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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Vendredi 4 janvier 1985, chez Jimmy</title>
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		<dc:creator>Thierry Pelletier</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Je ne m'assieds pas avec les hommes faux / Je ne vais pas avec les gens dissimul&#233;s / Je hais l'assembl&#233;e de ceux qui font le mal / Je ne m'assieds pas avec les m&#233;chants / Je lave mes mains dans l'innocence. &#187; (Psaume 26) ** &#192; Ronan, &#224; Jimmy. ** * Je ne sais m&#234;me plus qui jouait ce soir-l&#224; chez Jimmy. Jimmy et ses frangins tenaient ce petit troquet de la rue de Bagnolet, dans le 20e, pr&#232;s de la Petite Ceinture. Rascal, Ronan et Mickey y programmaient des groupes chaque semaine, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Schultz" rel="tag"&gt;Schultz&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/L-entree" rel="tag"&gt;L'entr&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Je ne m'assieds pas avec les hommes faux / Je ne vais pas avec les gens dissimul&#233;s / Je hais l'assembl&#233;e de ceux qui font le mal / Je ne m'assieds pas avec les m&#233;chants / Je lave mes mains dans l'innocence. &#187; (Psaume 26)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2760 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH567/-1016-c575d.jpg?1779606181' width='400' height='567' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;148 de CQFD.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;**&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;i&gt;&#192; Ronan, &#224; Jimmy.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;**&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;*&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je ne sais m&#234;me plus&lt;/strong&gt; qui jouait ce soir-l&#224; chez Jimmy. Jimmy et ses frangins tenaient ce petit troquet de la rue de Bagnolet, dans le 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, pr&#232;s de la Petite Ceinture. Rascal, Ronan et Mickey y programmaient des groupes chaque semaine, cette entreprise de salubrit&#233; musicale se nommerait bient&#244;t &lt;i&gt;Les Barrocks&lt;/i&gt;. L'entr&#233;e y &#233;tait &#224; pas cher. On y croisait aussi bien les squatteurs de l'Usine, que des totos, des skins pas toujours tr&#232;s &#224; gauche, des punks, des rockers ou des habitants lambda du quartier. &#201;troit, le bistrot, avec son bar en enfilade tout du long d&#232;s l'entr&#233;e et sa petite sc&#232;ne en palettes tout au fond pr&#232;s des chiottes et de la cabine t&#233;l&#233;phonique. &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T'arrivais fauch&#233;, &lt;/strong&gt;tu rentrais quand m&#234;me &#224; force de faire chier et tu ressortais ourd&#233; bien comme il faut. Tu d&#233;barquais &#224; l'aise, &#224; l'&#233;poque avec 100 francs (15 euros) t'&#233;tais le roi du p&#233;trole et tu d&#233;canillais tout aussi ourd&#233;, mais sans un&#8230; Entre l'exigu&#239;t&#233; des lieux, l'affluence et la faune, plut&#244;t fraternelle l'ambiance, c'&#233;tait. Comme c'&#233;tait vraiment tout petit, on allait fr&#233;quemment pisser juste &#224; c&#244;t&#233;, contre les portes des entrep&#244;ts de la Sernam, ou y discuter tout simplement, le grand porche nous gardait &#224; l'abri de la pluie. On s'y battait aussi, y avait l'espace suffisant pour y laver les affronts les plus impardonnables. &#199;a n'allait jamais bien loin, les grands, Sergio, Mickey, Schultz et Denis son frangin, Gros Fran&#231;ois qui officiait &#224; la sono, d&#233;boulaient g&#233;n&#233;ralement assez rapidement pour calmer les vell&#233;it&#233;s belliqueuses et nous faire la le&#231;on : ils nous rappelaient bien gentiment que la survie du lieu &#233;tait