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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title> Sauver la recherche, ou la subvertir ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Matthieu Amiech</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>Chronique du monde-laboratoire</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Il y a 50 ans paraissait aux &#201;tats-Unis un des grands livres politiques du XXe si&#232;cle, One-Dimensional Man de Herbert Marcuse. 116 ans apr&#232;s le Manifeste du Parti communiste, ce philosophe allemand s'essayait &#224; une mise &#224; jour du marxisme que lui inspirait la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine, la plus avanc&#233;e des soci&#233;t&#233;s industrielles. Marcuse constatait l'&#233;chec des deux grandes proph&#233;ties d'Engels et Marx : le capitalisme se montrait en fait capable de surmonter ses crises successives et les acteurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no127-decembre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;127 (d&#233;cembre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/technologie" rel="tag"&gt;technologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1316 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH172/image-perma-chronique-du-monde-labo-2-dae82.jpg?1782654315' width='400' height='172' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a 50 ans paraissait aux &#201;tats-Unis un des grands livres politiques du XXe si&#232;cle, &lt;i&gt;One-Dimensional Man&lt;/i&gt; de Herbert Marcuse&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La traduction fran&#231;aise parut quatre ans plus tard (pendant les &#233;v&#233;nements (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. 116 ans apr&#232;s le &lt;i&gt;Manifeste du Parti communiste&lt;/i&gt;, ce philosophe allemand s'essayait &#224; une mise &#224; jour du marxisme que lui inspirait la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine, la plus avanc&#233;e des soci&#233;t&#233;s industrielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcuse constatait l'&#233;chec des deux grandes proph&#233;ties d'Engels et Marx : le capitalisme se montrait en fait capable de surmonter ses crises successives et les acteurs sociaux qui devaient en &#234;tre les fossoyeurs, les ouvriers d'usine, se trouvaient de mieux en mieux int&#233;gr&#233;s au syst&#232;me&#8200;&#8211;&#8200;int&#233;gr&#233;s par l'abondance mat&#233;rielle et la consommation, par un syndicalisme de compromis(sion) social(e), par l'&#201;tat-providence keyn&#233;sien. Si Marx voyait dans la science et la grande industrie &#224; la fois des facteurs d'exploitation des travailleurs mais aussi les gages d'une lib&#233;ration future, Marcuse, lui, s'interrogeait : comment se fait-il que la science et la technologie permettent en th&#233;orie de pacifier l'existence, de vaincre la raret&#233;, d'&#233;liminer le travail p&#233;nible&#8230; mais qu'en pratique, elles contribuent &#224; un &#233;tat de guerre permanente, de mobilisation productive totale, de comp&#233;tition toujours reconduite pour l'acc&#232;s aux nouveaut&#233;s et au statut social ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcuse accordait une grande importance aux guerres et au complexe militaro-industriel dans la prosp&#233;rit&#233; de l'&#233;conomie am&#233;ricaine, et il attribuait un r&#244;le essentiel &#224; la technologie dans l'adh&#233;sion des individus au capitalisme : &#171; &lt;i&gt;La technologie permet d'instituer des formes de contr&#244;le et de coh&#233;sion sociale, &#224; la fois nouvelles, plus efficaces et plus agr&#233;ables.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Les techniques d'industrialisation sont des techniques politiques, et comme telles, elles condamnent d'avance les objectifs de la Raison et de la Libert&#233;. Un changement qualitatif exige aussi que les bases techniques sur lesquelles cette soci&#233;t&#233; repose doivent changer. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de la puissance de ces facteurs, Marcuse n'excluait pas au milieu des ann&#233;es 1960 que la soci&#233;t&#233; industrielle soit devenue capable de neutraliser toute tentative de transformation &#233;mancipatrice. Pourtant, il gardait des motifs d'espoir et admettait que la classe ouvri&#232;re n'&#233;tait pas enti&#232;rement domestiqu&#233;e, notamment en France et en Italie ; il s'int&#233;ressait beaucoup au mouvement des Noirs am&#233;ricains et s'enthousiasmait pour les mouvements &#233;tudiants. Il voulait m&#234;me croire que la r&#233;bellion sur les campus pourrait gagner les laboratoires de recherche, lieu central de la domination &#224; ses yeux : &#171; &lt;i&gt;Dans l'opposition de la jeunesse, r&#233;bellion &#224; la fois instinctuelle et politique, la possibilit&#233; de la lib&#233;ration est saisie ; mais il lui manque la puissance mat&#233;rielle. Celle-ci n'appartient pas non plus &#224; la classe ouvri&#232;re qui, dans la soci&#233;t&#233; d'abondance, est li&#233;e au syst&#232;me des besoins.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Ses h&#233;ritiers historiques seraient plut&#244;t ces couches qui, d'une mani&#232;re croissante, occupent des positions de contr&#244;le dans le processus social de production et qui peuvent l'arr&#234;ter le plus facilement, &#224; savoir les savants, les techniciens, les sp&#233;cialistes, les ing&#233;nieurs, etc. Mais ce ne sont que des h&#233;ritiers tr&#232;s potentiels et tr&#232;s th&#233;oriques, car ils sont en m&#234;me temps les b&#233;n&#233;ficiaires bien r&#233;mun&#233;r&#233;s et satisfaits du syst&#232;me ; la modification de leur mentalit&#233; constituerait un miracle de discernement et de lucidit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;
Comme beaucoup d'autres pendant ces ann&#233;es-l&#224;, le miracle eut lieu&#8230; jusqu'&#224; un certain point. Dans son introduction &#224; l'anthologie de la revue &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Survivre-au-XXe-siecle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Survivre et vivre&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, C&#233;line Pessis signale ainsi une multitude de groupes de scientifiques am&#233;ricains ou canadiens engag&#233;s dans une contestation assez frontale du capitalisme, impliquant la critique de leur propre activit&#233;, de leur r&#244;le social et politique : le Committee for Environmental Information (biologistes analysant les effets des pollutions chimiques sur la nature et la soci&#233;t&#233;), les Scientists and Engineers for Social and Political Action (aussi appel&#233;s &#171; Science for the People &#187;), le Mathematicians Action Group (r&#233;uni autour de l'engagement &#224; refuser toute offre d'emploi par l'arm&#233;e)&#8230; Alexandre Grothendieck et ses coll&#232;gues du groupe Survivre furent largement influenc&#233;s par ces grandes mobilisations nord-am&#233;ricaines : &#171; &lt;i&gt;Suite &#224; la &#8220;gr&#232;ve de la recherche&#8221; du 4 mars 1969 qui voit se constituer l'Union of Concerned Scientists, les actions directes se multiplient aux &#201;tats-Unis, prenant explicitement pour cible la collusion de l'establishment scientifique avec l'arm&#233;e et les industries militaires : marches de protestation, perturbation de conf&#233;rences, boycott des laboratoires fabriquant des armes biologiques ou nucl&#233;aires, prise d'assaut de l'Institute for Defense Analysis, du Lincoln Laboratory, du laboratoire d'&#233;lectronique appliqu&#233;e de Stanford, &#233;viction des campus de compagnies comme Dow Chemical, fabricant de napalm, etc.