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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; En cuisine, on souffre en silence de nos addictions &#187;</title>
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		<dc:date>2026-09-19T00:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Karl Grux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis mars 2026, Radio Gal&#232;re diffuse tous les deuxi&#232;me et quatri&#232;me lundis du mois Brigade Pirate, une nouvelle &#233;mission sur les r&#233;alit&#233;s des m&#233;tiers de la restauration. Une immersion riche en t&#233;moignages et anecdotes, entre amour de la cuisine et violences au travail. C'est au d&#233;but de l'ann&#233;e 2026 que Lara Pop's (pseudo) se d&#233;cide &#224; lancer un podcast sur les coulisses des m&#233;tiers de la restauration dans lesquels elle travaille depuis plus de 18 ans. Diffus&#233;s sur Radio Gal&#232;re (88 .4 &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no255-septembre-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;255 (septembre 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Karl-Grux" rel="tag"&gt;Karl Grux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_2_-6-85f5a.png?1789777804' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis mars 2026, Radio Gal&#232;re diffuse tous les deuxi&#232;me et quatri&#232;me lundis du mois Brigade Pirate, une nouvelle &#233;mission sur les r&#233;alit&#233;s des m&#233;tiers de la restauration. Une immersion riche en t&#233;moignages et anecdotes, entre amour de la cuisine et violences au travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6670 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/illu_cuistot_kg.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/illu_cuistot_kg-65945.jpg?1789777804' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Karl Grux
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;Lettrine&gt;C&lt;/Lettrine&gt;'est au d&#233;but de l'ann&#233;e 2026 que Lara Pop's (pseudo) se d&#233;cide &#224; lancer un podcast&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Le podcast est disponible sur le site de Radio Gal&#232;re : radiogalere.org/emissi&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; sur les coulisses des m&#233;tiers de la restauration dans lesquels elle travaille depuis plus de 18 ans. Diffus&#233;s sur Radio Gal&#232;re (88 .4 &#224; Marseille FM :DAB+), les &#233;pisodes th&#233;matiques abordent diff&#233;rents aspects du m&#233;tier (droits syndicaux, consommation de drogues, in&#233;galit&#233;s hommes-femmes, violences manag&#233;riales&#8230;) &#224; partir des t&#233;moignages des personnes concern&#233;es et de collectifs en lutte. Une volont&#233; affich&#233;e de sortir les dossiers au grand jour pour changer les mentalit&#233;s. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'o&#249; t'es venue l'envie de faire ce podcast ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est avant tout une d&#233;claration d'amour aux m&#233;tiers de la restauration (snack, brasserie, bistrot, restaurant...).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Les m&#233;dias vendent du r&#234;ve mais la cuisine ce n'est pas &#8220;&lt;i&gt;Top chef !&lt;/i&gt;&#8221; &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;J'avais envie de raconter nos aventures quotidiennes, autant pour parler de la passion et de la sensualit&#233; qu'il y a &#224; faire &#224; manger pour les autres, que pour parler des probl&#232;mes graves auxquels on se confronte. Les m&#233;dias vendent du r&#234;ve mais la cuisine ce n'est pas &#8220;&lt;i&gt;Top chef !&lt;/i&gt;&#8221; Durant toutes ces ann&#233;es, j'ai vu trop de choses choquantes et j'ai trop souvent ferm&#233; ma gueule, comme cette fois o&#249; un sup&#233;rieur passe derri&#232;re une p&#226;tissi&#232;re et lui met une fess&#233;e par surprise, sans que personne ne r&#233;agisse. J'y repense encore aujourd'hui. J'ai vu trop d'injustices, de violences et de choses choquantes, que ce soit l'agressivit&#233; dans le travail, la consommation de drogue (qui concerne toute la hi&#233;rarchie), des gens se faire virer du jour au lendemain, la p&#233;nibilit&#233; dans le travail sans aucune reconnaissance.... Je voulais faire quelque chose de toutes ces dingueries, donner la parole aux personnes concern&#233;es et contribuer &#224; changer les mentalit&#233;s dans le m&#233;tier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est quoi ces mentalit&#233;s dont tu parles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nos m&#233;tiers de la restauration, dans le service ou en cuisine, sont passionnants, mais on s'ab&#238;me beaucoup, principalement &#224; cause des conditions de travail scandaleuses : horaires &#224; rallonge, cuisines pas aux normes, notamment l'&#233;t&#233; quand il fait super chaud, contrats d&#233;favorables o&#249; la pause repas est d&#233;duite de ta paye alors que t'as m&#234;me pas forc&#233;ment le temps de la prendre, sous-effectif permanent... Mais il y a aussi la maltraitance manag&#233;riale, et la teuf (alcool et drogues) que les patrons nous laissent faire &#8211; quand ils ne nous y incitent pas directement, &#8220;en compensation&#8221;, en disant que c'est &lt;i&gt;open bar&lt;/i&gt; toute la nuit pour les employ&#233;s, ou en devenant tout d'un coup sympa, alors qu'ils ont mal parl&#233; toute la journ&#233;e. Et l'&#233;tat d'esprit c'est de ne pas se plaindre, de serrer les dents et de souffrir en silence. Personne ou presque ne se plaint car c'est vu comme normal, alors on avance avec nos nerfs. Cela vient en grande partie &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-mythes-au-sujet-de-la' class=&#034;spip_in&#034;&gt;du milieu h&#244;telier, qui est tr&#232;s hi&#233;rarchique et militaire, et au sein duquel ton apprentissage passe par le fait de fermer ta gueule&lt;/a&gt; pour apprendre, et de te construire l&#224;-dedans. Alors qu'on devrait se soutenir collectivement, nourrir les solidarit&#233;s face aux patrons et aux chefs qui abusent, prendre soin de nous et d&#233;fendre nos droits. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est l&#224; qu'on a besoin de culture syndicale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans un &#233;pisode, j'ai invit&#233; des personnes de MEP Marseille&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Collectif de lutte syndicale de travailleur&#183;ses de l'h&#244;tellerie, de caf&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; avec lesquelles je parlais du fait de travailler dur, ce qui n'&#233;tait pas si grave s'il y avait de la reconnaissance &#224; nos efforts.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; On est tr&#232;s peu &#224; conna&#238;tre nos droits &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'une d'elles m'a r&#233;pondu que la reconnaissance, c'&#233;tait la carotte pour nous pousser &#224; &#234;tre productifs mais que &#231;a ne remplit jamais ton frigo. On est tr&#232;s peu &#224; conna&#238;tre nos droits. Elles ont racont&#233; l'histoire d'une Italienne dont la p&#233;riode d'essai sur son contrat a &#233;t&#233; &#233;court&#233;e par rapport &#224; ce que dit la loi, de mani&#232;re &#224; pouvoir mettre fin plus rapidement et facilement &#224; son embauche. Elle est all&#233;e en justice avec le collectif et a gagn&#233;, c'&#233;tait une belle victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai moi-m&#234;me beaucoup appris en faisant ces &#233;missions. Je pense en particulier au droit de retrait, qui nous permet l&#233;galement de ne pas travailler dans le cas d'un contexte de travail jug&#233; dangereux. Si on bosse dans une cuisine d&#233;fectueuse, o&#249; les fils &#233;lectriques touchent le sol humide, ou si tu re&#231;ois des d&#233;charges &#233;lectriques &#224; chaque fois que tu utilises un robot &#8211; situations classiques. Mais trop souvent encore, utiliser ce droit de retrait va donner l'impression aux coll&#232;gues qu'on les l&#226;che, alors qu'il faudrait s'allier pour que le patron r&#233;solve les probl&#232;mes d&#233;nonc&#233;s. On doit pouvoir s'outiller, apprendre et se d&#233;fendre pour savoir quand on nous ment &#8211; ce qui arrive r&#233;guli&#232;rement &#8211; et ce qui est ill&#233;gal. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La consommation de drogues semble &#234;tre un gros sujet dans le m&#233;tier...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans nos m&#233;tiers, la fronti&#232;re entre f&#234;te et travail est vraiment floue, et la gestion des addictions compliqu&#233;e. Le rythme est souvent fr&#233;n&#233;tique, des montagnes russes &#233;motionnelles, entre moments calmes et intensit&#233;, qui nous font passer par tout un panel d'&#233;motions. Et quand le service est termin&#233;, m&#234;me fatigu&#233;s, on en veut encore. C'est souvent un travail d'&#233;quipe qui rend difficile le fait de quitter le groupe, alors on fait des prolongations.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;En tant que meuf, &#224; moins d'&#234;tre cheffe, c'est parfois compliqu&#233; d'&#234;tre simplement vue comme une co&#233;quipi&#232;re de taf : tu peux vite &#234;tre sexualis&#233;e&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#199;a commence en mode festif mais &#231;a peut rapidement devenir une compensation &#224; la duret&#233; de la journ&#233;e, puis un moyen de tenir le coup, une addiction, et la f&#234;te n'est plus dr&#244;le. R&#233;cemment, dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#171; &#8220;Je prenais une trace avant le service, cach&#233;e dans les toilettes&#8221; : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, ils pointaient la responsabilit&#233; des patrons dans la consommation d'alcool et de coca&#239;ne, qui touche toute la hi&#233;rarchie. C'est dramatique mais des plus banalis&#233; : en cuisine, on souffre en silence de nos addictions. On a l'habitude d'aller bosser en &#233;tant massacr&#233;s, c'est notre quotidien, &#231;a nous ab&#238;me et des vies sont d&#233;truites &#224; force. