<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=10024&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1782637830</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Tourisme m&#233;dical... mais qu'est-ce qu'on va faire de &#231;a ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Tourisme-medical-mais-qu-est-ce-qu</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Tourisme-medical-mais-qu-est-ce-qu</guid>
		<dc:date>2015-03-16T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230;</dc:subject>
		<dc:subject>Martin</dc:subject>
		<dc:subject>soins</dc:subject>
		<dc:subject>qu'est-ce</dc:subject>
		<dc:subject>oblig&#233; Martin</dc:subject>
		<dc:subject>Martin Hirsch</dc:subject>
		<dc:subject>L'affaire s'est</dc:subject>
		<dc:subject>directeur g&#233;n&#233;ral</dc:subject>
		<dc:subject>l'Assistance publique</dc:subject>
		<dc:subject>s'est produite</dc:subject>
		<dc:subject>Fame</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'affaire s'est produite en mai 2014 et a oblig&#233; Martin Hirsch, directeur g&#233;n&#233;ral de l'Assistance publique&#8200;&#8211; H&#244;pitaux de Paris, &#224; sortir de sa r&#233;serve : &#171; Qu'est-ce qui choque, ici ? [&#8230;]&#8200;Ces malades &#233;trangers, attir&#233;s par la renomm&#233;e de nos &#233;tablissements, paient 30 % plus cher que le tarif de la S&#233;curit&#233; sociale. Et s'ils ont des exigences particuli&#232;res en termes de nourriture ou de confort, ils les payent eux-m&#234;mes. &#187; L'origine de ce buzz path&#233;tique : une suite de chambres de l'H&#244;pital (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no129-fevrier-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;129 (f&#233;vrier 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-va-faire-de-76" rel="tag"&gt;Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Martin" rel="tag"&gt;Martin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/soins" rel="tag"&gt;soins&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-est-ce" rel="tag"&gt;qu'est-ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/oblige-Martin" rel="tag"&gt;oblig&#233; Martin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Martin-Hirsch" rel="tag"&gt;Martin Hirsch&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-affaire-s-est" rel="tag"&gt;L'affaire s'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/directeur-general" rel="tag"&gt;directeur g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Assistance-publique" rel="tag"&gt;l'Assistance publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/s-est-produite" rel="tag"&gt;s'est produite&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fame" rel="tag"&gt;Fame&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'affaire s'est produite en mai 2014 et a oblig&#233; Martin Hirsch, directeur g&#233;n&#233;ral de l'Assistance publique&#8200;&#8211; H&#244;pitaux de Paris, &#224; sortir de sa r&#233;serve : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce qui choque, ici ?&lt;/i&gt; [&#8230;]&#8200;&lt;i&gt;Ces malades &#233;trangers, attir&#233;s par la renomm&#233;e de nos &#233;tablissements, paient 30 % plus cher que le tarif de la S&#233;curit&#233; sociale. Et s'ils ont des exigences particuli&#232;res en termes de nourriture ou de confort, ils les payent eux-m&#234;mes.