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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>ZAD en Chambaran</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Isnard-Dupuy</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
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		<dc:subject>zadistes</dc:subject>
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		<dc:subject>Bonjour</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Une nouvelle ZAD s'est nich&#233;e &#224; Roybon, dans les Chambaran, entre Grenoble et Romans-sur-Is&#232;re. Son objectif : emp&#234;cher la construction d'un Center Parcs qui b&#233;tonnerait une zone humide. Las, travaill&#233;s par des promesses d'emplois, la plupart des habitants du village se liguent violemment contre ces opposants &#171; m&#234;me pas de chez nous &#187;. &#171; Bonjour ! Permis de conduire et papiers SVP. Ouvrez-moi votre coffre. &#187; Sur cette petite route foresti&#232;re des confins de la Dr&#244;me et de l'Is&#232;re, nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no128-janvier-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;128 (janvier 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/center" rel="tag"&gt;center&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/zadistes" rel="tag"&gt;zadistes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Center-Parcs" rel="tag"&gt;Center Parcs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bonjour" rel="tag"&gt;Bonjour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Parcs" rel="tag"&gt;Parcs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/village-vacances" rel="tag"&gt;village vacances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chambaran" rel="tag"&gt;Chambaran&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Vacances-10096" rel="tag"&gt;Vacances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/papiers-SVP" rel="tag"&gt;papiers SVP&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Carol" rel="tag"&gt;Carol&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une nouvelle ZAD s'est nich&#233;e &#224; Roybon, dans les Chambaran, entre Grenoble et Romans-sur-Is&#232;re. Son objectif : emp&#234;cher la construction d'un Center Parcs qui b&#233;tonnerait une zone humide. Las, travaill&#233;s par des promesses d'emplois, la plupart des habitants du village se liguent violemment contre ces opposants &#171; m&#234;me pas de chez nous &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Bonjour ! Permis de conduire et papiers SVP. Ouvrez-moi votre coffre. &lt;/i&gt; &#187; Sur cette petite route foresti&#232;re des confins de la Dr&#244;me et de l'Is&#232;re, nous nous croyions compl&#232;tement seuls au milieu des ch&#226;taigniers. &#171; &lt;i&gt;Vous allez &#224; la ZAD ?&lt;/i&gt; &#187; Nous serions bien venus l&#224; pour du tourisme mais la multinationale Pierre et Vacances en a d&#233;cid&#233; autrement. Un kilom&#232;tre apr&#232;s le barrage de gendarmerie, voil&#224; la maison foresti&#232;re de la Marquise, rebaptis&#233;e &#171; MaquiZAD &#187; par les occupants du lieu, zadistes comme au Testet ou &#224; Notre-Dame-des-Landes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1384 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH281/p15-roydon-7b636.jpg?1782679023' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ils sont l&#224; depuis le 30&#8200;novembre et la premi&#232;re manif-occupation, pour emp&#234;cher la construction d'un village vacances. Un &#171; Center&#8200;Parcs &#187;&#8200;o&#249; quelque 5 000 personnes viendraient barboter dans une bulle tropicale chauff&#233;e &#224; 29&#176; toute l'ann&#233;e. Le co&#251;t de cette vill&#233;giature de r&#234;ve ? Une zone humide sur 120&#8200;hectares dont 90&#8200;d&#233;forest&#233;s, un v&#233;ritable &#171; ch&#226;teau d'eau &#187; qui alimente nappes phr&#233;atiques et rivi&#232;res de la r&#233;gion, 37&#8200;esp&#232;ces prot&#233;g&#233;es. Une paille !