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C&#233;line Pessis, Survivre et vivre. Critique de la science, naissance de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; l'aune de cette coh&#233;rence et de cette audace qu'on peut mesurer le caract&#232;re sc&#233;l&#233;rat du mouvement pro-capitaliste Sauvons la Recherche, en France au d&#233;but des ann&#233;es 2000, comme de son hoquet r&#233;cent, &#171; Sciences en marche&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une critique circonstanci&#233;e du mouvement Sauvons la Recherche, on peut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La traduction fran&#231;aise parut quatre ans plus tard (pendant les &#233;v&#233;nements de mai 68 !) sous le titre &lt;i&gt;L'Homme unidimensionnel. Essai sur l'id&#233;ologie de la soci&#233;t&#233; industrielle avanc&#233;e&lt;/i&gt;, aux &#233;ditions de Minuit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;C&#233;line Pessis, &lt;i&gt;Survivre et vivre. Critique de la science, naissance de l'&#233;cologie&lt;/i&gt;, L'&#201;chapp&#233;e, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour une critique circonstanci&#233;e du mouvement Sauvons la Recherche, on peut consulter le recueil de textes du groupe Oblomoff : &lt;i&gt;Un Futur sans avenir. Pourquoi il ne faut pas sauver la recherche scientifique&lt;/i&gt;, L'&#233;chapp&#233;e, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; La pente naturelle de la machine consiste &#224; rendre impossible toute vie humaine authentique &#187; (Orwell)</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-pente-naturelle-de-la-machine</link>
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		<dc:date>2014-04-10T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>discours</dc:subject>
		<dc:subject>technique</dc:subject>
		<dc:subject>machines</dc:subject>
		<dc:subject>machine</dc:subject>
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		<dc:subject>trajectoires techniques</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Osez critiquer publiquement la technologie et vous vous retrouverez qualifi&#233; d'obscurantiste, de nostalgique de la bougie et de l'&#226;ge des cavernes, d'antihumaniste, voire de p&#233;tainiste nostalgique du &#171; retour &#224; la terre &#187;. Le philosophe G&#252;nter Anders pr&#233;disait &#171; une mort intellectuelle, sociale ou m&#233;diatique &#187; &#224; ceux qui encourent ce risque. Or force est de constater que la technocratie qui r&#232;gne sur le monde, d&#233;di&#233;e int&#233;gralement &#224; l'efficacit&#233;, a effectivement &#224; voir avec un processus de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no119-fevrier-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;119 (f&#233;vrier 2014)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plonk-et-Replonk" rel="tag"&gt;Plonk et Replonk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/siecle" rel="tag"&gt;si&#232;cle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/XIXe-siecle" rel="tag"&gt;XIXe si&#232;cle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/techniques" rel="tag"&gt;techniques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/discours" rel="tag"&gt;discours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/technique" rel="tag"&gt;technique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/machines" rel="tag"&gt;machines&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/machine" rel="tag"&gt;machine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/technologie" rel="tag"&gt;technologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/trajectoires-techniques" rel="tag"&gt;trajectoires techniques&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Osez critiquer publiquement la technologie et vous vous retrouverez qualifi&#233; d'obscurantiste, de nostalgique de la bougie et de l'&#226;ge des cavernes, d'antihumaniste, voire de p&#233;tainiste nostalgique du &#171; retour &#224; la terre &#187;. Le philosophe G&#252;nter Anders pr&#233;disait &#171; &lt;i&gt;une mort intellectuelle, sociale ou m&#233;diatique&lt;/i&gt; &#187; &#224; ceux qui encourent ce risque. Or force est de constater que la technocratie qui r&#232;gne sur le monde, d&#233;di&#233;e int&#233;gralement &#224; l'efficacit&#233;, a effectivement &#224; voir avec un processus de domination totalitaire auquel l'homme est sans cesse condamn&#233; &#224; s'adapter. Dans un ouvrage synth&#233;tique, intitul&#233; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Technocritiques-9782707178237.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Technocritiques, Du refus des machines &#224; la contestation des technosciences&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (&#233;ditions La D&#233;couverte, 2014), l'historien Fran&#231;ois Jarrige retrace le fil politique des oppositions sociales et intellectuelles aux changements techniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y croise luddites et paysans r&#233;fractaires, mais aussi un Rousseau qui refuse de croire en la lib&#233;ration du travail par la technique et propose de &#171; &lt;i&gt;proscrire avec soin toute machine qui peut abr&#233;ger le travail &lt;/i&gt; &#187; ; un Charles Fourier, annonciateur du d&#233;r&#232;glement climatique ; un Gandhi lecteur de William Morris, John Ruskin et Tolsto&#239; ; et aussi Jacques Ellul, les penseurs de la d&#233;croissance ou encore nos camarades de &lt;a href=&#034;http://www.piecesetmaindoeuvre.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pi&#232;ces et main-d'&#339;uvre&lt;/a&gt; (PMO).