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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#192; la S&#233;cu, la d&#233;mocratie sociale &#224; genoux</title>
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		<dc:creator>Augustin Marcader</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Vieux r&#234;ve solidaire, la S&#233;cu a &#233;t&#233; pens&#233;e par le Conseil national de la R&#233;sistance comme un outil cens&#233; guider vers plus de d&#233;mocratie sociale. Apr&#232;s plusieurs contre-r&#233;formes et une brutale reprise en main &#233;tatique, le r&#233;veil ne cesse d'&#234;tre douloureux. *** Il est l&#224; debout, face &#224; moi. Visage &#224; la fois grave et amus&#233;. Il a ramass&#233; son poing sur son front et seuls son index et son auriculaire pointent comme des dards. Des cornes plut&#244;t. Celles du diable. Il vient de terminer son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no154-mai-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;154 (mai 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Macron" rel="tag"&gt;Macron&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/democratie-sociale" rel="tag"&gt;d&#233;mocratie sociale&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rothschild" rel="tag"&gt;Rothschild&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vieux r&#234;ve solidaire, la S&#233;cu a &#233;t&#233; pens&#233;e par le Conseil national de la R&#233;sistance comme un outil cens&#233; guider vers plus de d&#233;mocratie sociale. Apr&#232;s plusieurs contre-r&#233;formes et une brutale reprise en main &#233;tatique, le r&#233;veil ne cesse d'&#234;tre douloureux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2744 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH517/-1001-35af5.jpg?1768648995' width='400' height='517' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il est l&#224; debout, face &#224; moi.&lt;/strong&gt; Visage &#224; la fois grave et amus&#233;. Il a ramass&#233; son poing sur son front et seuls son index et son auriculaire pointent comme des dards. Des cornes plut&#244;t. Celles du diable. Il vient de terminer son impeccable d&#233;monstration : Macron et ses r&#233;seaux. Macron et son sponsor juif Rothschild. Macron et sa soufri&#232;re sataniste. Mon coll&#232;gue lit beaucoup de textes sur Internet parce que les m&#233;dias traditionnels &#171; &lt;i&gt;ne nous disent pas tout &lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Tu sais que Macron a travaill&#233; pour Rothschild ? Tu connais le nom de la soci&#233;t&#233; ? &lt;/i&gt; &#187; Je fais mine d'h&#233;siter. Quand Thierry&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a cette mine-l&#224;, je sais qu'il est sur le point de d&#233;coller vers des apesanteurs complotistes. Il prend un papier et &#233;crit &#171; La Compagnie Financi&#232;re Rothschild &#187;. &#171; &lt;i&gt;Tu ne remarques rien ? &lt;/i&gt; &#187; questionne-t-il. Je fais semblant de r&#233;fl&#233;chir. Je n'ai aucun moyen de fuir ; nous sommes seuls dans le burlingue ce matin-l&#224;. Il finit par entourer les premi&#232;res consonnes des quatre mots. LCFR. Soudain, je pige mais un accablant sentiment de consternation m'emp&#234;che de r&#233;agir. &#171; &lt;i&gt;LCFR. Lucifer. C'est peut-&#234;tre juste une co&#239;ncidence... &lt;/i&gt; &#187;, conclut Thierry avec un sourire complice. L'espace d'un instant je revois cette sc&#232;ne dans &lt;i&gt;Angel Heart &lt;/i&gt;o&#249; Mickey Rourke comprend que De Niro, alias Louis Cypher, est le diable. Mais je ne suis pas dans un film d'Alan Parker. Je suis au turbin. &#192; la S&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Solange est d'accord avec Thierry sur un point : on ne nous dit pas tout.