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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Victor-Hugo rejoue les Mis&#233;rables</title>
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		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Le minist&#232;re de l'&#233;ducation a trouv&#233; que les Zones d'&#233;ducation prioritaires dataient. Elles ont trente ans. On allait donc les rebaptiser REP comme les r&#233;giments &#233;trangers parachutistes. Ici o&#249; l&#224;, certains &#233;tablissements, pourtant remplis de Gavroches boursiers et de Cosettes en haillons, passeraient &#224; la trappe suite &#224; la r&#233;forme. Le lyc&#233;e Victor-Hugo &#224; Marseille, entre fac et gare St-Charles, risque de p&#226;tir de cette d&#233;classification alors qu'il re&#231;oit, d'apr&#232;s Franck, professeur de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ZEP-alors" rel="tag"&gt;ZEP alors&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le minist&#232;re de l'&#233;ducation a trouv&#233; que les Zones d'&#233;ducation prioritaires dataient. Elles ont trente ans. On allait donc les rebaptiser REP comme les r&#233;giments &#233;trangers parachutistes. Ici o&#249; l&#224;, certains &#233;tablissements, pourtant remplis de Gavroches boursiers et de Cosettes en haillons, passeraient &#224; la trappe suite &#224; la r&#233;forme. Le lyc&#233;e Victor-Hugo &#224; Marseille, entre fac et gare St-Charles, risque de p&#226;tir de cette d&#233;classification alors qu'il re&#231;oit, d'apr&#232;s Franck, professeur de math&#233;matiques, tous les coll&#232;ges qui eux restent en REP. Le lyc&#233;e est &#224; la fronti&#232;re d'un des arrondissements les plus pauvres de France. &#171; &lt;i&gt;On va sortir de la ZEP alors que tous les coll&#232;ges sont en REP. C'est pas anodin ce nouveau nom, r&#233;seau &#231;a fait virtuel.&lt;/i&gt; &#187; Pourtant les sauvageons en herbe, &#231;a grouille dans le bahut. &#171; &lt;i&gt; Ce sont les meilleurs &#233;l&#232;ves des coll&#232;ges qui arrivent. Quatre ou cinq par classe, les autres vont tous en lyc&#233;e pro. On a de 70 &#224; 80&#8200;% de boursiers ici : c'est pour &#231;a qu'on met le paquet sur le nombre d'&#233;l&#232;ves par&lt;/i&gt; &lt;i&gt;classe.&lt;/i&gt; &#187; Pas toujours facile m&#234;me avec des ressources humaines et financi&#232;res suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Des moyens pour la ZEP, &#231;a sert &#224; avoir plus de postes, pour g&#233;rer les absences et &#233;viter le d&#233;crochage des plus fragiles&lt;/i&gt; &#187;, explique Gabrielle, pionne &#224; Victor-Hugo. &#171; &lt;i&gt;Et en m&#234;me temps, on en vient presque &#224; &#234;tre contents quand il y a des absents, tous les coll&#232;gues sont &#233;puis&#233;s, l'ambiance est dure&lt;/i&gt; &#187;, rench&#233;rit Franck. Le risque sans le label ZEP, c'est un recours massif aux exclusions donc une mise &#224; l'&#233;cart des &#233;l&#232;ves les plus en difficult&#233;. Des labels les plus farfelus sont d&#233;couverts par les vaillants limiers du minist&#232;re : les &#233;tablissements &#171; &#233;clairs &#187; sont morts faute de jus, les projets &#171; &lt;i&gt;ambition r&#233;ussite&lt;/i&gt; &#187; viennent se fracasser sur la mis&#232;re de Marseille et le lyc&#233;e a m&#234;me connu son &#171; excellence &#187; ! Quand les pouvoirs publics sont en plein d&#233;sarroi, ils distribuent de symboliques breloques. Las, les labels passent, la ZEP reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de mille &#233;l&#232;ves grouillent dans le ventre du po&#232;te. Loin d'&#234;tre r&#233;sign&#233;s &#224; leur sort, ils sont descendus en manifestation &#224; l'inspection acad&#233;mique en criant : &#171; &lt;i&gt;ZEP, Z&#233;ro p&#232;ze.