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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>En Appuii aux habitants</title>
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		<dc:creator>Frantz</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Si on vous dit 1968-2018 ? Vous r&#233;pondez cinquantenaire du joli mois de mai ? Oui, mais pas que : on c&#233;l&#232;bre aussi les 50 ans du Droit &#224; la ville, livre d'Henri Lefebvre. L'occasion parfaite d'interroger Sylvain, salari&#233; d'Appuii, association qui lutte aux c&#244;t&#233;s des habitants de quartiers populaires confront&#233;s &#224; la d&#233;molition ou &#224; la r&#233;novation de leurs lieux de vie. *** Comment est n&#233;e l'association Appuii ? &#171; Tout a commenc&#233; en 2005, &#224; La Coudraie, un quartier populaire sur les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/exemple" rel="tag"&gt;exemple&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartiers" rel="tag"&gt;quartiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartiers-populaires" rel="tag"&gt;quartiers populaires&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartier" rel="tag"&gt;quartier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Appuii" rel="tag"&gt;Appuii&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si on vous dit 1968-2018 ? Vous r&#233;pondez cinquantenaire du joli mois de mai ? Oui, mais pas que : on c&#233;l&#232;bre aussi les 50 ans du &lt;i&gt;Droit &#224; la ville&lt;/i&gt;, livre d'Henri Lefebvre. L'occasion parfaite d'interroger Sylvain, salari&#233; d'Appuii, association qui lutte aux c&#244;t&#233;s des habitants de quartiers populaires confront&#233;s &#224; la d&#233;molition ou &#224; la r&#233;novation de leurs lieux de vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2677 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH503/-937-b6972.jpg?1768658522' width='400' height='503' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#171; center &#187;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment est n&#233;e l'association Appuii&lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alternatives pour des projets urbains ici et &#224; l'international : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout a commenc&#233; en 2005, &#224; La Coudraie, un quartier populaire sur les hauteurs de Poissy, en &#206;le-de-France. Il est situ&#233; sur un terrain tr&#232;s attractif, dans une ville et un d&#233;partement plut&#244;t riches. De quoi donner des envies &#224; certains&#8230; Le maire avait ainsi pour id&#233;e de d&#233;truire ce quartier d'habitat social. Mais les habitants ne se sont pas laiss&#233; faire, luttant contre une d&#233;cision qu'ils jugeaient arbitraire et m&#233;prisante. Certains d'entre eux sont m&#234;me all&#233;s toquer &#224; la porte de l'&#201;cole nationale sup&#233;rieure d'architecture de Paris-La Villette. Et des &#233;tudiants ont accept&#233; de leur donner un coup de main &#8211; certains se sont investis bien au-del&#224; du cadre de leurs &#233;tudes. Une mobilisation tr&#232;s large, qui a pay&#233; : le quartier n'a pas &#233;t&#233; ray&#233; de la carte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille s'est men&#233;e sur deux fronts. Un volet &#8216;&#8216;classique'' : manifestations, occupation et m&#233;diatisation. Et un volet technique, en fournissant des &#233;l&#233;ments pr&#233;cis, en faisant des propositions, en &#233;pluchant les dossiers&#8230; Les habitants mobilis&#233;s ont ainsi acquis des comp&#233;tences, jusqu'&#224; &#234;tre plus au fait des processus urbains que les &#233;lus. Et ils l'ont fait dans un vrai esprit de vivacit&#233; d&#233;mocratique : ils se r&#233;unissaient et se r&#233;unissent encore chaque semaine, ils d&#233;battent et avancent ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e de cette mobilisation, des chercheurs, amicales de locataires et habitants ont commenc&#233; &#224; travailler ensemble dans le cadre d'un programme de recherche-action centr&#233; sur la r&#233;novation urbaine et financ&#233; par la r&#233;gion &#206;le-de-France. Il