&lt;/strong&gt; Quand le staff est au complet dans le bureau et que les discussions d&#233;rivent vers la fournaise &#233;lectoraliste, c'est le mantra qui revient le plus souvent. Le mensonge des puissants. La manipulation des partis. Le secret des hauts-lieux. Solange a plac&#233; tous ses espoirs dans &#171; La Blonde &#187;. Elle nomme la Le Pen &#224; demi-mot, de peur de se faire taxer de raciste alors qu'elle a juste peur des islamistes. Solange redoute l'invasion. Un jour elle me confie sa crainte : &#171; &lt;i&gt;Si &#231;a continue, on va vous obliger &#224; porter la djellaba. &lt;/i&gt; &#187; &#192; la cantoche, changement de musique. L'entre-deux tours a r&#233;veill&#233; les ardeurs r&#233;publicaines. Chacun y va de son petit la&#239;us. Il faut faire barrage au FN. Sauver la d&#233;mocratie. Et puis finalement, le Macron, il a de l'allure. Il est assez bel homme par rapport &#224; l'autre endive qui nous gouverne... Et toi Augustin, tu vas aller voter j'esp&#232;re ? Je plonge le nez dans mon assiette de p&#226;tes au pesto. Esquive, attaque frontale ? Je me t&#226;te. Le micro-ondes sonne. Je l&#226;che, laconique : &#171; &lt;i&gt;Moi, je ne vote pas. &lt;/i&gt; &#187; Julie &#233;carquille les yeux. Le morceau d'endive (la chicor&#233;e, pas l'ancien maire de Tulle) piqu&#233; au bout de sa fourchette s'arr&#234;te &#224; quelques centim&#232;tres de sa bouche. Elle affiche une moue d'instit' et me fait la le&#231;on. Avec son mari et sa fille tout juste majeure, ils ont &#233;tudi&#233; toutes les professions de foi. Un vrai d&#233;bat d&#233;mocratique des familles. Ils n'&#233;taient pas toujours d'accord mais ont pass&#233; au crible les propositions des uns et des autres. Autour de la table, les coll&#232;gues acquiescent gravement. J'h&#233;site &#224; pousser le d&#233;bat un peu plus loin que ces lieux communs citoyennistes mais l'aiguillon de la pointeuse se rappelle &#224; moi. En tant que salari&#233;s de la S&#233;cu, il aurait peut-&#234;tre &#233;t&#233; judicieux de faire d&#233;river la discussion de la foire &#233;lectorale vers le noyau originel de notre institution par exemple. Rappeler qu'au moment o&#249; l'id&#233;e d'une S&#233;curit&#233; sociale est foment&#233;e dans quelque maquis en 1944, la chose doit rimer avec d&#233;mocratie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au c&#339;ur du programme du Conseil national de la R&#233;sistance&lt;/strong&gt;, &#171; &lt;i&gt;l'instauration d'une v&#233;ritable d&#233;mocratie &#233;conomique et sociale, impliquant l'&#233;viction des grandes f&#233;odalit&#233;s &#233;conomiques et financi&#232;res de la direction de l'&#233;conomie &lt;/i&gt; &#187; est brandi comme horizon ind&#233;passable pour garantir le succ&#232;s des r&#233;formes &#224; venir. Plus loin, on trouvera la mention d'un &#171; &lt;i&gt;plan complet de s&#233;curit&#233; sociale, visant &#224; assurer &#224; tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas o&#249; ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux repr&#233;sentants des int&#233;ress&#233;s et de l'&#201;tat &lt;/i&gt; &#187;. L'ordre des mots a son importance : d'abord les int&#233;ress&#233;s, les travailleuses et les travailleurs en l'occurrence, ensuite les technocrates. La d&#233;mocratie sociale se campe sur deux guibolles solidement arrim&#233;es : la solidarit&#233; (chacun cotise en fonction de ses moyens et re&#231;oit selon ses besoins) et la gestion des caisses aux mains des salari&#233;s. Roul&#233; dans le goudron et les plumes de la collaboration, le patronat fait office de valetaille &#171; &lt;i&gt;puisqu'il se trouve contraint de participer &lt;/i&gt;[au] &lt;i&gt;financement &lt;/i&gt;[de la S&#233;curit&#233; sociale] &lt;i&gt;par le biais des cotisations patronales et qu'il est cantonn&#233; &#224; un r&#244;le mineur dans sa gestion, les syndicats de salari&#233;s s'&#233;tant vu confier 75% des si&#232;ges dans les conseils d'administration. &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Citoyens r&#233;sistants