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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Alger, ses bars et ses caf&#233;s</title>
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		<dc:creator>Nedjib Sidi Moussa</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Dans le centre d'Alger, on trouve un grand nombre de bars et de caf&#233;s. Mais n'allez surtout pas confondre les premiers avec les derniers... Dans le centre d'Alger, on trouve un grand nombre de bars et de caf&#233;s. Mais n'allez pas confondre les premiers avec les derniers. Car cela vous exposerait &#224; quelques d&#233;convenues. Surtout si vous cherchez &#224; entretenir l'image d'un fils ou d'une fille de bonne famille. Consid&#233;rations de base pour &#233;ternels exil&#233;s et &#171; touristes r&#233;volutionnaires &#187;, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no180-octobre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;180 (octobre 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le centre d'Alger, on trouve un grand nombre de bars et de caf&#233;s. Mais n'allez surtout pas confondre les premiers avec les derniers...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;ans le centre d'Alger, on trouve un grand nombre de bars et de caf&#233;s. Mais n'allez pas confondre les premiers avec les derniers. Car cela vous exposerait &#224; quelques d&#233;convenues. Surtout si vous cherchez &#224; entretenir l'image d'un fils ou d'une fille de bonne famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Consid&#233;rations de base&lt;/strong&gt; pour &#233;ternels exil&#233;s et &#171; &lt;i&gt;touristes r&#233;volutionnaires&lt;/i&gt; &#187;, comme on nomme par ici les manifestants arriv&#233;s par voie a&#233;rienne : le bar est un endroit clos, toujours enfum&#233;, essentiellement masculin, o&#249; l'on sert de la bi&#232;re froide en bouteille ; le caf&#233; est un lieu ouvert, souvent enfum&#233;, parfois mixte, o&#249; l'on verse du lait chaud dans un verre. Mais l'int&#233;r&#234;t r&#233;side moins dans ce que l'on peut consommer dans ces espaces de sociabilit&#233; que dans ce que l'on y exp&#233;rimente en soci&#233;t&#233;. Les cinq sens toujours en &#233;veil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ceux qui, le doigt sur la sonnette&lt;/strong&gt;, franchissent la porte m&#233;tallique d'un &#233;tablissement sombre, partagent le sentiment de transgresser une norme, en p&#233;n&#233;trant dans une zone r&#233;serv&#233;e, &#224; l'abri du regard des badauds. &#192; l'int&#233;rieur, les murs exposent ici ou l&#224; des affiches publicitaires des produits mis en vente. Les slogans, tels que &#171; &lt;i&gt;la bi&#232;re de l'homme fort&lt;/i&gt; &#187;, ont de quoi faire bl&#234;mir les f&#233;ministes de toute ob&#233;dience qui s'aventureraient dans ces places fortes de la virilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ceux qui, les mains dans les poches&lt;/strong&gt;, s'approchent d'un comptoir illumin&#233; pour avaler un caf&#233; bien serr&#233; ou du th&#233; maison, ont de grandes chances d'appr&#233;cier au passage un mot d'esprit ou un trait d'humour propres aux vieux citadins. Tandis que les jeunes employ&#233;s s'acharnent sur des percolateurs hors d'&#226;ge, les simples citoyens engloutissent croissants et croquets, en s'abreuvant de Vichy ou de Martinazzi, termes g&#233;n&#233;riques d&#233;signant de l'eau gazeuse et une boisson am&#232;re de couleur rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On observe r&#233;guli&#232;rement un jeu&lt;/strong&gt; qui consiste &#224; feinter son groupe pour payer l'addition, en grand seigneur, m&#234;me quand les moyens viennent &#224; manquer. On apprend aussi &#224; esquiver la climatisation trop forte, &#224; reconna&#238;tre les amis, &#224; distinguer les flics en civil, &#224; &#233;viter de parler de n'importe quoi &#224; n'importe qui, &#224; s'&#233;pargner rumeurs ou th&#233;ories fumeuses, cons&#233;quences de l'endogamie et de la confusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'apr&#232;s les textes en vigueur&lt;/strong&gt;, les d&#233;bits de boissons ne peuvent &#234;tre ouverts que par les titulaires d'une licence de moudjahidine, litt&#233;ralement &#171; combattants de la foi &#187;, &#224; savoir les combattants ou militants ind&#233;pendantistes du Front de lib&#233;ration nationale (FLN), ainsi que leurs ayants droit. Une client&#232;le du r&#233;gime. Une ordonnance de 1975 interdit &#224; ces lieux d'employer des femmes, &#171; &lt;i&gt;&#224; l'exception de l'&#233;pouse du d&#233;bitant&lt;/i&gt; &#187;. Un d&#233;cret de 1975 fixe la limite d'un d&#233;bit pour mille habitants. Tel est le legs de feu le pr&#233;sident Houari Boum&#233;di&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis f&#233;vrier&lt;/strong&gt;, les professionnels de la politique, sans oublier les permanents de la contestation, y compris de gauche, obs&#233;d&#233;s par le prisme &#233;lectoral et (l'impasse de) la repr&#233;sentation, s'&#233;puisent &#224; &#233;chafauder des sc&#233;narios destin&#233;s &#224; maintenir leur tutelle sur le peuple. L'essentiel &#233;tant d'&#233;viter les questions s&#233;rieuses comme la pr&#233;sence de dangereux conservateurs dans les breuvages, l'incorporation excessive de sucre dans le caf&#233; par les torr&#233;facteurs eux-m&#234;mes ou l'impossibilit&#233; de boire un jaune sur une terrasse de la ville, &#224; l'air libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Se sont-ils inqui&#233;t&#233;s&lt;/strong&gt; de la prolif&#233;ration des capsules de caf&#233; qui multiplient le prix de la consommation par trois ou quatre, acc&#233;l&#233;rant davantage la s&#233;paration entre les d&#233;bits accessibles majoritairement fr&#233;quent&#233;s par les prol&#233;taires et les lieux pris&#233;s par les familles petites bourgeoises ? Quiconque pr&#233;tend chasser le syst&#232;me, son FLN et son personnel, sans toutefois vouloir remettre en cause l'ordre existant, ne m&#233;rite pas que l'on trinque en sa compagnie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quant aux autres&lt;/strong&gt;, marcheurs du mardi (comme les &#233;tudiants) ou du vendredi, r&#233;fractaires du dimanche au samedi, ils sauront pr&#233;server ce qui doit encore l'&#234;tre et transformer tout le reste, en refaisant le monde &#224; l'image de leurs d&#233;sirs lib&#233;r&#233;s. Une boisson chaude ou fra&#238;che entre les doigts.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nedjib Sidi Moussa&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Dans le train pour Oran</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjib Sidi Moussa</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le train express venait de quitter la gare pour rejoindre Oran, la capitale de l'ouest. La ville o&#249; partent s'encanailler les Alg&#233;rois tenus par le rigorisme du quotidien et qui cherchent &#224; &#233;chapper, le temps d'une vir&#233;e, &#224; l'ennui structurel... Le train express venait de quitter la gare pour rejoindre Oran, la capitale de l'ouest. La ville o&#249; partent s'encanailler les Alg&#233;rois tenus par le rigorisme du quotidien et qui cherchent &#224; &#233;chapper, le temps d'une vir&#233;e, &#224; l'ennui structurel. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/express-venait" rel="tag"&gt;express venait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/rejoindre-Oran" rel="tag"&gt;rejoindre Oran&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Algerois-tenus" rel="tag"&gt;Alg&#233;rois tenus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/algeriens" rel="tag"&gt;alg&#233;riens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-ouest" rel="tag"&gt;l'ouest&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le train express venait de quitter la gare pour rejoindre Oran, la capitale de l'ouest. La ville o&#249; partent s'encanailler les Alg&#233;rois tenus par le rigorisme du quotidien et qui cherchent &#224; &#233;chapper, le temps d'une vir&#233;e, &#224; l'ennui structurel...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e train express venait de quitter la gare pour rejoindre Oran, la capitale de l'ouest. La ville o&#249; partent s'encanailler les Alg&#233;rois tenus par le rigorisme du quotidien et qui cherchent &#224; &#233;chapper, le temps d'une vir&#233;e, &#224; l'ennui structurel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis la voiture de premi&#232;re classe&lt;/strong&gt;, une voix s'&#233;levait, plus forte que celle des autres passagers. C'&#233;tait celle d'un retrait&#233; au front d&#233;garni, aux longues jambes et &#224; l'&#233;l&#233;gance d&#233;su&#232;te dans son costume gris. Dans un fran&#231;ais ch&#226;ti&#233;, il prit &#224; t&#233;moin l'assistance pour d&#233;plorer le manque de confort du Coradia (fabriqu&#233; par Alstom) pourtant mis en service l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Selon lui, il &#233;tait impossible que l'on r&#233;serve un tel sort aux voyageurs de France. Ce qui t&#233;moignait de l'incurie des pouvoirs publics alg&#233;riens, de leur m&#233;pris pour les simples citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un homme d'une quarantaine d'ann&#233;es&lt;/strong&gt;, &#224; la calvitie pr&#233;coce et v&#234;tu d'un polo de couleur vive se sentit oblig&#233; de contredire son a&#238;n&#233; dans un fran&#231;ais tout aussi correct, en roulant les &lt;i&gt;r&lt;/i&gt; de fa&#231;on plus perceptible. Habitu&#233; des d&#233;placements en Suisse, il tint &#224; souligner que les rames en circulation en Alg&#233;rie &#233;taient d'une qualit&#233; bien sup&#233;rieure. Or, le vieux ne connaissait pas la Conf&#233;d&#233;ration helv&#233;tique et dut m&#234;me conc&#233;der n'avoir jamais pris le train dans l'ancienne m&#233;tropole. Ce qui ne l'emp&#234;chait pas d'avoir des id&#233;es bien arr&#234;t&#233;es sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;bat n'en restait pas moins cordial&lt;/strong&gt; et d&#233;borda sur le terrain politique. L'ancien prit l'initiative d'&#233;voquer le &lt;i&gt;hirak&lt;/i&gt; (mouvement de contestation actuel) en faisant part de sa compr&#233;hension pour les protestataires, tant qu'ils ne d&#233;passent pas les limites du raisonnable. Pour lui, il ne fallait surtout pas que le bon peuple alg&#233;rien &#233;coute les mots d'ordre de l'extr&#234;me gauche ou suive l'exemple des Gilets jaunes. Recyclant les &#233;l&#233;ments de langage des tenants du pouvoir, il affirma doctement qu'ils ne devaient pas tous d&#233;gager, par opposition aux slogans lanc&#233;s chaque vendredi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Exc&#233;d&#233;&lt;/strong&gt;, pr&#234;t &#224; bondir de son si&#232;ge, le benjamin se lan&#231;a dans un vibrant plaidoyer en faveur des revendications du mouvement populaire. Oui, il fallait qu'ils d&#233;gagent tous et ensuite les Alg&#233;riens participeraient &#224; des &#233;lections transparentes, &#233;difieraient un &#201;tat de droit, consacreraient la citoyennet&#233;, etc. L'ancien ne parut pas insensible &#224; ces arguments mais il insista toutefois sur la n&#233;cessit&#233; d'un retour rapide &#224; l'ordre pour sortir du chaos. Avec l'aide de Dieu, l'arm&#233;e veillerait &#224; sauvegarder les int&#233;r&#234;ts supr&#234;mes de la patrie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Continuant sur sa lanc&#233;e&lt;/strong&gt;, le sexag&#233;naire estimait d'ailleurs que les r&#233;els ennemis de l'Alg&#233;rie &#233;taient les Juifs et les francs-ma&#231;ons qui cherchaient &#224; la d&#233;stabiliser, de jour comme de nuit. L'homme au polo crut bon de pr&#233;ciser qu'il ne fallait pas mettre tous les Juifs dans le m&#234;me sac. C'&#233;taient d'abord les sionistes qui posaient probl&#232;me &#224; ses yeux. Avec cette pirouette de bon aloi, il se r&#233;concilia avec le vieux singe, tout sourire, comme satisfait d'avoir amus&#233; la galerie avec ses man&#339;uvres de propagandiste sur le retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;trangement&lt;/strong&gt;, aucun des autres passagers ne chercha &#224; s'immiscer dans cette conversation men&#233;e &#224; voix haute. Fallait-il attribuer cette r&#233;serve &#224; la m&#233;fiance d&#233;sabus&#233;e dont faisaient preuve les Alg&#233;riens jadis prompts &#224; donner leur avis au premier venu ? &#192; moins que les voyageurs ne pr&#233;f&#233;rassent admirer la beaut&#233; des h&#244;tes ou h&#244;tesses de la Soci&#233;t&#233; nationale des transports ferroviaires qui, par&#233;s de leurs uniformes impeccables, t&#234;tes nues, distribuaient un journal islamo-conservateur en arabe et un quotidien sportif en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s plus de quatre heures&lt;/strong&gt;, une voix f&#233;minine annon&#231;ait dans les deux langues l'arriv&#233;e &#224; Oran, mettant fin aux r&#234;veries des passagers solitaires et aux messes basses des couples l&#233;gitimes. Chacun avait alors une bonne raison de fl&#226;ner sur le front de mer, de s'enrhumer sur les hauteurs de Santa Cruz, d'engloutir une pizza au march&#233; de la Bastille, d'&#233;changer avec une psychologue au restaurant ou de vilipender le pouvoir sur la rue Ben M'Hidi.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nedjib Sidi Moussa&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Croiser Teixeira Gomes &#224; Beja&#239;a</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Croiser-Teixeira-Gomes-a-Bejaia</link>
