ne se voit pas de l'ext&#233;rieur,mais tout le personnel administratif est &#224; l'aff&#251;t, observant ce d&#233;part d'un oeil s&#233;v&#232;re. Rien &#224; voir avec des parents sur le trottoir en train de regarder partir leurs gamins en classe verte. Chaque cadre qui passe est soumis &#224; critique : celui-l&#224; harcelait son personnel f&#233;minin ; aujourd'hui, m&#234;me s'il essaie de la jouer vieux beau, il est d&#233;cati. L'une des observatrices lance qu'il ferait presque peine &#224; voir s'il n'avait &#233;t&#233; aussi puant auparavant. Une autre de lui r&#233;pondre que, de toute fa&#231;on, m&#234;me avec le Viagra, &#231;a ne marche plus et qu'elles sont enfin tranquilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ce chef de service qui passe. Lui est plus jeune,mais les secr&#233;taires ne l'aiment pas : il fait trop de courbettes au directeur, a toujours le doigt sur la couture du pantalon et ne contredit jamais les directives. Les filles l'observent. Il monte dans le car, puis redescend rapidement, revient vers les bureaux, dispara&#238;t puis ressort en se boutonnant la braguette. Il court de peur que le convoi parte sans lui. Les rires et les moqueries fusent. Tout est &#224; l'avenant. Tous les cadres sont install&#233;s. C'est l'heure du d&#233;part. L'autocar s'&#233;broue et s'en va : direction La D&#233;fense. Lorsqu'il d&#233;passe les barri&#232;res de l'usine et dispara&#238;t, tout le personnel reprend son poste, dans les bureaux, &#224; l'informatique ou ailleurs. Et c'est l&#224; qu'on voit qu'il y a quelque chose de chang&#233; : les secr&#233;taires et les comptables se font plus sereines. L'atmosph&#232;re est d&#233;tendue. C'est tout &#224; fait remarquable. Elles font leur boulot, mais &#224; leur rythme, sans la crainte de voir un cador d&#233;bouler. Et puis quand le boulot est fini, ou sur le point de l'&#234;tre, tout le monde se rassemble pour un th&#233;, un caf&#233;, un g&#226;teau&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ateliers, c'est pareil. M&#234;me si les contrema&#238;tres et les pousse-culs sont rest&#233;s, l'atmosph&#232;re a chang&#233;. &#199;a ronronne.&lt;i&gt; &#171; T'as vu&lt;/i&gt;, dit Laurent, &lt;i&gt;ils ne sont pas l&#224; et &#231;a marche quand m&#234;me. &#187;&lt;/i&gt; L&#224; aussi, il y a moins de stress. Savoir que les chefs ne vont pas leur faire faire des man&#339;uvres risqu&#233;es, qu'ils ne vont pas venir les engueuler parce que telle machine ne fonctionne pas &#224; son nominal, et l'ambiance change. C&#233;dric surveille ses &#233;crans de contr&#244;le, les pieds sur le bureau, d&#233;tendu. Andr&#233; &#233;pluche d&#233;licatement une orange, prenant son temps, le regard ailleurs, cool. Peut-&#234;tre r&#234;ve-t-il &#224; de futures vacances. J'aimerais croire qu'il imagine un avenir sans patron&#8230; Voil&#224;, c'est tout. Un moment de gr&#226;ce quasiment, comme il en existe si peu dans une usine, mais je tenais &#224; en rendre compte, pour partager.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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