d'hier et d'aujourd'hui. Les Jours heureux, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187; Les patrons qui raquent et les prolos qui g&#232;rent : on s'offrirait un hologramme de M&#233;luche dans le salon pour moins que &#231;a ! Un vrai monde &#224; l'envers qu'une oukase pompidolienne se targue de remettre &#224; l'endroit en 1967 : le paritarisme impose d&#233;sormais un partage &#233;quitable des conseils d'administration entre employeurs et salari&#233;s. Un an avant les pav&#233;s sous la plage, mai 67 voit se former des cort&#232;ges bien maousses de syndicalistes et autre canaille gauchisante d&#233;non&#231;ant les &#171; pleins pouvoirs &#187; de Pompidou &#8211; la sourcilleuse crapule l&#233;gif&#232;re par ordonnances &#8211; et le d&#233;mant&#232;lement de la S&#233;curit&#233; sociale. D&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un demi-si&#232;cle apr&#232;s, que reste-t-il de ces vingt ann&#233;es d'exp&#233;rimentation de d&#233;mocratie sociale ?&lt;/strong&gt; Rien. Au sein des organismes de S&#233;cu, ces deux d&#233;cennies de gestion des caisses par les travailleurs eux-m&#234;mes au sortir de la Seconde Guerre mondiale ont laiss&#233; autant de traces qu'une chiure de mouche sur un pare-brise. Balay&#233; ce vieux r&#234;ve d'autonomie. Apr&#232;s maintes r&#233;formes, le pouvoir a r&#233;ussi &#224; transformer un projet humaniste partiellement autog&#233;r&#233; en une baudruche kafka&#239;enne en d&#233;ficit permanent. Aujourd'hui, l'&#201;tat fixe la feuille de route des branches de la S&#233;cu via les conventions d'objectif et de gestion et le Parlement fait office de grand argentier en pondant des lois de financement toujours plus drastiques. Quant aux dirlos des caisses, pass&#233;s par le formatage de l'&#201;cole nationale sup&#233;rieure de S&#233;curit&#233; sociale, ils se comportent comme autant de roitelets, libres de g&#233;rer leurs agents selon leur bon vouloir. Qu'ils soient directifs ou participatifs, les n&#233;o-managements du moment ne sont que la poursuite de ce vieux sch&#233;ma autoritaire : celui d'une verticalit&#233; absolue du pouvoir. &#192; la S&#233;cu, comme dans toute autre sph&#232;re du travail salari&#233;, les vertus d&#233;mocratiques n'ont jamais r&#233;ussi &#224; passer les fourches caudines des entr&#233;es du personnel. Ici, la hi&#233;rarchie p&#232;se de tout son poids. La peur ou de mesquines ambitions sont l&#224; pour faire courber les &#233;chines et chuchoter porte ferm&#233;e. Peur de la stagnation salariale, de la mise au placard. &#192; pas feutr&#233;s, le harc&#232;lement a pris ses marques. R&#233;cemment c'est un m&#233;decin-conseil, en conflit avec sa hi&#233;rarchie, qui se confiait : &#171; &lt;i&gt;J'ai du mal &#224; dormir. Pour la premi&#232;re fois, j'ai d&#251; consulter. C'est &#231;a ou alors j'explose en vol. &lt;/i&gt; &#187; Quelques jours auparavant, le chef l'avait gaillardement &#233;trill&#233; lors d'une r&#233;union de travail. Alors qu'il essayait de se justifier, la parole lui avait &#233;t&#233; sommairement coup&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Point suivant s'il vous pla&#238;t. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2745 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH554/-1002-41089.jpg?1768656691' width='400' height='554' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;154 de CQFD, illustr&#233;e par C&#233;cile K.