<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_auteur=720&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1782637830</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Squat un jour, squat toujours ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Squat-un-jour-squat-toujours</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Squat-un-jour-squat-toujours</guid>
		<dc:date>2026-07-01T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samuel Mercier</dc:creator>


		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;N&#233; dans les ann&#233;es 2000 d'un squat marseillais et d'une &#233;vidence &#8211; soigner commence par loger &#8211;, le dispositif Un chez-soi d'abord entendait bousculer la prise en charge du sans-abrisme. Opportunistes, les gouvernements successifs s'en sont empar&#233;s, transformant cette initiative en vitrine de leur action publique. Qui aurait pu pr&#233;dire que la rencontre fortuite d'un psychiatre, Vincent Girard, et d'un guitariste &#224; la rue, Hermann H&#228;ndlhuber, serait le point de d&#233;part d'une petite (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no253-juin-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;253 (juin 2026)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Caroline-Sury" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_11_-23c6d.png?1782865802' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;N&#233; dans les ann&#233;es 2000 d'un squat marseillais et d'une &#233;vidence &#8211; soigner commence par loger &#8211;, le dispositif Un chez-soi d'abord entendait bousculer la prise en charge du sans-abrisme. Opportunistes, les gouvernements successifs s'en sont empar&#233;s, transformant cette initiative en vitrine de leur action publique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6580 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/cqfd_squat_social.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH698/cqfd_squat_social-cce01.jpg?1782865802' width='500' height='698' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Qui aurait pu pr&#233;dire que la rencontre fortuite d'un psychiatre, Vincent Girard, et d'un guitariste &#224; la rue, Hermann H&#228;ndlhuber, serait le point de d&#233;part d'une petite r&#233;volution ? Trois ans apr&#232;s leur premier &#233;change en 2004, ils investissent un immeuble de passes rue Curiol dans le centre de Marseille. Le premier squat de France ouvert par des m&#233;decins et des travailleurs sociaux s'est transform&#233; en un dispositif de recherches exp&#233;rimental : Un chez-soi d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; On n'en a rien &#224; foutre des soins, nous, ce qu'il nous faut, c'est du logement &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Les r&#233;sultats, tr&#232;s vite concluants, ont pouss&#233; le gouvernement &#224; changer sa politique globale de lutte contre le sans-abrisme. Une &lt;i&gt;success-story &lt;/i&gt;en demi-teinte pour cette exp&#233;rience hors du commun, entr&#233;e presque par effraction dans les radars de l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un toit d'abord&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le d&#233;dale du centre-ville marseillais, travailleurs sociom&#233;dicaux et b&#233;n&#233;voles de M&#233;decins du monde polissent le bitume &#224; la recherche de personnes en danger &#224; la rue. Parmi eux, Vincent Girard, psychiatre, d&#233;cide &#171; d'aller vers &#187; les sans-abris atteints de troubles psychiques. Lors de sa premi&#232;re maraude, place des R&#233;form&#233;s, il fait la rencontre de Hermann, un grand gaillard germano-autrichien, guitare au poing, qui lui balance franchement : &#171; &lt;i&gt;On n'en a rien &#224; foutre des soins. Nous, ce qu'il nous faut, c'est du logement. &lt;/i&gt; &#187; Un an plus tard, en 2005, le psychiatre hors des clous s'associe &#224; des travailleurs sociaux et m&#233;dicaux ainsi qu'&#224; des b&#233;n&#233;voles pour fonder le collectif Logement sant&#233;. L'&#233;quipe milite pour mettre en place des solutions d'h&#233;bergement, de r&#233;tablissement et d'acc&#232;s aux soins durables, loin de &#171; &lt;i&gt;la philosophie de la psychiatrie qui n'&#233;coute pas les patients et cherche &#224; les mettre