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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title> Faux march&#233; proven&#231;al pour vrais Chinois</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Legars</dc:creator>


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&lt;p&gt;L'industrie ? Liquid&#233;e. L'agriculture ? Moribonde. Ne nous reste plus qu'&#224; vendre notre quotidien en souriant ostensiblement. Devenir le parc d'attractions du monde. Dans le Luberon, en juillet dernier, un faux march&#233; proven&#231;al a &#233;t&#233; organis&#233; pour pr&#232;s de 250 touristes chinois. &#171; Il y avait m&#234;me des faux joueurs de p&#233;tanque ! &#187; Ils avaient vu les choses en grand, en ce samedi 19 juillet 2014, pour accueillir ces 200 &#224; 250 touristes Chinois en goguette dans le Luberon. En effet, quoi de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'industrie ? Liquid&#233;e. L'agriculture ? Moribonde. Ne nous reste plus qu'&#224; vendre notre quotidien en souriant ostensiblement. Devenir le parc d'attractions du monde. Dans le Luberon, en juillet dernier, un faux march&#233; proven&#231;al a &#233;t&#233; organis&#233; pour pr&#232;s de 250 touristes chinois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il y avait m&#234;me des faux joueurs de p&#233;tanque !&lt;/i&gt; &#187; Ils avaient vu les choses en grand, en ce samedi 19 juillet 2014, pour accueillir ces 200 &#224; 250 touristes Chinois en goguette dans le Luberon. En effet, quoi de plus vrai qu'un faux march&#233; proven&#231;al pour faire d&#233;couvrir charme et convivialit&#233; l&#233;gendaires de nos r&#233;gions ? Embauchez&#8200;une&#8200;ribambelle&#8200;de &#171; marchands &#187;, et vous offrez au touriste avide d'authenticit&#233; une bonne grosse louche de culture locale. Ah, cette joie de vivre si spontan&#233;e, si communicative, ces belles chemises aux motifs originaux en diable, ce petit accent sublimant le chant des cigales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#233;tait en toc.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1383 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH351/p04-berth-1-b90fa.jpg?1782645460' width='500' height='351' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Berth.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il faut bien avouer que quatre ou cinq bus de Noiches d&#233;boulant sur la place du march&#233;, &#231;a peut faire tache. Pis encore : il se pourrait qu'ils soient mal accueillis par certains villageois. Or, les Chinois, &#231;a se chouchoute. Selon une &#233;tude de la Direction g&#233;n&#233;rale de la comp&#233;titivit&#233; de l'industrie et des services (DGCIS) et de la Banque de France, le nombre de touristes venant de la R&#233;publique populaire a atteint 1,7&#8200;million en 2013 et a fait un grand bond en avant de plus de 23&#8200;% en un an. Entre 2009 et 2013, leur pr&#233;sence a m&#234;me doubl&#233;, c'est dire la manne qu'ils repr&#233;sentent. Alors, on leur vend du typique&#8200;&#8211;&#8200;de pacotille, mais de qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guillaume&#8200;&#8211; appelons-le Guillaume&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vous l'aviez compris, ce n'est point son vrai pr&#233;nom.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&#8200;&#8211; a fait partie des vrais faux vendeurs r&#233;unis au domaine des And&#233;ols, &#224; Saint-Saturnin-l&#232;s-Apt (Vaucluse), pour offrir le temps d'une demi-journ&#233;e les joies d'un march&#233; typique du sud de l'Hexagone. &#171; &lt;i&gt;La branche chinoise de la soci&#233;t&#233; Amway, sp&#233;cialis&#233;e dans la vente de produits de beaut&#233;, avait d&#233;cid&#233; de r&#233;compenser ses meilleurs commerciaux en leur offrant un voyage en France&lt;/i&gt; &#187;, explique-t-il. La bo&#238;te charg&#233;e de l'organisation du s&#233;jour aurait