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		<dc:date>2020-04-02T03:28:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjib Sidi Moussa</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;diterran&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>ex-place Gueydon</dc:subject>
		<dc:subject>marbre blanc</dc:subject>
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		<dc:subject>Excellence Manuel</dc:subject>
		<dc:subject>Teixeira Gomes</dc:subject>
		<dc:subject>Manuel Teixeira</dc:subject>
		<dc:subject>Gomes Pr&#233;sident</dc:subject>
		<dc:subject>Gueydon</dc:subject>
		<dc:subject>attention alors</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Que faire du 12 d&#233;cembre, premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle ? Cette question &#233;tait sur toutes les l&#232;vres &#224; Beja&#239;a et partout ailleurs... En tournant le dos &#224; la M&#233;diterran&#233;e, deux plaques de marbre blanc attir&#232;rent mon attention alors que je quittais la place du 1er novembre 1954 (ex-place Gueydon). On y lit en arabe et en fran&#231;ais : &#187; Dans cet h&#244;tel v&#233;cut de 1931 &#224; 1941 Son Excellence Manuel Teixeira Gomes Pr&#233;sident de la R&#233;publique du Portugal (1860-1941) &#187;. Je partageai ma (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no182-decembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;182 (d&#233;cembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mediterranee" rel="tag"&gt;M&#233;diterran&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ex-place-Gueydon" rel="tag"&gt;ex-place Gueydon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/marbre-blanc" rel="tag"&gt;marbre blanc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/blanc-attirerent" rel="tag"&gt;blanc attir&#232;rent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Excellence-Manuel" rel="tag"&gt;Excellence Manuel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Teixeira-Gomes" rel="tag"&gt;Teixeira Gomes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Manuel-Teixeira" rel="tag"&gt;Manuel Teixeira&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gomes-President" rel="tag"&gt;Gomes Pr&#233;sident&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gueydon" rel="tag"&gt;Gueydon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/attention-alors" rel="tag"&gt;attention alors&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que faire du 12 d&#233;cembre, premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle ? Cette question &#233;tait sur toutes les l&#232;vres &#224; Beja&#239;a et partout ailleurs...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n tournant le dos &#224; la M&#233;diterran&#233;e, deux plaques de marbre blanc attir&#232;rent mon attention alors que je quittais la place du 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; novembre 1954 (ex-place Gueydon). On y lit en arabe et en fran&#231;ais : &#187; &lt;i&gt;Dans cet h&#244;tel v&#233;cut de 1931 &#224; 1941 Son Excellence Manuel Teixeira Gomes Pr&#233;sident de la R&#233;publique du Portugal &lt;/i&gt;(1860-1941) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je partageai ma surprise&lt;/strong&gt; &#224; un ami qui m'apprit l'existence d'un buste &#224; l'effigie de cet illustre barbu qui eut le bon go&#251;t de mourir en exil &#224; Beja&#239;a. La statue fut inaugur&#233;e par le pr&#233;sident alg&#233;rien Abdelaziz Bouteflika et son homologue portugais Jorge Sampaio. C'&#233;tait le 4 mars 2006. Autant dire la pr&#233;histoire. C'&#233;tait avant Twitter, la crise des &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt;, Instagram, le Printemps arabe, Snapchat et le mouvement populaire (&lt;i&gt;hirak&lt;/i&gt;) n&#233; du refus du cinqui&#232;me mandat de Bouteflika.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Teixeira Gomes d&#233;barqua&lt;/strong&gt; dans une Alg&#233;rie colonis&#233;e, avant la naissance de Bouteflika que les slogans des &lt;i&gt;hirakistes &lt;/i&gt;donnent d&#233;sormais pour mort... avec pour seule descendance cinq enfants-candidats format&#233;s pour p&#233;renniser une R&#233;publique d&#233;mocratique et populaire coutumi&#232;re des &#233;lections truqu&#233;es. Quelques jours apr&#232;s le pic &#233;motionnel atteint lors des marches historiques du 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt; novembre 2019, la situation paraissait n&#233;anmoins confuse pour celles et ceux qui cherchaient sans dogmatisme le chemin vers l'ind&#233;pendance, la libert&#233; et la justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On pouvait croiser ces individus&lt;/strong&gt; dans les d&#233;bits de boissons de la ville o&#249; l'atmosph&#232;re paraissait plus respirable qu'&#224; Alger la bleue, couleur des forces de r&#233;pression dont v&#233;hicules et uniformes perturbent les r&#234;veries du promeneur libertaire. Mais on trouvait surtout des interlocuteurs de qualit&#233; dans ces espaces de discussion qui manquent &#224; la capitale, comme les caf&#233;s litt&#233;raires que des localit&#233;s kabyles s'honorent d'abriter. Et cela, malgr&#233; les obstacles pos&#233;s par une administration liberticide, l'absence de soutien des &#171; d&#233;mocrates &#187;, sans parler du d&#233;sint&#233;r&#234;t de la bourgeoisie pour une culture qui ne soit pas folklorique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On discutait aussi &#224; l'universit&#233;&lt;/strong&gt; et du c&#244;t&#233; d'une r&#233;sidence &#233;tudiante encore mixte &#8211; autant dire une anomalie en Alg&#233;rie o&#249;, en raison de l'islamo-conservatisme ambiant, des murs entre les sexes sont partout &#233;rig&#233;s, depuis l'&#233;cole publique o&#249; les filles portent des blouses roses et les gar&#231;ons des tenues bleues, en passant par les restaurants populaires o&#249; les hommes sont s&#233;par&#233;s des femmes clo&#238;tr&#233;es dans des salles &#171; familiales &#187;. Or, d'autres coupures emp&#234;chent l'enceinte universitaire d'&#234;tre un territoire de la critique sociale g&#233;n&#233;ralis&#233;e : celle qui l'isole du reste de la soci&#233;t&#233; au nom du savoir &#171; l&#233;gitime &#187; ; celle qui &#233;tablit une hi&#233;rarchie entre les diff&#233;rents statuts de travailleurs ; celle qui instaure la m&#233;fiance des &#233;tudiants &#224; l'&#233;gard des enseignants ; celle qui &#233;loigne les &#233;tudiantes des lieux du d&#233;bat politique r&#233;serv&#233; de fait aux (z) &#233;tudiants, avec un z comme &lt;i&gt;zob&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire du 12 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;, premier tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle ? Cette question &#233;tait sur toutes les l&#232;vres &#224; Beja&#239;a et partout ailleurs. Mais elle t&#233;moigne de la faiblesse relative du&lt;i&gt; hirak &lt;/i&gt;qui subit encore l'agenda de l'&#201;tat militaro-policier, faute d'avoir su imposer le sien avec ses propres &#233;ch&#233;ances et objectifs. Il faut &#233;videmment refuser les &#233;lections de cette ann&#233;e, comme le chantent les &lt;i&gt;hirakistes&lt;/i&gt;. Mais en 2020, voire au-del&#224;, faudra-t-il voter si le scrutin s'annonce plus transparent ? Ou alors ne s'agit-il pas de refuser la d&#233;mocratie repr&#233;sentative pour &#233;tablir de nouveaux liens entre les individus lib&#233;r&#233;s des cha&#238;nes de l'exploitation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pr&#233;jug&#233;s p&#232;sent de tout leur poids&lt;/strong&gt;, comme ceux ayant trait aux diff&#233;rences &#171; culturelles &#187; entre arabophones et berb&#233;rophones. Et il faudra du temps, des actions communes et des espoirs partag&#233;s pour sortir du marasme identitaire et de l'impasse nationaliste. Sous peine de voir un nouveau Salazar condamner &#224; l'exil les dissidents qu'il n'aura pas encore emprisonn&#233;s pour un drapeau &lt;i&gt;amazigh&lt;/i&gt;, un dessin humoristique ou une manifestation sauvage.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nedjib Sidi Moussa&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La cit&#233; du moudjahid, pr&#232;s de Blida</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-cite-du-moudjahid-pres-de-Blida</link>
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		<dc:date>2020-04-02T03:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjib Sidi Moussa</dc:creator>


		<dc:subject>prenaient possession</dc:subject>
		<dc:subject>l'atlas blid&#233;en</dc:subject>
		<dc:subject>ancien camp</dc:subject>
		<dc:subject>peine &#233;rig&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>cit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Mitidja</dc:subject>
		<dc:subject>d'Abdelaziz Bouteflika</dc:subject>
		<dc:subject>terres fertiles</dc:subject>
		<dc:subject>Coinc&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>regroupement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ressemblant &#224; ces innombrables lotissements b&#226;tis &#224; la h&#226;te par des ouvriers chinois afin de r&#233;sorber les bidonvilles durant le r&#232;gne d'Abdelaziz Bouteflika, la cit&#233; &#233;tait d&#233;pourvue du moindre service public et toujours en chantier... Coinc&#233;e entre l'atlas blid&#233;en et un ancien camp de regroupement, la cit&#233; &#233;tait &#224; peine &#233;rig&#233;e sur les terres fertiles de la Mitidja que ses premiers habitants en prenaient possession. Ressemblant &#224; ces innombrables lotissements b&#226;tis &#224; la h&#226;te par des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no183-janvier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;183 (janvier 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cite-2336" rel="tag"&gt;cit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mitidja" rel="tag"&gt;Mitidja&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-Abdelaziz-Bouteflika" rel="tag"&gt;d'Abdelaziz Bouteflika&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/regroupement" rel="tag"&gt;regroupement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ressemblant &#224; ces innombrables lotissements b&#226;tis &#224; la h&#226;te par des ouvriers chinois afin de r&#233;sorber les bidonvilles durant le r&#232;gne d'Abdelaziz Bouteflika, la cit&#233; &#233;tait d&#233;pourvue du moindre service public et toujours en chantier...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;oinc&#233;e entre l'atlas blid&#233;en et un ancien camp de regroupement, la cit&#233; &#233;tait &#224; peine &#233;rig&#233;e sur les terres fertiles de la Mitidja que ses premiers habitants en prenaient possession. Ressemblant &#224; ces innombrables lotissements b&#226;tis &#224; la h&#226;te par des ouvriers chinois afin de r&#233;sorber les bidonvilles durant le r&#232;gne d'Abdelaziz Bouteflika, elle &#233;tait d&#233;pourvue du moindre service public et toujours en chantier. Ses murs n'&#233;taient pas encore recouverts de couleurs pastel qui d&#233;figuraient ce paysage champ&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#201;tat lui avait attribu&#233; le nom&lt;/strong&gt; d'un obscur &lt;i&gt;moudjahid&lt;/i&gt;, un combattant qui avait pris les armes pour lib&#233;rer son pays. Mais il &#233;tait difficile de savoir si son portrait &#233;tait brandi par les manifestants du mouvement populaire (&lt;i&gt;hirak&lt;/i&gt;) qui pr&#233;f&#233;raient les effigies des chouhada, les martyrs de la r&#233;volution anticoloniale. Apr&#232;s la mascarade &#233;lectorale du 12 d&#233;cembre, les &lt;i&gt;hirakistes&lt;/i&gt; maintenaient dans les villes la pression contre un r&#233;gime accus&#233; de poursuivre l'&#339;uvre imp&#233;riale et dont la client&#232;le &#233;tait associ&#233;e aux harkis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cependant, une semaine apr&#232;s la d&#233;signation du nouveau pr&#233;sident&lt;/strong&gt;, les environs de Blida demeuraient paisibles. Tandis que l'on d&#233;filait dans les rues des villes alg&#233;riennes &#224; la fin de la pri&#232;re du vendredi pour conspuer Abdelmadjid Tebboune, les ruraux de la cit&#233; vaquaient &#224; leurs occupations. Les uns, claquettes-chaussettes aux pieds, parlaient avec ferveur du dernier &lt;i&gt;clasico&lt;/i&gt; en menant pa&#238;tre un troupeau de moutons. Les autres, couvertes de haut en bas, partaient pique-niquer &#224; l'abri des regards masculins, une th&#233;i&#232;re &#224; la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La cit&#233; se situait &#224; proximit&#233; de casernes&lt;/strong&gt; qui quadrillaient le p&#233;rim&#232;tre. La pr&#233;sence d'engins et uniformes rappelait aux civils que l'espace, les institutions ou mentalit&#233;s &#233;taient largement fa&#231;onn&#233;es par les guerres &#8211; contre le colonialisme fran&#231;ais, contre le terrorisme islamique mais surtout contre le peuple indocile. &#192; l'abri des oreilles indiscr&#232;tes, comme pour exorciser les traumatismes, on riait d'un homme qui perdit la raison apr&#232;s avoir &#233;t&#233; tortur&#233; par les djihadistes puis les militaires...