&lt;/i&gt; &#187; L'origine de ce buzz path&#233;tique : une suite de chambres de l'H&#244;pital Ambroise-Par&#233; de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) pr&#233;empt&#233;es par un &#233;mir tandis que des gueux estropi&#233;s attendaient un lit d'hospitalisation pour cause d'urgences satur&#233;es. Traiteurs, travaux et am&#233;nagements divers, r&#233;servation de places de parking, les caprices du p&#233;tro-monarque avaient nourri tous les fantasmes. Et certains de persifler : l'h&#244;pital public doit-il &#234;tre sponsoris&#233; par le Qatar tel un club de foot pour divas du ballon rond ? Sobre et pragmatique, Hirsch avait alors rappel&#233; l'objectif de soigner 1&#8200;% de patients &#233;trangers ais&#233;s. Un tourisme m&#233;dical taill&#233; pour la &lt;i&gt;upper class&lt;/i&gt; mondiale cens&#233; rapporter quelque 8&#8200;millions d'euros, &#171; &lt;i&gt;de quoi r&#233;duire de 15&#8200;% notre d&#233;ficit&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que l'aide m&#233;dicale d'&#201;tat (AME) r&#233;serv&#233;e aux sans-papiers fait l'objet d'incessantes surench&#232;res x&#233;nophobes, se d&#233;veloppent insidieusement les avatars de son miroir invers&#233;. &#201;trangers pleins aux as, nos h&#244;pitaux et toubibs n'attendent que vous. Le r&#233;seau Fame (France accueil m&#233;dical &#233;trangers) fait sa pub en conjuguant excellence sanitaire et attrait touristique fran&#231;ais. A c&#244;t&#233; des s&#233;jours sur mesure o&#249; tout est pris en charge, de la descente de l'avion &#224; la paperasserie administrative, Fame propose des packs sant&#233; tel le &#171; bilan sant&#233; et visite de Paris &#187;, 5&#8200;jours/4 nuits pour 4&#8200;999&#8200;euros. &#171; &lt;i&gt;Entre une &#233;chographie et une prise de sang, qui ne serait pas tent&#233; par une pause-caf&#233; sur la plus grande avenue du monde ou un petit tour dans les nombreuses boutiques parisiennes ?&lt;/i&gt; &#187; Les toubibs stipendi&#233;s par Fame n'ont pas &#224; faire la gr&#232;ve de la carte Vitale, juste &#224; &#234;tre pr&#234;ts &#224; prendre l'avion pour intervenir, quel que soit le continent, au chevet de n'importe quel ploutocrate clou&#233; au pieu. Leur nom ? Les &#171; &lt;i&gt; flying doctors&lt;/i&gt; &#187;. Tandis que Touraine soumet notre syst&#232;me de soins &#224; une purge de 10&#8200;milliards d'euros, Fame n'h&#233;site pas &#224; sortir l'artillerie lourde : &#171; &lt;i&gt;Pour tout transport m&#233;dical a&#233;rien, Fame Sant&#233; met &#224; votre disposition des avions ambulances ou des &#233;quipes m&#233;dicales hautement exp&#233;riment&#233;es pour vous accompagner lors de vos voyages.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la mondialisation a pouss&#233; bon nombre d'&#233;conomies nationales &#224; se sp&#233;cialiser, les syst&#232;mes de soins subissent de plein fouet la m&#234;me logique. Des pays comme l'Inde et la Tha&#239;lande se font un nom dans le domaine des soins orthop&#233;diques ou de la chirurgie cardiaque, le Br&#233;sil maintient sa &lt;i&gt;pole position&lt;/i&gt; en mati&#232;re de chirurgie plastique, la Croatie entend briller dans le domaine de la dentisterie, etc. Tandis que les &#233;tats soumis &#224; des purges aust&#233;ritaires sabrent dans leurs d&#233;penses de sant&#233;, les offres sanitaires d&#233;sertent le giron du service public pour jouer des coudes dans cette nouvelle comp&#233;tition mondiale &#224; deux vitesses : d'un c&#244;t&#233;, des populations ais&#233;es vont chercher ailleurs des soins de haut standing ; de l'autre, une palanqu&#233;e d'imp&#233;cunieux est pouss&#233;e &#224; l'exil pour une proth&#232;se de hanche ou un implant dentaire abordable. Le malade, transform&#233; en consommateur de soins, doit d&#233;sormais faire son march&#233; via Internet. Le site health-tourism.com permet par exemple de choisir sa destination touristico-sanitaire en fonction du bobo &#224; soigner. Plus d'une trentaine de pays sont list&#233;s. &#224; Singapour, le docteur Khoo Chong Yew op&#232;re des cataractes, en Turquie sa cons&#339;ur S&#252;meyye Altintas Kaksi, dermatologue, s'occupera de votre m&#233;lanome. Photos et CV des professionnels de sant&#233; sont sur le site. Voil&#224; qui rassure. Aux 50 millions de &lt;i&gt;loosers&lt;/i&gt; am&#233;ricains vivotant sans couverture sociale, le site internationalliving.com propose des destinations &lt;i&gt;low-cost&lt;/i&gt;. 