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; ces difficult&#233;s, est-ce qu'il y a des diff&#233;rences entre hommes et femmes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est flagrant dans la gestion de ces consommations : un mec qui consomme tout le temps et en souffre ne va pas en parler, m&#234;me pas &#224; ses potes, car c'est de la faiblesse ; alors qu'entre meufs, on va plus avoir tendance &#224; en parler, m&#234;me si &#231;a reste une honte et un tabou. Apr&#232;s, en tant que meuf, &#224; moins d'&#234;tre cheffe, c'est parfois compliqu&#233; d'&#234;tre simplement vue comme une co&#233;quipi&#232;re de taf : tu peux vite &#234;tre sexualis&#233;e, avec des questions intrusives, alors que t'as juste envie de bosser tranquille. Ce sont des mentalit&#233;s &#224; changer, les meufs en ont marre mais elles ouvrent de plus en plus leur gueule. Ceci dit, je me suis fait de nombreux fr&#232;res en cuisine, et d'avoir &#8220;connu la guerre&#8221; avec eux, &#231;a a rendu nos amiti&#233;s fortes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est quoi les autres sujets que tu abordes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On a fait un &#233;pisode sur les meufs dans les restaurants &#233;toil&#233;s, qui sont des lieux o&#249; les &#233;gos peuvent &#234;tre terribles, et les chefs soi-disant intouchables car ils ont trop de pouvoirs sur leurs &#233;quipes et sur leurs &#233;tablissements. J'aimerais aussi beaucoup faire une &#233;mission sur &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Brigades-de-detenus' class=&#034;spip_in&#034;&gt;les personnes sans-papiers dans la restauration&lt;/a&gt;. J'ai entendu tellement de choses moches, m&#234;me de patrons a priori sympas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s, l'&#233;mission ne se r&#233;sume pas &#224; des coups de gueule. Le projet est au contraire de toucher, faire r&#233;fl&#233;chir au sein du m&#233;tier et au-del&#224;. On met &#233;norm&#233;ment d'amour dans une assiette destin&#233;e &#224; quelqu'un qu'on ne conna&#238;t pas, on donne beaucoup de nous-m&#234;mes malgr&#233; les difficult&#233;s. Il faut en parler pour changer les mentalit&#233;s et qu'on puisse continuer &#224; faire ces m&#233;tiers qu'on aime. Pour la suite, je ne sais pas si j'aurai le temps de continuer &#224; porter le projet seule, alors si des personnes veulent rejoindre la brigade pirate pour amener de l'&#233;nergie, parler d'autres sujets, et contribuer &#224; lib&#233;rer la parole des travailleurs de la restauration, n'h&#233;sitez pas &#224; embarquer car la lutte ne fait que commencer&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Pour contacter la Brigade Pirate : brigadepirate@proton.me.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Le podcast est disponible sur le site de Radio Gal&#232;re : radiogalere.org/emission/les-cuisiniers-pirates-de-marseille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Collectif de lutte syndicale de travailleur&#183;ses de l'h&#244;tellerie, de caf&#233; et de la restauration. Sur Insta : mep_marseille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. &#171; &#8220;Je prenais une trace avant le service, cach&#233;e dans les toilettes&#8221; : comment la coca&#239;ne sature le monde de la restauration &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (11/07/2026).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Pour contacter la Brigade Pirate : brigadepirate@proton.me.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Des cris et des machines &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Des-cris-et-des-machines</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Des-cris-et-des-machines</guid>
		<dc:date>2026-08-26T15:19:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le roman graphique L'Usine du pire, les autrices Pia Shazar et Fanny Vaucher nous font participer &#224; une action nocturne ill&#233;gale visant &#224; documenter la violence organis&#233;e d'un &#233;levage industriel de porcs. Une immersion efficace qui questionne, par les sens, le c&#339;ur et l'&#233;thique, notre rapport au vivant et &#224; son exploitation. D&#232;s la premi&#232;re page, le dessin sombre et les nuances de gris posent le d&#233;cor. La lumi&#232;re du jour dispara&#238;t pour laisser place &#224; une op&#233;ration nocturne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no254-juillet-aout-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;254 (juillet-ao&#251;t 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_6_-10-812d9.png?1787757561' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le roman graphique &lt;i&gt;L'Usine du pire&lt;/i&gt;, les autrices Pia Shazar et Fanny Vaucher nous font participer &#224; une action nocturne ill&#233;gale visant &#224; documenter la violence organis&#233;e d'un &#233;levage industriel de porcs. Une immersion efficace qui questionne, par les sens, le c&#339;ur et l'&#233;thique, notre rapport au vivant et &#224; son exploitation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6638 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/udp_mise_en_page_planches-nettoyees_nicoajouts_26.01.26-17.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH684/udp_mise_en_page_planches-nettoyees_nicoajouts_26.01.26-17-c7167.jpg?1787757561' width='500' height='684' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la premi&#232;re page, le dessin sombre et les nuances de gris posent le d&#233;cor. La lumi&#232;re du jour dispara&#238;t pour laisser place &#224; une op&#233;ration nocturne ill&#233;gale. Quelques cases nous rapprochent progressivement d'une voiture roulant sur un chemin de campagne, avant de nous immerger dans son habitacle. Le dessin se pr&#233;sente d&#233;sormais en vue subjective&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Ou &#171; vue &#224; la premi&#232;re personne &#187; dans les jeux vid&#233;o : point de vue par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, et nous voil&#224; participant &#224; l'infiltration d'un &#233;levage industriel de porcs pour en documenter les r&#233;alit&#233;s. Lampe frontale, gants, bottes, appareil photo, nous sommes pr&#234;ts &#224; marcher &#224; travers champs pour nous rapprocher d'une masse grise qu'on voit au loin. &#171; &lt;i&gt; Un b&#226;timent&#8230; immense. Qui n'a comme pas de fin. Massif. &#192; chaque pas plus grand, mieux dessin&#233;, pr&#234;t &#224; t'engloutir&lt;/i&gt; &lt;i&gt;[&#8230;] C'est comme faire face &#224; une cha&#238;ne de montagnes. Une gigantesque prison. Une cath&#233;drale. L'aboutissement d'un syst&#232;me. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les premiers grillages, les odeurs font mal &#224; la t&#234;te et l'ammoniaque pique les yeux. Derri&#232;re, &#171; &lt;i&gt; des b&#226;timents entiers qui hurlent. Les cris sont stridents, continus. On dirait un seul grand cri qui sort des entrailles du b&#233;ton.&lt;/i&gt; &#187; &#192; l'int&#233;rieur, des couloirs interminables aux innombrables portes, des outils en tout genre et des machines. Le froid du m&#233;tal contraste avec &#171; &lt;i&gt; les montagnes de merde et [&#8230;] de cadavres &lt;/i&gt; &#187;, les cris incessants de milliers d'animaux dont l'univers restreint est fait d'une cage d'acier et d'un sol en b&#233;ton. Des formes de vie enti&#232;rement prises en main par une infrastructure technique qui vise &#224; les faire na&#238;tre, grossir, puis mourir quelques mois plus tard, de la mani&#232;re la plus rentable possible. Mais apr&#232;s plusieurs heures d'exploration &#224; prendre des photos et r&#233;colter des infos, un constat s'impose : l'usine est trop grande pour &#234;tre explor&#233;e en une nuit. Le jour va se lever et il faut partir. &#171; &lt;i&gt; La voiture du retour, c'est pas la m&#234;me ambiance. &#199;a sent la merde, t'es crev&#233;e. Des fois t'es satisfaite, t'as fait le truc bien. Souvent tu ressens rien. [&#8230;] La tristesse &#231;a vient apr&#232;s. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6639 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/udp_mise_en_page_planches-nettoyees_nicoajouts_26.01.26-28.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH697/udp_mise_en_page_planches-nettoyees_nicoajouts_26.01.26-28-a7e33.jpg?1787757561' width='500' height='697' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec &lt;i&gt;L'Usine du pire&lt;/i&gt; (La Veilleuse, f&#233;vrier 2026), Pia Shazar, militante &#224; l'Observatoire du sp&#233;cisme &#224; Lausanne (Suisse), et Fanny Vaucher, autrice et cofondatrice du collectif de BD non mixte La B&#251;che&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Plus d'infos sur leur site : la-buche.ch.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt;,&lt;/i&gt; nous font parcourir, le temps d'une nuit, les couloirs d'un monde &#171; &lt;i&gt; des cris et des machines &lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;et nous racontent l'exploitation animale comme si on y &#233;tait. Ici, le sensoriel immersif des dessins et des textes alterne avec les descriptions document&#233;es des b&#226;timents, les sch&#233;mas techniques des outils et &#8211; en fin d'ouvrage &#8211; les photos prises sur place. Une BD qui nourrit, interpelle et touche, quoiqu'on pr&#233;tende d&#233;j&#224; savoir sur le sujet &#8211; tout en &#233;vitant de trop y penser ? Dans la postface, l'&#233;crivaine Isabelle Sorente insiste : lire cette BD, &#171; &lt;i&gt; c'est accepter de voir ce qui est cach&#233;, accepter de se laisser hanter et &#224; travers cette hantise salutaire, commencer &#224; abattre les murs. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_6640 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/udp_mise_en_page_planches-nettoyees_nicoajouts_26.01.26-15.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH348/udp_mise_en_page_planches-nettoyees_nicoajouts_26.01.26-15-d6992.jpg?1787757561' width='500' height='348' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Ou &#171; vue &#224; la premi&#232;re personne &#187; dans les jeux vid&#233;o : point de vue par lequel on voit &#224; travers les yeux du personnage en question.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Plus d'infos sur leur site : &lt;a href='https://cqfd-journal.org/la-buche.ch'&gt;la-buche.ch&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dirty Dancing m'a radicalis&#233;&#183;e</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Dirty-Dancing-m-a-radicalise-e</link>
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		<dc:date>2026-06-04T12:24:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Marie-Madeleine Salvanes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec l'ouvrage On ne laisse pas B&#233;b&#233; dans un coin, les &#233;ditions Hors d'atteinte nous font le plaisir de nous rappeler &#8211; ou de nous apprendre &#8211; que si le film Dirty Dancing est un film culte, c'est aussi par sa dimension profond&#233;ment f&#233;ministe et pro-avortement. Au moment o&#249; je me fonds dans la foule dense des Transmusicales de Rennes en d&#233;cembre dernier, la DJ temporise sa transition avec une m&#233;lodie qu'on croit reconna&#238;tre. La tension monte, et quand les paroles se font enfin distinctes, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no253-juin-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;253 (juin 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marie-Madeleine-Salvanes" rel="tag"&gt;Marie-Madeleine Salvanes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_9_-4-bb841.png?1782652117' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec l'ouvrage &lt;i&gt;On ne laisse pas B&#233;b&#233; dans un coin&lt;/i&gt;, les &#233;ditions Hors d'atteinte nous font le plaisir de nous rappeler &#8211; ou de nous apprendre &#8211; que si le film &lt;i&gt;Dirty Dancing&lt;/i&gt; est un film culte, c'est aussi par sa dimension profond&#233;ment f&#233;ministe et pro-avortement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6567 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/marie_madeleine_salvanes.