&lt;/i&gt; &#187; Ainsi, il vient une heure o&#249; protester ne suffit plus, apr&#232;s la philosophie il faut l'action. Le lyc&#233;e ayant une tradition de lutte, une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale a d&#233;cid&#233;, le lundi 15&#8200;d&#233;cembre, de dormir dans le gymnase. &#171; &lt;i&gt;En termes de symbole et de m&#233;diatisation, &#231;a parle aux gens. &#231;a motive les autres&lt;/i&gt; &#187;, raconte Gabrielle. A Clichy-la-Garenne, franchissant un pas suppl&#233;mentaire, ils ont s&#233;questr&#233; le principal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure o&#249; blanchit la campagne, apr&#232;s une nuit d'occupation, les dormeurs ont offert un petit d&#233;jeuner aux &#233;l&#232;ves et enseignants venus au lyc&#233;e. Gabrielle dresse un bilan &#224; mi-parcours : &#171; &lt;i&gt;J'&#233;vite qu'ils se fassent &#233;craser. Ils ont la parole, eux qui ne l'ont jamais, &#231;a les rend hyst&#233;riques et joyeux. Ils chantent, &#8220;Qu'est-ce qu'on veut ? La ZEP !&#8221;, en sautant dans tous les sens.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Najat Vallaud Belkacem a repouss&#233; d'un an l'application de sa r&#233;forme aux lyc&#233;es, apr&#232;s avoir d&#233;cid&#233; de maintenir les primes aux enseignants durant trois&#8200;ans. &#171; &lt;i&gt;Qu'un ministre socialiste puisse r&#233;pondre ainsi par le petit bout de la lorgnette en esp&#233;rant nous endormir avec de l'argent, quand on demande une vraie politique d'&#233;ducation prioritaire&#8230; il devrait se prendre un coup de r&#226;teau&lt;/i&gt; &#187;, s'emporte Franck m&#234;me s'il sait que le gouvernement n'est pas plus socialiste que DSK n'est chaste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 janvier 2015, le comit&#233; de lutte compte se rendre devant l'inspection acad&#233;mique de Marseille pour y jouer la classe, une com&#233;die de la mis&#232;re en milieu ZEP.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Guerre froide et artichauts</title>
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		<dc:date>2013-07-12T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>Julien Tewfiq</dc:subject>
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		<dc:subject>Champ</dc:subject>
		<dc:subject>Franck</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Non, on ne conna&#238;t pas tellement de paysans qui vont au travail en tram. Pourtant, c'est bien ce que font tous les jours Armelle et son compagnon, Franck, pour aller cultiver en plein quartier des Caillols, &#224; Marseille, leur petit lopin de terre. Et ce depuis mars 2011. Mais jusqu'&#224; quand ? Par-del&#224; les 4 000 m&#232;tres carr&#233;s de mara&#238;chage, on devine la ville. Lotissement r&#233;sidentiel par-l&#224;, lyc&#233;e technique par-ci. Des tours d'immeubles un peu plus loin. Le sourire en coin, Armelle Debroize (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Non, on ne conna&#238;t pas tellement de paysans qui vont au travail en tram. Pourtant, c'est bien ce que font tous les jours Armelle et son compagnon, Franck, pour aller cultiver en plein quartier des Caillols, &#224; Marseille, leur petit lopin de terre. Et ce depuis mars 2011. Mais jusqu'&#224; quand ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par-del&#224; les 4 000 m&#232;tres carr&#233;s de mara&#238;chage, on devine la ville. Lotissement r&#233;sidentiel par-l&#224;, lyc&#233;e technique par-ci. Des tours d'immeubles un peu plus loin. Le sourire en coin, Armelle Debroize demande : &#171; &lt;i&gt;Vous en connaissez beaucoup, vous, de paysans qui prennent le tramway pour aller sur leurs champs ?