pr&#233;caire, que les cond&#233;s nous avaient au jus de mouscaille, qu'il nous fallait donc rester moelleux. Quand la p&#233;dagogie et l'appel au civisme rock'n'rollien ne suffisaient pas, Sergio mettait la beigne aux plus vindicatifs qui se voyaient de surcro&#238;t prestement raccompagn&#233;s de l'autre c&#244;t&#233; de l'avenue des Pyr&#233;n&#233;es. &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bugs n'avait que 15 ans, &lt;/strong&gt;mais d&#233;j&#224; pas les deux pieds dans la m&#234;me rangeo. Ce manuel &#224; l'esprit vif n'aimait rien tant qu'&#224; bidouiller des trucs plein de cambouis pas toujours &#224; lui, ainsi qu'&#224; r&#233;cup&#233;rer des objets perdus avant que quelqu'un ne les vole. Il poursuivait une formation de plombier, lui il avait demand&#233; serrurier, mais le juge pour enfants n'avait pas voulu&#8230; &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oeil ac&#233;r&#233; itou &lt;/strong&gt;qu'il avait le gar&#231;on. Sur le chemin du concert, dans une petite rue pas bien loin, qu'il m'explique, il a retapiss&#233; un rade &#224; l'abandon apr&#232;s avoir br&#251;l&#233;. &#201;paul&#233;s par le grand Luchien et sa R16, on y d&#233;carre illico. Quelques planches sont cens&#233;es remplacer la lourde, en deux coups de lattes on y est. Au rez-de-chauss&#233;e, c'est noir de suie, bien cram&#233;, alors on descend &#224; la cave, elle est intacte. On en d&#233;cambute avec deux f&#251;ts de bi&#232;res et trois caisses de rhum. De retour chez Jimmy avec notre tr&#233;sor, on nous f&#234;te comme des h&#233;ros, nous on est pas peu fiers, &#231;a nous change de notre habituel statut de petits merdeux fouteurs de merde. Grands seigneurs, nous offrons les f&#251;ts &#224; Jimmy, de toute fa&#231;on on n'a pas l'appareillage &#224; pression&#8230; Bon prince, Jimmy pr&#233;pare en retour des grogs avec le rhum, tout le monde est bient&#244;t archi-bitur&#233;. Dehors il neige, et pas qu'un peu, No&#235;l est pass&#233; depuis peu, n'emp&#234;che qu'on est vachement bien, de vrais pachas ! &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ressort pourtant &lt;/strong&gt;avec Alain Wampas, Bugs et Serdar Daltons se poster de l'autre c&#244;t&#233; de la rue et on attaque &#224; coups de boules de neige la troupe qui braille et s'agglutine devant l'entr&#233;e du bar. On vise particuli&#232;rement le grand Schultz et sa cr&#234;te, en face &#231;a tarde pas &#224; r&#233;pliquer m&#233;chamment, c'est la guerre ! Le Schultz on l'a loup&#233;, mais pas Efflam, le loupiot de Ronan (il a 5 ou 6 ans) qu'&#233;tait pos&#233; sur un capot de bagnole. Il en a ramass&#233; une en pleine bouille, il chiale et hurle au charron. Sa daronne, la belle Lysiane, surgit &#233;chevel&#233;e et, furibarde, se met &#224; tarter tout ce qui passe &#224; sa port&#233;e. &#199;a rigole plus du tout, n'&#233;coutant que leur courage, cuirs clout&#233;s, bombers ou fi&#232;res bananes s'esbignent subito pour &#233;chapper &#224; la fureur maternelle. &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a embarqu&#233; le rhum &lt;/strong&gt;qui restait chez Didier Wampas, dans sa tour du 13&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement o&#249; il nous a confectionn&#233; des cocktails. &#192; partir de l&#224; &#231;a devient flou. On est mont&#233;s sur le toit, au dessus du 25&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;tage, Michel Daltons s'est suspendu dans le vide pour nous faire rigoler, on n'a pas tra&#238;n&#233;, la vue &#233;tait choucarde mais il faisait froid. Apr&#232;s, je ne sais plus&#8230; &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon pote Faba, &lt;/strong&gt;le futur g&#233;nialissime tatoueur, a bien failli d&#233;visser son billard, ce soir-l&#224;. Lourdement post-bitur&#233; &#224; la