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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Laissez lutter les petits papiers</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Lasserpe</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;En arrivant &#224; Grand-Couronne, pr&#232;s de Rouen, par le boulevard industriel, on longe la raffinerie Petroplus, devenue une usine fant&#244;me totalement d&#233;sert&#233;e. Il y a encore les stockages rouill&#233;s, l'immense chemin&#233;e rouge et blanche qui symbolisait la bo&#238;te ainsi que les tuyauteries entrem&#234;l&#233;es en attente de destruction et de reconversion du site. Juste apr&#232;s, se trouve la papeterie UPM-Kymmene que tout le monde continue &#224; appeler Chapelle Darblay, son nom historique. Les salari&#233;s de cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no129-fevrier-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;129 (f&#233;vrier 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chapelle-Darblay" rel="tag"&gt;Chapelle Darblay&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En arrivant &#224; Grand-Couronne, pr&#232;s de Rouen, par le boulevard industriel, on longe la raffinerie Petroplus, devenue une usine fant&#244;me totalement d&#233;sert&#233;e. Il y a encore les stockages rouill&#233;s, l'immense chemin&#233;e rouge et blanche qui symbolisait la bo&#238;te ainsi que les tuyauteries entrem&#234;l&#233;es en attente de destruction et de reconversion du site. Juste apr&#232;s, se trouve la papeterie UPM-Kymmene que tout le monde continue &#224; appeler Chapelle Darblay, son nom historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salari&#233;s de cette usine ont appris en novembre dernier que leur patron finlandais et les actionnaires avaient d&#233;cid&#233; de d&#233;graisser quatre usines europ&#233;ennes. Pour celle de Grand Couronne, il s'agit de 196 emplois supprim&#233;s (60% du personnel). L'annonce &#224; peine connue, les salari&#233;s ont multipli&#233; les actions, manifs, gr&#232;ves, occupations de p&#233;ages, etc. Les actions habituelles en riposte &#224; de telles annonces. Galvanis&#233;s par la lutte des voisins raffineurs dont la plupart ont suivi le mouvement, les papetiers affirment vouloir faire plus et plus fort lors des AG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, les salari&#233;s organisent une journ&#233;e portes ouvertes. Odeurs de merguez, affichage de propositions pour que les communes alentour pr&#233;emptent l'usine, discours de syndicalistes de la CGT. Tous les papetiers pr&#233;sents arborent un t-shirt noir sur lequel on peut lire &#171; non au d&#233;mant&#232;lement &#187; ou &#171; non aux 196 suppressions d'emplois &#187;. Il y a beaucoup de monde, des familiers mais aussi des gens venus en soutien. Ce n'&#233;tait pas gagn&#233; surtout que, ce m&#234;me jour, des manifestations Charlie sont programm&#233;es dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je profite d'une visite comment&#233;e par des syndicalistes pour rentrer dans l'usine. C'est b&#234;te &#224; dire mais j'aime bien visiter les lieux de travail. J'arrive m&#234;me parfois &#224; trouver ces lieux plut&#244;t beaux et, pour le moins, impressionnants. Lors de ces d&#233;ambulations organis&#233;es, il n'est pas facile de parler du travail, de la hi&#233;rarchie, des horaires et de ce qui fait le quotidien des ouvriers. On &#233;voque le bruit et la chaleur &#233;touffante des ateliers, mais c'est tout. Ceux qui font la visite essaient toujours de prouver que l'usine est une bonne usine qui fabrique de bons produits. D'ailleurs, notre accompagnateur insiste sur la dimension &#233;cologique de l'usine. Pour faire le papier qui sort des machines, il n'est plus question d'utiliser du bois. Ici, tout est fait avec le papier recycl&#233; qui vient de tout le nord et l'ouest du pays. Le papier est d&#233;sencr&#233;, nettoy&#233; de ses agrafes et des impuret&#233;s pour devenir une p&#226;te &#224; papier blanche comme du lait qui est enfin transform&#233;e en papier journal. La chaudi&#232;re est de type biomasse et tous les d&#233;chets ainsi que l'eau sont recycl&#233;s et &#233;pur&#233;s. Mon cornac m'explique que le seul rejet est ce petit filet de vapeur d'eau qui s'&#233;chappe de la chemin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La papeterie, presque nonag&#233;naire, &#233;tale ses b&#226;timents gigantesques, certains encore en briques, d'autres plus modernes, sur plusieurs centaines de m&#232;tres. Dans tous les coins de l'usine, des mannequins ont &#233;t&#233; diss&#233;min&#233;s pour symboliser les emplois qui vont &#234;tre supprim&#233;s. Il y a un