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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Laissez lutter les petits papiers</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;En arrivant &#224; Grand-Couronne, pr&#232;s de Rouen, par le boulevard industriel, on longe la raffinerie Petroplus, devenue une usine fant&#244;me totalement d&#233;sert&#233;e. Il y a encore les stockages rouill&#233;s, l'immense chemin&#233;e rouge et blanche qui symbolisait la bo&#238;te ainsi que les tuyauteries entrem&#234;l&#233;es en attente de destruction et de reconversion du site. Juste apr&#232;s, se trouve la papeterie UPM-Kymmene que tout le monde continue &#224; appeler Chapelle Darblay, son nom historique. Les salari&#233;s de cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no129-fevrier-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;129 (f&#233;vrier 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chapelle-Darblay" rel="tag"&gt;Chapelle Darblay&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En arrivant &#224; Grand-Couronne, pr&#232;s de Rouen, par le boulevard industriel, on longe la raffinerie Petroplus, devenue une usine fant&#244;me totalement d&#233;sert&#233;e. Il y a encore les stockages rouill&#233;s, l'immense chemin&#233;e rouge et blanche qui symbolisait la bo&#238;te ainsi que les tuyauteries entrem&#234;l&#233;es en attente de destruction et de reconversion du site. Juste apr&#232;s, se trouve la papeterie UPM-Kymmene que tout le monde continue &#224; appeler Chapelle Darblay, son nom historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salari&#233;s de cette usine ont appris en novembre dernier que leur patron finlandais et les actionnaires avaient d&#233;cid&#233; de d&#233;graisser quatre usines europ&#233;ennes. Pour celle de Grand Couronne, il s'agit de 196 emplois supprim&#233;s (60% du personnel). L'annonce &#224; peine connue, les salari&#233;s ont multipli&#233; les actions, manifs, gr&#232;ves, occupations de p&#233;ages, etc. Les actions habituelles en riposte &#224; de telles annonces. Galvanis&#233;s par la lutte des voisins raffineurs dont la plupart ont suivi le mouvement, les papetiers affirment vouloir faire plus et plus fort lors des AG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, les salari&#233;s organisent une journ&#233;e portes ouvertes. Odeurs de merguez, affichage de propositions pour que les communes alentour pr&#233;emptent l'usine, discours de syndicalistes de la CGT. Tous les papetiers pr&#233;sents arborent un t-shirt noir sur lequel on peut lire &#171; non au d&#233;mant&#232;lement &#187; ou &#171; non aux 196 suppressions d'emplois &#187;. Il y a beaucoup de monde, des familiers mais aussi des gens venus en soutien. Ce n'&#233;tait pas gagn&#233; surtout que, ce m&#234;me jour, des manifestations Charlie sont programm&#233;es dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je profite d'une visite comment&#233;e par des syndicalistes pour rentrer dans l'usine. C'est b&#234;te &#224; dire mais j'aime bien visiter les lieux de travail. J'arrive m&#234;me parfois &#224; trouver ces lieux plut&#244;t beaux et, pour le moins, impressionnants. Lors de ces d&#233;ambulations organis&#233;es, il n'est pas facile de parler du travail, de la hi&#233;rarchie, des horaires et de ce qui fait le quotidien des ouvriers. On &#233;voque le bruit et la chaleur &#233;touffante des ateliers, mais c'est tout. Ceux qui font la visite essaient toujours de prouver que l'usine est une bonne usine qui fabrique de bons produits. D'ailleurs, notre accompagnateur insiste sur la dimension &#233;cologique de l'usine. Pour faire le papier qui sort des machines, il n'est plus question d'utiliser du bois. Ici, tout est fait avec le papier recycl&#233; qui vient de tout le nord et l'ouest du pays. Le papier est d&#233;sencr&#233;, nettoy&#233; de ses agrafes et des impuret&#233;s pour devenir une p&#226;te &#224; papier blanche comme du lait qui est enfin transform&#233;e en papier journal. La chaudi&#232;re est de type biomasse et tous les d&#233;chets ainsi que l'eau sont recycl&#233;s et &#233;pur&#233;s. Mon cornac m'explique que le seul rejet est ce petit filet de vapeur d'eau qui s'&#233;chappe de la chemin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La papeterie, presque nonag&#233;naire, &#233;tale ses b&#226;timents gigantesques, certains encore en briques, d'autres plus modernes, sur plusieurs centaines de m&#232;tres. Dans tous les coins de l'usine, des mannequins ont &#233;t&#233; diss&#233;min&#233;s pour symboliser les emplois qui vont &#234;tre supprim&#233;s. Il y a un mannequin diff&#233;rent, pendu &#224; une rambarde, qui personnifie le patron, et surtout comment il devrait finir. Des banderoles ont &#233;t&#233; accroch&#233;es un peu partout, pour dire qu'il n'y aura pas de licenciement, ou qu'il vaut mieux mourir debout que vivre &#224; genoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La papeterie sort annuellement 350 000 tonnes de papier, par bobines de 20&#8200;tonnes. Ce papier est utilis&#233; par les quotidiens r&#233;gionaux, &lt;i&gt;Paris-Normandie&lt;/i&gt;, bien s&#251;r, mais aussi &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt;, ainsi que tous les quotidiens du Nord et de la r&#233;gion Paca. La direction veut garder le papier journal et supprimer les deux unit&#233;s fabriquant le papier couch&#233; qui sert pour les magazines et transf&#233;rer cette fabrication vers une papeterie allemande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#224; quoi les salari&#233;s r&#233;pondent que ce type de papier repr&#233;sente seulement 30&#8200;% de la fabrication et qu'on ne peut pas supprimer 60&#8200;% de l'effectif dans ce cas. Tr&#232;s remont&#233;s, ils ont tous en m&#233;moire le conflit de 1983, lorsque les salari&#233;s de la Chapelle Darblay s'&#233;taient bagarr&#233;s pendant 100 jours, face &#224; la direction, face &#224; Fabius, alors Premier ministre, et face aux flics venus les d&#233;loger. Ce conflit avait marqu&#233; la r&#233;gion rouennaise. Les papetiers avaient gagn&#233; le maintien du site et des 900&#8200;emplois. H&#233;las, le temps a jou&#233; contre le mouvement social et, au moyen de restructurations &#171; douces &#187; bas&#233;es sur des d&#233;parts en retraite non remplac&#233;s, les patrons ont r&#233;ussi &#224; tailler dans les effectifs. Pourtant, ces luttes de &#171; retardement &#187; permettent presque toujours aux ouvriers d'obtenir de meilleures conditions de d&#233;part. Et cela, les papetiers d'UPM-Kymmene le savent tr&#232;s bien.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une simple vue de l'esprit !&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1402 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH537/actu-lasserpe-272-38-2-6079a.jpg?1782642190' width='400' height='537' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lasserpe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Derni&#232;re saison</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233;, Christophe de Margerie, PDG de Total, a d&#233;clar&#233; dans Ouest-France que son groupe allait r&#233;duire la voilure en Europe et fermer des raffineries. Une annonce qui n'en est pas vraiment une : en 2010, en plein conflit des raffineries Total sur le point de paralyser le pays, ce m&#234;me Margerie avait d&#233;clar&#233; qu'il ne ferait rien avant 2015. Eh bien &#231;a y est, on s'en approche. Donc les salari&#233;s des raffineries de La M&#232;de, Feyzin, Grandpuits, et peut-&#234;tre Donges, ont du souci &#224; se faire. La (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no125-octobre-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;125 (octobre 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233;, Christophe de Margerie&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;c&#233;d&#233; depuis lors dans un accident d'avion &#224; Moscou. Lire, &#224; ce sujet, les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, PDG de Total, a d&#233;clar&#233; dans &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt; que son groupe allait r&#233;duire la voilure en Europe et fermer des raffineries. Une annonce qui n'en est pas vraiment une : en 