fin du concert, il s'est &#233;croul&#233; dans un terrain vague alors qu'il tentait de rallier sa piaule. Kinaken, un skin m&#233;tis qui passait par l&#224;, a but&#233; dedans, il &#233;tait d&#233;j&#224; recouvert de neige. Il l'a transbahut&#233; chez lui, tout bleu. Devant une assiette de nouilles et une Kronenpils r&#233;paratrices, ils se sont aper&#231;us qu'ils avaient fait les paras dans le m&#234;me r&#233;giment, ce fut le d&#233;but d'une ind&#233;fectible amiti&#233; ainsi que d'une intense collaboration intellectuelle. &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jimmy, par la suite, &lt;/strong&gt;est devenu avocat, a revendu son bar, puis a cass&#233; sa pipe, para&#238;t-il. Aujourd'hui, chez lui, &#231;a s'appelle le &lt;i&gt;Gambetta, &lt;/i&gt;c'est plus grand, plus confortable, &#231;a joue toujours un peu, mais c'est plus la m&#234;me limonade. &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Sernam, &lt;/strong&gt;c'est devenu &lt;i&gt;La Fl&#232;che d'or, &lt;/i&gt;un faux truc pr&#233;tendument alterno qui a connu son heure de branchitude, une usine &#224; fric qui tourne toujours, merci pour elle. &#199;a me ferait mal d'y jouer ou d'y &#233;couter un groupe, d'y boire un godet ou m&#234;me d'aller y pisser.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Thierry &#171; Cochran &#187; Pelletier&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Thierry Pelletier est l'auteur de &lt;i&gt;La Petite Maison dans la zermi &lt;/i&gt;(2007) et &lt;i&gt;Les Rois du rock &lt;/i&gt;(2013) aux &#233;ditions Libertalia.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les junkies de Gengis Khan</title>
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		<dc:date>2013-03-21T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Thierry Pelletier</dc:creator>


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&lt;p&gt;Premier producteur mondial d'opium et d'h&#233;ro&#239;ne, l'Afghanistan conna&#238;t &#233;galement le plus fort pourcentage de population toxicomane au monde. Rencontre &#224; Paris avec Raheem Reza&#239;, usager de drogues v&#233;t&#233;ran, et Olivier Maguet, responsable de la mission M&#233;decins du monde &#224; Kaboul. Raheem a d&#233;barqu&#233; un beau matin dans le Centre d'accompagnement &#224; la r&#233;duction des risques des usagers de drogues (Caarud) o&#249; je bosse, &#224; Colombes. Leader communautaire et travailleur pair pour M&#233;decins du monde (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Raheem" rel="tag"&gt;Raheem&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/usagers" rel="tag"&gt;usagers&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Premier producteur mondial d'opium et d'h&#233;ro&#239;ne, l'Afghanistan conna&#238;t &#233;galement le plus fort pourcentage de population toxicomane au monde. Rencontre &#224; Paris avec Raheem Reza&#239;, usager de drogues v&#233;t&#233;ran, et Olivier Maguet, responsable de la mission M&#233;decins du monde &#224; Kaboul.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Raheem a d&#233;barqu&#233; un beau matin dans le Centre d'accompagnement &#224; la r&#233;duction des risques des usagers de drogues (Caarud) o&#249; je bosse, &#224; Colombes. Leader communautaire et travailleur pair pour M&#233;decins du monde (MDM) &#224; Kaboul, Raheem est venu faire un petit tour d'Europe d'un mois, histoire de changer d'air et d'&#233;loigner les menaces qui p&#232;sent de plus en plus ouvertement sur sa pomme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans &#226;ge, m&#234;me s'il d&#233;clare cinquante ans, Raheem est r&#233;serv&#233; et ne paye pas de mine. Il suffit pourtant de l'observer et de croiser son regard pour piger qu'on a affaire &#224; quelqu'un qui en a beaucoup vu et qui sait ce qu'attendre veut dire.