mannequin diff&#233;rent, pendu &#224; une rambarde, qui personnifie le patron, et surtout comment il devrait finir. Des banderoles ont &#233;t&#233; accroch&#233;es un peu partout, pour dire qu'il n'y aura pas de licenciement, ou qu'il vaut mieux mourir debout que vivre &#224; genoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La papeterie sort annuellement 350 000 tonnes de papier, par bobines de 20&#8200;tonnes. Ce papier est utilis&#233; par les quotidiens r&#233;gionaux, &lt;i&gt;Paris-Normandie&lt;/i&gt;, bien s&#251;r, mais aussi &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt;, ainsi que tous les quotidiens du Nord et de la r&#233;gion Paca. La direction veut garder le papier journal et supprimer les deux unit&#233;s fabriquant le papier couch&#233; qui sert pour les magazines et transf&#233;rer cette fabrication vers une papeterie allemande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#224; quoi les salari&#233;s r&#233;pondent que ce type de papier repr&#233;sente seulement 30&#8200;% de la fabrication et qu'on ne peut pas supprimer 60&#8200;% de l'effectif dans ce cas. Tr&#232;s remont&#233;s, ils ont tous en m&#233;moire le conflit de 1983, lorsque les salari&#233;s de la Chapelle Darblay s'&#233;taient bagarr&#233;s pendant 100 jours, face &#224; la direction, face &#224; Fabius, alors Premier ministre, et face aux flics venus les d&#233;loger. Ce conflit avait marqu&#233; la r&#233;gion rouennaise. Les papetiers avaient gagn&#233; le maintien du site et des 900&#8200;emplois. H&#233;las, le temps a jou&#233; contre le mouvement social et, au moyen de restructurations &#171; douces &#187; bas&#233;es sur des d&#233;parts en retraite non remplac&#233;s, les patrons ont r&#233;ussi &#224; tailler dans les effectifs. Pourtant, ces luttes de &#171; retardement &#187; permettent presque toujours aux ouvriers d'obtenir de meilleures conditions de d&#233;part. Et cela, les papetiers d'UPM-Kymmene le savent tr&#232;s bien.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une simple vue de l'esprit !&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1402 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH537/actu-lasserpe-272-38-2-6079a.jpg?1782642190' width='400' height='537' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lasserpe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D'une fermeture l'autre</title>
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		<dc:date>2013-07-04T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>n'est</dc:subject>
		<dc:subject>fermeture</dc:subject>
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		<dc:subject>appareils photos</dc:subject>
		<dc:subject>l'air</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 16 avril dernier, &#224; Rouen, devant le tribunal de commerce, et devant une flop&#233;e de journalistes, cam&#233;ras et appareils photos en joue, 300 manifestants apprennent que les repreneurs de P&#233;troplus ne font pas le taf. Ce n'est m&#234;me pas la col&#232;re. Juste comme un abattement. Une nouvelle annonce de liquidation de bo&#238;te. Dans l'assembl&#233;e, il n'y a pas que des salari&#233;s de la raffinerie et ils semblent presque plus d&#233;&#231;us que les raffineurs eux-m&#234;mes. Bien s&#251;r, on pourrait se demander quelle est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no111-Mai-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;111 (Mai 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Efix" rel="tag"&gt;Efix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fermeture" rel="tag"&gt;fermeture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/salaries" rel="tag"&gt;salari&#233;s&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/manifestants-apprennent" rel="tag"&gt;manifestants apprennent&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-air" rel="tag"&gt;l'air&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 16 avril dernier, &#224; Rouen, devant le tribunal de commerce, et devant une flop&#233;e de journalistes, cam&#233;ras et appareils photos en joue, 300 manifestants apprennent que les repreneurs de P&#233;troplus ne font pas le taf. Ce n'est m&#234;me pas la col&#232;re. Juste comme un abattement. Une nouvelle annonce de liquidation de bo&#238;te. Dans l'assembl&#233;e, il n'y a pas que des salari&#233;s de la raffinerie et ils semblent presque plus d&#233;&#231;us que les raffineurs eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, on pourrait se demander quelle est la l&#233;gitimit&#233; de ces juges du tribunal de commerce qui sont des patrons qu'on a plac&#233;s l&#224;. Leur d&#233;cision est obligatoirement biais&#233;e par leurs int&#233;r&#234;ts. Mais