1 500&#8200;dollars le pacemaker au Panama contre 5&#8200;000 dollars aux USA. A ce prix-l&#224;, on aurait tord de passer de vie &#224; tr&#233;pas. En France, 60 % de la population a d&#233;j&#224; renonc&#233; &#224; des soins faute de pognon. Malades, &#224; vos charters.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; On va faire des trucs fous ! &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/On-va-faire-des-trucs-fous</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/On-va-faire-des-trucs-fous</guid>
		<dc:date>2012-10-12T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Aurel</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Direction</dc:subject>
		<dc:subject>marketing</dc:subject>
		<dc:subject>millions</dc:subject>
		<dc:subject>directeur g&#233;n&#233;ral</dc:subject>
		<dc:subject>l'association Marseille-Provence</dc:subject>
		<dc:subject>Futur T&#233;l&#233;com</dc:subject>
		<dc:subject>public Eurom&#233;diterran&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Cibon</dc:subject>
		<dc:subject>Gilles Brunschwig</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 19 juin, la Chambre de commerce pr&#233;sentait les perspectives de Marseille Provence 2013 (MP 2013) aux entrepreneurs du cru. D&#233;guis&#233; en start-up, CQFD &#233;tait l&#224; et, l'espace d'un battement de paupi&#232;res, s'est laiss&#233; griser par un m&#233;ga-puissant Powerpoint con&#231;u pour taper dans l'&#339;il des potentiels m&#233;c&#232;nes. &#192; six mois de son lancement, l'ann&#233;e Capitale a toujours un faux air de r&#233;alit&#233; virtuelle. Gilles Brunschwig, directeur g&#233;n&#233;ral de Futur T&#233;l&#233;com, ouvre le bal et donne la parole &#224; Hugues (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no102-juillet-aout-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;102 (juillet-ao&#251;t 2012)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aurel" rel="tag"&gt;Aurel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Direction" rel="tag"&gt;Direction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/marketing" rel="tag"&gt;marketing&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/millions" rel="tag"&gt;millions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/directeur-general" rel="tag"&gt;directeur g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-association-Marseille-Provence" rel="tag"&gt;l'association Marseille-Provence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Futur-Telecom" rel="tag"&gt;Futur T&#233;l&#233;com&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/public-Euromediterranee" rel="tag"&gt;public Eurom&#233;diterran&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cibon" rel="tag"&gt;Cibon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilles-Brunschwig" rel="tag"&gt;Gilles Brunschwig&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 19 juin, la Chambre de commerce pr&#233;sentait les perspectives de Marseille Provence 2013 (MP 2013) aux entrepreneurs du cru. D&#233;guis&#233; en start-up, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &#233;tait l&#224; et, l'espace d'un battement de paupi&#232;res, s'est laiss&#233; griser par un m&#233;ga-puissant Powerpoint con&#231;u pour taper dans l'&#339;il des potentiels m&#233;c&#232;nes. &#192; six mois de son lancement, l'ann&#233;e Capitale a toujours un faux air de r&#233;alit&#233; virtuelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Gilles Brunschwig, directeur g&#233;n&#233;ral de Futur T&#233;l&#233;com, ouvre le bal et donne la parole &#224; Hugues de Cibon, pass&#233; de la direction du marketing de l'&#233;tablissement