contact&#233; le domaine des And&#233;ols pour mettre sur pied une journ&#233;e consacr&#233;e &#224; la production de lavande. Mais, de quelques plants de fleurs violettes, le projet se serait transform&#233; en un vrai faux march&#233; proven&#231;al o&#249; les touristes pouvaient papillonner de stand en stand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Une dizaine de producteurs locaux &#233;taient pr&#233;sents, et nous &#233;tions une quinzaine derri&#232;re les &#233;tals. Attention, on ne vendait rien, les touristes pouvaient go&#251;ter, on leur offrait les produits&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Guillaume. Dans les all&#233;es, les vacanciers fl&#226;naient du mara&#238;cher au producteur d'huile d'olive ou de savon de Marseille, puis allaient faire un tour en cal&#232;che. &#171; &lt;i&gt;Avant l'arriv&#233;e des bus, les organisateurs ont fait une revue des troupes, voir si la sc&#233;nographie &#233;tait bonne ! C'&#233;tait comme pour un spectacle&lt;/i&gt;. &#187; Il para&#238;t que les clients pouvaient se faire presser un jus de fruit frais, qu'un boulanger faisait cuire du pain dans un four &#224; bois et que de la lavande &#233;tait distill&#233;e en direct. &#171; &lt;i&gt;Et il y avait m&#234;me un drone qui prenait des photos !&lt;/i&gt; &#187;, se souvient Guillaume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; A la fin de la journ&#233;e, nous avons &#233;t&#233; pay&#233;s entre 1&#8200;000 et 2&#8200;000 euros en fonction des stands. Pour une demi-journ&#233;e de travail&lt;/i&gt;, souligne le faux vendeur. &lt;i&gt;On parle d'une facture totale de 400 000 &#224; 500 000 euros&lt;/i&gt;. &#187; Le domaine Les And&#233;ols appartient &#224; Olivier et Patrizia Massart, respectivement metteur en sc&#232;ne de d&#233;fil&#233;s de mode et mannequin. On peut y louer des maisons de luxe entre 192 et 1&#8200;236&#8200;euros la nuit pour deux personnes. Curieux de conna&#238;tre le co&#251;t &#8211; et le b&#233;n&#233;fice &#8211; de cette sino-op&#233;ration, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a contact&#233; Jean-Philippe Vanthielt, le directeur du domaine. Celui-ci nous a abreuv&#233; de d&#233;tails, puis s'est ravis&#233;. Il ne souhaite pas communiquer sur le sujet, n'y voyant pas l'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, l'int&#233;r&#234;t, c'est bien simple : il sonne et tr&#233;buche. Au point qu'il existe d'autres prestations du m&#234;me type, &#224; destination de la m&#234;me client&#232;le. La soci&#233;t&#233; Eternal Provence, dirig&#233;e par Henriette Versteeg, propose des mariages VIP pour couples chinois. Ce dans la plus pure tradition proven&#231;ale, mais pour de faux. &lt;i&gt;&#171; Nous leur organisons une c&#233;r&#233;monie dans une chapelle priv&#233;e, qui ne d&#233;pend plus de l'&#233;glise, comme par exemple celle du Ch&#226;teau de la Barben,&lt;/i&gt; explique la directrice.&lt;i&gt; L&#224;, un acteur joue le r&#244;le du pr&#234;tre et les marie ! C'est un mariage fictif mais, pour nos clients, il a une r&#233;elle valeur. L'&#233;motion ressentie, c'est du vrai. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, intermittents dans la gal&#232;re, paysans pauvres, savonniers pr&#233;caires et autres gueux de terroir, vous savez ce qu'il vous reste &#224; faire : gentils autochtones pour touristes en mal d'authenticit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Vous l'aviez compris, ce n'est point son vrai pr&#233;nom.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bluegrass country blues</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Bluegrass-country-blues</link>