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;gion &#233;tait connue pour son conservatisme&lt;/strong&gt;. Blida, jadis fief des Fr&#232;res musulmans, se trouvait &#224; un jet de pierre de la cit&#233;. Pourtant, le trajet en transports collectifs &#233;prouvait les plus t&#233;m&#233;raires &#224; cause de la v&#233;tust&#233; des fourgons et de l'avidit&#233; des petits entrepreneurs. Les v&#233;hicules bringuebalants ne partaient en ville qu'une fois remplis de voyageurs, assis ou debout, sans se soucier de leur s&#233;curit&#233;. Sur les pare-brise, on retrouvait souvent l'expression &#171; &lt;i&gt;Ma cha Allah&lt;/i&gt; &#187; (&#171; &lt;i&gt;selon la volont&#233; de Dieu&lt;/i&gt; &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En contrebas de la cit&#233;,&lt;/strong&gt; se trouvait un cours d'eau qui, descendant des montagnes, allait se perdre dans l'oued Chiffa pollu&#233;. Artisans, entrepreneurs et citoyens avaient pris l'habitude d'y d&#233;verser leurs d&#233;chets. La &lt;i&gt;galoufa&lt;/i&gt;, chasse aux animaux errants &#8211; pratique h&#233;rit&#233;e de la domination fran&#231;aise &#8211;, y ajoutait son lot de cadavres canins. On se souvient aussi de la terrible r&#233;pression qui avait frapp&#233;, non loin de l&#224;, les putschistes emmen&#233;s par le chef d'&#233;tat-major Tahar Zbiri, en d&#233;cembre 1967.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un cimeti&#232;re offrait une vue imprenable sur la cit&#233;&lt;/strong&gt;. On y acc&#233;dait en empruntant un chemin pentu, impraticable les jours de pluie. Les plaques fun&#233;raires alignaient les patronymes des d&#233;funts, inscrits en arabe ou en fran&#231;ais. Le visiteur reconstituait l'arbre g&#233;n&#233;alogique d'une tribu qui enfouissait jalousement les siens, sans risque d'intrusion &#233;trang&#232;re. Sur la rang&#233;e de gauche reposait un militant messaliste &#224; qui les autorit&#233;s ne rendraient jamais hommage et dont la descendance n'assumait pas toujours l'engagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ainsi, le tr&#233;pas &#233;clairait d'une lumi&#232;re crue les rapports sociaux&lt;/strong&gt; obscurcis par les gesticulations du quotidien. Outre les controverses m&#233;morielles et les clivages politiques, les probl&#232;mes d'h&#233;ritage d&#233;chiraient des familles enivr&#233;es par les prix du foncier, contredisant le leader ind&#233;pendantiste Messali Hadj, qui d&#233;clara en son temps : &#171; &lt;i&gt;Cette terre n'est pas &#224; vendre&lt;/i&gt; &#187;. Mais le&lt;i&gt; hirak&lt;/i&gt; fera-t-il sortir de sa torpeur la cit&#233; qui souffre autant de la part des vivants que de celle des morts ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nedjib Sidi Moussa&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Moudjahidate !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Moudjahidate</link>
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		<dc:date>2019-08-01T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjib Sidi Moussa</dc:creator>


		<dc:subject>Seconde Guerre</dc:subject>
		<dc:subject>Nassima Hablal</dc:subject>
		<dc:subject>Nassima Guessoum</dc:subject>
		<dc:subject>Nassima</dc:subject>
		<dc:subject>Messali Hadj</dc:subject>
		<dc:subject>Hablal</dc:subject>
		<dc:subject>alg&#233;rienne</dc:subject>
		<dc:subject>suit Nassima</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;alisatrice Nassima</dc:subject>
		<dc:subject>Front populaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le documentaire 10 949 femmes s'int&#233;resse &#224; l'histoire de Nassima Hablal, l'une des nombreuses combattantes de la lutte de lib&#233;ration nationale alg&#233;rienne. &#192; travers le documentaire 10 949 femmes , la r&#233;alisatrice Nassima Guessoum a choisi de donner un visage &#224; l'une de ces 10 949 moudjahidate (combattantes) de la lutte de lib&#233;ration nationale alg&#233;rienne. Elle suit Nassima Hablal (1928-2013), engag&#233;e dans le combat anticolonialiste depuis son adh&#233;sion, apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no149-decembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;149 (d&#233;cembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nassima-Hablal" rel="tag"&gt;Nassima Hablal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nassima-Guessoum" rel="tag"&gt;Nassima Guessoum&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nassima" rel="tag"&gt;Nassima&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Messali-Hadj" rel="tag"&gt;Messali Hadj&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Hablal" rel="tag"&gt;Hablal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/algerienne" rel="tag"&gt;alg&#233;rienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/suit-Nassima" rel="tag"&gt;suit Nassima&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/realisatrice-Nassima" rel="tag"&gt;r&#233;alisatrice Nassima&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Front-populaire" rel="tag"&gt;Front populaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le documentaire &lt;i&gt;10 949 femmes&lt;/i&gt; s'int&#233;resse &#224; l'histoire de Nassima Hablal, l'une des nombreuses combattantes de la lutte de lib&#233;ration nationale alg&#233;rienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2991 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L300xH400/-1229-9f19c.jpg?1768649711' width='300' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#192;&lt;/span&gt; travers le documentaire &lt;i&gt;10 949 femmes &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au &#171; pays du million et demi de chouhada (martyrs) &#187;, expression consacr&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, la r&#233;alisatrice Nassima Guessoum a choisi de donner un visage &#224; l'une de ces 10 949 &lt;i&gt;moudjahidate &lt;/i&gt;(combattantes) de la lutte de lib&#233;ration nationale alg&#233;rienne. Elle suit Nassima Hablal (1928-2013), engag&#233;e dans le combat anticolonialiste depuis son adh&#233;sion, apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, au Parti du peuple alg&#233;rien (PPA) fond&#233; en 1937 par Messali Hadj, apr&#232;s la dissolution de l'&#201;toile nord-africaine par le gouvernement de Front populaire. Le choix de mettre en lumi&#232;re la trajectoire d'une militante politique appara&#238;t d'autant plus int&#233;ressant que la repr&#233;sentation de l'engagement f&#233;minin au cours de la r&#233;volution alg&#233;rienne a souvent fait la part belle aux maquisardes ou aux membres du &#171; r&#233;seau bombes &#187; d'Alger, au d&#233;triment des formes de r&#233;sistance moins spectaculaires. La pluralit&#233; de ces engagements civils ou militaires avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mise en images par Alexandra Dols dans &lt;i&gt;Moudjahidate &lt;/i&gt;(2007) o&#249; l'on retrouvait l'&#233;nergique Baya Laribi, mont&#233;e au maquis &#224; l'&#226;ge de 20 ans et surnomm&#233;e &lt;i&gt;&#171; el Kahla &#187; &lt;/i&gt;(la Noire) en raison de la couleur de sa peau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On pourrait encore mentionner &lt;/strong&gt;l'&#233;mouvant documentaire de Rabah Zanoun, &lt;i&gt;&#233;milie Busquant, une passion alg&#233;rienne &lt;/i&gt;(2014) qui retrace le parcours de l'&#233;pouse de Messali Hadj, gr&#226;ce au t&#233;moignage de Djanina Messali-Benkelfat, la fille de ce couple embl&#233;matique du premier &#226;ge du nationalisme. Ces trois r&#233;alisations traitent moins de figures oubli&#233;es d'un pass&#233; volontairement occult&#233; que d'une m&#233;moire mise en cage et encha&#238;n&#233;e, &#224; l'instar du personnage du &#171; fou &#187; dans la fiction de Merzak Allouache &lt;i&gt;Les Terrasses &lt;/i&gt;(2013), o&#249; un ancien &lt;i&gt;moudjahid &lt;/i&gt;obs&#233;d&#233; par la trahison de ses contemporains trouve pour seule interlocutrice une enfant en manque de distraction. S'il devait exister un fil conducteur commun &#224; ces oeuvres, ce serait sans nul doute celui du d&#233;senchantement d'une g&#233;n&#233;ration pionni&#232;re face aux probl&#232;mes survenus au cours de cette &#171; p&#233;riode h&#233;ro&#239;que &#187;, comme l'&#233;voque Nassima Hablal en parlant des r&#232;glements de compte au sein du FLN, en passant n&#233;anmoins sous silence la comp&#233;tition violente avec le Mouvement national alg&#233;rien (MNA). Nassima Hablal est d'ailleurs d&#233;c&#233;d&#233;e le m&#234;me jour que Mustapha Ben Mohamed dit &#171; Negro &#187;, son ancien camarade de lutte, pass&#233; du messalisme au trotskisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le spectateur non sp&#233;cialiste &lt;/strong&gt;de l'histoire politique alg&#233;rienne sera sans doute d&#233;sorient&#233; par l'absence de rep&#232;res permettant de saisir les subtilit&#233;s du r&#233;cit aussi riche que touchant de Nassima Hablal. Les initi&#233;s, qui passeront outre aux choix techniques de la r&#233;alisatrice, appr&#233;cieront la libert&#233; de ton de cette doyenne du militantisme qui, par son attitude ou son discours, n'h&#233;site pas &#224; pointer les tabous de la soci&#233;t&#233; alg&#233;rienne qui p&#232;sent plus sp&#233;cifiquement sur les femmes. Comme indiqu&#233; dans le dossier de presse du film, Nassima Guessoum a lu le travail universitaire de Dani&#232;le Djamila Amrane-Minne, &#224; la fois protagoniste et historienne de l'action des femmes dans la lutte de lib&#233;ration nationale. Depuis la publication de ces recherches fondatrices au d&#233;but des ann&#233;es 1990, dans un contexte de guerre civile o&#249; le contr&#244;le du corps des femmes (re)devenait un enjeu sanglant, une nouvelle g&#233;n&#233;ration de chercheurs a explor&#233; les diverses facettes de cet engagement radical au f&#233;minin &#224; l'instar de Ryme Seferdjeli et Natalya Vince, sans oublier Neil McMaster ou Marc Andr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certaines de ces 10 949 &lt;i&gt;moudjahidate &lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;ont particip&#233; aux manifestations contre le code de la famille au d&#233;but des ann&#233;es 1980, tandis que leur action anticolonialiste a inspir&#233; les activistes f&#233;minines entr&#233;es en sc&#232;ne &#224; l'&#233;poque du parti unique, comme le souligne Feriel Lalami. C'est cette transmission d'un capital politique que l'on aurait aussi souhait&#233; voir &#224; l'&#233;cran, ce qui aurait n&#233;cessit&#233; de sortir, au moins temporairement, du cadre intimiste privil&#233;gi&#233; par Nassima Guessoum. Cela a toutefois le m&#233;rite de permettre &#224; Nassima Hablal de parler de ses souffrances, mais aussi de l'amour ; de partager, souvent avec humour, des anecdotes relatives &#224; son ancienne condition d'indig&#232;ne d'Alg&#233;rie ; d'&#233;voquer, entre deux chansons, sa politisation au contact d'&#233;tudiants alg&#233;rois de gauche ; de d&#233;voiler ce lien sororal avec Nelly Forget, engag&#233;e aupr&#232;s du Service civil international (SCI). Et c'est certainement l'int&#233;r&#234;t principal du film en ces temps de confusionnisme politique et de r&#233;visionnisme historique.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nedjib Sidi Moussa&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plus d'informations : &lt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/10949.Femmes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.facebook.com/10949.Femmes&lt;/a&gt;&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Au &#171; pays du million et demi de &lt;i&gt;chouhada &lt;/i&gt;(martyrs) &#187;, expression consacr&#233;e pour &#233;voquer l'ampleur des pertes humaines au cours de la lutte arm&#233;e pour l'ind&#233;pendance alg&#233;rienne, le titre interpelle. 10 949 ne tombe pas rond. Et pour cause : cette quantit&#233; d&#233;signe le nombre de &lt;i&gt;moudjahidate &lt;/i&gt;(combattantes) recens&#233; par le minist&#232;re alg&#233;rien des &lt;i&gt;moudjahidine &lt;/i&gt;(combattants) au d&#233;but des ann&#233;es 1970. Selon la m&#234;me source, le nombre total de ces anciens combattants, femmes et hommes confondus, s'&#233;levait &#224; 336 748, se r&#233;partissant entre les membres de l'Arm&#233;e de lib&#233;ration nationale (ALN) engag&#233;s au maquis et ceux de l'organisation civile du Front de lib&#233;ration nationale (FLN), organisation devenue h&#233;g&#233;monique entre 1954 et 1962.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>FLN d&#233;gage !</title>
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		<dc:date>2019-04-24T02:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Nedjib Sidi Moussa</dc:creator>


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&lt;p&gt;Depuis le surgissement du 22 f&#233;vrier, le slogan &#171; FLN d&#233;gage ! &#187; a &#233;t&#233; largement repris par les manifestants, au point d'&#234;tre aussi populaire que &#171; Klitou lebled ya serrakine ! &#187; (&#171; Vous avez mang&#233; le pays, bande de voleurs ! &#187;) ou &#171; Echa&#226;b yourid isqat ennidham ! &#187; (&#171; Le peuple veut la chute du r&#233;gime ! &#187;), mettant ainsi la contestation alg&#233;rienne au diapason des &#171; printemps arabes &#187; tant d&#233;cri&#233;s par le r&#233;gime depuis 2011. Dans ce texte, l'historien Nedjib Sidi Moussa revient sur la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no175-avril-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;175 (avril 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Saphia-Arezki" rel="tag"&gt;Saphia Arezki&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/liberation" rel="tag"&gt;lib&#233;ration&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le surgissement du 22 f&#233;vrier, le slogan &#171; &lt;i&gt;FLN d&#233;gage !&lt;/i&gt; &#187; a &#233;t&#233; largement repris par les manifestants, au point d'&#234;tre aussi populaire que &#171; &lt;i&gt;Klitou lebled ya serrakine !&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Vous avez mang&#233; le pays, bande de voleurs ! &#187;) ou &#171; &lt;i&gt;Echa&#226;b yourid isqat ennidham !&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Le peuple veut la chute du r&#233;gime ! &#187;), mettant ainsi la contestation alg&#233;rienne au diapason des &#171; printemps arabes &#187; tant d&#233;cri&#233;s par le r&#233;gime depuis 2011. Dans ce texte, l'historien Nedjib Sidi Moussa&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il vient de publier Alg&#233;rie, une autre histoire de l'ind&#233;pendance &#8211; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; revient sur la confiscation du pouvoir par ce parti, ant&#233;rieure m&#234;me &#224; l'ind&#233;pendance du pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2893 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1137-2225a.jpg?1768721472' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Saphia Arezki