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH354/marie_madeleine_salvanes-0d68b.jpg?1782652117' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; je me fonds dans la foule dense des Transmusicales de Rennes en d&#233;cembre dernier, la DJ temporise sa transition avec une m&#233;lodie qu'on croit reconna&#238;tre. La tension monte, et quand les paroles se font enfin distinctes, elles d&#233;clenchent l'euphorie g&#233;n&#233;rale d'un public chantant &#224; gorge d&#233;ploy&#233;e &#171; (I've had) The Time of my Life &#187; du film &lt;i&gt;Dirty Dancing&lt;/i&gt;. Le &lt;i&gt;carpe diem&lt;/i&gt; est g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'ayant qu'un vague souvenir du film, je me suis demand&#233; si je ne vivais pas l&#224; un puissant moment de nostalgie pour une &#339;uvre qui &#8211; &#224; l'image de &lt;i&gt;Grease&lt;/i&gt; &#8211; gagne &#224; ne pas &#234;tre revue&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Autre com&#233;die musicale culte sortie en 1978, Grease est notamment (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Mais avec la publication quelques mois plus tard de l'ouvrage &lt;i&gt;On ne laisse pas B&#233;b&#233; dans un coin : Dirty Dancing, un film f&#233;ministe&lt;/i&gt; (Hors d'atteinte, mai 2026), j'ai vite compris que j'&#233;tais &#224; c&#244;t&#233; de la plaque. Dans cette passionnante analyse, initialement publi&#233;e en 2024, l'autrice et journaliste canadienne Andrea Warner nous replonge dans tout ce que cette amourette d'un &#233;t&#233; a de politique : alors que B&#233;b&#233;, 17 ans, est en vacances avec sa famille ais&#233;e, elle d&#233;couvre les in&#233;galit&#233;s de classe et l'empouvoirement par la danse en rencontrant Johnny, un des employ&#233;s de la pension ; les deux s'associent pour financer l'avortement clandestin de leur amie Penny tout en &#233;vitant qu'elle perde son emploi ; le soin devient communautaire quand l'op&#233;ration se passe mal et que le trio se confronte &#224; l'hostilit&#233; familiale et institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'autrice, il n'y a pas de doute possible : &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Films-de-poulettes-politisees' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Dirty Dancing&lt;/i&gt; est une &#171; &lt;i&gt;&#339;uvre cin&#233;matographique subversive, f&#233;ministe et dr&#244;le, en avance sur son temps&lt;/a&gt; (et intemporelle) &#224; bien des &#233;gards [&#8230;] L'avortement y est montr&#233; comme un soin m&#233;dical normal, n&#233;cessaire et vital ; et les femmes y d&#233;sirent et y pratiquent du sexe sans que &#231;a ne d&#233;range personne&lt;/i&gt; &#187;. Mais elle ne s'arr&#234;te pas l&#224; et passe en revue les musiques du film, nous raconte ses coulisses et les difficult&#233;s auxquelles s'est confront&#233;e Eleanor Bergstein pour d&#233;fendre son sc&#233;nario &#8211; bas&#233; sur sa propre vie &#8211; des tentatives de censure. Le film reste cependant le produit de son &#233;poque et la journaliste pointe du doigt une r&#233;appropriation culturelle (musiques et danses) au profit d'un casting uniquement blanc, qui en fait une &#339;uvre &#171; &lt;i&gt;complice de la longue histoire raciste des Blancs exploitant la culture noire&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant de son propre v&#233;cu, Andrea Warner insiste sur le pouvoir &#233;mancipateur des drames musicaux de l'&#233;poque, dont &lt;i&gt;Flashdance&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; Footloose&lt;/i&gt; et plus particuli&#232;rement &lt;i&gt;Dirty Dancing&lt;/i&gt;.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&#171; &lt;i&gt;Le film qui a chang&#233; ma vie. C'est lui qui a contribu&#233; &#224; fa&#231;onner mon f&#233;minisme naissant, qui a fait de moi une militante &#224; vie pour le droit &#224; l'avortement et qui m'a fait d&#233;couvrir la puissance de la musique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Autre com&#233;die musicale culte sortie en 1978, &lt;i&gt;Grease&lt;/i&gt; est notamment critiqu&#233;e pour sa contribution &#224; la culture du viol (propos et comportements sexistes, sc&#232;nes d'agressions, banalisation des violences ).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Maternit&#233; : &#034;un renoncement heureux et possible&#034;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Maternite-un-renoncement-heureux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Maternite-un-renoncement-heureux</guid>
		<dc:date>2026-04-18T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ana&#239;s Shenk&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans la BD Apr&#232;s, ce sera trop tard, Ana&#239;s Schenk&#233; nous raconte ses r&#233;flexions face &#224; une question devenue pressante &#224; l'approche de ses 35 ans : veut-elle &#234;tre m&#232;re, avant qu'il ne soit trop tard ? &#192; travers un r&#233;cit personnel et politique, elle rend palpables les multiples pressions qui p&#232;sent sur les femmes, et esquisse d'autres voies possibles. J'ai l'impression d'&#234;tre soudainement sur la derni&#232;re ligne droite. Et le sentiment qu'il n'y a aucune des deux options qui m'attire plus que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no251-avril-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;251 (avril 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Anais-Shenke" rel="tag"&gt;Ana&#239;s Shenk&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L109xH150/anaisschenke-e2f2f.jpg?1782652117' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la BD Apr&#232;s, ce sera trop tard, Ana&#239;s Schenk&#233; nous raconte ses r&#233;flexions face &#224; une question devenue pressante &#224; l'approche de ses 35 ans : veut-elle &#234;tre m&#232;re, avant qu'il ne soit trop tard ? &#192; travers un r&#233;cit personnel et politique, elle rend palpables les multiples pressions qui p&#232;sent sur les femmes, et esquisse d'autres voies possibles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6478 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/anaisschenke.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH689/anaisschenke-d2d4f.jpg?1782652117' width='500' height='689' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;J'ai l'impression d'&#234;tre soudainement sur la derni&#232;re ligne droite. Et le sentiment qu'il n'y a aucune des deux options qui m'attire plus que l'autre&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond le personnage d'Ana&#239;s quand son amie lui demande si elle veut des enfants &#224; bient&#244;t 35 ans. Congeler ses ovocytes ? Faire une PMA ? Ne pas &#234;tre parent vu l'&#233;tat du monde ? Vivre pour soi ? Autant de questionnements auxquels se confronte l'autrice marseillaise Ana&#239;s Schenk&#233; et qu'elle nous raconte dans sa BD &lt;i&gt;Apr&#232;s, ce sera trop tard. Et si je n'&#233;tais jamais m&#232;re ?&lt;/i&gt; (Les Insolentes, 2025). Et si, face &#224; l'immense pression de devoir savoir ce qu'on veut, il &#233;tait possible de ne pas c&#233;der aux sir&#232;nes de l'urgence en se d&#233;finissant autrement que par la pr&#233;sence ou l'absence d'enfant ? Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'o&#249; est n&#233; ce projet de BD sur la question de la maternit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#199;a a commenc&#233; avec quelques &lt;i&gt;strips&lt;/i&gt; sur Insta&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;voir son profil sur Instagram : @anaislesfleurs&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; pour partager mes questionnements sur la pr&#233;servation des ovocytes. J'allais avoir 35 ans, j'&#233;tais c&#233;libataire et c'&#233;tait un sujet qui devenait de plus en plus pr&#233;sent dans les &#233;changes que j'avais avec des copines dans la m&#234;me situation que moi. La d&#233;marche ayant un &#226;ge limite pour s'y inscrire, cela venait raviver la pression et le sentiment d'urgence que l'on peut avoir en tant que femme (bien qu'on puisse a priori toujours avoir des enfants autour de la quarantaine&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon l'Insee, l'&#226;ge moyen du premier enfant augmente contin&#251;ment depuis les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;). J'ai commenc&#233; &#224; creuser le sujet et j'ai rapidement eu beaucoup de retours de lectrices qui se posaient les m&#234;mes questions. C'&#233;tait apaisant de ne pas &#234;tre seule. Je me suis rendue compte que j'avais besoin qu'on me dise que ce n'&#233;tait pas grave de ne pas savoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par le biais de ton personnage, on passe &#224; travers les multiples injonctions qui p&#232;sent sur les femmes pour faire de la maternit&#233; une &#233;vidence. Comment &#231;a s'est manifest&#233; pour toi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mon entourage n'est pas trop port&#233; sur la parentalit&#233; et je n'avais pas l'impression d'&#234;tre pressuris&#233;e par ces injonctions, mais je me suis rendue compte que c'&#233;tait l&#224; malgr&#233; tout, et depuis longtemps : en r&#233;alit&#233; je me suis toujours pens&#233;e comme m&#232;re. Depuis mon enfance, j'avais en t&#234;te les pr&#233;noms de mes futurs enfants et imaginais d&#233;j&#224; comment je les &#233;l&#232;verais. On nous inculque le fait de ne pas pouvoir se penser en dehors de la maternit&#233; et &#231;a devient rapidement une lourde responsabilit&#233; : quand t'es adolescente, avec l'apparition des premi&#232;res r&#232;gles, ton corps d'enfant devient un corps qui peut procr&#233;er ; par la suite, tu sais qu'une fois sur le march&#233; du travail, le projet de maternit&#233; va peser et te discr&#233;diter par rapport &#224; un homme &#8211; alors que lui aussi peut &#234;tre parent !&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Les parcours PMA sont loin d'&#234;tre &#8220;faciles&#8221;, ils ne sont pas anodins et encore tr&#232;s mal accompagn&#233;s sur le plan humain &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Tu es constamment la cible d'injonctions contradictoires qui te font sentir que si tu n'es pas m&#232;re, tu es pass&#233; &#224; c&#244;t&#233; de quelque chose, mais que si tu es m&#232;re, cela va peser sur ta vie professionnelle et amoureuse, tes cercles sociaux et ta vie quotidienne. Si t'as des enfants en &#233;tant jeune, c'est bizarre, si t'es plus &#226;g&#233;e, t'es trop vieille, si t'en as plein, t'es une cassos, et si t'en as qu'un, &#231;a va &#234;tre un enfant-roi&#8230; La dissonance est permanente. Quels que soient nos choix, il n'y a jamais de bonne mani&#232;re d'&#234;tre une femme. Quand ce n'est pas Macron qui t'&#233;crit personnellement pour te dire de faire un enfant pour la patrie, dans une grossi&#232;re instrumentalisation de nos corps. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la BD, face &#224; toutes les options possibles, le personnage se penche sur les parcours &#171; alternatifs &#187;, en particulier sur la cong&#233;lation des ovocytes qui permet de remettre le choix &#224; plus tard. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce sont des avanc&#233;es sociales importantes qui ne sont pas &#224; remettre en question. Mais pour la cong&#233;lation des ovocytes, je ne pouvais pas m'emp&#234;cher d'y voir une &#8220;solution de facilit&#233;&#8221;. Non pas pour les personnes concern&#233;es, mais pour les institutions qui la proposent : vous avez 35 ans, pas de taf, pas de situation stable, vous &#234;tes dans des apparts pourris, c'est compliqu&#233; de rencontrer des gens qui veulent s'engager ? Bah ! pr&#233;servez vos ovocytes et on verra &#224; vos 41 ans. Une mani&#232;re de remettre le choix &#224; plus tard tout en maintenant la pression sur les corps. En r&#233;alit&#233;, les parcours PMA sont loin d'&#234;tre &#8220;faciles&#8221;, ils ne sont pas anodins et encore tr&#232;s mal accompagn&#233;s sur le plan humain. Ils peuvent &#234;tre douloureux et violents pour le corps et le mental, avoir des r&#233;percussions importantes sur le quotidien, la vie sociale et amoureuse. Et il n'y a pas de garantie que &#231;a fonctionne ! Dans la BD, je me permets d'envisager que c'est une fausse solution dans un contexte o&#249; le syst&#232;me de sant&#233; se casse la gueule, o&#249; il n'y a pas de places en cr&#232;che et o&#249; les familles monoparentales sont les plus pr&#233;caires. La priorit&#233; serait plut&#244;t de cr&#233;er un contexte qui donne envie aux gens de faire famille, non ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment est-ce que ces diff&#233;rents sc&#233;narios sont venus questionner ton d&#233;sir initial de maternit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je me suis rendue compte que je parlais surtout de &#8220;d&#233;sir&#8221; d'enfant et de parentalit&#233;, et que je ne pouvais pas faire abstraction du fait que nos d&#233;sirs &#233;taient calibr&#233;s par nos exp&#233;riences, nos environnements et nos entourages. On est coinc&#233;&#183;es entre une envie souvent fantasm&#233;e d'&#234;tre parents et la r&#233;alit&#233; du contexte politique, social et environnemental. Pour moi, un des enjeux a &#233;t&#233; de corr&#233;ler mon d&#233;sir &#224; la r&#233;alit&#233;, d'observer la contradiction entre ce que je souhaite et ce qui est possible, et d'accepter qu'aucun choix n'est parfait. J'avais besoin de pouvoir rebattre les cartes autour de ce regret, de cette condamnation &#224; la tristesse perp&#233;tuelle qu'on te pr&#233;dit si tu ne fais pas ce que le syst&#232;me consid&#232;re comme &#8220;les bons choix&#8221; dans ta vie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6479 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/pages_de_pdf_apre_sceseratroptard.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH230/pages_de_pdf_apre_sceseratroptard-7dca0.jpg?1782652117' width='500' height='230' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; cette pression, tu parles d'un manque de sc&#233;narios positifs, d&#233;sirables, de ce que peut &#234;tre la vie de femme sans &#234;tre m&#232;re. On manque de mod&#232;les qui se fondent sur autre chose que la pr&#233;sence ou l'absence d'enfants ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand j'ai commenc&#233; les premi&#232;res planches, je m'attendais &#224; avoir une r&#233;ponse &#233;vidente, et au fond de moi j'esp&#233;rais que soit oui, parce que &#231;a me faisait peur d'imaginer ne pas avoir d'enfants. Puis j'ai beaucoup parl&#233; avec des femmes qui n'ont pas voulu ou pas pu &#234;tre m&#232;re. Au fil de l'eau tout est devenu beaucoup moins effrayant et surtout, tout simplement palpable. Les contours d'une vie &#224; 50 ou 60 ans sans enfants commen&#231;aient &#224; pouvoir &#234;tre envisageables, voire d&#233;sirables ! En fait, &#233;changer avec ces femmes m'a permis de r&#233;aliser qu'un renoncement heureux &#233;tait possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a m'a aussi fait r&#233;aliser les pr&#233;jug&#233;s que j'avais int&#233;rioris&#233;s depuis longtemps envers les femmes seules : ces projections n&#233;gatives dans lesquelles ces femmes le sont par d&#233;faut, qu'elles ont des animaux par compensation et qu'elles sont irr&#233;m&#233;diablement tristes, car comment ne pas l'&#234;tre quand on vit sans enfants, ou pire sans enfants et hors du couple ? Je crois et j'esp&#232;re que ces jugements auront &#233;volu&#233; d'ici les prochaines ann&#233;es. Beaucoup de femmes (et pas que d'ailleurs) de ma g&#233;n&#233;ration (et des suivantes) n'auront pas d'enfants ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avoir des enfants peut aussi &#234;tre, sans que ce soit forc&#233;ment assum&#233;, une mani&#232;re de r&#233;pondre &#224; l'appr&#233;hension de la solitude, du vieillissement et de la mort. Est-ce que tu as ressenti cette forme de chantage sur nos angoisses existentielles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce n'est pas parce que t'as des enfants qu'ils vont s'occuper de toi et que tu ne finiras pas tout seul &#224; l'Ehpad ! Faire des enfants pour ne pas vieillir seul&#183;e est un mauvais calcul : mieux vaut commencer &#224; se renseigner sur les activit&#233;s sociales entre seniors. Il y a quelque mois, une amie d'une soixantaine d'ann&#233;es a lu la BD et m'a laiss&#233; une petite note vraiment touchante o&#249; elle dit : &#8220;&lt;i&gt;j'ai 63 ans, je n'ai pas d'enfants, mais j'ai un peu des petits bouts d'enfants partout, &#231;a ne m'a jamais emp&#234;ch&#233;e de me sentir bien et &#233;panouie, et j'adore ma vie !&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, si tu n'as pas d'enfant, tu peux d&#233;ployer plein de choses diff&#233;rentes pour cr&#233;er un sentiment de communaut&#233; ou de famille choisie, que ce soit en t'occupant d'enfants qui ne sont pas les tiens, en b&#233;n&#233;volant dans des assos ou en ayant des activit&#233;s collectives. Il y a plein de mani&#232;res de ne pas &#234;tre seul&#183;e, m&#234;me si c'est &#233;vident qu'on n'est pas &#224; &#233;galit&#233; en fonction de nos parcours de vie. Reste qu'il y a des espaces &#224; investir ou &#224; cr&#233;er pour ne pas &#234;tre seul&#183;e. Et je pense qu'on est une g&#233;n&#233;ration qui va beaucoup miser l&#224;-dessus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;voir son profil sur Instagram : @anaislesfleurs&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon l'Insee, l'&#226;ge moyen du premier enfant augmente contin&#251;ment depuis les ann&#233;es 1970 en France, pour &#234;tre &#224; 31 ans en 2023, et 10 % des m&#232;res ont 36 ans ou plus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>J'suis pas ta m&#232;re</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/J-suis-pas-ta-mere</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/J-suis-pas-ta-mere</guid>
		<dc:date>2026-04-11T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder, Livia Stahl</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Manon Raupp</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour raisons politiques ou par manque d'envie personnelle, Sol&#232;ne, Rita et Zahra sont nullipares. C'est sans anxi&#233;t&#233; qu'elles entendent le tic tac de l'horloge biologique. Sol&#232;ne, 38 ans : &#171; J'ai accept&#233; l'id&#233;e que l'envie d'avoir un enfant n'arriverait sans doute pas &#187; &#171; Pour moi, ne pas avoir d'enfant n'est pas vraiment un choix politique, je n'ai simplement jamais eu le d&#233;sir ni d'avoir un enfant ni d'&#234;tre m&#232;re. Je ne sais pas si c'est un choix d&#233;finitif et il m'arrive encore de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no251-avril-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;251 (avril 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Manon-Raupp" rel="tag"&gt;Manon Raupp&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH113/manonraupp-fdec7.jpg?1782652118' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour raisons politiques ou par manque d'envie personnelle, Sol&#232;ne, Rita et Zahra sont nullipares. C'est sans anxi&#233;t&#233; qu'elles entendent le tic tac de l'horloge biologique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6476 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/manonraupp.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/manonraupp-3b816.jpg?1782652118' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sol&#232;ne, 38 ans : &#171; J'ai accept&#233; l'id&#233;e que l'envie d'avoir un enfant n'arriverait sans doute pas &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour moi, ne pas avoir d'enfant n'est pas vraiment un choix politique, je n'ai simplement jamais eu le d&#233;sir ni d'avoir un enfant ni d'&#234;tre m&#232;re. Je ne sais pas si c'est un choix d&#233;finitif et il m'arrive encore de douter. Depuis mon adolescence on m'a si souvent pr&#233;dit l'arriv&#233;e imminente du &lt;i&gt;tic-tac&lt;/i&gt; de &#8220;l'horloge biologique&#8221; que j'ai longtemps pens&#233; que &#231;a surgirait un jour. Aujourd'hui, &#224; 38 ans, j'ai accept&#233; l'id&#233;e que l'envie d'avoir un enfant n'arriverait sans doute pas et je suis plut&#244;t en paix avec cette id&#233;e &#8211; &#231;a m'a quand m&#234;me pris du temps et quelques s&#233;ances de psy. J'ai appris il y a quelques mois que j'avais d&#233;pass&#233; l'&#226;ge pour pouvoir congeler mes ovocytes. &#199;a m'a fait un petit pincement quelque part, m&#234;me si je ressens d&#233;sormais moins de pression sociale que lorsque j'avais 25 ans et que ma m&#232;re me disait : &#8220;&lt;i&gt;Moi &#224; ton &#226;ge j'avais d&#233;j&#224; deux enfants !&lt;/i&gt;&#8221; Une coll&#232;gue de travail un jour m'a dit aussi : &#8220;&lt;i&gt;Ah ! Mais c'est que tu n'as pas encore rencontr&#233; le bon !&lt;/i&gt;&#8221; Une injonction terrible, non seulement &#224; te reproduire, mais aussi &#224; trouver le bon ou la bonne partenaire, avec l'angoisse de ne jamais le ou la trouver &#8220;&#224; temps&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire que j'ai refus&#233; la maternit&#233;, comme on l'entend parfois, revient &#224; penser que le fait &#234;tre m&#232;re est une &#233;tape obligatoire dans la vie d'une femme, et donc que sans enfant, on n'en devient jamais vraiment une. Cette r&#233;flexion a m&#251;ri au fil de mes rencontres avec des femmes nullipares ayant des vies extraordinaires, ou juste normales, mais c'&#233;tait d&#233;j&#224; beaucoup pour m'aider &#224; m'extirper de cette projection absurde qui voudrait qu'une femme qui n'a pas d'enfant a forc&#233;ment un probl&#232;me. J'ai aussi rencontr&#233; des femmes pouvant confier assez facilement qu'elles regrettaient d'avoir fait le choix d'&#234;tre m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a ne m'emp&#234;che pas de penser que c'est important d'&#234;tre en contact avec des enfants, que c'est m&#234;me essentiel que les g&#233;n&#233;rations se m&#233;langent. C'est pour &#231;a que j'aime passer du temps avec les enfants de mes ami&#183;es. Un papa m'a dit l'autre jour &#8220;&lt;i&gt;tu peux pas comprendre, t'as pas d'enfant&lt;/i&gt;&#8221;, j'ai trouv&#233; &#231;a injuste et cruel. J'ai m&#234;me envisag&#233; d'accueillir des enfants plac&#233;s &#224; l'Aide sociale &#224; l'enfance, des enfants que j'imaginais &#8220;de passage&#8221;, desquels il faut s'occuper le temps que leur situation familiale s'arrange. J'ai vite compris qu'il s'agissait en fait d'avoir un v&#233;ritable r&#244;le de parent car c'est rare qu'ils retournent dans leur famille d'origine. On pourrait imaginer d'autres fa&#231;ons un peu plus collectives d'&#233;lever les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que faire des enfants dans notre soci&#233;t&#233; ne nous prot&#232;ge pas de la solitude. Beaucoup vieillissent seul&#183;es dans des Ehpad loin de leurs enfants et petits-enfants. En revanche, les amiti&#233;s nous aident. Je connais beaucoup de personnes assez &#226;g&#233;es qui ont des vies bien remplies et sont tr&#232;s entour&#233;es, pas seulement par leurs enfants, mais par leurs ami&#183;es et camarades de lutte. Je m'imagine tr&#232;s bien vieille, avec mes copines, en manif' le dimanche apr&#232;s-midi ou partant en week-end &#224; l'improviste. La solitude ne me fait pas peur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Rita, la soixantaine : &#171; Mon parcours a fait qu'il n'y avait pas trop de place pour des enfants &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand tu vois la lettre que Macron veut envoyer aux jeunes de 29 ans pour les inciter &#224; faire des enfants, tu te dis mais vraiment, l'&#201;tat se m&#234;le de tout, m&#234;me du corps des femmes ! Et puis c'est toujours la m&#234;me natalit&#233; qui est encourag&#233;e : pas celle de femmes immigr&#233;es ou sans-papiers, mais la natalit&#233; blanche. Moi je travaille dans le 3&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Marseille comme AESH, et je peux te dire que des enfants, il y en a !