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		<dc:date>2013-10-29T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Notre ami vigneron nous transporte outre-Atlantique o&#249; les transports amoureux finissent mal sur fond d'agriculture intensive et d'incompr&#233;hension religieuse entre latinos et rednecks. Steeve est un paysan du Kentucky dont le domaine s'&#233;tend sur 6 000 ha le long de l'Ohio, affluent du Mississipi. Il est souvent sur les routes, au volant d'un &#233;norme tracteur enjambeur, ses diff&#233;rentes parcelles &#233;tant diss&#233;min&#233;es sur un rayon de trente kilom&#232;tres. Pour enfouir de grandes quantit&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no114-septembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;114 (septembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/religion" rel="tag"&gt;religion&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/affluent" rel="tag"&gt;affluent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Notre ami vigneron nous transporte outre-Atlantique o&#249; les transports amoureux finissent mal sur fond d'agriculture intensive et d'incompr&#233;hension religieuse entre latinos et rednecks.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Steeve est un paysan du Kentucky dont le domaine s'&#233;tend sur 6 000 ha le long de l'Ohio, affluent du Mississipi. Il est souvent sur les routes, au volant d'un &#233;norme tracteur enjambeur, ses diff&#233;rentes parcelles &#233;tant diss&#233;min&#233;es sur un rayon de trente kilom&#232;tres. Pour enfouir de grandes quantit&#233;s d'ammoniaque, son engin est guid&#233; par satellite, histoire de ne pas repasser deux fois dans le m&#234;me sillon. Lorsqu'il s&#232;me du bl&#233;, de l'orge, du ma&#239;s, du soja, son semoir &#171; Apach' &#187;, une fois d&#233;ploy&#233;, fait 30 m&#232;tres d'envergure. Son boulot consiste &#224; surveiller les capteurs &#233;lectroniques, &#224; se faire expliquer par portable comment se d&#233;panner sur le champ. Il n'y a pas que le nom de son semoir qui lui rappelle la culture indienne, il y a aussi, lorsqu'il laboure, les pointes de fl&#232;ches et les tomahawks qui sortent du sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de ses terres a &#233;t&#233; conquise sur les rives mar&#233;cageuses de l'Ohio et, pour drainer, il a d&#251; enterrer &#224; 1,80 m de profondeur, sur des kilom&#232;tres, un serpent de plastique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Steeve est toujours habill&#233; avec &#233;l&#233;gance, tr&#232;s attentionn&#233; avec les femmes et les amis, jovial, il aime afficher son c&#244;t&#233; rebelle, ne respecte pas beaucoup le code de la route, chante souvent, &#233;coute du country, du blues. Il boit du bourbon au drugstore, sauf le dimanche, jour o&#249; le sheriff local, d'ob&#233;dience baptiste, en interdit la vente. Sa famille, elle, est d'origine irlandaise, catholique. Il a eu deux enfants, puis a divorc&#233;. Comme il s'ennuyait, et qu'il avait de l'argent &#224; investir, il d&#233;cida, avec deux ou trois coll&#232;gues, de diversifier ses activit&#233;s : ils organis&#232;rent un voyage d'affaires en Bolivie, &#224; la recherche de terres &#224; louer (&#233;levage, c&#233;r&#233;ales).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;-bas, ils sont re&#231;us par H&#233;l&#232;ne, une belle jeune fille, mince, cultiv&#233;e, qui leur sert d'interpr&#232;te et les guide dans le d&#233;dale des formalit&#233;s administratives. Steeve se sent tout de suite amoureux : apr&#232;s le troisi&#232;me voyage H&#233;l&#232;ne tombera enceinte. Mais elle se fait prier pour le suivre aux States. Pourtant la famille de Steeve insiste, pr&#233;pare tout pour que le couple s'installe dans une maison du domaine, semi-enterr&#233;e afin de r&#233;sister aux ouragans. On trouve d'ailleurs sur place une vaste habitation pour chaque foyer (parents, s&#339;urs), avec beaucoup d'espace autour, des hangars et des silos, un &#233;tang, et de longues all&#233;es rectilignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La naissance du b&#233;b&#233; approche, H&#233;l&#232;ne d&#233;barque enfin. Elle