Ce jour-l&#224;, pas trop le temps de discuter, il est venu rencontrer nos usagers. Rendez-vous est donc pris quinze jours plus tard dans les locaux parisiens de MDM. Lors du rencard, Raheem est accompagn&#233; d'Olivier Maguet, coordinateur de la mission MDM &#224; Kaboul depuis 2006. La traductrice ayant fait faux bond, c'est dans un anglais qu'il n'apprend que depuis un an et d'une voix lasse que Raheem raconte son histoire : &#171; &lt;i&gt;J'avais dix-neuf ans quand l'arm&#233;e russe a envahi le pays. Le pr&#233;sident Najibullah, leur partisan, &#233;tait pachtoun, c'&#233;tait mauvais pour nous les Hazara. Ils ont pris mon oncle et l'ont tu&#233; sans qu'on sache trop pourquoi. Je me suis r&#233;fugi&#233; en Iran, mais bien que chiites comme nous, les Iraniens ne nous aiment pas non plus. Un soir, avec un ami, j'ai voulu me d&#233;fendre contre des types qui nous ratonnaient, et j'en ai tu&#233; un. Je suis rest&#233; douze ans en prison, o&#249; j'ai commenc&#233; &#224; fumer l'opium : ils nous en donnaient pour bosser. J'ai vu beaucoup de camarades partir pour leur ex&#233;cution. &#192; ma lib&#233;ration, j'ai fil&#233; au Pakistan et j'ai fait du trafic d'h&#233;ro&#239;ne avec l'Iran. L&#224;, j'ai commenc&#233; &#224; injecter. Les deux fois o&#249; je me suis fait attraper, c'est parce que je n'avais pas de quoi graisser la patte des policiers. J'ai repris six mois, puis un an. Parfois, j'ai l'impression d'avoir pass&#233; ma vie en prison. &#192; ma sortie, je suis reparti au Pakistan, j'y ai travaill&#233; pendant trois ans comme menuisier pour payer ma drogue. J'en &#233;tais &#224; deux grammes et demi par jour d'h&#233;ro pure &#224; 70 %, je dormais sur mon lieu de travail. Je suis rentr&#233; &#224; Kaboul en 2004. J'ai surv&#233;cu, SDF, dans les ruines du centre culturel russe, avec des centaines d'autres usagers. J'ai fait sept cures de d&#233;sintoxication, mais &#231;a n'a jamais march&#233;. Les policiers raflent les gens, les enferment, les soignent avec des douches froides et ne leur donnent aucun traitement. J'ai rencontr&#233; les gens de MDM en 2007. Je suis devenu travailleur pair en 2008 et j'ai &#233;t&#233; un des premiers &#224; b&#233;n&#233;ficier du programme m&#233;thadone. L&#224;-bas, ce sont les seuls &#224; nous aider, que ce soit pour les droits humains ou la r&#233;duction des risques.&lt;/i&gt; &#187; Raheem s'arr&#234;te de parler pour boire un peu d'eau. Il est naze, qu'il m'explique : il s'est totalement sevr&#233; de la m&#233;thadone depuis deux jours, il en bave.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_566 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/png/p04-raheemyann-levy.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH750/p04-raheemyann-levy-72f45.png?1780103789' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Yann L&#233;vy
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Olivier Maguet prend le relais : &#171; &lt;i&gt;On est arriv&#233;s &#224; Kaboul en 2006. En trente ans, cette guerre a fait un million de morts sur vingt-cinq millions d'habitants, six millions de r&#233;fugi&#233;s, et laiss&#233; 700 000 handicap&#233;s physiques. Il y a deux psys dans tout le pays pour soigner un nombre incalculable de traumatis&#233;s et de malades mentaux. L'Afghanistan, avec un taux de ch&#244;mage de plus de 40 %, est le seul pays au monde o&#249; chaque famille a son toxicomane. On en compte au moins un million dans tout le pays, 140 000 rien que sur Kaboul, et on ne parle m&#234;me pas des femmes, impossibles &#224; d&#233;nombrer. La majorit&#233; de ces usagers est d'ethnie hazara. Depuis des lustres, les Pachtouns dirigent ce pays, quel que soit le r&#233;gime &#8211; monarchique, d&#233;mocratique, pro-sovi&#233;tique, taliban, pro-ricain&#8230; Et m&#234;me quand diverses factions se tirent la bourre, Tadjiks et Pachtouns sont d'accord sur un truc : &#8220;niquer&#8221; ces descendants de Gengis Khan qui forment depuis toujours les cat&#233;gories socioprofessionnelles les plus basses. C'est avant tout une question sociale, m&#234;me si des probl&#232;mes religieux viennent s'y ajouter.