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nils nous accueille &#224; la barricade d'entr&#233;e de la &#171; MaquiZAD &#187;. La place forte des zadistes est une maison, propri&#233;t&#233; de l'ONF, occup&#233;e au titre du droit au logement, au grand dam des huissiers et autres gendarmes venus le 2&#8200;d&#233;cembre leur demander de partir. Alentour, des d&#233;pendances et des cabanes poussent, certaines dans les arbres pour &#233;viter qu'ils ne soient coup&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Si vous vous d&#233;p&#234;chez, il y a une animatrice nature sur la zone de chantier pour constater s'il y a des animaux morts&lt;/i&gt; &#187;, nous indique Nils. En pataugeant dans des chemins bien boueux, sous les ch&#226;taigniers et bouleaux, nous parvenons &#224; rejoindre Carol au lieu-dit &#171; Souris &#187;. Il y a l&#224; une cabane de palettes et de b&#226;ches en lisi&#232;re de for&#234;t qui surplombe une prairie. Sur la zone de chantier, les arbres sont r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de copeaux sur le sol. D'autres sont empil&#233;s en tas de 6 ou 7&#8200;m&#232;tres. Des orni&#232;res, &#224; hauteur de taille, laiss&#233;es par les engins d'abattage nous rendent l'acc&#232;s difficile. Les hydrocarbures pr&#233;sents &#224; la surface de l'eau sont filtr&#233;s par un maigre barrage de paille. &#171; &lt;i&gt;30 hectares ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;forest&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, apprenons-nous. Pour l'instant les travaux sont arr&#234;t&#233;s sous la pression des zadistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Animatrice nature &#224; Romans-sur-Is&#232;re, Carol souhaite suivre l'&#233;volution de l'impact des travaux sur les batraciens : &#171; &lt;i&gt;Les Chambaran, c'est un milieu tr&#232;s rare en France parce que c'est une for&#234;t froide et humide. Ici, il y a des esp&#232;ces qui sont prot&#233;g&#233;es comme le crapaud sonneur &#224; ventre jaune et le triton cr&#234;t&#233;. C'est aberrant que Pierre et Vacances ait eu l'autorisation de d&#233;truire ces esp&#232;ces sur liste rouge, qui normalement sont intouchables.&lt;/i&gt; &#187; Elle soul&#232;ve le bois d&#233;chiquet&#233;, retourne la terre, cherche dans l'eau, pour trouver d'&#233;ventuels cadavres. Rien. Le terrain est tellement retourn&#233; que les &#233;ventuelles traces du carnage doivent &#234;tre enterr&#233;es. Carol craint que si les travaux reprennent au printemps, les animaux affaiblis par leur p&#233;riode d'hibernation ne soient pas en capacit&#233; de fuir les engins de chantier. Aux promoteurs du projet, Carol r&#233;pond, &#171; &lt;i&gt;ils n'ont pas compris que l'argent et le b&#233;ton ne se mangent pas&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Descente &#224; Roybon. 5 kilom&#232;tres. Les gendarmes ne sont plus l&#224;. En pause d&#233;jeuner. Sur les 3 premiers kilom&#232;tres, des riverains ont pos&#233; des panneaux &#171; &lt;i&gt;Non au Center Parcs !&lt;/i&gt; &#187; Au village le message est diff&#233;rent. A&#8200;l'entr&#233;e, une grande banderole sign&#233;e de l'association &#171; Vivre en Chambaran &#187; d&#233;clare &#171; &lt;i&gt;Bienvenue au Center Parcs&lt;/i&gt; &#187;. De chaque c&#244;t&#233; de la grand-rue, les fa&#231;ades se parent de messages de soutien du m&#234;me ordre. En face de la mairie, une statue de la libert&#233; affubl&#233;e d'une guirlande de No&#235;l argent&#233;e et d'une &#233;charpe&#8200;tricolore clame : &#171; &lt;i&gt;Lib&#233;rez mon village&lt;/i&gt; &#187;.