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discussion avec l'auteur autour de ces r&#233;sistances qui refusent d'abdiquer face &#224; la captation du futur par la technique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Qu'est-ce qui t'a port&#233; vers cet objet de recherche ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_984 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH621/p10-technocritiques-135fe.jpg?1782642025' width='400' height='621' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois Jarrige :&lt;/strong&gt; La question des oppositions et des r&#233;sistances aux changements techniques m'int&#233;resse depuis longtemps. Ma th&#232;se de doctorat portait sur les ouvriers briseurs de machines au d&#233;but du XIXe si&#232;cle. Comme tout objet de recherche, le sujet du livre est au carrefour de plusieurs influences scientifiques, universitaires ou plus personnelles. J'appartiens &#224; une g&#233;n&#233;ration n&#233;e en m&#234;me temps que le nouveau milieu technique qui &#233;merge &#224; partir des ann&#233;es 1970 &#8211; model&#233; par l'informatique et les biotechnologies &#8211; or la rapidit&#233; du processus et la prolif&#233;ration des discours enthousiastes ne cessent de m'intriguer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue historiographique, je me place sous la tutelle de l'historien Edward P. Thompson, c'est-&#224;-dire celle d'une histoire sociale &#171; par en bas &#187;, qui se veut compr&#233;hensive &#224; l'&#233;gard des acteurs, qui essaye d'aller au-del&#224; de ce que Thompson appelait la &#171; &lt;i&gt;condescendance de la post&#233;rit&#233;&lt;/i&gt; &#187; &#8211; ce m&#233;pris que nous, qui pensons &#234;tre au sommet de l'&#233;volution, portons sur les acteurs du pass&#233;. C'est aussi en m'int&#233;ressant aux travaux des socio-anthropologues des techniques, comme Alain Gras, que j'ai commenc&#233; &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la fa&#231;on dont les soci&#233;t&#233;s pass&#233;es pensaient leur rapport aux techniques. Les historiens, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, se d&#233;sint&#233;ressent de ce domaine, parce qu'il p&#232;se dessus la m&#233;fiance associ&#233;e au &#171; d&#233;terminisme technique &#187;, qui voudrait ramener toute explication de la soci&#233;t&#233; &#224; la technique qui dominerait tout. Or, je pense qu'on ne peut pas la mettre de c&#244;t&#233;, car elle fa&#231;onne, sans le d&#233;terminer enti&#232;rement, le champ des possibles de nos actions, de notre rapport au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ta mise en perspective du rapport &#224; la technique nous fait saisir l'anciennet&#233; du d&#233;bat philosophique : l'homme se sert-il de la machine ou sert-il la machine ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois qu'il y a un probl&#232;me dans le discours philosophique sur la technique, c'est qu'il en fait une abstraction, d&#233;tach&#233;e des rapports sociaux, beaucoup de penseurs ont &#233;labor&#233; une ontologie de la technique en lien avec une r&#233;flexion sur la nature de l'homme. Dans mon livre, j'ai plut&#244;t essay&#233; de relier les discours et actions critiques &#224; leur &#233;poque. Le r&#244;le qu'on accorde &#224; la technique, comme le langage pour d&#233;signer ce qu'on appelle aujourd'hui technique, ne sont pas des invariants historiques. Ainsi le terme &#171; technique &#187; comme cat&#233;gorie abstraite, tel qu'on l'entend aujourd'hui, n'&#233;merge qu'au XVIIIe si&#232;cle. &#201;tymologiquement, la technique d&#233;signe l'art et &#171; l'habilet&#233; &#224; faire quelque chose &#187;, mais ce n'est qu'au XIXe si&#232;cle qu'apparaissent r&#233;ellement les significations actuelles associant la technique &#224; l'activit&#233; productive et &#224; la manipulation de l'environnement. Les termes &#171; machine &#187; et &#171; machinisme &#187; envahissent le discours au XIXe si&#232;cle. Apr&#232;s 1945, la notion de machine ne suffit plus pour d&#233;signer la prolif&#233;ration des objets et des produits industriels, donc on a forg&#233; le n&#233;ologisme &#171; technoscience &#187;, c'est-&#224;-dire un nouveau stade de la technique, qui ferait alliance avec les dispositifs de la science, des laboratoires et de l'industrie. Donc, je ne me situe pas dans une dialectique g&#233;n&#233;rale d'opposition pure entre l'homme et la machine. M&#234;me chez Ellul, ce qui est contest&#233; en premier lieu, c'est la technique moderne, fabriqu&#233;e par le grand capitalisme et sa sacralisation. J'essaie de d&#233;crire comment des acteurs sociaux, paysans ou ouvriers, et des intellectuels ont protest&#233; contre des trajectoires techniques, parce qu'ils y voyaient d'abord des formes d'exploitation, d'in&#233;galit&#233;s, de remises en cause de leur mode de vie, de dangers pour l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'ailleurs tu nuances l'id&#233;e re&#231;ue sur le mouvement luddite consid&#233;r&#233; comme une r&#233;volte contre la m&#233;canisation. Tu &#233;cris : &#171; &lt;i&gt;Les travailleurs des d&#233;buts de l'&#232;re industrielle ne se sont pas oppos&#233;s au machinisme naissant au nom d'une suppos&#233;e misotechnie ou d'un refus obscurantiste du progr&#232;s, ils se sont oppos&#233;s &#224; des &#8220;trajectoires technologiques&#8221; qui mena&#231;aient d'accentuer la discipline et d'&#233;roder le contr&#244;le qu'ils d&#233;tenaient sur leur savoir-faire et sur l'organisation du travail.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas des luddites, ce mouvement de briseurs de machines anglais des ann&#233;es 1811-1812, a frapp&#233; les contemporains qui voyaient dans la &#171; r&#233;volution industrielle &#187; une promesse consid&#233;rable en termes de lib&#233;ration de la productivit&#233;. En r&#233;alit&#233;, c'est un ph&#233;nom&#232;ne complexe qui s'inscrit dans un contexte social de crise frumentaire, de hausse du ch&#244;mage, de lois r&#233;pressives, etc. Alors que les industriels cherchaient &#224; discipliner la main-d'&#339;uvre, la machine devient un symbole de cette lutte. De m&#234;me, le monde agricole du XIXe si&#232;cle a &#233;t&#233; structurellement r&#233;calcitrant &#224; toute une s&#233;rie d'innovations, y compris pour des outils aussi simples que la faux, qui mit du temps &#224; remplacer la faucille. Cette opposition des paysans a &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;e comme une r&#233;action de &#171; routine instinctive &#187;, de conservatisme atavique de paysans arri&#233;r&#233;s. Or, si on s'int&#233;resse au contexte social, &#224; l'organisation du travail et &#224; la sociabilit&#233; des campagnes, on s'aper&#231;oit qu'ils avaient d'excellentes raisons de protester. Mais ces raisons n'&#233;taient pas prises en compte par ceux qui avaient le monopole de la parole dans l'espace public, qu'ils soient experts ou observateurs sociaux. Aujourd'hui encore, dans les th&#233;ories du management, on mobilise le terme de &#171; routine &#187; pour d&#233;signer le conservatisme &#224; l'&#233;gard de toute &#171; modernisation &#187; ou modification des pratiques de travail. Avec ce type de vocabulaire, on n'explique rien sauf &#224; vouloir d&#233;l&#233;gitimer la d&#233;fense de modes de vie &#233;minemment respectables au demeurant.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_983 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH352/p10-luddites-b0718.jpg?1782642025' width='400' height='352' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'ailleurs, tu constates qu'au XIXe si&#232;cle, au moment o&#249; les griefs s'accumulent contre les ravages de l'industrialisation, les d&#233;g&#226;ts de la chimie, les accidents m&#233;caniques, la d&#233;gradation de l'environnement, &#171; &lt;i&gt;les nouvelles logiques industrielles tendent &#224; acclimater les dangers en les rendant acceptables au nom du progr&#232;s de la nation&lt;/i&gt; &#187;. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#232;me du risque, qu'on pense &#234;tre une notion r&#233;cente, est pr&#233;sent d&#232;s le d&#233;but du XIXe si&#232;cle, comme l'ont montr&#233; notamment les historiens Jean-Baptiste Fressoz ou Thomas Le Roux. Contrairement &#224; la vision dominante, et rassurante, selon laquelle notre monde serait enfin devenu conscient de ses d&#233;rives et de ses fragilit&#233;s, notamment &#224; l'&#233;gard des ravages des choix techniques pass&#233;s, l'histoire montre plut&#244;t une technicisation croissante en d&#233;pit des multiples critiques et mises en garde, toujours repouss&#233;es comme catastrophistes ou trop pessimistes. Il a exist&#233; de multiples fa&#231;ons d'acclimater les technologies dangereuses et contest&#233;es depuis deux si&#232;cles en d&#233;pit de la conscience de leur risque. En France, le d&#233;cret de 1810 cr&#233;e par exemple le cadre l&#233;gislatif autorisant l'installation administrative d'entreprises polluantes. Vers 1840, face aux critiques qui mettaient en cause les proc&#233;d&#233;s de fabrication dangereux et insalubres pour la sant&#233; des ouvriers, les hygi&#233;nistes expliquaient que c'&#233;tait d'abord le mode de vie des classes populaires, l'alcoolisme, etc. qui &#233;taient les vraies causes des maladies. Ainsi, il fallait moraliser le peuple plut&#244;t que transformer l'appareil de production. Ce que la sociologue Sezin Top&#231;u, qui a &#233;tudi&#233; les contestations du nucl&#233;aire, appelle le &#171; &lt;i&gt;gouvernement de la critique&lt;/i&gt; &#187; n'a cess&#233; d'accompagner les trajectoires techniques dangereuses depuis deux si&#232;cles. Les critiques et les opposants n'ont cess&#233; d'&#234;tre repouss&#233;s au moyen de multiples instruments policiers, juridiques ou discursifs ; d'&#234;tre peints comme de dangereux technophobes nostalgiques et frileux, l&#224; o&#249; les promoteurs des derni&#232;res technologies sont d&#233;crits immanquablement comme des h&#233;ros apportant le &#171; progr&#232;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lors des &#233;meutes de Roubaix en mars 1867, 20 000 tisserands se soul&#232;vent contre l'arriv&#233;e de m&#233;tiers perfectionn&#233;s &#8211; qui r&#233;duisaient la main-d'&#339;uvre, augmentaient les cadences, diminuaient les salaires et introduisaient un r&#232;glement disciplinaire et un syst&#232;me d'amendes &#8211;, les membres de l'Internationale les exhortent &#224; respecter les machines : &#171; &lt;i&gt; Ouvriers de Roubaix, quels que soient vos justes griefs, rien ne peut justifier les actes de destruction dont vous vous &#234;tes rendus coupables. Songez que la machine, instrument de travail, doit vous &#234;tre sacr&#233;e ; songez que de pareilles violences compromettent votre cause et celle de tous les travailleurs.&lt;/i&gt; &#187; D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, peut-on dire que le mouvement ouvrier organis&#233; a plut&#244;t accompagn&#233; le progr&#232;s industriel et technologique ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut distinguer les acteurs ordinaires, les ouvriers d'en bas, et les discours &#233;manant de leurs porte-parole et des organisations socialistes et syndicales. La critique des machines qui &#233;tait tr&#232;s large au d&#233;but du XIXe si&#232;cle a peu &#224; peu &#233;t&#233; marginalis&#233;e comme un type de critique sociale ill&#233;gitime. Une des nombreuses raisons est la qu&#234;te de respectabilit&#233; du mouvement ouvrier naissant. Lorsque les membres de l'AIT&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association internationale des travailleurs.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; disent aux ouvriers &#171; &lt;i&gt;Ne cassez pas les machines !&lt;/i&gt; &#187;, c'est en fait un message adress&#233; &#224; la bourgeoisie pour dire &#171; &lt;i&gt;nous sommes responsables et nous sommes vos interlocuteurs&lt;/i&gt; &#187;. Pour autant la critique de la technologie est omnipr&#233;sente dans le mouvement ouvrier et dans les conflits &#224; la base. Mais ce qui est d'abord condamn&#233;, ce sont les usages capitalistes de la machine. L'id&#233;e qui va s'imposer chez les socialistes et ailleurs, c'est que la technique est neutre et que seules comptent les conditions sociales de son utilisation. L'un des grands arguments du syndicalisme, c'est de vouloir mettre la machine et les progr&#232;s techniques, non plus au service du profit et du patronat, mais au service de l'&#233;mancipation et de la collectivit&#233;. &#192; cet &#233;gard, le mouvement syndical a co-construit le monde industriel, et on peut dire qu'il est parvenu au XXe si&#232;cle &#224; modeler certaines conditions d'utilisation des techniques en permettant d'en att&#233;nuer les dangers dans un certain nombre de cas : mises en place de normes, de r&#232;gles de travail, de protection. Mais le contrecoup de cela, c'est la d&#233;politisation de l'objet technique, ramen&#233;e &#224; une sorte d'angle mort de la r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cela explique en partie la difficult&#233; de cat&#233;gorisation politique des &#171; technocritiques &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En gros, la question qui revient constamment est : &#171; La technocritique est-elle r&#233;actionnaire ou progressiste ? &#187; Dans l'&#233;tat du discours public et l'imaginaire social actuel, poser la question c'est d&#233;j&#224; consid&#233;rer la critique des techniques comme r&#233;actionnaire &#8211; reste &#224; savoir ce que recouvre la notion tr&#232;s probl&#233;matique de &#171; la r&#233;action &#187;, qui est h&#233;rit&#233;e de la lutte entre l'Ancien R&#233;gime et la R&#233;volution. Or, les discours technocritiques ont souvent &#233;t&#233; port&#233;s par des discours &#233;mancipateurs et &#233;galitaires. Il existe aussi des penseurs traditionnalistes, catholiques, comme Louis Veuillot, qui avaient horreur des machines, symboles de la modernit&#233;, de la m&#234;me mani&#232;re qu'ils avaient en horreur la d&#233;mocratie ou le prol&#233;tariat dans lesquels ils voyaient la remise en cause de l'ordre ancien. Toutefois, le r&#233;el int&#233;r&#234;t de penser la technocritique, c'est de d&#233;caler le regard par rapport aux cat&#233;gories politiques classiques. On constate d'ailleurs aujourd'hui &#224; quel point la dialectique gauche-droite est simpliste, quand on voit la similitude entre les politiques de gauche et de droite. &#192; cet &#233;gard, l'av&#232;nement de l'&#233;cologie politique a jou&#233; un r&#244;le important comme reconfiguration du champ politique en int&#233;grant &#224; la r&#233;flexion sociale une pr&#233;occupation environnementale &#8211; qui est &#233;galement tr&#232;s largement une question sociale. Par ailleurs, la mont&#233;e de l'&#233;cologie politique a contribu&#233; &#224; repenser et &#224; repolitiser la technique, avec les d&#233;bats dans les ann&#233;es 1970, port&#233;s par Ivan Illich ou Lewis Mumford&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au sujet de Lewis Mumford, lire l'article de Fran&#231;ois Jarrige dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, sur les technologies &#171; alternatives &#187; ou &#171; douces &#187;, d&#233;coupl&#233;es des conditions capitalistes de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour revenir &#224; l'apog&#233;e de l'id&#233;ologie de la technoscience, le slogan de l'Exposition universelle de Chicago en 1933 : &#171; &lt;i&gt; La science trouve, l'industrie applique, l'homme s'adapte&lt;/i&gt; &#187;, ne dit-il pas tout de l'aspect totalitaire de cette id&#233;ologie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Magnifique (rires). Les ann&#233;es 1930 sont en effet un moment de cadrage modernisateur o&#249; la technologie devient un ciment identitaire aux &#201;tats-Unis, plus qu'en Europe, avec la g&#233;n&#233;ralisation de l'automobile, la radio, les gratte-ciel, etc. Le mot &#171; machine &#187; est omnipr&#233;sent &#8211; Le Corbusier parle des &#171; &lt;i&gt;machines &#224; habiter&lt;/i&gt; &#187; pour qualifier son projet architectural, on pense au film de Chaplin &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=lU46H9Tn7RQ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Temps modernes&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, etc. &#8211;, c'est aussi un moment de remise en cause radicale du monde industriel et technologique. On trouve donc cette remise en cause chez des penseurs comme Simone Weil ou George Orwell qui affirmait &#224; cette &#233;poque que &#171; &lt;i&gt; la pente naturelle de la machine consiste &#224; rendre impossible toute vie humaine authentique&lt;/i&gt; &#187;. La grande crise de 1929 va contribuer &#224; cette d&#233;fiance vis-&#224;-vis de la promesse d'abondance sur laquelle repose la technologie. Les deux guerres mondiales vont &#234;tre interpr&#233;t&#233;es aussi comme de formidables moments de d&#233;mesure technologique : la premi&#232;re guerre mondiale impulse les avions, l'artillerie lourde, la chimie, l'industrie des transports, etc. En r&#233;action les discours des entrepreneurs de technologies affirment que s'il y a crise c'est que la soci&#233;t&#233; ne s'adapte pas assez vite. D'une certaine mani&#232;re la psychologie et les sciences sociales vont &#234;tre mises au service de cette adaptation. On affirme que la technique est neutre et in&#233;luctable, qu'il ne s'agit pas d'adapter la technique aux hommes mais d'adapter les hommes &#224; la technique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_985 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH349/p10-usine-plonk-cqfd119-26c16.jpg?1782642025' width='500' height='349' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk et Replonk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu parlais d'Orwell, on pourrait aussi voir dans les r&#233;cits dystopiques des proph&#233;ties apocalyptiques qui contribuent &#224; d&#233;moraliser les derniers espoirs d'&#233;mancipation.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours apocalyptique de la perte de contr&#244;le sur la technologie est un th&#232;me structurant de la technocritique ; il appara&#238;t d&#232;s le milieu du XIXe si&#232;cle. Je vois dans cette tradition litt&#233;raire pessimiste une sorte de sid&#233;ration face au devenir du monde, m&#234;me si les auteurs sont tr&#232;s divers, ils agissent comme des lanceurs d'alerte. Leur fonction est justement d'&#234;tre le miroir invers&#233; des discours technoproph&#233;tiques qui, eux, apparaissent normaux et l&#233;gitimes. Depuis le milieu du XIXe si&#232;cle, on investit la technique &#8211; le train, le t&#233;l&#233;graphe, l'automobile, le nucl&#233;aire, les OGM, le num&#233;rique &#8211; des m&#234;mes possibilit&#233;s formidables : la paix dans le monde, la disparition de la faim, l'entente universelle, etc. Et aujourd'hui, cette propagande est omnipr&#233;sente dans la pub, dans les m&#233;dias, dans le discours marketing comme dans le discours politique. La technologie reste fascinante pour les hommes politiques car elle leur permet d'&#233;viter de penser ! Il suffit de s'en remettre aux promesses de la technologie : on va &#233;quiper toutes les &#233;coles en tablettes et il n'y aura plus besoin de penser la crise de l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; l'&#232;re de la consommation de masse, la technologie s'est introduite de fa&#231;on tentaculaire et &#224; un rythme in&#233;dit dans tous les espaces de la vie sociale. G&#252;nter Anders disait que la &#171; &lt;i&gt;gr&#232;ve priv&#233;e&lt;/i&gt; &#187; ne changera rien &#224; la colonisation par des faux besoins technologiques, dont on se passait merveilleusement il y a vingt ans&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une mani&#232;re de poser une question centrale aujourd'hui : o&#249; se situent les formes de r&#233;sistance collective ? D'une certaine mani&#232;re, le syndicalisme a &#233;t&#233; une force historique &#8211; certes imparfaite et inaboutie &#8211; de n&#233;gociation et de fa&#231;onnement des trajectoires techniques. Aujourd'hui il y a tout un courant sur la d&#233;connexion volontaire face &#224; la saturation du num&#233;rique. Dans la perspective d'Anders, ce genre d'action individuelle, c'est du pipeau. C'est au contraire une mani&#232;re de dire : regardez, vous avez le choix de vous connecter ou pas. Toujours le th&#232;me de la neutralit&#233; ou du m&#233;susage des techniques. De m&#234;me &#224; la croyance des hackers en leur capacit&#233; &#224; subvertir la technique, on opposera facilement l'argument qu'il faut &#234;tre soi-m&#234;me un formidable technicien. Or, m&#234;me si l'on vit dans un monde hypertechnologique, c'est aussi un monde o&#249; la plupart des gens ne ma&#238;trisent pas la technique. &#201;videmment, on n'a pas le choix ! Car la technologie fa&#231;onne le monde et ses trajectoires sont model&#233;es plus que jamais par des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et politiques gigantesques et hyper-concentr&#233;s. On est dans un processus d'adaptation massive &#224; un rythme acc&#233;l&#233;r&#233;. Aujourd'hui, dans un cadre mondialis&#233;, il n'y a plus d'espace politique d'intervention possible, d'autant que tous les pouvoirs &#8211; l'&#201;tat ou les institutions internationales &#8211; s'en remettent &#224; la technologie comme solution &#224; tous nos probl&#232;mes. A contrario, un des arguments majeurs de la technocritique actuelle, &#224; l'&#232;re de l'anthropoc&#232;ne, c'est justement la mise en avant des limites environnementales aux trajectoires technologiques en cours, comme le num&#233;rique, qui demandent une mobilisation de mati&#232;res premi&#232;res et d'&#233;nergies consid&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paradoxalement, le discours actuel pr&#233;tend que la soci&#233;t&#233; technicienne est une soci&#233;t&#233; extr&#234;mement fragile et vuln&#233;rable, sentiment renforc&#233; par la notion de risque et le principe de pr&#233;caution.