2010, en plein conflit des raffineries Total sur le point de paralyser le pays, ce m&#234;me Margerie avait d&#233;clar&#233; qu'il ne ferait rien avant 2015. Eh bien &#231;a y est, on s'en approche. Donc les salari&#233;s des raffineries de La M&#232;de, Feyzin, Grandpuits, et peut-&#234;tre Donges, ont du souci &#224; se faire. La multinationale, par ailleurs soutien ind&#233;fectible de l'amiti&#233; franco-russe, ne maintiendrait en Europe que deux raffineries, &#224; Gonfreville-l'Orcher (pr&#232;s du Havre) et &#224; Anvers. La raison invoqu&#233;e au sujet de ces fermetures serait la surcapacit&#233; de production en France (on importe pourtant des tonnes de gasoil). En fait, Total a nettement investi au Moyen-Orient, et notamment &#224; Jubail, en Arabie Saoudite, o&#249; un immense complexe industriel, inaugur&#233; l'an dernier, va bient&#244;t constituer l'essentiel de ses capacit&#233;s de raffinage.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1236 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH524/p13-fx-125-cqfd54-67b31.jpg?1782644277' width='400' height='524' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Total n'est pas seul &#224; baisser pavillon : LyondellBasell, dans les Bouches-du-Rh&#244;ne, est sous cocon depuis 2012, avant fermeture ; Exxon annonce des r&#233;ductions de capacit&#233;s en Europe, avec l'arr&#234;t probable de la raffinerie du Havre, et la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, pr&#232;s de Rouen, a d&#233;j&#224; mis la cl&#233; sous la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moralit&#233; ? On va peut-&#234;tre mieux respirer &#224; proximit&#233; des sites de production mais il y aura beaucoup plus de supertankers en mer et de camions-citernes sur les routes.
Il y a quelques jours, j'ai assist&#233; &#224; l'AG traditionnelle du jeudi qui se tient toujours devant les portes de la raffinerie Petroplus. Une trentaine de personnes, dont &#224; peine la moiti&#233; de Petroplus, &#224; &#233;couter Jean-Luc, d&#233;l&#233;gu&#233; CGT, nous pr&#233;senter un &#233;ni&#232;me projet de reprise du site. On se dit &#224; chaque fois que c'est la derni&#232;re AG, que certains vont s'apercevoir que c'est fini, mais il reste quelques militants qui se bercent d'illusions. Par peur du vide de l'apr&#232;s, sans doute. Cette fois, il est question d'un repreneur nig&#233;rian. Pourtant tout est pli&#233;. Bollor&#233; a pr&#233;sent&#233; un projet qui semble avoir convaincu les &#233;lus de la r&#233;gion et de l'agglom&#233;ration ainsi que le port : un site de d&#233;pollution et de stockage de carburant. Voir Jean-Luc et quelques autres s'accrocher &#224; des chim&#232;res a quelque chose de path&#233;tique alors qu'un peu plus loin, d'autres ouvriers sont en train de d&#233;samianter et commencent &#224; d&#233;monter les installations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'arrive &#224; &#171; la mienne &#187;, d'usine. Les fum&#233;es sont bizarres, signe que les ateliers ne marchent pas correctement. Malgr&#233; des travaux tr&#232;s lourds &#233;tal&#233;s sur trois mois, malgr&#233; des dizaines de millions d'euros investis, les ateliers en sont presque au m&#234;me point. L'atelier d'ammoniac n'arrive pas &#224; produire, il y a toujours une turbine, un &#233;changeur, des soupapes qui l&#226;chent. Quant &#224; l'atelier de fabrication d'engrais, il est &#224; l'arr&#234;t un jour sur deux &#224; cause d'avaries. Est-ce parce que ces travaux sont arriv&#233;s trop tard ? Est-ce qu'il aurait fallu mettre encore quelques dizaines de millions suppl&#233;mentaires ? Est-ce que les travaux ont vraiment &#233;t&#233; faits ? Rien ne change et les coll&#232;gues sont de plus en plus d&#233;go&#251;t&#233;s et fatigu&#233;s de devoir effectuer des man&#339;uvres sans arr&#234;t pour des ateliers qui ne tournent toujours pas rond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des bruits courent, comme quoi le nouvel acqu&#233;reur, suite aux probl&#232;mes techniques, envisagerait de garder le site mais de ne l'utiliser que comme une plate-forme de chalandise. C'est-&#224;-dire monter des hangars et des stockages pour importer et exporter des engrais (encore plus de bateaux et de camions). C'est aussi ce que souhaite le port autonome de Rouen, ainsi que les &#233;lus locaux (surtout qu'&#224; pr&#233;sent des bateaux gigantesques qui s'arr&#234;taient au Havre peuvent monter jusqu'&#224; Rouen).