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et des enfants sans parents aussi. Je trouve que c'est une bonne alternative de ne pas avoir d'enfant soi-m&#234;me mais d'adopter. Mais en France, quand on n'a pas un super salaire, qu'on n'est pas un-papa-une-maman, c'est tr&#232;s compliqu&#233;. Et puis au-del&#224;, dans la vie, il n'y a pas que ses enfants : il y a aussi les enfants des autres. Par exemple, je suis tr&#232;s attach&#233;e au fils d'une amie, c'est un peu mon filleul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus jeune, j'ai avort&#233; deux fois parce que je ne voulais pas de grossesse &#224; ces moments-l&#224;. Mais &#224; vrai dire, je n'ai pas vraiment eu de &lt;i&gt;d&#233;sir d'enfant&lt;/i&gt;. Quand j'&#233;tais ado, &#224; 16 ou 17 ans, alors que je me faisais chier chez mes parents et que je r&#234;vais &#224; ma vie d'adulte id&#233;ale, je me souviens clairement m'&#234;tre dit : &#8220;&lt;i&gt;Peut-&#234;tre que j'aurai des enfants, mais si &#231;a arrive, je veux les avoir seule.&lt;/i&gt;&#8221; Tu vois tes parents, tu vois les gens autour, c'est effrayant ! Je pressentais d&#233;j&#224; que se marier, fonder une famille, c'&#233;tait l'ali&#233;nation. Ma m&#232;re &#233;tait infirmi&#232;re &#224; domicile, mon p&#232;re employ&#233; et communiste, puis il est classiquement devenu un peu raciste et Front national. Ils ne m'ont jamais mis la pression pour que j'ai des enfants. J'ai eu des relations avec des hommes, plut&#244;t longues, mais je ne me voyais pas m'attacher &#224; eux en faisant des enfants ; je sentais que c'&#233;tait pas ce qu'il fallait que je fasse. Mon parcours faisait qu'il n'y avait pas trop de place pour faire un gosse. J'&#233;tais engag&#233;e dans un groupe qui avait une activit&#233; de critique sociale contre la prison entre autres et contre ce monde. Cette p&#233;riode n'&#233;tait pas trop compatible avec le fait d'avoir un enfant. J'&#233;tais &#224; droite &#224; gauche, et c'&#233;tait mieux comme &#231;a, pour pouvoir continuer. C'est assez rare que les femmes parviennent &#224; concilier leur temps consacr&#233; &#224; &#233;lever des enfants et celui consacr&#233; &#224; d'autres activit&#233;s. Dans les premiers temps surtout, elles se retrouvent souvent &#224; devoir se couper de la vie sociale, et ce n'&#233;tait pas mon choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 40 ans, j'ai quand m&#234;me eu un doute, parce que c'est vrai que &#231;a peut &#234;tre cool d'avoir un gosse. J'y ai un peu r&#233;fl&#233;chi et je me suis dit : &#8220;&lt;i&gt;&#199;a va &#234;tre trop tard, et je ne vais pas faire tout d'un coup un enfant parce que c'est le dernier moment. Je ne vais pas me faire des n&#339;uds au cerveau : je sais ce qui m'a amen&#233;e l&#224;, j'ai mon parcours et je n'ai ni regrets ni questionnements douloureux par rapport &#224; &#231;a. Allez hop ! On &#233;vacue.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, la pression sociale, je l'ai sentie de la part de copines qui, elles, avaient des enfants. J'ai &#233;t&#233; renvoy&#233;e &#224; des &#8220;&lt;i&gt;ah mais tu peux pas comprendre&lt;/i&gt;&#8221;, notamment quand je donnais mon avis ou des conseils sur l'&#233;ducation. Encore maintenant, quand je dis que je n'ai pas d'enfant, je sens que certaines femmes sont g&#234;n&#233;es. Elles ne me demandent d'ailleurs pas si c'est voulu ou subi. &#199;a reste un petit tabou. Comme si on n'&#233;tait pas vraiment &lt;i&gt;accomplies&lt;/i&gt; en tant que femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai aussi pas mal de copines qui ont 35 ou 40 ans et qui n'auront pas d'enfant. Et &#224; vrai dire&#8230; on n'en parle pas tant que &#231;a ! Il y a d'autres choses dans la vie qui sont importantes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Livia Stahl&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Zahra, 38 ans : &#171; Avoir des enfants ou non, notre lutte reste la m&#234;me contre le patriarcat &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai 38 ans, je suis c&#233;libataire, et &#231;a fait vraiment longtemps que je sais que je ne veux pas avoir d'enfants. Je ne ressens pas le besoin d'&#234;tre m&#232;re et je suis assez sereine par rapport &#224; &#231;a. C'est un choix plut&#244;t d&#233;finitif vu que mon avis n'a pas chang&#233; au fil des ann&#233;es, et qu'actuellement je ne me dis pas non plus : &#8220;&lt;i&gt;l&#224; c'est le moment ou jamais&lt;/i&gt;&#8221;. J'ai la chance d'&#233;voluer dans un milieu o&#249; les gens s'en foutent que j'aie des enfants ou pas. Il n'y a que ma m&#232;re qui y croit encore et me demande toutes les semaines si j'ai trouv&#233; quelqu'un pour me marier et faire des gosses. Mais avec le temps elle finira bien par l&#226;cher l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est quand j'ai eu la vingtaine que j'ai commenc&#233; &#224; me dire que je ne voulais pas avoir d'enfants. C'&#233;tait en r&#233;action &#224; la mani&#232;re dont j'ai &#233;t&#233; &#233;duqu&#233;e dans ma famille : je ne voulais pas ressembler &#224; ma m&#232;re qui tenait la famille &#224; bout de bras et nous g&#233;rait, nous, les trois enfants. Elle &#233;tait infirmi&#232;re mais elle a arr&#234;t&#233; de travailler apr&#232;s une maladie. Quand elle a voulu reprendre, mon p&#232;re lui a demand&#233; de ne pas le faire, parce que c'&#233;tait plus simple pour s'occuper de nous. &#199;a m'a fait dire que je voulais &#234;tre la m&#232;re de personne. Je voulais avoir le temps de me construire toute seule, de vivre les choses &#224; ma fa&#231;on. &#192; l'&#233;poque j'&#233;tais aussi dans le rejet du couple et des relations avec les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite j'ai rencontr&#233; d'autres femmes avec lesquelles j'ai beaucoup discut&#233;. Certaines voulaient des enfants, d'autres non. Ces &#233;changes ont &#233;t&#233; importants pour ma construction politique et f&#233;ministe : en avoir ou ne pas en avoir, pour diff&#233;rentes raisons, est un choix qui nous appartient. Mais notre lutte reste la m&#234;me contre le patriarcat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'ai eu la trentaine, mon choix s'est davantage construit que par le pass&#233;. Il n'&#233;tait plus seulement bas&#233; sur le rejet. Aujourd'hui, ma situation professionnelle (je travaille dans l'associatif) fait que jamais je n'aurais beaucoup d'argent. Par ailleurs mes engagements politiques m'obligent &#224; donner pas mal de mon temps. Or, &#234;tre seule dans la d&#232;che, ce n'est pas pareil qu'&#234;tre seule, dans la d&#232;che, &lt;i&gt;avec&lt;/i&gt; un enfant &#224; charge. Et puis, je continue de ne pas adh&#233;rer &#224; la conception &#8220;traditionnelle&#8221; du couple. Je suis plus dans des sch&#233;mas d'autonomie et d'ind&#233;pendance. Par exemple, je ne veux pas habiter avec la personne avec laquelle je relationne, encore moins porter la charge mentale d'un foyer. Et c'est plus simple de sortir d'une relation o&#249; il n'y a ni enfants ni cohabitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; de &#231;a, je ne con&#231;ois pas le fait de procr&#233;er comme un accomplissement. Il y a suffisamment de gosses en qu&#234;te de famille dans le monde, je n'ai pas besoin de propager mes propres g&#232;nes. Je me suis toujours dit que si un jour je venais &#224; ressentir le besoin de transmettre, je pourrais toujours lancer une proc&#233;dure d'adoption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai fait le choix de m'investir davantage dans les relations avec mes amies, avec ma famille, surtout avec mes ni&#232;ces, qui sont un peu comme mes enfants et auxquelles j'essaie de consacrer du temps. Je ne pense pas qu'on devrait faire des gosses en pensant qu'ils vont s'occuper de nous apr&#232;s, on a d&#233;j&#224; aucune garantie qu'ils vont nous aimer, alors bon. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>A travers les yeux des dames de fraises</title>
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		<dc:date>2026-03-28T00:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec la BD Dames de fraises, doigts de f&#233;e, la dessinatrice Annelise Verdier nous raconte le quotidien de violences et d'entraides des milliers de Marocaines qui, chaque saison, vont travailler dans la production de fraises dans le sud de l'Espagne. Pouss&#233;e par la n&#233;cessit&#233; de nourrir son mari asthmatique et ses deux enfants, et voyant que les petits boulots au Maroc ne lui permettent pas de se projeter plus loin que le lendemain, Farida s'inscrit &#224; l'Anapec pour tenter le coup de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no250-mars-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;250 (mars 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec la BD&lt;i&gt; Dames de fraises, doigts de f&#233;e&lt;/i&gt;, la dessinatrice Annelise Verdier nous raconte le quotidien de violences et d'entraides des milliers de Marocaines qui, chaque saison, vont travailler dans la production de fraises dans le sud de l'Espagne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pouss&#233;e par la n&#233;cessit&#233; de nourrir son mari asthmatique et ses deux enfants, et voyant que les petits boulots au Maroc ne lui permettent pas de se projeter plus loin que le lendemain, Farida s'inscrit &#224; l'Anapec&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agence nationale de promotion de l'emploi et des comp&#233;tences, au Maroc.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; pour tenter le coup de l'autre c&#244;t&#233; de la M&#233;diterran&#233;e. Elle embarque sur un ferry direction les productions de fraises de la province de la Huelva, dans le sud de l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur place, les serres s'&#233;talent &#224; perte de vue, entrecoup&#233;es d'exploitations agricoles aux cl&#244;tures barbel&#233;es et de bidonvilles. D&#232;s le premier jour, elle d&#233;couvre la chaleur &#233;touffante, le rythme effr&#233;n&#233; de la r&#233;colte, les nuages de pesticides, les violences (sociales, racistes, sexistes et sexuelles) et, surtout, le d&#233;nuement : aucun mat&#233;riel de protection n'est fourni, l'eau vient souvent &#224; manquer &#8211; &#171; &lt;i&gt;les fraises boivent avant les humains&lt;/i&gt; &#187; &#8211; la nourriture s'ach&#232;te&#8230; &#192; plusieurs kilom&#232;tres de marche au milieu de terres d&#233;vast&#233;es par l'agro-industrie. Heureusement, la sororit&#233;, la d&#233;brouille et la r&#233;sistance aident &#224; la survie, et mettent &#224; jour toute une exploitation organis&#233;e qui concerne &#171; &lt;i&gt;chaque ann&#233;e entre janvier et juin, environ 15 000 femmes [&#8230;] venant souvent des zones rurales et marginalis&#233;es du Maroc profond&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;aliser &lt;i&gt;Dames de fraises, doigts de f&#233;e&lt;/i&gt; (Alifbata, 2025), la dessinatrice Annelise Verdier s'est librement appuy&#233;e sur plusieurs recherches sur le sujet, en particulier celle de Chadia Arab&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dames de fraises, doigts de f&#233;e. Les invisibles de la migration saisonni&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qui, dans la pr&#233;face, pose l'importance d'une &#339;uvre qui donne enfin un visage aux &#171; &lt;i&gt;travailleuses marocaines, invisibles d'un monde globalis&#233;, recrut&#233;es pour leurs mains agiles et leurs doigts de f&#233;e, mais aux voix &#233;touff&#233;es&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Agence nationale de promotion de l'emploi et des comp&#233;tences, au Maroc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Dames de fraises, doigts de f&#233;e. Les invisibles de la migration saisonni&#232;re marocaine en Espagne&lt;/i&gt;, En toutes lettres, 2018, r&#233;&#233;dit&#233;e en 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Des textes in&#233;dits, &#224; l'os et percutants &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Des-textes-inedits-a-l-os-et</link>