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une trentaine d'ann&#233;es, les mobilisations qui mettent la technoscience au c&#339;ur de leur lutte tendent &#224; s'accro&#238;tre : opposition &#224; de grands projets industriels, lutte anti-OGM, refus des technologies s&#233;curitaires, etc. Ce ne sont pas des mouvements &#171; technophobes &#187; stricto sensu et ils peuvent rassembler des &#233;l&#233;ments tr&#232;s h&#233;t&#233;roclites : des militants politiques, des riverains contre les nuisances (pollution, risques) ou des mouvements plus professionnels (&#233;leveurs contre le pu&#231;age de leurs brebis). Ces luttes s'accompagnent d'une remise en cause de la figure de l'expert et du technicien, d'o&#249; l'inqui&#233;tude des autorit&#233;s scientifiques, industrielles et politiques. C'est fascinant de constater &#224; quel point ces pouvoirs gigantesques s'inqui&#232;tent de l'influence de groupes technocritiques marginaux. Certains ont &#233;t&#233; jusqu'&#224; se fendre r&#233;cemment d'une tribune pour se plaindre de l'opposition grandissante de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise aux technologies&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. &#171; La France a besoin de scientifiques techniciens &#187; par Robert Badinter, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Alors que dans les faits la critique de la technoscience se heurte imm&#233;diatement &#224; la disqualification et &#224; la r&#233;pression avec tout le discours sur l'&#233;coterrorisme. On construit un spectre : le technophobe qui menacerait la civilisation. Parall&#232;lement, les &#201;tats essaient de multiplier les dispositifs d'acceptabilit&#233; des produits technologiques. Cela confirme &#224; mon sens la d&#233;monstration que la technique est int&#233;gralement un ph&#233;nom&#232;ne politique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_986 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH371/p10-plonk--timbreur-timbre_-8951f.jpg?1782642025' width='500' height='371' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk et Replonk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Association internationale des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Au sujet de Lewis Mumford, lire l'article de Fran&#231;ois Jarrige dans &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lechappee.org/radicalite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radicalit&#233;&lt;/a&gt;, 20 penseurs vraiment critiques&lt;/i&gt;, L'&#233;chapp&#233;e, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cf. &#171; La France a besoin de scientifiques techniciens &#187; par Robert Badinter, Jean-Pierre Chev&#232;nement, Alain Jupp&#233; et Michel Rocard, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 14 octobre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les Mac Gyver de l'atome</title>
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		<dc:date>2011-05-18T07:40:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le nucl&#233;aire ! Fleuron de la haute technologie ! Industrie de pointe ! S&#233;curit&#233; maximale ! Parmi les exploits &#8211; indiscutables &#8211; de l'industrie de l'atome, l'un n'avait pas encore &#233;t&#233; c&#233;l&#233;br&#233; : sa capacit&#233; &#224; cr&#233;er, dans l'urgence, un concours L&#233;pine des bricolos de la radiation. Le 16 mars, afin de rafra&#238;chir les r&#233;acteurs de Fukushima, la maison poulaga envoie un canon &#224; eau. Sans succ&#232;s. Les pompiers se ram&#232;nent donc avec trente camions tout rouges. Que tchi. Au tour des h&#233;licopt&#232;res, mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no88-avril-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;88 (avril 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nucleaire-597" rel="tag"&gt;nucl&#233;aire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fukushima" rel="tag"&gt;Fukushima&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/technologie" rel="tag"&gt;technologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/haute-technologie" rel="tag"&gt;haute technologie&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le nucl&#233;aire ! Fleuron de la haute technologie ! Industrie de pointe ! S&#233;curit&#233; maximale ! Parmi les exploits &#8211; indiscutables &#8211; de l'industrie de l'atome, l'un n'avait pas encore &#233;t&#233; c&#233;l&#233;br&#233; : sa capacit&#233; &#224; cr&#233;er, dans l'urgence, un concours L&#233;pine des bricolos de la radiation. Le 16 mars, afin de rafra&#238;chir les r&#233;acteurs de Fukushima, la maison poulaga envoie un canon &#224; eau. Sans succ&#232;s. Les pompiers se ram&#232;nent donc avec trente camions tout rouges. Que tchi. Au tour des h&#233;licopt&#232;res, mais les pilotes deviennent fluorescents. Laisse tomber. Vient alors un camion-pompe made in China. Wallouh ! Mais voil&#224; les ma&#231;ons qui arrivent, balan&#231;ant leur b&#233;ton pour colmater les fuites. Nani (comme on dit en japonais). Poussez-vous, menuisiers et kiosquiers balancent des vieux canards et de la sciure, avec de la colle, afin de colmater le tout. Nothing. Les vitriers ne sont pas en reste avec leur verre soluble qui n'en peut mais&#8230; Et si on mettait de l'azote ? Vastes sont les possibles de cet inventaire &#224; la Pr&#233;vert. Pour l'heure, aucune nouvelle des fabricants de sushis, ni des industriels du fromage fondu. Pour l'heure&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Va te faire foutre, ma puce !</title>
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		<dc:date>2010-05-13T11:21:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas, Ra&#250;l Guill&#233;n</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>technologies sentent</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Les 3 millions d'euros qu'a co&#251;t&#233; la campagne de la Commission nationale du d&#233;bat public [CNDP] sur les nanotechnologies ont assur&#233; une belle publicit&#233; &#224; la critique des nano, et plus g&#233;n&#233;ralement de la technologie. C'est ce qu'on pourrait appeler un hold-up ! &#187;, se gausse Pi&#232;ces et Main-d'oeuvre (PMO), collectif d'anonymes qui s'oppose depuis une dizaine d'ann&#233;es &#224; la &#171; tyrannie technologique &#187;. Dix-sept r&#233;unions publiques avaient &#233;t&#233; programm&#233;es par le gouvernement, entre le 15 octobre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sale-entourloupe" rel="tag"&gt;sale entourloupe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cote-promesses" rel="tag"&gt;c&#244;t&#233; promesses&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-autre-surveillance" rel="tag"&gt;l'autre surveillance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/technologies-sentent" rel="tag"&gt;technologies sentent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les 3 millions d'euros qu'a co&#251;t&#233; la campagne de la Commission nationale du d&#233;bat public [CNDP] sur les nanotechnologies ont assur&#233; une belle publicit&#233; &#224; la critique des nano, et plus g&#233;n&#233;ralement de la technologie. C'est ce qu'on pourrait appeler un hold-up ! &#187;&lt;/i&gt;, se gausse &lt;a href=&#034;https://www.piecesetmaindoeuvre.