&#8200;Look&#8200;de zadiste et chaussures pleines de boue, le reporter de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n'est pas le bienvenu. Les regards sont froids. Les habitants ne veulent pas r&#233;pondre &#224; ses questions. Deux motards de la gendarmerie viennent le contr&#244;ler alors qu'il fait des photos. Des vigiles &#224; gilets jaunes et oreillettes le suivent. La haine et la stigmatisation des zadistes s'inscrivent sur les murs : &#171; &lt;i&gt;Non au terrorisme vert&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Zadistes pas ici. Dehors&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Oui au travail dans la r&#233;gion pour ceux qui veulent travailler&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La municipalit&#233; et l'association &#171; Vivre en Chambaran &#187; consid&#232;rent que ce sont 98&#8200;% des Roybonnais qui voudraient du village vacances esp&#233;rant que &#231;a cr&#233;erait de l'emploi et de la dynamique au niveau du territoire. Des emplois sous-qualifi&#233;s, mal pay&#233;s et pr&#233;caires. Si les zadistes sont vus comme des &#233;trangers qui n'ont pas leur mot &#224; dire sur ce territoire, le FN est lui accueilli &#224; bras ouverts par les partisans du Center Parcs qui n'h&#233;sitent pas &#224; balancer cette disqualification d'&#233;tranger sur la face des habitants du village s'opposant &#224; eux. Dans une lettre ouverte &#224; Serge Perraud, maire de Roybon, Michelle Pistone, habitante du bourg, membre de l'association &#171; Pour les Chambaran sans Center Parcs &#187;, t&#233;moigne des vell&#233;it&#233;s de ce dernier &#224; son &#233;gard : &#171; &lt;i&gt;Tu t'es alors pr&#233;cipit&#233; en m'injuriant : j'&#233;tais une &#233;trang&#232;re, mes parents &#233;taient &#233;trangers. C'est vrai, je m'appelle Pistone ! Mon arri&#232;re-grand-p&#232;re est venu d'Italie aider &#224; construire la ligne de chemin de fer Grenoble-Veynes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1385 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/p15-roydon02-64ed3.jpg?1782641704' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;truire la nature et d&#233;fendre l'emploi au service de la x&#233;nophobie ? Monsieur le maire n'a pas daign&#233; nous r&#233;pondre. Il &#233;tait, sans doute, dans l'attente angoiss&#233;e des premi&#232;res d&#233;cisions de la justice administrative. Et il avait raison de s'angoisser puisqu'elles suspendent en partie la poursuite du chantier. Les saillies de Manuel Valls avant les f&#234;tes concernant le maintien des grands projets inutiles, y compris &#224; Notre-Dame-des-Landes, ont-elles sauv&#233; le r&#233;veillon de l'&#233;lu ? L'ordre administratif va-t-il &#224; nouveau r&#233;gner en France ? Pour Roybon, jugement d&#233;finitif attendu en juin prochain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Annette</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Annette-250</link>
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		<dc:date>2011-09-28T06:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
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		<dc:subject>Annette</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;En cette p&#233;riode estivale, je peux peut-&#234;tre vous parler d'un aspect de l'usine qui comptait pour les salari&#233;s et qui a disparu parce que leurs visions de vacances sont maintenant calqu&#233;es sur celles des bourgeois et des agences de voyages. Tout a commenc&#233; &#224; une &#233;poque o&#249; l'usine comptait plus de 2 000 salari&#233;s. Dans le droit social, une partie de la masse salariale doit &#234;tre redistribu&#233;e par les directions pour les affaires sociales et culturelles et, depuis 1949, ce sont les comit&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no91-juillet-aout-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;91 (juillet-ao&#251;t 2011)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Efix" rel="tag"&gt;Efix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-usine" rel="tag"&gt;l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/salaries" rel="tag"&gt;salari&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Vacances-10096" rel="tag"&gt;Vacances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/periode-estivale" rel="tag"&gt;p&#233;riode estivale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/parler-d-un" rel="tag"&gt;parler d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un-aspect" rel="tag"&gt;d'un aspect&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/disparu-parce" rel="tag"&gt;disparu