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;artout, la foule compacte reprend le slogan &#171; &lt;i&gt; FLN d&#233;gage !&lt;/i&gt; &#187;, pouvait-on constater en d&#233;ambulant dans le centre d'Alger, sous la pluie du 22 mars ou le soleil du 29 mars, o&#249; convergeaient dans la liesse ou la col&#232;re des Alg&#233;rois d&#233;termin&#233;s &#224; en finir avec un &#171; &lt;i&gt;pouvoir assassin&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En &#233;cho au chant embl&#233;matique du &#171; Printemps noir &#187; de Kabylie en 2001.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, tandis que flottaient les drapeaux alg&#233;rien, amazigh et palestinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux c&#244;t&#233;s de mots d'ordre plus anciens comme &#171; &lt;i&gt;Djaza&#239;r horra dimokratia !&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Alg&#233;rie libre et d&#233;mocratique ! &#187;) ou plus confus tels que &#171; &lt;i&gt;Dje&#239;ch cha&#226;b khawa khawa !&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Arm&#233;e, peuple, fr&#232;res, fr&#232;res ! &#187;), le slogan &#171; &lt;i&gt;FLN d&#233;gage !&lt;/i&gt; &#187; concentre, en deux mots et en fran&#231;ais, le rejet d'un &#171; syst&#232;me &#187; souvent d&#233;sincarn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'accorde pleinement &#224; l'exigence formul&#233;e d&#232;s le 15 mars &#224; travers l'expression &#171; &lt;i&gt;Trouhou gaae ! &lt;/i&gt; &#187; (&#171; Partez tous ! &#187;), d&#233;passant ainsi la volont&#233; de se d&#233;barrasser du simple Pr&#233;sident sortant. Deux semaines plus tard, une banderole tendue dans l'hypercentre de la capitale insistera sur ce point : &#171; &lt;i&gt;Goulna ga3 c'est ga3&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Nous avons dit tous, c'est tous &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;H&#233;g&#233;monie par la violence&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais comment comprendre ce paradoxe apparent qui consiste, pour des millions de manifestants, &#224; r&#233;clamer haut et fort la disparition du Front de lib&#233;ration nationale tout en brandissant, dans les rues, des portraits ou symboles de la lutte anticoloniale ? Pour la grande majorit&#233; de la population, c&#233;dant &#224; une certaine id&#233;alisation de l'histoire, il existerait une diff&#233;rence fondamentale entre le premier FLN, celui de la s&#233;quence 1954-1962, et le second FLN, celui de l'Alg&#233;rie ind&#233;pendante et n&#233;anmoins autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le premier aspect, il convient de rappeler que cette opinion ne se d&#233;marque aucunement de la propagande du r&#233;gime ainsi qu'on peut le lire dans le pr&#233;ambule de l'actuelle Constitution alg&#233;rienne qui c&#233;l&#232;bre la date du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; novembre 1954, &#224; savoir celle du d&#233;clenchement de la lutte arm&#233;e contre le colonialisme fran&#231;ais par le FLN : &#171; &lt;i&gt;R&#233;uni dans le mouvement national puis au sein du Front de Lib&#233;ration Nationale, le peuple a vers&#233; son sang pour assumer son destin collectif dans la libert&#233; et l'identit&#233; culturelle nationale retrouv&#233;es et se doter d'institutions authentiquement populaires. Couronnant la guerre populaire par une ind&#233;pendance pay&#233;e du sacrifice des meilleurs de ses enfants, sous la conduite du Front de Lib&#233;ration Nationale et de l'Arm&#233;e de Lib&#233;ration Nationale, le peuple alg&#233;rien a restaur&#233; dans toute sa pl&#233;nitude, un &#201;tat moderne et souverain.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le FLN a pr&#233;tendu monopoliser la cause ind&#233;pendantiste, il n'a pu conqu&#233;rir son h&#233;g&#233;monie qu'en supplantant, dans la violence, son rival nationaliste, le Mouvement national alg&#233;rien dirig&#233; par le pionnier Messali Hadj, et en int&#233;grant, par la conviction ou la contrainte, des &#233;l&#233;ments issus du Mouvement pour le triomphe des libert&#233;s d&#233;mocratiques, de l'Union d&#233;mocratique du Manifeste alg&#233;rien, pr&#233;sid&#233;e par Ferhat Abbas, de l'Association des oul&#233;mas ou du Parti communiste alg&#233;rien (PCA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sauvage r&#233;pression anti-ind&#233;pendantiste par les autorit&#233;s coloniales, la comp&#233;tition violente entre nationalistes alg&#233;riens pour la direction de la r&#233;volution ainsi que l'emploi du terrorisme contre les civils tant par les ultra-colonialistes que par le FLN conduisirent &#224; la militarisation du conflit et &#224; la constitution d'une bureaucratie totalitaire, pr&#233;lude &#224; l'instauration d'un r&#233;gime de parti unique. Le temps du pluralisme partisan &#8211; truqu&#233; et in&#233;gal en raison des r&#232;gles du jeu colonial &#8211; &#233;tait termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Symbole de l'oppression&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'interdiction par les autorit&#233;s alg&#233;riennes du PCA en novembre 1962, du Parti de la r&#233;volution socialiste de Mohammed Boudiaf en ao&#251;t 1963 et du Front des forces socialistes (FFS) de Hocine A&#239;t Ahmed, tr&#232;s implant&#233; en Kabylie, en septembre de la m&#234;me ann&#233;e, le FLN devint le seul parti autoris&#233; jusqu'en 1989. Durant ces deux d&#233;cennies, les autorit&#233;s firent toutefois preuve d'une certaine mansu&#233;tude, selon le contexte, &#224; l'&#233;gard du Parti de l'avant-garde socialiste, h&#233;ritier du PCA, engag&#233; dans une d&#233;marche de &#171; soutien critique &#187; au r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des &#233;meutes d'octobre 1988, des sections locales du FLN &#8211; tout comme des commissariats ou des b&#226;timents officiels &#8211; furent saccag&#233;es ou incendi&#233;es par de jeunes Alg&#233;riens. Le FLN n'&#233;tait plus qu'un symbole de l'oppression et de l'injustice. Le pluralisme conc&#233;d&#233; par les autorit&#233;s apr&#232;s ce soul&#232;vement populaire mit temporairement un terme au r&#232;gne du FLN, d&#233;pass&#233; par le Fis (Front islamique du salut) et le FFS lors du premier tour des &#233;lections l&#233;gislatives de d&#233;cembre 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, le second tour n'eut jamais lieu en raison de l'interruption du processus &#233;lectoral par l'arm&#233;e, en janvier 1992. Cette intervention militaire fut suivie d'une guerre civile opposant les forces de l'ordre aux groupes islamistes. Les l&#233;gislatives de juin 1997 virent le triomphe du Rassemblement national d&#233;mocratique (RND), cr&#233;&#233; par l'administration &#224; la veille des &#233;lections. Le FLN, travers&#233; par une crise, fut alors rel&#233;gu&#233; &#224; la troisi&#232;me position, derri&#232;re les islamistes du Mouvement de la soci&#233;t&#233; pour la paix (MSP), de tendance &#171; fr&#233;riste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les &#233;lections de mai 2002, le FLN redevint le premier parti politique repr&#233;sent&#233; &#224; l'Assembl&#233;e populaire nationale et reprit son r&#244;le d'instrument docile d'un r&#233;gime corrompu et corrupteur, ouvrant ses portes aux affairistes de tout poil. Il maintint sa place au sein du gouvernement, aux c&#244;t&#233;s du RND et des islamistes issus de la matrice MSP comme Amar Ghoul, qui fonda en 2012 le parti TAJ (Rassemblement de l'espoir de l'Alg&#233;rie).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Comme en Tunisie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le RND et TAJ font partie d'ailleurs des organisations conspu&#233;es par les manifestants depuis le 22 f&#233;vrier. Mais en raison de son histoire aussi longue qu'ambivalente, le FLN demeure le parti qui cimente la col&#232;re des Alg&#233;riens. Ce rejet n'est cependant pas si unanime. La presse dat&#233;e du 31 mars offrait d'ailleurs deux contributions permettant de saisir les opinions contrast&#233;es &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi,&lt;i&gt; El Watan&lt;/i&gt; &#8211; proche des oppositions &#8211; publiait un texte de l'ancien d&#233;put&#233; du Rassemblement pour la culture et la d&#233;mocratie Ali Brahimi qui, reprenant sa proposition de loi dat&#233;e de juillet 2011, exigeait des autorit&#233;s &#171; &lt;i&gt; l'interdiction imm&#233;diate, inconditionnelle et d&#233;finitive de l'usage partisan des d&#233;nominations et sigles du FLN et de l'&lt;/i&gt;[Union g&#233;n&#233;rale des travailleurs alg&#233;riens]. &#187; Ceci afin de &#171; &lt;i&gt;restituer tous les symboles de la R&#233;volution alg&#233;rienne &#224; la m&#233;moire nationale qui en est le seul propri&#233;taire l&#233;gitime &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, &lt;i&gt;L'Expression&lt;/i&gt; &#8211; pro-r&#233;gime &#8211; publiait un article du professeur Abdelmadjid Merdaci qui accusait ceux qui souhaitaient renvoyer le FLN au mus&#233;e de r&#233;aliser le r&#234;ve des &#171; &lt;i&gt;nostalgiques de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise et de l'&lt;/i&gt;[Organisation de l'arm&#233;e secr&#232;te] &#187;... Il ajoutait que &#171; ceux qui jettent all&#232;grement le b&#233;b&#233; avec l'eau du bain se trompent et bien plus commettent la faute terrible d'atteinte, au travers du sigle du FLN, &#224; la m&#233;moire de tous ceux qui, sous son embl&#232;me, ont combattu, sont morts pour l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; un amalgame douteux commis par un chercheur qu'on a pourtant connu mieux inspir&#233;, d'autant que le &#171; d&#233;gagisme &#187; actuel concerne aussi d'autres partis, y compris ceux associ&#233;s &#224; l'opposition comme le FFS ou le Parti des travailleurs. Ces injonctions anti-partis s'expriment aussi avec le souci de d&#233;fendre la souverainet&#233; nationale de l'Alg&#233;rie, y compris sous les formes les plus nationalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; savoir si le FLN conna&#238;tra le m&#234;me sort que celui du Rassemblement constitutionnel d&#233;mocratique, l'ancien parti h&#233;g&#233;monique dans la Tunisie voisine, dissout en mars 2011, au risque de voir les tenants de l'ancien r&#233;gime se red&#233;ployer sous d'autres &#233;tiquettes. L'enjeu n'est plus seulement de s'attaquer aux symboles du syst&#232;me actuel mais, sans doute, pour les r&#233;volutionnaires les plus d&#233;termin&#233;s, d'en finir avec tous les pouvoirs.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nedjib Sidi Moussa&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il vient de publier &lt;i&gt;Alg&#233;rie, une autre histoire de l'ind&#233;pendance &#8211; Trajectoires r&#233;volutionnaires des partisans de Messali Hadj&lt;/i&gt; aux &lt;a href=&#034;https://www.puf.com/content/Alg%C3%A9rie_une_autre_histoire_de_lind%C3%A9pendance&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions PUF&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En &#233;cho au chant embl&#233;matique du &#171; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Printemps_noir_(Kabylie)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Printemps noir&lt;/a&gt; &#187; de Kabylie en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Anars d'Espagne : les ann&#233;es Paname</title>
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		<dc:date>2019-04-21T16:00:23Z</dc:date>
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		<dc:creator>Nedjib Sidi Moussa</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Freddy Gomez</dc:subject>
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		<dc:subject>Monica Gruzka</dc:subject>
		<dc:subject>Gomez souligne</dc:subject>
		<dc:subject>Cristobal Barcena</dc:subject>
		<dc:subject>Albert Camus</dc:subject>