sous m&#233;doc et &#224; les enfermer&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ouvrir un squat oui, mais comment ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fournir un toit aux sans-abris atteints de troubles psychologiques : l'ambition est noble, mais, dans le contexte d'une crise du logement g&#233;n&#233;ralis&#233;e et d'un embrasement du march&#233; immobilier, elle semble compromise. &#192; l'&#233;poque pourtant, la loi anti-squat n'existe pas encore. Tr&#232;s rapidement, Cyril, un membre du collectif qui habite rue Curiol &#224; deux pas des R&#233;form&#233;s, d&#233;gote la perle rare en mati&#232;re d'habitat ill&#233;gal : un b&#226;timent inoccup&#233; qui v&#233;g&#232;te en face de chez lui. &#171; &lt;i&gt; Il a trouv&#233; un propri&#233;taire pr&#234;t &#224; nous vendre la cl&#233; pour 400 euros&lt;/i&gt;, se souvient Vincent.&lt;i&gt; Je retire l'argent direct, je prends la cl&#233; et on commence &#224; nettoyer, aid&#233;s par des gens de la rue et du centre d'accueil Vogue la gal&#232;re &#224; Aubagne. Le b&#226;timent est dans un &#233;tat catastrophique : des trous dans les murs, pas d'&#233;lectricit&#233;, pas d'eau. &lt;/i&gt; &#187; Une travailleuse du sexe mexicaine, qui bossait dans les lieux, leur refile gracieusement sa connexion internet. Un tour sur le site &#171; Kit-Ouvrir un squat &#187;, et voil&#224; que na&#238;t le &#171; Marabout &#187;, nom donn&#233; au squat par ses habitants, le 1er f&#233;vrier 2007. Hermann, aujourd'hui d&#233;c&#233;d&#233;, s'y installe de fa&#231;on permanente et devient le premier &#171; m&#233;diateur-pair en sant&#233; mentale &#187;1 salari&#233; de l'Assistance publique des h&#244;pitaux de Marseille (AP-HM). Malgr&#233; la visite inopin&#233;e et peu amicale d'un agent municipal et d'un autre de Marseille habitat, le bailleur social de la ville, l'&#233;quipe m&#233;dico-sociale obtient la l&#233;galisation du squat en 2008, par la Mairie de Marseille. &#171; &lt;i&gt; Les mecs ont compris que &#231;a allait &#234;tre compliqu&#233; d'expulser des malades et des m&#233;decins qui font de l'humanitaire dans Marseille&lt;/i&gt;, assure Vincent. &lt;i&gt;Moi j'&#233;tais s&#251;r qu'on &#233;tait inarr&#234;table, parce qu'on r&#233;pondait &#224; un tel besoin, et surtout, on faisait de l'humanitaire en France, soutenus par M&#233;decins du monde, la Fondation Abb&#233; Pierre et l'AP-HM. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des fen&#234;tres politiques&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le squat ouvert, il s'agit d&#233;sormais de pr&#234;cher la bonne parole au-del&#224; du tissu associatif, aupr&#232;s des institutions scientifiques et politiques. En 2008, Nicolas Sarkozy est au pouvoir. Avec sa ministre de la Sant&#233;, Roselyne Bachelot, il entend &#171; s&#233;curiser &#187; l'h&#244;pital psychiatrique : contr&#244;ler les entr&#233;es et les sorties des &#233;tablissements avec des syst&#232;mes de vid&#233;osurveillance, &#233;quiper les patients hospitalis&#233;s sans leur consentement d'un dispositif de g&#233;olocalisation, am&#233;nager 200 chambres d'isolement, impliquer le pr&#233;fet dans la d&#233;cision d'autoriser une personne hospitalis&#233;e d'office &#224; sortir. Son discours au personnel de l'h&#244;pital psychiatrique d'Antony laisse un go&#251;t amer tant il stigmatise et criminalise les patients. La boulette est tellement &#233;norme qu'il faut allumer un contre-feu. Il se trouve que, dans le m&#234;me temps, un conseiller de la ministre de la Sant&#233; tra&#238;ne ses oreilles &#224; Science Po Aix o&#249; Vincent Girard donne une conf&#233;rence. Le psychiatre y rappelle que la dangerosit&#233; des personnes sans-abris souffrant de troubles psychiques ou d'addictions est un fantasme, on &#171; &lt;i&gt; imagine qu'ils sont dangereux &lt;/i&gt; &#187;. L'esp&#233;rance de vie de ces personnes par rapport &#224; la population g&#233;n&#233;rale est &#233;court&#233;e de 10 &#224; 20 ans et leur taux de mortalit&#233; est trois &#224; cinq fois sup&#233;rieur. Banco : le conseiller en souffle un mot &#224; sa patronne. &#171; &lt;i&gt;Ils se disent &lt;/i&gt;&#8220;putain, il faut qu'on fasse quelque chose sur la sant&#233; mentale qui n'a rien &#224; voir avec Sarko parce que c'est pourri son message&#8221;, r&#233;sume Vincent. &lt;i&gt;Et Bachelot, qui est quelqu'un de strat&#232;ge, nous confiera apr&#232;s notre rencontre, que c'est par la marge que tu changes le centre. Elle voit bien que nous, on est &#224; la marge. Elle se dit, l&#224;, c'est une mani&#232;re d'impulser quelque chose. Et elle vient dans le squat, elle discute avec des b&#233;n&#233;ficiaires, elle kiffe. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Institutionnalisation rime avec instrumentalisation&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La machine publique est lanc&#233;e : Vincent est charg&#233; de rendre un rapport minist&#233;riel. En &#233;change, l'&#201;tat lui accorde un financement &#224; hauteur de 30 millions d'euros pour lancer les dispositifs &#233;valuatifs.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;L'id&#233;e reste de travailler autour des besoins et des envies des personnes, &#171; non pas faire &#224; leur place, mais faire avec &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Entre 2011 et 2012, quatre &#171; Un chez-soi d'abord &#187; sont mis en place &#224; Marseille &#8211; le Marabout est ferm&#233; au profit d'un b&#226;timent sur mesure dans la m&#234;me rue &#8211;, puis &#224; Lille, Toulouse et Paris. Une centaine de personnes par ville sont accompagn&#233;es dans des logements o&#249; elles pourront d&#233;velopper des comp&#233;tences psychosociales qui les aideront &#224; vivre avec leurs troubles et surmonter leurs addictions. L'id&#233;e reste de travailler autour des besoins et des envies des personnes, &#171; &lt;i&gt;non pas faire &#224; leur place, mais faire avec&lt;/i&gt; &#187;, explique Vincent. Mais malgr&#233; des r&#233;sultats encourageants en mati&#232;re de &#171; sortie de rue &#187; et une prise en charge moins on&#233;reuse pour la collectivit&#233;, l'&#201;tat se soucie peu du programme jusqu'en 2017. Emmanuel Macron, fra&#238;chement &#233;lu pr&#233;sident de la R&#233;publique, s'attire alors les foudres de l'opposition pour son &#233;conomie de bouts de chandelle sur les plus pr&#233;caires &#8211; la fameuse baisse de cinq euros des APL. Rebelote : il faut allumer un contre-feu. Le gouvernement acte le changement de politique publique &#171; d'h&#233;bergement &#187; en politique de &#171; logement d'abord &#187;. Il n'y a plus qu'&#224; r&#233;colter les fruits du travail &#224; bas co&#251;t men&#233; de longue date par les associations de protection des droits au logement, les travailleurs sociaux et m&#233;dicaux, qui battent tous les jours le pav&#233; aupr&#232;s des personnes sans-abris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes &#171; &lt;i&gt; ne passent pas trois jours dans la rue sans &#234;tre viol&#233;es &lt;/i&gt; &#187;, rappelle Joe, travailleur social &#224; la retraite. En s&#233;curisant les personnes dans un appartement, cela permet de reconstruire ce que la rue d&#233;truit. &#171; &lt;i&gt; La particularit&#233; du sans-abrisme c'est la perte de l'intimit&#233;. Chez soi, on s&#233;curise son intimit&#233;. C'est un besoin vital, c'est ce qui fait notre humanit&#233;. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pouvoirs publics hypocrites&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Un chez-soi, c'est devenu une vraie politique publique hyper structur&#233;e&lt;/i&gt;, admet Vincent Girard. &lt;i&gt;Mais la le&#231;on que je retiens, c'est qu'on leur a dit qu'on pouvait vider la baignoire et r&#233;duire le nombre de sans-abris. Mais s'ils en profitent pour la remplir encore plus, &#231;a ne marchera pas. Et c'est ce qu'il se passe, les politiques sur le logement public et sur le logement social qu'ils ont mises en place sont d&#233;sastreuses. Ils ont augment&#233; les risques et le taux d'expulsion. &lt;/i&gt; &#187; En 2024, celui-ci a grimp&#233; de 29 %, soit une hausse de 223 % en vingt ans. &#171; &lt;i&gt;La morale de l'histoire&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;conclut le psychiatre.&lt;i&gt; C'est qu'on agit sur les cons&#233;quences, pas sur les causes, qui sont multiples. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Samuel Mercier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