les pseudo-repreneurs libanais, panam&#233;ens ou &#233;gyptiens (m&#234;me avec le soutien de Montebourg) avaient l'air tout sauf fiables. Pas plus cr&#233;dibles qu'un Gary Klesh qui a rachet&#233; les usines d'Arkema, pour les fermer au bout de huit mois apr&#232;s avoir empoch&#233; le pactole. De toute fa&#231;on, malgr&#233; les promesses, quel repreneur aurait investi 450 millions d'euros minimum, rien que dans les r&#233;parations de machines avant le red&#233;marrage ? Seule l'intersyndicale avait l'air d'y croire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_672 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH729/p13-cqfd40-ecf63.png?1782637863' width='400' height='729' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;P&#233;troplus, c'&#233;tait un conflit bizarre (voir &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Un-drole-de-conflit'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; de janvier 2013&lt;/a&gt;), avec des actions m&#233;diatiques et peu de mobilisation. Avec une &#171; intersyndicale &#187; qui a fait le show pendant que les salari&#233;s d&#233;l&#233;guaient, sans savoir si cette d&#233;l&#233;gation de pouvoir &#233;tait due &#224; l'inertie de la bureaucratie syndicale ou au peu de &lt;i&gt;fighting spirit&lt;/i&gt; des salari&#233;s. Un peu des deux sans doute. R&#233;sultats des courses : dans les salons feutr&#233;s, o&#249; se pressaient ministres, &#233;lus locaux et industriels plus ou moins v&#233;reux, les prolos se sont fait avoir avec ou sans leur consentement. On leur a fait miroiter des choses qui ne se feront pas, on leur a fait croire que tout se joue entre gens responsables. Et quel sentiment d'importance, tout &#224; coup, de se retrouver dans les salons minist&#233;riels ! Idem, quand on joue le jeu de la m&#233;diatisation &#224; outrance, il arrive que certains prennent la grosse t&#234;te devant un micro ou une cam&#233;ra. Je ne leur jette pas la pierre. Quand on se trouve face &#224; une fermeture de bo&#238;te, avec des coll&#232;gues qui n'ont pas trop envie de lutter, ce n'est pas simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'annonce du 16 avril, les salari&#233;s de P&#233;troplus ont re&#231;u leur lettre de licenciement, sauf une centaine d'entre eux qui doivent rester pour le d&#233;mant&#232;lement. Il y a toujours des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales &#224; l'entr&#233;e de l'usine, o&#249; il est question d'autres pistes de reprise ou de nationalisation, mais avec beaucoup moins de monde. Pire m&#234;me, ceux qui tiennent les AG ne peuvent plus rentrer sur le site puisqu'ils se sont fait virer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et encore, les raffineurs ne vont pas s'en tirer trop mal. Avec les stocks de brut, avec les soutiens locaux et gouvernementaux, leur plan de licenciement ne va pas &#234;tre trop mauvais. Le gros de la casse sociale, comme souvent, ce sera pour les entreprises partenaires et pour les emplois induits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la d&#233;pollution d'un site gorg&#233; d'hydrocarbures, qui va s'en charger et qui va le financer ? P&#233;troplus ne peut pas payer, quant &#224; l'ancien propri&#233;taire (Shell), il ne veut pas payer. Du coup, cette d&#233;pollution, qui va s'&#233;taler sur plusieurs ann&#233;es, sera sans doute &#224; la charge des pouvoirs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que va-t-il y avoir &#224; la place de la raffinerie ? Le port autonome de Rouen a des projets de stockage et de logistique (encore davantage de camions pour transporter&#8230; du carburant). Il est aussi question, comme &#224; chaque fermeture de site polluant, d'une fabrique fant&#244;me de panneaux photovolta&#239;ques (tr&#232;s polluants, le silicium est canc&#233;rig&#232;ne). Tout est possible, surtout le plus absurde. Certes, dans un bel &#233;lan d'optimisme, on peut se dire que la fin de la raffinerie signifiera, &#224; moyen terme, moins de pollution dans la r&#233;gion, peut-&#234;tre moins d'asthmatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cette fermeture n'est pas li&#233;e &#224; un combat d'&#233;cologistes ou de d&#233;croissants. Ce sont les patrons des trusts p&#233;troliers qui ont fourbi cette strat&#233;gie. Non pas parce qu'il y a surcapacit&#233; de raffinage en Europe, mais pour &#233;couler les fabrications des raffineries construites derni&#232;rement en Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article, juste pour dire qu'on ne peut se satisfaire de ce type de fermeture. Si les Total, Shell, Exxon et autres poussent &#224; la fermeture des raffineries ici, ce n'est pas pour la puret&#233; de l'air, c'est seulement pour augmenter leurs b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;industrialisation &#233;lectorale</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Reindustrialisation-electorale</link>