		<dc:subject>Solidaridad Obrera</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans D&#233;dicaces &#8211; Un exil libertaire espagnol (1939-1975) , Freddy Gomez raconte les ann&#233;es parisiennes d'anarcho-syndicalistes ayant fui la victoire des troupes franquistes. D&#232;s l'incipit, Freddy Gomez souligne le caract&#232;re fictionnel de ces D&#233;dicaces tout en indiquant que son r&#233;cit se d&#233;ploie &#171; au croisement de la m&#233;moire et de l'imaginaire &#187;. L'auteur &#8211; &#224; qui l'on doit le &#171; bulletin de critique bibliographique &#187; en ligne &#192; contretemps, fond&#233; avec sa compagne Monica Gruzka (1948-2016) &#8211; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no173-fevrier-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;173 (f&#233;vrier 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/recit" rel="tag"&gt;r&#233;cit&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Barcena" rel="tag"&gt;Barcena&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gomez-Pelaez" rel="tag"&gt;G&#243;mez Pel&#225;ez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Fernando-Gomez" rel="tag"&gt;Fernando G&#243;mez&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gomez-souligne" rel="tag"&gt;Gomez souligne&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Solidaridad-Obrera" rel="tag"&gt;Solidaridad Obrera&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;D&#233;dicaces &#8211; Un exil libertaire espagnol (1939-1975)&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paris, Rue des cascades, 2018, 224 pages.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Freddy Gomez raconte les ann&#233;es parisiennes d'anarcho-syndicalistes ayant fui la victoire des troupes franquistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2880 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;94&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L200xH297/-1124-65115.jpg?1768663347' width='200' height='297' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du livre &#034;D&#233;dicaces &#8211; Un exil libertaire espagnol (1939-1975)&#034; de Freddy Gomez
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;&#232;s l'&lt;i&gt;incipit&lt;/i&gt;, Freddy Gomez souligne le caract&#232;re fictionnel de ces &lt;i&gt;D&#233;dicaces&lt;/i&gt; tout en indiquant que son r&#233;cit se d&#233;ploie &lt;i&gt;&#171; au croisement de la m&#233;moire et de l'imaginaire&lt;/i&gt; &#187;. L'auteur &#8211; &#224; qui l'on doit le &#171; bulletin de critique bibliographique &#187; en ligne &#192; contretemps, fond&#233; avec sa compagne Monica Gruzka (1948-2016)&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Freddy Gomez, &#171; Hommage &#224; Monica &#187;, acontretemps.org, 1er f&#233;vrier 2017.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#8211; raconte, &#224; mots couverts, les circonstances dans lesquelles il a &#233;t&#233; amen&#233; &#224; entreprendre son r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si les premi&#232;res pages&lt;/strong&gt; s'ouvrent avec gravit&#233; sur le deuil et la d&#233;faite, le th&#232;me du roman demeure l'exil, celui des libertaires espagnols entam&#233; apr&#232;s la guerre civile et cette &#171; &lt;i&gt;r&#233;volution sociale trahie, poignard&#233;e, emp&#234;ch&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. Son protagoniste principal, Cristobal Barcena, rel&#232;ve de la fiction m&#234;me si l'&#233;crivain pr&#233;cise qu'il &#171; &lt;i&gt;emprunte parfois &#224; des personnages qui ont r&#233;ellement exist&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sans doute faut-il rappeler&lt;/strong&gt; ici que Barcena fut l'un des pseudonymes utilis&#233;s par le p&#232;re de l'auteur, Fernando G&#243;mez Pel&#225;ez (1915-1995)&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Freddy Gomez, &#171; Gomez Pelaez, Fernando &#187;, Militants-anarchistes.info, 22 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, qui dirigea, entre 1946 et 1954, l'hebdomadaire Solidaridad Obrera, organe de la CNT (Conf&#233;d&#233;ration nationale du travail) espagnole en exil. Une &#233;poque durant laquelle le directeur du journal anarcho-syndicaliste se lia d'amiti&#233; avec Albert Camus, l'enfant pauvre du quartier alg&#233;rois de Belcourt, d'origine minorquine et dont les affinit&#233;s libertaires n'ont que trop peu &#233;t&#233; mises en lumi&#232;re&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albert Camus, &#201;crits libertaires (1948-1960), rassembl&#233;s et pr&#233;sent&#233;s par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'antih&#233;ros fictif&lt;/strong&gt; d&#233;barque &#224; Saint-Cyprien (Pyr&#233;n&#233;es- Orientales), en janvier 1939, date de la chute de Barcelone et des d&#233;buts de la Retirada&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Exode massif des r&#233;publicains &#224; la fin de la guerre civile espagnole.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, pour y retourner, en octobre 1976, moins d'une ann&#233;e apr&#232;s la disparition du dictateur Franco &#171; &lt;i&gt;qui signe la fin de l'exil libertaire espagnol&lt;/i&gt; &#187;. Et celle du r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au cours des cinq chapitres&lt;/strong&gt; qui composent le roman, Barcena rencontre les anarchistes fran&#231;ais, ce &#171; &lt;i&gt;milieu&lt;/i&gt; [qui] &lt;i&gt;s'&#233;tait fan&#233; sur pied et de lui-m&#234;me avant m&#234;me que les barbares ne cherchent &#224; le d&#233;raciner&lt;/i&gt; &#187;. Son itin&#233;raire l'am&#232;ne &#224; croiser des &#171; &lt;i&gt;vaincus de toutes les causes&lt;/i&gt; &#187;, sans toutefois appr&#233;cier &#171; &lt;i&gt;cette assignation &#224; r&#233;sidence identitaire&lt;/i&gt; &#187; propre &#224; tous les exodes et &#224; laquelle n'&#233;chapp&#232;rent pas les anarchistes espagnols install&#233;s &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; l'instar de Fernando G&#243;mez Pel&#225;ez&lt;/strong&gt;, Barcena fait la connaissance de Camus, &#171; une clef qui ouvrait des portes &#187; : celles de Jean- Paul Sartre ou d'Andr&#233; Breton que l'on retrouve tous trois &#224; la tribune du meeting du 22 f&#233;vrier 1952, salle Wagram, pour d&#233;noncer les condamnations &#224; mort prononc&#233;es de l'autre c&#244;t&#233; des Pyr&#233;n&#233;es &#224; l'encontre de militants de la CNT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#171; vrai &#187; et le &#171; faux &#187; Barcena&lt;/strong&gt; se c&#244;toient au fil des pages, du c&#244;t&#233; des Halles, au Chien qui fume, un restaurant &#171; quartier g&#233;n&#233;ral des dissidences &#187; tenu par Rachid, un Kabyle du Djurdjura en couple avec Marie, une Bretonne des monts d'Arr&#233;e, comme c'&#233;tait souvent le cas &#224; cette p&#233;riode, ainsi que le rappelait Jean-Michel Mension&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Michel Mension, La Tribu, entretiens avec G&#233;rard Berr&#233;by et Francesco (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Barcena voyait d'un mauvais &#339;il&lt;/strong&gt; le n&#233;o-anarchisme qu'il assimilait &#224; &#171; une moderne variante du lib&#233;ralisme culturel d'avant-garde &#187;. En &#171; bon anarcho-syndicaliste de base un peu born&#233; &#187;, il lui pr&#233;f&#233;rait la lecture de La Soci&#233;t&#233; du spectacle, de Guy Debord. Avant de prendre le large, o&#249; disparaissent sans bruit les &#171; t&#233;moins g&#234;nants &#187; de tous les crimes, les apatrides de tous les horizons.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nedjib Sidi Moussa&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Paris, Rue des cascades, 2018, 224 pages.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Freddy Gomez, &#171; &lt;a href=&#034;http://acontretemps.org/spip.php?article623&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hommage &#224; Monica&lt;/a&gt; &#187;, acontretemps.org, 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; f&#233;vrier 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Freddy Gomez, &#171; &lt;a href=&#034;https://militants-anarchistes.info/spip.php?article4530&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gomez Pelaez, Fernando&lt;/a&gt; &#187;, Militants-anarchistes.info, 22 d&#233;cembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Albert Camus, &lt;i&gt;&#201;crits libertaires (1948-1960)&lt;/i&gt;, rassembl&#233;s et pr&#233;sent&#233;s par Lou Marin, Montpellier, Indig&#232;ne &#233;ditions, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Exode massif des r&#233;publicains &#224; la fin de la guerre civile espagnole.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jean-Michel Mension, &lt;i&gt;La Tribu&lt;/i&gt;, entretiens avec G&#233;rard Berr&#233;by et Francesco Milo, Paris, &#233;ditions Allia, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Dissidences intellectuelles arabes</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Dissidences-intellectuelles-arabes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Dissidences-intellectuelles-arabes</guid>
		<dc:date>2019-02-03T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjib Sidi Moussa</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>Groupe</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;sir</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;sir libertaire</dc:subject>
		<dc:subject>Farid Lariby</dc:subject>
		<dc:subject>Maroine Dib</dc:subject>
		<dc:subject>Ghazi Younes</dc:subject>
		<dc:subject>Mohammed Awadh</dc:subject>
		<dc:subject>Ali Fenjan</dc:subject>
		<dc:subject>Abdul Kader</dc:subject>
		<dc:subject>arabe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a une quarantaine d'ann&#233;es, de jeunes intellectuels du monde arabe &#233;ditaient une revue surr&#233;aliste : Le D&#233;sir libertaire. Un recueil de textes audacieux, brocardant patrie, arm&#233;e, famille et religion, vient d'&#234;tre traduit en fran&#231;ais. *** Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, de jeunes exil&#233;s en dialogue avec les diff&#233;rents courants d'avant-garde se retrouv&#232;rent &#224; Paris pour fonder Le D&#233;sir libertaire, une revue qui avait l'ambition d'&#234;tre &#171; l'organe central du mouvement surr&#233;aliste arabe &#187;. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no171-decembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;171 (d&#233;cembre 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Desir-libertaire" rel="tag"&gt;D&#233;sir libertaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Farid-Lariby" rel="tag"&gt;Farid Lariby&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maroine-Dib" rel="tag"&gt;Maroine Dib&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ghazi-Younes" rel="tag"&gt;Ghazi Younes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mohammed-Awadh" rel="tag"&gt;Mohammed Awadh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ali-Fenjan" rel="tag"&gt;Ali Fenjan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Abdul-Kader" rel="tag"&gt;Abdul Kader&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/arabe" rel="tag"&gt;arabe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a une quarantaine d'ann&#233;es, de jeunes intellectuels du monde arabe &#233;ditaient une revue surr&#233;aliste : &lt;i&gt;Le D&#233;sir libertaire&lt;/i&gt;. Un recueil de textes audacieux, brocardant patrie, arm&#233;e, famille et religion, vient d'&#234;tre traduit en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2777 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH707/-1032-1316e.jpg?1768653091' width='500' height='707' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fac-simil&#233; &#034;Le d&#233;sir libertaire&#034;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1970&lt;/strong&gt;, de jeunes exil&#233;s en dialogue avec les diff&#233;rents courants d'avant-garde se retrouv&#232;rent &#224; Paris pour fonder &lt;i&gt;Le D&#233;sir libertaire&lt;/i&gt;, une revue qui avait l'ambition d'&#234;tre &#171; &lt;i&gt;l'organe central du mouvement surr&#233;aliste arabe&lt;/i&gt; &#187;. Ses membres s'appelaient Farid Lariby, Ghazi Younes, Mohammed Awadh, Ali Fenjan, Maroine Dib ou Abdul Kader El Janabi qui, gr&#226;ce &#224; ses traductions, vient de mettre &#224; disposition du lectorat francophone un recueil de textes aussi jouissifs que subversifs&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le D&#233;sir libertaire. Le surr&#233;alisme arabe &#224; Paris, 1973-1975, textes r&#233;unis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les bornes chronologiques&lt;/strong&gt; de la premi&#232;re s&#233;rie du &lt;i&gt;D&#233;sir libertaire&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les cinq num&#233;ros de la premi&#232;re s&#233;rie du D&#233;sir libertaire ont &#233;t&#233; publi&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; renvoient &#224; deux conflits majeurs pour la r&#233;gion : la guerre du Kippour (1973) et le d&#233;but de la guerre civile libanaise (1975). Le num&#233;ro inaugural comprenait d'ailleurs un texte intitul&#233; &#171; Contre les illusions nationalistes, pour une alternative internationaliste &#187;, sign&#233; par l'Organisation socialiste isra&#233;lienne Matzpen, le groupe arabe Le Pouvoir des conseils et le Groupe alg&#233;rien pour la propagation du marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;C'est aux audaces du pass&#233; que l'on mesure les inhibitions du pr&#233;sent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le&lt;i&gt; Manifeste&lt;/i&gt; de 1975&lt;/strong&gt;, r&#233;dig&#233; &#224; la demande de Franklin Rosemont, fondateur du groupe surr&#233;aliste de Chicago, exprima un rejet total du nationalisme arabe, de l'ordre bourgeois et de la domination religieuse : &#171; &lt;i&gt;Les grandes valeurs des classes dominantes (la patrie, la famille, la religion, l'&#233;cole, les casernes, les &#233;glises, les mosqu&#233;es et autres pourritures) nous font rire. Nous pissons joyeusement sur leurs tombes.