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		<dc:date>2026-01-31T00:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis cet &#233;t&#233;, on peut retrouver dans les bacs les premiers ouvrages publi&#233;s par la maison d'&#233;dition marseillaise Esquif. Un tout nouveau projet qui fait le pari de publier des r&#233;cits courts aussi exigeants que diversifi&#233;s. Quel plaisir d'avoir entre les mains les derniers n&#233;s de la toute nouvelle maison d'&#233;dition marseillaise Esquif. Avec son format &#233;troit mais allong&#233;, l'objet intrigue, les couvertures claquent et, alors qu'elle n'en est qu'&#224; ses premiers mois d'existence, la diversit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no248-janvier-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;248 (janvier 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis cet &#233;t&#233;, on peut retrouver dans les bacs les premiers ouvrages publi&#233;s par la maison d'&#233;dition marseillaise Esquif. Un tout nouveau projet qui fait le pari de publier des r&#233;cits courts aussi exigeants que diversifi&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6358 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/mona_couverture.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH949/mona_couverture-85896.jpg?1782641151' width='500' height='949' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;Q&lt;/span&gt;uel plaisir d'avoir entre les mains les derniers n&#233;s de la toute nouvelle maison d'&#233;dition marseillaise Esquif&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus d'informations sur leur histoire et leur catalogue : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Avec son format &#233;troit mais allong&#233;, l'objet intrigue, les couvertures claquent et, alors qu'elle n'en est qu'&#224; ses premiers mois d'existence, la diversit&#233; des styles de r&#233;cits fait saliver tout pareil qu'un d&#233;licieux &lt;i&gt;mezz&#233; &lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Mais par quoi je vais bien pouvoir commencer ? ! &lt;/i&gt; &#187; Discussion avec Pierrick Starsky, &#233;diteur de longue date &#8211; notamment du d&#233;funt magazine de bande dessin&#233;e &lt;i&gt;AAARG !&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour retrouver leurs archives, voir leur profil Facebook : AAARG &#8211; Al Dente&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#8211; et un des tauliers principaux d'Esquif, aux c&#244;t&#233;s de notre ador&#233; &#201;tienne Savoye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'o&#249; t'est venue l'envie de lancer une nouvelle maison d'&#233;dition &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis dans l'&#233;dition depuis une vingtaine d'ann&#233;es et cela faisait un moment qu'on discutait avec &#201;tienne Savoye &#8211; qui g&#232;re le graphisme et la maquette &#8211; de l'id&#233;e de publier des formats courts (moins de cent pages) en travaillant &#224; chaque fois avec des personnes diff&#233;rentes sur des textes originaux.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; En France, la nouvelle est consid&#233;r&#233;e comme un mauvais genre litt&#233;raire &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;J'ai l'impression qu'on a plus forc&#233;ment le temps de lire, que certaines personnes veulent s'y remettre quand d'autres ne s'autorisent simplement pas &#224; bouquiner. Le format court est moins intimidant et c'est parfait comme parenth&#232;se pour exp&#233;rimenter pour pas trop cher. Et on l'a appel&#233;e Esquif [petite embarcation l&#233;g&#232;re] parce qu'en vrai, on n'a pas toujours forc&#233;ment &lt;i&gt;besoin d'un plus gros bateau&lt;/i&gt; &#8211; si t'as la r&#233;f &lt;i&gt;[rires]&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et si comme moi, tu ne l'as pas, &#231;a vient d'un vieux film avec un requin.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il fallait oser se mettre &#224; &#233;diter des formats courts.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a un c&#244;t&#233; exp&#233;rimental, qui illustre notre &#233;tat d'esprit. En France, la nouvelle est consid&#233;r&#233;e comme un mauvais genre litt&#233;raire. On nous dit que les nouvelles, &#231;a ne se vend pas. C'est une tradition anglo-saxonne qui n'a jamais pris en France. Mais c'est le serpent qui se mord la queue. On n'&#233;dite quasi que des recueils d'auteurs &#8220;valeurs s&#251;res&#8221; dont on publie m&#234;me les fonds de tiroir.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Le but c'est de se creuser la t&#234;te pour donner du plaisir, surprendre et pousser &#224; sortir de ses zones de confort &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il y a des livres courts fondateurs, comme &lt;i&gt;La solitude du coureur de fond&lt;/i&gt; de l'&#233;crivain britannique Alan Sillitoe. &#199;a nous a donn&#233; envie de tenter, de travailler avec des auteurs qu'on conna&#238;t sur des textes in&#233;dits, courts, &#224; l'os et percutants. Reste que c'est un format mal-aim&#233; des journalistes, qui parlent peu de nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le format physique est aussi particulier. C'est de poche mais pas trop.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On voulait aussi &#233;viter le format classique du livre de poche, proposer un joli livre-objet en longueur, mais transportable et permettant le confort de lecture. C'est inhabituel mais il y en a pour tous les go&#251;ts et, pour les lecteur&#183;ices, le format court facilite l'exp&#233;rimentation : la prise de risque est moins grande au cas o&#249; vous n'aimeriez pas. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous commencez fort avec un texte original de l'auteur d&#233;sormais star Fab Caro !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il s'agit de &lt;i&gt;Rumba Mariachi&lt;/i&gt;, de Fabrice Caro. Une nouvelle assez courte qui raconte une histoire absurde, pied au plancher, &#224; l'incipit marquant : &#8220;&lt;i&gt;Quand le t&#233;l&#233;phone a sonn&#233;, j'&#233;tais en train de me pendre&lt;/i&gt;&#8221;. Le personnage d&#233;cide de r&#233;pondre et passera la journ&#233;e la plus &#233;trange de sa vie. &#199;a a l'air l&#233;ger, mais &#231;a ne l'est jamais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez quoi d'autre dans les bacs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans &lt;i&gt;Mona&lt;/i&gt;, Aur&#233;lie Champagne nous propose un r&#233;cit percutant et sensible &#224; la Thelma et Louise sur les &lt;i&gt;bullshit job&lt;/i&gt; dans un parc &#224; jeux, la parentalit&#233; et l'enfance. C'est &#224; la fois sensible, incisif, f&#233;ministe. Un texte parfois dur, mais plein d'espoir et de tendresse. Il r&#233;ussit la gageure d'apporter une grosse palette d'&#233;motions aux lecteur&#183;ices en tr&#232;s peu de pages. Avec &lt;i&gt;Dans ma maison sous-terre&lt;/i&gt;, Nicolas Martin &#233;crit une sorte d'hommage &#224; l'&#233;crivain am&#233;ricain Lovecraft, m&#234;lant horreur cosmique et luttes des classes. C'est le journal d'un jeune homme qui recueille les derniers mots de son grand-p&#232;re qui a travaill&#233; dans une mine &#233;trange qui rec&#232;le de nombreux secrets.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Notre objectif est clair : &#234;tre paritaire dans notre catalogue &#8211; et dans les illustrations &#8211; apr&#232;s une ann&#233;e d'activit&#233; &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Finalement, notre nouvelle la plus longue, &lt;i&gt;Comme un malpropre&lt;/i&gt; de Richard Gaitet, est un trip autofictionnel. Un quarantenaire fait le m&#233;nage tout le livre... Alors que son histoire d'amour bat de l'aile, le rangement intensif de son appartement est le pr&#233;texte &#224; un voyage introspectif, &#224; une r&#233;flexion sur les injonctions d'une soci&#233;t&#233; patriarcale, sur l'&#233;ducation des hommes. Un genre d'&#233;tat des lieux personnel et g&#233;n&#233;rationnel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a reste tr&#232;s masculin pour l'instant...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Notre objectif est clair : &#234;tre paritaire dans notre catalogue &#8211; et dans les illustrations &#8211; apr&#232;s une ann&#233;e d'activit&#233;. On a engag&#233; plusieurs livres avec &#231;a en t&#234;te. Pour l'instant, il y a plus de sorties d'auteurs, mais nous aurons un pic d'autrices ensuite. C'est une histoire de disponibilit&#233;s&#8230; On est un peu en retard mais c'est vraiment important pour nous. Printemps 2026, on va notamment publier &lt;i&gt;L&#224; o&#249; le ciel tombe&lt;/i&gt;. Ava Weissmann va nous proposer un texte d'une rare puissance qu'on lit d'un seul souffle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment vous d&#233;cidez de ce que vous publiez ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D'un livre &#224; l'autre, on change de sujet, de style et d'auteur&#183;ices. Notre ligne &#233;ditoriale, c'est le format court. Du coup, on peut se permettre d'aller dans plein de directions. C&#244;t&#233; m&#233;thode, tous les livres ne sont pas dirig&#233;s par les m&#234;mes personnes, ce qui am&#232;ne des points de vue diff&#233;rents, et on &#233;labore chaque projet collectivement, au gr&#233; des &#233;changes, des rencontres et des envies. On assume de ne pas accepter les manuscrits, mais on en re&#231;oit quand m&#234;me 50 par semaine&#8230; On essaie de leur dire qu'en vrai tout le monde peut cr&#233;er une maison d'&#233;dition, allez-y, c'est &lt;i&gt;do it yourself&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est bien beau le DIY, mais il faut encore passer l'ann&#233;e...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bon, on est un peu surmen&#233;s parce que c'&#233;tait le lancement, il y a un &#233;quilibre &#224; trouver &#224; plus long terme. On n'a pas de salari&#233;s et pas de charges fixes pour pouvoir faire ce qu'on a envie sans avoir le couteau sous la gorge. On veut garder cette libert&#233; de prendre des risques, m&#234;me si c'est &#233;norm&#233;ment de travail r&#233;tribu&#233; par un petit pourcentage sur les ventes. Mais le but c'est de se creuser la t&#234;te pour donner du plaisir, surprendre et pousser &#224; sortir de ses zones de confort. Alors la prochaine fois que t'es invit&#233;&#183;e pour l'ap&#233;ro, ne prends pas une &#233;ni&#232;me bouteille de vin, am&#232;ne un livre ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_6359 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/dansmamaison_couverture.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH952/dansmamaison_couverture-f22a4.jpg?1782641151' width='500' height='952' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_6360 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/commeunmalpropre_couverture.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH954/commeunmalpropre_couverture-13073.jpg?1782641151' width='500' height='954' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_6361 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/rumba_mariachi_couverture.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH949/rumba_mariachi_couverture-e368c.jpg?1782641151' width='500' height='949' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour plus d'informations sur leur histoire et leur catalogue : esquif-editions.fr&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour retrouver leurs archives, voir leur profil Facebook : AAARG &#8211; Al Dente&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et si comme moi, tu ne l'as pas, &#231;a vient d'un vieux film avec un requin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des bandes de jeunes contre les nazis</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Des-bandes-de-jeunes-contre-les</link>