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		<dc:date>2012-04-09T06:48:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>Parce</dc:subject>
		<dc:subject>salari&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>raffinerie</dc:subject>
		<dc:subject>raffinerie Petroplus</dc:subject>
		<dc:subject>Petroplus</dc:subject>
		<dc:subject>l'agglom&#233;ration rouennaise</dc:subject>
		<dc:subject>fermeture annonc&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>l'agglom&#233;ration</dc:subject>
		<dc:subject>raffinerie fran&#231;aise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En ce moment, dans l'agglom&#233;ration rouennaise, nous vivons au rythme de la fermeture annonc&#233;e de la raffinerie P&#233;troplus, &#224; Petit-Couronne. Il faut dire que cette grosse usine fait partie de l'histoire de l'agglom&#233;ration. Premi&#232;re raffinerie fran&#231;aise lors de sa construction en 1929, elle fut sabot&#233;e pour ne pas tomber aux mains des troupes allemandes en 1940. Les anciens se souviennent encore de ces gigantesques nuages noirs qui ont pollu&#233; la r&#233;gion pendant plusieurs jours. Reconstruite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no97-fevrier-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;97 (f&#233;vrier 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/raffinerie-Petroplus" rel="tag"&gt;raffinerie Petroplus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Petroplus" rel="tag"&gt;Petroplus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-agglomeration-rouennaise" rel="tag"&gt;l'agglom&#233;ration rouennaise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fermeture-annoncee" rel="tag"&gt;fermeture annonc&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-agglomeration" rel="tag"&gt;l'agglom&#233;ration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/raffinerie-francaise" rel="tag"&gt;raffinerie fran&#231;aise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En ce moment&lt;/strong&gt;, dans l'agglom&#233;ration rouennaise, nous vivons au rythme de la fermeture annonc&#233;e de la raffinerie P&#233;troplus, &#224; Petit-Couronne. Il faut dire que cette grosse usine fait partie de l'histoire de l'agglom&#233;ration. Premi&#232;re raffinerie fran&#231;aise lors de sa construction en 1929, elle fut sabot&#233;e pour ne pas tomber aux mains des troupes allemandes en 1940. Les anciens se souviennent encore de ces&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_274 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L393xH548/97_efix-74b02.png?1782649881' width='393' height='548' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;gigantesques nuages noirs qui ont pollu&#233; la r&#233;gion pendant plusieurs jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconstruite apr&#232;s guerre, la raffinerie a &#233;t&#233; jusqu'en 2008 propri&#233;t&#233; de la Shell. Les milliers d'emplois g&#233;n&#233;r&#233;s par cette bo&#238;te ont permis aux communes environnantes de conna&#238;tre un bel essor. D'un autre c&#244;t&#233;, si l'usine a particip&#233; &#224; l'histoire de la r&#233;gion, elle participe aussi &#224; son environnement parce que, certains matins, &#231;a pue sur une bonne dizaine de kilom&#232;tres alentour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; le topo. Reste qu'en d&#233;cembre dernier, la soci&#233;t&#233; P&#233;troplus (propri&#233;taire actuelle de la raffinerie) a d&#233;clar&#233; ne plus pouvoir payer ses cr&#233;anciers et se trouve depuis en redressement judiciaire avant mise en faillite. Apr&#232;s avoir ferm&#233; la raffinerie de Reischett il y a plus d'un an, c'est au tour de celle de Petit Couronne. C'est-&#224;-dire 550 salari&#233;s et presque autant de sous-traitants qui se retrouvent &#224; la lourde. On le savait que &#231;a ne durerait pas&#8230; Et ce d&#232;s le d&#233;but des fermetures des raffineries fran&#231;aises orchestr&#233;es par Shell. Plus encore lorsque la direction, il y a un an, a rogn&#233; sur les acquis : dur&#233;e de travail, d&#233;part en pr&#233;retraite, cong&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;troplus n'est pas une bo&#238;te d'industriels, c'est juste un fonds d'investissement bas&#233; en Suisse. Ils ont fait du fric tant qu'ils ont pu, et puis basta. Il semblerait d'ailleurs que ce groupe se tra&#238;ne pas mal de casseroles financi&#232;res, et qu'il ait d&#233;tourn&#233; du pognon des raffineries.
