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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Marseille : Sous le m&#233;pris, la plage</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Isabelle Carcelli</dc:creator>


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&lt;p&gt;Sale, surpeupl&#233;e, dangereuse... Durant l'&#233;t&#233; 2013, en pleine ann&#233;e culturelle, on a assist&#233; &#224; une v&#233;ritable campagne de d&#233;nigrement des Catalans, plage de sable la plus proche du centre de Marseille, anciennement priv&#233;e. Mais que cache cette phobie m&#233;diatico-municipale ? Jusque-l&#224; priv&#233;s, les bains des Catalans sont revenus dans le domaine public en 2003, faute de candidat pour succ&#233;der &#224; la famille qui g&#233;rait les lieux depuis 130 ans. Le populo y a donc repris ses aises, &#224; partir de 8 h (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sale, surpeupl&#233;e, dangereuse... Durant l'&#233;t&#233; 2013, en pleine ann&#233;e culturelle, on a assist&#233; &#224; une v&#233;ritable campagne de d&#233;nigrement des Catalans, plage de sable la plus proche du centre de Marseille, anciennement priv&#233;e. Mais que cache cette phobie m&#233;diatico-municipale ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1334 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH309/p16-catalans-a9bfa.jpg?1768727914' width='500' height='309' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jusque-l&#224; priv&#233;s, les bains des Catalans sont revenus dans le domaine public en 2003, faute de candidat pour succ&#233;der &#224; la famille qui g&#233;rait les lieux depuis 130 ans. Le populo y a donc repris ses aises, &#224; partir de 8 h 30 et jusqu'&#224; 20 h en &#233;t&#233;, avec ses joueurs de beach-volley, ses fausses blondes, ses vieux dragueurs aux chairs tremblantes mais bronz&#233;es, ses bandes d'ados chambreurs, ses m&#232;res de famille entour&#233;es d'une marmaille qui piaille et barbote entre serviettes-&#233;ponge et ligne de bou&#233;es balisant la baignade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, ce joyeux brouhaha ensoleill&#233; ne pla&#238;t pas &#224; tout le monde. Surplombant la plage, le fort hupp&#233; Cercle des nageurs de Marseille (CNM), avec sa piscine olympique, ses cabines priv&#233;es et son restaurant, se bouche le nez en regardant ailleurs, vers le large, les &#238;les du Frioul et le ch&#226;teau d'If. Dans ce club tr&#232;s s&#233;lect, o&#249; l'on entre par parrainage en payant, outre un droit d'admission de 1 600&#8200;euros, une cotisation annuelle de 1 250&#8200;euros, la cr&#232;me des politiciens locaux&#8200;&#8211;&#8200;des fr&#232;res Gu&#233;rini &#224; Gaudin, en passant par Muselier&#8200;&#8211;&#8200;y fraie avec des m&#233;daill&#233;s olympiques de natation, des avocats en vue, des banquiers, des promoteurs, des patrons hospitaliers&#8230;&#8200;&#8211;&#8200;combien d'arrangements, combien de bonnes affaires, combien d'enveloppes auront chang&#233; de main sous les tables du restaurant r&#233;serv&#233; aux membres ? Ce qui n'emp&#234;che pas le budget annuel de cinq millions d'euros d'&#234;tre couvert &#224; 20 % par des subventions publiques, puisque une institution aussi prestigieuse contribue &#224; faire briller la marque &#171; Marseille &#187;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; que le 2 juillet 2013, la plage est ferm&#233;e pour cause de pollution des eaux : on y a d&#233;tect&#233; la pr&#233;sence de bact&#233;ries de type Escherichia coli&#8200;&#8211; des germes f&#233;caux, de la merde&#8200;&#8211; dans des proportions quinze fois sup&#233;rieures au niveau autoris&#233;. La mairie&#8200;&#8211; et son annexe m&#233;diatique &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;&#8200;&#8211;, qui montre du doigt cette plage devenue trop populeuse pour esp&#233;rer y attirer le tourisme argent&#233; qu'on attend ici comme le messie, se jette sur l'occasion pour vitup&#233;rer l'endroit. Quelques heures seulement&#8230; Jusqu'&#224; ce que les services d'hygi&#232;ne pointent le responsable : le CNM, dont les toilettes d&#233;fectueuses d&#233;versaient leurs &#233;trons dans la mer. Contact&#233; par un journaliste du site d'infos &lt;a href=&#034;http://www.marsactu.