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Face &#224; une telle situation&lt;/i&gt;, continue Olivier Maguet, &lt;i&gt;notre objectif, plus encore que de distribuer des seringues ou de la m&#233;thadone &#8211; qui n'existait pas avant notre arriv&#233;e &#8211;, a &#233;t&#233; de transmettre notre savoir-faire, nos outils en mati&#232;re de r&#233;duction des risques et puis former vingt travailleurs pairs. Parmi eux, Raheem s'est impos&#233; d'embl&#233;e, il s'&#233;tait d&#233;j&#224; lev&#233; &#224; plusieurs reprises pour parler au nom de ses camarades. Lors de l'&#233;t&#233; 2008, une &#233;pid&#233;mie de chol&#233;ra s'est d&#233;clar&#233;e, les usagers tombaient comme des mouches, les h&#244;pitaux publics refusaient de les prendre en charge. On a mis en place un plan d'urgence. C'est Raheem qui trouvait les points d'injection &#224; des gars au capital veineux d&#233;vast&#233; et il transfusait toute la journ&#233;e. On a mis en place des &#233;quipes qui interviennent quotidiennement sur les sc&#232;nes de shoot. Outre le collectage et la distribution de seringues, elles disposent de fioles de Naloxone, un antagoniste de l'h&#233;ro&#239;ne, qui permettent de contrer les overdoses. Un usager form&#233; &#224; l'injection et capable de g&#233;rer ses consos shoote toute la journ&#233;e ceux qui n'arrivent plus &#224; trouver leurs veines. Nous avons &#233;galement r&#233;ussi &#224; prescrire les premiers antir&#233;troviraux en avril 2009. Il est difficile de chiffrer pr&#233;cis&#233;ment les taux de contamination VIH et VHC dans un pays o&#249; il n'existe pas de veille sanitaire, mais toutes nos observations indiquent une tendance &#224; l'explosion. Apr&#232;s un long travail de plaidoyer, nous avons obtenu la mise en place d'un programme m&#233;thadone dont ont b&#233;n&#233;fici&#233; soixante-dix usagers. Au vu des excellents r&#233;sultats, nous avons voulu, avec le soutien de la ministre de la Sant&#233; &#8211; une femme, hazara de surcroit &#8211;, &#233;largir le programme &#224; beaucoup plus de monde, mais le minist&#232;re de la Lutte contre les drogues s'y est oppos&#233;. Ce minist&#232;re est tenu par les m&#234;mes types qui dirigent le trafic, tant domestique qu'international.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment enrayer l'expansion du ph&#233;nom&#232;ne dans un pays o&#249; la production et le trafic repr&#233;sentent les deux tiers de l'&#233;conomie, o&#249; la production a explos&#233; depuis l'arriv&#233;e des Am&#233;ricains &#8211; en 1979, la production d'opium &#233;tait de 180 tonnes ; en 2007, ann&#233;e record, de 8 000 tonnes ? &#171; &lt;i&gt;Seul Obama pourrait d&#233;zinguer tous ces mafieux, se risque Olivier Maguet. Il ne le fera pas, parce qu'il lui faudrait reconna&#238;tre que la CIA a encourag&#233; la production pour financer les chefs de guerre qui combattaient les sovi&#233;tiques. Il lui faudrait reconna&#238;tre tout ce qu'ils ont accept&#233; depuis dix ans qu'ils sont l&#224;. La lutte contre la drogue faisait partie de la feuille de route de l'Otan apr&#232;s le 11 septembre 2001. Il lui faudrait admettre que ce qui a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme une strat&#233;gie efficace a cout&#233; 14 000 morts am&#233;ricains, un budget de 200 milliards de dollars, une mauvaise r&#233;putation dans le monde entier pour les si&#232;cles &#224; venir, et admettre tout simplement qu'ils ont fait fausse route. La seule solution serait de l&#233;galiser pour tuer la valeur &#233;conomique du produit et de reconvertir la production dans la fabrication d'antalgiques, dont on manque dans plein de pays du Sud. En attendant, on rame avec nos pauvres soixante-dix patients et les autres continuent de crever&#8230; Notre devoir, avant de partir, c'est de transf&#233;rer nos outils aux Afghans, de les former, de ne pas leur faire prendre de risques inutiles, de t&#233;moigner, de prendre une v&#233;ritable position politique. &#199;a d&#233;passe l'engagement humanitaire classique, mais on sauve pas les pauvres, nous !