public Eurom&#233;diterran&#233;e &#224; la direction du marketing et du m&#233;c&#233;nat de l'association Marseille-Provence 2013. Ce soir, c'est lui le grand ma&#238;tre du Powerpoint. Sur la premi&#232;re page, s'&#233;talent les logos des sponsors d&#233;j&#224; en piste : Air France, SNCF, Accor, Eurocopter, La Poste, EDF, Orange&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre gens s&#233;rieux, on parle d'abord argent : &lt;i&gt;&#171; MP 2013 dispose de quatre-vingt-onze millions de budget pour la programmation de quatre cents &#233;v&#233;nements, soixante expos, des centaines de concerts. Deux millions de touristes suppl&#233;mentaires sont attendus. Six cents millions de retomb&#233;es &#233;conomiques sont escompt&#233;es. Dix nouveaux lieux embl&#233;matiques sont construits ou en voie de l'&#234;tre. Comme avec le Guggenheim &#224; Bilbao, tout &#231;a va changer l'image de ce territoire. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'y croirait d&#233;j&#224; si l'on n'&#233;tait pas venu jusqu'ici &#224; pied. Sur la rue de la R&#233;publique, on a bien vu les effets de la revitalisation : plus aucun commerce de proximit&#233;, des enseignes de semi-luxe sans client&#232;le malgr&#233; les campagnes publicitaires (&lt;i&gt;&#171; Je fais mon shopping en r&#233;publique &#187;&lt;/i&gt;) et la plupart des appartements r&#233;nov&#233;s toujours vides. Plus surprenant, l'&#233;tat actuel de la vitrine num&#233;ro un d'Euromed, les docks de La Joliette. Anciens entrep&#244;ts du port transform&#233;s en &#233;difice de prestige pour les entreprises high-tech cens&#233;es dynamiser la zone, on y avait install&#233;, de part et d'autre d'une passerelle de bois &#233;voquant l'embarcad&#232;re d'un port de plaisance et enjambant des plans d'eau artificiels, les open-spaces de diverses boites de conseil ou de t&#233;l&#233;phonie. Pour nourrir et d&#233;salt&#233;rer leurs salari&#233;s en costumes gris anthracite, restaurants et caf&#233;s avaient pris pied l&#224;. Aujourd'hui, plus rien. &#192; part l'espace d'exposition Euromed, o&#249; a lieu la r&#233;union, tout le rez-de-chauss&#233;e est &#224; l'abandon. Les loyers sont trop &#233;lev&#233;s, para&#238;t-il. Pour cacher le vide, on a tendu des stores sur les baies vitr&#233;es. Floqu&#233;s dessus, des mots : &#171; Urbain &#187;, &#171; Culture &#187;, &#171; D&#233;tente &#187;, &#171; Concept &#187;&#8230; &#192; c&#244;t&#233; des ascenseurs, les pendrillons annon&#231;ant les bo&#238;tes install&#233;es aux &#233;tages ont l'air d&#233;fraichi. On pense aux usines en carton-p&#226;te de Tintin au pays des soviets. Et c'est l&#224; que les patrons locaux ont &#233;t&#233; convi&#233;s &#224; d&#233;couvrir l'&#233;poustouflant programme de MP 2013, capitale europ&#233;enne de la culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; une trentaine de cadres et autres stagiaires mandat&#233;s, Hugues de Cibon envoie le bois : &lt;i&gt;&#171; Les capitales culturelles d'Avignon ou de Paris, personne ne s'en souvient. C'est avec Lille 2004 que les villes ont compris qu'il fallait se r&#233;approprier le label et en faire l'acc&#233;l&#233;rateur de transformations urbaines d&#233;j&#224; en cours. &#192; Lille, il y a eu neuf millions de visiteurs et quatre mille journalistes. En 2008, Liverpool a r&#233;colt&#233; quinze millions de visiteurs et neuf cents millions de retomb&#233;es &#233;conomiques, sans oublier l'impact m&#233;diatique. Ruhr 2010 a &#233;coul&#233; pour un million et demi de produits d&#233;riv&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; Dans la salle, les mandat&#233;s pianotent sur leur Ipad comme sur le&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_445 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH273/102aurel-04ec4.png?1782919451' width='400' height='273' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Aurel