s'agissait de monter des actions communes, de r&#233;fl&#233;chir aux situations de conflit &#8211; &#224; Vitry-sur-Seine, &#231;a a m&#234;me donn&#233; un film, &lt;i&gt;Apprendre &#224; travailler ensemble&lt;/i&gt;. Un succ&#232;s. &#192; tel point qu'&#224; la fin du programme, certains participants se sont dit que &#231;a r&#233;pondait &#224; un vrai besoin et qu'il fallait continuer. Avec pour objectif de cr&#233;er un outil commun qui r&#233;ponde aux questions des habitants concern&#233;s. &#192; leur envie d'&#234;tre acteurs, et non passifs ou d&#233;poss&#233;d&#233;s. Une sorte de SOS urbain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#231;a s'est formalis&#233; en 2012 avec la cr&#233;ation d'Appuii, association un peu hybride. Y participent des universitaires, des professionnels (ou futurs pros) des m&#233;tiers de la ville, des militants de quartiers populaires et des habitants qui vivent (ou ont v&#233;cu) des projets urbains importants. Toutes les participations sont b&#233;n&#233;voles &#8211; je suis le seul salari&#233;, charg&#233; de coordonner les diff&#233;rentes actions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En th&#233;orie, la loi impose la concertation avec les habitants d'un quartier sur le point d'&#234;tre r&#233;nov&#233;, a fortiori quand le financement provient de l'Anru &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agence nationale de r&#233;novation urbaine.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;... Ce n'est que de la poudre aux yeux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La concertation est certes inscrite dans la loi. Et des bureaux d'&#233;tudes sont missionn&#233;s par les acteurs institutionnels qui portent un projet urbain, pour le pr&#233;senter &#224; la population. Mais &#231;a ne marche que dans un sens : les habitants peuvent au mieux exprimer des avis, sans savoir s'ils seront pris en compte. C'est tr&#232;s insuffisant. Il faut de vrais espaces de d&#233;bat, dans lesquels les habitants disposent d'outils pour faire valoir leurs droits, peser dans le processus, &#233;mettre d'autres propositions. D'o&#249; l'id&#233;e de cr&#233;er une sorte de plate-forme, de r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les discours des d&#233;cideurs ont &#233;volu&#233; sur la question de la participation, mais cette &#233;volution n'a pas forc&#233;ment &#233;t&#233; suivie d'effets. Parfois, tout est m&#234;me fait pour &#233;touffer les initiatives&#8230; L'Anru reconna&#238;t elle-m&#234;me le manque de concertation de sa premi&#232;re vague de r&#233;novation urbaine, dans les ann&#233;es 2000. Elle a donc lanc&#233; des conseils citoyens pour la deuxi&#232;me vague, qui a d&#233;but&#233; il y a deux ans. Avec Appuii, on a men&#233; un gros travail pour voir si ces conseils fonctionnaient. Au final, on a constat&#233; qu'ils ne changeaient pas grand-chose : la d&#233;molition/reconstruction impos&#233;e aux habitants reste la norme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De quelle fa&#231;on intervenez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Appuii n'est ni un labo de recherche, ni une association de professionnels, ni un collectif local de quartier. Mais un peu tout &#231;a m&#233;lang&#233; &#8211; il y a diff&#233;rentes sensibilit&#233;s et des membres d'horizons divers. On intervient seulement quand on est sollicit&#233;s par un groupe d'habitants d&#233;j&#224; constitu&#233; et mobilis&#233;. Quand c'est le cas, on essaye de rapidement nouer contact avec d'autres habitants et collectifs locaux, puis on &#233;largit &#224; d'autres structures &#8211; par exemple, le Dal &lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Droit au logement.