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de les quitter, je demande &#224; Raheem comment il vit les menaces dont il fait parfois l'objet de la part de policiers ou d'usagers jaloux de son statut &#8211; il gagne 500 euros par mois &#8211;, et comment il envisage l'avenir : &#171; &lt;i&gt;Je n'ai plus de famille, je suis seul, j'essaie d'aider ma communaut&#233;. Les Am&#233;ricains ne sont pas venus ici pour nous aider, il n'y a pas vraiment de solution. On a tourn&#233; des vid&#233;os avec Elliot [r&#233;seau international d'usagers de drogues] pour t&#233;moigner de la situation, on essaie de faire du bon boulot. Apr&#232;s, on verra&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette interview a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e en avril 2012. M&#233;decins du monde a quitt&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cette interview a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e en avril 2012. M&#233;decins du monde a quitt&#233; l'Afghanistan fin 2012, comme le pr&#233;voyait le programme, apr&#232;s avoir form&#233; 176 personnes &#224; la r&#233;duction des risques, fait b&#233;n&#233;ficier soixante-huit patients d'un traitement de substitution &#224; la m&#233;thadone et travaill&#233; aupr&#232;s de 27 000 usagers de drogues. Raheem intervient toujours aupr&#232;s de ses pairs pour le compte d'une ONG afghane et milite au sein du groupe d'auto-support des usagers de drogues afghans (Adug).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>On avait mal ferm&#233; la porte</title>
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		<dc:creator>Thierry Pelletier</dc:creator>


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&lt;p&gt;On a eu beau transformer l'espace public en d&#233;sert sans bancs, vid&#233;o-surveill&#233;s et travers&#233;s au pas de course par les veinards qui ont su se vendre &#224; un patron, c'est peine perdue. Les pauvres prolif&#232;rent. Histoire v&#233;cue par un &#233;duc' de l'association des Cit&#233;s du Secours catholique. Ils sont partout, vautr&#233;s par terre, ou tendant la main dans un couloir de m&#233;tro, tra&#238;nant une poussette remplie de ferraille, agglutin&#233;s par centaines sur les trottoirs &#224; essayer de s'entrevendre des chiftirs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no98-mars-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;98 (mars 2012)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On a eu beau transformer l'espace public en d&#233;sert sans bancs, vid&#233;o-surveill&#233;s et travers&#233;s au pas de course par les veinards qui ont su se vendre &#224; un patron, c'est peine perdue. Les pauvres prolif&#232;rent. Histoire v&#233;cue par un &#233;duc' de l'association des Cit&#233;s du Secours catholique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ils sont partout, vautr&#233;s par terre, ou tendant la main dans un couloir de m&#233;tro, tra&#238;nant une poussette remplie de ferraille, agglutin&#233;s par centaines sur les trottoirs &#224; essayer de s'entrevendre des chiftirs arrach&#233;s aux poubelles, ou alors formant des queues interminables, le soir, devant des camions de bouffe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a les bons pauvres et les mauvais pauvres. Les bons pauvres participent &#224; des &#171; ateliers de redynamisation &#187;, &#224; des &#171; bilans de comp&#233;tences &#187;, &#224; des s&#233;ances de &#171; relooking &#187; ou de &#171; job dating &#187; pendant lesquelles ils s'efforcent de &#171; s&#233;duire &#187; un entrepreneur. Ou bien ils bossent, &#224; la journ&#233;e, pour de sympathiques Entreprises de travail temporaire d'insertion (Etti) archisubventionn&#233;es. C'est fou, tout le pognon distribu&#233; &#224; de joyeux philanthropes pour occuper les bons pauvres, ou leur faire croire qu'on va leur trouver un taf. Ce n'est pas croyable le nombre d'emplois g&#233;n&#233;r&#233;s par ces empot&#233;s pas foutus d'en trouver un !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part, je bossais, jusqu'en f&#233;vrier dernier, avec de mauvais pauvres, des toxicomanes, &#224; l'association des Cit&#233;s du Secours catholique, &#224; Paris. Entre leurs traitements h&#233;patiques ou HIV, les calmants, les neuroleptiques dont les abreuvent si g&#233;n&#233;reusement certains praticiens, leur traitement de substitution, plus ce qu'ils s'envoient pour le plaisir, nos usagers ne sont pas tous ultramobilis&#233;s. Certains sont m&#234;me tr&#232;s moyens sur le plan de l'&#171; employabilit&#233; &#187;, encore assez loin d'un retour triomphal sur le march&#233; du boulot.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_318 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH395/98felder-7923a.png?1779603491' width='400' height='395' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Felder