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;clavier d'une caisse enregistreuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Avant, on inaugurait une ann&#233;e Capitale en invitant un musicien de renom que cinq cents privil&#233;gi&#233;s allaient &#233;couter et que le reste de la population d&#233;couvrait &#224; la t&#233;l&#233;. Depuis Lille, on sait que le succ&#232;s d&#233;pend de la participation des habitants. &#187;&lt;/i&gt; C'est marrant, Futur T&#233;l&#233;com n'appara&#238;t pas sur le Powerpoint. On y voit bien un Avenir T&#233;l&#233;com, mais&#8230; Brunschwig s'est-il emm&#234;l&#233; les pinceaux ? Sa bo&#238;te existe-t-elle vraiment&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s l'avoir googlelis&#233;, CQFD peut affirmer que oui, FT existe, c'est une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ? &lt;i&gt;&#171; Sur les places de Lille, on a fait danser les gens sur les places, tous v&#234;tus de blanc. &#192; Marseille, il y aura des bals inauguraux th&#233;matiques : baroque, &#233;lectro, musique du monde&#8230; Et afin d'unifier le territoire, qui va d'Arles &#224; Aubagne en passant par Aix-en-Provence, la patrouille de France sillonnera le ciel pour un ballet a&#233;rien. &#187;&lt;/i&gt; Pets supersoniques et l&#226;cher de gaz bleu-blanc-rouge garantis jusqu'au-del&#224; de l'horizon&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Dans un esprit participatif, les sir&#232;nes du port et de la ville seront actionn&#233;es et la population invit&#233;e &#224; poursuivre cette Grande Clameur &#224; l'unisson partout o&#249; elle se trouvera. &#187;&lt;/i&gt; Pressant le pas pour fuir le ridicule, de Cibon aligne ensuite les &#233;v&#233;nements les plus marquants : un ballet de pelles m&#233;caniques sur les plages du Prado, une procession d'artistes tristes puisant soudain des pigments de couleur dans leurs poches et en aspergeant le public &#233;bahi (&lt;i&gt;&#171; C'est une surprise, il ne faut pas le dire, et les pigments partent facilement au lavage &#187;&lt;/i&gt;), un circuit de grande randonn&#233;e balis&#233; par des plasticiens, une spectaculaire transhumance de chevaux de Camargue et de moutons, pour &lt;i&gt;&#171; une sorte de land art en encore plus &#233;ph&#233;m&#232;re &#187;&lt;/i&gt;, un village m&#233;diterran&#233;en en trompe-l'&#339;il sur la digue du Grand Large, Daniel Buren expos&#233; &#224; Istres, une grande parade nautique&#8230; Avec un clin d'&#339;il complice : &lt;i&gt;&#171; Le risque, c'est qu'en 2013, on n'ait plus le temps de travailler tellement on sera absorb&#233; par le spectacle ! &#187;&lt;/i&gt; Ce qui ne fait rire personne parmi les pr&#233;sents. &lt;i&gt;&#171; On va faire des trucs un peu fous ! &#187;&lt;/i&gt;, s'enflamme alors le bateleur. Une &lt;i&gt;&#171; Nuit industrielle &#187;&lt;/i&gt; &#224; Martigues, &lt;i&gt;&#171; o&#249; l'on s'appropriera les cuves de p&#233;trole pour des concerts et des illuminations &#187;&lt;/i&gt;. Avec&lt;i&gt; &#171; Ext&#233;rieur jour &#187;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;(&#171; &#199;a, &#231;a va co&#251;ter tr&#232;s cher ! &#187;&lt;/i&gt;), la tour Saint-Jean couverte de leds projettera l'image d'une danseuse dont vous pourrez, via votre smartphone, acc&#233;l&#233;rer les mouvements depuis le quai d'en face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Orange d&#233;veloppe actuellement une application sp&#233;ciale 2013. C'est de la r&#233;alit&#233; amplifi&#233;e, pour une proximit&#233; imm&#233;diate des &#233;v&#233;nements &#187;&lt;/i&gt; &#8211; un GPS de la conso cul, si on comprend bien. Et toujours en mode participatif, les &lt;i&gt;&#171; quartiers cr&#233;atifs &#187;&lt;/i&gt; : dix zones promises &#224; des mutations urbaines seront investies par des artistes de terrain&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Luc Brisson lance par exemple son Bank of paradise au Plan d'Aou, o&#249; il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, tout un dispositif est propos&#233; aux acteurs &#233;conomiques : partenariat officiel, partenariat grands projets, supporters&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; 94% des entreprises du territoire comptent moins de dix salari&#233;s. Nous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, club des entreprises. Une chauffeuse de salle lance :&lt;i&gt; &#171; On peut s'abonner &#224; la newsletter pour mille euros ! &#187;&lt;/i&gt; Le s&#233;millant de Cibon insiste : &lt;i&gt;&#171; Nous pouvons organiser et labelliser vos f&#234;tes d'entreprises. &#187;&lt;/i&gt; Son comp&#232;re Brunschwig offre des r&#233;sidences d'artiste : &lt;i&gt;&#171; Futur T&#233;l&#233;com a h&#233;berg&#233; une artiste nomade&lt;/i&gt; ( &#8211;&lt;i&gt;&#8220;Comme tous les artistes aujourd'hui&#8221;&lt;/i&gt;, surench&#233;rit de Cibon), &lt;i&gt;elle a interview&#233; vingt-deux de nos salari&#233;s qui ont accept&#233; de lui parler de leur vie hors travail. Elle est ensuite partie dans ce qu'elle appelle une &#8220;d&#233;rive&#8221;cr&#233;ative &#224; travers des lieux aussi improbables que Gardanne ou le stade v&#233;lodrome. &#187;&lt;/i&gt; Se soul&#232;ve alors une imposante executive woman d'Hammerson, promoteur britannique qui a rachet&#233; le projet Terrasses du Port, pour regretter de ne pouvoir boucler le chantier avant 2013. &lt;i&gt;&#171; Une artiste est tout de m&#234;me en r&#233;sidence chez nous. &#187;&lt;/i&gt; Celle-ci se l&#232;ve et parle de son court m&#233;trage participatif, o&#249; l'on verra une m&#232;re de famille du quartier populaire de Saint-Lazare, &lt;i&gt;&#171; qui tourne le dos &#224; la mer &#187;&lt;/i&gt;, tomber amoureuse d'une femme cadre bossant &lt;i&gt;&#171; ici, sur la fa&#231;ade maritime &#187;&lt;/i&gt;. D&#233;sarmante m&#233;taphore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Cibon de conclure : &lt;i&gt;&#171; Maud, ma charg&#233;e de m&#233;c&#233;nat, est &#224; votre disposition, elle consacre 100 ou m&#234;me 150 % de son temps &#224; satisfaire nos partenaires. &#187;&lt;/i&gt; Assise au premier rang, Maud courbe par avance l'&#233;chine sur son agenda &#233;lectronique, mais personne ne se pr&#233;cipite. Derri&#232;re les petits-fours, les sourires et les images de synth&#232;se, on sent poindre l'inqui&#233;tude : et si cet &#233;norme coup de bluff faisait pschitt ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Apr&#232;s l'avoir googlelis&#233;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; peut affirmer que oui, FT existe, c'est une filiale de SFR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jean-Luc Brisson lance par exemple son Bank of paradise au Plan d'Aou, o&#249; il organise d&#233;j&#224; un atelier de fabrication de fausse monnaie avec les jeunes de la cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; 94% des entreprises du territoire comptent moins de dix salari&#233;s. Nous prenons en compte cette donn&#233;e. Mais cela ne les exclut pas. Nous avons cr&#233;&#233; la cat&#233;gorie &#8220;supporters&#8221; &#224; leur intention. Leur apport peut se faire en nature, en fonction de leur champ d'expertise. Une entreprise qui g&#232;re une carri&#232;re peut nous apporter deux tonnes de sable pour cr&#233;er une oasis. Nous sommes &#233;galement en contact avec plusieurs traiteurs. &#187;&lt;/i&gt; Propos de Hugues de Cibon recueillis par Beno&#238;t Gilles, &lt;i&gt;La Marseillaise&lt;/i&gt;, 22 avril 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