&#199;a se passe toujours pareil : les multinationales, pour se d&#233;sengager de leurs usines, les bradent &#224; des bo&#238;tes aux reins moins solides. Au bout de quelques ann&#233;es, les sites se trouvent ferm&#233;s sans que &#231;a touche l'image de marque du trust, et sans que ce dernier ne doive s'occuper des licenciements ni des travaux de d&#233;pollution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, au niveau des gros groupes p&#233;troliers, la strat&#233;gie est la m&#234;me : raffiner le p&#233;trole brut directement dans les pays producteurs, le co&#251;t social et environnemental &#233;tant avantageux, et acheminer le carburant vers l'Europe par supertankers. Il ne s'agit pas de surcapacit&#233; de fabrication en Europe parce que &lt;i&gt;&#171; les automobiles consomment moins &#187;&lt;/i&gt;, comme l'ont dit pas mal de journalistes, mais bien parce que les nouvelles raffineries de Duba&#239;, ou ailleurs dans ce coin-l&#224;, fabriquent de tr&#232;s gros tonnages que le continent asiatique ne consomme pas aussi vite que pr&#233;vu. Il n'y a pas surcapacit&#233; en France puisqu'elle importe pr&#232;s de la moiti&#233; de sa consommation via les super stockages de Marseille et du Havre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; j'&#233;cris ces lignes, le ministre de l'Industrie &#201;ric Besson vient de promettre qu'une solution &#233;tait en vue pour la raffinerie P&#233;troplus. Sans doute avec le groupe Klesh. Encore un requin de la finance ! Cela se fera sans doute au prix d'une casse sociale et retardera de quelque temps les &#233;ch&#233;ances. &#192; voir apr&#232;s les &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, depuis janvier, les salari&#233;s bloquent l'usine de Petit-Couronne et emp&#234;chent la sortie d&#233;finitive de milliers de tonnes de carburant, comme un tr&#233;sor de guerre. Des actions quasi quotidiennes ont lieu &#8211; blocages de circulation, manifs &#8211; auxquelles se joignent de nombreux salari&#233;s de bo&#238;tes locales. Tous les jours, &#224; partir de midi, ont lieu des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales o&#249; les salari&#233;s viennent en nombre pour s'informer et voter la poursuite du blocage. Le conflit est tr&#232;s suivi et tr&#232;s m&#233;diatis&#233;, les salari&#233;s &#233;tant victimes d'un fonds d'investissement voyou, et les politicards s'y pressent. Les deux repr&#233;sentants de la CGT, Yvon et Jean-Luc, que je connais depuis longtemps, semblent se pr&#234;ter au jeu et font quasiment un show (plut&#244;t Front de Gauche que CGT, d'ailleurs) pour motiver les troupes et int&#233;resser les journalistes. Cela fonctionne, mais lorsque je vois que, dans l'assembl&#233;e, personne ne prend la parole, je me dis que la d&#233;l&#233;gation de pouvoir a encore de beaux jours devant elle&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En gr&#232;ve jusqu'&#224; la retraite</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/En-greve-jusqu-a-la-retraite</link>
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		<dc:date>2010-12-12T09:23:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