parce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/maintenant-calquees" rel="tag"&gt;maintenant calqu&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Annette" rel="tag"&gt;Annette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/comptait" rel="tag"&gt;comptait&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En cette p&#233;riode estivale&lt;/strong&gt;, je peux peut-&#234;tre vous parler d'un aspect de l'usine qui comptait pour les salari&#233;s et qui a disparu parce que leurs visions de vacances sont maintenant calqu&#233;es sur celles des bourgeois et des agences de voyages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout a commenc&#233;&lt;/strong&gt; &#224; une &#233;poque o&#249; l'usine comptait plus de 2 000 salari&#233;s. Dans le droit social, une partie de la masse salariale doit &#234;tre redistribu&#233;e par les directions pour les affaires sociales et culturelles et, depuis 1949, ce sont les comit&#233;s d'&#233;tablissement (CE) qui g&#232;rent cette somme. Les cong&#233;s pay&#233;s &#233;tant une &#171; victoire des salari&#233;s &#187;, les CE ont essay&#233; de proposer des vacances diff&#233;rentes et pas ch&#232;res. Seuls ou avec des CE d'autres bo&#238;tes, ils ont achet&#233; des terrains pour y faire du camping ou pour monter des bungalows.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui va servir de d&#233;cor &#224; cet article se situait &#224; Asnelles, dans le Calvados. Construit en 1967, ce terrain comptait une vingtaine de bungalows en dur qui pouvaient accueillir 4 &#224; 6 personnes. Ils avaient l'&#233;lectricit&#233;, mais pas l'eau courante. Les douches, &#233;viers et autres &#233;taient ext&#233;rieurs et collectifs, et servaient de terrains de jeux pour les enfants. Tout avait &#233;t&#233; fabriqu&#233; avec les moyens du bord, par des ouvriers et des syndicalistes. N'emp&#234;che que, pour l'&#233;poque, &#231;a repr&#233;sentait un vrai plus pour des vacances pas ch&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annette et Roger&lt;/strong&gt; en &#233;taient les gardiens. Employ&#233;s de l'usine (elle en tant que femme de m&#233;nage, lui en tant que m&#233;cano), ils &#233;taient d&#233;tach&#233;s au gardiennage et &#224; l'entretien des lieux du 1er avril au 31 octobre de chaque ann&#233;e. Ils vivaient dans un bungalow durant ces 7 mois. Annette &#233;tait la ma&#238;tresse des lieux. Robert n'&#233;tait que l'homme &#224; tout faire et surtout &#224; tout boire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Petite et rev&#234;che&lt;/strong&gt;, les cheveux ultrafris&#233;s, le rouge &#224; l&#232;vres agressif, Annette &#233;tait g&#233;n&#233;reuse mais se montrait assez autoritaire. &#199;a plaisait plut&#244;t, car elle encadrait les gamins dont les parents se d&#233;barrassaient et, surtout, elle savait g&#233;rer ceux qui abusaient du Ricard. Ce village de vacances, c'&#233;tait toute sa vie. Le matin, avant que tout le monde ne soit lev&#233;, elle allait faire un tour sur la longue plage de sable puis elle rentrait au camp o&#249; le devoir l'appelait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Outre le nettoyage&lt;/strong&gt; des parties communes, elle organisait des tournois de p&#233;tanque ou de belote, des soir&#233;es moules, des ap&#233;ros, ainsi que LA grosse fiesta du 14 juillet. Elle gardait son air renfrogn&#233;, mais on voyait qu'elle prenait plaisir &#224; g&#233;rer tous ces vacanciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#234;me&lt;/strong&gt; au mois d'octobre, alors qu'il n'y avait quasiment plus personne, elle s'y trouvait bien. Bien mieux que dans son appartement en pleine cit&#233; HLM, et bien mieux qu'au boulot, &#224; se lever t&#244;t pour nettoyer les bureaux avant l'arriv&#233;e des cadres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a lui plaisait&lt;/strong&gt; tellement que lorsque est arriv&#233;e la retraite, elle a demand&#233; &#224; continuer cette activit&#233;. Ce qui lui a &#233;t&#233; accord&#233; d'autant plus facilement qu'il aurait &#233;t&#233; difficile de lui trouver une rempla&#231;ante qui accepte l'&#233;loignement et la solitude des mois creux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le probl&#232;me&lt;/strong&gt; c'est qu'au fil des ann&#233;es, le mat&#233;riel s'est d&#233;t&#233;rior&#233; et est devenu obsol&#232;te. Sur le march&#233; des vacances, sont arriv&#233;s les mobil-homes ou d'autres formes d'habitats. Les salari&#233;s ont commenc&#233; &#224; bouder le village de vacances. Seuls y venaient encore les retrait&#233;s qui avaient vieilli avec les bungalows.