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour parfaire cette d&#233;shumanisation de la S&#233;cu&lt;/strong&gt;, pour en faire un organisme aussi peu d&#233;mocratique dans son fonctionnement interne que dans son rapport &#224; la population, la fixette comptable fut parfaite. Vous n'&#234;tes plus au service des assur&#233;s sociaux &#224; partir du moment o&#249; seuls les chiffres comptent. Vous n'&#234;tes plus un service public &#224; partir du moment o&#249; les malades disparaissent derri&#232;re des colonnes d'indicateurs. Interrog&#233;e dans les pages de &lt;i&gt;L'Humanit&#233; &lt;/i&gt;sur le naufrage de la d&#233;mocratie sociale, L&#233;onora Tr&#233;hel, pr&#233;sidente de la Mutuelle familiale, avait ces mots pour redonner barre au peuple : &#171; &lt;i&gt;Il conviendrait &#224; mon sens de repenser la gestion d&#233;mocratique en commen&#231;ant d&#233;j&#224; par r&#233;tablir l'&#233;lection d'administrateurs disposant de r&#233;els pouvoirs et une repr&#233;sentation du mouvement social telle que les syndicats, les mutuelles, les associations avec, pourquoi pas, aussi, une repr&#233;sentation directe des assur&#233;s sociaux sous une forme &#224; d&#233;finir&lt;/i&gt;.&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#192; qui doit revenir la gestion de la S&#233;curit&#233; sociale ? &#187;, Humanite.fr, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187; Destituer cette arrogante technocratie comptable et restituer du pouvoir aux premiers concern&#233;s : le programme des maquisards de 44 n'a pas pris une ride. Apr&#232;s les urnes, citoyens, les armes ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Augustin Marcader&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Citoyens r&#233;sistants d'hier et d'aujourd'hui. Les Jours heureux&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/qui-doit-revenir-la-gestion-de-la-securite-sociale-603144&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; qui doit revenir la gestion de la S&#233;curit&#233; sociale ?&lt;/a&gt; &#187;, Humanite.fr, 29/03/2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Novlangue : Je parle donc tu suis</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Novlangue-Je-parle-donc-tu-suis</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Augustin Marcader</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Bruno Bartkowiak</dc:subject>
		<dc:subject>n'a</dc:subject>
		<dc:subject>surplombe madame</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;decin</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;cu n'a</dc:subject>
		<dc:subject>langage</dc:subject>
		<dc:subject>langage administratif</dc:subject>
		<dc:subject>m&#232;re n'a</dc:subject>
		<dc:subject>pharmacie n'a</dc:subject>
		<dc:subject>l'accueil</dc:subject>
		<dc:subject>madame</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir tenu la chronique Je vous &#233;cris du bureau dans feu le journal Article11]. Fichu dans les cheveux et le sourire placide, elle veut comprendre pourquoi sa m&#232;re n'a pas droit &#224; ses m&#233;dicaments alors qu'elle part le lendemain pour le Maroc pour une dur&#233;e de trois mois : &#171; Il lui manque juste l'insuline, la pharmacie n'a pas voulu lui donner. &#187; &#192; mes c&#244;t&#233;s, l'agent d'accueil lui explique encore et encore que le pharmacien-conseil a rendu un &#171; avis technique impossible &#187;. De quoi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no145-juillet-aout-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;145 (juillet-ao&#251;t 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bruno-Bartkowiak" rel="tag"&gt;Bruno Bartkowiak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-a" rel="tag"&gt;n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/surplombe-madame" rel="tag"&gt;surplombe madame&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/medecin" rel="tag"&gt;m&#233;decin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Secu-n-a" rel="tag"&gt;S&#233;cu n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/langage" rel="tag"&gt;langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/langage-administratif" rel="tag"&gt;langage administratif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mere-n-a" rel="tag"&gt;m&#232;re n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pharmacie-n-a" rel="tag"&gt;pharmacie n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-accueil" rel="tag"&gt;l'accueil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/madame" rel="tag"&gt;madame&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir tenu la chronique Je vous &#233;cris du bureau dans feu le journal &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.article11.