&lt;/i&gt; &#187; C'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cette audace du pass&#233; que l'on mesure les inhibitions du pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il ne faudrait toutefois pas r&#233;duire cet &#233;lan libertaire&lt;/strong&gt; &#224; de simples interventions politiques, quoique r&#233;volutionnaires. Car, dans le sillage de Michel Leiris, il s'agissait aussi d'aller &#171; &lt;i&gt;vers la lib&#233;ration du langage&lt;/i&gt; &#187; en jouant avec les mots, en arabe ou en fran&#231;ais, contre toutes les formes de censure. Ainsi, &#171; &lt;i&gt; al hizb &lt;/i&gt; &#187; (&#171; le parti&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187;) devient &#171; &lt;i&gt;hzzou ezzeb&lt;/i&gt; &#187; (&#171; trancher le zob &#187;). Parmi les anti-proverbes, compos&#233;s sur le principe du cadavre exquis et envoy&#233;s aux intellectuels arabes alors en vogue, on peut mentionner : &#171; &lt;i&gt;Jouis dans des rues peu fr&#233;quent&#233;es. &lt;/i&gt; &#187; On ignore cependant si ces conseils furent suivis par leurs destinataires, qui m&#233;dit&#232;rent peut-&#234;tre cet aphorisme : &#171; &lt;i&gt;Tant que la radicalit&#233; s'exprimera par l'&#233;criture, la nostalgie en sera sa cicatrice. La praxis n'est qu'une fable racont&#233;e aux enfants ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Outre les po&#232;mes&lt;/strong&gt; de Farid Lariby et d'Abdul Kader El Janabi, on retrouve dans ce recueil richement illustr&#233;, un lumineux &#171; Guide touristique de l'architecture et de l'urbanisme arabes &#187; publi&#233; en 1983 par Maroine Dib, qui critiqua le &#171; &lt;i&gt;droit de regard&lt;/i&gt; &#187; masculin qui poursuivait les femmes du Caire, Beyrouth ou Damas : &#171; &lt;i&gt;La prol&#233;tarisation qui s'&#233;tend de plus en plus aux femmes dans les villes arabes ne les lib&#232;re, pour un temps, de leur famille que pour les soumettre &#224; un esprit de famille qui persiste partout dans les regards. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le D&#233;sir libertaire&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; rendit hommage &#224; Georges Henein qu'Abdul Kader El Janabi rencontra dans les locaux de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; fin 1972. L'importance du groupe &#233;gyptien Art et Libert&#233;, qui adopta le manifeste de la F&#233;d&#233;ration internationale de l'art r&#233;volutionnaire ind&#233;pendant, cr&#233;&#233;e sous l'&#233;gide d'Andr&#233; Breton et L&#233;on Trotski, est rappel&#233;e dans cet ouvrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais d'autres figures&lt;/strong&gt; furent convoqu&#233;es par les exil&#233;s arabes dans leur qu&#234;te d'une g&#233;n&#233;alogie de la dissidence comme Korrat al-A&#239;n, lapid&#233;e &#224; T&#233;h&#233;ran vers 1860 et qui d&#233;clara, devant l'assembl&#233;e de la secte Baha'i : &#171; &lt;i&gt;Que les uns partagent les biens avec les autres, que la pauvret&#233; soit supprim&#233;e parmi vous et que le malheur disparaisse, que votre pauvre soit l'&#233;gal de votre riche. Ne voilez pas vos &#233;pouses devant vos amis, car il n'y a plus ni interdit, ni punition, ni prohibition, ni obligation, ni emp&#234;chement. Prenez donc votre part dans ce monde, car il n'y a rien apr&#232;s la mort. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nedjib Sidi Moussa &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le D&#233;sir libertaire. Le surr&#233;alisme arabe &#224; Paris, 1973-1975&lt;/i&gt;, textes r&#233;unis et annot&#233;s par Abdul Kader El Janabi, Toulouse, &#233;ditions de L'Asym&#233;trie, 2018, 206 pages.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les cinq num&#233;ros de la premi&#232;re s&#233;rie du &lt;i&gt;D&#233;sir libertaire &lt;/i&gt;ont &#233;t&#233; publi&#233;s entre le 25 d&#233;cembre 1973 et 1975. Les trois num&#233;ros de la seconde s&#233;rie l'ont &#233;t&#233; entre 1980 et 1981.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Maurice Audin et les fant&#244;mes de la guerre fran&#231;aise en Alg&#233;rie</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Maurice-Audin-et-les-fantomes-de</link>
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		<dc:date>2019-02-03T17:48:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjib Sidi Moussa</dc:creator>


		<dc:subject>Juliette Barban&#232;gre</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
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		<dc:subject>peuples alg&#233;rien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 13 septembre 2018, Emmanuel Macron a reconnu que la disparition de Maurice Audin, enlev&#233; &#224; son domicile alg&#233;rois par des militaires fran&#231;ais, le 11 juin 1957, &#171; a &#233;t&#233; rendue possible par un syst&#232;me dont les gouvernements successifs ont permis le d&#233;veloppement : le syst&#232;me appel&#233; &#8220;arrestation-d&#233;tention&#8221; &#187;. Et l'&#201;lys&#233;e de promouvoir &#171; une volont&#233; nouvelle de r&#233;conciliation des m&#233;moires et des peuples fran&#231;ais et alg&#233;rien &#187;. Pour CQFD, l'historien Nedjib Sidi Moussa revient sur cette sombre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maurice" rel="tag"&gt;Maurice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/FLN" rel="tag"&gt;FLN&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Maurice-Audin" rel="tag"&gt;Maurice Audin&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/PCA" rel="tag"&gt;PCA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Josette-Audin" rel="tag"&gt;Josette Audin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-Emmanuel-Macron" rel="tag"&gt;d'Emmanuel Macron&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/peuples-algerien" rel="tag"&gt;peuples alg&#233;rien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 13 septembre 2018, Emmanuel Macron a reconnu que la disparition de Maurice Audin, enlev&#233; &#224; son domicile alg&#233;rois par des militaires fran&#231;ais, le 11 juin 1957, &#171; &lt;i&gt;a &#233;t&#233; rendue possible par un syst&#232;me dont les gouvernements successifs ont permis le d&#233;veloppement : le syst&#232;me appel&#233; &#8220;arrestation-d&#233;tention&#8221;&lt;/i&gt; &#187;. Et l'&#201;lys&#233;e de promouvoir &#171; &lt;i&gt;une volont&#233; nouvelle de r&#233;conciliation des m&#233;moires et des peuples fran&#231;ais et alg&#233;rien&lt;/i&gt; &#187;. Pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, l'historien Nedjib Sidi Moussa revient sur cette sombre p&#233;riode, au risque d'entrouvrir d'autres placards &#224; fant&#244;mes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2704 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH486/-964-134a8.jpg?1768658280' width='400' height='486' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Juliette Barban&#232;gre
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#171; &lt;i&gt; geste historique d'Emmanuel&#8200;Macron&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;, dixit &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, a &#233;t&#233; salu&#233; &#224; gauche. L'association Maurice-Audin estime que la &#171; &lt;i&gt; port&#233;e historique consid&#233;rable&lt;/i&gt; &#187; de cette d&#233;claration permet &#171; &lt;i&gt;de poursuivre la t&#226;che indispensable du rapprochement des peuples alg&#233;rien et fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187;. La Ligue des droits de l'Homme affirme &#224; son tour que cette d&#233;claration &#171; &lt;i&gt;favorise la r&#233;flexion n&#233;cessaire de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise sur une page de son histoire &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;et permet que s'ouvre une &#232;re nouvelle dans les relations entre les peuples alg&#233;rien et fran&#231;ais &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, la d&#233;claration d'Emmanuel Macron marque une inflexion significative. En 2012, lors de sa visite &#224; Alger, Fran&#231;ois Hollande s'&#233;tait certes rendu devant la st&#232;le en hommage &#224; Maurice Audin, mais il s'&#233;tait content&#233;, en juin 2014, d'&#171; &lt;i&gt; infirmer la th&#232;se de l'&#233;vasion qui avait &#233;t&#233; avanc&#233;e &#224; l'&#233;poque&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, il convient de se demander si les deux peuples ont r&#233;ellement besoin de leurs &#201;tats pour pr&#233;tendre r&#233;concilier des m&#233;moires instrumentalis&#233;es selon les consid&#233;rations diplomatiques du moment. En outre, le cas de Maurice Audin fait ressurgir ces nombreux fant&#244;mes qui hantent les mauvaises consciences, surtout &#224; gauche, depuis le moment colonial et la guerre fran&#231;aise en Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Militant du PCA&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;N&#233; en Tunisie en 1932, Maurice Audin arrive &#224; Alger avec sa famille en 1940. Son p&#232;re est gendarme &#8211; puis postier &#8211; et sa m&#232;re a grandi dans le milieu des &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s petits colons &lt;/i&gt; &#187; de la Mitidja. Maurice Audin entre &#224; la facult&#233; des Sciences d'Alger en 1949, pour suivre des &#233;tudes en math&#233;matiques et adh&#232;re au Parti communiste alg&#233;rien (PCA) en 1951. Il est nomm&#233; assistant &#224; la Facult&#233; en 1953 et commence une th&#232;se sous la direction du professeur Ren&#233; de Possel, qui le met en contact avec Laurent Schwartz, ancien trotskiste et premier math&#233;maticien fran&#231;ais laur&#233;at de la m&#233;daille Fields.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine, le PCA entretenait des rapports conflictuels avec les ind&#233;pendantistes regroup&#233;s au sein du Parti du peuple alg&#233;rien (PPA) de Messali Hadj. Pour l'historien Charles-Robert Ageron, &#224; l'&#233;poque du Front populaire, &#171; &lt;i&gt; l'anti-imp&#233;rialisme fait place &#224; l'antifascisme&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Revue Vingti&#232;me si&#232;cle, octobre 1986.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; chez les communistes &#8211; qui vont jusqu'&#224; assimiler les messalistes aux fascistes. Cette attitude culmine avec les massacres de mai 1945 dans le Nord-Constantinois, &#224; la suite desquels des communistes d&#233;noncent aux autorit&#233;s coloniales les &#171; &lt;i&gt; agents hitl&#233;riens du PPA &lt;/i&gt; &#187;. Un an plus tard, le PCA met en sourdine son hostilit&#233; &#224; l'&#233;gard du PPA, tandis qu'une nouvelle g&#233;n&#233;ration d'&#233;tudiants communistes fait preuve d'une plus grande audace anticolonialiste.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pouvoirs sp&#233;ciaux et &#171; grande r&#233;pression &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 1954, au lendemain des premiers attentats perp&#233;tr&#233;s par le Front de lib&#233;ration nationale (FLN), le PCA d&#233;nonce la r&#233;pression et se prononce en faveur &#171; &lt;i&gt;d'une solution d&#233;mocratique qui respecterait les int&#233;r&#234;ts de tous les habitants de l'Alg&#233;rie&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;et qui tiendrait compte des int&#233;r&#234;ts de la France&lt;/i&gt; &#187;. Des communistes cherchent &#224; s'engager dans les maquis mais se heurtent parfois aux refus des frontistes. Le PCA d&#233;cide, en juin 1955, de constituer les Combattants de la lib&#233;ration (CDL), avant d'unir ses forces &#224; celles du FLN. L'interdiction du PCA, en septembre 1955, contraint ses dirigeants &#224; la clandestinit&#233;. En mars 1956, d&#233;put&#233;s communistes et socialistes votent les pouvoirs sp&#233;ciaux au gouvernement Guy Mollet &#171; &lt;i&gt;en vue du r&#233;tablissement de l'ordre&lt;/i&gt; &#187; en Alg&#233;rie. Le Garde des Sceaux s'appelle alors Fran&#231;ois Mitterrand, qui avait d&#233;clar&#233; en 1954 : &#171; &lt;i&gt; L'Alg&#233;rie, c'est la France, et la France ne reconna&#238;tra pas chez elle d'autre autorit&#233; que la sienne. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la m&#234;me p&#233;riode, le communiste alg&#233;rois Daniel Timsit fabrique des bombes destin&#233;es aux CDL et au FLN, qui n'h&#233;site pas &#8211; contrairement au Mouvement national alg&#233;rien (MNA) de Messali Hadj &#8211; &#224; cibler les civils europ&#233;ens, surtout apr&#232;s l'attentat pro-Alg&#233;rie fran&#231;aise dans la Casbah, en ao&#251;t 1956. Le cycle attentats-r&#233;pression accentue les tensions et donne lieu &#224; des violences racistes. Daniel Timsit pense alors que le conflit va s'acheminer &#171; &lt;i&gt;vers une guerre raciale, vers l'affrontement des communaut&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Bien apr&#232;s, il &#233;crira : &#171; &lt;i&gt;La fin ne justifie pas les moyens. L'utilisation consciente de moyens immoraux pourrit l'&#226;me, et le cycle infernal continue. Cela je ne l'ai compris que plus tard. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1957, la d&#233;volution de &#171; &lt;i&gt; l'ensemble des pouvoirs de police&lt;/i&gt; &#187; &#224; la division parachutiste du g&#233;n&#233;ral Massu, puis la gr&#232;ve politique des &#171; &lt;i&gt;huit jours&lt;/i&gt; &#187; d&#233;cr&#233;t&#233;e par le FLN marquent le d&#233;but de la &#171; &lt;i&gt;Bataille d'Alger&lt;/i&gt; &#187;, que l'historien Gilbert Meynier d&#233;signe de fa&#231;on plus appropri&#233;e comme la &#171; &lt;i&gt;grande r&#233;pression d'Alger &lt;/i&gt; &#187;. Dans ce contexte marqu&#233; par d'innombrables arrestations, exactions ou destructions, intervient l'enl&#232;vement de Maurice Audin qui a h&#233;berg&#233; Paul Caballero, un responsable communiste recherch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; La recherche de la v&#233;rit&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sa disparition suscite l'&#233;moi au sein du microcosme anticolonialiste qui d&#233;nonce l'usage de la torture. Se met en place le processus de recherche pour la v&#233;rit&#233; d&#233;clench&#233; par son &#233;pouse, Josette, bient&#244;t relay&#233;e par un comit&#233; d'intellectuels, dont Laurent Schwartz qui organise, en d&#233;cembre 1957, une soutenance de th&#232;se &lt;i&gt;in absentia&lt;/i&gt;. Puis, l'historien Pierre Vidal-Naquet lui consacre un livre qui fait date : &lt;i&gt;L'Affaire Audin &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;dition de Minuit, 1958.