&lt;/i&gt; &#187; Puis elle enfonce un doigt dans la terre au pied d'un plan de tomate, pour voir si c'est assez humide et chaud. La dame, souriante, s'est reconvertie autour de la cinquantaine, laissant tomber le dessin en b&#226;timent. Formation agricole &#171; pour adulte &#187;, puis le travail sur le terrain pour d'autres agriculteurs. &#171; &lt;i&gt;J'ai toujours aim&#233; faire du potager. Alors, je me suis dit que je n'avais qu'&#224; en faire mon m&#233;tier. &#187;&lt;/i&gt; En fait, la terre, Armelle l'a dans le sang : ses parents &#233;taient agriculteurs en Bretagne. &#171; &lt;i&gt;Vers vingt ans, je voulais reprendre la terre. Mais je ne pouvais pas&#8230; J'&#233;tais une fille et j'avais des fr&#232;res. Alors j'ai fait autre chose. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_680 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/p16-caillols-294d2.png?1782728304' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Julien Tewfik
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Franck s'occupe du goutte-&#224;-goutte aux quatre coins du champ pendant qu'Armelle ramasse &#224; la main quelques gousses de f&#232;ves bien dodues&#8230;, mais peu nombreuses. &#171; &lt;i&gt;Avec le temps qu'on a en ce moment..., c'est dur !&lt;/i&gt; &#187; En effet, le printemps n'arrive pas. Il pleut trop et ne fait pas assez chaud. La production prend du retard. Pire ! Les nuisibles, pucerons en t&#234;te, pullulent. &#171; &lt;i&gt;&#201;videmment , on est enti&#232;rement bio. Regardez, heureusement qu'il y a les coccinelles ! Allez, les petites !&lt;/i&gt; &#187; Armelle insiste : &#171; &lt;i&gt;On est bio et certifi&#233;. &#199;a a un co&#251;t et c'est compliqu&#233;. Mais &#231;a me paraissait important que les gens soient s&#251;rs. Nous, on ne vend que du bio et que notre propre production.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux fois par semaine&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; la Ferme du Collet des Comtes, les mardis et vendredis de 16 h 30 &#224; 18 h (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Armelle et Franck vendent en direct, devant leur champ, ce qu'ils ont ramass&#233; le jour m&#234;me &#224; une client&#232;le d'habitu&#233;s. Une petite dame &#224; l'accent &#224; couper au couteau vient &#224; chaque fois et se &#171; &lt;i&gt;r&#233;gale&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Nous, on veut de la petite production. De la bonne ! &lt;/i&gt; &#187; Elle se souvient du temps o&#249;, aux Caillols, il y avait des vaches et des yaourts fermiers. &#171; &lt;i&gt;Et on achetait des caillolais, des vrais ! C'&#233;tait la sp&#233;cialit&#233; du coin ! Mais &#231;a n'existe plus. Maintenant, c'est la ville. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les fid&#232;les, les temps sont durs. En plus de la m&#233;t&#233;o quasi hivernale, des pucerons, des liserons, de la pression du banquier &#8211; Armelle n'a jamais gagn&#233; plus de 800 euros par mois avec son champ &#8211;, il y a un risque d'expulsion au-dessus de sa t&#234;te. En 2011, notre paysanne urbaine s'&#233;tait associ&#233;e avec Mme Crochemore, afin de r&#233;pondre &#224; un appel d'offres de la ville pour une d&#233;l&#233;gation de service public. Il s'agissait de s'occuper d'une ferme p&#233;dagogique pendant au minimum sept ans. La mairie exigeait deux personnes : la d&#233;l&#233;gataire pour faire l'accueil des bambins, la visite de la ferme et ses animaux. Ce serait Mme Crochemore. L'autre, Armelle, devait g&#233;rer une exploitation agricole, biologique et viable. Une subvention de 30 000 euros &#224; la clef et surtout un hectare pour Armelle &#224; mettre en maraichage : son r&#234;ve. Mais tr&#232;s vite, c'est la d&#233;ception : l'hectare a fondu jusqu'&#224; 4 000 m2&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pas assez grand pour qu'elle soit reconnue comme agricultrice &#224; part enti&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Et, neuf mois apr&#232;s leur installation, une fois le champ bien en place, Mme Crochemore