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, Pas Sans Nous, des associations de locataires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on n'est pas un syndicat des quartiers populaires, il n'y a aucune volont&#233; de repr&#233;senter. Notre r&#244;le tient d'abord aux conseils (techniques, m&#233;thodologiques, voire juridiques), puis &#224; la mise en r&#233;seau, en tissant des liens et en apportant des retours d'exp&#233;rience d'autres quartiers. Avec pour objectif qu'il y ait des &#233;changes entre les groupes concern&#233;s par des r&#233;novations urbaines (surtout quand elles rel&#232;vent de la politique nationale de l'Anru). Appuii est d'abord un facilitateur. On fait par exemple circuler des chartes de relogement produites par des groupes locaux, afin que d'autres s'en emparent, ainsi que des conseils juridiques, des astuces pour financer un avocat&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association ambitionne aussi, &#224; un autre niveau, d'amener les professionnels &#224; s'interroger sur leurs pratiques. Par exemple, dans le domaine juridique : la plupart des avocats sp&#233;cialis&#233;s dans l'urbain travaillent pour les am&#233;nageurs, promoteurs et collectivit&#233;s. Ils se placent rarement au service d'habitants en lutte. R&#233;sultat : il y a peu de recours sur les op&#233;rations de renouvellement urbain, et trop peu d'attention est port&#233;e aux droits des r&#233;sidents. D'o&#249; notre id&#233;e de constituer une sorte de r&#233;seau de comp&#233;tences solidaires. Et ce n'est pas qu'une question de dipl&#244;me. Par exemple, quand il y a eu des probl&#232;mes de plomberie &#224; La Coudraie, c'est un habitant bossant sur des chantiers qui comprenait le mieux les d&#233;fauts de la r&#233;habilitation et &#233;tait capable de les expliquer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a-t-il une lutte dont tu voudrais particuli&#232;rement parler ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Celle de Fresnes &#224; la cit&#233; des Groux, une cit&#233; de 200 logements. On a &#233;t&#233; appel&#233; par l'association locale, Renaissance des Groux, qui lutte contre un projet de d&#233;molition totale du quartier, ni justifi&#233;, ni concert&#233;. Les gens l'ont appris du jour au lendemain. Ils n'avaient pas l'habitude de s'exprimer et se sont demand&#233; comment emp&#234;cher le bailleur d'effacer leur quartier et comment faire face aux pressions. Appuii est alors venue leur pr&#234;ter main-forte. Depuis deux ans, on a lanc&#233; (et particip&#233; &#224;) pas mal d'initiatives : des ateliers pour enfants, des p&#233;titions, des recueils de t&#233;moignages d'habitants, la construction d'une maquette du quartier, une expo de photos&#8230; Le but : redonner une place centrale aux habitants. Pour qu'ils construisent des envies communes pour le futur, sans se laisser abattre par le m&#233;pris des institutions &#8211; par exemple, le bailleur ne r&#233;pond ni &#224; leurs sollicitations, ni &#224; leurs courriers&#8230; En parall&#232;le, Appuii a aussi lanc&#233; une proc&#233;dure pour avoir acc&#232;s aux documents administratifs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment vois-tu les diff&#233;rentes luttes d'habitants dans l'Hexagone ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que ce soit en &#206;le-de-France, &#224; Nantes, &#224; &#201;chirolles, &#224; Marseille ou &#224; Clermont-Ferrand, un m&#234;me constat se fait jour, celui de la n&#233;cessit&#233; d'une convergence des luttes urbaines. Il faut croiser les luttes, qu'il s'agisse de sauver des terres agricoles ou de combattre des projets impos&#233;s et destructeurs. C'est la seule fa&#231;on d'exister face &#224; la machinerie de communication des m&#233;tropoles ou promoteurs. Et de faire &#233;chec aux logiques de la ville industrielle, puis post-industrielle : rel&#233;gation des plus pauvres et accaparement des terres pour le seul profit. Des logiques tr&#232;s bien expos&#233;es par Henri Lefebvre dans &lt;i&gt;Le Droit &#224; la ville&lt;/i&gt;, livre fondamental dont on f&#234;te cette ann&#233;e les cinquante ans. Pour c&#233;l&#233;brer cet anniversaire, une s&#233;rie d'&#233;v&#233;nements auront d'ailleurs lieu de mars &#224; mai &#224; Paris-Nanterre, Grenoble, Tours, Lille, etc. Il ne s'agit pas seulement de comm&#233;moration, mais de luttes actuelles pour faire vivre ce droit &#224; la ville. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Frantz (&lt;a href='https://cqfd-journal.org/espascespossibles.org'&gt;espascespossibles.org&lt;/a&gt;)&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Alternatives pour des projets urbains ici et &#224; l'international : &lt;a href='https://cqfd-journal.org/appuii.wordpress.com'&gt;appuii.wordpress.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Agence nationale de r&#233;novation urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Droit au logement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Des &#238;les au tr&#233;sors en pleine ville</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Des-iles-au-tresors-en-pleine</link>
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		<dc:date>2018-08-22T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Frantz</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Un soir d'hiver, lors d'une r&#233;union en Bretagne, je me suis retrouv&#233; assis face &#224; une photo qui m'a interpell&#233;. On y voyait un gosse accroch&#233; &#224; un m&#226;t surplombant une cabane de trois &#233;tages. Et trois autres enfants regardant l'acrobate d'en bas, depuis une carcasse de voiture. Quand j'ai voulu en savoir plus, mes h&#244;tes &#8211; Marib&#233; et Michel &#8211; m'ont parl&#233; des Terrains d'aventure, belle odyss&#233;e dont ils ont &#233;t&#233; partie prenante dans les ann&#233;es 1970. Les Terrains d'aventure (TA) apparaissent en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no166-juin-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;166 (juin 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enfants" rel="tag"&gt;enfants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terrains" rel="tag"&gt;terrains&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terrain" rel="tag"&gt;terrain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Michel-4528" rel="tag"&gt;Michel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/terrains-vagues" rel="tag"&gt;terrains vagues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maribe" rel="tag"&gt;Marib&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Terrains-d-aventure" rel="tag"&gt;Terrains d'aventure&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rejouissant-contexte" rel="tag"&gt;r&#233;jouissant contexte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/contexte-d-ebullition" rel="tag"&gt;contexte d'&#233;bullition&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un soir d'hiver, lors d'une r&#233;union en Bretagne, je me suis retrouv&#233; assis face &#224; une photo qui m'a interpell&#233;. On y voyait un gosse accroch&#233; &#224; un m&#226;t surplombant une cabane de trois &#233;tages. Et trois autres enfants regardant l'acrobate d'en bas, depuis une carcasse de voiture. Quand j'ai voulu en savoir plus, mes h&#244;tes &#8211; Marib&#233; et Michel &#8211; m'ont parl&#233; des Terrains d'aventure, belle odyss&#233;e dont ils ont &#233;t&#233; partie prenante dans les ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les Terrains d'aventure (TA) apparaissent en France dans les ann&#233;es 1970, fruits d'un r&#233;jouissant contexte d'&#233;bullition politique et de transformations soci&#233;tales. Une partie de la jeunesse, boost&#233;e par l'agitation de Mai 68, exp&#233;rimente alors tous azimuts : travail, habitat, vie communautaire, voyage et p&#233;dagogie. En parall&#232;le, Paris est secou&#233;e par de grandes transformations urbaines, les bulldozers d&#233;truisant des quartiers entiers, ne laissant derri&#232;re eux que d'immenses terrains vagues. C'est ainsi le cas du quartier de la place des F&#234;tes, dans le XIXe arrondissement de Paris. Les b&#226;timents insalubres logeant une population pauvre et cosmopolite laissent progressivement place &#224; des immeubles de propri&#233;taires, chassant les habitants les plus modestes en banlieue. Dans ces interstices de la ville en r&#233;novation, les terrains vagues constituent un espace de jeux id&#233;al pour les enfants &#8211; ambiance Quick et Flupke.