Voil&#224;, le d&#233;cor est plant&#233; pour les quelques mois &#224; venir et pour ma derni&#232;re saison de &#171; Je vous &#233;cris de l'usine &#187;. Oui, je vieillis, j'ai nettement d&#233;pass&#233; l'&#226;ge maximum que je m'&#233;tais fix&#233; pour partir de l'usine mais c'est comme &#231;a. Je n'aurai pas envoy&#233; ma lettre de d&#233;mission, comme il en &#233;tait question dans &lt;i&gt;Putain d'usine&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Pierre Levaray, Putain d'usine suivi de Apr&#232;s la catastrophe et de Plan (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Si le gouvernement Valls ne change pas la donne, si la Carsat a bien calcul&#233;, il me reste un an &#224; bosser dans cette taule avant de partir en retraite. Normalement, dans la derni&#232;re saison d'une s&#233;rie, tout doit se conclure et la bo&#238;te devrait fermer au dernier &#233;pisode. Ce sera sans doute remis &#224; un peu plus tard, mais ne comptez pas sur moi pour faire du rab !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D&#233;c&#233;d&#233; depuis lors dans un accident d'avion &#224; Moscou. Lire, &#224; ce sujet, les &#034;Condol&#233;ances prol&#233;tarienne de Jean-Pierre Levaray dans le &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-126&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n&#176;126 de &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;&lt;/a&gt; en kiosque depuis le 07 novembre. Note du webmaster.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jean Pierre Levaray,&lt;i&gt; Putain d'usine&lt;/i&gt; suivi de&lt;i&gt; Apr&#232;s la catastrophe et de Plan social&lt;/i&gt;, Agone, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>R&#233;industrialisation &#233;lectorale</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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&lt;p&gt;En ce moment, dans l'agglom&#233;ration rouennaise, nous vivons au rythme de la fermeture annonc&#233;e de la raffinerie P&#233;troplus, &#224; Petit-Couronne. Il faut dire que cette grosse usine fait partie de l'histoire de l'agglom&#233;ration. Premi&#232;re raffinerie fran&#231;aise lors de sa construction en 1929, elle fut sabot&#233;e pour ne pas tomber aux mains des troupes allemandes en 1940. Les anciens se souviennent encore de ces gigantesques nuages noirs qui ont pollu&#233; la r&#233;gion pendant plusieurs jours. Reconstruite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En ce moment&lt;/strong&gt;, dans l'agglom&#233;ration rouennaise, nous vivons au rythme de la fermeture annonc&#233;e de la raffinerie P&#233;troplus, &#224; Petit-Couronne. Il faut dire que cette grosse usine fait partie de l'histoire de l'agglom&#233;ration. Premi&#232;re raffinerie fran&#231;aise lors de sa construction en 1929, elle fut sabot&#233;e pour ne pas tomber aux mains des troupes allemandes en 1940. Les anciens se souviennent encore de ces&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_274 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L393xH548/97_efix-74b02.png?1782649881' width='393' height='548' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;gigantesques nuages noirs qui ont pollu&#233; la r&#233;gion pendant plusieurs jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconstruite apr&#232;s guerre, la raffinerie a &#233;t&#233; jusqu'en 2008 propri&#233;t&#233; de la Shell. Les milliers d'emplois g&#233;n&#233;r&#233;s par cette bo&#238;te ont permis aux communes environnantes de conna&#238;tre un bel essor. D'un autre c&#244;t&#233;, si l'usine a particip&#233; &#224; l'histoire de la r&#233;gion, elle participe aussi &#224; son environnement parce que, certains matins, &#231;a pue sur une bonne dizaine de kilom&#232;tres alentour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; le