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		<dc:date>2025-12-20T14:11:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>Alex Less</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec Meutes, Swings et Pirates de l'Edelweiss, l'historien allemand Sascha Lange nous plonge dans l'univers m&#233;connu des bandes de jeunes sous l'Allemagne nazie. Une histoire de contre-cultures en r&#233;sistance par la danse comme par les poings. &#171; Le spectacle de 300 personnes qui dansaient &#233;tait terrifiant. Aucun couple ne dansait de fa&#231;on &#224; peu pr&#232;s normale. Les gens swinguaient de la fa&#231;on la plus ignoble et la plus extr&#234;me [&#8230;]. Chez certains on pouvait m&#234;me s&#233;rieusement douter de leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no247-decembre-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;247 (d&#233;cembre 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alex-Less" rel="tag"&gt;Alex Less&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec &lt;i&gt;Meutes, Swings et Pirates de l'Edelweiss&lt;/i&gt;, l'historien allemand Sascha Lange nous plonge dans l'univers m&#233;connu des bandes de jeunes sous l'Allemagne nazie. Une histoire de contre-cultures en r&#233;sistance par la danse comme par les poings.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6330 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/247_14_jeunessehitler_alexless.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH350/247_14_jeunessehitler_alexless-22ffe.jpg?1782643433' width='500' height='350' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; L&lt;/span&gt;&lt;i&gt;e spectacle de 300 personnes qui dansaient &#233;tait terrifiant. Aucun couple ne dansait de fa&#231;on &#224; peu pr&#232;s normale. Les gens swinguaient de la fa&#231;on la plus ignoble et la plus extr&#234;me [&#8230;]. Chez certains on pouvait m&#234;me s&#233;rieusement douter de leur sant&#233; mentale&lt;/i&gt; &#187;, rapporte un membre hallucin&#233; de la patrouille des Jeunesses hitl&#233;riennes (JH) en infiltration dans une f&#234;te &#224; Hambourg. Nous sommes en Allemagne en f&#233;vrier 1940 et les nazis n'arrivent pas vraiment &#224; faire appliquer leurs lois visant les jeunes (adh&#233;sion obligatoire aux JH, couvre-feu, censure politique et culturelle, participation &#224; l'effort de guerre&#8230;) Cela fait pourtant plus d'une d&#233;cennie que l'&#201;tat fasciste en devenir surveille cette jeunesse allemande qui a soif d'autonomie et de vie culturelle, et qui se regroupe en bandes &#8211; compos&#233;es d'un quart &#224; un tiers de filles &#8211; pour organiser des activit&#233;s en dehors de la tutelle des adultes, de l'&#201;tat et des partis politiques&#8230; Mais dans cette Allemagne cr&#233;pusculaire, partir en excursion dans la nature, &#233;couter les derniers vinyles de swing, chanter des chansons populaires ou s'habiller selon ses propres codes revient &#224; d&#233;fier le III&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Reich.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'histoire peu connue des bandes de jeunes en Allemagne, l'historien allemand Sascha Lange nous fait un passionnant tour d'horizon dans &lt;i&gt;Meutes, Swings et Pirates de l'Edelweiss&lt;/i&gt;&lt;i&gt; : contre-cultures jeunes dans l'Allemagne nazie&lt;/i&gt; (&#233;ditions BPM, 2025). Qu'elles soient issues de la classe ouvri&#232;re ou bourgeoise, politis&#233;es (de gauche ou de droite) ou non, organis&#233;es ou informelles, toutes avaient en commun de refuser, consciemment ou non, l'endoctrinement &#8211; puis l'enr&#244;lement &#8211; du r&#233;gime nazi, en chantant, en dansant ou en se bastonnant. &#171; &lt;i&gt;Notre groupe ne s'int&#233;ressait pas &#224; la politique et ce sont les nazis qui nous ont pouss&#233;s &#224; la confrontation en raison de nos go&#251;ts musicaux, de nos accoutrements et de nos coiffures&lt;/i&gt; &#187;, se rem&#233;more Heinz Koch, de la Meute des Hallois de Gosen, &#224; l'ouest de Leipzig. Une r&#233;sistance au conformisme que Johann Chapoutot qualifie, dans la pr&#233;face, de &lt;i&gt;Resistenz&lt;/i&gt; au sens de r&#233;sistance des mat&#233;riaux, o&#249; la lutte &#171; &lt;i&gt;c'est peut-&#234;tre moins faire d&#233;railler un train ou tenter d'assassiner Hitler que croiser les bras lorsque tout le monde le tend&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au fil de la guerre la r&#233;pression s'intensifie et, surveill&#233;s par la Gestapo ou victimes de d&#233;nonciation, des centaines de jeunes sont condamn&#233;s, non plus &#224; une journ&#233;e de formation apr&#232;s s'&#234;tre fait coup&#233; les cheveux, mais &#224; de la prison ferme, aux camps de travail, ou tout simplement condamn&#233;s &#224; mort et ex&#233;cut&#233;s en prison, pour un tract, des graffitis ou une bagarre de rue. Reste qu'on ne tue pas si facilement &#171; &lt;i&gt;une envie irr&#233;pressible de libert&#233;&lt;/i&gt; &#187; et cet ouvrage touffu o&#249; s'entrecroisent r&#233;cits de luttes, images d'archives, t&#233;moignages des jeunes de l'&#233;poque, rapports de la Gestapo et &#8211; comme il est de coutume avec les &#233;ditions BPM&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Bouquins de zik : &#8220;Des trucs qui te tiraillent en restant populaires&#8221; &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#8211; beaucoup de r&#233;f&#233;rences musicales, est un appel &#224; retrouver le go&#251;t et l'urgence de swinguer contre le fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Bouquins de zik : &#8220;Des trucs qui te tiraillent en restant populaires&#8221; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, n&#176; 223 (octobre 2023).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Immersion en salle de conso</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Immersion-en-salle-de-conso</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Immersion-en-salle-de-conso</guid>
		<dc:date>2025-05-10T00:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Avec la BD &#192; Moindres risques, Mat Let s'immerge dans le quotidien d'une salle de consommation de drogues &#224; Paris. Il nous raconte un lieu d'accueil et de soin bien loin des clich&#233;s sensationnalistes et des pr&#233;jug&#233;s moralistes. Alors que les l&#226;chet&#233;s politiques ont eu raison de la pourtant n&#233;cessaire Salle de consommation &#224; moindres risques (SCMR) &#224; Marseille, le dessinateur Mat Let apporte sa pierre &#224; l'&#233;difice d'un d&#233;bat o&#249; peurs et morales de tous bords d&#233;fient les faits. Dans la BD &#192; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no241-mai-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;241 (mai 2025)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec la BD &lt;i&gt;&#192; Moindres risques&lt;/i&gt;, Mat Let s'immerge dans le quotidien d'une salle de consommation de drogues &#224; Paris. Il nous raconte un lieu d'accueil et de soin bien loin des clich&#233;s sensationnalistes et des pr&#233;jug&#233;s moralistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6109 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/241_14_salleshoot.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH212/241_14_salleshoot-9c741.jpg?1782652118' width='500' height='212' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;lors que les l&#226;chet&#233;s politiques ont eu raison de la pourtant n&#233;cessaire Salle de consommation &#224; moindres risques (SCMR)&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aussi appel&#233;es &#171; Halte soins addictions &#187; (HSA) &#8211; et non &#171; salle de shoot &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#224; Marseille, le dessinateur Mat Let apporte sa pierre &#224; l'&#233;difice d'un d&#233;bat o&#249; peurs et morales de tous bords d&#233;fient les faits. Dans la BD &lt;i&gt;&#192; Moindres risques&lt;/i&gt; (La Bo&#238;te &#224; Bulles, 2024), il raconte en images son immersion dans le quotidien d'une SCMR g&#233;r&#233;e par l'association Ga&#239;a et soutenue par M&#233;decin du Monde (MDM), situ&#233;e dans le X&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris. En cherchant &#224; &#171; &lt;i&gt;comprendre et donner &#224; comprendre la r&#233;alit&#233; de ce lieu qui d&#233;clenche les passions&lt;/i&gt; &#187;, il se confronte &#224; ses propres pr&#233;jug&#233;s et d&#233;crit tout un &#233;cosyst&#232;me complexe et humain d&#233;passant le seul acte de consommation. Sans ang&#233;lisme ou na&#239;vet&#233; sur les potentielles tensions ou violences inh&#233;rentes &#224; la pr&#233;carit&#233;, il d&#233;peint un lieu o&#249; prime le souci du soin, de l'&#233;coute et du respect de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;L'enfer est aussi administratif, et certain&#183;es viennent simplement pour avoir leur num&#233;ro de S&#233;cu&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il y rencontre Bader, m&#233;diateur qui g&#232;re la file d'attente en jonglant entre l'&#233;coute empathique et le posage de limites fermes ; se lie avec Banban, qui lui raconte ses gal&#232;res d'emploi, de famille, de sant&#233;, comme un engrenage infernal dont il n'arrive pas &#224; sortir ; &#233;coute un usager qui mime &#224; la fa&#231;on d'un clown son arrestation brutale et la fouille ill&#233;gale de la police &#8211; un humour qui choque le dessinateur et lui illustre la banalit&#233; quotidienne de ces violences ; accompagne un usager qui lui raconte comment se d&#233;roule une injection. L'enfer est aussi administratif, et certain&#183;es viennent simplement pour avoir leur num&#233;ro de S&#233;cu apr&#232;s s'&#234;tre fait voler leur carte vitale ou avoir perdu leurs papiers d'identit&#233;.