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Article11&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Augustin Marcader, employ&#233; &#224; la S&#233;cu, revient ici sur l'aspect langagier de son institution. La communication est une arme comme les autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Derri&#232;re la banque de l'accueil, je surplombe madame Bouallala&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Fichu dans les cheveux et le sourire placide, elle veut comprendre pourquoi sa m&#232;re n'a pas droit &#224; ses m&#233;dicaments alors qu'elle part le lendemain pour le Maroc pour une dur&#233;e de trois mois : &#171; &lt;i&gt;Il lui manque juste l'insuline, la pharmacie n'a pas voulu lui donner.&lt;/i&gt; &#187; &#192; mes c&#244;t&#233;s, l'agent d'accueil lui explique encore et encore que le pharmacien-conseil a rendu un &#171; &lt;i&gt;avis technique impossible&lt;/i&gt; &#187;. De quoi calmer son monde, non ? Dans l'intimit&#233; de nos burlingues, on dit ATI. En gros &#231;a veut dire que le m&#233;decin ou le pharmacien de la S&#233;cu n'a pas pu se prononcer sur une demande de prestation (il botte en touche quoi) car il lui manquait des informations. En l'occurrence, le m&#233;decin avait oubli&#233; d'apposer sur l'ordonnance la mention : &#171; Traitement pour trois mois &#8211; &#192; d&#233;livrer en une fois. &#187; Sans ce pr&#233;cieux s&#233;same, l'assur&#233;e diab&#233;tique &#233;tait condamn&#233;e &#224; partir avec un mois de traitement au lieu des trois demand&#233;s. Je d&#233;crypte l'ATI &#224; l'assur&#233;e dans un langage compr&#233;hensible du commun des mortels et r&#232;gle le probl&#232;me de la dame.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2434 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH240/-700-73533.jpg?1768650996' width='400' height='240' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Bruno Bartkowiak.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour qui s'est d&#233;j&#224; plong&#233; dans le jargon imbitable d'une instance administrative, la le&#231;on est claire : l'exercice d'un pouvoir se fait d'abord par l'appropriation r&#233;galienne d'un vocabulaire hors de port&#233;e du populo. D&#233;sireux de moderniser son action et de r&#233;duire la fracture qui le s&#233;pare de ses administr&#233;s, l'&#201;tat s'est engag&#233; depuis 2001 &#224; une simplification de son langage administratif. &#171; &lt;i&gt;Il faut rendre &#8220;parole humaine&#8221; &#224; notre &#201;tat ! Le plus simple pour cela est encore que l'&#201;tat parle &#224; la France la langue des Fran&#231;ais et qu'il retrouve l'habitude de nommer les choses par leur nom le plus explicite&lt;/i&gt; &#187;, claironne ainsi la haute technocratie du Comit&#233; d'orientation pour la simpli&#64257;cation du langage administratif en 2012&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Lexique administratif &#187;, minist&#232;re de la Fonction publique et de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donner sa langue au robot&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ravalement de fa&#231;ade ne doit cependant pas masquer des man&#339;uvres autrement plus insidieuses. Si le langage des organismes publics gagne en clart&#233;, il perd peu &#224; peu le suc humain de sa spontan&#233;it&#233;. Les agents d'accueil des plates-formes t&#233;l&#233;phoniques sont tenus de r&#233;citer des scripts r&#233;dig&#233;s d'avance. &#192; telle question pos&#233;e par un assur&#233;, telle r&#233;ponse