est re&#231;ue comme une petite reine, un 4x4 rutilant est &#224; sa disposition, le tiroir de l'armoire est bourr&#233; de dollars, elle n'aura qu'&#224; y puiser pour faire les courses. C'est l'opulence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, premi&#232;re d&#233;ception pour la famille, H&#233;l&#232;ne veut exp&#233;dier la c&#233;r&#233;monie obligatoire du bapt&#234;me et ne pr&#233;voit aucune festivit&#233;. Sur l'insistance de ses amis fran&#231;ais, invit&#233;s pour l'occasion, on ira au Milkshake Shop acheter un gros g&#226;teau carr&#233;, blanc et bleu : sous la note, de 14,57 dollars, est imprim&#233;e la liste de tous les ingr&#233;dients, une trentaine. Les convives garderont la langue teinte en bleu jusqu'au soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;l&#232;ne d&#233;couvre l'immensit&#233; de cette plaine, l'herbe bleu-vert &#224; perte de vue et elle commence &#224; trouver qu'un grand vide habite ce grand espace. Steeve lui fait visiter des villages qui ont &#233;t&#233; fond&#233;s autrefois par des Shakers : il s'agit des membres d'une secte religieuse qui veille &#224; une s&#233;paration rigoureuse des deux sexes car elle voit dans le mariage l'origine et la cause des maux de l'humanit&#233; ; elle pr&#244;ne donc le c&#233;libat, la confession des p&#233;ch&#233;s, la communaut&#233; des biens, le renoncement au monde, l'&#233;galit&#233; des sexes. On est l&#224; pr&#232;s du noyau puritain d'o&#249; sont sorties toutes les sectes. Si pour lui ce sont des vieilleries, H&#233;l&#232;ne revient de la visite troubl&#233;e&#8230; et confort&#233;e dans ses convictions. Elle ne tardera pas &#224; trouver obsc&#232;ne l'opulence de sa belle-famille, elle &#233;voque leur mis&#232;re morale, fait savoir qu'il faudrait redistribuer tous ces biens ; elle ne critique pas tant la richesse de Steeve que son envie d'en profiter. H&#233;l&#232;ne refuse obstin&#233;ment de se marier. Steeve comprend enfin qu'elle est membre d'une secte &#233;vang&#233;liste, comme il y en a tant en Am&#233;rique du Sud ; si elle a accept&#233; de venir le rejoindre, c'est un peu dans l'id&#233;e de l'&#233;vang&#233;liser, lui et sa famille.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_791 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH497/p11-bluegrass-copie-5b991.jpg?1782641258' width='500' height='497' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferri.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si la religion de Steeve est une religion pacifi&#233;e, &#339;cum&#233;nique, o&#249; l'on ne se pose plus la question de l'existence de Dieu, celle d'H&#233;l&#232;ne est une religion de combat, on s'y pose la question du sens du monde ; elle est incompatible avec le mode de vie &#233;tatsunien. Et c'est le &lt;i&gt;clash&lt;/i&gt; ! H&#233;l&#232;ne quitte le domaine avec son enfant, et part s'installer dans la petite ville proche ; Steeve, correct jusqu'au bout, lui verse une pension alimentaire suffisante pour &#233;lever l'enfant. H&#233;l&#232;ne a rejoint une association de b&#233;n&#233;voles qui s'occupe des immigr&#233;s mexicains. Comme elle a refus&#233; de se marier, qu'elle n'a pu b&#233;n&#233;ficier de la derni&#232;re vague de r&#233;gularisations, que son passeport bolivien est p&#233;rim&#233;, elle se retrouve sans papiers et prisonni&#232;re de l'Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Steeve savait d&#233;j&#224; que la religion peut l'emp&#234;cher de boire un verre le dimanche, mais pas de faire des affaires ; d'ailleurs le puritanisme d'H&#233;l&#232;ne ne lui reproche pas la recherche de biens terrestres par le travail, ni la possession elle-m&#234;me. Mais il a d&#233;couvert que la religion peut lui reprocher la jouissance de la richesse, le repos dans la possession.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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