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Invent&#233;s dans les ann&#233;es 1930 par un paysagiste danois, les TA sont des espaces sans jeux pr&#233;fabriqu&#233;s, ni activit&#233;s pr&#233;m&#226;ch&#233;es. Ils sont encadr&#233;s par des animateurs laissant les enfants libres de leurs mouvements. Mieux : ces adultes leur donnent des outils et du mat&#233;riel afin qu'ils puissent construire ce qu'ils d&#233;sirent. En somme, ce sont des terrains vagues un peu institutionnalis&#233;s. En Grande-Bretagne, on les d&#233;signe sous le nom de &lt;i&gt;junk playground.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Paris, une premi&#232;re exp&#233;rience de TA voit le jour au d&#233;but des ann&#233;es 1970, dans le IVe arrondissement. Apr&#232;s en avoir eu vent, une association du XIXe, Place des F&#234;tes avenir, cr&#233;&#233;e pour revendiquer une maison de quartier dans le cadre de la r&#233;novation, d&#233;cide de mettre en place son propre Terrains d'aventure. Le projet met deux ans &#224; aboutir &#8211; longue d&#233;marche. En 1974, un terrain de 1 100 m&#232;tres carr&#233;s est finalement propos&#233; &#224; l'association. Seule condition : l'occupation sera temporaire.
Michel, qui a int&#233;gr&#233; Place des F&#234;tes avenir &#224; l'occasion d'un stage, se retrouve alors embauch&#233; comme animateur. &#171; &lt;i&gt;Le terrain &#233;tait clos par une palissade et ferm&#233; par un portail en bois&lt;/i&gt;, se souvient-il. &lt;i&gt;Quand il a ouvert en 1974, j'&#233;tais le seul intervenant, mais je recevais parfois le renfort de stagiaires. Un an plus tard, j'ai &#233;t&#233; rejoint par Marib&#233;, qui &#233;tait &#233;ducatrice de jeunes enfants. Un soulagement &#8211; jusqu'&#224; son arriv&#233;e, j'avais eu du mal &#224; assurer les horaires d'ouverture.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Feux et cabanes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e commence souvent de la m&#234;me fa&#231;on. D&#232;s qu'ils arrivent sur le terrain, les enfants allument un feu. &#171; &lt;i&gt;Les flammes atteignaient parfois deux-trois m&#232;tres&lt;/i&gt; &#187;, se rem&#233;more Michel. Et d'expliquer que les m&#244;mes utilisaient comme combustible tout ce qu'ils trouvaient dans le quartier. Jusqu'&#224; des bombes a&#233;rosols, qui explosaient dans le foyer. Dangereux ? Pas tant que &#231;a : &#171; &lt;i&gt;C'est vrai que les voisins ont souvent appel&#233; les pompiers. Mais il n'y jamais eu de r&#233;el probl&#232;me.&lt;/i&gt; &#187; Quant aux blessures, elles se limitent &#224; des clous enfonc&#233;s dans les pieds &#8211; rien de tr&#232;s grave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre activit&#233; f&#233;tiche, la construction de cabanes. &#171; &lt;i&gt;On approvisionnait le terrain en mat&#233;riel qu'il fallait souvent renouveler. Surtout les marteaux et les scies, qui disparaissaient tr&#232;s vite... On r&#233;cup&#233;rait des palettes dans une entreprise et, de temps en temps, on achetait un stock de planches&lt;/i&gt;, raconte Michel. &lt;i&gt;Les cabanes tenaient debout, m&#234;me si leur conception et leur construction se faisaient &#224; l'instinct. Certaines &#233;taient m&#234;me carr&#233;ment ambitieuses : je me souviens que l'une d'entre elles reposait sur pilotis et qu'une autre comptait trois &#233;tages ! De toute fa&#231;on, elles &#233;taient d&#233;truites aussi vite qu'elles sortaient de terre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cabanes mises &#224; part, Marib&#233; et Michel n'ont pas toujours t&#226;che facile. Les logiques de bande posent parfois probl&#232;me. Tandis qu'&#224; l'inverse, &#171; &lt;i&gt;certains gamins paum&#233;s se retrouvaient tr&#232;s seuls et isol&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, souligne Marib&#233;. Quant aux enfants les plus &#226;g&#233;s, ils finissent par s'ennuyer sur ce terrain exigu&#235; dont ils font rapidement le tour. Animer plut&#244;t qu'&#233;duquer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel et Marib&#233; tiennent &#224; pr&#233;ciser qu'ils n'&#233;taient pas des &#233;ducateurs, mais bien des animateurs : &#171; &lt;i&gt;Notre r&#244;le &#233;tait de cr&#233;er un espace de libert&#233; pour les enfants en apportant un minimum de r&#232;gles de vie sociale.