standardis&#233;e doit &#234;tre servie sur un plateau. En d&#233;pression pour cause d'un conflit avec votre patron, le m&#233;decin de la S&#233;cu d&#233;cide de vous remettre au boulot. &#201;c&#339;ur&#233;, vous faites le 36-46 pour avoir quelques explications et l&#224; une voix monocorde &#226;nonne un texte pr&#233;m&#226;ch&#233; : &#171; &lt;i&gt;Dans le cadre de ses missions de contr&#244;le de prestations, le m&#233;decin conseil qui vous a examin&#233; a estim&#233; que vous &#233;tiez en mesure de reprendre une activit&#233; professionnelle. Si vous &#234;tes en d&#233;saccord avec cette d&#233;cision, vous pouvez la contester en sollicitant une expertise m&#233;dicale.&lt;/i&gt; &#187; Le but de cette robotisation de l'&#233;change verbal : gagner du temps (le propos est direct et synth&#233;tique) et &#233;vacuer rapidement toute tension potentiellement conflictuelle (le propos est neutre et offre souvent une marge d'action, m&#234;me illusoire, &#224; l'assur&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les balbutiements des ann&#233;es 2000, je fus d&#233;sign&#233; volontaire pour participer &#224; une formation &#171; accueil &#187;. Pendant deux jours, nous f&#251;mes coach&#233;s &#224; coups de jeux de r&#244;le et d'exercices en situation par une intervenante chevronn&#233;e. Se mettre &#224; la hauteur des gens et les fixer dans les yeux, reformuler leurs propos pour d&#233;samorcer col&#232;res et incompr&#233;hensions. La le&#231;on de manipulation psychologique avait des c&#244;t&#233;s ludiques. Et inqui&#233;tants : ajuster les bons mots aux bons moments et l'irascible devant vous se d&#233;gonflait comme une baudruche. Le verbe officiel est une mitraille qui ne fait pas dans la dentelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Lexique administratif &#187;, minist&#232;re de la Fonction publique et de la R&#233;forme de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Regarder les ordinateurs travailler</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Regarder-les-ordinateurs</link>
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		<dc:date>2017-02-21T14:18:09Z</dc:date>
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		<dc:creator>Augustin Marcader</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;Retranch&#233;s derri&#232;re leur &#233;cran, les agents de la S&#233;cu se demandent o&#249; est pass&#233; l'humain. D&#233;vou&#233;e aux algorithmes de l'hydre num&#233;rique, la protection sociale se &#171; bigbrotherise &#187; &#224; pas feutr&#233;s. Un travailleur t&#233;moigne. &#199;a remonte &#224; quand le jour o&#249; nos &#233;crans cathodiques de 17 pouces ont &#233;t&#233; remplac&#233;s par des &#233;crans plats ? Six, sept ans ? Plus ? Je les revois encore ces massifs engins, bomb&#233;s sur le devant et au cul profond. Pour les caler sur les bureaux, fallait pr&#233;voir la place. Et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no151-fevrier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;151 (f&#233;vrier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pouces" rel="tag"&gt;pouces&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Retranch&#233;s derri&#232;re leur &#233;cran, les agents de la S&#233;cu se demandent o&#249; est pass&#233; l'humain. D&#233;vou&#233;e aux algorithmes de l'hydre num&#233;rique, la protection sociale se &#171; bigbrotherise &#187; &#224; pas feutr&#233;s. Un travailleur t&#233;moigne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#199;a remonte &#224; quand le jour o&#249; nos &#233;crans cathodiques de 17 pouces ont &#233;t&#233; remplac&#233;s par des &#233;crans plats ? Six, sept ans ? Plus ? Je les revois encore ces massifs engins, bomb&#233;s sur le devant et au cul profond. Pour les caler sur les bureaux, fallait pr&#233;voir la place. Et rien que pour les bouger d'un poil, on risquait la hernie discale