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marsactu&lt;/a&gt;, le cercle nie d'abord &#234;tre &#224; l'origine de cet emmerdement : &#171; &lt;i&gt;On ne souhaite pas r&#233;pondre, parce qu'on n'a pas que &#231;a &#224; faire, on a les championnats du monde qui arrivent !&lt;/i&gt; &#187; &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;, qui ne craindra pas l'outrance quand, quelques jours plus tard, un SDF psychotique sera (faussement) accus&#233; d'avoir &#233;gorg&#233; un &#233;tudiant, en titrant &#171; &lt;i&gt;4 000 schizophr&#232;nes dans les rues de Marseille&lt;/i&gt; &#187;, est beaucoup plus prudente sur ce coup-l&#224;. Elle aurait pourtant pu oser cette manchette : &#171; &lt;i&gt;Cercle des nageurs : les riches chient sur les pauvres.&lt;/i&gt; &#187; Mais ce n'est pas sur ce terrain que la mairie d&#233;sire attirer l'opinion publique. Deux jours plus tard, Didier R&#233;ault, adjoint au maire d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la Mer, au Littoral, au Nautisme et aux Plages, et Paul Leccia, le pr&#233;sident du cercle, convoquent une conf&#233;rence de presse conjointe pour d&#233;samorcer la bombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un motif de d&#233;nigrement bien plus sexy va finalement occuper les colonnes du quotidien de Bernard Tapie pendant tout le reste de l'&#233;t&#233;. De la d&#233;linquance juv&#233;nile, de l'ins&#233;curit&#233;, du pauvre, du bronz&#233; cong&#233;nital&#8200;&#8211; pas sous les UV d'un spa quatre &#233;toiles ! Lundi 8 juillet, un CRS ma&#238;tre-nageur est agress&#233; par une bande d'adolescents en provenance du centre-ville. Le lendemain, une d&#233;p&#234;che AFP annonce qu'un mandat de d&#233;p&#244;t a &#233;t&#233; requis contre un gar&#231;on de seize ans. Une jeune fille de quinze ans a &#233;galement &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e, accus&#233;e d'avoir maintenu la t&#234;te du CRS sous l'eau pendant que son copain &#233;tait juch&#233; sur ses &#233;paules. Une autre fille de douze ans, &#171; &lt;i&gt;qui a particip&#233; de fa&#231;on modeste aux faits&lt;/i&gt; &#187;, a &#233;t&#233; rel&#226;ch&#233;e... &#192; l'origine de l'incident, une altercation entre ces jeunes et un couple de touristes dont le b&#233;b&#233; avait re&#231;u du sable dans les yeux. Venu s'interposer, le policier s'est vite retrouv&#233; au c&#339;ur de l'embrouille, un coll&#232;gue le d&#233;gageant &#224; coup de gazeuse lacrymog&#232;ne, ce qui eut pour effet de vider la moiti&#233; de la plage. Les deux jeunes seront inculp&#233;s de &#171; &lt;i&gt;tentative d'homicide volontaire&lt;/i&gt; &#187;, l'un &#233;tant dirig&#233; sur un centre d'internement pour mineurs et l'autre aux Baumettes. Le procureur &#233;voquera la n&#233;cessit&#233; d'un &#171; &lt;i&gt;message de fermet&#233; exemplaire&lt;/i&gt; &#187;. Certains habitu&#233;s murmurent cependant que l'attitude charmeuse du jeune CRS, qui aimait faire d&#233;filer les adolescentes dans sa gu&#233;rite, a pu nourrir quelque rancune&#8230; Mais l'affaire est une aubaine pour criminaliser le petit peuple de la plage et faire mousser le fameux &#171; sentiment d'ins&#233;curit&#233; &#187;. Le feuilleton va &#234;tre