&lt;/i&gt; &#187; Ils veillent simplement &#224; ce qu'il n'y ait pas de d&#233;rapages en fixant quelques principes de base. Ils font ainsi en sorte d'&#233;viter les agressions physiques entre enfants et apportent leur aide &#224; ceux qui en ont besoin. Par ailleurs, une association est cr&#233;&#233;e pour que les TA se coordonnent : Action pour les Terrains d'aventure (ACTA). Elle permet aux animateurs d'organiser des rencontres, de s'entraider et d'&#233;changer &#224; un niveau europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au bout de deux ans d'implication, Michel et Marib&#233; d&#233;cident d'arr&#234;ter l'exp&#233;rience. Leur appartement donne directement sur le terrain : ils ne peuvent jamais r&#233;ellement d&#233;crocher. Et leurs conditions de travail n'ont rien d'idylliques : &#171; &lt;i&gt;Le salaire &#233;tait tr&#232;s bas et les enfants les plus vieux nous posaient des probl&#232;mes&lt;/i&gt;, explique Michel. &lt;i&gt;Ils tournaient en rond, entrant de plus en plus souvent en conflit avec nous&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux autres animateurs les remplacent : Agn&#232;s et Bertrand. Eux s'investissent &#233;galement beaucoup et obtiennent un remodelage du terrain, qui permet une relance de l'activit&#233;. Au fil du temps, ils construisent une tyrolienne et un four, et organisent des ateliers de r&#233;paration de mobylettes. Progressivement, ils se muent ainsi en &#233;ducateurs. Mais pas pour longtemps : le terrain ferme un an plus tard, laissant place au chantier d'un nouvel immeuble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Terrain d'aventure vs jardin public&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quarante ans plus tard, Michel et Marib&#233; ont encore des &#233;toiles dans les yeux quand ils reviennent sur cette exp&#233;rience &#224; part. Et tous deux regrettent am&#232;rement qu'il n'existe plus de TA en France. La pression fonci&#232;re est pass&#233;e par l&#224; : &#171; &lt;i&gt;On ne laisse plus de terrain vague &#224; l'abandon en pleine ville !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jardins publics font aujourd'hui office de p&#226;les succ&#233;dan&#233;s aux TA : &#171; &lt;i&gt;C'est une utilisation passive de l'espace. Les enfants consomment les &#233;quipements mis &#224; leur disposition, lesquels ne laissent aucune place &#224; la cr&#233;ativit&#233;. Ce sont des adultes qui d&#233;cident ce qui est bon pour les enfants, avec une forte pr&#233;sence des parents. Le partage n'y est plus le m&#234;me : chacun am&#232;ne son seau pour le bac &#224; sable ! Cela n'a rien d'&#233;panouissant pour les gamins, qui ont besoin de sentir les &#233;l&#233;ments &#8211; la terre, le bois, le feu, l'eau.&lt;/i&gt; &#187; Bref, les deux anciens animateurs en sont convaincus : le jardin public ne favorise ni exploration, ni &#233;mancipation. Au contraire, il s'agit d'un espace de contr&#244;le social et de d&#233;possession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pourrait pourtant en &#234;tre autrement, soulignent Marib&#233; et Michel : &#171; &lt;i&gt;Il faudrait remodeler les parcs publics de mani&#232;re &#224; ce qu'un espace soit r&#233;serv&#233; aux enfants. Un lieu de libert&#233;. Mais il faudrait pour cela faire confiance aux m&#244;mes. Et d&#233;laisser en partie l'obsession de la s&#233;curit&#233; et des normes.&lt;/i&gt; &#187; Soit un vrai changement d'&#233;tat d'esprit en mati&#232;re d'&#233;ducation &#8211; pas demain la veille, malheureusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Frantz. Pour suivre les aventures, les productions et les r&#233;flexions de Frantz et Mathieu, des urbanistes pas comme les autres, visitez leur site &lt;a href=&#034;https://espascespossibles.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;esPASce POSSIBLE ?&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;illustration juliette iturralde&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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