tellement ils pesaient leur poids. Puis, un jour sont arriv&#233;es des esp&#232;ces de limandes cybern&#233;tiques. Confort visuel, maniabilit&#233; : le petit peuple de la S&#233;cu &#233;tait somm&#233; de s'esbaudir devant cet &#233;ni&#232;me bond en avant num&#233;rique. L'impression de bosser le nez coll&#233; &#224; un aquarium o&#249; les ic&#244;nes figureraient la poiscaille color&#233;e de quelque mer Cara&#239;be. Fallait voir les mirettes des agents tout fascin&#233;s par ce No&#235;l de burlingue. En fond d'&#233;cran, on mettrait bien quelques photos des gosses ou des derni&#232;res vacances, histoire de faire un petit chez nous de ces cristaux liquides. Comme &#224; la maison. Surtout que la magnanimit&#233; de la Caisse nationale d'assurance maladie ne s'arr&#234;ta pas en si bon chemin : dans la foul&#233;e, on nous gratifia d'un second &#233;cran. Un pour chaque &#339;il, &#224; nous les r&#233;gals du strabisme divergent. C&#244;t&#233; pratique : si tu peux pas piffer le coll&#232;gue en face, tu montes un mur avec les deux &#233;normes LCD et la tronche du p&#233;nible dispara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1822 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH631/-125-72f65.jpg?1768652258' width='400' height='631' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La raison d'une telle d&#233;bauche high-tech ? Faisons taire ces perfides langues qui voient en chaque rond-de-cuir un branleur en puissance : c'&#233;tait pas pour mater en douce les derni&#232;res s&#233;ries de chez Netflix ou Canal +. La r&#233;alit&#233; est plus triviale : les diff&#233;rents outils pour fliquer les assur&#233;s sociaux s'&#233;taient tellement multipli&#233;s qu'on n'avait pas trop de deux &#233;crans pour jongler avec. Acc&#232;s &#224; des bases de donn&#233;es de plus en plus invasives, &#224; des documents d&#233;mat&#233;rialis&#233;s &#8212; de l'arr&#234;t de travail num&#233;ris&#233; par une caisse primaire, &#224; l'ordonnance scann&#233;e par le pharmacien &#8212;, en passant par les historiques de &#171; consommation de soins &#187;. Il fallait permettre aux agents de g&#233;rer un tel pullulement d'interfaces et de gagner en efficience, puisque d&#233;sormais le terme &#171; rentabilit&#233; &#187; n'&#233;tait plus proscrit &#224; la S&#233;cu : coup d'&#339;il &#224; gauche, clic de souris, coup d'&#339;il &#224; droite, nouveau clic. Dossier trait&#233;. Au suivant. Quand on demande aux &#171; vieilles &#187; comment elles travaillaient avant l'arriv&#233;e de la peste num&#233;rique, on a l'impression de d&#233;couvrir un vrai monde arch&#233;ologique avec ces casiers m&#233;talliques, ces fiches cartonn&#233;es et ces pochettes kraft. &#192; cette &#233;poque de fichage artisanal, pas si lointaine au demeurant, on acceptait certains &#171; angles morts &#187; du flicage administratif. La propension &#224; l'ubiquit&#233; du num&#233;rique a fait voler cette ambition de petits bras. Au niveau local, cette dictature comptable a rogn&#233; les derniers espaces d'autonomie des organismes de S&#233;cu. Mis en concurrence, les services se doivent de remplir une ribambelle d'indicateurs sous peine de devoir se justifier en haut lieu. Il est assez effarant de constater comment cette &#171; rationalisation &#187; pondue par de puissants technocrates produit son lot d'arrachage de cheveux chez les soutiers des bureaux. &#171; Il n'y a que les chiffres qui comptent ! &#187; est peut-&#234;tre le leitmotiv qui bruisse le plus dans les couloirs. Mine contrite ou moue fataliste, le constat est unanimement partag&#233; : sous la chefferie tr&#244;ne la chiffraille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce management par les chiffres ne pouvait que faire la part belle aux algorithmes et d&#233;poss&#233;der toujours un peu plus les agents de leurs derniers savoir-faire. Selon des rythmes r&#233;guliers, des