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pi&#232;ces et Main-d'oeuvre (PMO)&lt;/a&gt;, collectif d'anonymes qui s'oppose depuis une dizaine d'ann&#233;es &#224; la &lt;i&gt;&#171; tyrannie technologique &#187;&lt;/i&gt;. Dix-sept r&#233;unions publiques avaient &#233;t&#233; programm&#233;es par le gouvernement, entre le 15 octobre et le 23 f&#233;vrier &#224; travers la France, afin de simuler une &#171; discussion citoyenne &#187; destin&#233;e &#224; ent&#233;riner des d&#233;cisions d&#233;j&#224; prises par les pouvoirs technocratiques, industriels et politiques. Neuf auront &#233;t&#233; purement et simplement annul&#233;es sous les lazzis d'opposants d&#233;non&#231;ant une op&#233;ration &#171; d'acceptabilit&#233; &#187; et une manipulation d'opinion. En s'attaquant aux nanotechnologies &#8211;dont l'objectif est de cr&#233;er des machines d'une taille inf&#233;rieure &#224; celle d'une cellule&#8211;, aux RFID &#8211;ces puces sans contacts permettant tra&#231;abilit&#233; et fichage&#8211;, et &#224; toute la gamme des technologies productrices d'un monde sans humains, les opposants anti-techno ont &#233;labor&#233; une critique qui commence &#224; &#234;tre entendue par un grand nombre de personnes, dans le m&#234;me temps o&#249; elle suscite inqui&#233;tude, sinon effroi, dans les milieux techno-scientistes. Dans une ruelle sombre d'une ville innommable, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a crois&#233; quelques-uns de ces gu&#233;rilleros de l'enqu&#234;te-critique. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : D'un c&#244;t&#233; promesses de progr&#232;s, de s&#233;curit&#233;, de bien-&#234;tre, et de l'autre surveillance totale, formatage des esprits, fichage, poisons, tentation de soumettre la vie &#224; des donn&#233;es statistiques&#8230; Nouvelles ou pas, au singulier ou au pluriel, ces technologies sentent la sale entourloupe. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PMO :&lt;/strong&gt; Comme la guerre, la technologie est la continuation de la politique par d'autres moyens. Elle est la politique du pouvoir qui, avec un discours purement technique et rationnel, se pr&#233;sente ostensiblement comme d&#233;politis&#233;e. On ne peut donc la confier qu'&#224; des ing&#233;nieurs, &#224; des sp&#233;cialistes des causes et des effets qui, en fonction de tous les param&#232;tres et facteurs disponibles, fourniront la seule meilleure solution du point de vue technique. Pourquoi donc te demander ton avis ? Et pourquoi en discuter ? Tout au plus le pouvoir peut-il dire avec condescendance qu'il faut &#233;duquer le public d&#232;s la maternelle et l'&#233;cole primaire, et tout au long de la vie &#8211; puisque &#171; l'avanc&#233;e des connaissances &#187; allant si vite, il faut sans cesse &#171; recycler &#187; les gens et expliquer pourquoi on a choisi cette solution, pourquoi c'est la meilleure et pourquoi on ne pouvait pas faire autrement. L'argument des techniciens, c'est que le manque d'&#233;ducation, de formation &#8211; de &#171; transfert de culture &#187;, comme ils disent &#8211; alimente des peurs bas&#233;es sur l'ignorance&#8230; La technologie est une incarnation particuli&#232;re de la rationalit&#233; en laquelle, paradoxalement, il faut croire. Elle est devenue un &#233;l&#233;ment de foi, au point que la critiquer rel&#232;ve du v&#233;ritable sacril&#232;ge. Son discours est cens&#233; provoquer l'adh&#233;sion de tous en se pr&#233;sentant sous l'apparence du bon sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous disons que les choix technologiques sont des choix politiques. On peut dire de notre soci&#233;t&#233; qu'elle est capitaliste, &#233;tatique, de classes,marchande, spectaculaire&#8230; Tout cela est vrai. Mais quand on l'a dit, on n'a pas dit grand chose, parce qu'on omet le fait que cette soci&#233;t&#233; &#233;tatique, marchande, spectaculaire a une histoire. La phase actuelle de cette histoire, celle o&#249; nous sommes, est celle des hautes technologies, des technop&#244;les, bien diff&#233;rente du capitalisme agraire, n&#233;gociant ou industriel. La technologie est le fait majeur qui caract&#233;rise notre soci&#233;t&#233;. C'est le front principal de la guerre entre le pouvoir et les sans-pouvoir, celui qui commande les autres fronts. &#199;a ne veut pas dire qu'il n'y a pas de luttes sociales et d'autres conflits. Mais &#231;a signifie que chaque fois qu'il se passe quelque chose sur le front de la technologie, cela entra&#238;ne en cascade une modification des rapports de force entre le pouvoir et les sans-pouvoir sur tous les autres fronts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez des exemples ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Conquista europ&#233;enne du monde, &#224; partir de ce qu'on a appel&#233; les grandes d&#233;couvertes au XVe si&#232;cle, r&#233;sulte de l'impact de la technologie europ&#233;enne sur l'Afrique, l'Asie et les Am&#233;riques. Elle a permis aux Europ&#233;ens d'envahir le reste du monde. Ce qui est vrai des rapports entre soci&#233;t&#233;s est aussi vrai des rapports internes aux soci&#233;t&#233;s entre les classes. Contrairement &#224; ce que pensaient Tocqueville ou Marx, la technologie ne nivelle pas les conditions entre les classes et les individus,mais accro&#238;t les in&#233;galit&#233;s. Depuis la fin de l'Empire romain jusqu'en f&#233;vrier 1848 en France &#8211; date de la derni&#232;re insurrection victorieuse&#8211; des r&#233;voltes populaires, comme, entre autres, les Bagaudes, les mouvements communaux, les r&#233;voltes de paysans, etc., tenaient en &#233;chec les pouvoirs pendant des ann&#233;es, voire des g&#233;n&#233;rations, et faisaient jeu &#233;gal avec leurs forces arm&#233;es. &#192; l'&#233;poque, entre des bandes arm&#233;es de faux et de haches et les arm&#233;es &#233;quip&#233;es de hallebardes, de pertuisanes et d'&#233;p&#233;es, il n'y avait pas d'&#233;normes diff&#233;rences. La discipline des forces de pouvoir n'&#233;tait pas suffisante pour l'emporter sur la rage d'un important soul&#232;vement populaire. Samuel Colt, l'inventeur du revolver, disait en 1835 : &lt;i&gt;&#171; Dieu a fait des hommes grands et d'autres petits, je les ai rendus &#233;gaux. &#187;&lt;/i&gt; C'est faux. Nous ne sommes pas &#233;gaux devant la technologie et devant les moyens d'y acc&#233;der.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plut&#244;t que la technologie, n'est-ce pas la science qui est le coeur m&#234;me de cette rationalit&#233; dominante ?
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La &#187; science, aujourd'hui, je ne sais pas ce que c'est. Depuis la fin de la guerre et le projet Manhattan, on est sous le r&#233;gime de la technoscience. Technique et science sont imbriqu&#233;es. Qui poss&#232;de la technologie poss&#232;de le pouvoir au niveau mondial et dans la soci&#233;t&#233;. L'&#201;tat a besoin d'un outil technoscientifique suffisamment fort pour maintenir sa supr&#233;matie. Les avanc&#233;es de la science doivent se concr&#233;tiser dans la technologie car &#171; il faut des d&#233;bouch&#233;s &#187;, comme ils disent. Les programmes de recherches sont donc d&#233;finis en fonction des d&#233;bouch&#233;s esp&#233;r&#233;s. Il n'y a pas de science pure.