demande &#224; sa partenaire de quitter le terrain. Pour quelle raison ? Cela reste obscur. M&#233;sentente ? Jalousie ? Incompr&#233;hension ? Il n'emp&#234;che qu'Armelle est menac&#233;e de perdre son champ, son boulot, sa joie de vivre&#8230; Et sans recours, car la mairie n'a sign&#233; qu'avec la d&#233;l&#233;gataire. Une faille juridique qui g&#226;che la vie de ces maraichers citadins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Armelle refuse de partir : &#171; &lt;i&gt;On n'a pas fait tout &#231;a pour laisser tomber sans aucune raison valable&lt;/i&gt; &#187;, s'ent&#234;te-t-elle. Norbert, client venu &#171; &lt;i&gt;d'en face, en voisin&lt;/i&gt; &#187;, ajoute qu'&#171; &lt;i&gt;ils ont tout notre soutien. On va se battre !&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une p&#233;tition, lanc&#233;e par Solidarit&#233; paysan Provence et la Conf&#233;d&#233;ration (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le sourire, Franck donne &#224; go&#251;ter une poign&#233;e de petits pois tout frais sortis de leur gousse. Cru ? &#171; &lt;i&gt;Bien s&#251;r, crus ! Ils sont d&#233;licieux. Ces pois, ce sont des nains de Provence. Une essence locale. Comme les artichauts, des violets de Provence. Un d&#233;lice. Faut tout manger, m&#234;me la queue. Vous m'en direz des nouvelles.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme &#224; CQFD on v&#233;rifie toujours nos informations, on a mang&#233; la queue des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; la Ferme du Collet des Comtes, les mardis et vendredis de 16 h 30 &#224; 18 h 30 jusqu'&#224; mi-d&#233;cembre, au 137, bd des Lib&#233;rateurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pas assez grand pour qu'elle soit reconnue comme agricultrice &#224; part enti&#232;re et puisse, donc, cotiser pour la retraite, toucher quelques aides ou se faire rembourser la certification.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.petitions24.net/pour_la_defense_darmelle_sur_la_ferme_pedagogique_du_collet.&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une p&#233;tition&lt;/a&gt;, lanc&#233;e par Solidarit&#233; paysan Provence et la Conf&#233;d&#233;ration paysanne circule.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comme &#224; CQFD on v&#233;rifie toujours nos informations, on a mang&#233; la queue des artichauts. Et c'&#233;tait bon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Estaque prend la route</title>
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		<dc:date>2010-06-04T11:56:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


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&lt;p&gt;Un coll&#232;ge marseillais rue dans les trav&#233;es.Gr&#232;ves,camping-occupation, assembl&#233;es communes profs-parents et &#171; caravane pour l'&#233;ducation &#187; poussant la col&#232;re jusqu'&#224; Paris. Contre la casse, si les hi&#233;rarchies sont en dessous de tout, la base est, elle, bien remont&#233;e. &#171; APR&#200;S NOUS AVOIR LICENCI&#201;S, ils s'en prennent &#224; nos enfants ! &#187; Le slogan sonne clair dans ce quartier du nord de Marseille o&#249; la mentalit&#233; ouvri&#232;re reste vive malgr&#233; la fin des industries locales. C'est sous un soleil (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un coll&#232;ge marseillais rue dans les trav&#233;es.Gr&#232;ves,camping-occupation, assembl&#233;es communes profs-parents et &#171; caravane pour l'&#233;ducation &#187; poussant la col&#232;re jusqu'&#224; Paris. Contre la casse, si les hi&#233;rarchies sont en dessous de tout, la base est, elle, bien remont&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; APR&#200;S NOUS AVOIR LICENCI&#201;S, ils s'en prennent &#224; nos enfants ! &#187;&lt;/i&gt; Le slogan sonne clair dans ce quartier du nord de Marseille