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; cela&lt;/strong&gt; il a fallu ajouter les plans de restructuration successifs qui ont diminu&#233; le personnel de l'usine et donc la somme allou&#233;e au CE. Comme la plupart des CE, celui de l'usine a d&#251; envisager de se d&#233;faire d'une partie de son patrimoine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le jour o&#249;&lt;/strong&gt; le secr&#233;taire du CE annon&#231;a qu'il cherchait &#224; vendre le camp d'Asnelles, Annette se d&#233;couvrit un sale cancer &lt;i&gt;&#171; dans le ventre &#187;&lt;/i&gt;, comme elle dit. Elle mourut deux ans plus tard, en mars 2000, le jour m&#234;me o&#249; fut sign&#233; l'acte de vente &#224; un homme d'affaires hollandais.
Aujourd'hui, &#224; la place des bungalows se dressent des petits immeubles comme on en trouve beaucoup sur la c&#244;te normande. Sans &#226;me, mais confortables. Personne ne s'y c&#244;toie, il n'y a pas de f&#234;te ni d'ap&#233;ro pris en commun. Il n'y a personne pour animer. Il n'y a pas d'Annette.&lt;/p&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH366/efix_annette-8a48a.png?1782647649' width='400' height='366' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
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		<title>Ce beau braquage de CE</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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		<dc:subject>CGT</dc:subject>
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		<dc:subject>Vacances</dc:subject>
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		<dc:subject>militants CGT</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'histoire que je vais vous raconter aujourd'hui est un peu de la tambouille interne, mais je pense qu'elle m&#233;rite d'&#234;tre connue. Les &#233;lections professionnelles ont lieu dans chaque entreprise tous les deux, trois ou quatre ans, selon les accords. Il s'agit d'&#233;lire les d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel et les repr&#233;sentants au comit&#233; d'&#233;tablissement (CE). Le CE est pris&#233; des syndicalistes car le job ne se limite pas &#224; l'organisation des colonies de vacances : il donne des moyens et pas mal d'heures de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no90-juin-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;90 (juin 2011)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_157 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'histoire&lt;/strong&gt; que je vais vous raconter aujourd'hui est un peu de la tambouille interne, mais je pense qu'elle m&#233;rite d'&#234;tre connue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections professionnelles ont lieu dans chaque entreprise tous les deux, trois ou quatre ans, selon les accords. Il s'agit d'&#233;lire les d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel et les repr&#233;sentants au comit&#233; d'&#233;tablissement (CE). Le CE est pris&#233; des syndicalistes car le job ne se limite pas &#224; l'organisation des colonies de vacances : il donne des moyens et pas mal d'heures de d&#233;l&#233;gation pour militer sur le temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'usine, la CFDT a perdu le CE il y a dix-huit ans, &#224; cause de militants ind&#233;licats qui l'utilisaient &#224; leur avantage (vacances gratuites, magouilles financi&#232;res). Depuis lors, c'est la CGT qui g&#232;re les affaires. Bon, sans faire de