Ici, rien de glauque ou de cach&#233;, la salle se d&#233;voile comme un lieu d'accueil et de soutien &#224; des populations stigmatis&#233;es, visibles et violent&#233;es, qui ne sont pas repr&#233;sentatives de tous les usager&#183;es de drogues en g&#233;n&#233;ral : celles et ceux &#8211; plus favoris&#233;&#183;es et moins vuln&#233;rables &#8211; qui consomment &#224; la maison, au travail ou de mani&#232;re r&#233;cr&#233;ative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des semaines, son regard change, non seulement sur la salle de conso, mais sur le monde ext&#233;rieur. &#171; &lt;i&gt;Tout le monde conna&#238;t la salle mais personne n'y comprend rien&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;alise-t-il en &#233;coutant les l&#233;gitimes inqui&#233;tudes des riverain&#183;es. Une m&#233;connaissance &#224; laquelle la recherche scientifique et les gens de terrain peuvent r&#233;pondre, pour peu que l'on contre activement les discours moralistes qui nous font croire que nier ou r&#233;primer une r&#233;alit&#233; peut la faire dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Aussi appel&#233;es &#171; Halte soins addictions &#187; (HSA) &#8211; et non &#171; salle de shoot &#187; &#8211; il s'agit d'espaces de r&#233;duction des risques o&#249; les personnes qui souhaitent consommer leur drogue peuvent le faire en &#233;tant encadr&#233;es par du personnel qualifi&#233; et dans des conditions s&#251;res.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La transformation sociale par le d&#233;pistage</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-transformation-sociale-par-le</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-transformation-sociale-par-le</guid>
		<dc:date>2025-03-28T01:58:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jonas Schnyder</dc:creator>


		<dc:subject>Nadia Berz</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bas&#233; &#224; Marseille et port&#233; par l'association Aides, le Spot Longchamp est un centre de sant&#233; sexuelle qui a la particularit&#233; de s'adresser aux populations les plus pr&#233;caris&#233;es. Ici, personnes exil&#233;es, travailleuses du sexe ou trans peuvent rapidement trouver informations et soins adapt&#233;s &#224; leurs r&#233;alit&#233;s. Reportage. Au num&#233;ro 3 du boulevard Longchamp, &#224; quelques pas des bureaux de CQFD, se trouve un lieu peu connu du grand public. M&#234;me s'il se fait plut&#244;t discret, le ton est donn&#233; d&#232;s le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no239-mars-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;239 (mars 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nadia-Berz" rel="tag"&gt;Nadia Berz&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bas&#233; &#224; Marseille et port&#233; par l'association Aides, le Spot Longchamp est un centre de sant&#233; sexuelle qui a la particularit&#233; de s'adresser aux populations les plus pr&#233;caris&#233;es. Ici, personnes exil&#233;es, travailleuses du sexe ou trans peuvent rapidement trouver informations et soins adapt&#233;s &#224; leurs r&#233;alit&#233;s. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;u num&#233;ro 3 du boulevard Longchamp, &#224; quelques pas des bureaux de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, se trouve un lieu peu connu du grand public. M&#234;me s'il se fait plut&#244;t discret, le ton est donn&#233; d&#232;s le pas de porte franchi. Quelqu'un&#183;e vient &#224; notre rencontre pour nous accueillir et l'ambiance se fait chaleureuse. Les nombreux flyers &#224; l'entr&#233;e attirent le regard, tout comme les posters et photos d'exposition &#233;pingl&#233;es au mur&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit de l'exposition &#171; Nous sommes ici. Les femmes br&#233;siliennes &#224; Aides (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. En fond sonore Cabrel chante qu'il n'y a pas d'amour sans histoires, et l'odeur du caf&#233; guide naturellement vers la &#171; salle d'attente &#187;, un salon cosy o&#249; patienter avant son tour. Bienvenue au Spot Longchamp, un centre de sant&#233; sexuelle unique en son genre.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sens de l'accueil et r&#233;sultats rapides&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Inaugur&#233; en 2016 en tant que Centre gratuit d'information, de d&#233;pistage et de diagnostic (Cegidd) port&#233; par l'association Aides, le Spot est un des quatre lieux en France &#224; exp&#233;rimenter depuis 2021 la fonction de Centre de sant&#233; sexuelle d'approche communautaire (CSSAC)&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alors que le statut du Cegidd garantit l'anonymat, permet de prendre en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Une hybridation pens&#233;e pour r&#233;pondre &#224; de grandes ambitions, alors que Marseille se situe dans la 2&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; r&#233;gion m&#233;tropolitaine la plus touch&#233;e par l'&#233;pid&#233;mie de VIH apr&#232;s Paris. Le Spot propose ainsi des services de sant&#233; sexuelle adapt&#233;s et rapides aux populations les plus pr&#233;caris&#233;es et les plus expos&#233;es. &#171; &lt;i&gt;M&#234;me si on ne refuse personne, on s'adresse avant tout aux personnes vuln&#233;rables au VIH, c'est-&#224;-dire les personnes vivant avec le virus, les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HSH), les personnes migrantes, les personnes trans, surtout d'Am&#233;rique latine, les consommateur&#183;rices de produits psychoactifs, et les travailleur&#183;ses du sexe&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Fatima Zahra Bernissi, coordinatrice du centre. &lt;i&gt;Leur point commun ? La discrimination et la pr&#233;carit&#233; qui les &#233;loignent des syst&#232;mes de soin.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; D&#232;s que les personnes passent la porte, la premi&#232;re interaction n'est pas de leur demander leur carte Vitale mais d'&#234;tre &#224; l'&#233;coute &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; ce d&#233;fi, le Spot mise sur un accueil &#8211; inconditionnel, sans rendez-vous, anonyme ou non &#8211; qui prend le temps de s'adapter aux r&#233;alit&#233;s des personnes concern&#233;es. &#171; &lt;i&gt;D&#232;s que les personnes passent la porte, on essaie de les mettre en confiance. La premi&#232;re interaction n'est pas de leur demander leur carte Vitale mais bien d'&#234;tre &#224; l'&#233;coute de leurs besoins tout en leur pr&#233;sentant notre offre de soins dans un cadre humanisant&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Spot propose notamment des accompagnements individuels en sant&#233; sexuelle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187;, raconte Ludovic, infirmier. On ne remarque pas tout de suite l'absence de blouses blanches, le parquet en bois clair &#224; la place de l'habituel lino immacul&#233;, ou les bureaux des salles de consultation coll&#233;s face au mur. &#171; &lt;i&gt;Personne ne travaille derri&#232;re un &#233;cran ou un bureau, et l'&#233;change se fait c&#244;te &#224; c&#244;te. Il y a une vraie volont&#233; de transparence sur les informations collect&#233;es et sur notre mani&#232;re de travailler&lt;/i&gt; &#187;, poursuit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats et traitements sont quant &#224; eux disponibles dans les heures qui suivent afin de ne pas risquer de perdre de vue les personnes venues en consultations. &#171; &lt;i&gt;Le 2&lt;/i&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;i&gt; public du Spot apr&#232;s les HSH, ce sont les personnes migrantes, souvent arriv&#233;es en France apr&#232;s un parcours chaotique et violent. Ils et elles sont dans une situation o&#249;, entre la barri&#232;re de la langue, la pr&#233;carit&#233; et les difficult&#233;s d'acc&#232;s au soin, vivre leur sexualit&#233; est compliqu&#233; &#8211; sans parler de leur vie quotidienne,&lt;/i&gt; confie un intervenant. &lt;i&gt;Alors quand ils et elles viennent nous voir, on doit pouvoir en un seul rendez-vous r&#233;pondre &#224; leurs attentes, leur transmettre les r&#233;sultats, leur fournir un traitement et un parcours de soins adapt&#233;s. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La sant&#233; sexuelle communautaire&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la qualit&#233; de l'accueil et de la rapidit&#233; des r&#233;sultats, tout l'int&#233;r&#234;t de la dimension &#171; communautaire &#187; du Spot se trouve dans ce que permettent ces temps d'&#233;changes : faire &#233;merger d'autres besoins. &#171; &lt;i&gt;On a remarqu&#233; que peu de femmes fr&#233;quentaient le lieu, et &#224; partir des besoins des femmes migrantes &#224; Marseille, on a mis en place une consultation gyn&#233;cologique&lt;/i&gt;, poursuit la coordinatrice du centre. &lt;i&gt;Une r&#233;ponse aux besoins de nos publics, et une porte d'entr&#233;e vers un parcours de soins plus g&#233;n&#233;ral.&lt;/i&gt; &#187; Plus encore, cela donne parfois vie &#224; d'autres projets. &#171; &lt;i&gt;On a mis en place un accompagnement sur l'hormonoth&#233;rapie pour r&#233;pondre aux besoins des personnes trans qui venaient nous voir et, au fil des discussions, elles ont exprim&#233; le besoin de faire les injections elles-m&#234;mes. R&#233;sultat : on propose des s&#233;ances d'aide &#224; l'injection, tout en visant &#224; favoriser leur autonomie, pour qu'elles n'aient plus besoin de nous &lt;/i&gt; &#187;, compl&#232;te Ludovic.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; L'accompagnement qu'on propose doit permettre aux personnes de monter en comp&#233;tence et de devenir autonomes dans leur parcours de soins &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une capacit&#233; d'&#233;coute qui permet de constamment adapter et &#233;largir l'offre de soins &#224; partir des r&#233;alit&#233;s du terrain. &#171; &lt;i&gt;On part du d&#233;pistage pour faire du soin, mais on a un objectif de transformation sociale. &#192; partir de ces exp&#233;riences de terrain, l'association va pouvoir porter la parole des personnes concern&#233;es aupr&#232;s des autorit&#233;s, et l'accompagnement qu'on propose doit permettre aux personnes de monter en comp&#233;tence et de devenir autonomes dans leur parcours de soins&lt;/i&gt; &#187;, conclut Fatima Zahra Bernissi. Et, bonne nouvelle pour Marseille, &#224; la fin de l'exp&#233;rimentation, l'efficacit&#233; a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e et les efforts des &#233;quipes du Spot ont pay&#233; : d&#232;s avril 2025, le projet va rentrer dans le droit commun, pour que vive la sant&#233; sexuelle inclusive et accessible &#224; tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jonas Schnyder&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;small&gt;&lt;i&gt;Les horaires du Spot Longchamp sont disponibles sur leur page Facebook. Et pour plus d'informations en sant&#233; sexuelle, voir les sites des association Aides et Sida Info Service, ou appeler leur num&#233;ro vert : 0800 840 800.&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il s'agit de l'exposition &#171; Nous sommes ici. Les femmes br&#233;siliennes &#224; Aides &#187;, inaugur&#233;e pour la Journ&#233;e internationale des droits des femmes en 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Alors que le statut du Cegidd garantit l'anonymat, permet de prendre en charge les personnes sans droits et de d&#233;livrer certains traitements sp&#233;cifiques, celui de CSSAC propose notamment des r&#233;sultats plus rapides gr&#226;ce &#224; la biologie d&#233;localis&#233;e (les tests en labo sont faits sur place gr&#226;ce &#224; une machine sp&#233;ciale) et une offre de soins plus large.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Spot propose notamment des accompagnements individuels en sant&#233; sexuelle (informations, soutien et strat&#233;gie de r&#233;duction des risques), une offre de d&#233;pistage (VIH, h&#233;patites et IST), traitements et vaccinations, consultations sp&#233;cialis&#233;es (psychologie, sexologie, gyn&#233;cologie, addictologie, hormonoth&#233;rapie, assistance sociale) et des accompagnements collectifs (groupes d'auto-supports, ateliers collectifs et mobilisations).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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