o&#249; la mentalit&#233; ouvri&#232;re reste vive malgr&#233; la fin des industries locales. C'est sous un soleil frileux et autour d'une table de jardin qu'un enseignant et quatre parents d'&#233;l&#232;ves re&#231;oivent &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Florent, jeune prof d'histoire-g&#233;o, synth&#233;tise l'affaire : &lt;i&gt;&#171; La contestation porte sur la dotation globale horaire [DGH]. C'est-&#224;-dire l'&#233;valuation des moyens allou&#233;s pour la rentr&#233;e 2010-2011. Elle pr&#233;voit la perte de 12,5 heuresposte, transform&#233;es en heures sup', &#224; laquelle il faut ajouter la perte de 4 heures sur la dotation globale. Au m&#234;me moment, l'effectif du coll&#232;ge va passer de 639 &#224; 646 &#233;l&#232;ves, alors qu'il a &#233;t&#233; con&#231;u pour 600. On est class&#233; ZEP, &#8220;ambition-r&#233;ussite&#8221; et &#8220;zone violence&#8221;, pour g&#233;rer le rapport souvent n&#233;gatif que les gamins ont avec l'&#233;cole. Il y a deux types de zones :&#8220;sensible&#8221; et &#8220;violence&#8221;. Ici, c'est &#8220;violence&#8221;&#8230; Malgr&#233; &#231;a, on est parmi les plus mal dot&#233;s du d&#233;partement en heures et en nombre d'&#233;l&#232;ves par classe. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but mars, une premi&#232;re journ&#233;e de gr&#232;ve est suivie &#224; plus de 95 %. Le CA d'&#233;tablissement refuse de voter la DGH. Lors d'un premier entretien avec l'inspection acad&#233;mique [IA], le 4 mars, un certain M. Demougeot reconna&#238;t que les revendications sont l&#233;gitimes et s'engage &#224; les faire remonter par voie hi&#233;rarchique. &lt;i&gt;&#171; Mais la r&#233;ponse de l'inspection d'acad&#233;mie ne concerne qu'une minorit&#233; d'heures. &#187;&lt;/i&gt; Apr&#232;s une nouvelle gr&#232;ve, trois parents d'&#233;l&#232;ves plantent des tentes devant le coll&#232;ge pour protester contre l'abandon &#233;ducatif des quartiers. R&#233;unis en AG, des profs d&#233;cident d'occuper eux aussi le parvis. Un go&#251;ter est organis&#233; le jeudi 18 mars, auquel participent une cinquantaine de parents avec leurs gamins. Le vendredi, une assembl&#233;e r&#233;unit &#224; l'ext&#233;rieur de l'&#233;tablissement une quarantaine de parents et de profs. Le cercle des occupants s'&#233;largit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi 23, jour de gr&#232;ve nationale, est massivement ch&#244;m&#233; &#224; l'Estaque. Le mercredi, lors d'une journ&#233;e &#171; coll&#232;ge mort &#187;, seul 15 % des &#233;l&#232;ves attendus se pr&#233;sentent en cours. L'apr&#232;s-midi, une d&#233;l&#233;gation de parents et profs est re&#231;ue &#224; l'IA. &lt;i&gt;&#171; L&#224;, le ton avait chang&#233; : m&#233;pris et fin de non-recevoir. Demougeot a relay&#233; le discours prononc&#233; par Sarko deux heures plus t&#244;t : contre l'absent&#233;isme, suppression des allocations familiales ! On est ressorti furax. &#187;&lt;/i&gt; Franck, en jogging et &#233;charpe de l'OM : &lt;i&gt;&#171; Selon lui, s'il y a des probl&#232;mes c'est parce que les profs sont nuls et nous on est des mauvais parents. Il nous provoquait, on aurait dit qu'il voulait qu'on le frappe ! &#187;&lt;/i&gt; Les Estaqu&#233;ens prennent alors contact avec les lyc&#233;es environnants. Le lendemain, r&#233;unis en AG, les profs de Saint-Exup&#233;ry &#233;crivent &#224; l'IA : &lt;i&gt;&#171; Nous sommes scandalis&#233;s par la mani&#232;re humiliante voire mena&#231;ante dont la d&#233;l&#233;gation du coll&#232;ge de l'Estaque a &#233;t&#233; re&#231;ue hier, mercredi 24 mars, par vos services. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle AG d&#233;cide de lever le campement pour aller planter les tentes devant la mairie centrale. Franck : &lt;i&gt;&#171; Le quartier s'est soud&#233; autour de son coll&#232;ge. On ne savait pas trop ce qui se passait &#224; l'int&#233;rieur. On y envoie nos gosses, mais c'est comme s'ils allaient &#224; l'usine, rien ne transpara&#238;t. Les AG profs-parents ont fait tomber ce mur-l&#224;. &#187;&lt;/i&gt; Maryse est effar&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Nos gamins nous parlaient de bousculades, de bagarres, de d&#233;faut de surveillance, d'absence de PQ&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Franck se souvient : &lt;i&gt;&#171; Un jour, j'attendais ma gosse devant le coll&#232;ge et il y a eu une bousculade. Il n'y avait que deux surveillants pour contr&#244;ler les carnets de centaines de minots qui n'avaient qu'une h&#226;te, sortir de l&#224;. L'adjointe de la principale est tomb&#233;e. Je l'ai relev&#233;e, elle m'a dit &#8220;C'est rien, on peut pas faire autrement&#8221; ! &lt;/i&gt; &#187; Franck avoue que si la d&#233;t&#233;rioration se poursuit, il envisagera de scolariser sa fille dans le priv&#233;. Maryse : &lt;i&gt;&#171; La n&#233;gation des probl&#232;mes va loin. En d&#233;cembre, la principale a &#233;t&#233; agress&#233;e par trois ados en allant chercher son gamin &#224; l'&#233;cole et elle n'a pas voulu en parler publiquement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jef, le cheveu en bataille : &lt;i&gt;&#171; Le probl&#232;me de la repr&#233;sentativit&#233; est pos&#233;. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s sont tr&#232;s loin de la r&#233;alit&#233; des quartiers. Ils ne font pas le boulot de coordination. Il y a eu une vraie prise de parole et une d&#233;sacralisation de ce monde-l&#224;. L'IA, c'est incroyable, on dirait une forteresse. Quand la d&#233;l&#233;gation est entr&#233;e, on aurait dit qu'on montait &#224; l'&#233;chafaud ! &lt;/i&gt; &#187; Maryse : &lt;i&gt;&#171; Il faut qu'on se r&#233;approprie l'&#233;cole, ce n'est pas une &#233;glise. &#187;&lt;/i&gt; Jef : &lt;i&gt;&#171; Mais il y a des r&#233;ticences, ils ont peur des parents qui rousp&#232;tent. Dans ce quartier, les gens ont le verbe haut, tu as un truc sur le coeur tu le dis, et parfois c'est v&#233;cu comme une agression par le personnel. On a pr&#233;vu une sardinade pour faire durer cette rencontre entre profs et familles. &#187;&lt;/i&gt; Florent : &lt;i&gt;&#171; Il faut remettre de l'humain dans l'&#233;cole. J'ai d&#233;couvert un quartier o&#249; je viens travailler tous les jours sans y vivre. &#187;&lt;/i&gt; Moralit&#233; latente : les syndicats et f&#233;d&#233;rations n'&#233;tant pas &#224; la hauteur d'une situation de casse syst&#233;matique, c'est la base qui doit non seulement r&#233;sister pied &#224; pied, mais aussi penser sa strat&#233;gie, se coordonner et porter sa parole &#224; l'ext&#233;rieur. Florent : &lt;i&gt;&#171; On se bat pour avoir un coll&#232;ge qui ait les moyens d'accueillir tous les enfants, y compris ceux des Gitans ou des couches les plus populaires, et pas seulement en garderie jusqu'&#224; la 4e avant de les l&#226;cher dans la nature. &#187; &#171; L'&#233;ducation est un droit universel. &#187;&lt;/i&gt; C'est sous cette banderole qu'une caravane de profs et parents a pris la route &#224; la faveur des vacances de P&#226;ques. Bivouaquant devant d'autres coll&#232;ges en lutte, elle veut faire remonter les dol&#233;ances jusqu'&#224; Paris. &lt;i&gt;&#171; La pression, il faut la maintenir. Sinon, rien ne changera. Je m'&#233;tais d&#233;j&#224; bagarr&#233; avec le comit&#233; de ch&#244;meurs pour la prime de No&#235;l, ou avec les sans-papiers, mais l&#224;, c'est pour nos gosses &#187;&lt;/i&gt;, souligne Franck en observant sa main tatou&#233;e. &lt;i&gt;&#171; C'est &#231;a qui est touchant : on se bat pour l'avenir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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