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et puis, il y a les tr&#232;s mauvais pauvres, comme celui qui a d&#233;barqu&#233; lors de la distribution bi-hebdomadaire des traitements de substitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que c'est de notre faute, on avait mal ferm&#233; la porte. D&#233;chard, bien s&#251;r, le gars, mais propre sur lui, une certaine classe m&#234;me, avec sa grande taille, sa canadienne en cuir, ses lunettes et son gros sac en bandouli&#232;re. Un petit c&#244;t&#233; membre des Brigades internationales pendant la Retirada : du maintien et de la tenue dans l'adversit&#233;. Il s'exprimait parfaitement en fran&#231;ais, malgr&#233; un fort accent polonais, et d&#233;sirait rencontrer quelqu'un pour expliquer ses probl&#232;mes. La belle affaire ! On en a tous, des probl&#232;mes ! En plus, il ne respectait absolument pas la proc&#233;dure. Nous, on ne re&#231;oit que des pauvres dont la candidature nous est adress&#233;e par d'autres travailleurs sociaux, on s'&#233;change les usagers comme des Pokemon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;ropo, ayant de surcro&#238;t contract&#233; la tuberculose, il &#233;tait content, il venait d'obtenir une nuit au 115, &#231;a faisait une semaine qu'on l'envoyait bouler &#8211; &lt;i&gt;&#171; plus de place &#187;&lt;/i&gt; &#8211;, et qu'il dormait dehors. On lui a expliqu&#233; qu'on &#233;tait complet, qu'il devait faire acte de candidature aupr&#232;s d'un service Appartement de coordination th&#233;rapeutique (ACT) par le biais de l'assistante sociale qui bosse dans l'asso o&#249; il est domicili&#233;. &#199;a l'a fait marrer. L&#224;-bas, ils sont des hordes &#224; faire la queue chaque jour dans l'espoir de d&#233;crocher un entretien avec elle. De toute fa&#231;on, toutes les assos qui proposent des ACT sont archiblind&#233;es...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne comprend pas trop bien le syst&#232;me, notre gentil tubard polonais. Il en a marre de poireauter devant les bureaux des travailleurs sociaux pour obtenir un joli rapport social qui ne lui ouvre aucune porte. C'est pour &#231;a qu'il a d&#233;cid&#233; de se d&#233;placer en personne. &lt;i&gt;&#171; On peut pas savoir si on essaye pas &#187;&lt;/i&gt;, qu'il nous a dit. Et a ajout&#233;, toujours sur le m&#234;me ton, avec son petit sourire et son regard ironique derri&#232;re ses b&#233;sicles d'intello, que ce n'&#233;tait pas &#233;vident de faire des projets quand on est dehors, malade, qu'on vit au jour le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, avec les coll&#232;gues, on lui a avou&#233; qu'on &#233;tait bien conscients de l'absurdit&#233; de la situation, mais qu'on ne pouvait rien faire de plus pour lui. On lui a remis le Guide solidarit&#233; Paris 2011, &#231;a l'a fait rire une nouvelle fois, il l'a d&#233;j&#224;, on le lui refourgue partout o&#249; il se pr&#233;sente.
C'est toujours avec un bon sourire qu'il nous a quitt&#233;s, nous remerciant de lui avoir accord&#233; dix minutes. Pas farauds, mais soulag&#233;s tout de m&#234;me qu'on &#233;tait, apr&#232;s son d&#233;part. Quant &#224; ceux de nos usagers qui ont assist&#233; &#224; la sc&#232;ne, ils ont arr&#234;t&#233; de mater leurs pompes, mais n'ont fait aucun commentaire... Ils ont int&#233;r&#234;t, s'ils veulent garder leur piaule jusqu'au 31 mars. C'est le d&#233;lai que nous avons finalement obtenu &#8211; la tr&#234;ve hivernale ne s'appliquant pas obligatoirement aux personnes h&#233;berg&#233;es &#8211; pour les recaser dans une autre usine &#224; pauvres, depuis l'annonce, fin novembre, de la fermeture du service en 2012&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;P.S. : Finalement, avec les coll&#232;gues, on a tellement speed&#233; pour r&#233;orienter le cheptel de fa&#231;on d&#233;cente que onze piaules d'h&#244;tel pay&#233;es par l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; jusqu'au 1er avril sont rest&#233;es vides pendant la p&#233;riode de grand froid de f&#233;vrier. Notre direction n'a pas jug&#233; utile de les mettre &#224; disposition de qui que ce soit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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