la retape pour mon syndicat, on y compte des militants bien investis et assez radicaux. Les directeurs pr&#233;c&#233;dents ont fait avec mais, cette fois, la nouvelle &#233;quipe est particuli&#232;rement anti-rouge, et elle ne veut plus de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 2010, apr&#232;s avoir revu &#224; la baisse le nombre d'heures de d&#233;l&#233;gation, la direction des ressources humaines (DRH) a propos&#233; un nouvel accord &#233;lectoral comportant une red&#233;finition des quotas et du nombre d'&#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ce nouveau calcul, la CGT allait perdre des si&#232;ges, et devenir minoritaire. Nous avons d&#233;nonc&#233; cet accord et fait intervenir un inspecteur du travail qui, au bout de six mois de proc&#233;dures, nous a en partie donn&#233; raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lections se sont d&#233;roul&#233;es d&#233;but avril dans une ambiance assez lourde. R&#233;sultat des courses : la CGT y laisse quelques plumes mais reste majoritaire, avec 52 % des voix et trois &#233;lus, la CFDT compte deux &#233;lus et la CGC un seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que, malgr&#233; ces r&#233;sultats, la CFDT a revendiqu&#233; la gestion du CE ! Ce syndicat est compos&#233; de contrema&#238;tres, de chefs d'&#233;quipe et autres &#171; pousse-cul &#187; qui en ont plus qu'assez de voir le CE aux mains de prolos. Depuis dix-huit ans, ils se targuent d'&#234;tre de meilleurs gestionnaires. Reste &#224; savoir les choix qui seront faits, et en faveur de qui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour reprendre son fief perdu, la CFDT s'est alli&#233;e avec la CGC afin d'&#233;galiser &#224; trois &#233;lus partout. Il aurait fallu que le directeur de la bo&#238;te vote pour la CFDT afin que celle-ci l'emporte, mais c'&#233;tait un peu trop voyant. Le syndicat de Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que a donc trouv&#233; la faille : en cas d'&#233;galit&#233;, c'est le plus vieux qui est &#233;lu. Il a donc pr&#233;sent&#233; un candidat de quelques mois plus &#226;g&#233; que tous les &#233;lus CGT. Fallait y penser&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ateliers, la plupart des salari&#233;s rousp&#232;tent d'&#234;tre mis devant le fait accompli. Nombreux sont ceux qui se sentent trahis, comme si on avait vol&#233; leur vote. D'autant que celui qui a d&#233;croch&#233; le poste de secr&#233;taire du CE a une r&#233;putation d'arriviste, de mec qui a grimp&#233; les &#233;chelons sur le dos des autres. De plus, son vrai boulot est de restructurer la bo&#238;te pour la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a laisse r&#234;veur pour la suite. Et l'on sait que son &#171; challenge &#187;, avant ces &#233;lections, &#233;tait de r&#233;cup&#233;rer les locaux du CE (assez grands, j'en conviens) pour le service formation de l'usine.
Parmi les prolos (o&#249; la CGT reste archi-majoritaire), les militants CFDT passent en g&#233;n&#233;ral pour &#234;tre cul et chemise avec la direction de l'usine : ils mangent ensemble &#224; la cantine, s'appellent par leurs pr&#233;noms m&#234;me en r&#233;union&#8230; Et le jour des &#233;lections, la DRH a pass&#233; son temps avec les militants c&#233;d&#233;tistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait &#233;galement quelles sont les mesures prises lorsque la CFDT reprend un CE &#224; la CGT. Les copains de Renault-Cl&#233;on l'ont subi : attribution de ch&#232;ques vacances sans tenir compte des revenus, abandon des aides sociales, propositions de voyages et de vacances correspondant aux crit&#232;res des cadres (Club Med plut&#244;t que villages de vacances), etc. Aux salari&#233;s de ne pas se laisser faire. Quant aux militants CGT qui donnaient beaucoup de leur temps pour les activit&#233;s sociales, ils vont de nouveau faire du syndicalisme, et ce n'est sans doute pas plus mal.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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