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Pourtant, le petit milieu n'est pas &#233;pargn&#233; par les controverses, souvent oubli&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, le trotskiste Pierre Lambert &#8211; soutien inconditionnel du MNA &#8211; critique les indignations s&#233;lectives : &#171; &lt;i&gt;La t&#234;te du fellah&lt;/i&gt; [paysan] &lt;i&gt;MNA Harfouchi Mohammed importe-t-elle moins que celles du professeur stalinien Maurice Audin ou de l'&#233;tudiante FLN Djemila&lt;/i&gt; [Bouhired] &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;La V&#233;rit&#233;&lt;/i&gt;, 9 janvier 1958). Et Albert Camus d'&#233;crire dans ses&lt;i&gt; Chroniques alg&#233;riennes&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;dition Gallimard, 1958.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt; Il m'a paru &#224; la fois ind&#233;cent et nuisible de crier contre les tortures en m&#234;me temps que ceux qui ont tr&#232;s bien dig&#233;r&#233; Melouza&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le massacre de Melouza a &#233;t&#233; perp&#233;tr&#233; en 1957 par le FLN contre 374 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;i&gt;ou la mutilation des enfants europ&#233;ens.&lt;/i&gt; &#187; Une position singuli&#232;re au sein de la gauche anticolonialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1962, Josette Audin re&#231;oit la citoyennet&#233; alg&#233;rienne et le nom de son &#233;poux est attribu&#233; &#224; une place d'Alger. Les autorit&#233;s alg&#233;riennes lui reconnaissent le statut de &lt;i&gt;chahid&lt;/i&gt; (martyr) &#224; la fin des ann&#233;es 1980. En France, Josette Audin est faite chevalier de la L&#233;gion d'honneur en juillet 1983, puis re&#231;oit une indemnit&#233; &#224; l'initiative de Robert Badinter, Garde des Sceaux sous Mitterrand. Et si les communistes n'ont jamais cess&#233; d'exiger &#171; &lt;i&gt;justice et v&#233;rit&#233; &lt;/i&gt; &#187;, il semblerait que la r&#233;cente et soudaine reconnaissance &#233;tatique doive davantage &#224; la solidarit&#233; des math&#233;maticiens. En effet, cette cause a &#233;t&#233; port&#233;e par le d&#233;put&#233; LREM C&#233;dric Villani, fils d'enseignants n&#233;s en Alg&#233;rie, laur&#233;at de la m&#233;daille Fields et qui a &#171; &lt;i&gt;d&#233;couvert l'affaire Audin par les math&#233;matiques&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Obs, 15 f&#233;vrier 2018.&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Son cas n'&#233;tait pas isol&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, l'historien Gilles Manceron juge &#171; &lt;i&gt;important de montrer que le cas Maurice Audin n'&#233;tait pas isol&#233; et que des milliers d'Alg&#233;riens ont subi le m&#234;me sort&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;El Watan, 21 septembre 2018.&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. &#192; cet effet, le site internet 1000autres.net a &#233;t&#233; lanc&#233; pour documenter les cas de personnes enlev&#233;es par l'arm&#233;e fran&#231;aise &#224; Alger en 1957. Dans la m&#234;me veine, signalons le travail de l'historienne Malika Rahal &lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texturedutemps.hypotheses.org, 29 ao&#251;t 2017.&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; qui a &#233;tudi&#233; le combat des familles alg&#233;riennes pour retrouver la trace de leurs disparus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les tortures et les disparitions n'ont pas cess&#233; avec l'ind&#233;pendance. La &#171; guerre civile &#187; des ann&#233;es 1990 a connu son lot d'atrocit&#233;s qui ont emp&#234;ch&#233; les partisans sinc&#232;res de l'&#233;mancipation de s'aligner sur l'un ou l'autre des deux camps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, &#224; la faveur de la d&#233;cision de Macron, la centralit&#233; de la question alg&#233;rienne en France est &#224; nouveau soulign&#233;e, la probl&#233;matique coloniale n'a pas fini de s'inviter dans le d&#233;bat alors que la Kanaky va se prononcer bient&#244;t sur son ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nedjib Sidi Moussa&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Merci-colon' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Mines antipersonnel en Alg&#233;rie : merci colon !&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Pendant la guerre d'ind&#233;pendance alg&#233;rienne, l'arm&#233;e fran&#231;aise a truff&#233; le pays de millions de mines. Puis elle a attendu 45 ans avant de partager ses cartes des zones pi&#233;g&#233;es. Depuis 1962, les victimes se comptent par milliers. Et ce n'est sans doute pas termin&#233;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Revue &lt;i&gt;Vingti&#232;me si&#232;cle&lt;/i&gt;, octobre 1986.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;dition de Minuit, 1958.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;dition Gallimard, 1958.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le massacre de Melouza a &#233;t&#233; perp&#233;tr&#233; en 1957 par le FLN contre 374 villageois pro-MNA.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Obs&lt;/i&gt;, 15 f&#233;vrier 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;El Watan&lt;/i&gt;, 21 septembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Texturedutemps.hypotheses.org, 29 ao&#251;t 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alg&#233;rie, octobre 2017. Rencontres autour du roman national, de la doxa et des dissidences.</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Algerie-octobre-2017-Rencontres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Algerie-octobre-2017-Rencontres</guid>
		<dc:date>2018-01-06T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjib Sidi Moussa</dc:creator>


		<dc:subject>une1_sommaire</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Azenstarck</dc:subject>
		<dc:subject>mouvement</dc:subject>
		<dc:subject>octobre</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;publique</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;publique alg&#233;rienne</dc:subject>
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		<dc:subject>passeport biom&#233;trique</dc:subject>
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		<dc:subject>retrouver l'atmosph&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Daho Djerbal</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le dossier de janvier, en kiosque &#224; partir de vendredi 5 janvier, CQFD s'aventure sur le terrain min&#233; de &#171; l'histoire comme champ de bataille &#187;, o&#249; se pose la r&#233;sistance d'une &#171; histoire par le bas &#187; face aux tentatives de nous faire avaler tout cru du r&#233;cit national. Voici un article exclusif de ce dossier pour la version num&#233;rique de CQFD ! A&#768; l'occasion d'un voyage en Alge&#769;rie, l'historien Nedjib Sidi Moussa nous renvoie les e&#769;chos des de&#769;bats a&#768; fleur de peau sur l'histoire et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no161-janvier-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;161 (janvier 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une1_sommaire" rel="tag"&gt;une1_sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Georges-Azenstarck" rel="tag"&gt;Georges Azenstarck&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement" rel="tag"&gt;mouvement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/octobre" rel="tag"&gt;octobre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Republique" rel="tag"&gt;R&#233;publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Republique-algerienne" rel="tag"&gt;R&#233;publique alg&#233;rienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/nouveau-passeport" rel="tag"&gt;nouveau passeport&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/passeport-biometrique" rel="tag"&gt;passeport biom&#233;trique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/raison" rel="tag"&gt;raison&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/appartient" rel="tag"&gt;appartient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/retrouver-l-atmosphere" rel="tag"&gt;retrouver l'atmosph&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Daho-Djerbal" rel="tag"&gt;Daho Djerbal&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton1904-c7d8a.jpg?1768907677' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le dossier de janvier, en kiosque &#224; partir de vendredi 5 janvier,&lt;i&gt; CQFD&lt;/i&gt; s'aventure sur le terrain min&#233; de &#171; l'histoire comme champ de bataille &#187;, o&#249; se pose la r&#233;sistance d'une &#171; histoire par le bas &#187; face aux tentatives de nous faire avaler tout cru du r&#233;cit national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici un article exclusif de ce dossier pour la version num&#233;rique de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A&#768; l'occasion d'un voyage en Alge&#769;rie, l'historien Nedjib Sidi Moussa&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Auteur de La Fabrique du Musulman, &#233;ditions Libertalia, 2017.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; nous renvoie les e&#769;chos des de&#769;bats a&#768; fleur de peau sur l'histoire et les me&#769;moires alge&#769;riennes postcoloniales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mon nouveau passeport biom&#233;trique en poche, je pouvais enfin retrouver l'atmosph&#232;re de la R&#233;publique alg&#233;rienne d&#233;mocratique et populaire (RADP) qui commen&#231;ait &#224; s&#233;rieusement me manquer. En effet, l'ambiance des consulats &#8211; qui a &#233;norm&#233;ment chang&#233; ces derniers mois en raison de la modernisation de l'appareil bureaucratique &#8211; mettait &#224; rude &#233;preuve ma phobie administrative. En bon enfant d'exil&#233;s, il me fallait revoir en priorit&#233; ma famille &#233;largie, sans oublier les amis, coll&#232;gues et camarades rencontr&#233;s durant mes ann&#233;es de th&#232;se. En bon universitaire pr&#233;caire, je refusais toutefois l'id&#233;e de me rapprocher de mon pr&#233;c&#233;dent terrain de recherche sans statut ni salaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Probl&#232;me : je restais un descendant de partisans de Messali Hadj&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le courant messaliste fut marginalis&#233; au sein du mouvement de lib&#233;ration (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et je devais s&#233;journer dans l'un des derniers bastions de son Mouvement national alg&#233;rien (MNA) &#8211; accessoirement le village de ma m&#232;re... Ainsi, &#224; peine avais-je foul&#233; le sol de la RADP qu'un grand-oncle me proposait, entre deux accolades, de voyager &#224; travers le pays pr&#233;natal pour retrouver des s&#233;pultures de combattants MNA, aller &#224; Tlemcen me recueillir sur la tombe du pionnier du nationalisme r&#233;volutionnaire ou visiter Melouza-Beni Illemane o&#249; fut perp&#233;tr&#233; un massacre antimessaliste, en 1957, par une unit&#233; se r&#233;clamant du FLN. J'imaginais des retrouvailles plus joyeuses et je dus refuser, faute de temps, car d'autres tombes attendaient mes larmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on n'&#233;chappe pas &#224; son histoire, surtout dans le &#171; &lt;i&gt;pays le plus myst&#233;rieux au monde&lt;/i&gt; &#187; d'apr&#232;s une r&#233;cente couverture de l'hebdomadaire fran&#231;ais &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; (sic).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un 17 octobre &#224; l'envers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hakim Addad, un militant antiraciste ancr&#233; &#224; gauche et fondateur du Rassemblement actions jeunesse (&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/RajAlgerie/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;RAJ&lt;/a&gt;), nourrissait d'autres ambitions me concernant. En effet, par un hasard du calendrier, mon arriv&#233;e &#224; Alger co&#239;ncidait avec la comm&#233;moration de la r&#233;pression sanglante des manifestations nationalistes du 17 octobre 1961 par la police parisienne [photo]. Malheureusement, je ne me voyais pas du tout donner une conf&#233;rence publique sur cet &#233;pisode dramatique. Et cela pour une raison tr&#232;s simple : il m'aurait fallu me plonger dans quelques ouvrages de r&#233;f&#233;rence que je n'avais plus sous la main. En revanche, je me d&#233;clarais disponible pour animer une discussion apr&#232;s la projection d'un documentaire, d'autant que j'&#233;tais ravi de rencontrer des militants alg&#233;rois, jeunes ou moins jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1965 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;85&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-255.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH393/-255-baef0.jpg?1768907677' width='500' height='393' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Manifestation du 17 octobre 1961. Photo de Georges Azenstarck.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Georges Azenstarck