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		<dc:subject>Petroplus</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;videmment</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#201;VIDEMMENT, l'actualit&#233; est telle que je ne vous &#233;cris pas de l'int&#233;rieur de l'usine. Avec les coll&#232;gues, on a particip&#233; &#224; toutes les journ&#233;es d'actions contre la r&#233;forme des retraites, m&#234;me s'il n'a jamais &#233;t&#233; question de gr&#232;ve reconductible comme l'ont fait les copains de Total. Reste qu'on &#233;tait une bonne quinzaine &#224; participer quasi quotidiennement aux blocages des ponts, des entr&#233;es de la ville, des transports urbains et surtout du d&#233;p&#244;t de carburant, situ&#233; &#224; c&#244;t&#233; de la bo&#238;te. Le 27 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no-83-novembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176; 83 (novembre 2010)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Efix" rel="tag"&gt;Efix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/lutte" rel="tag"&gt;lutte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rouen" rel="tag"&gt;Rouen&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Evidemment" rel="tag"&gt;&#201;videmment&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;VIDEMMENT, l'actualit&#233; est telle que je ne vous
&#233;cris pas de l'int&#233;rieur de l'usine. Avec les coll&#232;gues, on a particip&#233; &#224; toutes les journ&#233;es
d'actions contre la r&#233;forme des retraites,
m&#234;me s'il n'a jamais &#233;t&#233; question de gr&#232;ve
reconductible comme l'ont fait les copains de Total. Reste
qu'on &#233;tait une bonne quinzaine &#224; participer quasi quotidiennement aux blocages des ponts, des entr&#233;es de la
ville, des transports urbains et surtout du d&#233;p&#244;t de carburant, situ&#233; &#224; c&#244;t&#233; de la bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 octobre, il a fallu se lever tr&#232;s t&#244;t car l'assembl&#233;e
g&#233;n&#233;rale intersyndicale des gr&#233;vistes et autres de l'agglom&#233;ration rouennaise avait d&#233;cid&#233; la veille d'une action
forte. Peut-&#234;tre un baroud d'honneur. On s'est rencard&#233;s
par texto et Internet, et l'on s'est retrouv&#233;s trois cents &#224;
4 h 45 devant les portes de la raffinerie P&#233;troplus de
Grand-Couronne, pr&#232;s de Rouen. Comme &#224; chaque fois, on
s'est r&#233;unis autour de palettes en flammes &#224; &#233;changer des
sourires, des signes amicaux et quelques mots. La lutte, &#231;a
sert aussi &#224; cr&#233;er des liens. Les raffineurs en sont &#224; leur
quinzi&#232;me jour de gr&#232;ve et ont besoin de soutien. On sait
pourtant que &#231;a risque de s'arr&#234;ter, d'autant que la CGT,
pourtant vindicative ici, a organis&#233; un r&#233;f&#233;rendum dont
l'objectif &#224; peine dissimul&#233; est de faire cesser le mouvement. Au cours de ce rassemblement, les salari&#233;s de
P&#233;troplus de quart du matin votent massivement en
faveur de la poursuite de la gr&#232;ve sous les applaudissements (mais pouvaient-ils faire autrement en notre
pr&#233;sence ?). Quelques-uns, requis pour la s&#233;curit&#233;, doivent quand m&#234;me rentrer dans l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les manifestants quittent les lieux en cort&#232;ge de
voitures et, &#224; la vitesse de l'escargot, rejoignent les quais
de la Seine. Arriv&#233;s l&#224;, on part en manif en direction du
d&#233;p&#244;t de carburant &#171; Rubis &#187;. C'est un peu le symbole de
la lutte sur Rouen : on l'a occup&#233; pendant pr&#232;s d'une
semaine, en jouant au chat et &#224; la souris avec les flics.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L306xH373/levaray-d002a.png?1782649800' width='306' height='373' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;gag&#233;s quotidiennement, les lieux &#233;taient r&#233;occup&#233;s d&#232;s
leur d&#233;part. Sauf qu'au bout de cinq jours, ils ont compris la man&#339;uvre et post&#233; en permanence huit
camions remplis de robocops. Il est pr&#233;vu qu'on
&#171; aille au contact &#187; face &#224; un mur d'une centaine de