requ&#234;tes informatiques sont lanc&#233;es, produisant des kilom&#232;tres de donn&#233;es au sein desquelles on trouvera des listes d'assur&#233;s &#224; convoquer, des situations m&#233;dico-administratives &#224; &#233;tudier, des m&#233;decins &#224; rencontrer pour leur apprendre &#224; lever le stylo sur certaines prescriptions (dans le priv&#233; on appellerait &#231;a du lobbying). Ce sont d&#233;sormais les machines qui impulsent le rythme du travail, qui affichent hebdomadairement ou mensuellement des colonnes de NIR&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Num&#233;ro d'inscription au r&#233;pertoire soit le num&#233;ro de S&#233;cu pour le populo.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; sur les &#233;crans lisses. Dans ses 9 m&#178; climatis&#233;s, St&#233;phanie&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; tient &#224; conserver un peu de chair &#224; ses dossiers. Elle voit bien la pente d&#233;shumanisante sur laquelle on glisse peu &#224; peu. &#171; &lt;i&gt;&#192; chaque fois que je peux, je prends le temps de regarder le dossier m&#233;dical des gens. Je leur t&#233;l&#233;phone si je vois que je peux rendre service &lt;/i&gt; &#187;, plaide-t-elle de sa petite fibre gauchiste. Faut pas croire : St&#233;phanie va devenir de plus en plus une exception dans le paysage. Matraqu&#233;es par la novlangue manag&#233;riale et fondues dans le moule individualiste, les nouvelles recrues voient de moins en moins les humains dans les colonnes Excel. La guerre sociale a su cr&#233;er ses propres contingents de fantassins : des cr&#233;atures d&#233;politis&#233;es, pr&#234;tes &#224; fondre sur leur smartphone au moindre temps mort et focalis&#233;es sur un petit confort de carri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'accueil, il y a Marie. Quarante ans de bo&#238;te, une vraie Stakhanov qui ne compte pas ses heures. Son quotidien est diff&#233;rent puisque tous les jours, Marie voit les gens. Pour de vrai. Derri&#232;re la banque de l'accueil, ils se massent. Avec leur peur, leur col&#232;re, leur incompr&#233;hension, leur odeur, leur maladresse. Cr&#233;ature superbement empathique, Marie &#233;coute, conseille et se d&#233;m&#232;ne pour trouver des solutions. Pour beaucoup, Marie est une emmerdeuse. Car elle a un d&#233;faut : &#171; Elle fait du social. &#187; Comment comprendre une telle expression au sein d'un organisme dit de protection sociale ? D'abord comme un aveu de faiblesse. Le comblement du trou de la S&#233;cu exige de ses petits soldats une dose assum&#233;e de froideur technicienne. Tant pis si nos actions foutent des pans toujours plus massifs de la population dans la pr&#233;carit&#233;, c'est le prix &#224; payer pour maintenir &#171; efficient &#187; notre syst&#232;me de soins. Ensuite &#171; faire du social &#187;, c'est-&#224;-dire essayer, avec les maigres moyens du bord, de tirer les gens de la merde, est une activit&#233; impossible &#224; chiffrer. &#199;a ne rentre pas dans les &lt;i&gt;reporting&lt;/i&gt; et autres rapports d'activit&#233;. &#199;a n'est pas &#171; &lt;i&gt;valoris&#233;&lt;/i&gt; &#187;, jargonne-t-on. H&#233;, la Marie, la retraite c'est pour bient&#244;t ? Parce que l&#224;, on voudrait pas dire, mais tu nous plombes s&#233;rieux les indicateurs, avec ton social. L'avenir est ailleurs : dans ce bureau, par exemple. Tu vois cette endive impassible devant son &#233;cran ? Elle regarde son ordinateur travailler tout seul pendant des heures. C'est un tout nouveau logiciel. Les coll&#232;gues, quand ils rentrent dans son bureau, tu sais ce qu'ils disent ? &#171; &lt;i&gt;C'est magique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Num&#233;ro d'inscription au r&#233;pertoire soit le num&#233;ro de S&#233;cu pour le populo.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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