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;v&#233;nement se d&#233;roula au &lt;a href=&#034;https://lesous-marin.jimdo.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sous-Marin&lt;/a&gt;, un des trop rares espaces &#224; Alger o&#249; il est encore possible d'organiser des manifestations culturelles ou politiques dans un cadre non &#233;tatique. Son ouverture doit beaucoup &#224; l'&#233;nergie d&#233;ploy&#233;e par Kader Fares Affak, acteur (on pouvait le voir dans &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=JItXNh2sHcU&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Bienheureux&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; ou le chef-d'&#339;uvre &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=R0e2isP22OE&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Inland&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;) et militant du Mouvement d&#233;mocratique et social (&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/MouvementDemocratiqueSocial/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;MDS&lt;/a&gt;), une organisation issue du Parti de l'avant-garde socialiste (PAGS), qui met &#224; disposition une partie de son local. Les interventions d&#233;but&#232;rent sur un ton tr&#232;s patriotique, charg&#233; d'&#233;motion, en rendant hommage aux martyrs et combattants de l'ind&#233;pendance. En accord avec Hakim Addad, je d&#233;cidai d'orienter la discussion sur les enjeux contemporains du 17 octobre, qui, en Alg&#233;rie, correspond &#224; la &#171; Journ&#233;e nationale de l'&#233;migration &#187; comme le rappelaient quelques affiches appos&#233;es sur les murs de la capitale. Le journal &lt;i&gt;El Watan&lt;/i&gt;, un quotidien francophone influent du pays, consacrait une pleine page &#224; la r&#233;pression du 17 octobre 1961 mais uniquement &#224; travers la probl&#233;matique de la reconnaissance d'un crime d'&#201;tat par les autorit&#233;s fran&#231;aises, rejoignant en cela une certaine doxa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part, je pr&#233;f&#233;rais souligner que l'engagement anticolonialiste de l'&#233;migration ouvri&#232;re ne pouvait &#234;tre r&#233;duit &#224; cette date. Que faisait-on de la cr&#233;ation de l'&#201;toile nord-africaine (ENA) &#224; Paris en 1926 ou de celle du Parti du peuple alg&#233;rien (PPA) &#224; Nanterre le 11 mars 1937 ? Par ailleurs, les militants du Mouvement pour le triomphe des libert&#233;s d&#233;mocratiques (MTLD) &#8211; autre appellation du parti messaliste &#8211; s'&#233;taient d&#233;j&#224; confront&#233;s &#224; la police parisienne, notamment lors de la manifestation du 14 juillet 1953 qui se solda par sept mort et des dizaines de bless&#233;s, ainsi que le mentionne l'auteur et r&#233;alisateur Daniel Kupferstein dans &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Les_balles_du_14_juillet_1953-9782707194114.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les balles du 14 juillet 1953&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Enfin, &#233;tait-il possible de soulever la question de la r&#233;pression et du racisme au-del&#224; du moment colonial ? J'avais en t&#234;te la r&#233;pression des &#233;meutes d'octobre 1988 ou du Printemps noir de Kabylie en 2001 ainsi que, plus pr&#232;s de nous, les rafles de migrants subsahariens suivies d'expulsions qui scandalisaient les militants antiracistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;change se poursuivit, sans tabou, avec franchise et courtoisie, tandis qu'un clivage semblait se faire jour. Les uns, notamment les plus jeunes, estimaient que les autorit&#233;s fran&#231;aises devaient, en raison de la colonisation et ses crimes, faire un geste symbolique sous forme d'excuses, de r&#233;paration ou de repentance. Les autres, surtout les plus exp&#233;riment&#233;s, estimaient que le peuple alg&#233;rien avait d&#233;fait le colonialisme et qu'il n'y avait donc rien &#224; demander &#224; l'&#201;tat fran&#231;ais. La lutte sociale et politique devait d&#233;sormais se mener en opposition aux institutions locales et dans un esprit internationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'historien, le salon du livre et le boycott&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre rendez-vous pris, comme &#224; chacun de mes passages &#224; Alger, avec Daho Djerbal, enseignant &#224; l'universit&#233; et directeur de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-naqd.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Naqd&lt;/a&gt;,&lt;/i&gt; l'une des tr&#232;s rares &#8211; si ce n'est la seule &#8211; revue critique du paysage &#233;ditorial national. L'historien me re&#231;ut dans son bureau provisoire pr&#234;t&#233; par une avocate amie. Nous abord&#226;mes de nombreux sujets, notamment les questions relatives aux enjeux de l'&#233;criture de l'histoire du mouvement ind&#233;pendantiste et de la r&#233;volution coloniale. Notre conversation me rem&#233;morait les propos &#233;chang&#233;s avec un universitaire oranais au sujet de la pr&#233;gnance, chez de nombreux &#233;tudiants, d'un r&#233;cit historique id&#233;alisant l'action de l'association des Oul&#233;mas (savants religieux) et de ses fondateurs comme Abdelhamid Ben Badis &#8211; qui valorisaient l'arabit&#233; et l'islamit&#233; dans le cadre colonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On me raconta d'ailleurs le choc de certains &#233;tudiants quand ils d&#233;couvraient les textes plut&#244;t mod&#233;r&#233;s de ce courant compar&#233;s &#224; la radicalit&#233; des positions de l'ENA ou du PPA de Messali, longtemps occult&#233; apr&#232;s 1962. Cons&#233;quence de la bigoterie ambiante et du recul du mat&#233;rialisme, l'&#233;pop&#233;e ind&#233;pendantiste serait d'ailleurs revisit&#233;e chez certains jeunes &#224; travers un prisme &#233;troitement religieux : les nationalistes ne se seraient donc plus battus contre les injustices du syst&#232;me mais pour le triomphe de l'islam&#8230; D'autre part, nombre de ces &#233;tudiants issus de couches sociales plus diversifi&#233;es en raison de la massification de l'enseignement seraient d&#233;sormais monolingues (arabophones), rompant progressivement avec un bilinguisme, voire le trilinguisme pour les berb&#233;rophones. Ce qui pourrait &#234;tre compris comme un processus logique, pose en r&#233;alit&#233; le probl&#232;me de la capacit&#233; des futurs historiens &#224; travailler directement sur des documents dans une autre langue que l'arabe pour la s&#233;quence 1830-1962, voire au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un autre plan, Daho Djerbal s'&#233;tait trouv&#233; malgr&#233; lui sous les feux de l'actualit&#233; apr&#232;s avoir &#233;t&#233; d&#233;sinvit&#233; par les organisateurs du tr&#232;s officiel et n&#233;anmoins tr&#232;s populaire Salon international du livre d'Alger (SILA). Dans un premier temps, il fut sollicit&#233; pour participer &#224; la rituelle rencontre programm&#233;e le 1er novembre &#8211; date anniversaire du d&#233;clenchement de la lutte arm&#233;e contre le colonialisme fran&#231;ais en 1954 &#8211; et intitul&#233;e &#171; Autopsie du colonialisme &#187;, notamment aux c&#244;t&#233;s de l'universitaire fran&#231;ais Olivier Le Cour Grandmaison. Mais, le 10 octobre, Daho se vit signifier par t&#233;l&#233;phone qu'il n'&#233;tait plus le bienvenu en raison d'un texte politique publi&#233; dans la presse le mois pr&#233;c&#233;dent. Avec d'autres intellectuels alg&#233;riens comme le sociologue A&#239;ssa Kadri, il avait sign&#233; &lt;a href=&#034;http://www.algeria-watch.org/fr/article/pol/bouteflika_4/appel_universitaires.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un appel&lt;/a&gt; pour l'organisation d'une &#233;lection pr&#233;sidentielle anticip&#233;e, d'une p&#233;riode de transition et d'une assembl&#233;e constituante partant du constat que &#171; &lt;i&gt;le processus de d&#233;liquescence de l'Etat alg&#233;rien&lt;/i&gt; [&#233;tait] &lt;i&gt;bien avanc&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Suite &#224; cette censure, les deux universitaires alg&#233;riens d&#233;nonc&#232;rent, dans &lt;a href=&#034;http://www.algerie-focus.com/2017/10/sila-2017-intellectuels-ayant-reclame-lapplication-de-larticle-102-interdits-de-salon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un communiqu&#233;&lt;/a&gt; relay&#233; par la presse, une &#171; &lt;i&gt;vengeance de bas &#233;tage&lt;/i&gt; &#187;. Cette interdiction suscita l'indignation dans les milieux intellectuels et militants de l'opposition. Elle re&#231;ut m&#234;me un &#233;cho international dans la mesure o&#249; Olivier Le Cour Grandmaison fit conna&#238;tre son refus de se d&#233;placer en solidarit&#233; avec ses confr&#232;res alg&#233;riens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affaire co&#239;ncida avec une autre initiative, &#233;manant de la journaliste et romanci&#232;re Sarah Haidar, auteure de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/La-Morsure-Du-Coquelicot-1668990463321477/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Morsure du coquelicot&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; et qui lan&#231;a, fin septembre, &lt;a href=&#034;https://www.change.org/p/%C3%A9diteurs-appel-au-boycott-du-22e-sila?recruiter=741800911&amp;utm_source=share_petition&amp;utm_medium=email&amp;utm_campaign=psf_combo_share_message.combo_new_control_progress_bar&amp;utm_term=share_petition&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une p&#233;tition&lt;/a&gt;f&#233;ministe et anticl&#233;ricale appelant au boycott du SILA en raison des propos tenus par le commissaire de l'&#233;v&#233;nement, Hamidou Messaoudi. Usant d'un humour des plus douteux, ce dernier avait soulign&#233; l'&#171; &lt;i&gt; utilit&#233; &lt;/i&gt; &#187; de la brochure intitul&#233;e &lt;i&gt;Comment battre sa femme&lt;/i&gt;. Le microcosme progressiste se partageait depuis entre boycott total, retrait des activit&#233;s officielles et participation aux seules initiatives des &#233;diteurs en raison de leurs difficult&#233;s financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La transgression des journalistes, romanciers et po&#232;tes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour au Sous-Marin, le 26 octobre, je revis quelques visages d&#233;sormais familiers comme Kader Fares Affak, Sarah Haidar et Adl&#232;ne Meddi, journaliste et romancier. Cet espace accueillait, dans un cadre chaleureux, un SILA alternatif inaugur&#233; par les po&#232;mes de Sihem Benniche et &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=dwHEJVj9GXU&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une conf&#233;rence&lt;/a&gt; sur la transgression en litt&#233;rature. Adl&#232;ne Meddi y d&#233;clara : &#171; &lt;i&gt;La premi&#232;re transgression dans la soci&#233;t&#233; o&#249; nous sommes, c'est d'&#234;tre soi-m&#234;me et se r&#233;approprier quelque chose dont on nous a toujours expliqu&#233; que &#231;a ne nous appartient pas. Notre corps ne nous appartient pas. Il appartient &#224; dieu, il appartient au wali, il appartient &#224; l'&#201;tat, il appartient au p&#232;re, &#224; la m&#232;re, &#224; la famille, &#224; la tradition. Notre corps ne nous appartient pas. &lt;/i&gt; &#187; &#202;tre transgressif dans l'Alg&#233;rie d'octobre 2017, c'est donc se r&#233;approprier son corps mais aussi l'espace public et son histoire &#233;crite par d'autres. Avec &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editions-barzakh.com/catalogue/1994&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1994&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, l'&#233;crivain raconte le climat des ann&#233;es 1990 &#224; El-Harrach, une ville populaire de la banlieue alg&#233;roise. Dans cette autofiction se t&#233;lescopent les ranc&#339;urs h&#233;rit&#233;es du combat ind&#233;pendantiste et les horreurs de la lutte antiterroriste. C'est le r&#233;cit de sa g&#233;n&#233;ration qui n'a pas connu le colonialisme fran&#231;ais mais le socialisme bureaucratique et l'h&#233;g&#233;monie islamiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une nouvelle page de l'histoire &#224; &#233;crire &#224; l'heure de l'omnipr&#233;sence des h&#233;rauts du capitalisme, de l'envahissement des t&#233;l&#233;phones portables et de la disparition des journaux de papier. Mais tant que 1871 demeure associ&#233;e &#224; la Commune de Paris et &#224; l'insurrection de Kabylie, tant que Guy Debord et &lt;a href=&#034;https://www.revue-ballast.fr/mohamed-sail-maitre-valet/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mohamed Sa&#239;l&lt;/a&gt; restent dans les t&#234;tes d'une poign&#233;e de r&#233;volt&#233;s, alors &#171; &lt;i&gt;mazal kayene l'espoir&lt;/i&gt; &#187; comme le chantait &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=BEvNDAGe62o&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cheb Hasni&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Auteur de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://editionslibertalia.com/catalogue/poche/la-fabrique-du-musulman&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Fabrique du Musulman&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, &#233;ditions Libertalia, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le courant messaliste fut marginalis&#233; au sein du mouvement de lib&#233;ration apr&#232;s une sanglante lutte fratricide durant laquelle l'h&#233;g&#233;monie du FLN s'est impos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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