aliment&#233; tout au long de l'&#233;t&#233;, avec force d&#233;tails sur les m&#339;urs barbares des sauvageons impliqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, Sabine Bernasconi, maire UMP du 1er secteur arriv&#233;e aux affaires apr&#232;s les municipales de 2014, milite pour une reprivatisation partielle de la plage, ainsi que pour la r&#233;activation du projet d'h&#244;tel de luxe sur le site de l'ancienne usine Giraudon, entre plage et CNM. Sans doute pour une remise aux normes bourgeoises d'une anse qui poss&#233;dait, au XIXe si&#232;cle, deux escaliers d'acc&#232;s &#224; la mer : un pour les riches, l'autre pour les pauvres. Voil&#224; qui colle bien avec le destin azur&#233;en du n&#233;o-Marseille dont r&#234;vent Gaudin et consorts. Christian Pellicani, &#233;lu Front de gauche, d&#233;nonce une &#171; &lt;i&gt; marchandisation de l'espace public&lt;/i&gt; &#187;, et un collectif de riverains s'oppose au projet, contredisant le discours de Bernasconi, qui se targue de parler au nom des voisins.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1335 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH316/p16-plage-des-catalans-17a0e.jpg?1768704748' width='500' height='316' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette volont&#233; d'&#233;vincer la populace des Catalans fait partie d'une op&#233;ration d'ensemble qui, sous pr&#233;texte de &#171; rendre le littoral aux Marseillais &#187;, fait tout le contraire. Le sympathique restaurant des Flots bleus a &#233;t&#233; d&#233;mont&#233; et remplac&#233; par un parking. La pizzeria Chez D&#233;d&#233;, sur la plage de la Verrerie, a &#233;t&#233; dynamit&#233;e. Par contre, le pr&#233;tentieux Petit-Nice Passedat, avec son assiette d'an&#233;mones de mer &#224; 60&#8200;euros, jouit toujours de son bout de c&#244;te annex&#233;e, les pieds dans l'eau de l'anse de la Fausse-Monnaie, tout comme les bains militaires accaparant quasiment un tiers des rochers de Malmousque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terrain pollu&#233; de l'ancienne usine Legr&#233;-Mante, &#224; la Madrague-Montredon, o&#249; un promoteur pr&#233;tend construire une r&#233;sidence ferm&#233;e &#171; de standing &#187; aux portes du parc national des Calanques, rappelle que pour l'&#233;quipe municipale, que ce soit l'industrie, la culture ou la nature, tout doit produire de la plus-value immobili&#232;re. Homme de paille des b&#233;tonneurs, Jean-Claude Gaudin a parfaitement assimil&#233; la mentalit&#233; de la bourgeoisie locale qui, depuis qu'elle s'est fait d&#233;poss&#233;der du port, sp&#233;cule tout b&#234;tement sur le foncier, souillant le paysage avec l'infernale trilogie de ses coquilles vides : centres commerciaux&#8200;&#8211; tours de bureaux&#8200;&#8211; h&#244;tels de luxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Didier R&#233;ault, conseiller g&#233;n&#233;ral des Bouches-du-Rh&#244;ne, adjoint au maire de Marseille d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la Mer et pr&#233;sident du parc national des Calanques, a r&#233;cemment prolong&#233; pour trente ans la d&#233;rogation&#8200;&#8211; qui court depuis bient&#244;t un demi-si&#232;cle&#8200;&#8211; permettant &#224; l'usine d'alumine Alt&#233;o, bas&#233;e &#224; Gardanne, de rejeter ses boues rouges dans la calanque de Port-Miou. D&#233;cid&#233;ment, ce gar&#231;on se plait &#224; autoriser ses amis &#224; caguer dans les molaires du peuple. Pourtant, quand on voit les minots sauter en bombe du haut des rochers, on se dit qu'&#224; Marseille c'est encore et toujours la chourme qui est n&#233;e pour danser sur la t&#234;te des rois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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