CRS. Un type du NPA, se prenant sans doute pour un
caporal de l'Arm&#233;e rouge, n'arr&#234;te pas de nous donner des ordres. Il aboie sans cesse : &lt;i&gt;&#171; Je veux voir des
rangs serr&#233;s et des manifestants en cha&#238;ne. &#187;&lt;/i&gt; On
l'&#233;coute &#224; peine. Selon une m&#233;thode &#233;prouv&#233;e, on
force le barrage en masse. &#201;changes de quelques
coups mais les lacrymos, balanc&#233;s en rafales, ont
vite fait de nous repousser vers le carrefour tout
proche. On stationne l&#224;, &#224; bloquer la circulation. De
toute fa&#231;on, on n'a rien pr&#233;vu de v&#233;ritablement
offensif pour r&#233;pliquer. M&#234;me les &#233;tudiants les plus
agit&#233;s n'ont que des &#339;ufs remplis de peinture et des
feux d'artifice. Autour d'un nouveau feu de palettes, les plus jeunes questionnent pour savoir comment c'&#233;tait quand les ouvriers se battaient vraiment contre la flicaille. Et nous de r&#233;pondre que les
derniers vrais affrontements remontent &#224; 1978, lors
de la fermeture des chantiers navals et d'une usine
m&#233;tallurgique. Une jeune fille dit qu'aujourd'hui,
c'&#233;tait un premier essai et que de voir les &#233;tudiants
aux c&#244;t&#233;s des salari&#233;s, c'&#233;tait d&#233;j&#224; pas mal.
Au bout d'une heure, alors que les cond&#233;s s'approchent pour nous encercler, nous quittons les lieux pour
bloquer quelques heures l'entr&#233;e du boulevard industriel, ou pour distribuer des tracts dans diff&#233;rents secteurs de l'agglo. L'apr&#232;s-midi, les salari&#233;s de P&#233;troplus
reprennent le travail mais, faute de brut, la raffinerie
ne peut pas d&#233;marrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, pour la septi&#232;me journ&#233;e nationale d'action, les rues de Rouen sont encore occup&#233;es par 40 000
manifestants. M&#234;me si &#231;a s'&#233;mousse, on est encore nombreux et &#233;nerv&#233;s. En fin de manif, environ 500 personnes
tentent d'atteindre le local du Medef. Ils sont vite chass&#233;s
par les charges polici&#232;res. Six personnes sont arr&#234;t&#233;es,
trois d'entre elles passeront en proc&#232;s le 10 janvier, a
priori pour avoir &#233;t&#233; en possession d'&#339;ufs (sic).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; je dois terminer l'article, le premier round
s'ach&#232;ve sans que la contestation soit &#233;teinte (le local du
Medef du Havre vient d'&#234;tre mur&#233; par des manifestants). Quoi qu'il en soit, ce mouvement laissera des traces. Nous n'avons pas pu aller vers la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale,
sans doute parce que l'atomisation du travail rend les
choses compliqu&#233;es, mais nous avons os&#233; des formes de
lutte qui laissent pr&#233;sager qu'on ne va pas s'arr&#234;ter l&#224;.
Le blocage de la circulation, des d&#233;p&#244;ts (m&#234;me s'il ne
durait que quelques heures) est une avanc&#233;e politique
vers un blocage total de l'&#233;conomie. On a assist&#233; &#224; une
radicalisation de la part de salari&#233;s qui n'ont pas eu
peur d'en d&#233;coudre avec les flics. C&#244;t&#233; syndical, les
bases, au niveau local, ont particip&#233; aux actions sans
tenir compte des secr&#233;taires et dirigeants conf&#233;d&#233;raux et nationaux. Il s'est tenu des AG quotidiennes
dans les locaux de la CGT (une premi&#232;re), etc. Il y a
aussi eu des choses rat&#233;es, comme ces militants NPA
qui, prenant des postes syndicaux &#224; la place d'anciens
du PC, reproduisent les m&#234;mes travers staliniens, mais
ce sera sans doute l'objet d'une autre chronique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



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