&#192; la fin de la seconde guerre mondiale, le pr&#233;sident Truman avait command&#233; un rapport &#224; un scientifique, Vannevar Bush. Sa conclusion : la science est le lieu strat&#233;gique de la puissance ; il convient donc que les &#201;tats-Unis se dotent d'un office de pilotage de la science (la National science foundation) qui, abondamment financ&#233;, va choisir les domaines o&#249; le pays doit investir pour maintenir sa sup&#233;riorit&#233; strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a-t-il des ripostes des sans-pouvoir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir, dans sa pr&#233;sentation de la technologie comme neutre et fatale &#8211; &#171; on n'arr&#234;te pas le progr&#232;s &#187; &#8211; a r&#233;ussi : les sans-pouvoir ont assimil&#233; ce discours. R&#233;sistance ? Malgr&#233; le boulet des environnementalistes qui ne consid&#232;rent les dommages que du point de vue de la sant&#233;, on a vu des ripostes lors des luttes anti-nucl&#233;aire ou sur les OGM quand les sans-pouvoir ont critiqu&#233; la d&#233;possession par ces technologies. Mais au quotidien et dans l'invasion technologique permanente, ni les sans-pouvoir ni la militance, &#171; citoyenniste &#187; ou &#171; radicaliste &#187;, ne s'emparent de cette critique. C'est pour cela qu'on existe. Quant &#224; faire de la politique, notre parti pris a &#233;t&#233; de se concentrer sur le point aveugle de la critique, sur l'angle mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des gu&#233;rillas contre l'invasion g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la technologie, vous en voyez en Europe et dans le monde ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#233;videmment le mouvement de faucheurs volontaires. En Inde, le mouvement anti-OGM prend de l'ampleur, parce qu'il y va de la vie des gens. L&#224;-bas, les OGM provoquent des milliers de suicides chez les paysans. Mais, on voit peu de gu&#233;rillas, beaucoup de souffrance, de malheur et de d&#233;sespoir. On voit comment les sans-pouvoir int&#233;riorisent et retournent contre eux-m&#234;mes la violence qui leur est faite, comment ils vivent dans l'automutilation et le suicide. Il y a peu de riposte et moins encore d'offensive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'int&#233;r&#234;t grandissant port&#233; aux m&#233;decines dites alternatives, douces ou parall&#232;les ne manifeste-t-il pas une grande d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des conceptions dominantes de la m&#233;decine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos de la m&#233;decine, il est frappant que l&#224; encore, ce ne soit pas du domaine du politique, mais des ripostes individuelles. Un refuge, une d&#233;sertion. Sans mouvement, ni revendication. Bien s&#251;r, le refus de la vaccination contre la grippe A a &#233;t&#233; remarquable. Les gens ont dit : attendez, on reprend un peu possession de ce qu'on nous enl&#232;ve avec l'industrie m&#233;dicale. La r&#233;sistance au vaccin n'a pas &#233;t&#233; un refus sur des questions sanitaires, mais un refus politique. &#192; un moment donn&#233;, nous PMO avons re&#231;u des messages de gens visiblement peu politis&#233;s. Ils nous demandaient des renseignements que nous n'avions pas, ou nous faisaient suivre des rumeurs (infond&#233;es) de pu&#231;age de la population via la vaccination H1N1. On aurait pu surfer l&#224;-dessus, rassembler des foules. Fort heureusement, les foules se sont tr&#232;s bien d&#233;brouill&#233;es sans nous. Elles ont sabot&#233; cette campagne de vaccination. Il y avait s&#251;rement le souvenir de l'h&#233;patite B, et aussi l'agr&#233;gation de tous ces petits refus de gens qui depuis des ann&#233;es ne supportent plus cette m&#233;decine, et la technologisation de nos vies. S'ajoute aussi un rejet de la marchandisation de la sant&#233;. Et comme le vaccin n'&#233;tait pas obligatoire, comme ils avaient le choix, ils ont dit non. Avec une jouissance maligne li&#233;e au fait que les stocks resteraient sur les bras du gouvernement. Ce qui est remarquable, c'est qu'aucune explication ou p&#233;dagogie n'a &#233;t&#233; suffisante pour vendre le vaccin. On peut y voir l'expression collective de ces refus individuels au quotidien, de tout ce qui est v&#233;cu comme des agressions contre lesquelles les gens ne savent pas quoi faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On entend dire que dans les milieux universitaires et scientifiques, il y a un grand nombre de d&#233;sertions.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les t&#226;ches des chercheurs sont segment&#233;es et tayloris&#233;es en vue d'une production de masse. Leurs travaux ont un int&#233;r&#234;t scientifique tr&#232;s relatif. Ils sont prol&#233;taris&#233;s. Seuls les chefs de projet ont un point de vue d'ensemble. Il y a une tr&#232;s grande d&#233;valorisation du m&#233;tier de chercheur, qu'ils arrivent &#224; dissimuler au public mais qu'ils n'arrivent plus &#224; se dissimuler &#224; euxm&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le fiasco de la CNDP vous semble-t-il un signe des temps ? Il y a des gens qui bossent des ann&#233;es sur des questions critiques et qui ne rencontrent aucun &#233;cho.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en partie le fruit de huit ans de travail. Bien s&#251;r, on peut faire huit ans de travail idiot. En travaillant sur la technologie et les technosciences, on a men&#233; une guerre d'id&#233;es. Les id&#233;es sont d&#233;cisives : elles ont des ailes et des cons&#233;quences. Une id&#233;e qui s'empare de tous les cerveaux se transforme en force mat&#233;rielle et politique. Elle modifie le rapport de forces. Nous devons &#234;tre des producteurs d'id&#233;es gr&#226;ce &#224; l'enqu&#234;te critique et &#224; partir de l&#224; o&#249; nous sommes. Plus pr&#233;cis&#233;ment : quand on intervient, la premi&#232;re chose requise est de d&#233;finir et conna&#238;tre son territoire d'intervention jusqu'&#224; en devenir le sp&#233;cialiste mondial. C'est le premier imp&#233;ratif &#233;nonc&#233; par un strat&#232;ge am&#233;ricain de la guerre contre-insurrectionnelle&#8230; Faire des enqu&#234;tes, conna&#238;tre son ennemi, &#233;tablir des liens entre les faits, c'est ce que nous avons tent&#233;. On s'est attaqu&#233; &#224; l'apparence chaotique de ce monde en d&#233;montrant qu'on peut le comprendre et se ressaisir de l'ordre cach&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que vous avez rencontr&#233; un public par la force de vos arguments ? Vous avez sem&#233; sur un terrain fertile ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a contribu&#233;,mais peut-&#234;tre est-ce trop t&#244;t pour le dire, &#224; un d&#233;but de cristallisation de contestations qui &#233;taient intimes, &#233;parses, int&#233;rioris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chez les technocrates, PMO est un sujet de pr&#233;occupation et d'inqui&#233;tude, non ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne de la CNDP a &#233;t&#233; clairement une riposte &#224; notre critique des nano parce que celles-ci repr&#233;sentent un &#233;norme enjeu strat&#233;gique pour le pouvoir techno-industriel. Aussi important que l'informatique dans les ann&#233;es 60 ou l'atome dans les ann&#233;es 50. On voit m&#234;me les milieux technocratiques organiser des r&#233;unions et des s&#233;minaires pour &#233;tudier la contestation et &#233;laborer des ripostes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le bouquin que vous venez de sortir se termine par &lt;i&gt;&#171; No surrender &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; la recherche du nouvel ennemi, Pi&#232;ces et Main-d'&#339;uvre, L'&#201;chapp&#233;e, octobre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;. Vous pensez gagner ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on fait, on ne le fait pas pour gagner, mais parce qu'il faut le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Genese-du-techno-pouvoir-le-projet'&gt;&#171; Gen&#232;se du techno-pouvoir : le projet Manhattan &#187;&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://cqfd-journal.org/L-hyperviseur-du-controle-total'&gt;&#171; L'hyperviseur du contr&#244;le total &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lechappee.org/la-recherche-du-nouvel-ennemi&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#192; la recherche du nouvel ennemi&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Pi&#232;ces et Main-d'&#339;uvre, L'&#201;chapp&#233;e, octobre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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