topo. Reste qu'en d&#233;cembre dernier, la soci&#233;t&#233; P&#233;troplus (propri&#233;taire actuelle de la raffinerie) a d&#233;clar&#233; ne plus pouvoir payer ses cr&#233;anciers et se trouve depuis en redressement judiciaire avant mise en faillite. Apr&#232;s avoir ferm&#233; la raffinerie de Reischett il y a plus d'un an, c'est au tour de celle de Petit Couronne. C'est-&#224;-dire 550 salari&#233;s et presque autant de sous-traitants qui se retrouvent &#224; la lourde. On le savait que &#231;a ne durerait pas&#8230; Et ce d&#232;s le d&#233;but des fermetures des raffineries fran&#231;aises orchestr&#233;es par Shell. Plus encore lorsque la direction, il y a un an, a rogn&#233; sur les acquis : dur&#233;e de travail, d&#233;part en pr&#233;retraite, cong&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;troplus n'est pas une bo&#238;te d'industriels, c'est juste un fonds d'investissement bas&#233; en Suisse. Ils ont fait du fric tant qu'ils ont pu, et puis basta. Il semblerait d'ailleurs que ce groupe se tra&#238;ne pas mal de casseroles financi&#232;res, et qu'il ait d&#233;tourn&#233; du pognon des raffineries.
&#199;a se passe toujours pareil : les multinationales, pour se d&#233;sengager de leurs usines, les bradent &#224; des bo&#238;tes aux reins moins solides. Au bout de quelques ann&#233;es, les sites se trouvent ferm&#233;s sans que &#231;a touche l'image de marque du trust, et sans que ce dernier ne doive s'occuper des licenciements ni des travaux de d&#233;pollution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, au niveau des gros groupes p&#233;troliers, la strat&#233;gie est la m&#234;me : raffiner le p&#233;trole brut directement dans les pays producteurs, le co&#251;t social et environnemental &#233;tant avantageux, et acheminer le carburant vers l'Europe par supertankers. Il ne s'agit pas de surcapacit&#233; de fabrication en Europe parce que &lt;i&gt;&#171; les automobiles consomment moins &#187;&lt;/i&gt;, comme l'ont dit pas mal de journalistes, mais bien parce que les nouvelles raffineries de Duba&#239;, ou ailleurs dans ce coin-l&#224;, fabriquent de tr&#232;s gros tonnages que le continent asiatique ne consomme pas aussi vite que pr&#233;vu. Il n'y a pas surcapacit&#233; en France puisqu'elle importe pr&#232;s de la moiti&#233; de sa consommation via les super stockages de Marseille et du Havre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; j'&#233;cris ces lignes, le ministre de l'Industrie &#201;ric Besson vient de promettre qu'une solution &#233;tait en vue pour la raffinerie P&#233;troplus. Sans doute avec le groupe Klesh. Encore un requin de la finance ! Cela se fera sans doute au prix d'une casse sociale et retardera de quelque temps les &#233;ch&#233;ances. &#192; voir apr&#232;s les &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, depuis janvier, les salari&#233;s bloquent l'usine de Petit-Couronne et emp&#234;chent la sortie d&#233;finitive de milliers de tonnes de carburant, comme un tr&#233;sor de guerre. Des actions quasi quotidiennes ont lieu &#8211; blocages de circulation, manifs &#8211; auxquelles se joignent de nombreux salari&#233;s de bo&#238;tes locales. Tous les jours, &#224; partir de midi, ont lieu des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales o&#249; les salari&#233;s viennent en nombre pour s'informer et voter la poursuite du blocage. Le conflit est tr&#232;s suivi et tr&#232;s m&#233;diatis&#233;, les salari&#233;s &#233;tant victimes d'un fonds d'investissement voyou, et les politicards s'y pressent. Les deux repr&#233;sentants de la CGT, Yvon et Jean-Luc, que je connais depuis longtemps, semblent se pr&#234;ter au jeu et font quasiment un show (plut&#244;t Front de Gauche que CGT, d'ailleurs) pour motiver les troupes et int&#233;resser les journalistes. Cela fonctionne, mais lorsque je vois que, dans l'assembl&#233;e, personne ne prend la parole, je me dis que la d&#233;l&#233;gation de pouvoir a encore de beaux jours devant elle&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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